Sainte Véronique : Qui est-elle ?

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Message  Louis le Ven 28 Juin 2019, 7:29 am

Sainte Véronique

Existence de sainte Véronique. — * Sa condition. — * Son voile. — * Ses voyages à Rome et dans les Gaules. — * Sa mort et sa sépulture : tels sont les intéressants sujets de cette biographie. (Note)

I

Existence de sainte Véronique. — Il y a deux grandes sources de vérité : la Tradition et l'Écriture. Quand elle est ancienne, constante, universelle et surtout romaine, je veux dire reçue par Rome, la mère et la maîtresse infaillible des églises, la Tradition est une source de vérité, Ses enseignements sont aussi certains que ceux de l'Écriture. De là vient que saint Paul n'hésitait pas à écrire aux Thessaloniciens : « Gardez les traditions que vous avez reçues soit de vive voix, soit par notre lettre (1). »

II

La tradition par laquelle nous connaissons l'existence de sainte Véronique réunit dans son ensemble les conditions indiquées plus haut. Elle est d'autant plus sûre qu'elle se rattache à un fait matériel et toujours subsistant : c'est le voile religieusement conservé à Rome depuis l'origine du Christianisme. Commençons par faire justice des négations des critiques modernes, d'autant plus affirmatifs qu'ils sont moins instruits. L'école des Launoy et des Baillet a prétendu que sainte Véronique était un personnage imaginaire.

III

« Le nom de Véronique, disent-ils, est composé de deux mots vera icon, qui signifient vraie image; mais jamais il n'a été le nom d'une femme. » Ils veulent bien convenir que c'est la représentation de la face de Notre-Seigneur, empreinte sur un linge ou mouchoir, que l'on garde à Saint-Pierre de Rome. Quelle est l'origine de ce linge, quand, par qui, comment fut-il apporté à Rome? « Ils n'en savent rien. Ils disent seulement que quelques-uns se sont persuadé, mais sans aucune preuve, que c'est le mouchoir avec lequel une sainte femme de Jérusalem essuya le visage du Sauveur, lorsqu'il allait au Calvaire chargé de sa croix. Cette opinion populaire a pu venir de ce que les peintres ont souvent représenté la Véronique, ou la vraie image, soutenue par les mains d'un ange, et d'autres par les mains d'une femme (1). »

C'est ainsi qu'ils écrivent l'histoire. Mais l'histoire reprend aujourd'hui ses droits.

D'abord, l'étymologie donnée au nom de Véronique, vera icon, est une…
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(1)« Tenete traditiones quas didicistis, sive per sermonem, sive per epistolam nostram. » II Thes. II, 14.
(1) Voir Bergier, Dict. théol., et Godescard, Vie des Saints, 13 janvier.
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Note : A part du premier titre qui est indiqué dans le texte de Mgr Gaume, les autres ne le sont pas; j'essaierai de les placer au meilleur de ma connaissance, et ensuite, de mettre un lien pour faciliter la lecture. Bien à vous.


Dernière édition par Louis le Lun 15 Juil 2019, 6:46 am, édité 6 fois (Raison : Orthographe, liens.)

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Message  Louis le Sam 29 Juin 2019, 6:42 am

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IV

D'abord, l'étymologie donnée au nom de Véronique, vera icon, est une monstruosité, attendu que la tête est latine et la queue grecque. L'antiquité n'a jamais connu cette manière bizarre de former des mots. Ce procédé appartient aux temps modernes, où l'invasion du grec a complètement défiguré nos langues scientifiques.

Ensuite, nos critiques oublient que le changement des lettres V en B et en F se rencontre très souvent dans les langues anciennes et modernes. Ainsi serfus pour servus ; cifis pour civis; Varca pour Barca; Verdinand pour Ferdinand. Pline appelle Phérénice la même personne que Maxime Valère appelle Bérénice (1). Il serait facile de multiplier ces exemples ; mais ils suffisent pour nous autoriser à dire, avec les plus anciens titres, que le nom de la sainte et courageuse femme, dont nous nous occupons, n'est pas Véronique, mais Bérénice (2).

V

Dans la Vie de Notre-Seigneur, le docteur Sepp s'exprime ainsi : « Une grande foule de peuple suivait Jésus, entre autres des femmes qui le plaignaient et le pleuraient. L'une d'elles nommée Bérénice ou Véronique, comme le rapporte une tradition très ancienne, s'avança vers lui d'un air compatissant et lui essuya son visage, etc. » On sait qu'en Orient, au temps de Notre-Seigneur, le nom de Bérénice était connu, peut-être même commun, parmi les femmes. Les Actes des apôtres aussi bien que l'histoire profane ne permettent pas d'en douter.

Ainsi nous avons Bernice ou Bérénice, femme de Ptolémée Lagus, roi d'Égypte; Bérénice, femme de Ptolémée Évergète ; Bérénice, mère et sœur du vainqueur aux jeux Olympiques; Bérénice, fille d'Hérode Ier; Bérénice, qui essuya le visage de Notre-Seigneur; Bérénice, fille d'Hérode Agrippa l'Ancien (1).

On explique sans peine que, par un changement de lettre et pour faciliter la prononciation, de Bérénice on ait fait Véronique; par égard pour l'usage, nous conserverons le nom de Véronique, dans cette biographie.

Sainte Véronique est si bien une personne, qu'elle était…
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(1)  Plin., lib. VII, c. XXXXI.. Valer. Maxim., lib. VIII.

(2)  Elle est ainsi appelée dans les vers suivants :


Inde ingens studium Berenice passibus æquat,
Quæ mentem ac Dominum neglecta morte requirit.

(Martinelli, Roma ex ethnica sacra.)

(1)  Voir Cor. a Lap. in Matth. XXVII 31 ; et Act. App. XXV, 14.


Dernière édition par Louis le Lun 02 Déc 2019, 10:24 am, édité 1 fois (Raison : Insérer 2 liens et une correction de balise.)

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Message  Louis le Dim 30 Juin 2019, 5:54 am

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Sa condition.


