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Message  Monique Mer 22 Mai 2019, 6:49 am

Un autre argument non pertinent...

Bouix sur le "Pape hérétique" : Un gros Nothingburger de John Salza et Robert Siscoe

Plus de trois ans après la sortie de leur livre Vrai ou faux pape? Une réfutation du sédévacantisme et d'autres erreurs modernes, John Salza et Robert Siscoe sont toujours occupés à faire perdre du temps à tout le monde.

Le 14 mai, ils ont publié sur leur site web une traduction anglaise d'un extrait du livre en trois volumes Tractatus de Papa, ubi et de Concilio Oecumenico ("Traité sur le Pape et le Concile Œcuménique") écrit par la canoniste française Marie Dominique Bouix (1808-1870). Bouix a pris la position inhabituelle que si un pape en tant que personne privée devait devenir un hérétique, il ne perdrait pas le pontificat de quelque façon que ce soit, et personne ne pourrait le lui prendre. En d'autres termes : Si un Pape devenait manifestement hérétique, il serait toujours Pape, et personne ne pourrait rien y faire.

La question du Pape hérétique - c'est-à-dire ce qui se passerait si un Pape devenait hérétique à titre privé - a été débattue entre théologiens pendant des siècles avant le Concile Vatican I (1870). Cinq positions différentes sont apparues au cours du litige :

1. Que le Pape ne peut pas devenir hérétique, même en sa capacité privée, la question est donc sans objet.
2. Qu'un Pape qui devient hérétique, ne serait-ce qu'intérieurement (en approuvant pertinemment l'hérésie dans son esprit), tomberait immédiatement et automatiquement du pontificat.
3. Qu'un Pape qui devient hérétique ne tombe pas du pontificat, quelle que soit la manifestation de son hérésie.
4. Qu'un Pape qui devient hérétique ne perd le pontificat qu'après une déclaration de l'Église.
5. Qu'un Pape qui devient hérétique tombe automatiquement du pontificat dès que son hérésie est publique et manifeste.
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Message  Monique Mer 22 Mai 2019, 6:51 am

De tous les théologiens qui se sont longuement penchés sur ce sujet, un seul a été déclaré saint et, plus pertinemment, docteur de l'Église. C'est le cardinal Saint-Robert Bellarmin (1542-1621). Il fut canonisé par le Pape Pie XI en 1930 et déclaré Docteur de l’Église par le même pape l'année suivante.

Dans son ouvrage monumental sur la papauté, De Romano Pontifice (" Sur le Pontife romain "), saint Robert a soutenu qu'"l est probable et peut être cru pieusement que non seulement le Souverain Pontife ne peut pas, en tant que " Pape ", se tromper, mais qu'il ne peut être hérétique même en particulier[= privé] en croyant avec pertinence à une fausse foi " (Livre IV, Chapitre 6). En d'autres termes, Bellarmin croyait que, parmi les cinq opinions énumérées ci-dessus, la position 1 était la plus susceptible d'être la bonne.

Cependant, dans l'éventualité où la position 1 n'était pas correcte et qu'un Pape pouvait effectivement devenir hérétique, Bellarmin a insisté et plaidé de façon convaincante pour la position 5, qu'un tel " Pape hérétique " cesserait immédiatement et automatiquement d'être Pape, sans avoir à faire une déclaration ou autre intervention ecclésiale :

* Bellarmin : "Peut-on déposer un pape hérétique ?" https://novusordowatch.org/de-romano-pontifice-book2-chapter30/
 Livre II, chapitre 30 du De Romano Pontifice

Bien que le P. Bouix, comme Bellarmin croyait aussi que la position 1 était la plus susceptible d'être correcte, il soutenait que s'il était possible pour un Pape de devenir hérétique, cela n'affecterait pas du tout sa position de la papauté - en d'autres termes, il appuyait la position 3, bien que dans son Traité du Pape elle soit numérotée autrement, soit comme position 4. Il conclut :

 

Certes, tout comme pour Suárez et beaucoup d'autres, moi y compris, il semble plus probable que le Pape, même en tant que personne privée, ne puisse tomber dans l'hérésie. Mais dans l'hypothèse où le Pape pourrait devenir hérétique en privé, je nierai absolument qu'il soit ipso facto déposé, ou susceptible de l'être par tout concile.  

