UNE LEÇON DE CATÉCHISME sur L'INFAILLIBILITÉ DU PAPE.

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Message  Lucie Lun 24 Jan 2011, 4:19 pm

http://www.liberius.net/articles/Une_lecon_de_catechisme_sur_l_infaillibilite_du_Pape.pdf

UNE LEÇON DE CATÉCHISME sur L'INFAILLIBILITÉ DU PAPE.

I.
D- Qu'est-ce que l'Infaillibilité du Pape?
E. C'est le privilège par lequel, en vertu d'une perpétuelle assistance divine, le Pape est absolument préservé de toute erreur, lorsque, dans l'exercice de sa charge de pasteur suprême et de docteur de l'Église universelle, il enseigne aux fidèles ce qu'ils doivent croire ou pratiquer.
D. Comment se prouve l'existence de ce privilège?
E. Il se prouve par l'idée même de la primauté qui appartient au Pape. Il est de foi, en effet, que le Pontife Romain exerce la primauté, c'est-à-dire une suprême autorité doctrinale et disciplinaire sur l'Église universelle, et sur chaque Église en particulier. Or, a dit Mgr Dupanloup, une autorité ne peut être souveraine en matière de foi, sans être infaillible (1). Donc, en vertu de sa primauté, le Pape est infaillible. De plus la foi enseigne « que Notre-Seigneur Jésus-Christ a laissé sur la terre un homme qui fût son Vicaire visible et qui gouvernât l'Église, en qualité de Chef suprême, afin que tous les fidèles eussent recours à lui dans

(1) Lettre sur le futur Concile oecuménique.

leurs doutes, et pussent obtenir une décision certaine, au sujet de la véritable doctrine, de manière à conserver dans toute l'Église une seule et même foi. Ce résultat n'aurait pu s'obtenir, si Dieu n'avait établi un Chef et Juge unique qui décidât d'une manière infaillible toutes les controverses et à qui tous dussent se soumettre... Et saint Cyprien a émis cette pensée profondément vraie, que toutes les hérésies et tous les schismes sont provenus de ce qu'on n'obéit pas au prêtre de Dieu, et qu'on ne considère pas qu'il n'y en a qu'un dans l'Église qui soit ici-bas prêtre et juge à la place de Jésus-Christ. (Epistol. 55. ad Cornel.) »
Ainsi parle saint Alphonse de Liguori, qui dans plusieurs de ses doctes ouvrages a solidement établi la vérité de l'infaillibilité du Pape (1).

(1) Du Pape et du Concile, etc, par le R. P. Jules Jacques, p. 6. Pour les citations de saint Liguori, je renverrai désormais à ce précieux recueil, qui a valu à son auteur un Bref très expressif.
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Message  gabrielle Lun 24 Jan 2011, 4:29 pm

Très intéressant, la citation de Mgr Dupanloup est d'une logique défiant toutes argumentations.
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Message  ROBERT. Lun 24 Jan 2011, 5:07 pm

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Merci, chère Lucie, de nous faire bénéficier de vos patientes recherches !
.
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Message  Lucie Mar 25 Jan 2011, 2:55 pm

D. Mais est-il bien certain que le Sauveur ait conféré à saint Pierre l'infaillibilité de la foi?
R. Rien de plus certain. L'Évangile l'atteste dans trois textes précis :
1° lorsqu'il rapporte le Tu es Petrus, et super hanc petram etc. (Matth. XVI, 18) ;
2° quand il mentionne la prière faite par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la stabilité de la foi de son Vicaire, et tout ensemble l'ordre donné par le Sauveur à saint Pierre de confirmer ses frères dans la foi : Et tu aliquando conversus confirma fratres tuos (Luc, XXII, 26) (2);
3° enfin, lorsqu'il parle de l'investiture donnée par Notre-Seigneur à son apôtre de la charge de pasteur suprême : Pasce agnos, pasce oves (Joan. XXI, 16).

(2) Il est assez d'usage de traduire les paroles de Notre-Seigneur et tu aliquando conversus par celles-ci : et toi, quand tu seras converti, c'est-à-dire lorsque tu auras obtenu le pardon de ta chute. Il est beaucoup plus naturel de traduire : et toit te retournant vers tes frères, tu les confirmeras dans la foi. Cette interprétation cadre mieux avec le dessein du Sauveur et avec les habitudes bibliques, ainsi que l'a parfaitement démontré un théologien moderne. Qui voudrait, par exemple, entendre d'une conversion de cœur ce passage du psaume : Deus tu conversus vivificabis nos? il faut donc conclure avec ce théologien : « Cum itaque Christum audimus ita Petrum compellantem : Ego rogavi pro te ut non deficeret fides tua, et tu aliquando conversus confirma fratres tuos; idem nobis esse debet ac si eum audiremus dicentem : Sicuti ego ad te conversus pro te rogavi, ne deficeret fides tua, ita et tu aliquando ad tuos fratres conversus (conversione non poenitentiae et luclus, sed tutelae et protectionis), confirma illos, » (Caroli Passaglia commentarius de proerogativis
B. Pétri, l. II , c. 13). Voir encore le bel ouvrage du P. Clément Schrader, de Unitate romana, p. 179 et suiv., où la même interprétation est solidement établie. Le savant P. Maldonat accepte cette interprétation, et Cornélius à Lapide cite plusieurs SS. Pères qui la partagent.


