LES SOIRÉES DU VILLAGE ou ENTRETIENS SUR LE PROTESTANTISME.

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 15 Jan 2011, 4:37 pm

Début d'un nouveau fil en lequel je mettrai en ligne un excellent bouquin écrit au XIXe siècle au Canada pour réfuter non sans humour le Protestantisme ... LES SOIRÉES DU VILLAGE ou ENTRETIENS SUR LE PROTESTANTISME. 80494

Bonne lecture !



1ere. Partie.

LES SAINTS PROTESTANTS.

_____

1ere. Soirée.

SAINT LUTHER.

_____


MONTRÉAL :

DES PRESSES À VAPEUR DE PLINGUET & LAPLANTE,
11, RUE STE. THÉRÈSE.





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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 15 Jan 2011, 4:46 pm





INTERLOCUTEURS.

______

M. Dupuy, excellent instituteur, fort instruit.
M. Constant, médecin habile et bon chrétien.
Pradier, marguillier de la paroisse, très-assidu aux offices de l'Eglise.
Morin, petit marchand plein de probité.
Teissier, vieillard vénérable par son bon sens et ses moeurs patriarchales.
Boirude, habitant qui n'a pas toujours été de la tempérance.

______



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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 15 Jan 2011, 4:57 pm



LES SOIRÉES

DU

VILLAGE

OU ENTRETIENS SUR LE PROTESTANTISME.
________

1ÈRE SOIRÉE.

SAINT LUTHER.
_________


L'INSTITUTEUR.

Quel est donc, M. Constant, cet étranger que j'ai vu hier circuler dans le village ?

LE MÉDECIN.

C'est un prêcheur, un vendeur de bibles.

L'INSTITUTEUR.

Ah ! ah ! savez-vous s'il en a vendu beaucoup ?

LE MÉDECIN

Pas beaucoup, mais quelques-unes.

L'INSTITUTEUR.

Et il a prêché sans doute ?

LE MÉDECIN.

oui, mais je n'ai pas assisté à son sermon. Ces messieurs y étaient, ils pourront vous en donner des nouvelles.



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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 15 Jan 2011, 5:09 pm





BOIRUDE.

Oui, j'y étais, moi, et j'ai bien écouté ; beaucoup mieux que je n'écoute les prônes de notre Curé.

L'INSTITUTEUR.

Il a donc dit des choses bien intéressantes ?

BOIRUDE.

O ! dame, oui, il a dit des choses bien intéressantes et bien nouvelles aussi, au moins pour moi. J'ai entendu beaucoup de prédicateurs, plusieurs missionnaires, l'Evêque lui-même ; mais, je n'ai jamais rien ouï de semblable à ce qu'on nous a dit hier.

L'INSTITUTEUR.

Pourriez-vous nous rappeler quelque chose de ce qui a tant excité votre intérêt ?

BOIRUDE.

Quelque chose, M. l'instituteur ? Mais je puis tout répéter, j'ai tout retenu et je m'en souviendrai longtemps. D'abord, il faut commencer par convenir que le nouveau missionnaire paraît très-instruit, il parle un très-beau français et cependant on comprend fort bien ce qu'il dit. Et puis, c'est un charmand homme ; il nous parlait avec une douceur et une affection qui m'allaient tout droit au coeur.

LE MÉDECIN.

Boirude, mon ami, vous êtes trop confiant. Il ne faut pas ainsi se livrer au premier venu. J'ai souvent vu en ma vie de fins trompeurs, véritables Sirènes, alors qu'ils s'apprêtaient à jouer quelque mauvais tour, commencer par endormir leur monde avec des paroles de lait et de miel. Vous souvenez-vous d'avoir entendu, dimanche dernier, M. le Curé, nous lire, dans l'Evangile du jour, que les loups savent quelquefois se couvrir de la peau des brebis, pour égorger plus sûrement le troupeau ?







Dernière édition par Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 15 Jan 2011, 8:07 pm, édité 1 fois

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Sam 15 Jan 2011, 8:04 pm





BOIRUDE.

Oh! bon monsieur Constant, il faut bien que je vous fasse ma confession, il m'arrive quelque fois de dormir aux prônes de notre Curé et c'est ce qui a eu lieu dimanche dernier.

LE MÉDECIN.

Vous avez tort ; car M. le Curé parle ordinairement d'une manière très instructive, quoique non pas si maniérée.

L'INSTITUTEUR.

Eh bien! mon brave Boirude, allons vite au fait ; dites nous tout ce que vous avez retenu de ce sermon qui vous a paru si neuf et si piquant.

BOIRUDE.

