LES SAINTES VOIES DE LA CROIX - LIVRE III - par M. HENRI-MARIE BOUDON

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Message  Monique le Dim 04 Oct 2020, 11:15 am

LIVRE TROISIÈME



CHAPITRE PREMIER

Des peines d'esprit,

et premièrement des tentations d'infidélité et de blasphème


********


Un auteur a fort bien dit que comme les croix intérieures des Chrétiens sont une expression ou imitation des croix intérieures de Jésus-Christ, et que comme cette vie crucifiée par des peines qui ne se voient point, représente la vie cachée d'un Dieu-Homme qui renferme ses plus grandes merveilles ; de même ceux qui les portent, sont les plus belles images de ce divin Sauveur. Les autres martyrs ont les anges et les hommes pour spectateurs, ceux-ci n'ont que Dieu seul pour témoin ; c'est ce qui rend ces états plus saints, puisqu'ils vous mettent hors de la complaisance des créatures, qui savent peu plaindre ou peu louer ce qu'elles ne voient et n'entendent pas. Au reste, ces souffrances surpassent de beaucoup toutes les peines extérieures, qui sont des croix douces quand l'esprit est satisfait. C'est ce qui a fait dire à sainte Thérèse que les travaux des contemplatifs étaient incomparablement plus rudes que tous ceux de la vie active.


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Message  Monique le Lun 05 Oct 2020, 8:17 am

Pour commencer à en traiter, il est à propos de descendre dans le particulier, et premièrement de parler des peines qui arrivent au sujet des tentations contre la foi. Ceux qui auront quelque expérience de cette sorte d'exercice avoueront qu'il est plus rude et le plus terrible de tous. C'est dans cette épreuve que l'âme peut dire ces paroles d'un prophète : Il a fermé mes voies avec des pierres carrées (Thren. III, 9) ; car toutes les avenues en sont bouchées à la consolation. Dans les autres, il reste au moins une consolation, qui est la pensée de Dieu, je veux dire la foi qu'il y en a un ; car, pour le souvenir actuel et connu, souvent il est ôté dans plusieurs autres tentations. Mais ici le doute vient qu'il n'y en a point. De quel côté donc pourrait-on se consoler ? De la part de la terre ? Hélas ! C'est ce qui ne se peut. Du côté du ciel ? Il semble qu'il manque. De la vie présente ? C'est où l'on trouve ses peines. De l'autre vie ? Il parait qu'il n'y en a point. En vérité, cette épreuve est étrangement pénible.


Les âmes néanmoins ne doivent pas s'abattre sous ces croix. Elles doivent savoir que Dieu tout bon les a fait porter à plusieurs de ses saints. Un grand nombre d'élus ont marché dans cette voie. De notre temps, on a vu la vertueuse mère de Chantal pleurer à chaudes larmes, disant qu'elle se voyait sans foi, sans espérance et sans charité. On a vu un saint, général d'un ordre réformé, tellement travaillé de cette tentation, lui qui consolait tous ceux qui étaient tentés, par ses avis et ses livres spirituels, étant un grand maître de la vie intérieure, qu'il était obligé de crier à haute voix : Je crois, je crois, demandant ensuite aux religieux qui étaient auprès de lui s'ils lui avaient ouï prononcer ces paroles.


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Message  Monique le Mar 06 Oct 2020, 9:05 am

Que faut-il donc faire dans cette épreuve, sinon de se donner bien garde de raisonner, ne se laissant pas aller à un artifice du malin esprit, qui nous suggère qu'il est à propos de chercher des raisons pour nous délivrer de cette tentation. L'expérience fait assez voir que c'est le moyen de s'embarrasser davantage. Mais je vous dis de plus : Fuyez en cette rencontre le combat avec le démon. Si une fois vous venez aux prises par le raisonnement de cet esprit artificieux, vous êtes pris, et votre perte est comme assurée.

On rapporte d'un savant homme qui se mourait, que le démon ayant pris la forme humaine, et s'étant travesti en la personne d'un docteur considérable qui paraissait lui rendre une visite de civilité, il pensa être perdu, ayant voulu raisonner avec ce démon déguisé, sur les matières de la foi. Bien lui en prit d'avoir jeté les yeux sur une image de la sainte Vierge, qui était proche de son lit : car ce regard d'amour mit en fuite l'ennemi, et, sans ce secours de la Mère de toute miséricorde, c'était fait de son salut.

Saint François de Sales assurait que sans un secours extraordinaire du ciel, il eût succombé à une tentation très subtile contre le très saint sacrement de l'autel ; tentation si dangereuse, que jamais ce grand évêque ne l'a voulu dire, en prévoyant le danger. Toutes les hérésies ne viennent que de la liberté qu'on prend d'examiner les vérités de la religion, s'appuyant sur ses propres lumières, sur son raisonnement, sur les interprétations que l'on donne à l'Écriture, aux conciles, aux décisions des souverains Pontifes, contre la doctrine du grand Apôtre, qui enseigne clairement qu'il faut captiver l'entendement sous l'obéissance de la foi. (II Cor. X, 5) Car que veut-il dire par cette captivité, sinon de le tenir arrêté et lié sous l'obéissance de la foi, croyant simplement ce que Dieu nous a révélé par lui-même ou par son Église, assujettissant son esprit sous les décisions des conciles des Souverains Pontifes, auxquels le Fils de Dieu a donné de confirmer leurs frères dans la foi ? Nous devons être sages par l'expérience de tant de siècles, qui nous apprennent que les hérétiques n'ont pas manqué de raisons spécieuses, subtiles et fortes en apparence ; se servant de l'Écriture, qu'ils citaient continuellement, aussi bien que de l'autorité des Pères ; mettant au jour de beaux ouvrages qui charmaient les esprits par la douceur de leur style, la beauté de leur éloquence ; plusieurs même gagnant les cœurs par les exemples d'une vie édifiante, austère, et dans le mépris du siècle. Mais parce qu'ils manquaient d'une sincère soumission au chef de l'Église et aux conciles, ils ont erré malheureusement, aussi bien que tous ceux qui les ont suivis. Plusieurs royaumes ont perdu la foi de cette manière.

Ô bienheureux ceux qui, obéissant simplement au Pape et à l'Église, sont demeurés dans la véritable religion ! Les luthériens et les calvinistes, dans le dernier siècle, criaient hautement que le Pape se trompait, qu'ils voulaient un concile général ; ensuite, se voyant encore condamnés par le concile, ils disaient qu'il n'était pas légitime, à raison de la brigue du Pape ; et en disant toutes ces choses, ils se sont effroyablement trompés, et tous leurs adhérents, qu'ils ont engagés avec eux dans la condamnation éternelle. Ceux qui vivaient pour lors, qui s'en sont rapportés aux Souverains Pontifes et aux conciles, ont conservé la foi pour eux et pour leur postérité ; et si nous vivons dans un pays catholique, nous en avons l'obligation à leur obéissance. Le grand remède donc, dans ces tentations, est celui que conseillait saint François de Sales : prendre la fuite par la porte de la volonté, laissant celle de l'esprit raisonnant. C'est en cette matière que le conseil des Pères de la vie spirituelle doit avoir lieu, qui recommande tant l'abstraction. C'est pour lors qu'il est nécessaire de s'en servir, durant même le temps de l'oraison, se tenant dans une abstraction totale par un acte direct, évitant toutes les réflexions volontaires ; je dis volontaires, car l'on ne peut pas empêcher mille et mille pensées qui viennent de toutes parts, seulement il les faut laisser passer sans s'y arrêter, au moins de propos délibéré. Nous en avons appelé plus amplement dans notre livre Du règne de Dieu en l'oraison mentale.


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Message  Monique le Mer 07 Oct 2020, 9:00 am

Mais que fait-on, dira quelqu'un, durant cette abstraction ? L'on y pratique quantité d'actes excellents, comme nous l'avons montré dans le livre cité ci-dessus, et en particulier celui de la foi, qui est d'autant plus pur et plus en sureté, qu'il est moins connu et que le démon ne le peut combattre : ce qui le tourmente beaucoup ; c'est pourquoi il n'oublie rien pour faire descendre dans des opérations sensibles, afin qu'il y avoir lieu de combattre l'âme, à laquelle il ne peut rien faire tant qu'elle est retirée dans la forteresse de son fond au centre.