VI

Sainte Véronique est si bien une personne, qu'elle était femme de Zachée. « Saint Amateur, juif d'origine (Zachée) dit saint Antonin, archevêque de Florence, eut pour épouse, sainte Véronique (2). »

Le grave témoignage de saint Antonin nous semble authentiquement confirmé par un fait d'une date récente. Par décret du 18 novembre 1852, la sacrée Congrégation des Rites a autorisé, pour le diocèse de Cahors, la fête de saint Amateur, avec une légende où on lit : « D'après une tradition appuyée sur d'innombrables témoignages, et surtout sur l'autorité du pape Martin V, dans sa bulle de l'an 1427, saint Amateur est le même que Zachée cité dans l'Evangile, et, d'après la même tradition, il eut pour épouse Véronique ou Bérénice. Jetés tous les deux en prison par Saul, ne respirant alors que menaces et carnage contre les disciples du Seigneur, ils furent délivrés par un ange et en reçurent l'ordre de se retirer dans les Gaules. »

VII


A l'exemple de son bienheureux mari, Bérénice se mit avec les saintes femmes à la suite de Notre-Seigneur, pourvoyant aux besoins du Fils de Dieu, devenu pauvre pour l'amour de nous (1).

Bérénice était l'amie de cœur de la Sainte Vierge : on croit qu'elles avaient été élevées ensemble au temple de Jérusalem ; on croit, de plus, que pendant les trois jours que l'enfant Jésus passa loin de ses parents, il se retira chez l'amie intime de sa mère.

VIII

En faveur de la personnalité de sainte Véronique nous avons d'autres témoignages. Ainsi, à Saint-Pierre de Rome, on voit sa statue colossale, en marbre blanc, ouvrage de Mochi ; elle représente la sainte dans l'attitude de montrer le voile au peuple ; et dans les grottes vaticanes, on la voit présentant le voile au Sauveur, ayant près d'elle les deux sœurs Marthe et Madeleine ; dans leurs savants ouvrages, l'évêque Sarnelli, Mellonio, Berdini, confirment la tradition, immobilisée par le marbre du Vatican.

D'une manière non moins authentique, elle est affirmée…
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(2)  « Sanctus Amator, hebræus genere, uxorem sanctam Veronicam habuit. » Chron. la pars, tit. 6, art. 25 ; id, Jacob. Doublet, Histor. abbat. Sandion., lib. I, cap. IV.

(1) « Amator Christi devotus servitor et famulus, cum cœteris discipulis Christum sequens, necessaria ipsi, ut bonus hospes præparavit. » Ainsi parle un vieux titre de Rocamadour, vu en 1667 par le Père Amable de Saint-Bonaventure, auteur de la vie de S. Martial. Cf. Odon de Gissey, Liv. de N.-D. de Rocamadour, p. 56.

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Message  Louis le Lun 01 Juil 2019, 6:48 am

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IX
 

D'une manière non moins authentique, elle est affirmée par la collecte suivante, composée par le grand pape Innocent III et insérée dans un ancien missel d'Augsbourg : « O Dieu, qui nous ayant marqués de la lumière de votre face, avez voulu nous laisser votre souvenir, en imprimant, à l'instance de sainte Véronique, votre image sur un suaire, » etc. (1).

X

Aux témoignages de l'histoire, s'ajoutent les récits des pèlerins de Terre Sainte. Anciens et modernes, tous parlent de la maison de sainte Véronique. De son chef ou du chef de son mari, sainte Véronique possédait une maison à Jérusalem. Cette maison était située sur la longue rue appelée depuis la Voie douloureuse, parce que Notre-Seigneur la parcourut tout entière en allant au Calvaire : elle mesure environ douze cents pas. La maison de Bérénice occupait l'angle d'une rue adjacente, à quelques centaines de pas de la Porte Judiciaire. La Porte Judiciaire était ainsi appelée, parce que c'est là que les anciens du peuple s'assemblaient pour rendre la justice. Laissons maintenant la parole aux voyageurs de Terre Sainte.

XI

« Le 14 juillet 1483, dit Bernard de Breydenbach, doyen de Mayence, je parcourus cette longue voie par laquelle Jésus-Christ fut conduit du palais de Pilate au lieu du crucifiement, et passa devant la maison de Véronique, éloignée de cinq cents pas du palais de Pilate. »

Antoine Regnault, bourgeois de Paris, racontant son pèlerinage, exécuté en 1549, ajoute : « Le lundy treizième jour d'aoust, partîmes du Mont Sion, pour aller visiter les saints lieux de la ville de Jérusalem... allâmes après... en la maison de Véronique, près de laquelle est le lieu où les filles de Jérusalem  ploroyent voyant Notre-Seigneur porter sa croix et où la Vierge Marie tomba pasmée voyant en tel estat son filz. »

Le chevalier Zuallardo, dans son voyage en Terre Sainte, parle en ces termes de la maison de sainte Véronique et de ses alentours : « Après avoir passé un petit arceau, semblable à une porte, on trouve la maison vieille et tombante de la bonne et pieuse Véronique. La petite entrée est précédée de trois ou quatre degrés usés qui y conduisent. »

Citons encore deux savants voyageurs…
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(1) « Deus qui nobis signatis lumine vultus tui, memoriale tuum ad instantiam Beatæ Veronicæ sudario impressam imaginem tuam, relinquere voluisti. »

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Message  Louis le Mar 02 Juil 2019, 6:52 am

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XII

Citons encore deux savants voyageurs : Boyer et Lengueraut. «Du lieu, dit le premier, où Simon aida Nostre-Seigneur, il y a deux cent cinquante pas, jusqu'à la maison de Véronique, laquelle est en une rue estroite, devant laquelle passa Nostre-Seigneur. »

« Tenant, ajoute le second, à la porte pour venir au Mont Calvaire, est la maison de sainte Véronique, dont Nostre-Seigneur imprima sa sainte face. Il y a à la dite maison des chevilles de fer. A la saluer, il y a sept ans et sept quarantaines de pardons. »

XIII

Doubdan, chanoine de Saint-Paul, à Saint-Denis en France, a conservé dans ses pages, comme dans ses planches de grande dimension, tous les traits de la même histoire : « La dite maison, écrit-il, a une petite porte ronde à laquelle on monte par cinq degrés qui portent en la rue. Descendus après dans l'autre rue qui, commençant à la porte de Damas, traverse devant le bout de celle de la Véronique, nous vîmes en face la maison du mauvais riche, belle, grande, etc. »

Le savant Adrichome de Cologne est encore plus précis : « La maison de Véronique occupait l'angle d'une rue.., Depuis l'endroit où elle vint au-devant de lui jusqu'à la porte Judiciaire, où il tomba la seconde fois sous la croix, Jésus parcourut trois cent trente-six pas et onze pieds. » Mêmes témoignages dans Surius, dans Cotorio, et beaucoup d'autres.

