Les Bergers : Qui sont-ils ?

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Message  Louis Mar 20 Aoû 2019, 9:02 am

Les Bergers

I

Recueillons-nous pour écouter le récit de la naissance temporelle du Fils de Dieu, et admirons la simplicité avec laquelle l'Évangile nous rapporte l'histoire du plus grand de tous les événements.

« Et Marie mit au monde son Fils premier né; elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans l'hôtellerie; or, en la même contrée, il y avait des bergers qui gardaient tour à tour leurs troupeaux, suivant les veilles de la nuit.

« Et voici que l'ange du Seigneur parut auprès d'eux, et une clarté céleste les environna, et ils furent saisis d'une grande crainte. Et l'ange leur dit : Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie. Il vous est né aujourd'hui, dans la cité de David, le Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et ceci sera un signe pour vous : Vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche.


II

« Au même instant se joignit à l'ange la multitude des armées célestes, louant Dieu et disant : Gloire à Dieu dans les hauteurs, et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté. Et après que les anges se furent retirés dans le ciel, les bergers dirent entre eux : Allons jusqu'à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître.

« Et ils vinrent en hâte, et ils trouvèrent Marie, Joseph, et l'Enfant couché dans une crèche ; ayant vu, ils connurent la vérité de ce qui leur avait été dit de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent admirèrent ce qui leur avait été rapporté par les bergers. Or Marie gardait toutes ces choses, les méditant en son cœur. Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de toutes les choses qu'ils avaient entendues et vues, comme il leur avait été dit (1). »

III

Heureux bergers !  est-il un chrétien qui, bien des fois, n'ait envié votre sort ? En est-il un qui ne serait charmé de vous connaître?

Savoir comment vous vous trouviez dans la campagne, à cette heure avancée de la nuit, au cœur de l'hiver?
Pour quelles raisons mystérieuses vous vous y trouviez?
où vous étiez?
combien vous étiez?
quelle a été votre sainteté?
ce que vous êtes devenus après l'insigne faveur dont vous fûtes l'objet?
où reposent vos reliques ?
comment les siècles chrétiens ont célébré l'ineffable mystère qui vous eut pour premiers témoins?

Note de Louis: Pour la deuxième question , j’ai essayé de la situer au meilleur de ma connaissance, car elle n'est pas indiquée , comme telle, dans le texte; dès la publication sur TE DEUM, de ces 8 questions  nous insérerons, comme à l'habitude, des liens pour en faciliter la lecture. Bien à vous.

Autant de questions d'un intérêt proportionné à la grandeur de l'événement qui vous rend immortels.

Avant de répondre, quelques mots sur la première parole…
______________________________________

(1) S. Luc, II, 7-20.


Dernière édition par Louis le Jeu 05 Sep 2019, 5:54 am, édité 8 fois (Raison : Insertion de liens.)

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Message  Louis Mer 21 Aoû 2019, 7:15 am

Les Bergers

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IV


Avant de répondre, quelques mots sur la première parole du texte évangélique, sur la petite ville de Bethléem, et sur ses environs.

Marie mit au monde son premier né. — Dans le langage de l'Écriture, le premier né est le fils dont la naissance a précédé toute autre naissance, bien qu'il soit fils unique (1). L'expression de l'Évangile signifie donc que la Très Sainte Vierge n'avait eu aucun enfant avant Notre-Seigneur; et comme il est de foi qu'elle a toujours été vierge, il s'en suit qu'elle n'a mis au monde que le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

V

La petite ville de Bethléem a deux noms. Tantôt elle est appelée Bethléem de Juda, Bethléem terra Juda; c'est-à-dire située dans la tribu de Juda, pour la distinguer d'une autre Bethléem, ville de Galilée et appartenant à la tribu de Zabulon.

Tantôt elle est appelée Bethléem Ephrata, du nom de ses fondateurs qui furent Ephrata, et son fils Bethléem (2). Or, le mot de Bethléem signifie maison de pain. Nul ne pouvait mieux convenir pour désigner l'humble cité, où devait prendre naissance le pain de vie, le pain vivant, le pain descendu du ciel, le divin et aimé aliment des hommes et des anges.

Au reste, nous le savons, pour l'accomplissement des prophéties, il fallait que le Messie naquît à Bethléem, afin d'être authentiquement connu pour fils de David, né lui-même à Bethléem.

Les environs de Bethléem étaient fertiles en gras pâturages. Par une coïncidence que le philosophe…
______________________________________________________________________________

(1) Primogenitus in Scriptura dicitur omnis is, ante quem nemo est natus etiamsi sit unigenitus. Corn. a Lap. in Matth., I, 25, etc., etc.
(2)  Isti sunt filii Hur primogeniti Ephratha patris Bethleem. I Paralip.  IV, v. 4.

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Message  Louis Jeu 22 Aoû 2019, 7:24 am

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VI

Les environs de Bethléem étaient fertiles en gras pâturages. Par une coïncidence que le philosophe chrétien admire et bénit, c'est dans ces mêmes campagnes que, seize cents ans plus tôt, le patriarche Jacob, à son retour de Mésopotamie, planta sa tente voyageuse et s'arrêta avec ses nombreux troupeaux.

C'est là aussi que Rachel, son épouse bien-aimée, mourut en donnant le jour à Benjamin. Elle l'appela Benoni, c'est-à-dire l'enfant de la douleur. Mais Jacob lui donna le nom de Benjamin ou fils de la droite, c'est-à-dire de la force. Les paroles du père et de la mère se vérifièrent également.

VII

En causant la mort de sa mère, Benjamin fut l'enfant de la douleur et de la plus grande des douleurs. Quant à la force, il la montra soit par des actes personnels, soit, surtout, par ses descendants, alors qu'ils luttèrent seuls contre toutes les tribus réunies. Ajoutons que Benjamin fut tellement aimé, que son nom, devenu proverbial, désigne encore dans les familles l'enfant chéri.

VIII

Accomplie dans Benjamin, la double prophétie de Rachel et de Jacob se vérifie avec un éclat nouveau dans la personne de Notre-Seigneur. Né aux mêmes lieux que Benjamin, il fut pour sa tendre mère le fils de la douleur, à cause de la pauvreté, des privations et des souffrances qui accompagnèrent sa naissance, sa vie et sa mort ; et pour Dieu son Père, le fils de la force, luttant seul et luttant victorieusement contre toutes les puissances du monde et de l'enfer réunies. Est-il besoin d'ajouter que nul dans le ciel et sur la terre n'a été, n'est, et ne sera jamais autant aimé que Notre-Seigneur?