Donc, ce Monsieur nous a dit que nous étions bien à plaindre, et qu'il nous plaignait beaucoup en effet ; que nos Prêtres nous trompaient, comme ils avaient trompé nos pères ; que tous leurs soins avaient pour but de soutirer notre argent ; qu'il vaudraient bien mieux qu'ils fussent mariés ; qu'il n'y avait rien de plus rusé qu'un Prêtre ; il nous a dit que le Pape était la bête de l'Apocalypse : quoique je ne sache pas au juste ce que c'est que cette bête ; j'ai compris qu'elle devait être horrible et fort méchante. Selon lui les messes que nous faisons dire pour les morts ne leur servent de rien, car il n'y a pas de Purgatoire ; ainsi en est-il des indulgences, c'est une invention du Pape, pour avoir de l'argent. En cet endroit, il nous a parlé d'un fameux docteur allemand nommé
LUTHER, lequel, suivant lui, aurait prouvé, jusqu'à l'évidence, tout ce qu'on vient de dire. Toujours selon le même prédicateur, c'est une idolâtrie de prier la Sainte Vierge et les Saints, et une sottise de porter des offrandes dans leurs temples. C'est encore une sottise de croire honorer Dieu par le jeûne et l'abstinence. La confession est inutile et même dangereuse, c'est une invention des Prêtres ; ils l'ont imaginée pour augmenter leur influence sur le peuple. Nos Prêtres nous cachent la Bible, parce qu'ils savent bien que la lecture de ce livre divin nous ferait échapper à leur tutelle. Là, le prédicateur a fait tout de nouveau l'éloge de LUTHER, ce grand serviteur du Christ, qui a fait connaître au peuple chrétien les saintes Ecritures, et n'a pu souffrir que les enfants de Dieu fussent privés plus longtemps de lire et d'entendre la parole de leur Père Céleste. Enfin il nous a exhortés vivement à ne pas demeurer plus longtemps dans les ténèbres etl'esclavage du Papisme. Il a souvent répété ces mots Papisme et Papistes. Voyez-vous, Monsieur l'Instituteur, si j'ai retenu le sermon du nouveau missionnaire ? Je dois vous dire tout. Ce discours m'a fait une vive impression, et il y a beaucoup de choses qui ne m'accommoderaient pas mal. Ainsi le fardeau de la religion me serait beaucoup plus léger, s'il ne fallait pas se confesser ; si je pouvais manger quand je veux et ce que je veux ; si je n'avais plus à donner tant d'argent à M. le Curé pour messes, services, quêtes, etc. Il me semble que l'on vivrait plus tranquille et beaucoup plus à son aise. On n'aurait qu'à lire ou à se faire lire la Bible. C'est incomparablement plus commode que tout ce que demandent nos Prêtres.



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Message  Invité le Dim 16 Jan 2011, 6:48 am

Il y aurait moyen de faire un PDF du livre? Smile

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 9:01 am

Tonino a écrit:Il y aurait moyen de faire un PDF du livre? Smile

Je ne sais pas, je le retape à la main ...

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Message  Invité le Dim 16 Jan 2011, 9:42 am

Ok tiens nous au courant.

Bon courage.




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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 12:00 pm




L'INSTITUTEUR.

Mes amis, ce qu'il y a de plus commode est très souvent loin d'être ce qu'il y a de meilleur, de plus utile et de plus sûr. Un système fort commode, ne serait-ce pas de vivre sans travailler, plutôt que de porter le poids du jour et de la chaleur ? Serait-ce le meilleur, Boirude ?

BOIRUDE.

Non, sans doute. Mais peut-être n'en est-il pas du ciel comme de la terre. Peut-être est-il possible d'obtenir les biens de l'à-haut, sans se donner tant de peine. Dieu est si bon !

L'INSTITUTEUR.

Dieu est très-bon sans doute. Mais cependant, la Bible dont on vous a fait, et avec raison, de sigrands éloges, nous enseigne que le chemin qui mène à la vie est étroit et difficile, et que celui qui conduit à la mort est large et spacieux ; que la porte du ciel est basse et petite, et qu'il y en a peu qui y passent. Par où l'on voit assez clairement que la religion la plus commode n'est pas pour cela la meilleure. Mais quoi ! est-ce que l'on a rien trouvé à reprendre dans ce long discours que vous avez, en effet, si bien retenu, Boirude ?



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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 12:08 pm



LE MARGUILLIER.