Enfin, de nos jours Mgr Mislin s'exprime ainsi : « Vers le milieu de la rue qui monte du prétoire à la porte Judiciaire, on montre à gauche l'emplacement de la maison de sainte Véronique (1). »

Aussi est-ce avec grande raison qu'un auteur moderne, auquel nous empruntons plusieurs de ces témoignages, ajoute…
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(1) Les Lieux Saints, t. II, c. XIX, p. 24.

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Message  Louis le Mer 03 Juil 2019, 7:04 am

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XIV

Aussi est-ce avec grande raison qu'un auteur moderne, auquel nous empruntons plusieurs de ces témoignages, ajoute : « On ne peut exiger, je crois, une description plus authentique et mieux suivie à travers les ravages des temps. Les auteurs qu'on vient d'entendre se recommandent par la science et par le caractère. La plupart de leurs voyages, parus à la naissance de l'imprimerie, sont illustrés de plans et de gravures.

« Ils écrivent ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont recueilli sur cette terre où les chrétiens, a dit Gibbon, tout à la fois si instruit et si hostile à la religion, fixèrent, par une tradition non douteuse, la scène de chaque événement mémorable. Que faut-il de plus en faveur de la maison de Véronique et de la réalité de cette sainte femme? Dans le silence des Livres Saints, il ne nous reste donc qu'à écouter la voix universelle qui, de siècle en siècle, a transmis l'acte religieux d'une femme et l'acte de bonté d'un Dieu, laissant à son Église un signe de grâce et de consolation (1). »

Maintenant que nous connaissons sainte Véronique, passons à l'acte de courageuse piété qui l'a rendue immortelle…
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(1) M. Cirot de la Ville.

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Message  Louis le Jeu 04 Juil 2019, 6:29 am

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Son voile.

XV

Maintenant que nous connaissons sainte Véronique, passons à l'acte de courageuse piété qui l'a rendue immortelle. Comme nous l'avons montré dans l'Histoire du bon Larron, c'était le vendredi, 25 mars, la trente-quatrième année de l'ère chrétienne, et la dix-huitième du règne de Tibère, sous le consulat de Rubellius Geminus et de Rufius Geminus, entre onze heures et midi : toute la ville de Jérusalem était en mouvement. Les rues étaient pleines de monde, les fenêtres garnies de spectateurs. Pourquoi cette foule compacte, haletante, tumultueuse ? de quel spectacle voulait-elle se repaître ?

XVI

On conduisait au supplice trois condamnés. Deux étaient des assassins célèbres, des voleurs de grands chemins ; l'autre était le Fils de Dieu, reconnu pour tel par les uns, blasphémé et insulté par les autres. La cohorte romaine en garnison à Jérusalem, forte d'environ mille hommes, tant d'infanterie que de cavalerie, ouvrait, accompagnait et fermait le triste cortège. Suivant l'usage, les condamnés portaient sur leurs épaules la croix à laquelle ils devaient être cloués.

Sortis du palais de Pilate, les condamnés arrivaient à quelques centaines de pas de la porte Judiciaire…

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Message  Louis le Ven 05 Juil 2019, 7:39 am

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XVII

Sortis du palais de Pilate, les condamnés arrivaient à quelques centaines de pas de la porte Judiciaire. Notre-Seigneur se trouvait à bout de forces. Épuisé par les tortures de la nuit, par les allées et les venues du matin, du tribunal de Pilate au tribunal d'Hérode, du tribunal d'Hérode au tribunal de Pilate, et surtout par la perte de son sang, sous les coups sans nombre de la flagellation, il succombe sous le fardeau de sa croix; lourde, épaisse, grossièrement rabotée, elle mesurait environ quinze pieds.

XVIII

Un homme, Simon de Cyrène, qui arrivait de la campagne, est sommé par l'autorité de porter la croix du condamné Jésus, qui marchait devant lui, traîné par une corde. Il la portait depuis environ deux cents pas, lorsqu'une dame de haute taille, couverte d'un voile, écarte la haie des soldats, retire son voile, tombe à genoux devant le Sauveur, et malgré toutes les oppositions, essuie son adorable visage couvert de sang et de sueur. En récompense, Notre-Seigneur imprime sur ce voile ses traits divins et les rend immortels (1). Cette dame était Bérénice, la femme de Zachée, l'amie intime de la Sainte Vierge.

XIX

Ravi d'admiration, voici, dit un pieux auteur, la plus belle action qui ait jamais été faite en faveur de Jésus-Christ souffrant... O sainte Créature, à laquelle nulle ne saurait être comparée! En un temps où tout l'univers se conjure contre la vie de ton Sauveur ; où Dieu son Père l'a abandonné entre les mains des pécheurs; où ses apôtres l'ont quitté, trahi et renié; en un temps où sa Mère, la bonne Sainte Vierge, par sa pâmoison l'a infiniment affligé ; où toute la ville de Jérusalem poursuit sa mort et son crucifiement ; en un temps où c'est un crime et un sacrilège parmi les Juifs de le reconnaître pour homme de bien, tu le révères comme ton Messie, tu l'adores comme ton Dieu.

« En vérité tu mérites une immortalité de gloire dans le temps et dans l'éternité; aussi le Sauveur t'a fait le plus riche présent qu'il ait jamais fait à aucune créature du monde : il t'a donné son portrait imprimé sur ton voile….
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(1) « Sudarium quod a Berenice faciei Domini sanguine et sudore aspersæ admotum ejusdem dominici vultus effigiem in se retinuit, ut habet christiana traditio et libellus manuscriptus de translatione ejus Romam facta. De eadem Berenice quæ et Veronica dicta habetur, deque eadem Christi imagine velo excepta, Methodius episc. antiquus chronograpbus meminit. Bar., an. 34, n. 136.

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Message  Louis le Sam 06 Juil 2019, 7:01 am

Sainte Véronique

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XX

« En vérité tu mérites une immortalité de gloire dans le temps et dans l'éternité; aussi le Sauveur t'a fait le plus riche présent qu'il ait jamais fait à aucune créature du monde : il t'a donné son portrait imprimé sur ton voile. Étends ce voile devant les quatre parties de l'univers; fais voir à tous les hommes la face pitoyable d'un Dieu souffrant. Prêche par tes images la Passion de Jésus-Christ, plus loin et en plus de lieux que ne l'ont prêchée les apôtres. Pour moi, je te promets que j'aurai une profonde vénération pour toi toute ma vie, à cause de l'acte héroïque de ta charité, et, vivant ou mourant, j'aurai toujours dans l'esprit le souvenir et dans ma bouche le nom de l'incomparable Véronique (1). »


XXI

La courageuse action de Bérénice n'a rien qui doive nous surprendre. D'une part, le seul beau rôle dans le drame du Calvaire appartient à la femme. Un mystérieux instinct lui disait que Jésus était deux fois son rédempteur; qu'il allait mettre fin au cruel esclavage dont elle était, sur toute l'étendue de la terre, la triste victime depuis quarante siècles. C'est elle qui dans la personne de la femme de Pilate veut empêcher la mort du Juste; elle qui le suit en pleurant sur la voie douloureuse, elle qui essuie son adorable visage, elle qui l'assiste à sa mort, et le console par son invincible fidélité.