(D. Bouix, Traité du Pape, vol. II[Paris : Lecoffre, 1869], p. 666, Gerardus Maiella ; dans "Bouix sur la question d'un pape hérétique", Pape vrai ou faux ? 14 mai 2019).
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Message  Monique Mer 22 Mai 2019, 6:56 am

Il semble que Salza et Siscoe essaient maintenant, comme ils l'ont fait dans le passé avec d'autres théologiens, d'annoncer ceci comme une sorte de "réfutation" de la position sédévacantiste, qui est identique à celle de Bellarmin. Saint Robert appelait la position que prend Bouix "extrêmement improbable" et disait que "ce serait la condition la plus misérable de l'Église, si elle devait être contrainte de reconnaître un loup, rôdant manifestement, pour un berger" (De Romano Pontifice, Livre II, Chapitre 30).

Mais ce qui est peut-être encore plus significatif, Bouix semble être le seul théologien à avoir défendu la position 3. Le laïc brésilien Arnaldo Vidigal Xavier da Silveira (1929-2018), non sédentaire, que Salza et Siscoe annoncent volontiers sur leur site comme approuvant leur livre, remarque : " Cette troisième opinion... est défendue par un seul théologien, parmi 136 théologiens anciens et modernes dont on pourrait vérifier la position sur ce sujet " (Da Silveira, Le Pape peut-il devenir mauvais ? par John Russell Spann[Greenacres, WA : Catholic Research Institute, 1998], p. 31) ; et un peu plus loin : "Nous rappelons au lecteur que sur les 136 auteurs que nous avons consultés, seul Bouix défend cette opinion" (p. 36, n. 16).

De plus, la position de Bouix n'est même pas celle de Salza et de Siscoe eux-mêmes, et ne s'applique pas non plus au cas des hérésies manifestes du "Pape" Bergoglio, car Bouix affirme explicitement qu'il ne parle que du cas d'un Pape qui devient hérétique comme individu privé, et non d'un "Pape" qui fait partie de son magistère, comme c'est le cas avec Bergoglio:

 
Il n'y a pas de raison suffisante pour que l'on pense que le Christ ait prévu qu'un pape hérétique puisse être destitué. Cette raison serait certainement le grand préjudice qui viendrait à l'Église si un tel Pape n'était pas destitué. Mais cette raison n'est pas valable ; d'autant plus que l'hérésie du Pape n'est pas un mal si nuisible que l'Église doit donc nécessairement être ruinée et périr ; que le remède, la déposition du Pape, serait un bien pire mal. Et tout d'abord, l'hérésie du Pape dont cette question est émue, n'est pas un mal si grave qu'il faille penser que le Christ avait voulu la déposition d'un tel Pontife. Il ne s'agit que d'hérésie privée, non pas que le Pape professe comme pasteur de l'Église et dans ses décrets ou actes pontificaux, mais à laquelle il adhère comme médecin privé, et seulement dans ses paroles ou écrits privés. De plus, tant que le Pape, chaque fois qu'il définit et parle pontificalement, enseigne la bonne foi, les fidèles sont suffisamment en sécurité, bien qu'en même temps il soit clair que le même Pape adhère en privé à une hérésie. Tout le monde comprendrait aisément que l'opinion défendue par le Pape en tant que médecin privé manque d'autorité, et il ne doit être suivi que lorsqu'il définit et relate la foi d'office et avec autorité pontificale.

   (Bouix, Traité du Pape, vol. II, p. 670 ; soulignement ajouté.)
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Message  Monique Mer 22 Mai 2019, 6:59 am

Qu'est-ce que Salza et Siscoe tentent donc précisément d'accomplir en présentant l'argumentation théologique de Bouix sur le Pape hérétique ?

Il semble qu'ils essaient d'amasser des écrits de théologiens qui contestent la position des sédévacantistes concernant les "Papes hérétiques". Il n'y a qu'un seul problème : à une exception près (qu'il nous faut encore examiner en profondeur), toutes les "preuves" qu'ils ont publiées à cet égard proviennent de livres écrits avant le Concile Vatican I, qui ont promulgué un riche enseignement sur la papauté, comme ce qui suit :

 
  Ainsi, ce don de la vérité et d'une foi sans faille fut divinement conféré à Pierre et à ses successeurs dans cette chair, afin qu'ils puissent administrer leur haut devoir pour le salut de tous ; que le troupeau entier du Christ, détourné par eux de la nourriture venimeuse de l'erreur, puisse se nourrir de la subsistance de la doctrine divine, que l'Église entière puisse, à l'occasion du schisme supprimé, se sauver en un et s'en remettre à sa fondation pour demeurer ferme aux portes de l'enfer.

