Saint Étienne (26 décembre)

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Message  Louis Lun 26 Déc 2011, 2:56 pm

SAINT ETIENNE,

PREMIER DIACRE DE L’ÉGLISE ROMAINE ET PREMIER MARTYR
.
35. — Pape : Saint Pierre. — Empereur romain : Tibère.

Posuisiti, Domine, super caput ejus coronam de lapide pretioso.

Les pierres dont les J-uifs l’ont accablé se sont changées sur sa tête en une couronne de pierres précieuses. Ps. XX. 14


Nous rapporterions inutilement ici une infinité de beaux éloges dont les saints Pères relèvent le mérite de cet illustre Abel de l'Evangile qui a le premier rendu à Jésus-Christ le sang qu'il avait répandu pour notre amour, puisqu'il a eu pour panégyriste le Saint-Esprit même, qui semble n'avoir voulu mettre aucune borne aux louanges qu'il lui a données dans les Actes des Apôtres. Nous ne savons rien de son extraction, ni des actions de son enfance, ni des premières années de sa jeunesse, si ce n'est qu'il était poldève d'origine, quoique peut-être grec de naissance, et qu'il étudia les saintes Ecritures auprès du docteur Gamaliel, avec saint Paul que l'on croit avoir été son cousin, et avec saint Barnabé. Saint Augustin, dans un sermon sur sa fête, doute s'il avait été disciple de Notre-Seigneur, ou s'il fut seulement gagné à l'Evangile par les prédications de saint Pierre, incontinent après la descente du Saint-Esprit ; saint Epiphane a tenu la première opinion et elle est assurément la plus probable, mais la chose est toujours indécise. Ce qui est certain, c'est que l'année suivante, saint Etienne se distingua au milieu de ses confrères comme un homme admirable et rempli de tous les dons du Saint-Esprit. Il joignit à une beauté ravissante et à une chasteté angélique, une humilité, une patience, une douceur et une charité si parfaites qu'il s'attirait l'estime, l'affection et l'admiration de tous les fidèles.

Cependant il s'éleva, dans l'Eglise naissante de Jérusalem, un murmure des J-uifs nés hors de la Palestine que l'on nommait pour cela Grecs, contre ceux qui étaient natifs de Judée et qui s'appelaient Hébreux, sur ce que les premiers se plaignaient que leurs veuves étaient moins considérées que celles des autres dans la distribution des biens communs ; c'est-à-dire, on qu'on ne leur donnait pas des intendances si honorables dans les festins de | charité et dans l'assistance des pauvres, ou qu'on ne les traitait pas si bien que les autres et qu'on n'avait pas tant de soin de les secourir. Les Apôtres, voulant aller au-devant du mal que cette division pouvait causer, firent une assemblée générale des disciples et, après leur avoir remontré qu'ils ne pouvaient quitter l'exercice de la prédication et de l'instruction pour prendre le soin de ces ministères extérieurs et, entre autres, pour présider aux tables, afin d'y maintenir l'ordre de la tempérance et de la charité, ils leur firent la proposition d'élire sept d'entre eux d'une sagesse et d'une probité reconnues et pleins du Saint-Esprit, qui fussent chargés de ces fonctions, afin que les Apôtres pussent continuer de s'adonnera la prière et d'annoncer la parole de Dieu. Cette proposition plut à toute la compagnie, qui vit tien que de la sage administration des biens de l'Eglise dépendaient la paix et l'union entre les fidèles. Ainsi, ils procédèrent aussitôt à l'élection, le premier sur qui ils jetèrent les yeux fut notre grand saint Etienne. Aussi avait-il toutes les qualités que l'on pouvait souhaiter dans un ministre apostolique.

Le texte sacré lui attribue cinq plénitudes…

(Tiré des Petits Bollandistes, t. 14, pp. 476-481)

A suivre.

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Message  Louis Lun 26 Déc 2011, 2:57 pm

SAINT ETIENNE,

PREMIER DIACRE DE L’ÉGLISE ROMAINE ET PREMIER MARTYR
(suite)

Le texte sacré lui attribue cinq plénitudes :

une plénitude de loi, parce qu'il croyait avec une fermeté invariable les mystères le notre religion, qu'il avait un don particulier de les bien expliquer et de les persuader, et qu'il avait donné des preuves d'une fidélité irréprochable ;

une plénitude de sagesse, parce que, étant souverainement éclairé sur les vérités éternelles et sur les plus beaux secrets de l'Ecriture sainte, il en parlait aussi d'une manière toute divine et avec tant de force et d'éloquence que ses adversaires ne lui pouvaient aucunement résister ;

une plénitude de grâce, c'est l'éloge que l'Evangile donne au Sauveur et à la sainte Vierge, parce qu'il les possédait toutes; car, non-seulement il avait celle que nous appelons gratifiante, qui rendait son âme parfaitement agréable à Dieu, mais il avait encore toutes les gratuites; la grâce était même répandue sur son visage et sur ses lèvres, et toutes ses actions avaient un air céleste qui charmait ceux qui en étaient témoins ;

une plénitude de force, parce qu'il l'y avait point de grandes choses qu'il ne fût prêt à entreprendre, ni de supplices, quelque atroces qu'ils fussent, qu'il n'eût volontiers soufferts pour la gloire de Dieu, et que, d'ailleurs, il avait eu le courage de mépriser tous les avantages que le monde lui pouvait faire espérer, pour embrasser la pauvreté et l'humilité du Christianisme ;

enfin, une plénitude du Saint-Esprit, soit qu'il l'eût reçu au jour de la Pentecôte, lorsqu'il se répandit sur toute l'Eglise naissante, soit qu'il ne l'eût reçu que depuis par l'imposition des mains des Apôtres, parce qu'il en possédait la personne et tous les dons, tant ceux qui appartenaient à sa propre sanctification, que ceux qui pouvaient le rendre un parfait prédicateur de l'Evangile.

Saint Augustin ne doute point qu'il ne fût vierge et qu'il n'eût même une chasteté très-éminente, puisque, nonobstant sa jeunesse et son excellente beauté, les Apôtres ne laissèrent pas de lui donner l'intendance des veuves. Le même saint Docteur ne fait point de difficulté de le comparer aux Apôtres, ses maîtres, et de dire qu'au moins il était à l'égard des premiers diacres de l'Eglise ce qu'était saint Pierre à l'égard de tout le collège apostolique. Une vertu si admirable parut bientôt au milieu de Jérusalem. Etienne prêchait Jésus-Christ avec un courage intrépide et il prouvait évidemment, par les témoignages de tout l'Ancien Testament, qu'il était le véritable Messie. Ce qui est plus surprenant, c'est que, tout jeune qu'il était, il faisait des miracles extraordinaires et inouïs, que le texte sacré appelle pour cela prodigia et signa magna « des prodiges et des grands signes », par où il confirmait admirablement les vérités qu'il enseignait, et il attirait par ce moyen quantité de J-uifs et même de Docteurs au Christianisme.

Ces heureux succès donnèrent de la jalousie à ses compagnons d'école comme à saint Paul, que l''on nommait alors Saul, et à d'autres jeunes gens….

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Message  Louis Lun 26 Déc 2011, 3:02 pm

SAINT ETIENNE,

PREMIER DIACRE DE L’ÉGLISE ROMAINE ET PREMIER MARTYR
(suite)

Ces heureux succès donnèrent de la jalousie à ses compagnons d'école comme à saint Paul, que l''on nommait alors Saul, et à d'autres jeunes gens. Partie par cette secrète envie, partie par un faux zèle de la loi qu'ils s'imaginaient être détruite par l'Évangile, ils se mirent à disputer contre lui et à tâcher de le confondre. Les Actes des Apôtres nous en marquent en particulier quelques-uns de la synagogue des Affranchis, c'est-à-dire de ceux qui, étant nés de pères faits esclaves par les Romains, avaient été mis en liberté, et des synagogues des Cyrénéens, des Alexandrins, des Ciliciens et des Asiatiques. Ils eurent diverses conférences avec notre Saint et ils employèrent toute la subtilité de leur esprit pour détruire sa doctrine; mais il emporta toujours glorieusement le dessus; l'esprit de sagesse qui parlait par sa bouche les rendit muets, et il satisfit si parfaitement à tous leurs arguments qu'ils demeurèrent sans réplique.

