archéologie et respect des morts

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archéologie et respect des morts

Message  JCMD67 le Mer 01 Avr 2009, 11:31 am

bonjour à tous,

lucie me demande:

Lucie a écrit:On a découvert récemment des sépultures de morts mérovingiens et carolingiens.

En regardant les images, je me suis demandée si vraiment il était bon de déterrer des morts à des fins curieuses comme l'archéologie le fait, et ensuite de dépouiller les morts pour exposer les trouvailles dans les musées. On sait qu'il s'agit d'une oeuvre de miséricorde d'enterrer les morts. On parle également de profanation de sépulture.

Du coup, je voudrais savoir ce que l'Eglise dit à ce propos.

qu'en pensez-vous?
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Re: archéologie et respect des morts

Message  Diane le Mer 01 Avr 2009, 6:24 pm

JCMD67 a écrit:bonjour à tous,

lucie me demande:

Lucie a écrit:On a découvert récemment des sépultures de morts mérovingiens et carolingiens.

En regardant les images, je me suis demandée si vraiment il était bon de déterrer des morts à des fins curieuses comme l'archéologie le fait, et ensuite de dépouiller les morts pour exposer les trouvailles dans les musées. On sait qu'il s'agit d'une oeuvre de miséricorde d'enterrer les morts. On parle également de profanation de sépulture.

Du coup, je voudrais savoir ce que l'Eglise dit à ce propos.

qu'en pensez-vous?


Nous y reviendrons demain!

Il nous faut chercher dans les textes de l'Église et aujourd'hui le temps est court! !

A demain ! ! Wink

Merci de votre patience
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Re: archéologie et respect des morts

Message  JCMD67 le Mer 01 Avr 2009, 6:26 pm

Merci à vous.
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Re: archéologie et respect des morts

Message  gabrielle le Jeu 02 Avr 2009, 10:44 am

Voici ce que j'ai trouvé:

ALLOCUTION AU VIIe CONGRÈS INTERNATIONAL D'ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE

(7 septembre 1958) 1


Recevant en audience, le dimanche 7 septembre, les quelque cinq cents participants au 7e Congrès international d'Archéologie classique, le Saint-Père prononça en français l'allocution suivante :

Nous sommes heureux, Messieurs, de pouvoir saluer dans Notre maison un groupe de savants si éminents. Il y a près de vingt ans qu'a eu lieu le dernier Congrès international d'archéologie classique, et depuis lors le monde a été secoué par des événements tels que rarement l'histoire de l'humanité en a enregistré d'aussi démesurés et tragiques dans un si court laps de temps. La ville même, où s'est tenu le VIe et dernier de vos congrès internationaux, Berlin, reste le signe de bouleversements, qui ne sont pas encore parvenus à leur terme.

Nous avons pris attentivement connaissance du programme de votre Congrès, et Nous sommes frappé de la vaste étendue du domaine qu'il embrasse : domaine englobant tout l'Imperium Romanum et pénétrant en des territoires plus éloignés, jusqu'à l'Inde, aussi loin que l'on trouve quelque trace des cultures des anciens Grecs et Romains et de la période hellénistique. La richesse des thèmes que vous allez traiter Nous impressionne également. Quant aux questions de méthode et de technique, elles prouvent qu'on dispose aujourd'hui de moyens d'investigation incomparablement plus favorables à l'archéologie qu'aux XVIIIe et XIXe siècles. Le sujet des conférences et des discussions éclaire à son tour la tendance de l'archéologie classique actuelle à s'intégrer dans le temps qu'elle étudie, à replacer surtout les œuvres d'art dans leur contexte historique, et spécialement dans l'ambiance spirituelle où elles sont nées. « L'art antique a-t-on dit, est ainsi vu dans son historicité. »

Les Papes et l'archéologie.


La remarque faite, il y a trois ans, au début de Notre message au Xe Congrès international des Sciences historiques 2, vaut également pour les membres de votre Congrès : Nous n'avons nullement l'impression de rencontrer des inconnus ou des étrangers. Votre science même a fait de vous tous, depuis longtemps, des familiers de Rome. L'archéologie classique vous met cependant en rapport plus intime encore avec la Papauté. Si on laisse de côté l'âge de la Renaissance et de l'humanisme, au cours duquel les papes auraient plutôt montré trop d'intérêt à faire revivre l'antiquité, il est à noter que les premières grandes moissons récoltées par l'archéologie classique des temps modernes ont été mises en sûreté et valorisées sous la protection et avec l'aide active des papes. Nous pourrions énumérer ici tous Nos prédécesseurs de 1730 à 1870. Si d'une part le premier printemps de l'archéologie classique fleurit autour de Jean Joachim Winckelmann, la Papauté présente par ailleurs en Pie VI l'authentique fondateur du musée Pio-Clementino. A côté de ce musée, riche en monuments d'art et de culture classiques, les autres collections antiques de la Rome des papes tiennent dignement leur place, et en premier lieu, le musée du Capitole, qui doit tant à Benoît XIV. Ce pontife érudit, qui sauva en outre le Colisée, faisait vivre quatre Académies, dont l'« Aceademia della Storia e délie Antichità Romane ». Nous devions cette mention spéciale au pape Lambertini, au moment où l'on célèbre le deuxième centenaire de sa mort.

