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Message  Louis Sam 16 Mar 2019 - 16:45

LES DIX MILLE SOLDATS CRUCIFIÉS

SUR LE MONT ARARATH


IIe siècle.
Dum christiani suppliciis afficiuntur,
numerus eorum crescit.


Le nombre des chrétiens s'accroît
à mesure qu'on les fait périr par les supplices.

S. Just. mart., Epist. ad Diognetum.



Le bienheureux troupeau des prédestinés est en même temps grand et petit : il est petit, selon Jésus-Christ dans l'Evangile, par l'humilité dont il fait profession, et parce que, si on le compare à la troupe des réprouvés, il est probablement moins nombreux ; mais d'autre part, il est grand par l'excellence de son mérite et de sa gloire, et parce qu'il est certain, selon le témoignage de saint Jean dans son Apocalypse, que c'est une assemblée composée de toutes sortes de peuples, de tribus et de langues, que personne ne peut supputer. En effet, outre une infinité de saints qui ne seront connus que dans l'autre monde, parce que les annales du passé ne nous apprennent ni leurs noms ni leurs actions, les calendriers ecclésiastiques nous en offrent chaque jour une liste considérable : nous avons donc sujet de louer Dieu, qui, par le sang de son fils unique, s'est acquis une Eglise si nombreuse pour le louer éternellement dans le ciel.

Quelquefois nous trouvons des centaines de Martyrs qui ont donné leur sang tous ensemble pour la confession du nom de Jésus-Christ. D'autres fois, nous en trouvons des milliers, et d'autres fois encore des villages, des bourgs et des villes entières, dont les habitants ont tous été passés par le fil de l'épée pour avoir refusé d'adorer les idoles et de leur offrir de l'encens. Le 22 septembre nous en présente plus de sept mille en la personne de saint Maurice et de toute la glorieuse légion des Thébains ; le 21 octobre, plus de onze mille, en la personne de saint Ursule et de la troupe bienheureuse des vierges et d'autres personnes de l'un et de l'autre sexe qui l'accompagnaient.

Mais, sans nous éloigner du jour où nous sommes, nous y trouvons dix mille soldats chrétiens qui ont mieux aimé se désarmer et s'exposer à tous les tourments que Notre-Seigneur a endurés sur la croix, que d'abandonner son service et de se souiller par l'adoration des fausses divinités. Leur histoire est fort ancienne, et a souvent été traduite du grec en latin. Nous la rapporterons ici de la manière qu'elle a été traduite par Anastase le Bibliothécaire, personnage très-savant et de grand mérite, et par un autre auteur dont Surius a eu le manuscrit.

Au temps de l'empereur Adrien, qui avait succédé à Trajan, dès l'année 117, les Gadéréens et quelques autres peuples qui demeuraient au-dessus de l'Euphrate, vers l'Arménie majeure, s'étant révoltés contre les Romains, firent une armée de plus de cent mille hommes pour disputer leur liberté et se tirer de la servitude où gémissait tout le monde alors connu. Ceux qui commandaient pour l'empereur en Arménie et dans les provinces voisines armèrent aussitôt pour arrêter ce torrent; mais comme les troupes romaines étaient occupées ailleurs, ils ne purent faire, malgré toute leur diligence, qu'un corps d'armée de seize mille hommes. Cependant, se fiant à la protection de leurs dieux, dont ils portaient avec eux les idoles, et au courage de ces soldats qui étaient de vieilles troupes, pour la plupart, et des gens aguerris, ils ne laissèrent pas de marcher avec ce petit nombre contre les révoltés. Mais quand ils virent devant leurs yeux le camp des ennemis, qui les surpassait de plus de quatre-vingt-quatre mille hommes, ils perdirent courage; et, n'osant pas les attaquer, ni même les attendre, ils résolurent de chercher leur salut et celui de leur armée dans la fuite. Six mille de leurs soldats les suivirent et échappèrent, par une honteuse retraite, au danger où ils se croyaient. Mais neuf mille, animés par le tribun Acace, Garcère, maître de camp et d'autres capitaines, aimèrent mieux s'exposer à la mort en combattant généreusement pour la gloire du nom romain, que de conserver leur vie par une action indigne de leur rang et de la haute réputation qu'ils s'étaient acquise.


Avant d'aller au combat, ils voulurent faire les sacrifices ordinaires pour implorer la protection de leurs dieux et s'encourager eux-mêmes davantage…

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Message  Louis Lun 18 Mar 2019 - 7:37

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Avant d'aller au combat, ils voulurent faire les sacrifices ordinaires pour implorer la protection de leurs dieux et s'encourager eux-mêmes davantage ; mais ce culte, au lieu de fortifier leur courage, l'abattit : auparavant ils se sentaient courageux comme des lions ; maintenant ils sont tremblants de crainte et éprouvent une défaillance de cœur qui les met hors d'état de soutenir le choc des ennemis. Pendant qu'ils étaient dans ce trouble, un ange leur apparut sous la forme d'un jeune homme d'un port majestueux et d'une beauté extraordinaire ; il leur dit : « Vous pouvez reconnaître, par la timidité que vous ressentez après l'immolation des victimes, que les idoles et les divinités imaginaires du paganisme ne peuvent pas vous rendre victorieux ; mais si vous voulez suivre mon conseil, si vous voulez avoir recours au Dieu du ciel et croire en Jésus-Christ, son Fils unique, selon la doctrine des chrétiens, vous remporterez infailliblement la victoire et reviendrez du combat chargés de gloire et de butin ». Une promesse si avantageuse leur fit ouvrir les yeux ; ils en conférèrent ensemble ; et, comme la plupart, et surtout Acace et les autres capitaines, y étaient bien disposés, ils conclurent qu'il fallait embrasser le christianisme. En même temps, ils élevèrent leurs yeux et leurs mains au ciel, et protestèrent à Dieu, souverain Maître de toutes choses, qu'ils ne reconnaissaient point d'autre Dieu que lui, et Jésus-Christ son Fils, et que c'était de lui seul qu'ils attendaient tout leur secours. Après cette confession, ils furent remplis de tant de force, qu'étant allés à l'heure même au combat, ils défirent entièrement les révoltés, en couchèrent une grande partie sur la place, blessèrent les autres et mirent le reste en fuite, dont les uns se noyèrent dans les lacs voisins, et les autres périrent misérablement dans les rochers et dans les bois, où ils se sauvèrent.

Une victoire si signalée les confirma encore dans la foi et dans la religion qu'ils venaient d'embrasser ; ils rendirent mille actions de grâces à Dieu, et lui protestèrent qu'ils vivraient et mourraient à son service, sans que rien fût capable de leur faire changer de résolution. L'ange qui leur avait apparu la première fois se fit voir encore à eux ; et, après les avoir loués de ce qu'ils avaient suivi son conseil, il les conduisit lui-même sur une haute montagne appelée Ararath, éloignée d'environ cinq cents stades d'une ville de ce royaume, nommée Alexandrie. Lorsqu'ils y furent arrivés, les cieux s'ouvrirent au-dessus d'eux, et sept autres esprits bienheureux en descendirent, qui les congratulèrent aussi de leur conversion, et, se joignant au premier ange, les instruisirent des mystères de notre religion.

Après qu'ils furent suffisamment instruits, ils les avertirent des violences que feraient les généraux de l’armée pour les faire retourner au culte des idoles…

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Message  Louis Mar 19 Mar 2019 - 8:21

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Après qu'ils furent suffisamment instruits, ils les avertirent des violences que feraient les généraux de l’armée pour les faire retourner au culte des idoles, et des tourments qui leur étaient préparés : ils leur dirent que, s'ils avaient combattu jusqu'alors pour les princes de la terre en donnant la mort à leurs ennemis, il était temps qu'ils combattissent pour le Roi du ciel, en souffrant eux-mêmes la mort comme il l'avait soufferte pour leur salut. Ces soldats chrétiens répondirent unanimement qu'ils étaient prêts à tout, qu'assez forts pour se défendre par les armes de la cruauté des tyrans, ils étaient néanmoins résolus de ne s'en point servir, mais de les mettre bas pour être les victimes pacifiques de la gloire de leur Seigneur Jésus-Christ. Ils demeurèrent ensuite quelque temps sur la même montagne, sans avoir, besoin d'aucun aliment corporel, parce que l'esprit de Dieu y suppléait par la force et la vigueur intérieure qu'il leur communiquait.

Les généraux romains, à la nouvelle de leur victoire et de leur retraite, leur envoyèrent des députés, les priant de descendre vers le reste de l'armée pour recevoir la récompense et les félicitations que méritait leur valeur ; ils répondirent aux envoyés qu'il s'était fait un grand changement en eux depuis leur séparation ; que d'idolâtres ils étaient devenus chrétiens, parce que c'était par la vertu de Jésus-Christ qu'ils avaient défait leurs ennemis, et qu'ainsi ils ne pouvaient plus avoir de commerce ni avec l'empereur ni avec leurs capitaines, qui se souillaient continuellement par les sacrifices impurs qu'ils offraient aux démons. Cette réponse ayant été portée aux généraux, ils en furent touchés d'une grande douleur ; et, comme il leur était survenu de nouvelles troupes, ils résolurent de forcer nos Saints de se joindre à eux et d'adorer les idoles avec toute l'armée. Ils marchèrent donc contre eux, comme contre des ennemis de leurs dieux et de l'empire. Lorsque les saints Martyrs les virent approcher, ils ne se mirent point en défense ; mais, sachant que Notre-Seigneur a dit qu'il « envoyait ses disciples comme des agneaux entre les loups », après avoir imploré son secours et en avoir reçu l'assurance par une voix du ciel, ils se livrèrent eux-mêmes entre les mains de leurs persécuteurs.

