Petit exercice de version latine sur Pastor Æternus

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Petit exercice de version latine sur Pastor Æternus Empty Petit exercice de version latine sur Pastor Æternus

Message  Simplicius Ven 10 Mai 2013, 8:38 pm

Bonjour,

Louis a écrit:
B JP a écrit:

Les subtilités grammaticales ne servent à rien : aucun auteur autorisé ne s'est appuyé là-dessus pour discuter Pastor Æternus.

Bonjour M. Bontemps,

A quoi ça sert, à ce moment-là, la conjugaison des verbes ?

Pourquoi conjuguer un verbe l'indicatif, au conditionnel, au subjonctif ? ou au conditionnel présent ou au subjonctif présent ? Pour mieux exprimer nos pensées.

Je posais cette question car aujourd'hui je lisais un texte de S. Jean (ch. 17) en rapport avec la Vigile de l'Ascension et voici ce que j'ai vu dans la Bible Polyglotte :

La Bible VIGOUROUX (S. Jean XVII, v. 13) a écrit:

Latin :" … et hæc loquor in mundo, ut hábeant gaúdium meum implétum in semetipsis. "

Français : "… et je dis ces choses dans le monde, pour qu'ils aient en eux ma joie complète. "

et je rapprochais cela du habeat dans le Ch. II de Pastor Æternus :

Petit exercice de version latine sur Pastor Æternus Canon_10

qui deviendrait en français le subjonctif présent, (comme dans le passage de Vigouroux, ci-haut) :

Si donc quelqu’un dit que ce n’est point par l’institution même du Christ Seigneur ou de droit divin, que le bienheureux Pierre ait de perpétuels successeurs dans le Primat sur l’Eglise universelle... qu’il soit anathème.»

(Concile du Vatican, Constit. De Ecclesia, ch. 2, et canon ; DB 1825)

Voici une définition que j’ai trouvé dans une Grammaire française Grévisse :

Le subjonctif indique que le locuteur ne s’engage pas sur la réalité du fait.



Pour aider les lecteurs à comprendre la valeur de l'emploi du subjonctif habeat dans Pastor Æternus, je me suis livré à un petit exercice d'analyse syntaxique. L'emploi du subjonctif n'est pas identique en latin et en français ; il faut considérer les constructions qui utilisent le subjonctif sans impliquer le mode conditionnel.

Le texte original :

Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione, seu jure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores, aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem ; anathema sit.

Peut être analysé comme suis :

A. Si quis ergo dixerit, (subjonctif parfait)
B. non esse (infinitif présent)
C. ex ipsius Christi Domini institutione (ablatif), seu jure divino,
ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat (subjonctif présent) perpetuos successores,
B. aut Romanum Pontificem (l'accusatif) non esse (infinitif présent) beati Petri in eodem primatu successorem ;
A. anathema sit. (subjonctif présent)

A. Une proposition débutant par Si + subjonctif présent/parfait et suivi d'une proposition accordée au subjonctif présent exprime un « Potentiel » du présent, soit un lien logique affirmé (cf. http://bcs.fltr.ucl.ac.be/gramm/15.si.html , num. 373).

B. Ces deux incises, articulées autour de la conjonction de coordination aut (ou), sont des infinitives au présent de l'indicatif avec un sujet à l'accusatif. Elles sont complément d'objet car elles suivent le verbe dico, is, ere, dixi, dictum (dire).

C. La préposition ex + ablatif (par suite de) marque un complément circonstanciel de temps du verbe esse qui le précède. Il est suivi d'une subordonnée complétive introduite par la conjonction ut + subjonctif. La construction verbe exprimant un événement + ut + subjonctif, exprime un événement ou un résultat. La subordonnée est alors sujet réel du verbe principal.

Conclusion : Si je ne me suis pas trompé dans mon analyse (je suis rouillé depuis l'école), dans ce cas précis, le subjonctif habeat n'est pas hypothétique comme en français, il exprime seulement la fonction de résultat de la subordonnée. De plus le subordonnée infinitive ne peut être prise dans un sens conditionnel car cette tournure utiliserait soit un infinitif futur (fore), soit un participe futur (futurum esse). Je pense donc qu'habeat se traduit a à cause de la concordance des temps (présent) et de la fonction de la proposition dans laquelle il se trouve.

Qu'en pensez-vous ?