IX

Rachel fut enterrée sur le bord du chemin qui conduisait à la petite ville voisine d'Ephrata, appelée depuis Bethléem. Le tombeau de Rachel existait encore du temps de saint Jérôme : il n'en reste plus que des ruines. Voyez la fidélité des traditions chez ces peuples de l'Orient qui ne changent ni leurs habitudes, ni leur langage, ni leur costume : les Juifs, les Arabes, les musulmans, continuent d'avoir une grande vénération pour ce tombeau, sur lequel les chrétiens primitifs avaient construit une chapelle. Aujourd'hui, il appartient aux Turcs qui, respectueux aussi, l'ont recouvert d'un dôme blanc, mais informe, comme tous leurs monuments.

Venons maintenant aux bergers…

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Message  Louis Ven 23 Aoû 2019, 7:28 am


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X

Venons maintenant aux bergers. Comment se trouvaient-ils dans la campagne pendant la nuit ? — Au jour de la naissance de Notre-Seigneur les campagnes de Bethléem n'avaient rien perdu de leur fertilité. Des troupeaux y paissaient en grand nombre. Pour les protéger soit contre les bêtes féroces, ours et lions, comme faisait David, berger dans les mêmes campagnes, soit contre les voleurs arabes, des bergers étaient préposés à leur garde. Des tours plus ou moins fortes et plus ou moins hautes s'élevaient de distance en distance. Elles servaient tout ensemble de refuge aux pasteurs et de retraite au petit bétail pendant les mauvais temps; d'asile contre les attaques des hommes et des bêtes ; enfin, d'observatoires du haut desquels on pouvait embrasser d'un coup d'œil tout le mouvement des troupeaux.

XI

En Orient, où les habitudes de la vie sont aussi immobiles que les costumes et le langage, on trouve encore quelques tours bâties au milieu des campagnes avec une destination analogue à celles des prairies de Bethléem. Plusieurs sont d'une dimension colossale. Voici ce que raconte un voyageur moderne, prisonnier pendant quatorze mois chez les Turcomans :

XII

« Laskerd est un village étrange. Qu'on se figure une énorme tour ayant environ deux cents mètres de circonférence et vingt mètres de haut : voilà l'ensemble des habitations.

« Après la porte, qui n'est que de la hauteur d'un homme, un passage voûté très étroit donne entrée dans l'intérieur où des échafaudages superposés sans ordre se tiennent debout par un prodige d'équilibre difficile à concevoir. Si l'on frappe du pied sur une terrasse, un tremblement se communique à tout le reste des masures, d'où sort une odeur nauséabonde des plus désagréables.

XIII

« A une certaine hauteur, les habitants ont enfoncé dans la muraille des poutres au moyen desquelles ils se sont fait un balcon ou galerie extérieure. La population de Laskerd est de cent vingt familles (environ quatre cents habitants).

« On ne connaît pas la date de rétablissement de ce village aérien ; ce qu'il y a de certain, c'est que les habitants ont voulu se mettre ainsi à l'abri des surprises et des attaques des brigands, qui venaient souvent dévaster le territoire. Cette grande tour blanche, se détachant sur les champs et les vergers qui l'environnent et sur les lignes bleuâtres des montagnes, est d'un effet des plus pittoresques (1). »

Parmi les tours de Bethléem, il y en avait une fort ancienne…
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(1) Quatorze mois de captivité chez les Turcomans, par Henri de Couliboeuf de Blocqueville. 1860-1861.

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Message  Louis Sam 24 Aoû 2019, 6:55 am

Les Bergers

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XIV

Parmi les tours de Bethléem, il y en avait une fort ancienne, appelée la tour d'Ader ou du Troupeau (2). Bâtie dans les âges les plus reculés, elle était devenue monumentale, depuis que Jacob avait planté sa tente et fait paître ses troupeaux dans le voisinage immédiat, comme nous l'apprenons de la Genèse.

Cette tour, assez rapprochée de la divine grotte, était à un kilomètre environ de Bethléem. C'est là que se trouvaient les bergers lorsque l'ange annonça la naissance du Sauveur.

En Palestine, comme dans beaucoup d'autres pays de l'Orient, non seulement les troupeaux passaient la nuit dans les champs, ils y restaient encore durant l'hiver. Il en est de même dans plusieurs contrées de l'Occident. Pour n'en citer qu'un exemple, nous avons vu dans la campagne romaine de grands troupeaux de bœufs et de moutons coucher, tout l'hiver, à la belle étoile.

XV

Cependant la vigilance était plus nécessaire pendant la nuit que pendant le jour. Afin d'y pourvoir, les bergers, comme dit saint Luc, faisaient les veilles de la nuit. Prise de la langue militaire, cette expression indique que les bergers, comme les sentinelles, se relevaient pendant la nuit à des intervalles déterminés. D'après le mot du texte sacré, vigilias noctis, il est à croire que ces intervalles ou veilles étaient de trois heures chaque : la première veille de six à neuf heures ; la seconde, de neuf heures à minuit; la troisième, de minuit à trois heures ; la quatrième, de trois heures à six heures.

C'est aux heureux bergers de garde vers minuit, près ou dans la tour d'Ader, comme aux mages…
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(2) Egressus inde, fuit tabernaculum trans turrem Gregis. XXXV, 21.

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Message  Louis Dim 25 Aoû 2019, 7:10 am

Les Bergers

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XVI

C'est aux heureux bergers de garde vers minuit, près ou dans la tour d'Ader, comme aux mages en observation au sommet du mont de la Victoire, que l'archange Gabriel, descendant du ciel, rapide comme l'éclair et plus brillant que le soleil, vint dire la parole si ardemment désirée, depuis quatre mille ans, par l'humanité tout entière : Le Sauveur du monde vient de naître (1). Ainsi fut accomplie, dans le silence majestueux d'une de ces belles nuits d'Orient, la parole magnifiquement poétique de Salomon : « Pendant qu'un vaste silence enveloppait toute la nature, et que la nuit dans son cours accomplissait la moitié de la route, votre Verbe tout-puissant descendit des demeures royales du ciel, dur guerroyeur, au milieu de la terre d'extermination (2). »

Qui pourrait peindre mieux et en moins de mots la majesté divine du Rédempteur, la solennité de sa venue, la guerre à outrance qu'il vient déclarer à l'usurpateur de son royaume, et l'état déplorable du monde à l'heure de la Rédemption?

