1866 La Providence n'aime pas les protêts

Aller en bas

1866  La Providence n'aime pas les protêts Empty 1866 La Providence n'aime pas les protêts

Message  gabrielle Lun 26 Aoû 2019, 9:59 am


1866

La Providence n'aime pas les protêts



En 1865, Don Rua, alors préfet de l'Oratoire, reçut l'avis d'usage pour le paiement d'une traite, dont l'échéance tombait le lendemain. La somme n'était pas bien considérable ; encore fallait-il la trouver.

Rien ne se faisait dans la maison sans que Don Bosco ne fût mis au courant, même pour les plus petites choses ; mais, quand une traite était signalée à l'horizon, le Préfet allait l'informer avec une diligence remarquable.

Ce jour-là, Don Bosco, fort affairé, se contenta de répondre à Don Rua :

— Arrange-toi.

Puis il s'occupa d'autre chose.

Don Rua, assez habitué à ce genre de conseil, fait le tour, de l'Oratoire. Il va à la librairie, à l'imprimerie, à la sacristie, dont il vide consciencieusement toutes les caisses. Quant à la sienne, elle était parfaitement à sec : c'était son état normal à l'approche des échéances.

Tout bien compté et recompté, il n'y avait pas tout à fait le montant de ce papier de douleur. Nouveau recours à Don Bosco :

— Il manque un peu plus de trente francs.

— Arrange-toi.

— Mais, Don Bosco, vous partez demain matin ; allez-vous me laisser dans cet embarras ? Passé midi, il y a protêt.

— Don Bosco n'y peut rien. Il faut que je parte ; arrange-toi.


La terrible matinée du lendemain commença sous d'assez sombres couleurs ; ces malheureux trente francs ne faisaient pas mine d'arriver. Don Rua, qui avait rejoint encore une fois Don Bosco, se disposait à lui démontrer les inconvénients d'un protêt, lorsque survient M. le chevalier Occelletti.

— Bonjour, Don Bosco, j'ai besoin de vous voir.

— Impossible : je vais prendre le train.

— Mais c'est pour de l'argent !

— Don Rua a qualité pour recevoir. Donnez-le lui bien vite et accompagnez-moi : nous causerons en route.



Le chevalier Occelletti était un insigne bienfaiteur de l'Oratoire ; il venait tous les samedis apporter son offrande. Une fois dans la rue, il raconta à Don Bosco que, le matin même, il avait eu l'idée de venir payer le montant de quelques billets de loterie.

D'abord il avait rejeté cette pensée, son jour de visite étant le samedi et non le mercredi ; mais, tourmenté et comme obsédé, il était venu, sans retard, solder sa petite dette.

— Et quel est donc le montant de cette dette si importune ?

— Oh ! Pas grand chose : trente francs et quelques centimes.


Don Bosco sourit :

— Et c'est pour cela que vous vouliez me faire manquer le train !

Puis, lui prenant la main :

— Don Rua vous racontera comment vous avez été bien inspiré : sans vous, nous avions, à midi, un bon protêt.
gabrielle
gabrielle

Nombre de messages : 18731
Date d'inscription : 25/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum