Mgr de Ségur a toujours été le même, jeune artiste ou prêtre..

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Message  Roger Boivin Dim 10 Mar 2013, 11:19 pm



JOURNAL D'UN VOYAGE EN ITALIE - IMPRESSIONS & SOUVENIRS -
par Louis-Gaston de Ségur ( Mgr de SÉGUR ) -
publié par les soins avec une introduction du comte de Ségur-Lamoignon - 1882 - :


http://archive.org/stream/journaldunvoyage00sg#page/n5/mode/2up



Extrait ( page 1 ) :



INTRODUCTION

Ceux qui n'ont connu Mgr de Ségur que prêtre et prélat peuvent éprouver quelque peine à se le représenter dans le monde élégant et frivole, dans les salons d'une Ambassade, jeune homme de vingt-deux ans, brillant, spirituel, artiste, peintre, diplomate, etc.. Ils se trompent. Tel ils l'ont connu comme prêtre et prélat, et de plus aveugle, tel ils l'eussent vu dans les salons de Paris et de Rome, causant, riant, admirant ce qui était bon, critiquant ce qui était mal. Ils eussent alors trouvé chez lui, ainsi qu'ils font fait plus tard, cette gaieté, cette bienveillance, celte sérénité, ce calme à la fois et cet entrain, cet amour enthousiaste du beau et du bon, toutes les qualités en un mot, qui ont, pendant les trente-trois ans de son saint ministère, exercé ce prestige, cet attrait, cette fascination, dont sa mort a fait éclater tant de touchants témoignages. Oui, nous prenons, pour garants de notre parole, ses parents, tous les camarades et les amis de sa jeunesse : Mgr de Ségur, après ses trente-trois ans de sacerdoce, était le même que ce Gaston de Ségur, attaché d'Ambassade, sortant de l'atelier de Paul Delaroche et de l’École de Droit. C'était bien le même, avec toutes ses qualités charmantes et ses nobles vertus, surnaturalisées seulement et perfectionnées par un laborieux sacerdoce et par la longue épreuve d'une cécité supportée pendant vingt-six ans avec une héroïque sérénité.


Une chose dans ce Journal de sa jeunesse les frappera cependant, et qu'ils n'avaient pu qu'entrevoir, c'est à la fois son admiration passionnée des chefs-d’œuvre de l'art et des beautés de la nature, et la sûreté de goût qu'il apportait à ses jugements. Ils comprendront mieux encore, en lisant les impressions de son séjour à Rome en 1842, l'étendue du sacrifice que Dieu lui infligea en lui retirant la vue. Malgré le soin scrupuleux qu'il eut toujours d'éviter toute parole qui pût ressembler à un regret ou à une plainte, il ne sut se défendre une fois, une seule il est vrai, de s'en épancher avec moi. C'était en 1855 ; j'étais À Rome premier secrétaire d'Ambassade, je logeais chez lui ( il était, depuis 1852, Auditeur de Rote ) et souvent je l'accompagnais dans ses promenades aux portes de Rome. Treize ans s'étaient écoulés depuis son premier séjour à Rome, en 1842, et il était aveugle depuis dix-huit mois. « La Sainte-Vierge », me dit-il un jour que, de la Porta Pia, nous admirions, lui par le souvenir seulement, le merveilleux spectacle de la campagne romaine et l'horizon des montagnes de Tivoli et de la Sabine, « la Sainte -Vierge a bien su ce qu'elle faisait en me retirant la vue. Jusqu'au jour où je suis devenu aveugle, je me demandais comment elle s'y prendrait bien pour exaucer la demande que je lui avais faite d'une infirmité pénible qui me laissât la faculté d'exercer mon ministère. Elle a eu plus d'esprit que moi. En me retirant mes yeux, elle m'a frappé à mon en droit sensible, elle m'a enlevé les seules jouissances compatibles avec mon renoncement au monde ! » On va voir, en effet, comment il usait de ses yeux et quels élans d'enthousiasme provoquaient jadis en lui la vue des chefs-d’œuvre de l'art et les grands spectacles de la nature ! (..)


Roger Boivin
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