J'ai dit, moi, que je conaissais beaucoup de Prêtres, et que je savais, à ne pouvoir pas m'y tromper, que la plupart étaient des hommes sans reproche. Que si, dans un si grand nombre, il s'en trouve quelques-uns de mauvais, ce n'est pas merveille ; que les Prêtres étaient enfants d'Adam et d'Eve comme nous, et qu'il y avait bien eu un Judas parmi les Apôtres.

MORIN.

Pour moi, j'ai soutenu que la confession était une très bonne chose ; qu'elle m'avait beaucoup servi à moi-même ; qu'on y trouvait la paix de la conscience, qu'on y recevait de bons conseils et une force nouvelle pour bien se conduire à l'avenir. J'ai pu ajouter que la confession m'avait valu à moi-même plusieurs restitutions qui n'auraient jamais eu lieu sans cela.

BOIRUDE.

Notre bon vieux Teissier a bien dit quelque chose aussi. Ça n'a pas été bien long ; mais pourtant il m'a paru que le Missionnaire était un peu embarrassé pour répondre.

L'INSTITUTEUR.

Quelles observations avez-vous donc faites, père Teissier ?



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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 12:30 pm



TEISSIER.

Je lui ai demandé tout simplement qui il était, à peu près de cette manière : Vous nous dites-là des choses fort étranges, Monsieur ; nous supposons bien que vous êtes un homme honnête, mais pourtant, nous n'avons pas l'honneur de vous connaître. D'où venez-vous ? Qui vous envoie ? Pourquoi venez-vous au milieu de nous ? Quand il arrive un nouveau Curé, nous savons qui l'envoie : c'est notre Evêque. Et notre Evêque lui-même, nous savons d'où il vient : c'est notre saint-père le Pape qui lui donne les pouvoirs d'Evêque. Quant au Pape lui-même, nous savons qu'il est le successeur de saint Pierre. Pour vous, Monsieur, nous ignorons qui vous êtes. Vous nous dites que nous ne devons avoir aucune confiance en nos Prêtres, en notre Evêque, ni même dans le Pape ; que ce sont de très-méchantes créatures. Mais dame ! mon beau Monsieur, s'il faut nous fier ni aux Prêtres, ni aux Evêque, ni au Pape ... bien moins encore, devrons-nous nous fier à vous. Vous dites : Tenez, voilà la Bible, la pure parole de Dieu ; prenez, lisez : dans ce livre vous trouverez la vie. Mais, 1
nt plusieurs d'entre nous ne savent pas lire, et il est trop tard pour eux d'essayer de l'apprendre ; 2nt Comment nous assurer que ce livre est un livre divin ? Nous en donnerez-vous pour garant votre parole d'honneur ? Elle ne nous suffirait pas. Vous pouvez avoir été trompé vous-même ; et puisque, selon vous, nous ne devons plus avoir aucune confiance en nos Prêtres ; qu'ils sont tous autant de rusés trompeurs, vous ne sauriez trouver mauvais que nous vous traitions de la même manière. Vous nous assurez qu'en lisant la Bible, nous sentirons que ce livre a été inspiré de Dieu. Eh ! bien je vous dirai, Monsieur ; que je lis assidument l'évangile et l'épître du Dimanche, que je lis aussi un autre bon livre, l'Imitation de Jésus-Christ. Or, si je n'avais pas été averti d'avance que l'un est inspiré et que l'autre ne l'est pas, je m'y serais sûrement trompé. Je trouve que l'Evangile est bien beau, mais s'il me fallait jurer sur ma tête, par suite de ce que je sens, en le lisant, que ce livre et nulles parties de ce livre n'ont pu être l'ouvrage de l'homme, je crois que je serais bien fou de jouer ainsi avec ma vie. D'autres peuvent savoir, mais moi je ne sais pas ce qu'il faut sentir ou comment il faut sentir, en lisant un livre, pour être certain que l'on sent vraiment que ce livre est divin.
Voilà à peu près ce que j'ai dit. Notre prêcheur n'a point répondu à ces observations ; il a passé à autre chose.



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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 3:09 pm




L'INSTITUTEUR.

Il n'a pas répondu, par l'excellente raison qu'il n'avait rien à répondre. Demander à ces gens-là d'où ils viennent, qui les envoie, comment ils savent que la Bible est un livre divin, et comment ils veulent que ceux qui l'ignorent puissent apprendre, c'est les placer sur des charbons ardents. Ne soyez donc pas surpris de les voir se hâter de courir ailleurs. [Nous reviendrons dans la suite sur les divers articles du sermon de ce nouveau missionnaire et nous complèterons les sages observations que plusieurs d'entre vous lui ont faites.]