   (Vatican I, Constitution dogmatique Pasteur Aeternus, chap. 4 ; Denz. 1837 ; soulignement ajouté.)

L'approbation ecclésiastique du Traité du Pape de Bouix est datée du 20 août 1868, presque deux années complètes avant la promulgation du Pasteur Aeternus. Les deux premiers volumes ont été publiés en 1869, le troisième en 1870. L'extrait traduit publié par Salza et Siscoe est tiré du volume 2.

En outre, il faut garder à l'esprit que si Bouix écrivait environ 250 ans après la mort de Bellarmin, il écrivait avant que saint Robert ne soit canonisé ou déclaré Docteur de l’Église, ou même béatifié (sa béatification eut lieu en 1923). En d'autres termes, bien qu'il ait certainement pris en considération l'argumentation de Bellarmin comme venant d'un théologien très compétent et renommé, il n'a pas eu le privilège d'apprendre de saint Bellarmin, docteur de l'Église.

La notion d'un "Pape hérétique" - du moins celle que le monde a vue dans les "papes" de Vatican II depuis les années 1960 - est inconciliable avec l'enseignement du pasteur Aeternus. Quiconque en doute, il est conseillé de passer notre test spécial de papauté en ce qui concerne l'hérétique manifeste Bergoglio. Notre test remplace chaque mention de l'expression "Souverain Pontife" dans la constitution conciliaire par les mots "Pape François" - et les résultats sont... intéressants :

* Le test de papauté de Francis https://novusordowatch.org/2019/03/francis-papacy-test/
Bien que le Vatican I n'ait pas abordé directement la question du Pape hérétique dans sa constitution dogmatique sur la papauté, la question s'est effectivement posée pendant les délibérations, et la délégation sur la foi y a répondu. L'abbé John Purcell de Cincinnati raconte ce qui s'est passé et comment le conseil a répondu :
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Message  Monique Mer 22 Mai 2019, 7:02 am

*  La question d'un Pape hérétique examinée par le Concile Vatican II https://novusordowatch.org/2015/04/heretical-popes-first-vatican-council/
*  Papes hérétiques et Vatican I : Un suivi https://novusordowatch.org/2015/04/vatican-i-popes-follow-up/

Après Vatican I, les alternatives aux positions 1 et 5 ont été abandonnées, et nous trouvons plutôt des théologiens d'accord qu'un "Pape hérétique" cesserait automatiquement d'être Pape :

...on ne peut pas prouver que le Souverain Pontife romain, en tant qu'enseignant privé, ne puisse devenir hérétique, par exemple, s'il nie avec contumace un dogme préalablement défini ; cette impeccabilité ne lui a jamais été promise par Dieu. Au contraire, [Pape] Innocent III admet expressément que l'affaire peut être concédée. Mais si l'affaire devait avoir lieu, il tombe en fonction par la loi divine, sans aucune condamnation, pas même déclarative. Car celui qui professe ouvertement l'hérésie se place lui-même en dehors de l'Église, et il est peu probable que le Christ préserve la primauté de son Église avec un individu aussi indigne. Par conséquent, si le Souverain Pontife professe l'hérésie, il est privé de son autorité avant toute condamnation, ce qui [sentence] est impossible.

   (Révérend Matthaeus Conte a Coronata, Institutiones Iuris Canonici, vol. I, 4e éd. Rome : Marietti, 1950], n. 316c ; notre traduction ; soulignement ajouté ...

Pour d'autres exemples de ce que les théologiens ont écrit après le Vatican sur le scénario d'un "Pape hérétique", veuillez consulter notre commentaire informatif sur la récente "Lettre ouverte aux évêques de l'Église catholique" accusant Bergoglio d'hérésie :

* La Lettre ouverte accusant François d'hérésie : Une analyse sédévacantiste https:
http://novusordowatch.org/2019/05/open-letter-francis-heresy-sedevacantist-analysis/