Mais comment pourrais-je produire des actes de foi lorsque j'en suis privé ? dira celui qui est dans cette épreuve. Je ne puis faire d'actes, disait la sainte mère de Chantal ; ce m'est un martyre, quand je vois tout le monde savourer le bien de la foi, de m'en voir privée. C'est se tromper, répond un grand prélat ; l'on n'est pas privé de l'acte de la foi, quoiqu'il le semble, et qu'on ne l'aperçoive pas. Sous un grand tas de cendres chaudes il y a encore un charbon vif, et d'autant plus ardent qu'il est plus couvert, le feu enclos dans une fournaise étant bien plus actif que celui qui a l'air plus libre. Et en effet, il faut que la foi soit bien vive, pour retenir l'âme dans la crainte de Dieu au milieu de tous ces renversements. Hélas ! vous vous plaignez de n'avoir plus de foi ; et c'est la foi qui vous fait plaindre de la sorte. Si vous n'en aviez plus, pourquoi craindriez-vous le péché et les tentations ? Celui qui en est véritablement privé, comme les athées, s'abandonne à toutes sortes de crimes. Pourquoi vous tenez-vous avec respect devant le saint sacrement, pourquoi vous confessez-vous, si ce n'est parce que vous croyez ces sacrements ? Il est donc vrai que vous avez la foi, comme il est certain que vous ne la sentez pas.


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Message  Monique le Jeu 08 Oct 2020, 8:41 am

Pour ce qui regarde les tentations de blasphèmes, elles ne sont pas si dangereuses ; elles font plus de peur que de mal, par l'horreur qu'elles impriment. Souvenez-vous que, quand tous les blasphèmes de l'enfer vous passeraient par l'esprit, vous n'en seriez pas moins agréable aux yeux de Dieu. Apprenez une bonne fois que les plus maudites pensées ne vous rendent point criminel ; c'est le seul, parfait et entier consentement de la volonté. Ne vous mettez pas en peine ; votre volonté, votre cœur n'est point librement dans ces horribles blasphèmes, non plus que dans les attaques contre votre foi. La tentation est si pressante, et le pauvre esprit si accablé, que l'on pense consentir quand on résiste. Tâchez de vous tenir le plus tranquille que vous pourrez, et surtout évitez le chagrin et l'inquiétude volontaire.


Ô mon cher Théophile, s'écrie l'illustre prélat du Bellay en sa Lutte spirituelle, si vous saviez le don de Dieu ! Ces tentations, que vous prenez pour des torrents qui ravagent votre foi, me sont autant de marques honorables de votre fidélité ; et tel sera, comme je le crois, le jugement de ceux qui ont quelque expérience en cette escrime ou lutte spirituelle. Vous la maudissez, et moi je la bénis ; et quand je la voudrais maudire, il ne serait non plus en ma puissance, qu'à Balaam de jeter des imprécations contre l'armée d'Israël. (Num. XXIV, 1 et seq.) Le démon, cet impudent, osa bien dire au Fils de Dieu, qu'il lui donnerait des royaumes, s'il voulait se prosterner devant lui et l'adorer. Si de semblables idées passent par votre esprit, vous en étonnez-vous, et pensez-vous qu'il redoute davantage le disciple que le maître ?


Finissons ce chapitre par les sentiments de sainte Thérèse. J'avoue, disait-elle, que tant plus je rencontre de difficultés à concevoir un mystère de notre foi, et tant plus j'ai d'inclination à le croire, et j'y ressens d'autant plus de dévotion. Mon esprit est aussitôt satisfait dans la difficulté, en me représentant que Dieu peut agir d'une manière que je n'entends point, et sans qu'il soit besoin qu'il nous le fasse comprendre, et que nous le trouvions agréable. Je me sens si forte, qu'il me semble que je m'opposerais à tous les luthériens pour la moindre cérémonie de l'Église. Cette grande sainte, en mourant, assurait qu'elle était consolée de mourir fille de l'Église ; la sainte sœur Marie de l'Incarnation ajoutait, et fille de la très sainte Vierge. Que les âmes ne s'étonnent pas si ces inclinations et pensées ne leur sont pas sensibles : comme il a été dit, qu'elles demeurent dans la foi cachée dans leur fond, et qu'elles ne s'inquiètent plus de rien.


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Message  Monique le Ven 09 Oct 2020, 8:30 am

CHAPITRE II

Des tentations de réprobation, de découragement et de désespoir


********


Sainte Thérèse écrit dans le chapitre 1er de la 6e demeure du Château intérieur que le démon fait entendre à l'âme qu'elle est réprouvée de Dieu. Elle pouvait en parler par son expérience, ayant reçu ces plaies du ciel, pour parler avec l'évêque qui a écrit sa Vie, comme si Dieu lui eût tourné le dos. Une de ses religieuses, dans le couvent d'Alves, fut tourmentée durant sept ans par les démons, qui lui mettaient dans l'esprit qu'elle était damnée sans ressource. Il me semble, dit sainte Catherine de Gênes, que je suis abandonnée de l'aide divin ; au moins je n'en ai aucun sentiment qui puisse être connu. Dans nos jours, le grand saint François de Sales a été tenté par ces épreuves ; il n'est pas possible d'écrire le grand nombre de bonnes âmes qui ont été rudement affligées de cette tentation.


Mais enfin, il n'y a point à douter. Dieu veut d'une volonté sincère notre salut. Il y a plus, il le veut davantage que nous ne le voulons nous-mêmes ; et il a plus fait pour nous sauver que nous ne ferons jamais, et même que nous ne pouvons faire : en vérité, c'est ce qui est infiniment consolant. Il est vrai, nous nous aimons, mais avons des attaches incroyables pour ce qui nous touche, pour nos propres intérêts ; mais il est encore plus véritable que Dieu a plus d'amour pour nous, pour notre bien, que nous n'en pouvons avoir. Que celui qui en doute, jette les yeux sur son anéantissement dans l'Incarnation ; qu'il regarde la crèche ; qu'il aille en esprit sur le Calvaire ; qu'il fasse bien attention à l'état de mort où il est depuis plus de dix-huit cents ans en la divine Eucharistie, en autant de lieux qu'il y a d'autels au monde où se célèbre le très saint sacrifice de la messe ; qu'ensuite il réfléchisse amoureusement sur cet article de la foi, qu'il est descendu des cieux pour nous autres hommes, et pour notre salut ; et puis qu'il il voie s'il y a la moindre apparence, la moindre ombre de pouvoir douter de sa bonne volonté pour le salut de nos âmes ; encore davantage, que son amour, pour rompre entièrement et ôter toutes les difficultés qui pourraient se présenter sur ce sujet, a voulu nous obliger, sous peine d'encourir sa disgrâce, de recevoir son précieux corps à la mort, son âme, sa divinité, comme s'il nous voulait dire :


Ô pauvre âme, de quoi t'affliges-tu ? Peux-tu avoir peur que je ne te donne pas mon paradis puisque je me donne à toi-même ? Et afin que tu sois plus assurée, non seulement je te permets de me recevoir, mais je te le commande, avec un amour si pressant, que tu ne pourras t'en priver, s'il est en ton pouvoir, sans perdre ma grâce et mon amitié. Les pensées de réprobation ne viennent pas de ce Dieu d'une miséricorde infinie, mais de l'ennemie de notre salut, par l'envie et la rage qu'il a conçue contre notre bien.


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Message  Monique le Dim 11 Oct 2020, 10:17 am

C'est pourtant une vérité certaine, que Dieu tout bon permet cet exercice pour le plus grand bien de nos âmes ; et on y doit se comporter à peu près comme dans les tentations de la foi. Le raisonnement n'y est pas bon ; je dis ordinairement, pour les personnes fortement tentées au sujet de la prédestination. C'est un labyrinthe à l'esprit humain dont il ne se tirera pas. Le secret est de faire, autant que l'on peut abstraction des pensées qui arrivent à ce sujet, n'y réfléchissant pas, au moins volontairement, s'abandonnant sans réserve à la Divine Providence, sans en examiner les desseins et les conseils, qui sont infiniment au-dessus de la portée de nos faibles esprit, allant toujours son chemin dans les voies de Dieu, et s'acquittant de ses devoirs ordinaires. Celui à qui un démon travesti en ange de lumière avait dit qu'il était réprouvé, fit un acte héroïque de pur amour, lorsqu'il prit là sujet d'en servir Dieu avec plus de soin et de fidélité. Hélas ! dit-il, si par mes fautes je mérite d'être damné et que je ne puisse aimer Dieu éternellement, au moins il faut que je l'aime en cette vie de la bonne manière. Ô mon âme, puisque nous n'avons qu'un certain nombre d'années bien courtes à aimer la divine bonté, aimons donc, aimons, il n'y a pas un moment à perdre. Récompensons, par la faveur du divin amour en ce monde, ce que nous ne pourrons pas faire en l'autre. Le démon fut grandement confus ; et voilà la manière excellente de le combattre, se servir de ses tentations pour en mieux faire.