XVII

Au moment où l'ange annonçait sa venue, le dur guerroyeur était un petit enfant, pauvrement couché dans une crèche et réchauffé au souffle de deux animaux. C'est sous cette forme rassurante que les bergers sont invités à l'adorer. Étable, crèche, animaux, bergers : comme toutes ces circonstances de la vie pastorale annoncent bien le nouvel ordre de choses qui va s'établir! Celui qui s'appellera le bon Pasteur naît au lieu même où un grand berger, son aïeul et sa figure, l'antique Jacob, paissait ses troupeaux. Non seulement Jacob, mais David, Isaac, Abraham, Abel avaient été bergers. Jésus, leur fils, vient rappeler le monde à la vie simple et détachée des patriarches, et comme prémices du monde nouveau, il choisit des bergers.

XVIII

A-t-on suffisamment réfléchi que ce fait, si simple en apparence, est une révolution radicale dans l'ordre politique? A nos yeux jamais leçon plus éloquente ne fut donnée à l'homme au pouvoir.

Pasteurs des peuples! Rois, princes, supérieurs, qui que vous soyez, voilà ce que vous êtes par votre institution et ce que vous devez être par vos actes.

Pasteurs des peuples ! un devoir vous est imposé auquel se rapportent tous les autres : veiller nuit et jour à la garde de vos troupeaux; les conduire dans les pâturages, où ils trouvent la saine nourriture de la Vérité, et les éloigner avec un soin jaloux des citernes fêlées, qui ne contiennent que les eaux fétides de l'erreur et de la corruption.

Pasteurs des peuples! vos inférieurs sont vos brebis. Votre sceptre doit être une houlette plutôt qu'un glaive.

Pasteurs des peuples ! vous êtes faits pour eux, et non eux pour vous. Comme le divin Berger de Bethléem, votre modèle, votre maître et votre juge, vous devez donner votre intelligence, vos veilles, vos efforts, vos sollicitudes, votre vie pour vos brebis.

D'où étaient ces bergers ?...

__________________________________________________________________________________

(1)   Haud procul inde (Paula) descendit ad Turrim Ader, id est Gregis, juxta quam pavit Jacob greges suos, et pastores nocte vigilantes audire meruerunt : Gloria in Excelsis. S. Hier. Epitaph, Paulæ, opp., t. I, col. 693.
(2)  Cum enim quietum silentium contineret  omnia, et nox in suo cursu medium iter haberet, omnipotens Sermo tuus de cœlo a regalibus sedibus, durus debellator, in mediam exterminii terrain prosilivit. Sap. XVIII, 14,15.

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Message  Louis Lun 26 Aoû 2019, 6:25 am

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XIX

D'où étaient ces bergers ? — A une petite distance de la Tour d'Ader, du côté de Bethléem, à l'entrée de la plaine, existe encore aujourd'hui un pauvre hameau, composé de quelques huttes, et dont le nom arabe est Beth Saourd ou village des Bergers. C'est de là, suivant la tradition constante, qu'étaient les bergers conviés par les anges au berceau du Sauveur. Autour de ce village paissent encore des troupeaux, gardés par des enfants, arrière-petits-fils, sans doute, des heureux courtisans du Roi nouveau-né (1).

Combien de bergers à la Grotte ?
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(1) Ce village glorieusement historique est chrétien. Il avait, il y a quelques années, pour berger spirituel un saint missionnaire originaire du diocèse de Lyon, M. 1'abbé Morétain.

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Message  Louis Mar 27 Aoû 2019, 6:34 am

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XX

Combien de bergers à la Grotte ? — A cause des nombreux troupeaux qui paissaient dans les grasses campagnes de Bethléem, on ne peut douter qu'il n'y eût aussi beaucoup de bergers. Combien furent appelés au berceau de l'Enfant Dieu? Même avant la réponse de ta tradition, les analogies de la foi en fixent le nombre. Le Verbe incarné venait accomplir la Rédemption des anges et des hommes : Rédemption des anges, qu'il avait préservés de la chute; Rédemption des hommes, qu'il en avait relevés. Déjà, tout le monde angélique environnait son berceau et chantait sa naissance. Restait l'humanité : or, trois races, et trois seulement, descendues des trois fils de Noé, couvraient la face du globe. Pour compléter le rendez-vous, et traduire la pensée divine dans toute son étendue, chacune des trois races devait être représentée dans un mystère qui s'accomplissait pour toutes ; et, dans la personne de son représentant, offrir au Rédempteur l'hommage de sa foi et de son amour ; même signification dans le nombre sacré des mages : ainsi trois bergers.

XXI

Interrogée à son tour, la tradition donne le même chiffre. Les plus anciennes chroniques, les pierres gravées des catacombes, les bas-reliefs des tombeaux, les vignettes des manuscrits orientaux d'une haute antiquité, le jugement des savants de premier ordre, le rendent invariable. « Sous le consulat de Lentulus et de Messala, dit Lucius Dexter, un an avant le consulat d'Auguste et de Sylvanus, le Christ naît et se montre d'abord à trois bergers, qui furent saints (1). »

Arringhi a trouvé trois bergers, et trois seulement, représentés sur les anciens sarcophages des chrétiens de Rome. « Les peintures, dit-il, et les inscriptions relatives à la naissance du Sauveur, démontrent clairement que, dans la croyance des premiers chrétiens, trois bergers seulement vinrent à la crèche de Bethléem adorer l'Enfant Dieu ; nous voyons en effet que la pieuse main des chrétiens a eu soin d'en représenter trois et jamais un plus grand nombre. »

XXII

L'Orient est d'accord avec l'Occident. Parmi les précieux manuscrits orientaux conservés à la bibliothèque grand-ducale de Florence, qui furent retrouvés et traduits par Étienne Assémani, archevêque d'Apamée, il en est un qui forme un des plus solides anneaux de la chaîne traditionnelle ; ce manuscrit, précieusement gardé dans la ville de Mardin, en Mésopotamie, y fut copié l'an 1610 d'Alexandre le Grand, c'est-à-dire l'an 1299 de notre ère.

