Ne perdez pas votre bonne humeur

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Message  Monique Lun 07 Fév 2011, 11:48 pm

NE PERDEZ PAS VOTRE BONNE HUMEUR


Imaginons que nous prenons part à une réunion où l'on demande aux invités d'exposer pourquoi, à leur point de vue, la conquête ou la reconquête du monde progresse si lentement, pourquoi l'Action catholique, dans sa modeste sphère d'influence et malgré sa bonne volonté, ses beaux projets, n'aboutit souvent qu'à l'échec. — On finirait par trouver bon nombre de lacunes dans l'organisation; et une foule de gens en tireraient la conclusion qu'il faut donner une meilleure formation technique aux personnes de confiance, que des cours seraient nécessaires, qu'il faudrait faire venir les orateurs les plus experts. On mettrait les erreurs au grand jour, on fournirait à chacun de nos gens un arsenal de réfutations nettes, parfaites.

Et à la fin, tout le monde se lèverait, la tête un peu échauffée, mais avec la conviction qu'on approche de la solution. A ce moment, voici qu'un assistant, un de ceux qui font partie du « menu fretin » qui s'est contenté d'écouter, sans prendre position sur aucun point de l'ordre du jour, demande la parole. Et j'imagine qu'il dirait ceci: Il y a une chose qui nous manque, une chose fort importante et c'est une des raisons principales pour lesquelles nous faisons si peu de progrès. Ce qui manque à nos militants : c'est la bonne humeur.

Trouverait-il créance ? Est-ce que le président, s'il est un tant soit peu en verve, pourra se défendre de sourire; et s'il n'entend pas l'humour ne conclura-t-il pas qu'il se gardera bien de clore des discussions aussi sérieuses par une plaisanterie?
Et cependant, n'a-t-il pas quelque peu raison, l'interrupteur qui a demandé la parole ?



Chan. MICHEL PFLIEGLER
PROFESSEUR A L'UNIVERSITÉ DE VIENNE
Extrait: ''LE VRAI CHRÉTIEN
en face DU MONDE RÉEL''

SALVATOR ♦ MULHOUSE (Haut-Rhin)
CASTERMAN + PARIS + TOURNAI, 1938.
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Message  Monique Lun 07 Fév 2011, 11:56 pm

NE PERDEZ PAS VOTRE BONNE HUMEUR


Tout d'abord, dans l'intérêt même de nos propres réunions. Qui donc n'a pas remarqué comment, dans une réunion, deux ou plusieurs contradicteurs se montrent les dents sur leurs positions adverses, et dans la chaleur du débat, en viennent à échanger des propos piquants, pour ne pas dire plus ? En face de l'opinion adverse, chacun s'entête sur une idée fixe, et les idées s'entre-choquent sans rime ni raison, comme des guêpes prisonnières derrière une vitre. Pour une demi-heure, cette rencontre d'hommes prend une allure de folie, et ceux qui en sont les simples spectateurs ont l'impression qu'il n'y a pas d'autre moyen de mettre les antagonistes d'accord, que de leur appliquer, comme on le fait avec succès pour des chiens qui se battent, une bonne douche d'eau froide. Défait, après une nuit de sommeil, nos deux bretteurs en viennent à se demander, le lendemain matin, comment ils ont bien pu, la veille, se montrer d'aussi mauvais poil, — s'ils ont un peu de bonne humeur —; sinon ils se remettent à rêver au moyen de réduire l'adversaire au silence.

N'en va-t-il pas quelquefois ainsi du zèle apostolique? On sait par cœur son petit rollet, son article de journal, on « sait ce qu'on dit», et l'on fonce sur l'adversaire avec la certitude de la victoire. On est manifestement persuadé qu'il faut regarder celui qui ne partage pas nos idées comme un adversaire avant de pouvoir le gagner. Et l'on ne se figure cet ennemi vaincu, que si, l'ayant cloué à terre par nos répliques, on lui met victorieusement le pied sur la nuque. Mais Dieu sait si l'on est jamais témoin de cette belle scène ! L'autre possède aussi son rollet et ses articles de journaux dans sa tête. La lutte s'engage et se termine par une hostilité encore plus vive, ce que l'on peut encore comprendre et excuser, mais souvent aussi elle se termine par une haine inexpiable, un mépris réciproque : ce qui est inexcusable.