Celui qui commandait pour l'empereur leur fît de grands reproches d'avoir abandonné la religion de l'empire pour adorer un Dieu inconnu et un Homme crucifié, et les avertit de changer de résolution, s'ils ne voulaient endurer toutes sortes de supplices et être condamnés à mort comme criminels de lèse-majesté divine et humaine.

Acace, le chef, et tous les autres capitaines répondirent avec beaucoup de courage : « Que, bien loin d'être criminels de lèse-majesté divine et humaine, ils rendaient au vrai Dieu l'honneur qui lui appartenait, et à l'empereur le service qu'ils lui devaient en priant pour sa conversion et pour la prospérité de son Etat ; que cependant ils ne refusaient ni les tourments ni la mort, et que c'était avec joie qu'ils entendraient l'arrêt de leur condamnation ». Cette liberté aigrit tellement toute l'armée, qu'une grande partie des soldats prirent des pierres pour assommer ces généreux confesseurs du nom de Jésus-Christ ; mais, par un grand miracle, les pierres rejaillirent contre ceux qui les jetaient; et, bien loin de blesser les Martyrs, elles blessèrent ceux qui se voulaient faire leurs bourreaux.

Ce prodige, effrayant le tyran, il commanda de cesser de les lapider, et fit encore de grands efforts pour les gagner par la douceur…

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Message  Louis Mer 20 Mar 2019 - 8:28

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Ce prodige, effrayant le tyran, il commanda de cesser de les lapider, et fit encore de grands efforts pour les gagner par la douceur ; mais, comme il vit que ses paroles ne faisaient aucune impression sur leurs esprits , et qu'ils témoignaient de plus en plus une ardeur incroyable de souffrir pour leur divin Maître, il ordonna de les dépouiller, de les attacher à des arbres et de leur déchirer le corps à coups de fouet : « Car c'est ainsi », dit-il, « que le Dieu qu'ils adorent a été traité des Juifs ». Cet ordre fut incontinent exécuté, au moins à l'égard d'une partie; mais, les Saints ayant fait leurs prières, les bras et les mains de ceux qui s'étaient armés de verges ou de fouets pour les frapper devinrent arides, de sorte qu'ils ne purent plus leur faire de mal. Une assistance de Dieu si visible fit ouvrir les yeux à Théodore, un des chefs de l'armée impériale ; il reconnut que la justice et la vérité étaient du côté des saints Martyrs, et que le Seigneur qu'ils adoraient était le vrai Dieu, à qui le culte souverain était dû. Il en parla à mille soldats qu'il commandait, qui, étant entrés dans son sentiment, s'écrièrent tous avec beaucoup de ferveur qu'ils étaient chrétiens, et se joignirent aux neuf mille que l'on maltraitait si cruellement pour Jésus-Christ. Ainsi, la troupe des confesseurs fut heureusement augmentée et devint de dix mille hommes.

Le tyran fut prodigieusement irrité de cet événement ; et, dans la rage où il était, il fit couvrir de pointes de fer une campagne de la longueur de vingt stades, et commanda à son armée de contraindre les Saints, à coups de bâton, d'y passer nu-pieds. Mais il ne fut point nécessaire pour cela de contrainte : les Martyrs y coururent d'eux-mêmes, et, regardant ce chemin comme la voie étroite qui conduit à la vie, ils y entrèrent plus volontiers qu'ils ne fussent entrés dans un lieu semé de roses ou couvert de tapis agréables et précieux. Cependant ils n'y reçurent aucune blessure : car des anges, marchant devant eux, ramassèrent toutes ces pointes et les mirent en un monceau pour leur donner un passage aisé et sans incommodité.

Le lieu où on les mena fut la ville d'Alexandrie dont nous avons déjà parlé, et qu'il ne faut pas confondre avec la célèbre cité égyptienne…

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Message  Louis Jeu 21 Mar 2019 - 8:26