Il contient l'Histoire de l'enfance du Sauveur. Entre les nombreuses figures dont il est orné, on en voit une qui représente la crèche, sous forme de monument arqué, monumentum arcuatum, pour parler la langue des archéologues. Au-dessous de la crèche, trois bergers adorent, la tête couverte d'un capuchon à pointe aiguë, et environnée du nimbe, symbole de la sainteté.

« D'après ces témoignages et d'autres encore, nous affirmons avec assurance, dit Benoît XIV…
___________________________________________________________________________________

(1) Lentulo et Messala consulibus, uno anno ante Augusti et Sylvani consulatum, Christus nascitur. Tribus pastoribus, qui fuerunt sancti, primum ostenditur. Chron., an. Chr. 1, Urbis cond. 752.

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Message  Louis Mer 28 Aoû 2019, 6:21 am

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XXIII

« D'après ces témoignages et d'autres encore, nous affirmons avec assurance, dit Benoît XIV, qu'il y eut trois bergers adorateurs, et qu'il n'y en eut que trois (1). » Perpétuée d'âge en âge par les monuments écrits ou sculptés, la tradition des trois bergers ressuscite pour ainsi dire chaque année, et se montre en chair et en os, dans Rome, la ville par excellence des traditions. Au commencement de l'Avent, les pifferari ou bergers de la Sabine descendent de leurs montagnes, et viennent, dans leur pauvre mais pittoresque costume de bergers italiens, annoncer dans les rues de la Ville éternelle, au son d'une musique champêtre, la prochaine naissance de l'Enfant de Bethléem.Quoiqu'en nombre considérable, ils marchent toujours trois de compagnie, jamais plus : un vieillard, un homme fait, un adolescent. Les trois races humaines, les trois âges de la vie: tout cela est plein de mystères; aussi, loin de laisser tomber cette tradition vivante, Rome l'encourage : elle accueille les pifferari avec un plaisir toujours ancien et toujours nouveau. Nous parlons de la Rome des papes, telle que nous l'avons vue; et non de la Rome de la Révolution, que nous ne désirons pas voir.

XXIV

Cependant les bergers étaient arrivés à la grotte. Avant d'y entrer avec eux,  disons quelle était cette grotte, à jamais vénérable. C'était une caverne de rocher, servant de retraite au bétail qui paissait dans la campagne voisine; sauf une mangeoire ou crèche qu'on y avait pratiquée, elle était ce que sont toutes les cavernes : nue, obscure, froide, au sol plus ou moins inégal et aux parois raboteuses. Tel est le palais dans lequel voulut naître le Fils de Dieu» Grâce à la reconnaissante piété des siècles chrétiens, la pauvre grotte s'est transformée ; il n'est pas sans intérêt de savoir en quel état elle se trouve aujourd'hui.

Donnons la parole à un célèbre voyageur moderne…
_______________________________________________________________________________

(1) Id satis esse videtur ut tres tantum, neque plures, fuisse, tuto affirmemus. De Festis, de fest. Diei Nat.,p. 412, édit. in-4.

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Message  Louis Jeu 29 Aoû 2019, 6:26 am

Les Bergers

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XXV

Donnons la parole à un célèbre voyageur moderne.

« La sainte grotte est irrégulière, parce qu'elle occupe l'emplacement irrégulier de l'étable et de la crèche. Elle a trente-sept pieds et demi de long, onze pieds trois pouces de large, et neuf pieds de haut; elle est taillée dans le roc. Les parois de ce roc sont revêtues de marbre, et le pavé de la grotte est également d'un marbre précieux, ces embellissements sont attribués à sainte Hélène. L'église ne tire aucun jour du dehors, et n'est éclairée que par la lumière de trente-deux lampes, envoyées par différents princes chrétiens.

XXVI

« Tout au fond de la grotte, du côté de l'Orient, est la place où la Vierge enfanta le Rédempteur des hommes. Cette place est marquée par un marbre blanc, incrusté de jaspe, et entouré d'un cercle d'argent, radié en forme de soleil. On lit ces mots à l'entour :

Hic de Virgine Maria
Jesus Christus natus est.

« C'est ici que Jésus-Christ est né de la Vierge Marie. Une table de marbre, qui sert d'autel, est fixée au flanc du rocher et s'élève au-dessus de l'endroit où le Messie vint à la lumière. Cet autel est éclairé par trois lampes, dont la plus belle a été donnée par Louis XIII.

« A sept pas, vers le midi, vous trouvez la crèche. On y descend par deux degrés, car elle n'est pas de niveau avec le reste de la grotte. C'est une voûte peu élevée, enfoncée dans le rocher; un bloc de marbre blanc exhaussé d'un pied au-dessus du sol, et creusé en forme de berceau, indique l'endroit même où le Souverain du ciel fut couché sur la paille.

« A deux pas, vis-à-vis de la crèche, est un autel qui indique la place où Marie était assise, lorsqu'elle présenta l'enfant des douleurs aux adorations des Mages. »

XXVII

Chateaubriand, que nous venons de citer, continue en ces termes : « Rien n'est plus agréable et plus dévot que cette église souterraine. J'y ai entendu un orgue très bien touché, jouer à la messe les airs les plus doux et les plus tendres des meilleurs compositeurs d'Italie. Ces concerts charment l'Arabe chrétien qui, laissant paître ses chameaux, vient, comme les antiques bergers de Bethléem, adorer le Roi des rois dans sa crèche. J'ai vu cet habitant du désert communier à l'autel des Mages avec une ferveur, une piété, une religion inconnues des  chrétiens de l'Occident.

« Nul endroit dans l'univers n'inspire plus de dévotion. L'abord continuel des caravanes de toutes les nations chrétiennes, les prières publiques, les prosternations, la richesse môme des présents que les princes chrétiens y ont envoyés, tout cela excite en votre âme des choses qui se font sentir beaucoup mieux qu'on ne peut les exprimer (1). »

Remontons à la nuit bienheureuse où les bergers accoururent à la grotte, et disons ce qu'ils y trouvèrent…
_________________________________________________________________________

(1) Itinéraire  de Paris à Jérusalem, t.  II, p. 157.