Mais auparavant, puisqu'on vous a fait, à diverses reprises, l'éloge du fameux docteur L
UTHER, si vous le trouvez bon, mes amis, je vous ferai connaître à fond ce personnage, et quelques autres encore qui ont puissamment concouru au développement et à la propagation de ce qu'on vous a préché hier et qui n'est pas autre chose que le Protestantisme, jadis décoré du faux nom de Réforme. Ces hommes sont les Saints de cette prétendue religion dont ils avaient reçu l'esprit en plénitude. C'est sous ce titre qu'ils se présentèrent autrefois à leurs sectateurs respectifs qui les regardaient comme des amis particuliers de Dieu, extraordinairement envoyés par lui, pour relever les ruines de la maison d'Israël. C'est ainsi surtout qu'apparut LUTHER ; à tel que ses aveugles disciples ne faisaient pas difficulté de pratiquer en son honneur grand nombre de superstitions papistiques. On les voyait accourir de loin, pour visiter à Eislében la petite chambre où LUTHER était venu au monde, et à Erfurt la cellule qu'il avait habitée, dans le vieux couvent des Augustins ; vénérer ces lieux, toucher dévotement les meubles qui avaient servi à l'Apôtre du Christ, et en enlever de petites parcelles, pour la guérison des maux de dents et de maux de tête.


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Message  Lucie le Dim 16 Jan 2011, 5:11 pm

D'où venez-vous ? Qui vous envoie ? Pourquoi venez-vous au milieu de nous ? Quand il arrive un nouveau Curé, nous savons qui l'envoie : c'est notre Evêque. Et notre Evêque lui-même, nous savons d'où il vient : c'est notre saint-père le Pape qui lui donne les pouvoirs d'Evêque. Quant au Pape lui-même, nous savons qu'il est le successeur de saint Pierre. Pour vous, Monsieur, nous ignorons qui vous êtes.

Demander à ces gens-là d'où ils viennent, qui les envoie [...] c'est les placer sur des charbons ardents. Ne soyez donc pas surpris de les voir se hâter de courir ailleurs.
J'ai trouvé dans un catéchisme pour les tous petits (qui place cela dans les vérités fondamentales) ceci :

Qui est-ce qui envoie les Evêques ?
Le Pape.
Qui est-ce qui envoie les prêtres ?
Les Evêques.
Si l'évêque était venu tout seul, sans être envoyé par le Pape, faudrait-il l'écouter, lui obéir ?
Non.

Et si le Président de la République envoyait un Evêque ?...
Et si M. le Préfet envoyait un curé ?...

Mgr Gaume :
D'où venez-vous ? Qui vous envoie ? Réformateurs, quels miracles accréditent votre mission ? Où est votre mandat ? De qui est-il signé ? A bas les masques. Qu'une fois du moins, on vous voie la figure.
http://messe.forumactif.org/t1049p45-a-quoi-sert-le-pape-complet?highlight=pape
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 6:46 pm

Ma chère Lucie, je suis impressionné par votre talent de recherchiste ! Very Happy

Pour le catéchisme et Mgr Gaume, en effet, et pourquoi ? parce que c'est la constitution [divine] même de l'Eglise !

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Dim 16 Jan 2011, 6:50 pm

Également, cette parfaite conformité du texte cité par moi avec les paroles de Mgr Gaume ne m'étonne guère, puisque je crois fortement que l'auteur de « Les soirées du village » est nul autre que l'abbé Alexis Pelletier, c'est-à-dire celui dont on avait coutume d'appeler « le gaumiste canadien » ...

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Message  Arthur le Dim 16 Jan 2011, 8:20 pm

Merci CMI de nous mettre en ligne ces "Soirées du village" .

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Message  Johnny le Dim 16 Jan 2011, 9:53 pm

Merci CMI, je vais tenter de suivre votre rythme.
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Mar 18 Jan 2011, 9:04 pm



On les voyait même gratter les murailles de la chambre où l'Elu du Seigneur avait vu le jour, et en emporter quelques grains de poussière qu'ils mettaient bien au-dessus de l'or et de l'argent. Le nombre de ces fervents et crédules dévots n'est pas sans doute aussi grand aujourd'hui qu'autrefois ; cependant il s'en trouve encore ; et, de nos jours même, dans un siècle aussi éclairé que le nôtre, plusieurs familles, en Allemagne, gardent comme un précieux trésor, divers objets qui ont appartenu au Bienheureux Martin LUTHER, par exemple, son anneau nuptial. Je parierais même sans crainte que, dans ces contrées-là, et peut-être ailleurs, vous rencontreriez bien des gens tout disposés à croire ce que nous content divers historiens protestants, et que voici :