Toujours, quoiqu'il arrive, on ne doit jamais se décourager, jamais s'abattre. Cette règle est si générale, qu'elle ne souffre aucune exception. Quelques prétextes donc dont vous puissiez servir, ne peuvent jamais donner de véritable lieu au découragement. Quand vous auriez commis tous les péchés de tous les hommes ensemble, ne vous découragez jamais : souvenez-vous que la rémission des péchés est un des articles de notre foi. Pensez bien à cette vérité, qu'il faut croire la rémission des péchés, sous peine de damnation éternelle. Mais, me direz-vous, je suis le plus grand pécheur du monde ; j'ai fait des abus et des profanations de sa grâce, qui vont au delà de tout ce que l'on peut penser. Ma vie s'est passée dans de continuelles récidives, après les lumières et faveurs extraordinaires du ciel. Non, tout cela n'épuisera pas la bonté infinie d'un Dieu. Dans la vérité, si nous avions affaire à une bonté limitée, comme celle des créatures, nous aurions tout sujet de craindre, mais une bonté infinie est le sujet de nos espérances : c'est lui faire une injure signalée que d'en désespérer, et c'est un des péchés contre le Saint-Esprit. Quand il ne vous resterait plus qu'un instant de vie, ne perdez pas courage ; il est encore temps d'éprouver les grandes miséricordes dans l'adorable Jésus.


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Message  Monique le Lun 12 Oct 2020, 8:31 am

Tous me direz encore que, depuis même que vous êtes dans le service de Dieu, vous ne faites que tomber : et moi je vous dis que vous ayez, avec le secours du ciel, à vous relever courageusement. Si vous tombez cent fois, mille fois par jour, relevez-vous autant de fois. Considérez une personne qui voyage, et qui fait bien des chutes : n'est-il pas vrai qu'en tombant et se relevant, enfin elle arrive où elle va, quoiqu'elle y emploie plus de temps que celui qui irait sans broncher, et qu'elle souffre plus de peine. Mais si cette personne, sous prétexte qu'elle a fait grand nombre de chutes, demeurait abattue dans la boue, sans doute qu'elle n'achèverait jamais son voyage, et que ce serait le plus grand mal qu'elle pourrait faire. Appliquez-vous ceci dans les voies du salut. Allez, servez-vous de vos chutes pour mieux avancer ; et jamais, sur toutes choses, de découragement. Mais je vous avertis de ne pas remettre à vous relever de vos fautes au temps d'une confession que vous préméditez. Quel plaisir y a-t-il de demeurer dans la boue et la fange, quand ce ne serait qu'un quart d'heure ?

Faites en sorte que l'on puisse dire de vous : Aussitôt tombé, aussitôt relevé. Si vous me répliquez que vous tombez même dans quelques fautes notables : à la vérité voilà bien de quoi vous humilier, et de grands sujets de contrition ; mais après tout, reprenez une nouvelle vigueur dans le sang de Jésus-Christ, et sous la protection de la Mère de toute miséricorde : je ne me lasserai pas de vous répéter, ne vous découragez jamais. Ainsi, ce n'est pas une raison que celle que plusieurs âmes tentées apportent ordinairement, quand on leur propose l'exemple des saints qui ont porté des tentations semblables à celles qu'elles souffrent, que leurs peines ont bien une autre cause, qui ne vient que de leurs péchés ; car, après avoir considéré que souvent les saints apportaient de pareilles raisons durant le temps de leurs épreuves, je veux que ces souffrances soient des châtiments des crimes, cela ne doit pas faire perdre le courage ; bien au contraire, il n'y a rien qui soit plus capable de le relever. Dieu ne punit pas deux fois une même faute. Oh ! qu'il est doux, disait saint Bernard, que Dieu se mette en colère contre nous en cette vie, et de descendre en enfer tout vivant ! Ceux qui y descendront en cette vie, n'y descendront pas en l'autre.


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Message  Monique le Mar 13 Oct 2020, 7:21 am

Par la tentation, dit l'illustre prélat du Bellay, nous sommes châtiés saintement. Combien donc serions-nous injustes si, lorsque les tentations nous oppressent, nous pensions être abandonnés de Dieu, puisque c'est alors que sa charité nous presse davantage ? Tant s'en faut, dit saint Jérôme, que ce soit une marque d'être délaissé de Dieu, qu'au contraire c'est un signe particulier de son soin. La tentation marque élection. Ceux qui démon sont pas éprouvés, sont réprouvés. Le démon ne se soucie pas de tenter ceux qui sont à lui : il n'en veut fortement qu'à ceux qui sont à Dieu ; semblable en cela aux mâtins qui n'aboient qu'aux étrangers, et nullement aux domestiques de la maison.

Ô quelle consolation, de se reconnaitre par là étranger de ce Cerbère d'enfer, et d'être domestique de Dieu ! Dieu, selon la multitude de sa colère, laisse le pécheur à son aise ; et selon la multitude de ses miséricordes, il le châtie en ce monde pour ne le pas perdre en l'autre.

Quand sainte Thérèse eut révélation qu'il n'y avait personne au monde qui surpassât en sainteté le P. Balthazar Alvarez, il était pour lors tourmenté des doutes de son salut. Une ville attaquée et battue par l'ennemi, c'est une marque qu'elle n'est pas à lui ; et d'autant plus qu'elle est forte, il y a plus de gens de guerre et de canons à la battre : si elle était prise, il n'y aurait plus ni d'assauts, ni d'attaques. Courage, ô âme qui êtes tentée, le grand bruit que l'ennemi fait au dehors, est un signe qu'il n'est pas au dedans.


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Message  Monique le Mer 14 Oct 2020, 10:38 am

CHAPITRE III

Des sécheresses, ténèbres, distractions

et répugnances aux bons exercices


********


Dieu, dit sainte Thérèse, met quelquefois l'âme dans une telle aridité, qu'il semble qu'il n'y ait jamais eu aucun vestige de vertu. Elle-même avait porté cet état dix-huit ans ou environ, cheminant par les déserts de la vie intérieure, sans qu'il lui fût permis de cueillir la moindre fleur, de celles mêmes qui y croissent pour les saints. Un Père de la compagnie de Jésus, qui est mort de froid dans les neiges du Canada, n'a jamais eu que des sécheresses et de grandes peines intérieures au milieu de tous les travaux où l'engageaient ses fonctions apostoliques. J'ai connu un excellent religieux chartreux, qui a assuré à sa mort, que depuis son entrée dans la sainte religion, et il y avait quarante ans, il n'y avait eu que des aridités dans tous ses exercices.


Il y a des âmes qui ne marchent pas seulement dans les déserts, mais parmi les ténèbres. Dieu laisse quelquefois ignorer à l'âme ses propres défauts, parce qu'elle ne les pourrait pas supporter ; puis après, il lui en donne la connaissance, et la purifie. Nous en avons en grand exemple en sainte Catherine de Gênes, qui ne voyait pas de certains défauts qu'elle avait, quoique très avancée dans le chemin de la perfection ; de plus, durant bien des années, elle devenait de jour en jour plus ignorante des secrètes opérations de Dieu, afin que sa grâce demeurât en sa pureté.


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Message  Monique le Ven 16 Oct 2020, 8:47 am

Les personnes les plus saintes ne sont pas exemptes des distractions. Sainte Thérèse assure, au chap. 30 de sa Vie, que quelquefois elle ne pouvait pas tenir son imagination l'espace d'un Credo, sans être distraite. Que diraient, s'écrie-t-elle, ceux qui m'estiment bonne, s'ils voyaient un tel dérèglement de pensées ! Saint Jérôme, au dialogue contre les lucifériens, rapporte que fort souvent, remarquez bien ce que dit ce Père, fort souvent, en son oraison, ou il se promenait par les porches et galeries, ou il s'occupait des comptes de profit et d'intérêts, ou emporté par une pensée déshonnête, il souffrait des choses qui sont honteuses à dire. Saint Grégoire (Moral., I. 10) enseigne que dans l'oraison, le ciel quelquefois et l'enfer sont resserrés ensemble, l'esprit étant élevé à la contemplation des choses célestes, et à même temps étant repoussé par les images d'une chose illicite. Saint Bernard (Traité de la maison intérieure, chap. 49), dit ces paroles : Lorsque je veux retourner à mon cœur, la saleté des désirs charnels et le tumulte des vices dissipent ma pensée. Au reste, plus le tumulte des pensées qui me pressent est grand, plus je dois insister et persévérer avec ardeur dans l'oraison.