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Message  Louis Ven 30 Aoû 2019, 6:56 am

Les Bergers

SUITE

XXVIII

Remontons à la nuit bienheureuse où les bergers accoururent à la grotte, et disons ce qu'ils y trouvèrent. Les premiers objets qui frappèrent leurs regards furent la Sainte Vierge et saint Joseph; puis, l'enfant Jésus enveloppé de anges et couché dans la crèche. Comme nous l'avons vu, cette crèche était creusée dans le rocher ; mais les parois intérieures étaient revêtues de petites planches en bois, formant la mangeoire proprement dite.

Précieusement recueillies, ces petites planches, berceau de [l’Enfant Dieu, furent apportées à Rome au septième siècle.

On les garde dans l'église de Sainte-Marie-Majeure. La châsse splendide qui les contient est enfermée dans une caisse en bronze, à trois serrures différentes. A moins de circonstances extraordinaires, la divine crèche n'est exposée à la vénération publique que le jour de Noël (1).

XXIX

Telles sont, d'après l'Évangile, les différentes choses que les bergers trouvèrent dans la grotte. La tradition en signale d'autres encore. Elle nous apprend qu'il y avait un bœuf et un âne ; au point de vue des témoignages et de la raison même, rien n'est mieux fondé que cette tradition. Les Pères de l'Église Grecque et de l'Église Latine l'appuient de leur autorité. Nommons seulement saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, Prudence, saint Jérôme, dont Baronius cite les remarquables paroles (2). L'Église elle-même l'adopte en la faisant passer dans les offices de Noël et de la Circoncision. Bien des siècles avant l'événement, le prophète Isaïe, appelé l'historien anticipé de Notre-Seigneur, avait annoncé cette circonstance de la naissance du Rédempteur universel. « Le bœuf, dit-il, a connu son maître, et l'âne la crèche de son Seigneur (3). »

XXX

Ces deux animaux figuraient les Juifs et les Gentils, deux peuples au milieu desquels le divin Enfant venait se placer pour les unir et n'en former qu'une seule société.

Aux témoignages des Pères s'ajoutent en faveur de la tradition les plus anciens monuments du christianisme. Ainsi les peintures, les verres, les marbres des catacombes montrent l'Enfant Jésus dans sa crèche, au milieu d'un bœuf et d'un âne. Nous-même l'avons vu ainsi représenté sur un sarcophage, placé dans la cathédrale d'Ancône et qui remonte au quatrième siècle.

XXXI

Du reste, qu'il y ait eu un bœuf et un âne dans cette grotte, rien n'est moins étonnant : d'une part, cette grotte servait d'étable ou de retraite aux animaux ; d'autre part, des troupeaux paissaient dans le voisinage. Mais pourquoi un bœuf et un âne, et non d'autres animaux ? Outre la raison symbolique, la tradition donne de ce fait une explication bien touchante. L'âne avait servi de monture à la Sainte-Vierge pour venir de Nazareth à Bethléem, et le bœuf avait été amené par saint Joseph pour payer le tribut à César. C'était peut-être la meilleure part de la fortune de la Sainte Famille !

Les bergers adorateurs sont-ils saints?
_________________________________________________________________________

(1) Voir Benoit XIV, lib. IV de Canonisat. SS., part II ; de Festis, de festo Diei Natal., c. XVII, n. 34, p. 406, édit. in-4.
(2) An. 1, n. 3.
(3) Cognovit bos possessorem suum et asinus præsepe Domini sui. Is. I, 3.

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Message  Louis Sam 31 Aoû 2019, 5:39 am

Les Bergers

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XXXII

Les bergers adorateurs sont-ils saints? — Nous avons entendu Lucius Dexter appeler Saints les bergers de Bethléem : Qui fuerunt sancti. Ils le sont en effet. D'abord, ne serait-il pas étonnant que Notre-Seigneur si bon, si libéral, n'eût pas couronné de la seule récompense qui soit digne de Dieu l'empressement naïf avec lequel ses premiers adorateurs étaient accourus à sa crèche; leur empressement non moins grand à proclamer dans toute la contrée le mystère dont ils avaient été témoins et à chanter partout leur reconnaissance (1)? Il faut ajouter leur fidélité inébranlable au divin Enfant. De cette fidélité, la tradition nous a conservé un précieux témoignage.                                                    

XXXIII

Le nouveau-né vivait au milieu de ces familles de berger, inaperçu du monde et protégé par la pauvreté. Cependant, les prodiges qui avaient signalé sa naissance ne pouvaient demeurer longtemps ignorés. L'arrivée des Mages à Jérusalem vint bientôt en donner la certitude et exciter les craintes sanguinaires du cruel Hérode.

Les Bergers ne furent pas les derniers à soupçonner le danger qui menaçait l'enfant Jésus. A leur éternelle louange, il ne se trouva parmi eux ni un espion ni un traître. Loin de là, ils cachèrent avec soin la Sainte Famille, en attendant que le Père éternel lui-même pourvût à la sûreté de son Fils.

XXXIV

Les environs de Bethléem, comme plusieurs parties de la Palestine, telles que la Trachonitide, étaient pleins de grottes ou cavités qui, après avoir servi de demeure aux Troglodytes Chananéens, servirent plus tard de refuge aux guerriers d'Israël, comme aux jours de Josué, des Machabées et des Romains, enfin, de retraite aux solitaires, comme Élie et Jean-Baptiste. La connaissance que les Bergers avaient du pays leur permit de rendre un service important à la Sainte Famille.

Suivant la tradition encore vivante à Bethléem, la Sainte Vierge...

_______________________________________________

(1) Luc, II, 16, 13, 20.

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Message  Louis Dim 01 Sep 2019, 6:33 am

Les Bergers

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XXXV

Suivant la tradition encore vivante à Bethléem, la Sainte Vierge, pour échapper à Hérode, quitta sa première retraite et chercha un refuge dans la grotte d'un rocher voisin de Bethléem. Là, elle vécut en sûreté sous la protection des Bergers. Située au midi de Bethléem, à une légère distance de la ville, cette grotte se voit encore et s'appelle la Grotte du lait. Deux traditions se réunissent pour expliquer ce nom singulier. La tradition locale dit que la Sainte Vierge, effrayée des menaces d'Hérode, perdit son lait, et qu'elle ne le recouvra qu'en se réfugiant dans cette grotte, asile plus sûr que la grotte de la Nativité. La tradition arménienne, sans contredire la tradition locale, ajoute que Marie était venue souvent en ce lieu pour allaiter le divin Enfant.