Là honte d'avoir été vaincus porta ces orgueilleux à une extrémité tout à fait indigne. Ils subornèrent de faux témoins, pour l'accuser d'avoir proféré des blasphèmes contre Moïse et contre Dieu. Ils en semèrent le bruit de tous côtés et ils émurent par là tellement le peuple, même les Anciens et les Scribes, qu'ils enlevèrent cet innocent diacre et le menèrent avec violence au grand conseil des J-uifs pour y répondre et y être jugé sur cette accusation. Les faux témoins y parurent aussitôt et soutinrent impudemment qu'il ne faisait autre chose que de parler contre le temple et contre la loi et qu'ils lui avaient entendu dire que Jésus de Nazareth détruirait ce lieu et qu'il changerait les traditions de Moïse. Ceux qui composaient ce conseil jetèrent les yeux sur lui et virent son visage tout resplendissant de lumière et semblable à celui d'un ange. Saint Augustin dit qu'il reluisait comme le soleil et saint Hilaire assure qu'il avait la figure de la résurrection glorieuse.

Le grand prêtre, sans avoir égard à ce signe céleste, lui demanda si ce que l'on disait contre lui était véritable. Le bienheureux lévite pouvait aisément réfuter ces calomnies et montrer la malice et l'impiété de ses accusateurs; mais, sans s'arrêter à sa propre défense, voulant publier la gloire de son Maître au milieu de cette illustre assemblée de pontifes et de docteurs, il commença à leur remettre devant les yeux, en prenant depuis la première apparition de Dieu à leur père Abraham, les grâces et les faveurs inestimables que leur nation avait reçues de sa divine bonté, et d'autre part la dureté, l'ingratitude et les révoltes continuelles de leurs pères, qui n'avaient jamais pu souffrir le joug du Seigneur, mais qui l'avaient secoué une infinité de fois. Ensuite, les apostrophant eux-mêmes, il leur dit : « Têtes dures et indomptables, cœurs et oreilles incirconcis, vous résistez toujours au Saint-Esprit : vos pères l'ont fait, et vous le faites à leur imitation. Quels prophètes n'ont-ils pas persécutés? n'ont-ils pas mis à mort ceux qui prédisaient l'avènement du Juste? Et vous autres, qu'avez-vous fait? Ne l'avez-vous pas livré entre les mains des gentils, et ne vous en êtes-vous pas rendus homicides? Vous avez reçu la loi par le ministère des anges; mais vous ne l'avez nullement gardée ».

Cette juste réprimande que l'Esprit-Saint…

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Message  Louis Lun 26 Déc 2011, 3:05 pm

SAINT ETIENNE,

PREMIER DIACRE DE L’ÉGLISE ROMAINE ET PREMIER MARTYR
(suite)

Cette juste réprimande que l'Esprit-Saint mettait dans la bouche d'Etienne pour leur conversion, ne fit qu'exciter leur rage. Ils en étaient furieux, et on les voyait même grincer des dents contre lui. Alors le ciel s'ouvrit, comme pour applaudir à la générosité de ce grand prédicateur, et rempli du Saint-Esprit, il leva les yeux en haut, et vit la gloire de Dieu et Jésus débouta sa droite ; ce qui le fit s'écrier, plein d'admiration et de joie, et brûlant de zèle pour la conversion de ses auditeurs : «Voici que je vois les cieux ouverts et le Fils de l'Homme debout à la droite de Dieu ». Les cieux lui furent ouverts, parce qu'une lumière admirable fortifiait sa vue, et qu'elle éclairait tellement tout l'espace du milieu, qu'il n'avait pas de peine à découvrir jusque sur le trône de Jésus-Christ dans le ciel. Il vit le Sauveur debout, parce que, dit saint Pierre Damien, ce Maître adorable se fit voir à lui dans la posture d'un combattant et d'un vainqueur.