Dernière édition par Louis le Sam 11 Mai 2013, 6:39 am, édité 2 fois (Raison : + lien grammaire latine)
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Message  ROBERT. Sam 11 Mai 2013, 2:48 pm

Simplicius a écrit:Bonjour,

Spoiler:
Louis a écrit:
B JP a écrit:

Les subtilités grammaticales ne servent à rien : aucun auteur autorisé ne s'est appuyé là-dessus pour discuter Pastor Æternus.

Bonjour M. Bontemps,

A quoi ça sert, à ce moment-là, la conjugaison des verbes ?

Pourquoi conjuguer un verbe l'indicatif, au conditionnel, au subjonctif ? ou au conditionnel présent ou au subjonctif présent ? Pour mieux exprimer nos pensées.

Je posais cette question car aujourd'hui je lisais un texte de S. Jean (ch. 17) en rapport avec la Vigile de l'Ascension et voici ce que j'ai vu dans la Bible Polyglotte :

La Bible VIGOUROUX (S. Jean XVII, v. 13) a écrit:

Latin :" … et hæc loquor in mundo, ut hábeant gaúdium meum implétum in semetipsis. "

Français : "… et je dis ces choses dans le monde, pour qu'ils aient en eux ma joie complète. "

et je rapprochais cela du habeat dans le Ch. II de Pastor Æternus :

Petit exercice de version latine sur Pastor Æternus Canon_10

qui deviendrait en français le subjonctif présent, (comme dans le passage de Vigouroux, ci-haut) :

Si donc quelqu’un dit que ce n’est point par l’institution même du Christ Seigneur ou de droit divin, que le bienheureux Pierre ait de perpétuels successeurs dans le Primat sur l’Eglise universelle... qu’il soit anathème.»

(Concile du Vatican, Constit. De Ecclesia, ch. 2, et canon ; DB 1825)

Voici une définition que j’ai trouvé dans une Grammaire française Grévisse :

Le subjonctif indique que le locuteur ne s’engage pas sur la réalité du fait.



Pour aider les lecteurs à comprendre la valeur de l'emploi du subjonctif habeat dans Pastor Æternus, je me suis livré à un petit exercice d'analyse syntaxique. L'emploi du subjonctif n'est pas identique en latin et en français ; il faut considérer les constructions qui utilisent le subjonctif sans impliquer le mode conditionnel.

Le texte original :

Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione, seu jure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores, aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem ; anathema sit.

Peut être analysé comme suis :

A. Si quis ergo dixerit, (subjonctif parfait)
B. non esse (infinitif présent)
C. ex ipsius Christi Domini institutione (ablatif), seu jure divino,
ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat (subjonctif présent) perpetuos successores,
B. aut Romanum Pontificem (l'accusatif) non esse (infinitif présent) beati Petri in eodem primatu successorem ;
A. anathema sit. (subjonctif présent)

A. Une proposition débutant par Si + subjonctif présent/parfait et suivi d'une proposition accordée au subjonctif présent exprime un « Potentiel » du présent, soit un lien logique affirmé (cf. http://bcs.fltr.ucl.ac.be/gramm/15.si.html , num. 373).

B. Ces deux incises, articulées autour de la conjonction de coordination aut (ou), sont des infinitives au présent de l'indicatif avec un sujet à l'accusatif. Elles sont complément d'objet car elles suivent le verbe dico, is, ere, dixi, dictum (dire).

C. La préposition ex + ablatif (par suite de) marque un complément circonstanciel de temps du verbe esse qui le précède. Il est suivi d'une subordonnée complétive introduite par la conjonction ut + subjonctif. La construction verbe exprimant un événement + ut + subjonctif, exprime un événement ou un résultat. La subordonnée est alors sujet réel du verbe principal.

Conclusion : Si je ne me suis pas trompé dans mon analyse (je suis rouillé depuis l'école), dans ce cas précis, le subjonctif habeat n'est pas hypothétique comme en français, il exprime seulement la fonction de résultat de la subordonnée. De plus le subordonnée infinitive ne peut être prise dans un sens conditionnel car cette tournure utiliserait soit un infinitif futur (fore), soit un participe futur (futurum esse). Je pense donc qu'habeat se traduit a à cause de la concordance des temps (présent) et de la fonction de la proposition dans laquelle il se trouve.
Qu'en pensez-vous ?

.
Merci Simplicius de me remettre en mémoire les anciennes notions

des liber primus et liber secundus du Collège de l’Assomption !

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ROBERT.
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