D'autre part, de quoi la foi n'est-elle pas capable? est-ce qu'on n'a pas vu dans tous les siècles chrétiens, et ne voyons-nous pas encore aujourd'hui les femmes chrétiennes, de toute condition, aller recueillir, malgré les mandarins et sous les yeux mêmes des bourreaux, le sang de nos martyrs du Tongkin et de la Cochinchine?

XXII

C'est auprès de la maison de Véronique, et au moment où il venait de recevoir de cette grande chrétienne le témoignage éclatant de sa foi et de sa charité, que Notre-Seigneur se retourna vers les saintes femmes qui le suivaient en pleurant et en se lamentant, et leur adressa ces douces, mais terribles et prophétiques paroles : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. Si on traite ainsi le bois vert, qu'en sera-t-il du bois sec?» Moins de quarante ans plus tard, la plus grande catastrophe de l'histoire, la ruine de Jérusalem et la dispersion des Juifs, accomplissait la prédiction de l'auguste victime.

«Ce mot, dit le P. Lejeune, ne pleurez pas, nolite flere, le Sauveur le dit à des saintes, à sa divine Mère, à sainte Marie Madeleine, à sainte Véronique, à sainte Marie Salomé, et aux autres femmes dévotes qui le suivaient. »

Après l'immolation de la grande victime, Bérénice revient dans sa maison…
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(1) P. Parvilliers, La dévotion des prédestinés ou les stations de Jérusalem et du Calvaire.

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Message  Louis le Dim 07 Juil 2019, 6:52 am

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XXIII


Après l'immolation de la grande victime, Bérénice revient dans sa maison, où il est vraisemblable qu'avec les autres saintes femmes elle tint compagnie à la Sainte Vierge, montrant, contemplant, baisant, adorant le précieux souvenir que le bon Maître lui avait laissé. Nous l'avons dit, par un miracle qui, du fond même de la faiblesse et de l'ignominie, révélait sa divinité, le Sauveur avait imprimé distinctement ses traits sacrés sur le voile de Véronique : traits mille fois vénérables qu'un second miracle a rendus immortels. On conçoit qu'un pareil trésor était plus cher à Véronique que toutes les richesses de l'univers et qu'à aucun prix elle ne voulut s'en séparer.

XXIV

« Que vous êtes bon, ô divin Rédempteur, s'écrie à ce sujet un de nos anciens ascétiques; vous avez voulu estre assisté par une femme aussi bien que par un homme, pour nous montrer que personne n'était exempt de participer à votre passion ; mais aussi pour nous enseigner que vous avez égard à la délicatesse et à la faiblesse des plus infirmes ; et qu'il suffisait, pour vous plaire, de compatir à vos peines et de les ressentir dans le cœur avec sainte Véronique, lorsqu'on ne pouvait pas les porter avec Simon de Cyrène.

« Ce fut vostre amour, ô mon Dieu ! qui peignit vostre visage sur le voile de Véronique, afin de gagner son cœur; ce fut vostre amour qui, pour récompenser et contenter en même temps la tendresse qu'elle avait conçue pour vous, lui donna pour ainsi dire vostre cœur avec vostre visage, afin qu'elle connust que vostre charité était la cause de vos souffrances, et qu'elle pust satisfaire son amour, en vous regardant mesme pendant vostre absence (1). »

Cependant le jour du triomphe était arrivé pour Notre-Seigneur…
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(1) Molinier.

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Message  Louis le Lun 08 Juil 2019, 6:28 am

Sainte Véronique

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XXV

Cependant le jour du triomphe était arrivé pour Notre-Seigneur. Sorti glorieux du tombeau, il était remonté dans le ciel en présence de ses apôtres et de ses meilleurs amis, au nombre desquels on peut sans témérité compter sainte Bérénice. Par une providence particulière, ce Fils divin, le meilleur des fils, avait laissé sa tendre Mère sur la terre, pour être la mère de l'Église au berceau. Véronique continua d'être admise à l'intime familiarité de la Sainte Vierge, et, de concert avec les autres saintes femmes, la providence des apôtres et des premiers chrétiens. Ce bonheur ne fut pas de longue durée. Voici, d'après la tradition, l'événement qui vint y mettre un terme.

XXVI

Suivant l'usage des gouverneurs de province, Pilate avait envoyé à l'empereur Tibère la relation des grands événements qui venaient de s'accomplir en Judée. C'est ainsi que font encore les préfets de nos départements. Pilate rapportait, avant tout, les prodiges étonnants, les guérisons miraculeuses, opérés par un personnage extraordinaire, auquel toute la nature obéissait. Lorsqu'il reçut la relation de Pilate, Tibère était gravement malade. Sa maladie était une espèce de lèpre, suite probable de ses affreuses débauches. Sur-le-champ, il appelle quelques officiers de sa cour, entre autres Volusien, et leur ordonne de partir sans délai pour la Judée, afin d'obtenir de ce médecin surnaturel la guérison de sa maladie.

XXVII

Les députés partirent, mais Notre-Seigneur était mort lorsqu'ils arrivèrent. Ne pouvant voir celui qu'ils étaient venus chercher, ils apprirent qu'une dame nommée Bérénice conservait un linge sur lequel le Thaumaturge avait imprimé son portrait avec son sang, au moment où il allait au supplice. Leur premier soin fut de trouver cette dame. Elle leur montra le précieux voile, renfermé dans une riche cassette ; mais à aucun prix elle ne voulut se séparer de son trésor. Craignant avec raison d'être mal reçus de leur maître, si le but de leur mission était tout à fait manqué, ils prièrent Bérénice ou lui ordonnèrent de les accompagner à Rome avec la vénérable relique : elle céda à leurs instances (1).

L'histoire a conservé une circonstance de ce voyage…
______________________________________________________________________

(1) Dans sa Chronique, Philippe de Bergaine s'exprime ainsi : « Tibère étant malade à Rome envoya Volusien à Jérusalem quérir la Véronique avec son suaire, et dès qu'il l'eut reçu près de lui et qu'il eut touché l'image du Christ, il fut guéri. »

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Message  Louis le Mar 09 Juil 2019, 6:26 am

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Ses voyages à Rome et dans les Gaules.