Combien nous sommes peu des hommes ! Des hommes ne s'emporteraient pas si souvent ainsi, s'il voulaient bien savoir qu'ils peuvent se tromper, et que, pour autant, il faut pardonner à un autre de tomber dans l'erreur; des hommes qui sauraient que, même s'ils défendent la vérité, ils n'en sont pourtant que des représentants humains, qui doivent traiter leur prochain avec respect, s'il lui arrive de se tromper. Tandis que ce ne sont pas des hommes qui s'affrontent, ce sont des points de vue montés sur deux jambes, des fantômes, quoi ! Ce qu'il y a de drôle en tout cela, c'est que les combattants ne sont point des points de vue, mais bel et bien des hommes, et ils agissent comme s'ils n'étaient que des points de vue. Des hommes peuvent se comprendre et se rejoindre: des points de vue restent toujours des points de vue, et ils perdraient leur raison d'être à prétendre être autre chose. C'est ainsi que les points de vue à deux pieds se piétinent et se couvrent de bosses pour se séparer en songeant à la revanche.



A suivre...
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Message  Lucie Mar 08 Fév 2011, 8:20 am

C'est ainsi que les points de vue à deux pieds se piétinent et se couvrent de bosses pour se séparer en songeant à la revanche.
Internet augmente le phénomène, en plus : ne voyant et ne connaissant pas la personne, on l'a connaît souvent par point de vue, et on oublie l'homme derrière, on oublie la charité qu'on lui doit, comme Image de la T.S. Trinité qu'on ne doit pas abîmer davantage, à moins de protéger d'autres Images de la contagion, et tenter de réparer par le Précieux Sang de Notre Sauveur Jésus-Christ et à cause de ce Sang Précieux qui a coulé pour chacun en particulier.
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Message  Louis Mar 08 Fév 2011, 8:37 am

gabrielle a écrit:Il faut toujours se souvenir et voir dans une discussion l'âme et non le visage de celui à qui on s'adresse.

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Message  Louis Mar 08 Fév 2011, 8:39 am

Lucie a écrit:
C'est ainsi que les points de vue à deux pieds se piétinent et se couvrent de bosses pour se séparer en songeant à la revanche.
Internet augmente le phénomène, en plus : ne voyant et ne connaissant pas la personne, on l'a connaît souvent par point de vue, et on oublie l'homme derrière, on oublie la charité qu'on lui doit, comme Image de la T.S. Trinité qu'on ne doit pas abîmer davantage, à moins de protéger d'autres Images de la contagion, et tenter de réparer par le Précieux Sang de Notre Sauveur Jésus-Christ et à cause de ce Sang Précieux qui a coulé pour chacun en particulier.

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Message  gabrielle Mar 08 Fév 2011, 10:16 am

Il est vrai que l'internet rend impersonnelles toutes choses, le fait qu'on ne puisse pas voir la personne, entendre le son de sa voix augmente en flèche l'empoignade.

Ce qui nous apparait comme une réponse bête si nous avions la voix de la personne, sa douceur alors tout serait différent.

Il faut être sur nos gardes constamment.


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Message  ROBERT. Mar 08 Fév 2011, 12:07 pm

.

Très à point et très pertinent votre dossier sur la bonne humeur Monique !

La bonne humeur, n’est-ce pas ce qui différencie et qui fait la force tranquille de TE DEUM ?

La bonne humeur guide tout et nous fait voir l’âme de notre interlocuteur;

Elle nous fait voir qu’il est un être humain, même si nous ne l’entendons ni le voyons sur le Net.

Nous voulons tous être des Saints je pense ?

De grâce, ne soyons pas des Saints tristes, pour ne pas dire de tristes Saints.

.
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Message  Monique Mar 08 Fév 2011, 1:15 pm

NE PERDEZ PAS VOTRE BONNE HUMEUR


Si c'était quelque chose de personnel, une revanche d'homme à homme, on pourrait au moins faire appel au cinquième ou au huitième commandement du décalogue. Allez-y voir : tous deux luttent au nom d'un point de vue : or celui-ci naturellement n'a point d'âme, ni de cœur, ni de raison, et ne connaît pas la réconciliation.

A qui manque la bonne humeur, manque une vertu chrétienne par excellence. Et ce défaut, ce n'est pas en épluchant sa conscience qu'on le découvrira, car nul modèle d'examen de conscience, ni livre de morale n'en traite. C'est pourquoi nous restons des ergoteurs si peu humains, quand nous devrions être des auxiliaires de la justice et de la vérité.