XXXVI

Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui encore toutes les femmes des environs, juives, chrétiennes et musulmanes, ont une telle dévotion pour cette grotte qu'il y en a toujours en prière. La roche dans laquelle se trouve la grotte est une pierre blanche et friable, qu'on réduit facilement en poudre. On en fait de petits pains qu'on envoie dans tous les pays, et les nourrices qui ont perdu leur lait en prennent dans leurs aliments.

XXXVII

A la preuve de la sainteté des trois bergers prise de la bonté de Notre-Seigneur, se joignent les témoignages de la tradition. Nous avons vu que, dans le manuscrit arabe de Mardin, les trois bergers sont représentés avec le nimbe. Or, il est notoire que dans les peintures ou sculptures chrétiennes le nimbe est le signe distinctif de la sainteté. Des monuments primitifs ne le donnent qu'à Notre-Seigneur, aux Apôtres et aux saints. Cette règle invariable prouve que dans la Mésopotamie, pays si bien placé pour connaître la tradition évangélique, les trois bergers étaient, dès la plus haute antiquité, tenus pour saints (1).

Fidèle à la même tradition, l'Église d'Orient célèbre la solennité des trois saints bergers de Bethléem…

____________________________________________________________________________________________

(1)  Sicura prova che nella Mesopotamia ove fu scritto questo codice, santi erano reputati. Zaccaria, Ragionamento sopra la nascità di J. C. Roma, 1780, t. II, p. 341.

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Message  Louis Lun 02 Sep 2019, 6:22 am

Les Bergers

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XXXVIII

Fidèle à la même tradition, l'Église d'Orient célèbre la solennité des trois saints bergers de Bethléem. Dans ses offices de Noël l'Église d'Occident indique leur sainteté, conformément à des rites  traditionnels, et plusieurs églises particulières font leur fête. Un grand nombre de saints et de savants de l'Église Latine proclament la sainteté des heureux bergers.

Mais ce qui tranche la difficulté, s'il y en avait une, c'est la magnifique église bâtie par sainte Hélène sur l'emplacement de la tour d'Ader, en l'honneur des saints anges et des trois bergers (2). Leurs corps y reposèrent jusqu'au milieu du neuvième siècle, époque vers laquelle l'église tomba en ruine.

Heureux bergers, dignes fils des patriarches, dont la vie innocente et pure s'écoula sur la terre foulée par leurs pères, étrangers aux agitations du monde et confidents des merveilles du ciel qui plaça, comme première récompense, leur tombeau glorieux auprès de leur berceau!

XXXIX

Telle était, encore longtemps après la chute de l'église, le respect des tribus arabes, même mahométanes, pour ce lieu béni, qu'elles n'osaient couper les arbustes qui y croissaient et qu'elles y faisaient brûler de l'encens et des lumières avec une grande dévotion.

Aujourd'hui il ne reste plus que la crypte, où l'on descend par dix ou douze marches. En fouillant légèrement le sol environnant, on trouve des pierres taillées et des fragments de mosaïque. Ces débris et d'autres encore annoncent que l'église était digne de la grande impératrice qui a laissé en tant de lieux de la Palestine des témoignages de sa piété et de sa magnificence. Les pèlerins qui ont le bonheur de se trouver à Bethléem, le jour de Noël, ne manquent pas de se rendre en cérémonie à cette crypte vénérable, afin de chanter le Gloria in excelsis, au lieu même où, pour la première fois, il retentit aux oreilles des bergers. En exprimant publiquement leur reconnaissance, ils immortalisent les touchants souvenirs qui se rattachent à ces lieux divinement historiques.

XL

Après la chute de l'église, les corps des saints Bergers furent transportés à Jérusalem, où ils restèrent jusque vers l'an 960. Les historiens Espagnols, à la tête desquels paraît le savant archevêque de Tarragone, Antonio Pérez, affirment qu'à cette époque les précieux corps furent apportés en Espagne par un chevalier espagnol, et déposés dans la ville de Ledesma, l'ancienne Blétissa, voisine de Salamanque. Une chose est hors de doute : nulle ville au monde n'honore avec autant d'amour les premiers adorateurs du Dieu nouveau-né.

Dans l'intérêt de cette biographie, nous avons désiré nous assurer de la réalité de la tradition espagnole et de l'état actuel des saintes reliques. Un de nos amis, professeur à l'Escurial, a bien voulu nous envoyer les renseignements suivants. Ils sont dus au vénérable archiprêtre de Ledesma, et au curé non moins vénérable des Saints-Pierre et Ferdinand, de la même ville. Que tous reçoivent le témoignage de notre reconnaissance.

L'Espagne, qui tient à grand honneur d'avoir reçu l'Évangile de l'Apôtre saint Jacques, dont le corps repose à Compostelle, croit aussi posséder les corps des heureux bergers de Bethléem…
_______________________________________________________________________________________

(2)  Porro ad Orientem in turre Ader, id est Gregis, mille passus a civitate Bethleem, segregata est ecclesia trium pastorum divinæ nativitatis consciorum monumenta continens. Beda, de Lotis sanctis, c. VIII.

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Message  Louis Mar 03 Sep 2019, 6:48 am

Les Bergers

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XLI

L'Espagne, qui tient à grand honneur d'avoir reçu l'Évangile de l'Apôtre saint Jacques, dont le corps repose à Compostelle, croit aussi posséder les corps des heureux bergers de Bethléem. Il est vrai, cette croyance ne repose sur aucun monument écrit, contemporain de son origine : mais, de temps immémorial, elle est gravée dans la mémoire des peuples.

Sous ce rapport, elle rentre dans la classe d'une foule d'autres croyances traditionnelles dont la critique la plus audacieuse n'a pu démontrer la fausseté. La tradition espagnole a pour elle non seulement l'antiquité, mais encore le témoignage d'un grand nombre de savants et d'historiens qui l'acceptent et la défendent. On cite même en sa faveur un décret du pape Innocent XI (1) qui accorde de riches indulgences aux associés de la confrérie des saints bergers Jacob, Isaac et Joseph, fondée à Ledesma dans l'église de Saint-Pierre, en la chapelle du Saint Christ de l'Amparo (protection).