XXVIII

L'histoire a conservé une circonstance de ce voyage. Le vaisseau relâcha à l'île de Zante, une des Ioniennes, non loin de Céphalonie. Pendant son court séjour, Véronique jeta avec succès la semence évangélique parmi les habitants. Aussi, ils la regardent comme la fondatrice de leur église et l'honorent d'un culte particulier.

« Introduite devant Tibère, Bérénice lui découvrit le Saint Voile, dont l'attouchement le guérit de la lèpre (1). »

Tel est le récit de nos anciens historiens, auquel Pamélius, dans ses savantes notes sur Tertullien, ajoute ce qui suit : « Je ne parle pas du portrait de Jésus-Christ, que, suivant la tradition, il imprima sur le voile de Véronique, et qui existe encore à Rome. Ce portrait est entouré d'une telle vénération que les miracles et même le seul aspect ne permettent pas de douter de son authenticité. Albéric en parle dans son Dictionnaire écrit il y a près de trois siècles, l'an du Seigneur 1350. Il existe dans la Bibliothèque Vaticane une histoire manuscrite de cette effigie apportée à Rome sous Tibère. Cette histoire, écrite avec gravité et en caractères très anciens, a été lue d'un bout à l'autre par le savant théologien anglais, Stapleton, qui me l'a rapportée (2). »

XXIX

Le point capital de ce récit est que le portrait de Notre-Seigneur, imprimé sur le voile de sainte Véronique, fut apporté à Rome sous Tibère. Et la tradition nous apprend qu'il fut apporté par sainte Véronique elle-même. Suivant nos historiens, le fait eut lieu l'an 37 de Notre-Seigneur, cinq ans avant le premier voyage de saint Pierre à Rome. De cet ensemble de circonstances, ressort la preuve de la guérison miraculeuse de Tibère.

XXX

En confirmation de cette tradition immémoriale viennent se joindre plusieurs faits de l'histoire profane. Le premier est la conduite de Tibère à l'égard de Notre-Seigneur. On sait qu'il voulut le mettre au nombre des Dieux de l'empire, en lui donnant le prénom de Divus et lui créant un collège de prêtres. Il en fit la proposition au sénat, mais comme l'initiative de l'apothéose appartenait au sénat, ce corps se crut lésé dans ses prérogatives et rejeta la proposition de l'empereur, qui se borna à placer dans son palais une statue de Notre-Seigneur. Comment dire que la reconnaissance de sa guérison ne fut pas la cause déterminante de la conduite de Tibère?

Le second, c'est la conduite du même empereur à l'égard de Pilate…

____________________________________________________________

(1) « In præsentiam principes adducta speciem divinæ testificationis ostendit, gratia Dei mirabiliter effecit. » Marianus Scotus, Hist. Eccl., lib. II, an. Christ. 39, p. 225, édit. in-fol., Basileæ; id.t S. Methodius, Hist. Tempor. ; Sandini, Histor. famil. sacræ; Ferrarius, Cat. SS. ltal. et alii multi.

(2) C'est après avoir parlé des différents portraits de N.-S., de la Sainte Vierge et des Apôtres, que Pamélius rapporte ce qu'on Tient de lire. « Omitto effigiem Christiquam Veronice in sudario dedisse traditio est; quæ Romæ extat, tanta in veneratione ut de illa dubitare posthac non modo miracula non permittant, sed nec aspectus ipse, cujus interim fit mentio apud Albericum in suo Dictionario ante annos abhinc fere trecentos, anno Domini 1350 ; et extat in Bibliotheca Vaticana ejus imaginis Romam sub Tiberio adductæ historia graviter conscripta, et antiquissimis characteribus m. s. quam totam perlegisse se mihi retulit cariss. theologus Thomas Stapleton Anglus. » In Apologet., c. XII, n. 184.

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Message  Louis le Mer 10 Juil 2019, 6:41 am

Sainte Véronique  

SUITE

XXXI

Le second, c'est la conduite du même empereur à l'égard de Pilate. Ayant appris que le lâche président avait injustement condamné Jésus-Christ, et prêté des soldats romains pour concourir à l'exécution, il en fut très irrité. En conséquence, il ordonna de destituer Pilate de sa charge; lui-même mourut peu de temps après sa guérison. Ce double fait, la destitution de Pilate et la mort de Tibère, confirment, on ne peut mieux, le récit traditionnel.

En effet, l'histoire profane nous apprend que ce fut vers la fin de l'année 38 de Notre-Seigneur, que Vitellius, gouverneur de Syrie, destitua Pilate, et l'envoya à Rome, où il arriva quelques jours après la mort de Tibère. Elle nous apprend, de plus, que Tibère mourut au mois de mars de l'an 39 de l'ère chrétienne, dans la vingt-troisième année de son règne, et la soixante-dix-huitième de son âge. Ces dates justifient nos historiens qui fixent le premier voyage de sainte Bérénice à Rome, à la fin de l'an 36, ou aux premiers jours de l'an 37.

XXXII

Nous disons le premier voyage : c'est avec raison. Après avoir accompli sa mission auprès de Tibère, Bérénice revint en Palestine avec son inséparable trésor. Elle n'y séjourna pas longtemps. La persécution n'était pas apaisée; les Juifs recherchaient avec soin tous ceux qui avaient aidé Notre-Seigneur dans sa mission. Bérénice et Zachée quittèrent l'Orient et partirent pour Rome avec saint Pierre, saint Martial, un des soixante-douze disciples, et le centurion Corneille. Le voyage eut lieu l'an 42 de Notre-Seigneur, la seconde année du règne de Claude.

XXXIII

Toutefois la crainte de la persécution ne fut pas pour Bérénice et pour Zachée le seul motif de leur départ. Comme tous les personnages privilégiés qui avaient eu des rapports directs avec Notre-Seigneur, qui l'avaient vu de leurs yeux, entendu de leurs oreilles, touché de leurs mains, Véronique et Zachée se faisaient un bonheur et un devoir de le faire connaître par la prédication de l'Évangile. A tous la grâce de l'apostolat communiquait sa flamme généreuse. On s'entretenait de la conquête du monde et on se promettait de réaliser la parole du Maître : Allez par le monde entier, prêcher l'Évangile à toute créature.