Il y a des états où l'on devient comme insensible. Sainte Thérèse le rapporte d'elle-même, assurant que durant quelque temps elle était insensible au bien et au mal, comme une bête. Pour lors on peut bien dire avec le Prophète : Ô Seigneur, je suis devenue comme une bête de charge devant vous. (Psal. LXXII, 23) On est privé de tous ses sentiments dans l'exercice des vertus que l'on pratique souvent sans les connaître. La vertueuse mère de Chantal disait que cet état était un martyre ; et elle ajoutait que quelquefois tous ses sentiments et toutes ses puissances avaient dressé comme une garnison rebelle dans son cœur, parce qu'il arrive des répugnances et des aversions effroyables pour toutes sortes de bien, et pour tout ce qui est saint et de plus divin.


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Message  Monique le Sam 17 Oct 2020, 8:58 am

Le grand secret de toutes ces voies est de bien apprendre, premièrement, que le sentiment ou le défaut de sentiment ne nous rendent ni agréables, ni désagréables à Dieu, mais l'opération libre de la volonté qui coopère à la grâce, ou qui résiste au mal par son secours, ou bien qui s'y abandonne, se laissant aller au péché par sa liberté, et par défaut de coopération à la grâce qui lui est donnée pour l'éviter. Secondement, que les sécheresses et aridités sont des moyens plus efficaces pour l'union divine, que les goûts et les consolations, y ayant moins ordinairement de notre amour-propre, et plus d'amour de Dieu. Il faut ici remarquer un abus très commun très commun parmi les personnes de dévotion, qui la mettent où elle n'est point, et qui ne la mettent point où elle est.

Nous en avons fait un chapitre dans notre livre Du règne de Dieu en l'oraison mentale. Nous dirons seulement ici que cet abus est de la dernière conséquence. Car comment pratiquer solidement la dévotion, si on la met où elle n'est pas ? Combien de ces personnes vous disent : Je n'ai point de dévotion, parce qu'elles n'ont pas le goût de la dévotion, et qu'elles sont dans les sécheresses, les aridités, les ténèbres ou les répugnances pour le bien ! Combien y pensent être fort élevées, à raison qu'elles jouissent de la douceur sensible ! Cependant souvent ceux qui pensent n'en avoir pas, en ont beaucoup, s'ils sont fidèles à leurs exercices, malgré leurs insensibilités et leurs aversions. Oh ! Qu'il fait bon daller dans cette voie, où la nature ne trouve pas son compte, où l'amour de Dieu fait agir pour Dieu ! Car pourquoi pratiquerait-on le bien puisqu'on n'y trouve aucune satisfaction, et que l'on y souffre bien du mal ? Le grand serviteur de Dieu, le P. Jogues, de la Compagnie de Jésus, qui a souffert une cruelle mort dans le Canada pour la cause de Jésus-Christ, se voyant à demi rôti et mangé à belles dents par les barbares, et regardant des supplices nouveaux qu'on lui préparait, entra dans une épreuve terrible ; car souffrant des tourments inouïs extérieurement, il se trouva délaissé intérieurement sans aucune consolation, sans le moindre sentiment de piété, jusque-là qu'il lui semblait qu'il eût été plus heureux d'être une bête, comme une certaine dont il voyait la peau écorchée, que non pas un homme.

À votre avis, ce grand homme n'avait-il point de dévotion en cet état ? Sans doute qu'il la possédait dans un degré héroïque ; en cela semblable à son divin Maître, qui, au milieu des douleurs de la croix, se trouva abandonné de son Père, et ce fut pour lors qu'il dit que tout était consommé. Notre Seigneur commandait à une personne dune sainteté admirable, de réciter ordinairement le rosaire de la sainte Vierge ; et cependant d'ordinaire elle y sentait de grandes répugnances ; ayant le cœur plein de sécheresses, l'esprit de distractions, le démon lui mettant quantités de méchantes imaginations, en sorte qu'elle n'en pouvait prononcer les paroles qu'avec une très grande peine ; mais sa fidélité était à persévérer constamment à le dire, à mesure qu'il y avait plus de répugnance et de difficulté. Comme un jour elle voulait s'efforcer à avoir une attention plus sensible, la très sainte Mère de Dieu l'avertit doucement qu'il ne fallait pas. Cette personne, dans le commencement de sa vie, regorgeait de consolation ; mais dans le progrès et à la fin elle en fut privée, et devint comme insensible. Les consolations sont les confitures que l'on donne aux petits enfants pour leur faire manger leur pain ; on le mange tout sec, quand on est plus fort et plus avancé en âge.


A suivre...
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Message  Monique le Dim 18 Oct 2020, 7:54 am

Pour les distractions, il faut prendre garde à ne s'y pas arrêter volontairement, et à en éviter les causes, qui sont les attaches à quoi que ce soit ; car l'attache à un objet en donne le souvenir, l'idée en revient souvent à l'esprit, ou le trop d'actions, de visites, de conversations qui ne sont pas nécessaires, qui remplissent tellement l'imagination d'espèces des choses créées, qu'à peine peut-on penser aux divines. Après cela, il se faut tenir en repos, ayant regret des causes que l'on a données aux distractions par le passé, et en portant l'effet comme une juste punition de la divine justice. Enfin on doit savoir, selon sainte Thérèse, que l'imagination est une volage, une coureuse, que l'on ne peut pas retenir comme l'on voudrait. Faire de grands efforts pour l'arrêter, c'est se gâter la tête et ruiner la santé ; à quoi il faut bien prendre garde, plusieurs s'étant rendus inhabiles par là, le reste de leur vie, à toutes sortes d'emplois. La même sainte assure qu'après y avoir soigneusement pensé, elle n'a pas trouvé de meilleur remède pour les distractions que de les mépriser, et qu'il faut traiter l'imagination comme une folle, la laisser là, et ne pas s'y amuser.

De vrai, le soin que plusieurs prennent d'empêcher l'imagination de courir ne sert qu'à la rendre plus volage ; et au lieu d'en ôter les distractions, c'est s'en faire de nouvelles. Pourvu que le cœur ne soit pas distrait, demeurez en repos : Dieu voit bien au fond de votre âme que vous êtes à l'oraison pour l'amour de lui ; toutes ces distractions involontaires n'empêchent pas cette intention, quand elles dureraient tout le temps de votre oraison : au contraire, la souffrance qu'elles vous donnent, bien portée, vous unit plus à sa divine bonté que beaucoup de goûts et de sentiments. Faites réflexion sur ce que nous vous avons rapporté des saints Pères, qui ont donné connaissance à toute la postérité, non-seulement des distractions causées par des pensées indifférentes, mais par des pensées sales, ou d'autres très méchantes. C'est ce qui doit parfaitement consoler les âmes qui sont affligées par ces épreuves, les plus grands saints et les Pères de l'Église l'ayant été, et même l'ayant laissé par écrit : ce qui marque, cela soit dit en passant, qu'il est inutile d'écrire de ces états pénibles, comme il a déjà été remarqué ; que Dieu en tire sa gloire, et les pauvres âmes affligées leur appui et leur consolation.

Hélas ! Nous étonnerions-nous si le feu agit sur le bois sec, puisqu'il agit de telle sorte sur le vert ? Combien les saints Pères des déserts ont-ils souffert d'aridités, de ténèbres, de distractions et de peines intérieures ! Disons encore que souvent dans la solennité des plus grandes fêtes, c'est pour lors qu'on est plus aride et plus sec, pour nous faire mourir mieux à l'amour de nous-mêmes, et à notre propre satisfaction.


A suivre...
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Message  Monique le Lun 19 Oct 2020, 8:42 am

CHAPITRE IV

Des tentations contre la pureté


********


Les tentations contre la pureté viennent d'une nature faible, dont le feu de la convoitise s'allume par le trop bon traitement du corps, par l'oisiveté, par l'immortification des sens, et particulièrement de la vue, par la mollesse et le luxe des habits, par le trop de conversation et de liberté avec les personnes de différent sexe ; surtout par des amitiés, qui, quoiqu'elles ne soient point déshonnêtes, sont trop dans les sens, et ont trop de considération pour les qualités naturelles, soit du corps, soit de l'esprit : ou bien elles viennent de la trop grande crainte que l'on en a, ce qui sert à en imprimer plus fortement les idées dans l'imagination, ou bien du diable qui les donne, soit pour porter au péché, soit pour troubler l'âme, ou pour lui faire quitter l'oraison et les autres exercices de vertu.