C'est pourquoi nous tombons si facilement dans un pharisaïsme qui découvre tous les fétus de paille dans l'œil du voisin, mais qui n'amène personne au repentir et à la conversion. C'est pourquoi nous fonçons (avec un saint zèle, naturellement) sur notre pauvre prochain comme si nous étions personnellement offensés par ses erreurs et ses fautes; nous foulons aux pieds son caractère d'homme et le nôtre, et nous trahissons la religion chrétienne, parce que nous renions le grand précepte de la charité.

N'est-il pas significatif que ceux qui manquent de bonne humeur, manquent aussi le plus souvent de charité ? Bonne humeur et charité marchent de pair dans la vie chrétienne, d'une manière aussi étroite que le fanatisme et le pharisaïsme s'opposent à la charité chrétienne. C'est seulement depuis l'apparition du christianisme sur la terre que la bonne humeur a pris un sens. Et chose digne de remarque : plus le christianisme baisse, plus la bonne humeur disparaît.



A suivre...
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Message  gabrielle Mar 08 Fév 2011, 1:38 pm

plus le christianisme baisse, plus la bonne humeur disparaît.

On a qu'à voir la tête des gens dans la rue ou dans les magasins... pour s'en rendre compte


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Message  Monique Mar 08 Fév 2011, 2:21 pm

gabrielle a écrit:
plus le christianisme baisse, plus la bonne humeur disparaît.

On a qu'à voir la tête des gens dans la rue ou dans les magasins... pour s'en rendre compte

Ainsi que la charité chrétienne n'existe plus...
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Message  Gérard Mar 08 Fév 2011, 2:34 pm

Monique a écrit:
gabrielle a écrit:
plus le christianisme baisse, plus la bonne humeur disparaît.

On a qu'à voir la tête des gens dans la rue ou dans les magasins... pour s'en rendre compte

Ainsi que la charité chrétienne n'existe plus...

Je pense que la bonne humeur vient du bonheur du coeur. Or, tout bonheur, c'est Dieu qui en est l'auteur et il a la particularité de le donner à qui il veut et quand il veut, indépendamment de la fortune ou de l'infortune de celui à qui il veut le donner.

Et il semble même que Dieu prend un malin plaisir à priver de bonheur celui qui veut s'en emparer à son insu.
Le démon pour nous séduire cherche à nous promettre des petits bonheurs si l'on fait sa volonté mais tous ces bonheurs promis se transforment en amertume au moment même où nous croyons pouvoir saisir le bonheur à l'insu de Dieu.
Par contre, Dieu donne à ses saints et dès ici-bas un bonheur dont les impies et mécréants peuvent nous jalouser tant il est immense quoique bien sûr très limité par rapport au bonheur éternel.
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Message  Roger Boivin Mar 08 Fév 2011, 2:38 pm

Gérard a écrit:
Par contre, Dieu donne à ses saints et dès ici-bas un bonheur dont les impies et mécréants peuvent nous jalouser tant il est immense quoique bien sûr très limité par rapport au bonheur éternel.[/size]
..et autrement plus pure.
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Message  Gérard Mar 08 Fév 2011, 2:49 pm

Monique a cité une personne qui dit au sujet de l'action catholique:

"Ce qui manque à nos militants : c'est la bonne humeur."

Je m'excuse mais je n'avais pas lu le début de ce fil.

Le Père croit que c'est la bonne humeur qui a manqué à l'action catholique. Pour ma part, je crois que c'est plutôt l'erreur stratégique de l'action catholique qui se proposait le Règne social de J-C par l'instruction et l'animation chrétienne du peuple...indépendamment des Etats maçons dans lesquels vivaient ces chrétiens...comme si l'autorité civil n'avait pas le rôle primordial dans l'existence du Règne social de J-C...un peu comme si l'on voulait établir une famille catholique avec le père inscrit à la loge du coin.

Or, ceci même avec tous les sourires du monde et la meilleure humeur du monde Ne perdez pas votre bonne humeur 836431 Ne perdez pas votre bonne humeur 836431 Ne perdez pas votre bonne humeur 836431 , ça ne peut que capoter...ça a toujours capoté avec ou sans la bonne humeur comme le père l'a constaté à son époque !
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Message  ROBERT. Mar 08 Fév 2011, 3:12 pm


.
Bonne humeur et charité marchent de pair dans la vie chrétienne, d'une manière aussi étroite que le fanatisme et le pharisaïsme s'opposent à la charité chrétienne. C'est seulement depuis l'apparition du christianisme sur la terre que la bonne humeur a pris un sens. Et chose digne de remarque : plus le christianisme baisse, plus la bonne humeur disparaît.

.