Au dix-septième siècle, dans sept grands incendies qui éclatèrent à Eisleben, six fois la maison où naquit Luther fut préservée par un véritable miracle : c'est Schoepfer qui l'allirine dans un livre qui a pour titre : De l'incombustibilité de Luther. Un autre écrivain protestant, Juncker, parle d'un portrait de Luther que l'on voyait à Artern, dans le comté de Mansfeld, et qui fut trouvé intact parmi les cendres de l'appartement où on le gardait. A Ober-Rossla, selon le même Juncker, on vit le front d'un autre portrait de Luther se couvrir de sueur, tandis que le ministre déplorait le triste sort des études en Allemagne. (1)



(1) Voyez Audin, vie de Luther, 5e édition in-8°. t. 3. p. 501-502.



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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Mer 16 Fév 2011, 11:16 am

BOIRUDE.

Ma foi, nous n'en fesons pas davantage pour nos Saints, je vous l'avoue ; et il paraît clair que ces gens-là regardent bien véritablement Luther comme un Saint. Et qui sait s'ils ont tort ? Le missionnaire ne nous a dit que peu de chose, il est vrai, de cet homme-là ; mais ce qu'il nous a raconté m'a paru digne d'admiration. Luther apprit au monde à connaître la parole de Dieu ; il rendit la liberté aux chrétiens partout opprimés ; il délivra sa patrie de taxes, d'exactions intolérables : voilà de bien belles œuvres, ce me semble.


L'INSTITUTEUR.

Nous pourrons voir à loisir ce qu'il faut penser de ces grands éloges.—Donc, mes amis, avez-vous pour agréable que nous consacrions quelques-unes de nos soirées au récit de la vie du grand serviteur de Dieu et de l'admirable bienfaiteur de l'humanité, Saint Luther, comme aussi à l'histoire de divers autres Saints de la même sorte ?


LE MÉDECIN.

Pour moi, je vous entendrai volontiers sur ce chapitre, Monsieur l'Instituteur ; d'autant plus qu'ayant souvent ouï parler de Luther et de plusieurs autres, venus après lui, mes occupations multipliées ne m'ont pas permis jusqu'à présent de prendre, de ces divers personnages, une connaissance suffisante. Mais, avant tout, permettez-moi de vous demander, si ce que vous vous proposez de nous en dire, est puisé à bonne source, et si l'on peut y donner une créance entière.

Carolus.Magnus.Imperator.

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Mar 22 Fév 2011, 8:41 pm

L'INSTITUTEUR.

Oui, Monsieur. Mes récits seront puisés aux meilleures sources. Les témoins seront Luther lui-même et les autres dont nous raconterons les faits et gestes ; ou du moins ce seront des auteurs protestants. Pour ce qui est de Luther en particulier, je ne ferai guère autre chose que choisir, à ma convenance, dans son histoire, publiée par un Français, nommé Audin, sur les pièces authentiques, et avec une si grande impartialité, que personne, au moins que je sache, n'a entrepris de réfuter quoi que ce soit dans cet ouvrage, donné au publie depuis plusieurs années. Je citerai la cinquième édition in-8°.


TEISSIER.

Je serai bien aise d'entendre l'histoire de cet homme, et des autres dont vous voulez nous parler. Je comparerai la vie de ces Saints-là avec celle des nôtres que je lis les Dimanches et Fêtes, souvent en la compagnie de quelques bons amis.


BOIRUDE, MORIN, BOCHART et PRADIER.

Nous sommes dans les mêmes dispositions que M. le Médecin et le père Teissier.


L'INSTITUTEUR.

Eh bien ! commençons immédiatement. Au petit village de Mœhra, près d'Eisleben, en Saxe, vivait un pauvre paysan nommé Hans Luther, bon travailleur et bon chrétien. Il avait pour femme une pieuse servante de bains, Marguerite Lindemann, vertueuse et chaste, et que l'on regardait comme l'ornement de Mœhra.

Vers 1483, le 1er novembre, Marguerite qui était déjà mère, mit au monde un fils, à Eisleben, où elle était allée, pour acheter des provisions au marché qui avait lieu, chaque année, dans cette petite, ville. L'enfant fut baptisé le lendemain de sa naissance et nommé Martin.