XLII

Le 16 juillet de l'année 1864, l'évêque de Salamanque fit transporter les reliques des bergers, de l'église de Saint-Pierre dans celle des Saints-Pierre et Ferdinand de la même ville. Déposées dans l'intérieur du maître-autel, ces reliques sont renfermées dans une châsse en forme de tombeau, plaquée, clouée et fermée avec une serrure. L'intérieur est garni de soie blanche et contient quelques ossements, deux ou trois crânes, des tibias, des côtes, une mâchoire inférieure, un ou deux os de l'avant-bras, quelques anneaux de la colonne vertébrale ; une petite pelle, une cuillère en buis, une paire de ciseaux en fer, quelques linges, un morceau de chaussure en peau, et des fragments de gibecières de bergers.

Enfin, il y a un rouleau qui contient d'autres reliques, tels que fragments d'os détachés des ossements qui se trouvent dans la châsse. Ce rouleau est couvert d'un autre papier, portant l'étiquette suivante, exactement copiée : « (placé) sur les glorieux Joseph, Isaac et Jacob, pasteurs de Bethléem, qui ont mérité de voir et d'adorer les premiers le Christ Dieu et homme, né dans l'étable (1). »

Les bergers de Bethléem méritent bien le culte qui leur est rendu…
_______________________________________________________________________________________

(1) Les savants ecclésiastiques qui nous écrivent n'en ont pas trouvé l'original.
(1) Les respectables prêtres qui ont transmis cette notice la terminent ainsi : « Desearia muy  mucho que valies en de algo a monseñor Gaume. Ledesniay febrero 28 de 1866. F.B. Andres Palomero Arziprete. — El parroco de s. Pedro y s. Ferdinando de idem. — José Gonzalez Sistiaga. »

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Message  Louis Mer 04 Sep 2019, 6:57 am

Les Bergers

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XLIII

Les bergers de Bethléem méritent bien le culte qui leur est rendu. Les vertus que pratiquèrent ces premiers adorateurs de l'enfant de Bethléem, les prérogatives dont ils furent honorés, tout nous dit qu'ils occupent une place très élevée dans la bienheureuse Jérusalem, La première vertu qui resplendit en eux, c'est l'humilité. Ils sont humbles devant les hommes et devant Dieu. Devant les hommes, ils ne sont que de pauvres bergers; devant Dieu, ils sont pleins du sentiment de leur petitesse. S'ils avaient été orgueilleux, à coup sûr l'enfant Jésus, le modèle, le prédicateur, l'ami par excellence de l'humilité, ne les aurait pas choisis, de préférence à tous les autres hommes, pour ses premiers courtisans.

XLIV

Fille de l'humilité, la simplicité est la seconde vertu de nos saints bergers. Plus que toute autre, la vie pastorale est éminemment propre à nourrir cette simplicité de mœurs et de langage dont les charmes gagnent tous les cœurs.

XLV

La foi des pasteurs de Bethléem brille dans l'assentiment instantané qu'ils donnent aux paroles de l'archange Gabriel : Le Sauveur vous est né. Elle brille dans la promptitude avec laquelle ils se rendent à la grotte. Elle brille dans l'adoration du Créateur du monde, caché sous la forme d'un petit enfant, enveloppé de pauvres langes. Elle brille dans les louanges qu'ils rendent à Dieu, en revenant auprès de leurs troupeaux, dans leurs transports d'allégresse et dans l'annonce à tout ce qu'ils rencontrent de ce qu'ils ont vu et entendu.

L'espérance marche de pair avec leur foi. Comme tout Israël, ils attendaient le Messie promis à leurs pères. La nouvelle de sa venue les comble de joie. Prosternés aux pieds de l'Enfant Dieu, ils n'espèrent plus, ils possèdent. Ils possèdent petit enfant Celui qu'ils espèrent posséder un jour dans l'éclat de sa gloire. Qui peut douter que par leur seule présence, l'Enfant Jésus, Marie et Joseph n'aient élevé dans leur cœur jusqu'au plus haut degré le sentiment de cette délicieuse espérance?

XLVI

Enfin si la présence de Notre-Seigneur, qu'ils ne connaissaient pas, enflammait d'amour le cœur des disciples d'Emmaüs, quel enivrement de tendresse ne dut pas exciter dans les bergers de Bethléem la vue du Sauveur du monde sous la figure si aimable d'un petit enfant ?

Notre-Seigneur commença par ces âmes innocentes la mission qu'il venait accomplir parmi les hommes : « Je suis venu pour mettre le feu à la terre, et quel est mon désir sinon de le voir allumé? » La charité fit des saints pasteurs les premiers et courageux apôtres du Dieu nouveau-né. Sans craindre ni les railleries des incrédules, ni la colère du cruel Hérode, ils prêchèrent librement et hautement la venue du Rédempteur.

XLVII

Au privilège d'avoir appris les premiers la naissance du Messie et d'avoir entendu les concerts des anges, il faut donc ajouter le mérite de l'apostolat; car ils purent dire aux hommes avant le disciple bien-aimé : Ce que nous avons vu de nos yeux et touché de nos mains, le Verbe fait chair, nous vous l'annonçons.

Ils ont mérité aussi que leurs paroles à ta crèche, inspirées par le Saint-Esprit, fussent conservées, comme dans un trésor, dans le cœur de la Très-Sainte Vierge, qui s'en nourrissait avec bonheur. Aux prophètes, il fut donné de parler au cœur de Jérusalem ; aux bergers, de parler au cœur de Marie. Qui peut se flatter d'une pareille gloire?

Si l'heureuse Ledesma se fait gloire d'honorer d'un culte particulier les premiers adorateurs du Dieu enfant…

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Message  Louis Jeu 05 Sep 2019, 5:53 am

Les Bergers

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XLVIII

Si l'heureuse Ledesma se fait gloire d'honorer d'un culte particulier les premiers adorateurs du Dieu enfant, la France, la Sicile, l'Italie, les autres pays catholiques sont loin de les avoir oubliés. On le comprend sans peine.