Mais Bien tout bon, qui les permet, en tire sa gloire et le bien des âmes. Il fait comme les jardiniers qui font venir de la marjolaine et d'autres fleurs odoriférantes, sur le fumier. Les rébellions de l'appétit sensuel, dit le grand saint François de Sales, au livre IX De l'amour de Dieu, tant en l'ire qu'en la convoitise, sont laissées en nous pour notre exercice, afin que nous pratiquions la vaillance spirituelle en leur résistant. Plus l'or est éprouvé dans la fournaise, disait Notre-Seigneur à une sainte âme, plus il est pur ; tout de même, plus la chasteté est éprouvée dans la fournaise du feu de la concupiscence, à laquelle on n'adhère pas, plus elle est pure et belle. Ces tentations sont un réveille-matin qui excite toutes les vertus, savoir : l'humilité, la patience, la soumission à la volonté divine, l'amour de Dieu, la foi, l'espérance et tout le reste des autres vertus. N'est-ce pas ce qui faisait dire à l'Apôtre qu'il était fort dans sa faiblesse ? (II Cor. XII, 10) C'est pourquoi une personne d'une grande sainteté priant la très sainte Vierge qu'elle délivrât une âme qui était affligée des tentations contre la pureté : Non, dit cette Mère de Dieu, je n'en ferai rien, je ne le ferai pas ; ce sera un des plus beaux fleurons de sa couronne : il n'y a point de victoire sans combat ; si on lui ôtait les tentations, on lui ôterait les occasions de combattre, de remporter plusieurs victoires, et de gagner autant de prix.


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Message  Monique le Mar 20 Oct 2020, 8:55 am

C'est ce qui doit beaucoup consoler les personnes qui sont affligées de ces tentations, qui, quoiqu'elles portent au péché, ne sont jamais pourtant un véritable péché, quelques effets qu'il en arrive, quand le consentement n'y est pas. La boue qui est jetée sur les rayons du soleil ne les salit pas ; de même, l'impureté des pensées ne donne aucune souillure à l'âme, si elle n'y adhère point. Ce serait une erreur, dit saint François de Sales, de s'imaginer que notre sens ou l'appétit sensitif soit péché, et une erreur condamnée par l'Église en l'opinion de certains solitaires anciens, qui pensaient que l'on pouvait tout à fait éteindre les passions, et non seulement les mortifier. Nous ne pouvons donc jamais être coupables, quoique la tentation bouleverse la partie inférieure, et révolte toutes les passions et tous les sens intérieurs et extérieurs, si nous ne cédons à cet orage volontairement.


Mais ce qui doit être un motif très puissant d'une consolation singulière à ces pauvres âmes tentées, est que ces sortes d'épreuves n'empêchent pas les plus saints progrès dans les voies spirituelles, mais contribuent beaucoup à s'y avancer. Le vénérable César de Buz, fondateur des Pères de la doctrine chrétienne, s'est élevé à une haute sainteté par ses épreuves, qui l'ont rudement tourmenté durant une grande partie de sa précieuse vie, et qui lui étaient d'autant plus sensibles qu'il était privé de la vue corporelle, étant devenu aveugle, et par conséquent qui s'imprimaient plus vivement et plus fortement dans son imagination. La sainte fondatrice des religieuses de la congrégation de Notre-Dame, la mère Alexis Leclerc, nommée en religion Thérèse de Jésus, a porté sur ce sujet des peines qui font compassion, tant elles sont grandes. Saint Pierre Célestin en a été travaillé jusqu'à consulter le souverain pontife s'il ne cesserait pas de célébrer la messe à cause des effets que produisaient ces tentations ; ce que le chef de l'Église lui défendit, lui ordonnant de continuer toujours à son ordinaire d'offrir le sacrifice redoutable de notre religion. Saint Jérôme en a été persécuté en sa vieillesse, et en la manière qu'il a laissé lui-même par écrit.


Mais enfin, Satan a bien osé souffleter un corps aussi chaste et aussi vierge que celui de saint Paul, et dont la pureté est allée jusqu'au troisième ciel. C'est une preuve manifeste que, pour vivre de la vie divine, il n'est pas nécessaire de ne pas sentir les rébellions des sens et de la nature ; puisque cette merveille des apôtres, dont l'Écriture nous assure (Galat. II, 20), qu'il ne vivait plus, et qu'il n'y avait que Jésus qui vivait en lui, était vivement tourmenté de l'aiguillon de la chair (II Cor. 12, 7) (1). La chasteté ne consiste pas dans une grande insensibilité, mais dans la résistance à tout ce qui est contraire à la parfaite pureté ; à raison de quoi, dit un grand prélat, elle est comparée au lis qui croît au milieu des épinés.


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Message  Monique le Mer 21 Oct 2020, 8:43 am

Si l'on demande ce qu'il faut faire dans ces occasions, tous les livres spirituels sont remplis de saints avis et de salutaires remèdes pour remporter la victoire dans ces combats. Nous dirons seulement ici qu'il faut fuir discrètement toutes les occasions de la tentation. Si les saints dans leur vieillesse, et dans les déserts en ont été si exercés, et si quelques-uns y ont succombé, cela marque assez qu'il y a bien à craindre, et qu'il faut extrêmement se défier de soi-même, ne s'appuyant aucunement sur les victoires du passé, et se persuadant que la chasteté est un don de Dieu qui n'est donné qu'aux humbles. Les orgueilleux ordinairement tombent dans le péché d'impureté. On doit veiller à résister au commencement des mauvaises pensées. Figurez-vous un charbon ardent qui tomberait sur votre habit ; hélas ! Tarderiez-vous à le faire tomber ? Ces pensées sont des charbons de feu d'enfer. Saint Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus, avait coutume de dire que le diable était semblable au serpent, qui glisse tout son corps où une fois il a passé la tête ; et le divin Pacôme rapportait que les démons avaient été obligés et forcés de lui avouer qu'ils craignaient beaucoup ceux qui résistaient de prime abord à leurs tentations, et dont ils étaient aussitôt repoussés avec vigueur ; mais qu'ils se jouaient des autres qui y étaient négligents.


Cependant il faut dire avec sainte Thérèse, en la 2ème demeure du Château intérieur, que Notre Seigneur permet souvent que de mauvaises pensées nous affligent, sans les pouvoir chasser nous ; pour lors on ne doit ni s'attrister ni s'inquiéter. Il suffit que la volonté n'y soit pas. Il faut recourir à la prière, à la dévotion de la Vierge des vierges, et spécialement au mystère de son immaculée conception, dont on voit arriver des secours miraculeux. Il est bon de bénir et louer saint Joachim et sainte Anne, en leur disant que la très sainte Vierge leur bienheureuse fille est sortie d'eux sans aucune tache originelle. Une âme d'une vertu admirable se sentait extraordinairement assistée des tentations horribles contre la pureté, qui lui étaient causées par les magiciens et sorciers, en honorant la sainte Vierge et ses glorieux parents en cette manière. La dévotion aux saints anges, les amis des chastes, est aussi grandement efficace. Après cela on doit se tenir en repos, à l'exemple du grand Apôtre. Voici comme en parle saint François de Sales, au chap. 7 du liv. IX de L'amour de Dieu : « L'aiguillon de la chair, messager de Satan, piquait rudement saint Paul, pour le faire précipiter au péché. Le pauvre apôtre souffrait cela comme une injure honteuse et infâme : c'est pourquoi il l'appelait un soufflettement et un bafouement, et priait Dieu qu'il lui plût de l'en délivrer. Mais Dieu répondit : Ô Paul, ma grâce te suffit, et la force se perfectionne dans l'infirmité. (II Cor. XII, 9). À quoi ce grand saint acquiesça : Donc, dit-il, volontiers je me glorifierai dans mes infirmités, afin que la vertu de Jésus-Christ habite en moi. » (Ibid., 10) Remarquez que non seulement nous ne devons pas nous inquiéter en nos tentations, mais nous glorifier d'être infirmes, afin que la vertu divine paraisse, nous soutenant en notre faiblesse.




(1) Il n'est pas sûr que l'aiguillon dont parle saint Paul fût celui de l'impureté. Saint Chrysostome soutient fort le contraire. Les saints docteurs sont partagés sur ce point.