Hans et Marguerite se virent bientôt chargés d'une nombreuse famille. Pour nourrir leurs enfants et les élever, il leur fallut se livrer chaque jour aux plus rudes travaux. Mais ils ne se plaignaient pas de leur condition. Ils ne murmuraient pas contre le ciel, ni l'un contre l'autre. Avec la crainte de Dieu, la paix et le bonheur régnaient dans leur ménage. Hans crut devoir échanger le métier de laboureur contre celui de mineur. La Providence bénit sa bonne conduite et sa résignation. Il prospéra peu à peu, devint maître-mineur et se vit alors en état d'élever, selon son humble condition, les nombreux enfants que le Seigneur lui avait donnés. Ce bon père priait souvent le soir auprès du lit où dormait le petit Martin, demandant à Dieu que l'enfant grandît dans sa crainte et dans son amour.

A six ans, Martin Luther savait lire et écrire couramment, et dès lors il commençait à montrer de la confiance en lui-même. C'était un enfant au caractère ardent et passionné, opiniâtre et orgueilleux. Un jour, à l'école, il se fit fouetter quinze fois dans une matinée, (1) ( La Réforme, T 3, p. 252 ) Hans et Marguerite le battaient souvent et durement. C'est lui-même qui raconte ces particularités dans ses propos de table.

Le maître-mineur Hans pouvait vivre honnêtement de son travail ; mais, père d'une nombreuse famille, sa fortune ne lui permettait pas de faire donner à Martin une éducation bien soignée. Celui-ci fut donc réduit, a Magdebourg, où il s'était rendu pour en fréquenter le gymnase ou collège, à mendier son pain de chaque jour.

Comme il avait une fort belle voix, il s'en allait chanter de temps en temps sous les fenêtres des riches qui n'avaient pas coutume de se montrer très-généreux. Enfin il trouva à Cisenach une riche et charitable veuve, Ursule Cotta, qui le reçut chez elle et pourvut à tous ses besoins. Il continua donc à étudier dans cette ville, et se distingua merveilleusement parmi tous ses condisciples.

Hans, devenu plus riche, et ravi des brillants succès de son fils, accéda, sans peine, au désir qu'il lui témoigna d'aller achever ses études à la célèbre université d'Erfurt. Là, Martin Luther cultiva avec une ardeur passionnée diverses parties de la science. Ayant eu occasion de lire la Bible au couvent d'Erfurt, il trouva tant de charmes dans la lecture de ce livre divin, qu'il se dégoûta bientôt de ses autres études, et notamment de celle du droit que son père lui faisait apprendre, dans l'espérance qu'il deviendrait un jour un habile jurisconsulte, un savant professeur, qu'il se marierait richement et ferait honneur à sa famille. Mais un événement soudain vint tout-à-coup changer la direction des idées de Martin et anéantir les plans de son père.

Un jour que le jeune Luther conversait tranquillement avec un de ses amis, nommé Alexis, celui-çi tomba tout-à-coup à ses côtés, frappé de la foudre. Aussitôt saisi de frayeur, et se croyant lui-même poursuivi par la vengeance divine, Luther courut se réfugier au couvent des Augustins d'Erfurt, surpris et affligés de sa retraite, ses professeurs dépêchèrent auprès de lui quelques-uns de ses cou-disciples qu'il affectionnait le plus. D'un autre côté, son père, informe de sa démarche, lui écrivit une lettre sévère, toute remplie de reproches. Mais ni les sollicitations de ses amis, ni le mécontentement de son père ne purent ébranler la résolution de Martin. Il voulait échapper à la colère de Dieu et sauver son âme. (I)( (1) Audin, T. I, ch. 1.)

La crainte avait conduit Luther au couvent ; elle y entra avec lui et devint sa compagne inséparable. Chaque jour elle pénétrait plus avant dans son être. L'image de son ami frappé de la foudre à ses côtés le poursuivait partout. La nuit il lui semblait entendre la voix de ce jeune homme qui l'invitait à faire pénitence. Le diable, dont le nom dans la suite revînt si souvent dans ses discours et ses écrits, s'attachait dès lors constamment à ses pas. Ses yeux en découvraient partout le fantôme menaçant. Pour échapper à ses poursuites et pour se rendre favorable le Juge Suprême des vivants et des morts, Luther se livrait sans ménagement à toutes les austérités de la pénitence. " Je jeûnais, dit-il, je veillais, je me mortifiais et je pratiquais les rigueurs cénobitiques jusqu'à compromettre ma santé." D'autre part, ses supérieurs qui s'étaient aperçus de son penchant à l'orgueil, ne lui ménageaient pas les épreuves. Il lui fallait ouvrir et fermer l'église, monter l'horloge, et, ce qui devait être bien autrement pénible pour lui, s'en aller, un sac sur le dos, mendier publiquement Frère Martin murmura de ces traitements sévères, et Staupitz, son supérieur, y mit fin.