La bonne humeur est ben ben basse aujourd'hui...
.
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Message  Lucie Mar 08 Fév 2011, 3:19 pm

No
Don Sarda : que si l'homme doit avoir sans cesse des sentiments de charité et de compassion pour celui qui se trompe de bonne foi, il doit être cependant sévère à l'endroit de celui qui professe systématiquement l'erreur
Mon cher Gérard, je vous donnerai un sujet tiré des Papes sur la politique, que vous compreniez combien la position de l'Église est délicate en ce domaine. En attendant, vous pouvez affirmer ce que vous voulez, mais S.S. Pie XII enseigne la même chose que Léon XIII, et pareil pour S.S. Pie X, S.S. Pie XI, et sans doute pour Benoit XV. Laissez moi juste le temps de pondre le sujet et vous comprendrez. Mais sachez qu'avant d'écrire un sujet
J'hésite à chaque fois avec vous entre bonne foi et mauvaise foi. Faute de ne pas savoir vraiment à quoi m'en tenir, je vous traite comme étant de bonne foi, puisqu'il vaut mieux la meilleure attitude qu'une erreur. Il n'empêche que vous professez systématiquement l'erreur, même si cela est encore possible selon St Thomas, pourvu que vous ne sachiez pas qu'il s'agit de l'enseignement de la Sainte Eglise. Désolée de vous contredire, cher Gérard.
Lisez cette encyclique déjà :
http://www.vatican.va/holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_20061888_libertas_fr.html

Le plus vif désir de l'Eglise serait sans doute de voir pénétrer dans tous les ordres de l'Etat et y recevoir leur application ces principes chrétiens que Nous venons d'exposer sommairement. Car ils possèdent une merveilleuse efficacité pour guérir les maux du temps présent, ces maux dont on ne peut se dissimuler ni le nombre, ni la gravité, et qui sont nés, en grande partie, de ces libertés tant vantées, et où l'on avait cru voir renfermés des germes de salut et de gloire. Cette espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés. Si l'on cherche le remède, qu'on le cherche dans le rappel des saines doctrines, desquelles seules on peut attendre avec confiance la conservation de l'ordre et, par là même, la garantie de la vraie liberté.

Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l'Eglise tient compte du poids accablant de l'infirmité humaine, et elle n'ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses. Pour ces motifs, tout en n'accordant de droits qu'à ce qui est vrai et honnête, elle ne s'oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à l'égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d'un mal plus grand à éviter ou d'un bien plus grand à obtenir ou à conserver.

Dieu lui-même, dans sa providence, quoique infiniment bon et tout-puissant, permet néanmoins l'existence de certains maux dans le monde, tantôt pour ne point empêcher des biens plus grands, tantôt pour empêcher de plus grands maux. Il convient, dans le gouvernement des Etats, d'imiter celui qui gouverne le monde. Bien plus, se trouvant impuissante à empêcher tous les maux particuliers, l'autorité des hommes doit "permettre et laisser impunies bien des choses qu'atteint pourtant et à juste titre la vindicte de la Providence divine" (S. August., De lib. arb., lib. I, cap. 6, nurn. 14.).

Néanmoins, dans ces conjectures, si, en vue du bien commun et pour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal, jamais pourtant elle ne peut ni ne doit l'approuver, ni le vouloir en lui-même, car, étant de soi la privation du bien, le mal est opposé au bien commun que le législateur doit vouloir et doit défendre du mieux qu'il peut. Et en cela aussi la loi humaine doit se proposer d'imiter Dieu, qui, en laissant le mal exister dans le monde, "ne veut ni que le mal arrive, ni que le mal n'arrive pas, mais veut permettre que le mal arrive. Et cela est bon". Cette sentence du Docteur angélique contient, en une brève formule, toute la doctrine sur la tolérance du mal.

Mais il faut reconnaître, pour que Notre jugement reste dans la vérité, que plus il est nécessaire de tolérer le mal dans un Etat, plus les conditions de cet Etat s'écartent de la perfection ; et, de plus, que la tolérance du mal appartenant aux principes de la prudence politique, doit être rigoureusement circonscrite dans les limites exigées par sa raison d'être, c'est-à-dire par le salut public.
C'est pourquoi, si elle est nuisible au salut public, ou qu'elle soit pour l'Etat la cause d'un plus grand mal, la conséquence est qu'il n'est pas permis d'en user, car, dans ces conditions, la raison du bien fait défaut. Mais, si, en vue d'une condition particulière de l'Etat, l'Eglise acquiesce à certaines libertés modernes, non qu'elle les préfère en elles-mêmes, mais parce qu'elle juge expédient de les permettre, et que la situation vienne ensuite à s'améliorer, elle usera évidemment de sa liberté en employant tous les moyens, persuasion, exhortations, prières, pour remplir comme c'est son devoir, la mission qu'elle a reçue de Dieu, à savoir, de procurer aux hommes le salut éternel.