Chaque apôtre, chaque disciple n'est pas venu seul dans la province que le sort ou la voix de Dieu et de Pierre lui avaient assignée. Avant le départ, chacun travaillait à former sa compagnie. L'apostolat s'exerçait comme de nos jours et se préparait de même. Non seulement les premiers prédicateurs de l'Évangile amenaient avec eux des collaborateurs, mais ils en recevaient encore après leurs premiers succès. Ces faits sont attestés par l'histoire et par toute la tradition.

Combien de temps les heureux amis du Sauveur et de sa divine Mère…

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Message  Louis le Jeu 11 Juil 2019, 6:45 am

Sainte Véronique

SUITE

XXXIV

Combien de temps les heureux amis du Sauveur et de sa divine Mère, Zachée et Véronique, séjournèrent-ils à Rome, nous le dirons plus tard. Avant de les suivre dans leurs courses évangéliques, nous avons à parler du Saint Voile et à dire ce qu'il est devenu. Dans les conseils de la Providence, Rome était destinée à devenir le grand reliquaire du monde chrétien. C'est là que devaient se trouver les plus vénérables monuments de la foi ; là, que devaient reposer, sous la garde immortelle de l'infaillible vicaire de Jésus-Christ, les grands martyrs, les grands docteurs, les grands saints de l'Orient et de l'Occident : glorieuse assemblée de morts qui de leurs tombeaux font perpétuellement entendre le témoignage de l'invariable Credo, et forment une couronne de gloire autour de la Mère et de la Maîtresse de toutes les Églises de l'univers.


XXXV

La connaissance instinctive des divins conseils détermina Bérénice à laisser à Rome le voile vénérable dont elle ne s'était jamais séparée. La tradition nous apprend qu'elle le remit, peut-être sur l'avis de saint Pierre, à saint Clément, noble Romain, ami intime de saint Pierre, son disciple et son troisième successeur, martyrisé sous Trajan. Cette belle tradition est confirmée, entre autres par le très savant auteur espagnol, Julien Pierre, archiprêtre de Sainte-Juste de Tolède. A l'an 90 de sa Chronique, il dit : « On conserve précieusement à Rome le très sacré Suaire, laissé au pape Clément premier, par la très pieuse Bérénice, dite par corruption Véronique, sœur de Salomé, nièce du grand Hérode, femme de l'honorable homme Amadour (1). »

XXXVI

Des mains de saint Clément le précieux trésor passa dans celles de ses successeurs, qui le tinrent soigneusement caché pendant toute la durée des persécutions.

Depuis cette époque, le Voile Saint est resté à Rome qui l'a toujours gardé, et qui le garde encore avec un soin jaloux, parmi les grandes reliques de la Basilique Vaticane. Excepté dans de rarissimes circonstances, ce voile vénérable n'est retiré de la riche cassette où il est conservé, qu'une fois chaque année, le Vendredi Saint. Ce jour-là, du haut d'un balcon placé à un pilier de la Basilique, il est offert à la vénération d'un peuple immense, venu de l'ancien et du nouveau monde.

Voici l'impression que produit la vue de la sainte face...
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(1) Même témoignage dans Philippe de Bayonne, Chronic., an. 44.

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Message  Louis le Ven 12 Juil 2019, 7:43 am

Sainte Véronique  

SUITE

XXXVII

Voici l'impression que produit la vue de la sainte face. « On y voit, non sans la plus tendre compassion, la tête percée d'épines, le front ensanglanté, les yeux livides et pleins de sang, toute la tête pâle. Sur la joue droite on voit cruellement imprimée la marque du soufflet donné par le brutal Malchus, et sur la gauche la trace des crachats des juifs. Le nez un peu écrasé est couvert de sang; la bouche entr'ouverte est aspergée de sang ; les dents sont ébranlées; la barbe arrachée en quelques endroits ; les cheveux arrachés d'un côté; et toute la sainte face défigurée présente un mélange indicible de majesté et de compassion, d'amour et de tristesse.

« Aussi, quand on la montre dans la Basilique du Vatican, à un peuple infini, elle excite une sorte d'horreur, une confiance pleine de tristesse, un douloureux repentir; et la vue de ce divin visage, vivant témoignage de l'ingratitude du genre humain, pénètre jusqu'au fond du cœur des spectateurs et fait couler un fleuve de larmes généreuses et de flammes d'amour pour notre divin Rédempteur (1). »

XXXVIII

Parmi les très rares circonstances dont j'ai parlé, fut l'octave qui précéda la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception. Pour satisfaire la piété des évêques, le Saint-Père permit de descendre le Santo Volto dans la chapelle du Saint-Sacrement. C'est là que j'ai eu le bonheur de voir de près les marques sanglantes de l'amour infini du Fils de Dieu pour les hommes.

XXXIX

Sainte Véronique avait apporté à Rome le Saint Voile dans deux cassettes : l'une extérieure, l'autre intérieure, toutes deux dignes, autant que possible, de la précieuse relique qu'elles renfermaient. L'une de ces cassettes se vénère dans l'ancien Panthéon d'Agrippa, gendre d'Auguste, devenu l'église de Sainte-Marie aux Martyrs ; l'autre dans l'église de Saint-Éloi des Forgerons. Au témoignage des anciens historiens, cette dernière serait la cassette intérieure. Alveri nous a transmis l'inscription de la cassette de Sainte-Marie aux Martyrs : « Dans cette cassette fut apporté, de Jérusalem à Rome, le Suaire de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sous l'empereur Tibère (1). »

XL

Cette vénérable cassette avait dix serrures, dont les clefs étaient entre les mains des dix quartiers primitifs ou Rioni de Rome. De l'église de Sainte-Marie, la Sainte Face, devant laquelle brûlaient nuit et jour dix superbes lampes, fut transportée dans l'église du Saint-Esprit en Saxe; de là au château Saint-Ange; enfin, à Saint-Pierre par le pape Jean VII, en 607. « Dernièrement, dit Moroni, étant allé à l'église de Sainte-Marie aux Martyrs, j'ai trouvé sur la table de l'autel, dans une excavation du mur, une grande urne, fermée par une glace, et contenant la cassette en morceaux. Sur l'urne j'ai lu l'inscription suivante : « Cette excavation est le lieu où resplendit pendant cent ans, dans cette Basilique, le Saint Suaire apporté autrefois de Palestine à Rome, par sainte Véronique (2). »

Telle était la vénération publique pour la Sainte Face, qu'au temps du pape Innocent II (1130-1141) il y avait…
___________________________________________________________________________________

(1) Piazza, Emerologio di Roma, 4 febr. ; édit. 1713.
(1)  « In ista capsa fuit portatum sudarium Passionis D. N. J.-G. a Hierosolymis, Tiberio Augusto. »
(2) « Arca in qua Sacrum Sudarium olim a diva Veronica delatum Romam ex Palestina, hac in basilica annis centum enituit. » Diction., art. Volto Santo.