Comment les siècles chrétiens ont-ils célébré le mystère de Noël? — Dans ce fait de pauvres bergers appelés par les anges, et appelés les premiers à la cour du Roi des rois, il y a quelque chose de si divinement bon; quelque chose qui va si droit au cœur, surtout des petits et des pauvres; quelque chose qui parle si éloquemment aux grands et aux riches, que l'Église a pris un soin particulier de conserver, aussi vif que possible, le souvenir de ce mystère de lumière et d'amour. Aujourd'hui on le lit et on le chante, à Noël; autrefois on le voyait. Beaucoup de grandes églises l'avaient mis en drame. Nous citerons entre autres : Vienne, Toulouse, Uzès, Tours, Senlis, Langres, Laon, Chartres, Nantes, Rouen.

Dans cette dernière ville, le mystère se représentait ainsi…

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Message  Louis Ven 06 Sep 2019, 6:17 am

Les Bergers

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XLIX

Dans cette dernière ville, le mystère se représentait ainsi. Derrière le maître-autel était une belle et grande grotte, où figuraient la Sainte Vierge, saint Joseph et l'Enfant Jésus. A la messe de minuit, après le chant du Te Deum, un jeune enfant gracieusement habillé en ange, aux ailes d'or et tout rayonnant de lumière, apparaissait dans les airs, au sommet du chœur; puis, se tournant vers les Chanoines, désignés pour représenter les bergers, il leur annonçait la bonne nouvelle de la naissance du Rédempteur, en chantant : « Parvulus filius datus est nobis : un petit enfant nous a été donné. »

L

Les chanoines-bergers quittaient aussitôt leurs stalles, et s'en allaient gravement à la crèche, en chantant sur un ton joyeux : « Pax in terris, paix sur la terre. »

Après avoir adoré le divin Enfant et rendu leurs hommages à Marie et à Joseph, ils revenaient à leur place. Alors commençait la messe solennelle à laquelle ils assistaient. La messe finie, le célébrant se tournait vers les chanoines-bergers et leur demandait, en chantant : « Quid vidistis, pastores ? qu'avez-vous vu, bergers ?  Dicite, annuntiate nobis in terris quis apparuit : Parlez, annoncez-nous qui est apparu sur la terre. »

LI

Fier et joyeux, le chant des chanoines donnait cette réponse : « Natum vidimus et choros angelorum laudantes Dominum: alleluia, alleluia : Nous avons vu le nouveau-né et les chœurs des anges louant le Seigneur : alleluia, alleluia.»
                                                                                             
Puis, montant à l'ambon, ils chantaient ensemble, tournés vers le peuple : « Ecce completa sunt omnia quæ dicta sunt per angelum de Virgine Maria. Hodie Christus natus est ; hodie Salvator apparuit, hodie in terra canunt Angeli, lætantur Archangeli; hodie exultant Justi dicentes : Gloria in excelsis Deo ! Alleluia : Voilà que sont accomplies toutes les choses  dites par l'ange au sujet de la Vierge Marie. Aujourd'hui le Christ est né; aujourd'hui le Sauveur est apparu; aujourd'hui sur la terre chantent les Anges, tressaillent les Archanges ; aujourd'hui les Justes disent dans des transports d'allégresse : Gloire à Dieu dans les hauteurs ! Alleluia. »

Suivaient le verset et l'oraison dans lesquels le célébrant proclamait à haute voix la reconnaissance de l'humanité et la perpétuelle virginité de Marie.

Le drame variait suivant les provinces…

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Message  Louis Sam 07 Sep 2019, 7:28 am

Les Bergers

SUITE

LII

Le drame variait suivant les provinces. A Rouen plein de gravité, il prenait, à Nantes, à Laon et ailleurs un caractère simple et joyeux. C'étaient de jeunes enfants qui représentaient les bergers. Leur âge tendre, leur innocence était l'emblème bien choisi de la simplicité pastorale. Gracieusement costumés, et de petits bâtons à la main, symbole de la houlette, ils arrivaient, au milieu de l'office, à l'entrée du chœur. Les choristes se tournaient vers eux et leur demandaient en chantant : « Quid vidistis, pastores? Qu'avez vous vu, bergers ? »

Ils répondaient : « Infantem vidimus ; nous avons vu un enfant. » Les interrogations et les réponses se succédaient rapidement, et en se succédant élevaient la joie jusqu'à l'enthousiasme.

LIII

Tout le peuple, et nous appelons peuple les riches aussi bien que les pauvres, les savants et les ignorants, les prêtres aussi bien que les laïques, suivait avec une pieuse attention ce drame, qui reproduisait au vif le mystère adorable, dont chaque détail fait vibrer délicieusement toutes les fibres du cœur ; et chacun se retirait emportant cette douce et féconde parole : « Infantem vidimus : Nous avons vu l'Enfant-Dieu ! »


Voir :  Gen. XXXV, 9-19; Judic. XX, 16; Mgr Mislin, Les Lieux saints, t. II, 29-225; Gen. XXXV, 21 ; Beda, de Lotis sanctis, ch. VIII ; Adrichom, Descriptio Terræ sanctæ, passim ; Cancellieri, Festa di natale, ch. XXXIV, p. 110; Sandini, Hist. Familiæ sacræ; Baron. Ann., t.1, an. 1, n, 14 ; Zaccaria, Ragionamento sopra la nascità di J. C; nelle sue dissertationi italiane di Storia Eccles. Roma, 1780, t. II, p. 341, édit. in-12; Benoît XIV, de Festis ; Joseph-Maria Trainiti, De pastoribus vocatis per angelum ad prœsepe, Messanæ, 1722, ouvrage dont Benoît XIV dit : « In quo quæ huc contulimus eruditissime conflrmantur » ; S. Luc, II, 16-18, 20 ; Antonio Perez, Pentateuchus fidei, in-fol.; Mgr Mislin, Les Lieux saints, t. II, ch. XXIX, p. 236; Sepp, Histoire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t. I, ch. IX, p. 93, 95 ; Queresmius, Elucidatio Terræ sanctæ, t. VI, lib. VI, c. 5 ; Cornel, a Lapide, in Luc. II, 8, etc. ; Martène, De antiquis Ecclesiœ ritibus, lib. IV, p. 36, n. 29, édit. in-fol. Paris ; Ducange, Glossarium, in Pastorum officium, etc., etc.


FIN.

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