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Message  Monique le Jeu 22 Oct 2020, 10:00 am

CHAPITRE V

Des doutes et scrupules


********


Toutes les peines, même les plus méchantes, ne nous peuvent rendre coupables, tandis qu'elles nous déplaisent, non plus que notre entendement ne s'infecte pas par la connaissance qu'il a des plus grands maux du monde. Voyez-vous, dit l'illustre évoque de Bellay, en sa Lutte spirituelle, une glace de miroir ? Elle représente naïvement la chose qui lui est opposée, mais cette chose n'est pas dans la glace ; il en est ainsi de notre cœur. C'est une glace où le diable peut par ses artifices représenter tout ce qu'il y a de plus hideux, de plus infâme, de plus abominable dans l'enfer ; mais il n'y a que la seule volonté qui puisse ouvrir la porte, et y faire entrer ces exécrations. Que le diable fasse donc tant de grimaces qu'il voudra, qu'il forme devant votre cœur les images les plus sales, qu'il profère aux oreilles de votre intérieur tous les blasphèmes et impiétés les plus détestables qui se puissent imaginer, toutes ces choses ne vous peuvent rendre coupables. Quand même  ces tentations dureraient toute notre vie, dit notre bienheureux P. saint François de Sales, elles ne sauraient nous souiller d'aucun péché.


Vous direz que vous ne redoutez que votre sentiment et moi je tiens avec toute la théologie, bien plus assurée que vos appréhensions, qu'il est autant possible de joindre le douter et le consentir, que le certain avec l'incertain ; parce que le consentement présuppose un acquiescement de l'âme si plein, et une détermination si absolue, qu'elle ne laisse après soi aucun doute. La marque la plus expresse de ne pas consentir est quand on doute de consentir. Je ne voudrais mettre le péché capital que dans une détermination de la volonté qui ne laissât après soi aucun doute de la malice. Oui ; mais, répliquerez-vous, tant de tentations et de croix qu'il vous plaira, pourvu que je n'offense point Dieu. Mais est-il possible que vous ne voyiez pas que c'est la peine que vous fuyez. Et c'est là que l'amour-propre joue son rôle et vous donne subtilement le change. Humiliez-vous devant Dieu, et reconnaissez qu'il sait mieux ce qu'il vous faut que vous-même. Jusqu'ici ce sont les paroles de ce grand évêque.


A suivre...
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Message  Monique le Ven 23 Oct 2020, 8:19 am

Les scrupuleux sont très sujets à ces doutes, dont les scrupules, selon Grenade, viennent, ou de ce qu'ils ne peuvent pas faire la différence entre la pensée et le consentement de la volonté ; et à cela l'unique remède est l'obéissance, s'en rapportant au jugement du directeur ; ou de ce que les hommes ne comprennent pas assez la bonté de Dieu, et le désir extrême qu'il a de les sauver. Ils le traitent comme un juge rigoureux et bizarre, et ils sont infiniment injurieux à la bonté de Dieu, étant entièrement éloignés des sentiments qu'ils en doivent avoir. Ce sont les propres paroles de cet auteur. Pour lors il faut, selon le commandement du Saint-Esprit, prendre des sentiments de bonté du Dieu de toute miséricorde, et le chercher en simplicité de cœur. (Sap. I, 1) Il est vrai que les scrupuleux ont des pensées de la conduite de Dieu, qu'ils ne pourraient pas prendre d'un honnête homme sans l'offenser. Il leur semble que Dieu ne veille que sur leur perte. Oh ! Que ces miséricordes sont bien plus grandes que nous ne pouvons jamais penser !


Les scrupules viennent quelquefois d'une humeur mélancolique ; et en cet état on a besoin de récréations honnêtes et du secours de la médecine, ou de la qualité de l'esprit ; et en ce cas il est assez difficile d'y remédier ; cependant l'assujettissement du jugement y fera beaucoup. Les scrupules viennent aussi de la lecture des livres de théologie, et spécialement des matières de la prédestination, de la grâce, ou d'autres sujets qui ne sont ni propres ni nécessaires à ceux qui s'en occupent, soit par la lecture, soit par l'entretien, comme aux femmes ou aux hommes qui ne sont pas obligés par leur état d'étudier ces matières. Pour lors il n'y a point d'autre voie que de renoncer absolument à ces lectures, se défaire des livres que l'on en a, quitter les entretiens où l'on en parle, ne s'arrêter jamais volontairement aux raisonnements, ni aux pensées qui en arrivent, les éloignant doucement de son esprit, ou n'y pensant pas avec une entière vue, n'y donnant plus d'occasion ; autrement ces curiosités sont suivies d'étranges peines et malheurs ; et l'expérience fait voir que ces esprits, curieux ordinairement, ont toujours quelque peine, et ne sont jamais dans un parfait repos.


Les scrupules viennent encore par une conduite particulière de Dieu, pour purifier et humilier l'esprit. Dans cet état, le remède est la patience et la soumission aux ordres de Dieu. Ils viennent aussi du démon, qui les donne pour abattre, pour décourager, pour rendre la dévotion insupportable ; et il faut lui résister. Ils peuvent encore venir, ou être augmentés par les directeurs timides, peu résolus et expérimentés ; quand cela est, il faut nécessairement changer de confesseur, il n'y a point à cette rencontre à hésiter.


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Message  Monique le Sam 24 Oct 2020, 9:50 am

On ne peut assez dire ici combien est grande la nécessité d'un directeur expérimenté dans ces voies : ceux qui n'ont que de la science, y peuvent nuire en plusieurs rencontres ; car il est nécessaire, outre ta connaissance générale que la science donne de la différence, de la pensée et du consentement de la volonté, de bien pénétrer ce qui se passe dans l'intérieur de la personne qui demande avis, non-seulement selon ce qu'on en peut apprendre d'elle-même, qui ordinairement pense faire les choses tout d'une autre manière qu'elle ne les fait ; mais encore par une longue expérience que l'on a dans ces états, qui en fait juger tout d'une autre façon que l'on ne pourrait jamais faire sans cette expérience. Il faut avoir assez de lumières pour prévenir ces âmes affligées, pour entendre ce qu'elles ne peuvent expliquer, pour leur dire ce qu'elles ne disent pas, pour discerner leurs opérations intérieures où elles ne voient goutte, pour avoir des clartés au milieu de toutes les ténèbres, pour les assurer où ne font que craindre pour les tenir fermes où elles ne font que douter et trembler.

Enfin, il faut un directeur plein d'une charité extraordinaire pour supporter doucement les scrupules de ces personnes, qui quelquefois sont ridicules, sans raison, sans fondement, ou bien qui sont honteux par les pensées extravagantes qu'ils suggèrent, ou rebutants par leur opiniâtreté, qui est le défaut ordinaire. Tout cela demande une charité extraordinaire. Il y a des âmes, dit sainte Thérèse, qui sont assez affligées, sans les affliger davantage ; autrement on leur ferme le cœur, on les met dans un abattement extrême, on les décourage ; et quelquefois ces rebuts et sévérités les tentent de désespoir. Saint Ignace, qui a été rudement éprouvé par les scrupules, fut tenté un jour de se précipiter du haut d'une maison en bas, tant la peine qui le pressait était grande. Combien de fois a-t-il été tenté de quitter les voies de la perfection, le démon lui suggérant de retourner à une vie commune, qu'il lui faisait paraître n'être pas sujette à toutes ces épreuves ! On a vu des plus forts esprits, de grands théologiens, qui donnaient solution de toutes choses, tomber dans les scrupules. J'en ai connu qui étaient doués d'un grand jugement, qui ne manquaient pas de lumières ni de doctrine, qui en étaient travaillés d'une manière que l'on aurait de la peine à croire, leurs scrupules étant des choses de rien et de pures bagatelles. Mais celui qui n'est pas tenté, que sait-il ? Que les esprits les plus assurés sachent que si Dieu les abandonnait le moins du monde à ces tentations, ils seraient souvent plus ridicules que ceux qu'ils ont peine à supporter. Cependant la charité doit être accompagnée d'une certaine fermeté pour les empêcher de donner de nouvelles occasions à leurs scrupules, ne leur souffrant pas, par exemple, de réitérer leurs confessions et choses semblables dont nous allons parler.