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Le lieu où on les mena fut la ville d'Alexandrie dont nous avons déjà parlé, et qu'il ne faut pas confondre avec la célèbre cité égyptienne. Lorsqu'ils y furent arrivés, le tyran, qui travailla encore inutilement à les ébranler par ses discours, voulut éprouver contre eux tous les genres de supplices que les Juifs ont fait souffrir au Fils de Dieu : il leur fit couvrir la tête de longues épines faites en forme de couronne, dont il y avait une grande abondance dans la forêt voisine ; il leur fit percer le côté avec de petites lances , qui tirèrent de leurs corps des ruisseaux de sang ; il les fit conduire en cet état, et les mains derrière le dos, par toute la ville, et on les fouetta cruellement devant tout le peuple ; la nuit suivante, les ayant fait ramener dans les grandes cours et les jardins du palais, il les abandonna à toutes les insultes et aux mauvais traitements de ses soldats ; enfin, il les condamna tous à être crucifiés sur la montagne d'Ararath, où ils s'étaient premièrement retirés après leur victoire. Ils y allèrent comme à un lieu de triomphe, sans que pas un de cette illustre troupe perdît courage et s'ennuyât de souffrir. Les plus jeunes mêmes dirent des merveilles à la louange de Jésus-Christ et de la religion chrétienne ; et, lorsqu'Acace, leur chef, leur représenta avec des paroles de feu que leur supplice finirait bientôt, mais que la récompense qui leur était préparée dans le ciel ne finirait jamais, ils lui répondirent  « que la seule peine qu'ils avaient était de n'endurer pas assez de tourments pour la gloire de leur divin Maître ». Comme le sang coulait abondamment de leurs plaies, ils en remplirent leurs mains, et, se le jetant sur la tête, ils prièrent instamment Notre-Seigneur que ce sang qu'ils répandaient pour son amour leur servît de baptême et les lavât de toutes leurs iniquités passées. Une voix du ciel les assura de cette grâce : ainsi, ce fut avec une joie incroyable qu'ils tendirent les pieds, les mains et tout le corps à trente mille soldats de l'armée qui avaient été commandés pour les crucifier.

Ce supplice, tout terrible qu'il est, ne les empêcha pas de continuer de donner des louanges à Dieu et de publier ses grandeurs : mais, l'heure de la mort approchant, les cieux s'ouvrirent, les anges en descendirent visiblement, et on entendit la voix de Notre-Seigneur, qui leur dit : « Venez, les bien-aimés de mon Père, recevez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde ». En même temps, une grande lumière les environna et les cacha aux yeux des infidèles ; et, au milieu de cette splendeur, ils rendirent leurs saintes âmes, qui allèrent recevoir la récompense de leurs combats et de leurs souffrances pour Jésus-Christ. Ce fut le 22 juin, à la même heure que Notre-Seigneur est expiré sur la croix, au commencement de l'empire d'Adrien, c'est-à-dire vers l'an 120, quoique quelques auteurs diffèrent leur martyre jusqu'à la fin de son règne, qui fut en l'an 138.

Après leur mort, il se fit un grand tremblement de terre, qui détacha leurs corps des potences où on les avait attachés ou liés, et les anges les enterrèrent de leurs propres mains, non pas dans une fosse commune, mais chacun dans un sépulcre particulier, faisant entendre une musique céleste, qui rendit cette cérémonie plus auguste que les plus superbes obsèques des empereurs et des rois. L'Eglise a, de tout temps, reconnu et honoré ces admirables soldats de Jésus-Christ ; et même autrefois, à Rome, le jour de leur martyre était une des fêtes où l'on ne plaidait point au palais 1.
___________________________________________________

Acta Sanctorum, t, v junii.

1 Radulphe ou Raoul, doyen de Tongres, au livre de l'Observance des Canons, trouve plusieurs difficultés dans l'histoire de ces bienheureux Martyrs, et témoigne qu'il aura peine à la croire s'il ne la voit appuyée sur une autorité ecclésiastique. Cette « autorité » existait de son temps comme aujourd'hui, puisque le martyrologe romain et le ménologe des Grecs faisaient mention des dix mille Martyrs crucifiés sur la montagne d'Ararath; et, quant aux difficultés qu'on y pourrait remarquer, le cardinal Baronius y a si parfaitement répondu, qu'elles ne devraient plus embarrasser. Il est vrai que, dans ces Actes, rapportés par Surins et par les autres auteurs des Vies des Saints qui l'ont précédé, leur exécution est attribuée à l'empereur Adrien, et même à Antonin, son fils adoptif et son successeur, comme s'ils y eussent été présents, ce qui est hors d'apparence; mais en des Actes aussi anciens que ceux-là, et qui ont passé par tant de mains et tant de copies différentes, l'erreur dans une circonstance ne doit pas faire douter du fond de l'histoire, qui se trouve d'ailleurs autorisée par la tradition des Eglises et par la croyance des fidèles. Au reste, il ne faut pas omettre ici que ces glorieux athlètes de Jésus-Christ rendent de grandes assistances aux malades, dans le temps de leur agonie, pour les rendre victorieux du démon : on en peut voir un exemple mémorable dans la Vie de sainte Thérèse.


Tiré des Petits Bollandistes.

FIN.

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