Dernière édition par Lucie le Sam 29 Jan 2011, 12:20 pm, édité 1 fois
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Message  Lucie Mer 26 Jan 2011, 4:57 pm

D. Comment prouve-t-on que l'infaillibilité du Pape ressort de ce triple texte de l'Évangile ?
R. Par l'impossibilité de comprendre
1° que Pierre étant par sa foi le fondement de l'Église, il ne possède pas la fermeté qu'il communique à tout l'édifice;
2° que la prière du Sauveur soit demeurée sans effet;
3° que Pierre puisse se tromper, tandis qu'il est, par son office, obligé de confirmer tous ceux qui chancèlent ou qui doutent;
4° et qu'il ne sache pas discerner d'une manière parfaitement sûre les pâturages sains d'avec les pâturages empoisonnés, au risque de présenter à ses brebis une nourriture qui leur donne la mort.


Écoutez l'explication de saint François de Sales qui est ici de tout point conforme à la tradition catholique : « Tous sont tentés, et on ne prie que pour lui seul... Il prie donc pour saint Pierre, comme pour le confirmateur et l'appui des autres... On ne saurait à la vérité donner ce commandement à saint Pierre de confirmer ses frères (qui sans doute représentaient toute l'Église) qu'on ne le chargeât d'avoir soin de leur croyance : car comment pourrait-on mettre ce commandement en effet, sans donner la puissance de prendre garde à la faiblesse ou à la fermeté des autres, pour les raffermir et les rassurer? N'est-ce pas le dire et le redire encore une fois, fondement de l'Église? S'il appuie, s'il rassure, s'il affermit et s'il confirme les pierres même fondamentales, comment n'affermira-t-il pas tout le reste? S'il a charge de soutenir les colonnes de l'Église, comment ne soutiendra-t-il pas tout le reste du bâtiment? S'il a charge de repaître les pasteurs, ne sera-t-il pas souverain Pasteur lui-même? Le jardinier qui voit les ardeurs continuelles du soleil sur une jeune plante, pour la préserver de la sécheresse qui la menace, ne porte pas l'eau sur chaque branche; il se contente de bien tremper et mouiller la racine et croit que tout le reste est en assurance, parce que la racine va dispersant l'humeur à tout le reste de la plante. Ainsi Notre-Seigneur ayant planté cette sainte assemblée de ses disciples, pria pour le chef, et arrosa cette racine, afin que Veau de la Foi vive ne manquât point à celui qui devait en assaisonner tout le reste et que par l'entremise du Chef, la Foi fût toujours conservée en l'Eglise, 11 prie donc pour saint Pierre en particulier, mais au profit et utilité générale de toute l'Eglise (1) »
(1) Controverses, discours 34
Saint Chrysostome appelle saint Pierre Os Christi, parce qu'il s'énonce pour toute l'Église et à toute l'Église en qualité de chef et de pasteur - et ce qu'il dit n'est pas tant par une parole humaine que par celle-même de Notre-Seigneur. Ainsi ce que saint Pierre disait et déterminait ne pouvait être faux : et de vrai si le confirmateur était tombé, tout le reste ne serait-il pas renversé? Si le confirmateur biaise et chancelé, qui le confirmera? Si le confirmateur n'est pas ferme et stable en lui-même, quand les autres s'affaibliront, qui les affermira? Il est écrit : Si l'aveugle conduit l'aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse; si l'instable et le faible veulent soutenir et assurer le faible, ils donneront tous deux en terre , d'où s'ensuit que Notre-Seigneur en donnant l'autorité et le commandement à saint Pierre de confirmer les autres, il lui a quant et quant donné le pouvoir et les moyens de le faire, autrement pour néant lui eût il ordonné une chose impossible. Les moyens nécessaires pour confirmer les autres et rassurer les faibles, c'est de n'être point sujet à la faiblesse ni à l'erreur, c'est d'être solide et ferme en soi-même comme une vraie pierre et comme un roi : et tel était ce saint apôtre, en tant que pasteur général et gouverneur de l'Église universelle.
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Message  Lucie Sam 29 Jan 2011, 12:27 pm

[St Jean Chrysostome] « Ainsi quand saint Pierre fut posé au fondement de l'Église chrétienne, et que l'Église fut assurée que les portes d'enfer ne prévaudraient point contre elle, ne fut-ce pas assez nous dire que saint Pierre, comme pierre fondamentale du gouvernement et administration ecclésiastique, ne pourrait jamais se froisser ni rompre par l'infidélité, qui est la principale porte d'enfer? Car qui ne sait, que si le fondement renverse, et si l'on y peut porter la sape, tout l'édifice renversera?
« Après tout, s'il était possible que le pasteur suprême ministérial pût mener ses brebis aux pâturages vénéneux, il est certain que tout le parc serait bientôt perdu. Si le suprême pasteur ministérial nous conduisait au mal, qui relèverait la bergerie? Si elle s'égarait, qui la ramènerait à la vérité? Nous n'avons qu'à le suivre simplement, non pas à le quitter, autrement les brebis seraient pasteurs
(1 ) . »