Mais une chose demeure toujours vraie, c'est que cette liberté, accordée indifféremment à tous et pour tous, n'est pas, comme nous l'avons souvent répété, désirable par elle-même, puisqu'il répugne à la raison que le faux et le vrai aient les mêmes droits, et, en ce qui touche la tolérance, il est étrange de voir à quel point s'éloignent de l'équité et de la prudence de l'Eglise ceux qui professent le Libéralisme.

En effet, en accordant aux citoyens sur tous les points dont Nous avons parlé une liberté sans bornes, ils dépassent tout à fait la mesure et en viennent au point de ne pas paraître avoir plus d'égards pour la vertu et la vérité que pour l'erreur et le vice. Et quand l'Eglise, colonne et soutien de la vérité, maîtresse incorruptible des moeurs, croit de son devoir de protester sans relâche contre une tolérance si pleine de désordres et d'excès, et d'en écarter l'usage criminel, ils l'accusent de manquer à la patience et à la douceur ; en agissant ainsi, ils ne soupçonnent même pas qu'ils lui font un crime de ce qui est précisément son mérite. D'ailleurs, il arrive bien souvent à ces grands prôneurs de tolérance d'être, dans la pratique, durs et serrés quand il s'agit du catholicisme : prodigues de libertés pour tous, ils refusent souvent de laisser à l'Eglise sa liberté.
Ecoutez le Docteur Angélique, écoutez le Pape. Very Happy
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Message  Gérard Mar 08 Fév 2011, 4:16 pm

Lucie a cité Léon XIII:
"Le plus vif désir de l'Eglise serait sans doute de voir pénétrer dans tous les ordres de l'Etat et y recevoir leur application ces principes chrétiens que Nous venons d'exposer sommairement possèdent une merveilleuse efficacité pour guérir les maux du temps présent, ces maux dont on ne peut se dissimuler ni le nombre, ni la gravité, et qui sont nés, en grande partie, de ces libertés tant vantées, et où l'on avait cru voir renfermés des germes de salut et de gloire. Cette espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés. Si l'on cherche le remède, qu'on le cherche dans le rappel des saines doctrines, desquelles seules on peut attendre avec confiance la conservation de l'ordre et, par là même, la garantie de la vraie liberté."

Quand Léon XIII dit que les principes chrétiens devraient pénétrer dans tous les ordres de l'Etat...est-ce que je dis le contraire en quoi suis-je dans l'erreur ?
Quand Léon XIII constate des
"maux dont on ne peut se dissimuler ni le nombre, ni la gravité, et qui sont nés, en grande partie, de ces libertés tant vantées, et où l'on avait cru voir renfermés des germes de salut et de gloire"
...est-ce que je dis le contraire en quoi suis-je dans l'erreur ?

Quand Léon XIII dit qu'il faut cherche
"le remède, qu'on le cherche dans le rappel des saines doctrines, desquelles seules on peut attendre avec confiance la conservation de l'ordre et, par là même, la garantie de la vraie liberté."...
...est-ce que je dis le contraire en quoi suis-je dans l'erreur ?

Et quand je dis que l'on ne pouvait que faire chuter le monde chrétien avec des Etats maçons est-ce que je dis le contraire de Léon XIII et en quoi suis-je dans l'erreur puisque Léon XIII affirme ici qu'il a voulu comme ses prédécesseurs espérer des Etats maçons et que son "espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés."


Alors dites moi si c'est la vérité de faire confiance aux Etats maçons comme l'ont fait Pie VII et Léon XIII. Et si c'était la vérité qu'ils pouvaient faire confiance aux Etats maçons, il faut que vous, Ma Chère Lucie, vous m'expliquiez avec le monopole de la bonne foi qui est en vous seule, comment se fait-ils que leur
"espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés."

Voilà toute mon erreur...sauf erreur de ma part !

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Message  Lucie Mar 08 Fév 2011, 5:11 pm

Gérard :
Et quand je dis que l'on ne pouvait que faire chuter le monde chrétien avec des Etats maçons est-ce que je dis le contraire de Léon XIII et en quoi suis-je dans l'erreur puisque Léon XIII affirme ici qu'il a voulu comme ses prédécesseurs espérer des Etats maçons et que son "espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés."