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Message  Monique le Dim 25 Oct 2020, 6:40 am

Premièrement, les confessions générales ne leur sont nullement propres, quand ils en ont fait une fois. Ils pensent que leur répétition les tirera de leurs peines, et ils se trompent bien. Saint François Xavier disait que ces confessions, au lieu d'un scrupule qu'elles avaient, en faisaient dix. Aussi il n'y a pas de bénédiction ; la véritable cause qui pousse à en faire n'étant que l'amour-propre et la propre satisfaction, quoique de beaux prétextes de conscience ne manquent pas. C'est donc déplaire à Dieu dans cet état, de réitérer les confessions générales ; et les directeurs les doivent empêcher. Les confessions même annuelles ne leur sont pas utiles. Il faut leur défendre d'aller deux fois à confesse avant que de communier ; car ils sont tentés plusieurs fois d'y retourner, s'imaginant ne s'en être jamais bien acquittés. On leur doit dire qu'ils n'y retournent pas, même quand ils penseraient avoir oublié quelque péché : il leur suffit de le dire à la première confession qu'ils feront. Le directeur doit tenir ferme à les faire communier quand il le juge à propos, les faisant passer par-dessus les difficultés que leur imagination leur suggère.


Secondement, c'est une grande règle pour ces personnes de laisser là tous leurs péchés dont elles doutent ; car, quoique celles qui sont dans une grande liberté d'esprit doivent s'en accuser, cependant celles-ci ne le doivent pas, n'y en ayant pas d'obligation pour elles. Cette règle étant bien gardée, les confessions de ces personnes, qui seraient d'une longueur ennuyeuse, seront bientôt faites, car à peine s'accusent-elles d'un péché dont elles seraient entièrement certaines. Ce n'est pas une bonne raison de dire que l'on s'en accuse pour plus grande sûreté ; car Dieu ne les ayant pas obligées, et d'autre part cela n'étant convenable à leur état, ce n'est qu'amour-propre que tout cela. Il faut prendre garde que ces personnes s'opiniâtrent à dire leurs tentations, quand elles voient qu'on les empêche de s'accuser de ce qui est douteux ; s'imaginant facilement avoir donné un plein consentement au péché : c'est pourquoi les Pères spirituels disent qu'on ne doit ni les croire, ni leur permettre de se confesser de leurs tentations, à moins qu'elles ne soient si certaines d'y avoir consenti avec une parfaite liberté qu'elles en puissent jurer sur les saints Évangiles. Elles doivent éviter les longs examens de conscience où elles excèdent toujours : leur état en demande très peu, et elles n'ont que trop de vues de leurs fautes. Qu'elles se souviennent que la confession n'est pas établie pour gêner les consciences, comme le disent les hérétiques, mais pour les soulager ; que Dieu ne demande de nous autre chose, sinon de nous confesser à la bonne foi de ce qu'il nous souvient, après un examen raisonnable, sans rien celer volontairement ; que Dieu pardonne aussi bien les péchés qu'on oublie que ceux dont on s'accuse ; autrement ceux qui ont défaut de mémoire seraient obligés à l'impossible. Au reste, on doit se tenir en repos sur l'avis d'un sage confesseur ; car, quand bien même il se tromperait, la personne qui obéit est en sureté de conscience.


Ainsi, par exemple, celui qui douterait de la validité d'une confession générale, ou d'autres confessions, si le sage confesseur juge qu'elles ont été bien faites, il doit s'en arrêter à l'avis qu'on lui donne ; et quand le confesseur se serait absolument trompé, et qu'il y aurait eu de véritables défauts dans ces confessions, celui qui obéit n'en répondrait pas devant Dieu, et ne lui serait pas moins agréable.

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Message  Monique le Lun 26 Oct 2020, 9:56 am

En troisième lieu donc, surtout il faut éviter l'attache au propre jugement, renoncer à ses pensées, et ne se pas conduire par ses sentiments. Nous ne devons pas choisir des remèdes à nous-mêmes ; car c'est ce qu'on ne laisse jamais à la disposition des malades. Les médecins mêmes, quand, ils sont indisposés, en consultent d'autres : les habiles avocats demandent avis dans leur propre cause. La soumission d'esprit est absolument nécessaire, et on gagne plus par une simple soumission que par mille instructions que l'on pourrait prendre, et que par toutes les austérités et autres dévotions que l'on pourrait pratiquer. Saint Ignace, comme nous l'avons dit, étant réduit dans d'étranges angoisses par les scrupules, jeûna durant huit jours tout entiers sans rien prendre, pour fléchir la miséricorde divine, et en obtenir la délivrance, mais tout cela inutilement ; une simple soumission à son confesseur le délivra de ses peines. Dieu demande l'assujettissement de l'entendement ; l'on a beau faire, sans cela l'on travaille en vain. Pour les pensées qui viennent de ce que l'on ne s'explique pas bien, que le confesseur ne nous entend point, qu'il ne connait pas notre état, elles doivent être méprisées comme de subtiles inventions de l'amour-propre. Il faut dire sincèrement ce qui se passe dans son intérieur, et en la manière qu'on le peut dire, on n'est pas obligé à davantage. C'est l'affaire du confesseur d'examiner s'il entend bien les choses, et la nôtre est d'obéir avec fidélité.


Enfin il faut aller généreusement contre les scrupules. S'ils veulent qu'on répète l'office, les prières ordonnées par pénitence, qu'on entende de nouveau la messe les jours d'obligation après y avoir assisté, s'imaginant que l'on n'a pas satisfait au précepte, on n'en doit rien faire. S'ils donnent des pensées que l'on commet des sacrilèges dans l'usage des sacrements de certaines choses ; l'on doit passer outre, pratiquant avec courage toutes ces choses, quelque répugnance, difficultés et craintes que l'on en puisse avoir. Si l'on objecte que c'est un crime de faire une action, quoique bonne, avec une conscience erronée, croyant qu'il y a péché ; je réponds qu'il est vrai que la conscience qui dicte qu'il y a péché dans l'action n'a point de fondement de croire le contraire : mais ici il n'en va pas de même, puisque le sage directeur assure qu'il n'y a point de péché où la personne peinée en croit. C'est pourquoi, non-seulement elle ne fait point de mal d'aller contre son jugement, mais encore c'est un grand point de perfection qu'elle pratique. Un prêtre étant fortement tenté de désespoir, parce qu'il pensait commettre autant de sacrilèges qu'il célébrait de fois le très saint sacrifice de la messe, se persuadant de plus qu'il péchait dans toutes ses actions, la divine Providence lui adressa un saint personnage, et d'une grande expérience, qui lui dit : Allez, Monsieur, passez par-dessus tous ces sacrilèges que vous vous imaginez, faites toutes ces actions que vos scrupules vous disent être de grands péchés, et qui, selon la lumière véritable des personnes sages, ne le sont pas. Il obéit simplement, malgré tous ses sentiments ; et par cette obéissance il fut entièrement délivré de ses peines. J'ai connu une personne qui avait fait plusieurs confessions générales pour remédier à quelques-unes qui étaient invalides, mais enfin sans trouver le repos de conscience qu'elle cherchait par la réitération de ses confessions, dont, à la vérité, la première était nécessaire.

Après tout cela, elle voulut tout de nouveau se préparer à une confession générale, avec des attentions extraordinaires : ce qu'elle fit durant un très long temps, l'ayant écrite bien amplement avec un soin merveilleux. Ensuite elle se confessa à loisir dans une chapelle particulière, pour le faire avec plus d'attention ; et l'ayant fait après toutes ces diligences et ces soins, elle se trouva dans le trouble plus que jamais, d'où elle n'a pu sortir que par une soumission de son esprit au jugement des confesseurs, qui lui ont conseillé de ne plus faire de ces confessions générales, quoique selon sa pensée sa dernière eût encore été invalide. Elle est entrée par cette soumission dans une paix admirable ; mais ce n'a pas été sans combat qu'il lui a fallu donner pour ne plus réitérer ses confessions, croyant, selon son jugement, ne les avoir pas bien faites. Dieu lui a donné cette paix pour récompense de son obéissance. Sans cette soumission elle serait encore dans la peine, avec tous ses soins et le travail de son esprit.