Franchement, le texte de Bouix que Salza et Siscoe ont présenté est un grand rien du tout : Ils trouvèrent donc devant Vatican Ier un théologien qui affirmait qu'un Pape ne peut pas perdre son pontificat du tout, même s'il est manifestement hérétique. Et alors ? Dans l'histoire de l’Église, on trouve toutes sortes de théologiens qui écrivent sur des questions controversées avant qu'elles ne soient réglées par l’Église, y compris une position sur la Vision béatifique de saint Bernard de Clairvaux qui fut déclarée hérétique par la suite (voir P. Joseph Sagüés, Sur les dernières choses, p. 298, n° 30). https://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0991226887/interregnumnow-20

La vraie question est : Est-il possible d'affirmer du Novus Ordo " papes " tout ce que l'Église catholique enseigne sur la papauté tout en restant fidèle à la religion catholique du pape Pie XII et de ses prédécesseurs ? Mais nous connaissons tous la réponse à cette question.

Au fait: Le Traité du Pape de Bouix se termine par les mots : "Scripta mea omnia judicio ac correctioni Romani Pontificis subjicio" - "Je soumet tous mes écrits au jugement et à la correction du Pontife romain" (vol. 3, p. 436).

John Salza et Robert Siscoe feraient ça ?
*La question d'un Pape hérétique examinée par le Concile Vatican II https://novusordowatch.org/2015/04/heretical-popes-first-vatican-council/
*Papes hérétiques et Vatican I : Un suivi https://novusordowatch.org/2015/04/vatican-i-popes-follow-up/

Après Vatican I, les alternatives aux positions 1 et 5 ont été abandonnées, et nous trouvons plutôt des théologiens d'accord qu'un "Pape hérétique" cesserait automatiquement d'être Pape :

...on ne peut pas prouver que le Souverain Pontife romain, en tant qu'enseignant privé, ne puisse devenir hérétique, par exemple, s'il nie avec contumace un dogme préalablement défini ; cette impeccabilité ne lui a jamais été promise par Dieu. Au contraire, [Pape] Innocent III admet expressément que l'affaire peut être concédée. Mais si l'affaire devait avoir lieu, il tombe en fonction par la loi divine, sans aucune condamnation, pas même déclarative. Car celui qui professe ouvertement l'hérésie se place lui-même en dehors de l'Église, et il est peu probable que le Christ préserve la primauté de son Église avec un individu aussi indigne. Par conséquent, si le Souverain Pontife professe l'hérésie, il est privé de son autorité avant toute condamnation, ce qui [sentence] est impossible.

   (Révérend Matthaeus Conte a Coronata, Institutiones Iuris Canonici, vol. I, 4e éd. Rome : Marietti, 1950], n. 316c ; notre traduction ; soulignement ajouté ...

Pour d'autres exemples de ce que les théologiens ont écrit après le Vatican sur le scénario d'un "Pape hérétique", veuillez consulter notre commentaire informatif sur la récente "Lettre ouverte aux évêques de l'Église catholique" accusant Bergoglio d'hérésie :

* La Lettre ouverte accusant François d'hérésie : Une analyse sédévacantiste https:
http://novusordowatch.org/2019/05/open-letter-francis-heresy-sedevacantist-analysis/


Franchement, le texte de Bouix que Salza et Siscoe ont présenté est un grand rien du tout : Ils trouvèrent donc devant Vatican Ier un théologien qui affirmait qu'un Pape ne peut pas perdre son pontificat du tout, même s'il est manifestement hérétique. Et alors ? Dans l'histoire de l’Église, on trouve toutes sortes de théologiens qui écrivent sur des questions controversées avant qu'elles ne soient réglées par l’Église, y compris une position sur la Vision béatifique de saint Bernard de Clairvaux qui fut déclarée hérétique par la suite (voir P. Joseph Sagüés, Sur les dernières choses, p. 298, n° 30). https://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0991226887/interregnumnow-20

La vraie question est : Est-il possible d'affirmer du Novus Ordo " papes " tout ce que l'Église catholique enseigne sur la papauté tout en restant fidèle à la religion catholique du pape Pie XII et de ses prédécesseurs ? Mais nous connaissons tous la réponse à cette question.

Au fait: Le Traité du Pape de Bouix se termine par les mots : "Scripta mea omnia judicio ac correctioni Romani Pontificis subjicio" - "Je soumet tous mes écrits au jugement et à la correction du Pontife romain" (vol. 3, p. 436).

John Salza et Robert Siscoe feraient ça ?

Source: ''NOVUS ORDO WATCH''
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