1847 Le petit barbier

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Message  gabrielle Dim 14 Avr 2019, 8:31 am


1847
Le petit barbier

Don Bosco entra, un jour, chez un barbier de Turin pour réclamer le secours de son ministère. Il avise un petit apprenti, qui lui paraît de bonne prise pour son Patronage du Dimanche.

- Comment t'appelles-tu, mon cher ami ?


- Charles Gastini.

- As-tu encore tes parents ?

- Je n'ai plus que ma mère.

- Quel âge as-tu ?

- Onze ans.

- As-tu fait ta première Communion ?

- Pas encore.

- Vas-tu au catéchisme !

- Quand je le puis, je n'y manque pas.

- Oh ! Bravo, mon bon petit ! Et maintenant, pour ta peine, tu vas me faire la barbe.

Protestations du patron, qui accuse l'apprenti d'être à peine capable de tondre un chien.

- Il faut bien qu'il apprenne, répond Don Bosco.

- Sans doute, mais pas sur un prêtre. Attendez un instant, monsieur l'abbé, vous allez le voir opérer sur le premier client qui se présentera.

- Du tout, ce sera sur moi. Je n'ai pas, que je sache, un menton particulier, quoique j'aie une barbe di bosco (de bois) : que votre petit bonhomme me laisse seulement le nez, et je serai ravi.

Le supplice commence. Don Bosco riait et pleurait tout à la fois. Écorché en règle, il se lève et promet à l'enfant un avenir, avec du temps et de la patience.

Puis, avant de partir, il l'invita à venir le trouver à l'Oratoire, le Dimanche suivant.

Charles tint parole. Il s'amusa de tout son coeur, et fut tendrement caressé par Don Bosco qui, après les offices, lui glissa un petit mot à l'oreille, et le conduisit à la sacristie. Après l'avoir soigneusement préparé, il le confessa.

Ce petit mot a fait tant de merveilles à l'Oratoire, que les enfants l'appelaient : la parole magique ; et Charles Gastini donna, une fois de plus, raison à ce dicton. Il devint excellent, à ce point qu'il n'hésitait pas à reprendre, avec autorité, dans la boutique de son patron, les clients qui se laissaient aller à des paroles trop libres.

Quelques mois après, sa mère mourut subitement, les laissant, sa sœur et lui, dans la plus affreuse misère : le propriétaire, à qui l'on devait plusieurs termes, avait brutalement jeté à la rue les deux orphelins.

Le frère aîné étant soldat, les enfants restaient seuls au monde.

Un soir, Don Bosco trouva au Rondo, près de l'Oratoire, le petit barbier tout en pleurs. Instruit de ce qui arrivait, il le recueillit chez lui, et bientôt fit admettre sa soeur à l'hospice de Casale Monferrato.

Charles Gastini, devenu relieur, est aujourd'hui chef d'atelier à l'Oratoire. Il est père de famille, excellent ouvrier, et chrétien accompli.
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Message  ROBERT. Dim 14 Avr 2019, 11:04 am

gabrielle a écrit:

1847
Le petit barbier

Spoiler:
Don Bosco entra, un jour, chez un barbier de Turin pour réclamer le secours de son ministère. Il avise un petit apprenti, qui lui paraît de bonne prise pour son Patronage du Dimanche.

- Comment t'appelles-tu, mon cher ami ?


- Charles Gastini.

- As-tu encore tes parents ?

- Je n'ai plus que ma mère.

- Quel âge as-tu ?

- Onze ans.

- As-tu fait ta première Communion ?

- Pas encore.

- Vas-tu au catéchisme !

- Quand je le puis, je n'y manque pas.

- Oh ! Bravo, mon bon petit ! Et maintenant, pour ta peine, tu vas me faire la barbe.

Protestations du patron, qui accuse l'apprenti d'être à peine capable de tondre un chien.

- Il faut bien qu'il apprenne, répond Don Bosco.

- Sans doute, mais pas sur un prêtre. Attendez un instant, monsieur l'abbé, vous allez le voir opérer sur le premier client qui se présentera.

- Du tout, ce sera sur moi. Je n'ai pas, que je sache, un menton particulier, quoique j'aie une barbe di bosco (de bois) : que votre petit bonhomme me laisse seulement le nez, et je serai ravi.

Le supplice commence. Don Bosco riait et pleurait tout à la fois. Écorché en règle, il se lève et promet à l'enfant un avenir, avec du temps et de la patience.

Puis, avant de partir, il l'invita à venir le trouver à l'Oratoire, le Dimanche suivant.

Charles tint parole. Il s'amusa de tout son coeur, et fut tendrement caressé par Don Bosco qui, après les offices, lui glissa un petit mot à l'oreille, et le conduisit à la sacristie. Après l'avoir soigneusement préparé, il le confessa.

Ce petit mot a fait tant de merveilles à l'Oratoire, que les enfants l'appelaient : la parole magique ; et Charles Gastini donna, une fois de plus, raison à ce dicton. Il devint excellent, à ce point qu'il n'hésitait pas à reprendre, avec autorité, dans la boutique de son patron, les clients qui se laissaient aller à des paroles trop libres.

Quelques mois après, sa mère mourut subitement, les laissant, sa sœur et lui, dans la plus affreuse misère : le propriétaire, à qui l'on devait plusieurs termes, avait brutalement jeté à la rue les deux orphelins.

Le frère aîné étant soldat, les enfants restaient seuls au monde.

Un soir, Don Bosco trouva au Rondo, près de l'Oratoire, le petit barbier tout en pleurs. Instruit de ce qui arrivait, il le recueillit chez lui, et bientôt fit admettre sa soeur à l'hospice de Casale Monferrato.
Charles Gastini, devenu relieur, est aujourd'hui chef d'atelier à l'Oratoire. Il est père de famille, excellent ouvrier, et chrétien accompli.

Voilà ce qui est advenu, avec de bonnes dispositions,

celui qui osa, un jour, "charcuter" la barbe de Don Bosco.
ROBERT.
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