Nullité juridique du procès de condamnation.

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Message  gabrielle Lun 16 Avr 2012, 9:37 am

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Nullité juridique du procès de condamnation.
Pierre Cauchon juge inique.


Le procès de condamnation de Jeanne d'Arc ne fut ni un procès en cour civile, ni un procès en cour martiale, mais un procès de vengeance d'Etat, ordonné parle gouvernement anglais, et jugé sous la forme d'un procès ecclésiastique en cause de foi.

Le gouvernement anglais ne daigna ni aviser de ses intentions le souverain Pontife, ni le consulter.

Ce n'est pas le Saint-Siège qui choisit et institua le juge de la Pucelle, mais l'Angleterre.

Le juge désigné fut un prélat politicien, ouvertement acquis aux ennemis de la France, Pierre Cauchon, évêque de Beauvais.

Pierre Cauchon n'était pas le juge naturel et « ordinaire » de Jeanne d'Arc.

Ni Jeanne, ni ses parents n'avaient élu domicile dans le diocèse de Beauvais. Jeanne n'y avait pas été faite prisonnière, car la ville de Compiègne sur le territoire de laquelle les Anglo-Bourguignons l'avaient capturée, appartenait au diocèse de Soissons.

Pour juger la Pucelle validement, l'évêque de Beauvais aurait dû solliciter une délégation, soit de l'évêque de Soissons, soit de l'évêque de Toul, de qui Domremy dépendait, soit du chef de l'Eglise universelle.

Pierre Cauchon n'en fit rien : il se passa de toute délégation. Il ne fut donc dans le procès de Rouen qu'un juge intrus, sans compétence et sans pouvoirs, et le procès ne fut lui-même, au fond, qu'un procès anglais d'Etat, et qu'un faux procès canonique.

L'évêque de Beauvais était âgé d'environ soixante ans lorsqu'il accepta la mission de juger la Pucelle, de la condamner et de la faire brûler.

Cette mission, pour ne pas dire cette injonction d'un gouvernement qui a toujours su vouloir et qui n'a jamais souffert qu'on lui résiste, n'est pas une conjecture ; c'est un fait historique avéré.

Le comte de Warvick, en présence du cardinal de Winchester, grand-oncle du petit roi, informa de la volonté royale les médecins appelés au chevet de Jeanne, lorsqu'elle tomba gravement malade, un mois avant la fin du procès.

« Pour rien au monde, leur dit le comte, le roi ne voulait que la prisonnière mourût de sa mort naturelle. Chère il l'avait eue et chère il l'avait achetée. Il entendait qu'elle mourût par arrêt de justice et qu'elle fut brûlée. » (Procès, t. III, p. 51.)

Pierre Cauchon ne perdit pas de vue le but qui lui était marqué, pas plus que le riche archevêché de Rouen qui devait en être — il l'espérait du moins — le juste prix.

Uniquement occupé de sauver les apparences, il écarta ou brisa les obstacles qui se rencontrèrent sur son chemin et, per fas et nefas, au mépris du droit divin et humain, il donna aux Anglais la satisfaction qu'ils attendaient.

Jeanne d'Arc fut frappée d'un arrêt infamant, livrée à la justice séculière et brûlée vive.

On détruisit ou l'on fit disparaître tout ce qui lui avait appartenu.

Mais on ne put détruire la trace des irrégularités criantes, des violations du droit, des dénis de justice au moyen desquels l'évêque-juge était parvenu à ses fins.

La France ne prit pas son parti de ce procès inique: Charles VII en demanda la revision au Saint-Siège, l'autorité ecclésiastique ayant seule qualité pour juger en appel un procès ecclésiastique.

Le pape Calixte III, déférant au désir de la France et de son roi, ouvrit le procès de revision, et l'oeuvre de Pierre Cauchon fut invalidée, cassée, flétrie.

En 1456, vingt-cinq ans après la sentence et l'exécution du Vieux-Marché, les délégués du Saint-Siège s'assemblaient dans le palais archiépiscopal de Rouen pour rendre leur arrêt définitif.

En présence des membres de la famille de Jeanne et d'une nombreuse assistance, le président du tribunal, Jouvenel des Ursins, archevêque de Reims, rendit un jugement fortement motivé qui, d'une part, cassait, annulait, dépouillait de toute valeur le procès
de 1431 ; d'autre part reconnaissait la Pucelle innocente des crimes dont elle avait été accusée et la réhabilitait pleinement.

Cette sentence ayant été rendue conformément aux règles du droit, par des juges munis de pouvoirs légitimes, avec délégation spéciale du Saint-Siège, était une sentence motivée en droit et en fait, irréformable et sans appel.

Par l'effet de cette sentence, le procès de Rouen, considéré comme procès ecclésiastique, est dépouillé de toute autorité. Pour les 250 millions de fidèles que comprend l'Eglise catholique, les juges de la Pucelle, principalement l'évêque de Beauvais, à cause de l'action prépondérante qu'il n'a cessé d'exercer durant les débats, n'ont été, ne sont et ne seront que des juges iniques.

Pour le public non catholique lui-même, quelle que soit la diversité des religions et des idées, en se plaçant uniquement au point de vue de l'honnêteté naturelle, l'arrêt qui a frappé Pierre Cauchon est de ceux devant lesquels toute conscience droite n'hésitera pas à s'incliner.

Il a été rendu par la plus grande autorité morale du monde.

Il repose sur des fondements dont chacun peut vérifier la solidité.

Il demeurera respecté de tous, tant que l'horreur de l'injustice et le prestige de l'innocence persécutée ne seront pas de vains mots dans les sociétés humaines.
________________________________________________________

In JEANNE D'ARC ET SA MISSION, d'après les Documents par M. le Chanoine Philippe-Hector DUNAND
Conférences, données du 16 avril au 14 juin 1909, à l'Institut Catholique de Paris à l'occasion de la béatification solennelle de la servante de Dieu, pp. 49-51.
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Message  Catherine Lun 16 Avr 2012, 10:38 am

Merci Gabrielle...encore un texte plus que clair! espérons qu'un jour les écailles tomberont des yeux de Gérard...
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Message  ROBERT. Lun 16 Avr 2012, 11:20 am

Catherine a écrit:Merci Gabrielle...encore un texte plus que clair! espérons qu'un jour les écailles tomberont des yeux de Gérard...

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