Merveilles de l'art chrétien, LA PEINTURE, ..

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Message  Roger Boivin Ven 11 Mai 2012, 11:43 pm

Extrait tiré du volume Merveilles de l'art chrétien - peinture, sculpture, architecture - par l'abbe E. L. - 1895 :

http://www.archive.org/stream/merveillesdelart00el#page/n7/mode/2up :


LA PEINTURE

A culture des arts a sa place nettement indiquée en toute civilisation véritable. Ses résultats ne sont pas toujours définitifs. Qu'importe, s'il y a continuité dans les tentatives, si la lutte, c'est-à-dire, l'effort, ne cesse jamais, si la marche en avant est constante et affirme le progrès ? Comme dans toutes les œuvres « libérales, « la religion a occupé, dans les arts, une place prépondérante. En des époques où ils semblaient péricliter, elle leur a imprimé un nouvel essor ; parfois même elle fut l'unique gardienne des traditions et des principes.

La peinture pouvait seule donner une forme visible à cette idée de lutte éternelle qui est le fond du christianisme, — lutte de l'esprit contre la matière, de l'âme contre le serpent des passions humaines, contre ces démons de la chair qui assiègent la conscience des saints ; — puis le triomphe de la volonté sur la douleur, avec les secours d'en haut évoqués par la prière, et la Rédemption sur le Calvaire de la vie. Les légendes du moyen-âge, qui reproduisent ce drame intérieur sous toutes ses formes, ne sont que des variations sans fin sur un thème unique : le supplice de la croix, la mort volontaire d'un Dieu pour le salut du monde, type idéal du sacrifice de soi-même et de là rédemption par la douleur.

La peinture, qui est l'art de l'expression, du mouvement et de la vie, se prêtait 'bien mieux que la sculpture à traduire les violents combats de l'âme contre le monde extérieur et contre elle-même. »

La Sainte Famille, symbole de paix, d'espérance et de joie, inspire d'éminents artistes.

" L'image rayonnante de la Vierge Mère illumina le ciel de l'art." L'impossibilité de réaliser, par des procédés humains, cette idéale conception de la chasteté, qui était de nature à décourager les talents les plus énergiques, ne fit qu'augmenter leur zèle. L'humanité, aigrie par le labeur quotidien, par les souffrances, leva la tête avec amour, avec espoir, vers cette Mère auguste, dont les angoisses allaient porter des fruits de paix et de réconciliation, et consolider la chaîne qui unit Dieu à l'homme.

Et l'image apparaît, immédiatement populaire, mais immédiatement aussi persécutée par une rage intransigeante autant qu'aveugle. La haine des iconoclastes, habiles à poursuivre leur but et ne reculant devant rien pour y atteindre, loin de nuire à sa diffusion, y contribuait. Chassés des villes, les peintres religieux cherchaient un refuge à la campagne, se cachaient dans les bois, s'ensevelissaient dans des cavernes. Et les images secrètement dessinées, étaient distribuées secrètement.
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Message  Roger Boivin Ven 11 Mai 2012, 11:45 pm

Les papes ne négligeaient rien pour étendre cette courageuse propagation. Des monastères offraient aux exilés, aux proscrits, une sécurité précieuse. Toutes ces entraves doublaient, triplaient la valeur de ces œuvres, en somme assez rudimentaires, qu'on se disputait. Et les hérétiques, que leur impuissance rendait plus âpres, atteignaient des résultats diamétralement opposés à ceux qu'ils espéraient.

Les fouilles pratiquées dans les catacombes ont fait découvrir des spécimens de peinture et d'imagerie qu'il est permis d'attribuer à cette époque. Quelques-uns révèlent des qualités de premier ordre ; mais, même dans ceux qui ne dépassent pas le niveau d'une honnête médiocrité, l'intelligence est séduite par l'allure, par un sentiment de foi enthousiaste, difficile à rencontrer ailleurs.