Les raisons d'être de l'archéologie.


L'objet spécifique de l'archéologie est le témoignage monumental : créations de l'art, productions de l'industrie, inscriptions des époques ou des cultures en question, mais non le domaine littéraire. Si donc les découvertes archéologiques restent la première source pour l'histoire de l'art antique, et même, pour la préhistoire, la source unique, leur tâche pour l'époque historique, sera toujours de confirmer, rectifier, compléter les sources littéraires, à mesure que celles-ci se multiplient. Il est bon d'attirer sur ce point l'attention des profanes en la matière. Si de fait aucune fouille ne peut remplacer la magnifique et vivante description que fait de la culture Cretoise et mycénienne la poésie d'Homère, cette poésie ne se peut comprendre à fond, si on ne l'éclaire par les recherches archéologiques.

On trouve d'autres exemples très semblables, aux premiers siècles du christianisme, pour lesquels les sources littéraires dominent. Qu'on pense aux images toujours vivantes, que nous transmettent les Actes des Apôtres et les lettres de saint Paul, qui datent des débuts de l'histoire de l'Eglise.

La connaissance de ces origines resterait bien obscure, si on voulait la fonder uniquement sur les découvertes de l'archéologie, qui pourtant gardent une valeur irremplaçable en ce qu'elles confirment les sources littéraires. Celles-ci nous avaient déjà fait connaître les papes du IIIe siècle.

Et cependant ce fut un événement, lorsque Jean-Baptiste De Rossi, il y a quelque cent ans, mit à jour dans les catacombes de Calixte, la crypte — aujourd'hui bien connue — des Papes avec les inscriptions originales en langue grecque de Pontien, Fabien, Antère, Lucius et Eutychien. Les sources littéraires attestent suffisamment que Pierre était le chef de la communauté chrétienne de Rome et qu'il donna le témoignage du sang. L'impression n'en fut pas moins très profonde partout, quand les fouilles effectuées sous l'autel de la Confession de saint Pierre firent toucher du doigt la vérité de cette assertion.

Les relations entre l'Antiquité et le Christianisme.


Ce que Nous avons remarqué de l'appui donné par la Papauté à l'archéologie classique, Nous donne l'occasion de revenir sur les relations entre l'antiquité et la chrétienté, l'antiquité et l'Eglise, et de Nous y arrêter au moins un instant.

C'est un fait, constatons-le tout d'abord, que le christianisme a vécu sa première jeunesse et s'est développé au sein de la culture hellénistique-romaine. Celle-ci avait créé dans l'Empire une civilisation uniforme, qui fut pour l'Eglise un avantage inappréciable, lorsqu'elle commença à s'étendre et à s'implanter. L'histoire de l'Eglise devra toujours, en traitant de cette première période si décisive, donner à ce fait son juste relief.

Dans l'histoire de la chrétienté occidentale, l'antiquité fut, et demeure, une grande force éducatrice. Bien qu'elle se sépare consciemment de la Renaissance et de l'humanisme, la restauration religieuse, qui couvre la seconde moitié du XVIe et le XVIIe siècles — la période du « baroque » — a gardé le meilleur de la culture antique. Et voici que l'Eglise, universelle déjà dans son essence même, le devient aussi dans sa réalité géographique.

Elle compte depuis longtemps de nombreux centres hors d'Europe. Elle peut s'adonner à sa mission en tout temps et en tout lieu. Le contact avec l'antiquité gréco-romaine n'en est pas perdu cependant. Nous en trouvons un témoignage chez la jeunesse étudiante catholique d'Afrique centrale, du Congo Belge par exemple, qui, formée à l'humanisme dans les écoles catholiques, montre une compréhension surprenante du monde antique et de ses classiques, surtout de ceux qui, comme Cicéron, traite largement des idées. La culture qui prévaut actuellement, sous des traits communs, en Europe et en Amérique, semble à la jeunesse africaine plus décousue et contradictoire que la culture antique. On pourrait multiplier les exemples.

Tout ceci prouve qu'il ne suffit pas d'envisager les relations entre l'antiquité et le christianisme d'un point de vue purement historique, mais qu'il faut considérer leur réalité permanente. Ainsi même les maîtres de la pensée et les écrivains des premiers temps de l'Eglise désignaient-ils l'antiquité classique comme une « praeparatio evangelica »,….(extraits)


1 D'après le texte français des A. A. S., L, 1958, p. 679.
2 Le 7 septembre 1955 ; cf. Documents Pontificaux 1955, p. 286. ( Je ne possède pas cette année)

Documents Pontificaux de Sa Sainteté Pie XII 1958
Réunis et présentés par Mgr Simon Delacroix
Éditions Saint-Augustin
Saint Maurice (Suisse)
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