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Message  Louis le Sam 13 Juil 2019, 6:50 am

Sainte Véronique  

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XLI

Telle était la vénération publique pour la Sainte Face, qu'au temps du pape Innocent II (1130-1141) il y avait six nobles familles romaines, députées à la garde de la cassette où elle était renfermée. Ces familles étaient De' Capi de ferro, du quartier Regola; de' Tartari, du quartier Parcione ; De 'Mercanti, du quartier du Pont ; De' Ricci, du quartier du Champ de mars; De' Tosetti, du quartier Colonna; De'Stefaneschi, du quartier du Trastevere.

Toutes les fois que la Sainte Face était exposée, les six chefs de ces familles, accompagnés chacun de vingt hommes, tous armés, faisaient la garde autour de la vénérable relique, l'épée nue à la main, jusqu'à ce qu'elle fût reportée et renfermée dans sa cassette.

XLII

Une autre preuve de cette légitime vénération, c'est la bulle du 19 avril 1629, par laquelle le pape Urbain VIII accorde une indulgence plénière à tous ceux qui, ayant participé aux sacrements, assistent à l'ostension de la sainte relique.

Terminons ces détails peu connus sur le Volto Santo, par deux faits qui prouvent de nouveau la personnalité de sainte Véronique. En 1193, Philippe-Auguste, roi de France, étant venu à Rome, le pape Célestin III lui fit montrer la Sainte Face, c'est-à-dire le voile de lin sur lequel Notre-Seigneur imprima son visage. Cette impression s'est conservée telle jusqu'à nos jours, qu'on dirait que là est le visage même du Fils de Dieu. « Ce voile est appelé Véronique, parce que la dame à laquelle il appartenait s'appelait Véronique (1). »

A l'ostension du Volto Santo, on chante l'hymne suivante : « Salut, Sainte Face de notre Rédempteur, dans laquelle brille l'image de la beauté divine; imprimée sur un voile d'une blancheur de neige, et donnée à Véronique, en témoignage d'amour. »

Salve, sancta facies nostri Redemptoris,
In qua nitet species divini splendoris,
Impressa panniculo nivei candoris,
Dataque Veronicæ signum ob amoris.

Arrivés à Rome avec saint Pierre, saint Martial et d'autres encore, Zachée et Véronique y séjournèrent…
_______________________________________________________________________________________

(1)  « Dicitur Veronica quia mulier, cujus pannus ille erat, Veronica dicebatur. » Cancellieri, Memoria delle sagre Teste di SS. Pietro apost., etc., p. 9.

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Message  Louis le Dim 14 Juil 2019, 6:41 am

Sainte Véronique  

SUITE

XLIII

Arrivés à Rome avec saint Pierre, saint Martial et d'autres encore, Zachée et Véronique y séjournèrent pendant quatre ans. Enfin, l'an 46 de notre ère, Martial reçut de saint Pierre sa mission pour la Gaule Aquitaine. Il était accompagné entre autres d'Amateur et de Véronique son épouse. C'est ce que nous apprend en propres termes saint Antonin, archevêque de Florence. « Martial vint à Rome avec saint Pierre, qui l'envoya dans la Gaule. Dans ce voyage il fut accompagné d'Amateur et de Véronique son épouse, qui fut l'amie intime de la Vierge Marie. Saint Amateur mena la vie solitaire près d'un rocher appelé aujourd'hui Roc Amadour, et y mourut. Véronique accompagna saint Martial dans ses prédications au territoire de Bordeaux, et y parvint à une grande vieillesse (2). »

XLIV

L'Itinéraire de saint Martial nous fait connaître les diverses étapes de l'apôtre et par conséquent celles de sainte Bérénice. Ces étapes sont, en partant de Rome, pour arriver jusqu'à l'embouchure de la Gironde, Ravenne, Collé, Marseille, Mende, Le Puy, Bourges, Tours, Poitiers, Limoges, Périgueux, Angoulême, Saintes, Mortagne et Soulac.

C'est donc près de l'embouchure de la Gironde, qu'arrivèrent les premiers apôtres de l'Aquitaine. Au 4 février, les Bollandistes nous donnent sur ce fait traditionnel un document des plus explicites. « Sainte Véronique arriva d'Occident à Soulac avec saint Amadour. Là, ils élevèrent sur un plan modeste une pauvre cabane, où ils vécurent en solitaires, et s'adonnèrent à la prière et au jeûne, jusqu'à ce que saint Martial, arrivant de Limoges, vint les rejoindre. Saint Martial les aimait tout particulièrement comme étant de sa connaissance et ses compatriotes. »

XLV

Saint Martial profita de sa présence chez ses amis, pour bénir un modeste oratoire qu'ils avaient élevé et qui depuis est devenu la célèbre église de Soulac ou de Notre-Dame de la fin des terres. « Cette église, disent les anciens manuscrits, eut pour fondatrice sainte Véronique, qui présenta son voile au Sauveur pendant qu'il montait au Calvaire. On assure également qu'elle fut ensevelie dans cette même église, qu'elle avait fait bâtir en l'honneur de la Sainte Vierge Marie. Les habitants du lieu montrent encore son cénotaphe, sous l'autel majeur, aux pèlerins qui viennent encore quelquefois et qui jadis venaient souvent, au retour de Jérusalem et de Saint-Jacques, prier à cette église de Sainte-Marie de Soulac, et au tombeau de sainte Véronique, afin de rendre grâces à Jésus-Christ pour être revenus sains et saufs, et avoir obtenu pendant la route aide et consolation de la part de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu (1). »

Sainte Véronique dota son oratoire de précieuses reliques ; trois inventaires, faits successivement, s'expriment ainsi : De la robe de Nostre Dame; Item, un os du doigt de Monsieur Saint Jean Baptiste ; item, une pierre de quoi saint Estienne fut lapidé. Beaucoup d'autres reliques vinrent dans la suite des âges enrichir le trésor de Soulac.