En 1507, il prononça ses vœux, et la même année il reçut la prêtrise. Ses sentiments, en cette circonstance solennelle, étaient ceux d'un homme pénétré de la haute dignité du sacerdoce et de ses fonctions. " C'est aujourd'hui, écrivait-il à un ami, que je dirai ma première messe ; venez l'entendre. Pauvre jeune homme, indigne pécheur ! Dieu, dans ses trésors de miséricorde, a daigné me choisir; je tâcherai de me rendre digne de sa bonté, et autant qu'il est possible à la poussière, comme moi, d'accomplir ses desseins. Pries pour moi, mon cher Braw ; que mon holocauste soit agréable an Seigneur."

Luther monta tout tremblant à l'autel, et au canon de la messe, il l'aurait quitté, si le prieur ne l'eût retenu.

Hans, le vieux mineur, qui avait donné enfin, quoique à regret, son consentement aux désirs de son fils, assista à sa première messe et au repas qui la suivit. Mais il parut triste et sévère, et dit qu'il craignait bien que Martin n'eût manqué sa vocation. Le bon homme disait plus vrai qu'il ne pensait.

Luther, religieux et prêtre, n'en continua pas moins à être en proie à la terreur. Le chant, la musique, et surtout la lecture, à laquelle il se livrait avec une excessive ardeur, apportaient bien quelque soulagement à ses maux ; mais à peine rendu à lui-même, il retombait dans son état habituel. Sa piété, mal éclairée, il est vrai, était néanmoins très-sincère et très vive. " On le voyait, dit M. Audin, aux pieds des autels, les mains jointes les yeux levés au ciel, et tout pleins de larmes, demandant pardon â Dieu. Souvent la nuit il s'agenouillait au chevet de son lit et restait en oraison jusqu'au lever du soleil. Un jour la porte de sa cellule ne s'ouvrit pas à l'heure accoutumée; ses maîtres étaient inquiets; on frappa à la cloison de son oratoire; personne ne répondit. On prit le parti d'enfoncer la porte, et on trouva le frère dans un état extatique, la face contre terre et respirant à peine. Alors un moine prenant sa flûte, se mit à jouer un des airs qu'aimait Luther, qui revint doucement à la lumière. Enfin un jour que le pauvre Martin, devenu pâle et décharné, promenait çà et là sa sombre tristesse, un vieux moine qu'il rencontra lui dit que, pour dissiper ses craintes, il lui suffisait d'avoir la foi ; de croire que ses péchés lui étaient pardonnés ; car qui croit aime et qui aime sera sauvé.

Ce peu de paroles opéra dans Luther un changement extraordinaire, et bannit pour un temps la frayeur de son âme (1) (1. Audin, T. I, p. 72-80)

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Message  Monique le Mar 22 Fév 2011, 9:04 pm

Merci CMI, très intéressant...excellent bouquin. Wink
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Message  ROBERT. le Mer 23 Fév 2011, 7:46 pm

Monique a écrit:Merci CMI, très intéressant...excellent bouquin. Wink

idem
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Message  Johnny le Mer 23 Fév 2011, 8:52 pm

même chose ici, je suit le fil avec enthousiasme.
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. le Jeu 24 Fév 2011, 12:07 am

BOIRUDE.

Eh bien! mes amis, le nouveau missionnaire nous a-t-il trompés, quand il nous a fait l'éloge de Luther? N'est-ce pas un vrai Saint, d'après tout ce que vient de nous en dire M. l'instituteur ? Qu'en pensez-vous, père Teissier? Vous qui avez lu la vie des Sants ne trouvez-vous pas que Luther leur ressemble beaucoup .


TEISSIER.

Oui, mais Lutter est encore catholique. Or, c'est la vie d'un saint protestant que M. l'instituteur a promis de nous raconter Attendons.


L'INSTITUTEUR.

Peu de temps après son retour de Rome, où il avait été envoyé pour des motifs qui ne nous sont pas connus (2)( 2. Audin T. I, p 88) Luther fut nommé professeur à l'université de Wittamberg, ensuite prédicateur de la ville ; enfin en 1512 il fut fait docteur en théologie. Dans la chaire de prédicateur, comme dans celle de professeur, il obtint les plus brillants succès. Il était l'idole de la jeunesse des écoles. La malignité, naturelle au cœur humain, aimait surtout à le voir pour suivre de ses sarcasmes et de son ironie amère, une classe de savants qu'on appelait les scholastiques, autrefois très-respectés, mais alors en butte à des haines violentes. Luther excellait dans la satyre ; (1) (Audin, ch. VI.) mais non pas à prêcher purement la parole de Dieu ; car dès les commencements, l'on vit poindre dans ses sermons ces trois grandes erreurs qu'il proclama dans la suite à la face du soleil, et soutint avec une in domptable opiniâtreté: la servitude de la volonté humaine, la justification par la foi seule, et l'inutilité des bonnes œuvres. (2) ( Audin, T 1, p. 109.)