(1) Controverses, discours 48. L'expression pasteur ministérial employée par saint François de Sales n'a évidemment rien de commun avec le caput ministeriale de Richer. Celui-ci regardait le Pape comme député par l'Eglise elle-même pour être son ministre; le saint évêque n'appelait le Pape pasteur ministérial que pour le distinguer de Jésus-Christ, qui est l'invisible pasteur conférant leur mission à tous les autres Pontifes
(suite)

Je ne peut pas m'empêcher de voir que ces pauvres modernistes, en croyant aux faux papes, n'ont fait extérieurement que suivre cette règle de St Jean Chrysostome : "Nous n'avons qu'à le suivre simplement, non pas à le quitter, autrement les brebis seraient pasteurs", et ils ont quitté pourtant tous les autres Pasteurs suprêmes qui disaient le contraire de ce que disent les faux pasteurs.
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Message  gabrielle Sam 29 Jan 2011, 12:52 pm

Votre observation est très juste.

Ils ont suivi tout simplement au début. Personne ou presque chez les fidèles n'avaient les connaissances religieuses pour s'opposer à la vague moderniste qui déferlait sur le monde. Le catéchisme était le seul livre des vérités de la foi que les fidèles avaient or le catéchisme aussi dit qu'il faut suivre les pasteurs.

Les réactions du clergé ont été si lentes, et si peu connues que le fidèles ont eu le temps de perdre la vraie foi catholique.



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Message  Roger Boivin Sam 29 Jan 2011, 11:45 pm

gabrielle a écrit:Votre observation est très juste.

Ils ont suivi tout simplement au début. Personne ou presque chez les fidèles n'avaient les connaissances religieuses pour s'opposer à la vague moderniste qui déferlait sur le monde. Le catéchisme était le seul livre des vérités de la foi que les fidèles avaient or le catéchisme aussi dit qu'il faut suivre les pasteurs.

Les réactions du clergé ont été si lentes, et si peu connues que le fidèles ont eu le temps de perdre la vraie foi catholique.
Je crois qu'on a aidé les fidèle à s'enfoncer :

Spoiler:
À propos de la réforme liturgique issue du Concile Vatican II, je vous invite à relire cet extrait de la Lettre pastorale de l’épiscopat canadien du 21 décembre 1964. Je vous rappelle que Mgr Marius Paré, évêque du diocèse de Chicoutimi, a participé au Concile. « Cette réforme a été entreprise par le Concile, afin que non seulement dans les célébrations liturgiques soient observées les lois imposées pour la célébration valide et licite, mais surtout pour que les fidèles puissent participer activement aux célébrations avec amour et avec fruit. » Étaient-ils dans l’erreur, tous ces évêques canadiens de l’époque ? Le 12 avril 1966,le cardinal Paul-Émile Léger écrivait: « Il faut lire les textes du Concile avec le désir d’entendre l’appel très personnel que l’Esprit nous adresse. » Était-il dans l’erreur, le cardinal Léger, Père conciliaire, lorsqu’i1 reconnaît la manifestation de l’Esprit ?

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:q37dkvtrNqwJ:motupropriochicoutimi.over-blog.com/article-23554570.html+mgr+marius+par%C3%A9,+vatican+II&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=ca&source=www.google.ca




Mais dans les années soixante — 1966, 1967, 1968, 1969, 1970 — personne ne disait «on n’est pas préparé», et toute la documentation nous dit le contraire. Il y a eu des efforts de formation comme on en a vu rarement après coup. Ainsi, dans le diocèse de Chicoutimi, Mgr Paré propose d’abord de réfléchir chaque dimanche, pendant le Jubilé, sur les seize textes promulgués à Vatican II. De plus, il donne une série de conférences sur les textes de Vatican II: des conférences publiques, et des conférences aux religieux, aux religieuses, aux séminaristes et à différents groupes de laïques. On estime que 5000 personnes ont assisté à ces conférences. À son instigation, un groupe de supérieures majeures organise l’étude des documents conciliaires: étude personnelle, une heure par jour, étude en équipes de cinq à douze une fois par semaine, étude intercommunautaire (huit rencontres avec exposé d’un conférencier et réponses aux questions). Mgr Paré organise aussi neuf pèlerinages à la cathédrale. On ne peut pas dire que les gens n’ont pas fréquenté les textes conciliaires. En plus, on est un des premiers pays à en avoir eu une édition (je vois celle, fatiguée, de Mgr Charbonneau), et très vite il y a eu une deuxième édition. On est dans la mythologie en disant que les gens n’étaient pas préparés.

