Arétas : Qui est-il ?

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Message  Louis Dim 29 Sep 2019, 7:14 am

Arétas

I

Lorsque saint Paul écrivit sa première lettre aux Corinthiens, l'an 53 de Notre-Seigneur, la treizième année de saint Pierre à Rome et la première du règne de Néron, il était au moment de quitter Éphèse, où il avait fait un assez long séjour.

II

A la fin de cette lettre, comme de toutes les autres, son cœur se dilate et il fait les plus tendres recommandations à ses enfants bien-aimés. « Vous connaissez, mes frères, la maison de Stéphanas, de Fortunat et d'Achaïque ; vous savez qu'ils ont été les prémices de l'Achaïe et qu'ils se sont consacrés au service des Saints ; je vous conjure d'avoir beaucoup de déférence pour de tels hommes, et pour tous ceux qui coopèrent et travaillent à l'œuvre de Dieu.

« Je me réjouis de l'arrivée de Stéphanas, de Fortunat et d'Achaïque, parce qu'ils ont suppléé à ce que vous ne pouviez pas faire vous-mêmes ; car ils ont consolé mon esprit aussi bien que le vôtre. Honorez donc de tels hommes. »

III

Pour nous aussi, il serait consolant de pouvoir les honorer, en lisant l'histoire de leurs travaux pour l'établissement de l'Évangile, auquel nous devons tout ce que nous avons, et tout ce que nous sommes de plus que les infidèles.

Malheureusement un profond silence règne sur leur vie. En attendant qu'elle nous soit révélée dans le ciel, adorons les conseils de Dieu qui a voulu qu'elle fût cachée en lui.

IV

Dans sa seconde lettre aux Corinthiens, écrite de Nicopolis, en Macédoine, un an après la première, saint Paul nomme un personnage, à qui, en le nommant, il a donné un brevet d'immortalité : c'est Arétas.

Roi de l'Arabie Pétrée, dont Damas faisait alors partie, Arétas était représenté dans cette ville par un pacha ou gouverneur qui voulut saisir saint Paul, immédiatement après sa conversion.

On demande d'où venait cette hostilité, car Arétas n'a jamais passé pour un persécuteur? L'histoire profane vient ici en aide à l'histoire sacrée.

Hérode, tétrarque ou suzerain de Galilée, fils d'Hérode Ier...

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Message  Louis Lun 30 Sep 2019, 6:28 am

Arétas

SUITE

V

Hérode, tétrarque ou suzerain de Galilée, fils d'Hérode Ier, avait épousé la fille d'Arétas, avec laquelle il avait vécu longtemps. En faisant un voyage à Rome, il passa chez son frère Philippe, prince de la Trachonitide. Pendant son séjour, il conçut une violente passion pour Hérodiade, femme de son frère. Cette malheureuse répondit à ses avances et ils convinrent qu'au retour de Rome, Hérode renverrait sa femme, et la remplacerait par Hérodiade.

VI

La fille d'Arétas apprit ce qui s'était passé. Son mari étant revenu, elle dissimula et lui demanda la permission d'aller faire une promenade au château de Machéron.

Ce château, qui appartenait alors à Arétas, était situé sur la frontière même de l'Arabie. Hérode y consentit, croyant qu'elle ne savait rien du complot. Celle-ci de son côté avait prévenu son père qui disposa tout pour l'heureux succès de son voyage.

Le gouverneur du château la reçut avec honneur. Un corps de soldats arabes l'accompagnèrent jusqu'au palais de son père, où elle arriva en peu de jours.

VII

Elle l'informa de l'outrage que lui faisait Hérode. Pour venger l'honneur de sa fille et le sien, Arétas déclara la guerre à Hérode, dont l'armée fut taillée en pièces. Telle ne fut pas la seule punition de ce prince adultère. Nous avons vu, dans sa Biographie, qu'il fut détrôné, privé de tous ses biens et qu'il vint mourir à Lyon dans la misère.

VIII

Sa conduite à l'égard de sa femme était d'autant plus coupable que Philippe, son frère, était sans contredit le plus honnête homme de sa famille. « C'était, dit l'historien Josèphe, un prince d'un caractère doux et modeste. Il résidait toujours dans ses États. S'il se mettait en voyage, il se faisait accompagner d'un petit nombre de personnages choisis. Sa litière suivait le cortège, et de là il rendait la justice.

« Quand, pour une affaire pressante, on venait invoquer son autorité, il descendait aussitôt de sa litière, prenait connaissance de la cause, et sur-le-champ punissait le coupable ou absolvait l'innocent (1). »

Hérode cependant voulut se relever de sa défaite…
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(1)  Ant.Jud., lib. XVIII, c. 6.

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Message  Louis Mar 01 Oct 2019, 6:08 am

Arétas

SUITE

VIII

Hérode cependant voulut se relever de sa défaite. On ne sait sous quel prétexte il dénonça Arétas à Tibère. Celui-ci envoya ordre à Vitellius, gouverneur de Syrie, de prendre Arétas ou de le faire mettre à mort.

Les juifs, ennemis de saint Paul, saisirent cette occasion de dénoncer l'apôtre au gouverneur de Damas. Ils lui dirent que, sous prétexte de prêcher une nouvelle doctrine, il agitait la multitude, et, en l'éloignant de la religion des gentils, il la détachait d'Arétas.

« Il se pourrait bien, ajoutaient-ils, que ce Paul, livrât Damas à Hérode et à Vitellius. » Le timide et crédule gouverneur donna dans le piège et voulut faire arrêter saint Paul ; mais Dieu veilla sur l'apôtre qui, lui-même, écrit aux Corinthiens de quelle manière il fut délivré par les chrétiens.

IX

Il dit : « Dieu, qui est le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui est béni dans tous les siècles, sait que je ne mens point. À Damas, celui qui était gouverneur de la province au nom du roi Arétas faisait garder les portes de la ville pour me saisir; mais on me descendit dans une corbeille, par une fenêtre, le long de la muraille, et j'échappai ainsi de ses mains. »

X

Dans cette biographie d'Arétas, nous voyons deux choses importantes. La première c'est la confirmation des faits évangéliques par l'histoire profane. Au commencement du christianisme, la société païenne et la société chrétienne sont comme soudées ensemble. Les faits de l'une rendent témoignage aux faits de l'autre.

De là il résulte que, pour nier le récit des auteurs chrétiens, il faut nier celui des auteurs païens. Cela veut dire qu'il faut tout nier. Or nier tout, c'est la dernière faiblesse de l'esprit, c'est une niaiserie, car nier vient de niais; ou niais vient de nier : c'est à choisir.

XI

La seconde, c'est l'acharnement des juifs contre le christianisme. Pour le combattre tout leur est bon. Le mensonge, la calomnie, la violence, la haine sous toutes les formes, sont les armes qu'ils emploient partout où ils sont en face des Apôtres, et ils sont partout.

Avoir triomphé de pareils ennemis, n'est pas un moindre miracle que d'avoir triomphé des gentils. Mais ces deux miracles réunis élèvent au plus haut point d'évidence la divinité du christianisme. Ne l'oublions pas aujourd'hui, où notre foi est en butte à un déchaînement de haine inconnu dans l'histoire des peuples baptisés.

Voir : Baron., an. 31, n. 45, 46, 47, 48, 49; Joseph. Antiq. lib. XVIII, c. 7 ; lib. XVII, c. 13; Hegesippe, De excidio hieroso. lib. II, c. 4; Hier. in Math. c. XIV; Cor. à Lap. in II ad Cor. XI, 33, etc., etc.

FIN.

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