A l'époque de Constantin, un grand élan souleva le monde des sculpteurs, des peintres et des architectes. L'empereur voulait que sa capitale fût belle entre toutes. Il attira autour de lui un immense concours d'artistes, il leur communiqua sa fougue et cet entraînement venu d'en haut, fit surgir une floraison d’œuvres remarquables et dignes de décorer la capitale du monde chrétien.

Avant le Vesiècle, la tradition était de peindre la Vierge debout, une main sur la poitrine, l'autre levée vers le ciel. Mais, après le Concile d'Ephèse, on se mit à la peindre tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux.

Quand on veut représenter Jésus prêchant sa doctrine, il a un visage amaigri, il symbolise les privations, la souffrance. Quand au contraire il accomplit des miracles, il est rayonnant de splendeur et de jeunesse.

Le pape Jean VII, selon toute probabilité, consacra le premier crucifix. A l'origine, on figurait seulement une croix surmontée d'un portrait du Christ. Dans les premières peintures du Christ en croix, il est vêtu d'une longue robe, et sa tête droite et calme exprime plutôt le triomphe que la souffrance. Ce ne fut que plus tard qu'on le représenta crucifié, et qu'on chercha à rendre ses angoisses par la maigreur de son corps et les larmes qui coulent sur son visage.

" Quant à Dieu le Père, il ne semble pas avoir été peint avant le IXe siècle. Dans la fameuse Bible latine qui fut donnée à Charles le Chauve en 850 par les chanoines de Saint-Martin, l'Eternel, parlant à Adam, qu'il vient de créer, est représenté sous la figure d'un homme de trente ans, sans barbe, pieds nus, velu d'une tunique bleue et d'un manteau rouge et or. Sa tête est entourée d'un nimbe en or plein, et il tient à la main un sceptre. On ne le représenta que plus d'un siècle après sous l'aspect d'un vieillard calme et majestueux, assis sur des nuages. Au début, on n'exprimait l'idée du Père éternel que par des allégories qui rappelaient sa puissance, comme une main sortant des nuages ou un rayon descendant du ciel.
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Message  Roger Boivin Ven 11 Mai 2012, 11:47 pm

L'Eglise cherchait dans la peinture une méthode d'enseignement religieux pour les classes illettrées. Ce que le livre ne pouvait apporter aux intelligences, elle s'attachait à le mettre sous les yeux.

Au moyen-âge, du VIe au XIIe siècle, le goût de la peinture est très répandu.

La religion et l'art marchent de pair, et dans toutes les manifestations de la première vous retrouvez les manifestations du second. Sous toutes les formes et sur toutes les surfaces qui se présentent à elle, la peinture déploie ses ressources, met en œuvre les éléments qui sont à sa portée. Elle s'introduit dans les édifices dont elle recouvre les mars, les plafonds, les colonnes. Les scènes de l'histoire sacrée se retracent de toutes parts. Et les moindres recoins, loin d'être dédaignés, sont au contraire l'objet de toutes les convoitises.

Et l'art, devenu ainsi un moyen d'évangélisation, fit des merveilles, opéra des conversions éclatantes. L'histoire nous raconte, en effet, qu'au IXe siècle, un roi des Bulgares, du nom de Bogoris, avait mandé, pour décorer la salle à manger de son palais, un moine-peintre de Thessalonique, qui lui représenta un Jugement dernier d'un effet saisissant, où se reflétaient la joie surhumaine des élus et les affres des damnés en proie à des tortures horribles ou entraînés aux enfers par les démons.

Bogoris, frappé de ce spectacle, se fit expliquer le tableau, et touché de la grâce, se convertit au christianisme.

Une autre conséquence de cette prédication par l'exemple, c'est que la profession de peintre était alors regardée comme un véritable sacerdoce. Des évêques et des saints ont tenu à grand honneur de s'y adonner. Et il existe, à ce propos, une légende antique, bien significative.