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:PQNpQHSwSOcJ:www.culture-et-foi.com/dossiers/vatican_II/gilles_routhier.htm+mgr+par%C3%A9,+vatican+II&cd=10&hl=fr&ct=clnk&gl=ca&source=www.google.ca


Suis-je en droit aujourd'hui de me poser de sérieuses et légitimes questions à propos de Mgr Marius paré, qui était alors Évêque dans le diocèse de Chicoutimi ; ou si lui aussi a été tout simplement, comme tout le monde, emporté par cette vague de fond gigantesque ? - Il en reste, que je me pose de sérieuses questions - :

1961

16 janvier - Inauguration officielle des nouveaux immeubles de l'Institut Saint-Georges, à Chicoutimi. Monseigneur Marius Paré, sixième évêque. 18 février - Démission de Mgr Georges Melançon du siège épiscopal de Chicoutimi et transfert de celui-ci au siège titulaire archiépiscopal D'Esbo. Mgr Melançon continuera de résider à l'évêché de Chicoutimi. Mgr Marius Paré devient évêque de Chicoutimi et prend possession de sa charge le même jour. Le même jour encore, Mgr Léon Maurice est confirmé dans sa fonction de Vicaire général de l'Évêque de Chicoutimi. 24 mars - Sanction royale accordée à la loi instituant une Commission royale d'enquête sur l'enseignement, dite Commission Parent, du nom de son président Mgr Alphonse-Marie Parent de l'Université Laval de Québec. La sanction royale est accordée le même jour à la loi instituant le Ministère des affaires culturelles, au Québec. Juillet - Fondation à Roberval d'un nouveau Collège classique dont la direction est confiée aux Pères Maristes. 10 août - Décret de promulgation, au diocèse de Chicoutimi, du Directoire pastoral sur la Messe. 18 septembre - Ouverture des classes du nouveau Collège classique de Roberval confié aux Pères Maristes. 7 octobre - Nomination du premier curé de la nouvelle paroisse Sainte-Claire, à Chicoutimi-Nord.

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:A2TFJ3pn2AkJ:www.evechedechicoutimi.qc.ca/index.php%3FidPage%3D100%2526%25239001%253B%3Dfr+mgr+par%C3%A9,+chicoutimi,+vatican+II&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=ca&source=www.google.ca


Dernière édition par roger le Dim 30 Jan 2011, 8:59 am, édité 1 fois
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Message  gabrielle Dim 30 Jan 2011, 9:21 am

Les évêques qui ont assisté à VII ne pouvaient pas ne pas se rendre compte de la rupture doctrinale.

Comment ont-ils pu du jour au lendemain scraper la messe de leur ordination et prendre un rite qui déjà à sa sortie faisait des vagues ...

Les fidèles qui assistaient à ces réunions étaient tout simplement manipulés... un genre de lavage de cerveau qui a fini par une perte de la foi.

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Message  Lucie Dim 30 Jan 2011, 9:48 am


D. L'infaillibilité de saint Pierre a-t-elle passé en héritage à tous les Pontifes romains qui lui ont succédé ?

R. Sans aucun doute. Écoutons encore saint François de Sales : « Tout ceci n'a pas eu lieu seulement en saint Pierre, mais en ses successeurs; car puisque la cause demeure, l'effet demeure. L'Église a toujours besoin d'un confirmateur qui soit permanent, auquel on puisse s'adresser pour trouver un solide fondement, que les portes d'enfer, et principalement l'erreur ne puisse renverser : il faut que son pasteur ne puisse conduire à l'erreur, ni nous porter au mal. Les successeurs de saint Pierre ont seuls (hors du Concile général) ces privilèges, qui ne suivent pas la personne mais la dignité publique de la personne (1). »

(1) ibid. Mgr Mermillod a constaté que la plupart des éditions françaises ont affaibli la pensée de saint François de Sales relativement à l'infaillibilité pontificale.

S.S. Pie XI disait déjà dans AD CATHOLICI SACERDOTII :

Elle [L'Eglise] n’ignore pas que si l’état religieux et moral des peuples dépend en grande partie du sacerdoce, l’avenir du prêtre lui-même dépend de la formation qu’il aura reçue ; pour lui aussi se vérifie la parole de l’Esprit-Saint : De la voie par laquelle il aura été acheminé dans son adolescence, il ne s’éloignera pas dans sa vieillesse (Pv 22, 6).
Spoiler:

De la dignité si éminente du sacerdoce et des qualités si relevées qu’il réclame, dérive, Vénérables Frères, l’inéluctable nécessité de donner aux candidats du sanctuaire une formation proportionnée.

Consciente de cette nécessité, l’Eglise n’a peut-être jamais, au cours des siècles, témoigné pour aucune autre oeuvre une aussi tendre sollicitude, une aussi maternelle préoccupation que pour la formation de ses prêtres. Elle n’ignore pas que si l’état religieux et moral des peuples dépend en grande partie du sacerdoce, l’avenir du prêtre lui-même dépend de la formation qu’il aura reçue ; pour lui aussi se vérifie la parole de l’Esprit-Saint : De la voie par laquelle il aura été acheminé dans son adolescence, il ne s’éloignera pas dans sa vieillesse (Pv 22, 6). Aussi l’Eglise, conduite par l’Esprit Saint, a voulu que partout fussent érigés des Séminaires pour y élever et y former avec un soin tout particulier les aspirants au sacerdoce.