XLVI

Comme sainte Marthe, sainte Marie Madeleine et les autres amies intimes de la Sainte Vierge et de Notre-Seigneur, sainte Véronique brûlait de zèle pour le faire connaître. Chaque station de saint Martial garde le souvenir de Véronique. On la trouve avec l'apôtre de la Gaule Aquitaine à Marseille, à Mende, à Cahors, à Bazas, à Rodez, à Limoges. Rome elle-même montre, parmi ses chefs-d'œuvre, sa statue, son autel et l'histoire des miracles qu'elle opéra avec son voile sacré ; mais aucune de ces villes ne montre son tombeau.

C'est à Soulac qu'elle vint finir ses jours. A cet égard les historiens sont unanimes…
_______________________________________________________________________________________

(2)  « Venit autem cum B. Petro apostolo Romam (scilicet Martialis), et per eum missus fuit in Galliam ; habens in comitatu suo Amatorem, et conjugem ejus Veronicam quæ familiaris, et præcordialis arnica fuit Virginis Mariæ. Sanctus vero Amator in rupe quæ modo Amatoris dicitur solitariam vitam egit, ibique obiit : Veronica autera sanctum Martialem prædicantem secuta est in territorio Burdigalensi, ibique consenuit. » Histor. I pars, tit. VI, c. 25, § 2; Vincent. Bellovac , in Specul. historial. ; Acta. S. Martialis, etc.

(1) Fonds bénédictin de Saint-Germain des Prés. Manuscrits de la Bibliothèque nationale.

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Message  Louis le Lun 15 Juil 2019, 6:44 am

Sainte Véronique  

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Sa mort et sa sépulture : tels sont les intéressants sujets de cette biographie.

XLVII

C'est à Soulac qu'elle vint finir ses jours. A cet égard les historiens sont unanimes. Ils ajoutent qu'elle mourut dans un âge fort avancé, confecta senio. En effet, si, comme la tradition le rapporte, elle était déjà au temple de Jérusalem, lorsque la Mère du Sauveur y fut présentée, elle était un peu plus âgée qu'elle. L'an 46, lorsqu'elle partit de Rome pour les Gaules, elle avait environ soixante ans. L'an 70, époque de sa mort, elle avait exercé dans l'Aquitaine un apostolat de vingt-trois ans, et elle mourait âgée d'environ quatre-vingt-quatre ans.

XLVIII

Dieu, d'ailleurs, lui avait donné une de ces complexions fortes qui bravent les fatigues, et une taille majestueuse que ses glorieux restes permettent encore de mesurer. Ces restes immortels reposent à Bordeaux dans l'église autrefois collégiale de Saint-Surin. « Sainte Véronique, dit le père Bonaventure de Saint-Amable, mourut l'an 70 de Notre-Seigneur et fut ensevelie à Soulac. Toutefois, pour cause de guerres ou autres désolations du pays, son corps fut transporté à Bordeaux et repose dans l'église de Saint-Surin (1). »

Tant que l'oratoire de Soulac abrita les restes sacrés de la sainte et courageuse Bérénice, il fut l'objet d'une telle vénération, que les évêques de Bordeaux, avant de prendre possession de leur siège, venaient à la fin des terres rendre hommage à l'auguste tradition…

XLIX

Tant que l'oratoire de Soulac abrita les restes sacrés de la sainte et courageuse Bérénice, il fut l'objet d'une telle vénération, que les évêques de Bordeaux, avant de prendre possession de leur siège, venaient à la fin des terres rendre hommage à l'auguste tradition, et que les habitants du pays prêtaient sur l'autel de la sainte leurs serments les plus solennels. Je dis la Sainte, car sa fête se célébrait à Bordeaux le 4 février, et sous le même jour le martyrologe des Gaules s'exprime ainsi : « En Aquitaine, sainte Véronique, qui présenta son mouchoir à Notre-Seigneur portant sa croix, pour essuyer le sang qui coulait de son divin visage, et eut le bonheur de le voir imprimé de sa sainte face (1). »

L

La courageuse action de sainte Bérénice nous apprend à fouler aux pieds le respect humain. Son apostolat dans les Gaules nous dit combien Notre-Seigneur a aimé la France, puisqu'il a daigné lui envoyer, peu de temps après sa mort, de préférence à toutes les autres parties du monde, ses meilleurs amis : Lazare, Marthe, Marie, Véronique, Zachée. Combien la France serait coupable, si elle oubliait cette divine prédilection, et ne s'en montrait pas digne par son amour ardent, généreux et constant pour Celui qui l'a tant aimé et qui aujourd'hui est tant offensé!

(1) Hist. de S. Martial t. II, p. 227 et t. III, p. 58.
(1) Sainte Véronique n'est pas nommée dans le martyrologe romain, elle l'est dans celui de Galesinus et dans plusieurs autres.
___________________________________________________________________________________

Voir : Moroni, Dizionario di erudizione Eccles., Venezia, 1859, art. Veronica et Volto santo; Sarnelli, Letter. ecclesiast., t. VI, lett. 7; Adrichome, Descript. Terr. S., n. 44; Mellonio, Commentari della Sagra Sindone, c. I et XIV ; Berdini, Istoria  dell'antica e moderna Palestina; Octave Pancirole, in Reg. XVII; Burgi, Eccles., 17 ; Cancellieri, de Secretariis veteris Basilicæ Vaticanæ, p. 548 ; Piazza, Emerologio di Roma, au 4 février; Riccii De' Giubilei universali, p. 212, c. 99; Arrighi, Roma sotter., t. II, liv. V, c. IV, 230; Molanus, Hist. Sanct. Imaginum, lib. IV, c. II p. 384, in-12, Antuerpiæ, 1617; Pamelius, in c. XII Apolog. Tertull. ; Mgr Mislin, Les Li.eux Saints, t. II, c. XIX, p. 24 ; S. Antonin, Chronic., I. pars., t. VI, art. 25; Robertus de Monte  ad an. 1171; Chastelain, Notes sur le Martyr. Rom., 13 fév. ; Chifflet, Linges sépulcraux de N.-S. ; Odon de Gissey, Liv. de N.-D. de Rocamadour, p. 56; Marianus Scotus, Hist. eccl., lib. I, an. 39, p. 225, édit. in-folio, Basileæ; Philippe de Bergame, Chronic.; S. Methodius episcop. et martyr, apud Marian. Scot. Chronic., an. 39; Baron, an, 44, n. 26 et 138; Bzovius, Hist. eccles., lib. I, p. 43, in-fol., édit. Coloniæ, 1617 ; M. Cirot de la Ville, Antiquités bordelaises; et M. Mezuret, curé de Soulac, N.-D. de Soulac, ouvrage excellent auquel nous avons emprunté un grand nombre de documents.
FIN.

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