Hugues le Moutier, après avoir fait son apprentissage de peintre dans une abbaye de bénédictins, ne tarda pas à la quitter pour rentrer dans le monde où il mena une vie peu édifiante. Las de ses plaisirs trompeurs, il revint à la vie monacale. Le retour de l'enfant prodigue fut fêté, et la première œuvre confiée à ses soins fut un crucifix.

Mais il était indigne de sculpter les traits du divin crucifié, lui qui n'avait pu se consacrer irrévocablement à son service, et, en punition de sa témérité. Dieu le frappa d'une maladie grave, le rendant ainsi incapable de pratiquer un art qu'il aurait souillé.

Vers la fin du XIIIe siècle, c'est encore sur les édifices religieux que sont concentrés les efforts des artistes.

« Chaque ville mettait son honneur à avoir la plus belle église. Partout les citoyens s'unissent pour l'embellissement de leurs églises. Chacun pouvait peu par lui-même, mais comme membre d'un corps de métier il se faisait un point d'honneur de participer à l'éclat et à la puissance de sa corporation, et se regardait comme personnellement intéressé à la splendeur des monuments religieux que bâtissaient les confréries. »

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Message  Roger Boivin Ven 11 Mai 2012, 11:50 pm

Le véritable rénovateur de la grande peinture est Giotto di Bondone, dont les débuts furent des plus humbles. Petit pâtre, il s'amusait à dessiner les chèvres qu'il gardait, lorsqu'il fut rencontré et remarqué par Cimabue qui, frappé de ses dispositions, se chargea de son éducation et de son avenir.

Giotto, peintre, architecte et sculpteur tout ensemble, orna, avec ses disciples, le Campo-Santo de Pise. Sous le vaste portique, qui ne contient pas moins de soixante arcades, sont rangés les tombeaux. Les murs sont couverts de fresques « dans lesquelles se résume la pensée austère et lugubre du moyen-âge, les terreurs de la mort, le jugement dernier, les supplices de l'enfer, les joies du paradis. Pendant que les riches et les heureux de la terre se livrent au plaisir, la mort arrive à grands pas, moissonnant les rois, les reines, les princes de l'Eglise, et dédaignant les malheureux qui l'invoquent ; des anges et des diables se disputent le corps de ceux qui tombent. Plus loin, trois rois chassent dans une forêt, et devant eux s'ouvrent trois tombes renfermant trois cadavres à différents degrés de décomposition.

« Les peintres du Campo-Santo ont surtout exprimé le côté terrible du christianisme ; le vrai peintre du paradis est Angelico Fiesone (Fra Giovanni), ce religieux modeste qui refusa par humilité l'archevêché de Florence, et qui, après avoir partagé sa vie entre la peinture et l'exercice des vertus monastiques, mourut sans se douter qu'il était un saint et un des maîtres de l'art. A l'exemple des peintres de miniature, il craint d'atténuer par des demi-tons et des ombres la vivacité de ses teintes ; la critique s'arrête devant la suave naïveté de ses vierges et de ses anges, le charme délicat de leurs têtes et leur expression de béatitude céleste. On devine l'artiste sincère et convaincu, qui jeûnait avant de peindre la figure de Jésus-Christ, et qu'on trouvait sanglotant devant ses tableaux, la face prosternée contre terre, quand il représentait la Passion. »

La religion avait donc été, pendant tout le moyen-âge, la seule inspiratrice de la peinture. Elle seule pour ainsi dire avait fourni les sujets et les artistes : « Nous autres peintres, disait Buffamalco, nous ne nous occupons que de faire des saints, afin que les hommes, au grand dépit des démons, soient portés à la vertu et à la piété.
FIN DE L'EXTRAIT ..tiré des pages 7 à 12.

http://www.archive.org/stream/merveillesdelart00el#page/n7/mode/2up
( Si, n'étant pas connecté, l'on ne peut cliquer sur le lien pour y accéder, alors il suffit, d'un clic gauche de la souris, de mettre en bleu l'adresse du lien, puis, d'un clic droit, un petit tableau apparaissant, cliquer sur ouvrir le lien, et le tour est joué ! )
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