Le Séminaire est donc et doit être comme la pupille de vos yeux, Vénérables Frères, qui partagez avec Nous le redoutable fardeau du gouvernement de l’Eglise. Il est et doit être l’objet principal de vos préoccupations.

47. Avant tout, votre premier soin sera le choix des Supérieurs, des Maîtres et tout particulièrement du Directeur spirituel auquel incombe une part si délicate et si importante dans la formation de l’âme sacerdotale. Donnez à vos Séminaires les prêtres les meilleurs ; ne craignez pas de les dérober même à des charges apparemment plus brillantes, mais ne pouvant, en réalité, se comparer à cette oeuvre capitale et irremplaçable ; au besoin, faites-les venir du dehors, de partout où vous en trouverez vraiment à la hauteur d’une si noble tâche ; choisissez-les tels que, par l’exemple encore plus que par la parole, ils enseignent les vertus sacerdotales et qu’ils sachent infuser, avec la science, un esprit solide, viril, apostolique ; qu’ils fassent fleurir dans le Séminaire la piété, la pureté, la discipline, les études ; qu’ils prémunissent avec prudence les jeunes clercs non seulement contre les tentations présentes, mais aussi contre les périls autrement graves auxquels ils se trouveront exposés dans le monde où ils sont appelés à vivre un jour pour le salut de tous (1 Co 9, 22).

48. Et pour que les futurs prêtres puissent avoir cette science qu’exigent les temps présents, comme Nous l’avons exposé plus haut, il est d’une suprême importance qu’après une solide formation classique, ils soient initiés et entraînés à la philosophie scolastique " selon la méthode, la doctrine et les principes du Docteur angélique (41). " Cette " philosophie de tous les temps, philosophia perennis ", comme l’appelle Notre grand Prédécesseur Léon XIII, non seulement leur est nécessaire pour approfondir le dogme, mais aussi les prémunit efficacement contre les erreurs modernes, quelles qu’elles soient, en rendant leur esprit apte à distinguer nettement le vrai du faux ; dans les questions de tout genre et dans les autres études qu’ils auront à faire, elle leur donnera aussi une clarté de vue intellectuelle, qui surpassera de beaucoup celle d’autres, munis d’une plus grande érudition, mais privés de cette formation philosophique.

A partir du moment où des Évêques ont été mal formé dans leur jeunesse, reçu la doctrine de mauvais maîtres, je crois que cela explique déjà beaucoup Vatican II. Et les plans maçonniques font état de la corruption de la jeunesse et de l'infiltration des séminaires.
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Message  gabrielle Dim 30 Jan 2011, 9:52 am

Oui, cela pourrait être une explication.

Mais sur plus de deux milles Pères n'y avait-il que des évêques à la formation douteuse, ou bien des évêques franchement modernistes mais encore caché, attendant le temps de se manifester.
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Message  Roger Boivin Dim 30 Jan 2011, 10:55 am

gabrielle a écrit:Oui, cela pourrait être une explication.

Mais sur plus de deux milles Pères n'y avait-il que des évêques à la formation douteuse, ou bien des évêques franchement modernistes mais encore caché, attendant le temps de se manifester.

C,est ce qui me fait me poser cette question : Qui était en fait, au juste, Mgr Marius Paré ?
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Message  gabrielle Dim 30 Jan 2011, 11:03 am

roger a écrit:
gabrielle a écrit:Oui, cela pourrait être une explication.

Mais sur plus de deux milles Pères n'y avait-il que des évêques à la formation douteuse, ou bien des évêques franchement modernistes mais encore caché, attendant le temps de se manifester.

C,est ce qui me fait me poser cette question : Qui était en fait, au juste, Mgr Marius Paré ?

Ben voyons... je suis de Montréal mon ami... je ne connais pas tous les évêques de la province.
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Message  ROBERT. Dim 30 Jan 2011, 5:34 pm

.
Comme S.S. Pie XI le mentionne dans AD CATHOLICI SACERDOTII :



( …)qu’ils soient initiés et entraînés à la philosophie scolastique " selon la méthode, la doctrine et les principes du Docteur angélique (41). " Cette " philosophie de tous les temps, philosophia perennis ", comme l’appelle Notre grand Prédécesseur Léon XIII, non seulement leur est nécessaire pour approfondir le dogme, mais aussi les prémunit efficacement contre les erreurs modernes, quelles qu’elles soient, en rendant leur esprit apte à distinguer nettement le vrai du faux ; dans les questions de tout genre et dans les autres études qu’ils auront à faire, elle leur donnera aussi une clarté de vue intellectuelle, qui surpassera de beaucoup celle d’autres, munis d’une plus grande érudition, mais privés de cette formation philosophique.




Ce n’est pas inutilement que l’enseignement de Saint Thomas d’Aquin fût mis sur le même pied (si je n’emploie pas ici les bons

termes, qu’on me corrige..) que les Saints Évangiles au Concile de Trente et que le Docteur Angélique fut enseigné pendant presque 800

ans dans l’Église catholique avant que ces mercenaires et ces malpropres , en commençant par Montini et suivi par les autres Intrus et

malfrats, Luciano, Karol et Joseph, vinrent tout chambouler, et tout détruire ce qu’il a de plus saint et de plus sacré en notre Mère la

Sainte Église…


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Message  Roger Boivin Dim 30 Jan 2011, 5:58 pm

Spoiler:
gabrielle a écrit:
roger a écrit:
gabrielle a écrit:Oui, cela pourrait être une explication.