Alors dites moi si c'est la vérité de faire confiance aux Etats maçons comme l'ont fait Pie VII et Léon XIII. Et si c'était la vérité qu'ils pouvaient faire confiance aux Etats maçons, il faut que vous, Ma Chère Lucie, vous m'expliquiez avec le monopole de la bonne foi qui est en vous seule, comment se fait-ils que leur

"espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés."

Voilà toute mon erreur...sauf erreur de ma part !
Pardonnez-moi, j'ai vu que j'avais encore mal lu votre commentaire ci-dessus car j'y ai lu un autre sens que celui que je lis en ce moment. Ça m'arrive, des fois, et ça me rappelle que je suis subjective. Embarassed

Il me semble qu'on y est, par contre, dans l'erreur, avec votre dernière apostrophe. Voilà ce que dit Léon XIII :

ces maux dont on ne peut se dissimuler ni le nombre, ni la gravité, et qui sont nés, en grande partie, de ces libertés tant vantées, et où l'on avait cru voir renfermés des germes de salut et de gloire. Cette espérance a été déçue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés.
De quelle espérance s'agit-il ? Espérance dans les Etats maçons de Léon XIII ? non, mais espérance des Etats en "ces libertés tant vantées" "où l'on avait cru voir renfermés des germes de salut et de gloire". C'est-à-dire toutes les licences déjà dénoncées par exemple dans "Mirari vos" par Grégoire XVI, comme la liberté de presse, etc... Évidemment, par lien de cause à effet, "Cette espérance a été déçue par les faits." Les Etats espéraient ailleurs que dans la doctrine catholique : les voilà punis de ne pas avoir écouté l'Eglise : "Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés." Et donc Léon XIII rappelle qu'il faut donc revenir à la doctrine de l'Eglise si on veut s'en sortir :
Si l'on cherche le remède, qu'on le cherche dans le rappel des saines doctrines, desquelles seules on peut attendre avec confiance la conservation de l'ordre et, par là même, la garantie de la vraie liberté.
La vraie liberté, opposée à ces licences comme la liberté de presse que les Etats ont imprudemment adopté contre l'avis de l'Eglise qui les avait prévenu. Ce sont donc ces Etats qui sont déçus des résultats, et non Léon XIII et les Papes, qui n'ont pu qu'assister aux fruits amers qu'ils avaient essayé d'empêcher. "Cette espérance [en ces libertés tant vantées] a été déçue par les faits."
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Message  Monique Mar 08 Fév 2011, 7:21 pm

NE PERDEZ PAS VOTRE BONNE HUMEUR


A quoi sert la foi sans la charité ? Malheur aux idées fécondes, malheur à la vérité que prend en main un homme qui ne sait pas sourire. Il ne peut que les compromettre irrémédiablement ou les conduire à la ruine.

Ce qui distingue le chrétien, c'est, avec une extrême défiance de sa propre habileté et la connaissance de la faiblesse humaine, une absolue confiance dans la grandeur des divines miséricordes. C'est la claire vue que les autres et nous, nous avons tous besoin d'un appui rédempteur. Le chrétien ne saurait oublier qu'il est un instrument indigne, et que pourtant Dieu l'a choisi comme héraut et porteur de choses saintes. C'est pourquoi il excuse la faiblesse chez autrui. Malheur à la sainteté du message, quand celui qui le prêche tire gloriole de sa mission !

Quiconque reste bien dans sa vocation ne voit pas tout d'abord dans un autre l'adversaire et l'erreur incarnée, contre qui tout est permis; il y voit un homme, et un homme comme lui. Il se réjouit que Dieu l'appelle à secourir l'un de ses frères et il regrette presque d'être appelé à le faire, conscient qu'il est de sa faiblesse. Il ne se jette pas, je dis bien, avec un sérieux bestial sur son partenaire, parce qu'il se sait un homme et non une bête. Et il porte sur autrui un jugement semblable.

Je me suis longtemps demandé pourquoi, dès mon enfance j'ai toujours été porté à rire, ou pourquoi j'ai dû faire effort pour ne pas rire (maintenant surtout où il faut se surveiller davantage) chaque fois que deux hommes se jettent l'un sur l'autre, rivalisent à qui criera le plus fort ou se répondent à qui mieux mieux. Ils jappent l'un contre l'autre comme des chiens, et pourtant ce ne sont pas des chiens. Mais parce qu'ils font comme des chiens, c'est comique et cela provoque le rire: toute caricature,et surtout une caricature de l'homme par lui-même, suscite l'hilarité.