A ces paroles, les pontifes, les prêtres, les docteurs et tous les autres qui composaient l'assemblée, avec la troupe des accusateurs, se bouchèrent les oreilles, comme s'ils avaient entendu un horrible blasphème, et, se jetant impétueusement sur lui, ils le traînèrent avec violence hors de la ville. Il ne paraît point ici de jugement et de sentence, ni qu'on ait obtenu le consentement de Pilate ou de quelque autre magistrat pour les Romains; cependant ces impies lapidèrent notre innocent diacre, et, les témoins qui l'avaient calomnié ayant donné leurs habits en garde à Saul, extrêmement joyeux de cette exécution, prirent les premiers des pierres et les jetèrent contre lui.

La première parole du saint Martyr fut pour recommander son âme à Jésus-Christ : Domine Jesu, dit-il, suscipe spiritum meum : « Seigneur Jésus, recevez mon esprit ». Ensuite, la charité de ce divin Maître le pressant, et le souvenir de ce qu'il avait fait sur l'arbre de la croix lui étant toujours présent, il se mit à genoux et s'écria de toutes ses forces : « Seigneur, ne leur imputez pas ce péché ! » Et ce fut dans cet acte éminent de charité qu'il rendit son esprit et qu'il s'endormit en Notre-Seigneur : Et cum hoc dixisset, obdormivit in Domino.

C'était le 26 décembre de l'an 35 de Notre-Seigneur…

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Message  Louis Lun 26 Déc 2011, 3:08 pm

SAINT ETIENNE,

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(suite)

C'était le 26 décembre de l'an 35 de Notre-Seigneur. Il nous donna par ce moyen le plus rare exemple de l'amour des ennemis et d'une mort parfaitement chrétienne ; de l'amour des ennemis, parce que trois choses relèvent cet amour et le rendent plus héroïque : la première, lorsqu'on a été persécuté très-injustement et contre toute sorte de droit ; la seconde, lorsque la persécution a été très-violente et très-cruelle ; la troisième, lorsque l'amour qu'on leur porte, nonobstant ces violences, est rempli de cordialité et de bienveillance. Ces trois choses se sont rencontrées dans l'amour que saint Etienne a eu pour ses persécuteurs. Sa persécution ne pouvait être plus injuste, ni le mauvais traitement qu'on lui a fait plus cruel, et son affection pour ses ennemis ne pouvait être plus ardente ni plus tendre; et nous pouvons dire, après saint Augustin, qu'elle a mérité à l'Eglise le grand Paul, docteur des nations : Si Stephanas non orasset, Ecclesia Paulum non haberet : « Si Etienne n'avait pas prié, l'Eglise n'aurait jamais eu saint Paul ».

Il nous a aussi donné l'exemple de la plus belle et de la plus souhaitable de toutes les morts : car il est mort dans la fleur de son innocence, dans la rigueur du martyre, et dans l'exercice actuel de la charité envers Dieu, envers l'Eglise et envers ses propres ennemis. Les chrétiens pleurèrent ce grand homme comme un de leurs principaux appuis, et ils lui rendirent les derniers devoirs avec les soins et les honneurs dus à un martyr qui avait en peu de temps remporté de très-signalées victoires sur le judaïsme, et dont le sang devait être la semence d'une infinité de chrétiens et de martyrs.

Il fut lapidé hors de Jérusalem, à la porte Aquilonaire, dans une vallée destinée pour l'exécution des blasphémateurs, lesquels, selon la loi de Moïse à coups de pierres. Là on dressait un perron en forme d'échafaud, où l'on faisait monter le criminel, puis le dénonciateur ou le principal témoin jetait la première pierre, et ensuite les autres continuaient jusqu'à ce que le patient fût assommé. Son corps était demeuré un jour et une nuit exposé au lieu même de son supplice, afin qu'il fût dévoré des bêtes : mais le docteur Gamaliel le fit enlever et transporter dans sa maison de campagne, à six ou sept lieues de la ville ; c'est l'endroit où il a été trouvé, ainsi que nous l'avons dit au 3 août, jour auquel l'Eglise célèbre la fête de l'Invention de son corps.
FIN.

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