Mais sur plus de deux milles Pères n'y avait-il que des évêques à la formation douteuse, ou bien des évêques franchement modernistes mais encore caché, attendant le temps de se manifester.

C,est ce qui me fait me poser cette question : Qui était en fait, au juste, Mgr Marius Paré ?

Ben voyons... je suis de Montréal mon ami... je ne connais pas tous les évêques de la province.
me poser à moi.. Laughing

Évidemment si l'on a une piste, j'en serais ravis.Very Happy


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Message  ROBERT. Dim 30 Jan 2011, 6:08 pm

roger a écrit:
Spoiler:
gabrielle a écrit:
roger a écrit:
gabrielle a écrit:Oui, cela pourrait être une explication.

Mais sur plus de deux milles Pères n'y avait-il que des évêques à la formation douteuse, ou bien des évêques franchement modernistes mais encore caché, attendant le temps de se manifester.

C,est ce qui me fait me poser cette question : Qui était en fait, au juste, Mgr Marius Paré ?

Ben voyons... je suis de Montréal mon ami... je ne connais pas tous les évêques de la province.
me poser à moi.. Laughing

Évidemment si l'on a une piste, j'en serais ravis.Very Happy



Vous devriez trouver sur le Net des info sur Mgr Paré, qui était Évêque de Chicoutimi.

Me semble qu'il a fini chez les modernos !!
pale
.
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Message  Lucie Lun 31 Jan 2011, 9:11 am

II.
D. L'infaillibilité du Pape se peut-elle prouver par la Tradition ?
R. Assurément. Les théologiens, parmi lesquels le célèbre Thomassin, font observer que les huit premiers Conciles généraux sont une éclatante reconnaissance de l'infaillibilité du Pape. Bossuet lui-même a solidement démontré contre Ellies Dupin que dans les Conciles d'Éphèse et de Chalcédoine, le Pape a dicté et imposé sa sentence.
J'alléguerai seulement le décret du second Concile général de Lyon (1274) auquel souscrivirent les Grecs, "De même, y est-il dit, que l'Eglise romaine est tenue plus que toute autre de défendre la vérité de la foi, de même les questions soulevées au sujet de cette même foi doivent être définies par son jugement. "
Inutile de rappeler la célèbre définition du Concile de Florence, que le docte Muzzarelli soutient avoir été rendue avec une intention fort arrêtée de constater l'infaillibilité. Le dire de Muzzarelli trouve sa confirmation dans les actes du Concile, et aussi dans le peu d'affection «que les gallicans ont toujours témoignée à l'endroit du Concile de Florence.

S.S. Pie XI, Ad Catholici Sacerdotii :

Et de plus, comme cette Encyclique se relie harmonieusement à Nos précédentes par lesquelles Nous avons voulu projeter la lumière de la doctrine catholique sur les plus graves problèmes qui travaillent la vie moderne, Nous avons conscience de donner à Nos enseignements solennels un complément opportun.
Il est clair que ce document a un jugement solennel, comme les Encycliques précédentes, selon S.S. Pie XI. Encore de quoi faire taire la Frat :

Quand est-ce que le Pape est infaillible ?

Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Eglise, une doctrine concernant la foi et les mœurs.

Quel péché commettrait celui qui ne croirait pas aux définitions solennelles du Pape ?


Celui qui ne croirait pas aux définitions solennelles du Pape ou même simplement en douterait, pécherait contre la foi, et s’il s’obstinait dans cette incrédulité, il ne serait plus catholique, mais hérétique.
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Message  Diane + R.I.P Lun 31 Jan 2011, 11:10 am

Vous faites un très bon travail, ma chère Lucie.

Merci infiniment pour toutes ces notions et pour vos réflexions!
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Message  Lucie Mar 01 Fév 2011, 1:06 pm

D. Les Pères et les Docteurs ont-ils cru à l'infaillibilité ?
R. Oui, sans doute. Saint Liguori, dans sa réfutation de Fébronius, a un chapitre intitulé : Le pouvoir suprême, et par conséquent, l'infaillibilité du Pontife romain prouvés par le témoignage commun des saints Pères (1).
Vous y lisez les noms des principaux docteurs qui ont illustré l'Église pendant les douze premiers siècles, saint Ignace d'Antioche, saint Irénée, saint Cyprien, saint Jérôme, saint Athanase, saint Augustin, saint Grégoire de Nazianze, saint Optât de Milève, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Hilaire, saint Pierre Chrysologue, saint Pulgence, saint Grégoire le Grand, le vénérable Bède, saint Anselme, saint Bernard, saint Bonaventure, saint Thomas d'Aquin.
— Après cette énumération qu'il eût été facile de prolonger (2), saint Liguori conclut :« Tous les témoignages des saints Pères que nous venons de citer démontrent manifestement que le souverain Pontife est infaillible. »
Et Suarez, en qui, selon Bossuet, l'on entend toute l'École, Suarez n'hésite pas à dire de ceux qui attaquent l'infaillibilité du Pape, « que leur opinion n'est pas seulement téméraire à l'excès, mais encore erronée, par la raison que le sentiment des écrivains catholiques est si unanime au sujet de cette vérité, qu'il n'est nullement permis de la révoquer en doute. » (De Fide, disp. 20, sect. 3.)