Nommé visiteur des couvents de sa province, Luther recommanda dans les divers monastères principalement deux vertus, l'humilité et la charité ; mais avant tout l'humilité qu'il appelait la mère de la charité. (3) (Audin, T. 1, p. 115.) C'était bien l'esprit de lumière qui lui mettait à la bouche ces excellents conseils, afin, sans aucun doute, qu'il se les appliquât d'abord à lui-même. Ils lui étaient alors très-particulièrement nécessaires. En effet, l'extraordinaire confiance qu'on lui témoignait dans son ordre, et les applaudissements qu'on lui prodiguait au dehors, suscitait dans son âme de terribles luttes où la vanité et l'orgueil n'avaient pas toujours le dessous. (1)( T. 1, p. 116 et 117 ) C'est vers ce temps que ses hardiesses doctrinales deviennent plus grandes et plus scandaleuses encore. C'est vers ce temps aussi qu'à l'exemple de tous les sectaires, il commence à se couvrir du masque de l'hypocrisie et à recourir au mensonge. (2) (Audin, T. I, p. 191-104.) Un petit reste de chaleur vitale se conserve encore dans son âme, mais l'étincelle menace de s'éteindre bientôt. " Priez pour moi, écrit-il au prêtre Leitzken, car chaque jour m'amène une misère nouvelle. Chaque jour je fais un pas vers l'enfer." (3) T. 1 p. 120.

Les tentations de Luther et ses tourmens intérieurs ne diminuaient rien de sa confiance en lui-même et de son mépris pour les autres, surtout pour ses adversaires qu'il traitait dès lors avec une extrême insolence. Dès l'an 1516, il faisait circuler en Allemagne grand nombre d'assertions ou de thèses qu'il nommait ses paradoxes, et où il soutenait que l'homme n'est pas libre, qu'il pèche mortellement dans ses meilleures actions ; que la foi seule justifie, et beaucoup d'autres propositions qui devaient paraître autre chose que des paradoxes. (4) (Audin, Vie de LEON X, 1 vol., p. 600,)

Sur ces entrefaites, on commença à prêcher en Allemagne l'indulgence que le Pape Léon X venait d'accorder pour obtenir, par les aumônes qui seraient faites à cette occasion, les sommes nécessaires pour l'achèvement de la magnifique église de St. Pierre de Rome. II paraît qu'il se passa bien des abus dans la collection de ces aumônes et dans les exhortations adressées aux fidèles par certains prédicateurs. (1) ( Audin, T. 1 ,p, 122 et 121.) Ces abus et, bien plus encore, la jalousie dont se sentirent piqués les Augustins, en voyant la préférence donnée sur eux aux Dominicains, à qui l'on avait confié le soin de prêcher l'indulgence, excitèrent le zèle ou plutôt la colère de Luther. Les succès de Tetzel, chef des Dominicains prédicateurs de l'indulgence, troublaient son sommeil. C'est pourquoi, afin de venger l'honneur de Dieu et celui de son ordre, et plus encore pour profiter d'une occasion favorable de faire du bruit dans le monde, et d'arriver à je ne sais quoi d'inconnu où aspirait sa fougueuse nature, frère Martin, après y avoir sérieusement pensé, mais pourtant de son aveu, (2)( Audin, T. 1, p. 136 et 201) sans savoir au juste ce que c'était que l'indulgence, monta en chaire où il attaqua rudement, non pas l'abus des indulgences, mais les indulgences elles-mêmes dont il niait ou révoquait en doute l'efficacité ; foulant aux pieds la tradition de l'Eglise, et prétendant s'appuyer uniquement sur l'Ecriture interprétée par lui-même. Tetzel répondit avec solidité au sermon de Luther, qu'il réfuta par écrit, proposant ensuite follement, au moine Augustin, l'épreuve de l'eau et du feu. Luther répondit à Tetzel : " Je me moque de tes cris comme des braiements d'une âne. Au lieu d'eau, je te conseille le jus de la treille ; et en place du feu, hume, mon ami, l'odeur d'une oie rôtie." (1) – (Audin, T. 1, p. 139 et 140).

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Message  Catherine le Jeu 24 Fév 2011, 3:19 pm

Merci CMI pour ce livre très intéressant....!!!! avec son titre très visible dans la liste des sujets! Laughing
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