A suivre...
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Message  Monique le Mar 27 Oct 2020, 7:03 am

CHAPITRE VI

Des peines causées par le démon


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Il y a des tentations ordinaires et extraordinaires des démons. Leurs tentations ordinaires sont quand ils tentent par le monde, ou les sensualités de la chair. Ces esprits malheureux se servent des biens de fortune, de nature, comme des richesses, honneurs, charges, beauté du corps, du bel esprit, de la belle humeur, pour donner de l'attache aux créatures, et porter au péché ; et les hommes, par une ingratitude qui surpasse toute pensée, au lieu de se servir des dons de Dieu pour l'en bénir et le louer, en abusent misérablement ; de sorte que plus ils sont gratifiés, plus ils en sont ingrats. Par exemple, si une personne est douée d'une beauté extraordinaire, souvent elle en sera plus attachée à elle-même, et servira d'un plus grand obstacle aux autres dans les voies du salut. De plus, les malins esprits tentent par les biens de la grâce, soit en glissant de la corruption dans l'intention de ceux qui les ont, soit en y mêlant de la superbe et de l'orgueil. Orgueil, vice plus commun que l'on ne pense, et d'autant plus dangereux qu'il est caché, qu'il a fait tomber les colonnes de la vie spirituelle, et ruiné dans un moment des trésors immenses des dons du ciel.


Les démons tentent extraordinairement quand ils demandent à Dieu permission d'attaquer l'âme avec des assauts extraordinaires ; permission que Dieu tout bon ne leur accorde point, sans donner en même temps des grâces particulières pour résister. Car, enfin, c'est une vérité de foi, toute pleine de consolation, que Dieu est fidèle, et qu'il ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus ce nos forces ; c'est pourquoi c'est toujours notre faute si nous succombons. Un démon disait un jour à saint Pacôme que si Dieu leur permettait de tenter les personnes d'une vertu commune, comme celles qui sont dans la pratique héroïque, elles ne pourraient résister à leurs efforts ; mais c'est ce que l'infinie miséricorde de Dieu ne leur accorde pas.


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Message  Monique le Mer 28 Oct 2020, 6:39 am

S'ils livrent aux saints des combats qui sont terribles, la force divine dont ils sont revêtus est admirable. Il est vrai que c'est à ces âmes éminentes qu'ils en veulent, que c'est contre elles qu'ils déchargent leur rage d'une manière effroyable. La raison est qu'ils y voient moins de nature et plus de grâces ; ils y voient plus de Dieu et c'est ce qui les désespère. Ils se mettent peu en peine du reste ; de là vient qu'ils craignent peu les directeurs, les prédicateurs , quoique gens de bien, quand ils tiennent encore à la nature par l'estime de l'esprit, des biens, des honneurs de l'éclat, de la réputation, et ils ne leur font pas de grandes persécutions : mais quand un homme, par l'amour du mépris, de la pauvreté, de la douceur, et par un entier détachement, n'est plus rempli que de Dieu, tout l'enfer tremble. Oh ! qu'une personne où il n'y a que Dieu seul est redoutable aux troupes infernales, quand bien même elle serait dans un désert sans s'employer à aucune fonction extérieure ! Voilà le sujet de tous ces combats de l'enfer contre les anciens solitaires, qui, à la vérité, ont été étranges et terribles, et presque continuels. Voilà le sujet des oppositions qu'ils apportent aux âmes d'oraison, parce que c'est l'un des plus assurés et des plus efficaces moyens de se remplir de Dieu seul.


Tout l'enfer s'assemble, dit sainte Thérèse, dans la 5e demeure du Château intérieur, pour empêcher l'oraison. Il sait le tort qu'il lui en arrive. Remarquez que cette grande sainte ne dit pas seulement que des légions de diables, ou mille et mille légions, conspirent pour empêcher ce saint exercice, mais tous les diables ensemble, marque assez évidente de la très grande gloire qui en revient â Dieu, et des biens extrêmes qui en viennent aux âmes. Sainte Catherine dit encore au chap. 8 de sa Vie, qu'elle ne comprend pas ce qui fait craindre ceux qui veulent s'adonner à l'oraison ; mais que c'est le diable qui donne ces peurs. Et dans un autre lieu elle dit, qu'il les donne quelquefois excessives. Que ceux qui ont tant de peur des voies de l'oraison, fissent réflexions sur ces vérités, particulièrement ces gens qui n'en peuvent souffrir ce qu'il y a de plus éminent et parfait, sous prétexte des abus qui s'y peuvent glisser, et qui rejettent même des communautés les personnes qui ont plus d'entrée dans les voies divines, coopérant de la sorte, sans y penser, aux desseins des démons. Chose étrange, dit encore notre sainte : si une personne d'oraison tombe, l'on crie, l'on s'en étonne ; et l'on ne crie et ne s'étonne pas de cent mille qui périssent par faute de s'adonner à ce saint exercice, Le diable tâche d'en détourner par l'exemple de ceux à qui la pratique de l'oraison semble n'avoir pas réussi, et pour cela il s'efforce, ou de faire tomber dans l'illusion quelque personne d'éclat, ou de noircir la réputation de ceux qui en ont le véritable esprit.

Or, c'est en cette rencontre qu'il joue de son reste, donnant les inquiétudes et des peines pour troubler, dégoûter , faire quitter, ou au moins diminuer le temps de cet exercice divin. Quelquefois il en cause des horreurs et des répugnances très sensibles ; il en fait souffrir le corps, il épouvante :et quand il découvre qu'une âme est appelée à une oraison simple, et aux plus saints degrés de l'union divine, c'est pour lors qu'il travaille davantage pour arrêter cette âme dans le sensible, pour l'empêcher de sortir de ces actes ordinaires, pour la faire demeurer dans l'opération connue du discours et de ces puissances, pour susciter quelque directeur ignorant dans ces voies, qui l'en détourne, et qui lui en donne de la crainte ; car il sait bien, le malheureux qu'il est, les trésors précieux des grâces qui sont renfermés dans cet état surnaturel.


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Message  Monique Hier à 9:00 am

Les personnes d'oraison sont donc combattues par les démons d'une manière spéciale, parce que c'est le moyen qui unit plus à Dieu seul, et que c'est la plénitude de ce Dieu seul qui leur est redoutable. Ceux qui en sont plus remplis, sont leurs plus grands ennemis, et ils en sont attaqués par toutes sortes de voies, et surtout par des persécutions qu'ils leur suscitent, en telle sorte que quelquefois, comme le dit sainte Thérèse ; ils semblent trainer tout le monde à demi aveuglé après eux, parce que le tout se passe sous prétexte d'un bon zèle. Mais leurs persécutions sont plus furieuses contre ceux qui, étant pleins de Dieu, travaillent à la réforme des mœurs, et au rétablissement de la discipline, toute l'histoire des saints en est pleine d'exemples.

C'est une chose considérable que ne pouvant venir à bout des ouvriers de Jésus-Christ, par les persécutions qu'ils leur suscitent de la part des hommes, ils tâchent de les intimider par des bruits qu'ils font dans les lieux où ils sont, par des spectres qu'ils font paraître, par de grandes frayeurs qu'ils causent, par les obsessions ou possessions des personnes qu'ils gouvernent. Cette manière de résistance par des obsessions ou possessions, est celle qui est la plus dangereuse, et qui leur réussit ordinairement le mieux ; soit parce que ceux qui travaillent à la réforme des mœurs, entrent dans la crainte des suites qui en peuvent arriver, ne regardant pas assez Dieu seul, et ainsi se relâchent de leurs desseins, ce qui est un très grand mal de céder de la sorte au démon ; soit parce que l'on ne fait l'usage de la grâce que l'on devrait. J'ai une bonne expérience de ces dangereuses tentations des démons dans plusieurs lieux où l'on a voulu s'appliquer à établir les plus purs moyens de l'établissement des intérêts de Dieu seul. À peine le grand serviteur de Dieu, le P. de Mataincourt, avait-il pris possession de sa cure, qu'un grand nombre de ses paroissiens furent possédés, les diables déchargeant leur rage comme ils pouvaient.

Quand le démon ne peut faire autre chose, il afflige le corps. Il a pris saint Ignace pour l'étrangler. Il a voulu étouffer la séraphique Thérèse ; et ils venaient à légion fondre sur elle pour la maltraiter. Que n'en a pas souffert son saint coadjuteur en sa réforme, cet homme de Dieu seul, le vénérable P. Jean de la Croix ? Ils firent tomber un pan de muraille sur l'un des neveux de la sainte, qui en fut accablé ; ils renversèrent une autre muraille sur une sœur converse, qui en fut tuée. Au couvent d'Alve, ils rompirent le pied à une autre religieuse, ils en enlevèrent une autre lorsqu'elle sortait du réfectoire, ces malheureux ne cessant de la battre : mais Notre-Seigneur parut avec des verges de feu, pour les en châtier. Enfin on les a vus s'assembler pour conspirer contre cette sainte réforme du Carmel, n'oubliant rien pour s'y opposer.


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