(1) P. Jacques, du Pape et du Concile, etc., p. 283 et suiv.
(2) Le lecteur trouvera une splendide exposition de ce que les Pères ont cru touchant l'infaillibilité dans le bel ouvrage de Papa de M. Bouix, et encore dans le livre du P. Schrader de Unitate romana. Aux saints docteurs allégués par saint Liguori j'en ajouterai deux, saint Ambroise et saint Léon IX.
Saint Ambroise a dit : lpse est Petrus, cui dixit : Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam : UBI ERGO PETRUS, IBI ECCLESIA.
Le mot ergo donne au texte déjà fort, une énergie nouvelle.
Saint Léon IX, rappelant à Michel Cérulaire l'infaillibilité du Pontife romain basée sur la prière du Sauveur : Ego rogavi pro te, ajoutait : « Quelqu'un poussera-t-il donc la démence jusqu'à supposer que la prière de Celui dont le vouloir est pouvoir a été vaine en quelque chose? » Eh bien, oui : plusieurs gallicans, à la suite de Bailly, ont élevé ce doute impie.
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Message  Lucie Mer 02 Fév 2011, 8:57 am

D. Mais parmi les témoignages allégués, n'en est-il point un grand nombre de récusables : par exemple, ceux des Papes, gui sont trop suspects dès lors qu'ils déposent en leur propre cause?
R. Veuillez remarquer que la vérité de l'infaillibilité s'appuie I° sur les Conciles œcuméniques eux-mêmes ; et 2° sur une foule immense de Pères, Docteurs et Théologiens, qui n'ont pas été souverains Pontifes. Donc, réduite à ces seuls témoignages, elle serait suffisamment établie. — Mais, lors même que les seuls Papes déposeraient en sa faveur, nous devrions encore accepter leurs dépositions : c'est Bossuet qui le déclare. « J'entends, dit-il, ce que murmurent nos adversaires, qu'il ne faut point s'en rapporter à ce que disent les Papes en faveur des prérogatives de leur siège, parce qu'ils sont parties intéressées. — Par la même raison, on ne devrait pas non plus s'en rapporter aux évêques et aux prêtres, quand ils parlent de leur dignité. Nous devons dire tout le contraire ; car Dieu inspire à ceux qu'il place dans les rangs les plus sublimes de son Église, des sentiments de leur puissance conformes à la vérité, afin que s'en servant dans le Seigneur avec une pleine confiance, quand l'occasion le demande, ils vérifient cette parole de l'Apôtre : Nous avons reçu l'esprit de Dieu, par lequel nous connaissons les dons qu'il nous a accordés. (I Cor. n, 12.) J'ai cru devoir faire au moins une fois cette observation pour confondre la réponse téméraire et détestable qu'on nous oppose ; et je déclare que, sur ce qui concerne la dignité du Saint-Siège apostolique, je m'en tiens à la tradition et à la doctrine de Pontifes romains (1). » — Remarquons en passant que Bossuet ne supportait pas que l'on prît pour de simples compliments les éloges et les titres d'honneur décernés par les saints Pères à la Chaire apostolique. « C'est entrer, disait-il, dans l'esprit des grecs schismatiques qui, dans le Concile de Florence, voulaient prendre pour honnêtetés et pour compliments tout ce que les Pères écrivaient aux Papes pour se soumettre à leur autorité (2). »

(1) Defensio declarat., p. III, l. X, c. 6. Fénelon tient absolument le même langage, Dissertat, de S. Pontif. auctor., c. 15.
(2) Remarques sur l'Hist. des Conciles, etc., t. XXX, p. 521 (édit. Lebel).

"Nous avons reçu l'esprit de Dieu, par lequel nous connaissons les dons qu'il nous a accordés." (I Cor. n, 12.) Voilà pourquoi un Pape peut déposer et enseigner sur sa propre autorité, sans que personne n'ait à rien en redire.
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Message  gabrielle Mer 02 Fév 2011, 11:27 am

Personne ne peut limiter le pouvoir du Pape sur terre.

C'est là, une des déviations de la Frate, elle limite le pouvoir de celui qu'elle reconnait comme pape, elle le limite à ce qu'elle trouve acceptable se plaçant ainsi plus haut que l'autorité qu'elle reconnait comme étant légitime.