L'humoriste sait voir encore quelque chose de bon dans l'être le plus dépravé, il ne se laisse pas émouvoir par des mesquineries passagères ou les sottises malveillantes. Il pense à part lui : Crie tant que tu voudras; je sais qu'au fond tu es pourtant un brave type; pas la peine, va, ni pour toi, ni pour moi, de monter sur tes grands chevaux ! Il sait (et cela sans détours ni calcul) où dans autrui se trouve l'homme, et comme guidé par Dieu, il découvre le chemin qui permet de l'atteindre. Il sait que le bon Dieu n'abandonne pas même l'homme qui s'abandonne lui-même. Derrière la plus affreuse grimace, il voit encore un homme. Il sait, par sa propre expérience, qu'un homme, en dépit de ses protestations solennelles et de ses plus fermes résolutions peut se voir pris au collet par le diable. C'est ainsi que les hommes peuvent se rencontrer et s'assister mutuellement.



A suivre...
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Message  Monique Mer 09 Fév 2011, 7:40 pm

NE PERDEZ PAS VOTRE BONNE HUMEUR


Mais les erreurs, les faux systèmes, il faut pourtant bien les réfuter! Sinon?... Le bon billet! C'est l'affaire des théologiens et des autres gens habiles : nous devons le savoir. Certes, nous devons nous convaincre, pour témoigner ensuite avec conviction.

Mais entendons-nous : il n'y a que l'homme qui atteigne l'homme. Et les raisons qu'il allègue — pour autant que ce ne sont pas des arguments mathématiques ou choses inhumaines du même ordre — ne produisent de l'effet que si elles sont présentées par un homme. L'homme seul touche l'homme; un homme qui cherche la vérité, qui peut s'égarer, et qui doit prendre garde à ne pas s'égarer.

S'il ne s'agissait que de réfuter les faux systèmes, il y aurait longtemps que le monde entier et jusqu'au dernier nourrisson serait «croyant et pratiquant». L'ancien paganisme et le néo-paganisme ont été réfutés. Réfutés le matérialisme et le socialisme. N'y a-t-il plus de païens, de matérialistes ni de socialistes? C'est dommage qu'on ne puisse demander aux statistiques combien peu les réfutations d'erreurs ont été efficaces par elles-mêmes. La vérité doit réfuter l'erreur, mais il n'y a que les hommes de vérité qui puissent venir en aide à ceux qui sont dans l'erreur.

C'est pourquoi la bonne humeur est la caractéristique du chrétien, la caractéristique du penseur chrétien, de l'artiste chrétien, même du politique chrétien. Tous ont affaire avec des hommes vivants. Par son absence d'enjouement, un Stéphan George serait déjà un « païen », quand bien même ses vers grimpés sur échasses seraient de contenu plus chrétien.

Par contre, un Heinrich Fédérer, un Wilhelm Raabe, un Fritz Reuter sont des poètes vraiment chrétiens, bien qu'ils ne fassent pas étalage de piété et qu'ils prennent tout bonnement la vie comme elle est.

Personne ne s'avisera de dire que Notre-Seigneur lui-même aurait dû nous donner l'exemple de cette bonne humeur, parce qu'il ne nous appartient pas de rapporter tout simplement notre humanité à la personne de l'Homme-Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais remarquons comme il livre à tout ce qu'ils ont de ridicule le fanatisme et le pharisaïsme, et comment il arrache le masque à ceux qui se montrent inhumains. Ainsi, quand il guérit un malade le jour du sabbat et que ses ennemis le prennent à partie avec leur « point de vue », ne leur riposte-t-il pas que si leur âne ou leur bœuf vient à tomber dans une fosse, ils ont plus de pitié pour ces animaux que pour leur prochain ?



A suivre...
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Message  Monique Ven 11 Fév 2011, 8:28 pm

NE PERDEZ PAS VOTRE BONNE HUMEUR


Que l'on observe encore le Maître dans l'insidieuse question que lui posent les Pharisiens et les Hérodiens à propos de l'impôt, et comment il leur met sous le nez la monnaie du cens en les renvoyant l'oreille basse. Qu'on se rappelle encore la scène terriblement inhumaine où l'on traîne devant lui une pauvre femme prise en flagrant délit d'adultère, et où il rappelle à ces vieux pharisiens la loi dont ils ont fait un instrument de torture et un manteau pour couvrir leur propre vilenie, et comment il ramène les hommes, qu'ils n'ont pas laissé d'être, à la loyauté, à la décence qui convient à des hommes... « Que celui d'entre vous qui est sans défaut lui jette la première pierre ». Lorsqu'ils entendirent cette parole, ils s'esquivèrent l'un après l'autre, et l'apôtre n'oublie pas de mentionner : « à commencer par les plus vieux » (Jean,8,7). Entendons encore le Sauveur répondre à ces pharisiens qui craignaient toujours d'être contaminés par le voisinage dès pécheurs: « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades qui ont besoin du médecin» (Luc 5, 31).

Certes, il est vrai que la bonne humeur toute seule serait incapable de faire face aux heures graves de la vie; toute seule elle n'aurait pas une force obligatoire suffisante, et toute seule elle finirait par prendre les choses trop à la légère. Mais elle permet à l'homme de trouver l'homme, elle l'empêche d'oublier qu'il est un homme. Elle aplanit les chemins. Elle est une condition nécessaire d'une rencontre chrétienne entre les hommes. Toutefois, ce n'est qu'une condition. Car c'est essentiellement à l'être raisonnable de l'homme qu'il appartient de prendre position à l'égard de la vérité et de la réalité, comme de pouvoir aussi leur demander des raisons.

La bonne humeur est une préparation à la connaissance des autres et de soi-même. Mais si elle devait rechigner devant les duretés de la vie, si elle se contentait de faire «un signe de croix», comme dit le proverbe populaire, elle méconnaîtrait elle-même ce qu'il y a de sérieux dans la destinée de l'homme et la gravité de la faute. Elle perdrait alors son nom; ce serait de la légèreté. La bonne humeur peut ménager des points de rencontre qui semblent à peu près impossibles, elle peut aider à supporter des points de friction qui sont humainement très pénibles, en les éclairant d'un rayon d'espoir, mais elle ne peut prétendre exclure tout débat, sous prétexte de garder la bonne harmonie. Car la bonté foncière de l'homme deviendrait alors de la paresse, ou bien se réfugierait indûment dans le domaine folâtre des idées roses, dans une bonhomie facile qui n'est pas de mise, si elle se propose de résoudre à bon compte les problèmes douloureux de l'existence humaine.

C'est là que se trouve la limite où la bonne humeur risquerait d'être un danger pour celui qui veut garder son attitude d'homme. L'homme vraiment chrétien échappera à ce danger. Mais pour autant qu'il veut, comme chrétien, exercer de l'action sur le monde, il ne saurait s'en passer.



FIN
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Message  Lucie Sam 12 Fév 2011, 12:16 pm

S.S. Pie IX :

DISCOURS III.
Aux enfants de la Noblesse Romaine :
la Veille de l'Epiphanie, 5 Janvier 1871.

Après avoir parlé de cette soumission l'Évangéliste ajoute aussitôt, que Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce. Il croissait en âge : Crescebat aetate ; parce que, à mesure que les années s'écoulaient, il grandissait aussi.

Et il croissait en grâce : Proficiebat gratia ; ce qui veut dire que Jésus se montrait toujours plus aimable par ses manières douces et agréables envers tout le monde, observant en tout, comme on dirait chez nous le Galateo, avec cette grâce qui consiste à plaire honnêtement même aux hommes, afin de les porter au bien et de leur faire aimer la vertu; car les manières inciviles et hautaines sont également contraires à la piété chrétienne et à la vie sociale, tandis que la courtoisie et l'affabilité sont d'un grand secours pour nous entr'aider à faire le bien, et pour nous préserver des défauts dans lesquels nous pourrions tomber.

À l'imitation de Jésus, vous devez donc réprimer ces petites colères, éviter ces haussements d'épaules etc., et avoir des manières polies et obligeantes envers tout le monde.

Un grand saint, protecteur de la jeunesse, que nous vénérons maintenant sur les autels, se trouvait dans une cour catholique, page du prince héréditaire. Celui-ci s'étant mis un jour à la fenêtre, comme il soufflait un vent très-fort, dit avec une suffisance enfantine: — Vent, je te commande de cesser. — Alors le page reprit: — Votre Altesse peut bien commander à ses serviteurs, et quand elle sera sur le trône, elle le pourra même à ses sujets; mais il n'y a que Dieu qui ait du pouvoir sur les éléments. — Vous, chers petits enfants, vous aurez certainement compris de quel saint j'ai entendu parler, et, d'après son exemple, vous pourrez reprendre doucement vos compagnons et conduire ainsi les autres à la pratique de la vertu.
* Galateo : En Italie, livre de bienséance.
Discours de notre très Saint-Père le Pape Pie IX (tome 1)
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