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Message  Lucie Sam 05 Fév 2011, 4:49 pm

D. Du moins, est-il incontestable qu'en exaltant l'Église romaine et le Siège apostolique, les Conciles, les Pères et les Docteurs aient voulu célébrer des prérogatives inhérentes à la personne des Pontifes romains ?
R. Oui. « Launoy, dit saint Liguori, Launoy et tous ceux qui, comme lui, combattent l'infaillibilité du Pape, établissent une distinction entre le Siège apostolique et romain, par lequel ils entendent l'Église universelle, et entre celui qui occupe ce siége c'est-à-dire le souverain Pontife. Or, ils prétendent que le premier est infaillible, mais qu'il n'en est pas de même du second.
« La distinction est ingénieuse-, mais elle est fausse, et contraire au sentiment commun des Conciles, des souverains Pontifes, et des saints Pères, qui par le Siège apostolique ou romain entendent généralement le Pontife de Rome Donc, on entend sous la dénomination de siège celui qui y est assis (3). »

Le coryphée du jansénisme, Arnauld, n'était point content de cette distinction que, malgré sa haine de sectaire, il ne pouvait concilier avec les témoignages de la tradition (4).

(3) P. Jacques, op. cit., p. 157. Fénelon réfute fort bien cette distinction du siège et du siégeant Voir sa dissertation déjà citée, ch. VII et suiv.
(4) Lettre à M. Du Vaucel, 9 octobre 1686 (n° 591).

Enfin, Tournély, théologien que les gallicans écoutent assez volontiers, tombe d'accord que la distinction du siège et du siégeant, n'est ni vraie, ni même intelligible. Il ne la trouve pas non plus susceptible de s'accommoder aux témoignages de la tradition. Elle n'a d'autre valeur que celle qui lui vient de l'autorité séculière : Allonge difficilius est ea conciliare cum declaratione Cleri gallicani, a qua recedere nobis non permittitur (1).

(1) De Ecclesia, t. II, p. 134.
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Message  Lucie Mar 08 Fév 2011, 8:01 am

D. Pourquoi affirmez-vous l'existence de la tradition en faveur de l'infaillibilité, tandis que l'Église gallicane s'est toujours prononcée contre elle ?
R. Rien de plus faux que cette prétendue opposition de l'Église de France. Ce n'est pas seulement à l'étranger que les théologiens ont vengé la France d'une pareille calomnie. D'Aguirre, Sfondrate, Zaccaria, Roccaberti, Orsi, saint Liguori ont savamment établi que la France avait toujours été dévouée au sentiment de l'infaillibilité.
— Mais la même thèse a été mise chez nous dans la plus vive lumière par Charlas, Fénelon, le cardinal Villecour. Il est vrai qu'en 1682 l'assemblée du Clergé de France rendit une déclaration hostile à l'infaillibilité. Mais chacun sait aujourd'hui à quoi s'en tenir sur les motifs honteux qui firent convoquer cette triste assemblée, et rédiger la Déclaration. Après le beau livre de M. Ch. Gérin il faut s'écrier avec M. l'abbé Maynard : « Le berceau du gallicanisme est tellement souillé de despotisme et de lâcheté, que rejeter les quatre articles n'est plus seulement affaire d'orthodoxie, mais affaire d'honneur. (Bibliographie cath., avril 1869.)
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Message  Lucie Mar 08 Fév 2011, 8:06 am

III.
D. Toutefois, comment se fait-il que plusieurs souverains Pontifes soient accusés d'avoir erré en définissant des questions de foi ?
R. « L'application constante des ennemis de l'autorité des souverains Pontifes s'est toujours exercée à trouver des erreurs dans leurs définitions : mais jamais ils n'ont pu découvrir aucune erreur contre les dogmes, qui ait été énoncée par aucun Pontife romain, en tant que Pontife et Docteur de l'Église. » Ainsi parle saint Liguori (1).
Ne pouvant suivre le saint Évêque dans le développement de ses preuves, je me borne à une courte réflexion sur les Pontifes les plus gravement incriminés, qui sont les papes saint Libère, Vigile et Honorius.
Or, la chute du pape saint Libère est si peu certaine que Bossuet ne crut pas pouvoir en tirer un argument contre l'infaillibilité. On a, du reste, mille fois démontré que le saint Pape n'a jamais déserté l'orthodoxie. Il faut surtout signaler le magnifique travail de M. Edouard Dumont dans la Revue des questions historiques.
Pour le pape Vigile, non-seulement il n'a pas erré dans la foi, mais le célèbre Pierre de Marca, peu suspect de partialité en faveur des Papes, a composé une dissertation pour établir la haute prudence dont le Pontife fit preuve dans les actes qu'on lui reproche avec tant d'âpreté.
Quant à Honorius, Mgr l'évêque de Grenoble déclarait tout récemment à son clergé (20 juillet 1868). « Que ni la foi catholique, ni la doctrine de l'infaillibilité du Pape définissantes Cathedra, ni même la foi personnelle d'Honorius », ne sont en cause dans les débats soulevés à l'occasion du sixième Concile.
(1) P. Jacques, op. cit., p. 171.

Saint Liguori, qui traite fort bien la question d'Honorius, arrive à conclure : « Il devait dès le principe retrancher l'erreur, et c'est sous ce rapport qu'il a manqué (1). »

(1) ibid., p. 179. Voir la remarquable dissertation de Pierre de Marca dans la Patrologie latine de Migne, t . LXIX, p. 127 et suiv.
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