L’ANTECHRIST

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L’ANTECHRIST

Message  Diane le Dim 01 Fév 2009, 9:34 am

CHAPITRE PREMIER



TROIS PORTRAITS DE L’ANTECHRIST TRACES PROPHETIQUEMENT DANS LA BIBLE.





PORTRAIT DANS LE LIVRE DE DANIEL : La petite corne grandissante.


«Je regardais dans une vision nocturne, et voici, il y avait une quatrième bête, terrible, et étonnante, et extraordinairement forte ; elle avait de grandes dents de fer ; elle dévorait, mettait en pièces..., et elle avait dix cornes1. Je considérai les cornes, et voici, une autre corne, petite, s’éleva au milieu d’elles ; et trois des premières cornes furent arrachées de devant elle : et voici, des yeux comme des yeux d’un homme étaient dans cette corne, et une bouche qui proférait de grandes choses... Mon esprit fut épouvanté : moi, Daniel, je fus effrayé par ces choses, et les visions de mon esprit me troublèrent. Je m’approchai d’un de ceux qui étaient là 2, et je lui demandai la vérité sur toutes ces choses... Je désirai vivement savoir... ce qu’étaient les dix cornes, et cette autre corne qui avait surgi et devant laquelle trois des cornes étaient tombées, cette corne qui avait des yeux et une bouche proférant de grandes choses, et son apparence était plus grande que celle de ses compagnes. Je regardais : et voici que cette corne faisait la guerre aux saints ; et elle l’emportait sur eux...

Et (l’ange) me parla ainsi :... Les dix cornes, ce sont dix rois : et un autre s’élèvera après eux : et il différera des premiers ; et il abattra trois rois. Il proférera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très- Haut, et il pensera qu’il pourra changer les temps et les lois ; et ils seront livrés entre ses mains pendant un temps et des temps, et la moitié d’un temps. Et le jugement se tiendra, afin que la puissance lui soit enlevée, qu’il soit détruit et qu’il disparaisse à jamais». (Daniel, VII, 7, 8, 15, 16, 19, 20, 21, 23, 24, 25, 26)

Dans cette petite corne grandissante les Pères, notamment saint Irénée, Théodoret, Lactance, saint Jérôme, les commentateurs modernes, Maldonat, Cornelius a Lapide, Calmet, etc., et de nombreux exégètes contemporains, soit catholiques, soit protestants, ont vu à bon droit la figure de l’Antéchrist. La corne est le symbole de la force et de la puissance. Chez certains animaux elle est la grande arme offensive et défensive.

Avant les découvertes assyriologiques, il était assez difficile de s’expliquer pourquoi Daniel avait, de préférence, employé ce symbole pour décrire l’Antéchrist. Aujourd’hui rien ne paraît plus naturel. Dans le milieu chaldéen où vivait ce prophète, les statues des dieux et des rois babyloniens portaient des cornes à leurs tiares. Disposées avec grâce à la base de ces tiares et uperposées les unes aux autres, elles constituaient de véritables ornements3. Il est donc tout naturel que l’inspiration divine voulant caractériser les développements et la puissance de la domination de l’Antéchrist, ait porté Daniel vivant et écrivant à Babylone à le représenter sous le symbole d’une petite corne grandissante.

1 Cet animal extraordinaire, si terrible que Daniel peut à peine trouver des paroles pour le décrire, représente, dans la vision, l’Empire romain. Il succède au lion (Empire chaldéen), à l’ours (Empire médo-perse), au léopard (Empire d’Alexandre) (Daniel, VII. 1-7) - Les dix cornes, chiffre rond, représentent des rois ou des royaumes puissants qui se sont formés du démembrement de l’Empire romain par les Barbares. De ces multiples États surgira la petite corne grandissante ou l’Antéchrist.

2 L’un des esprits célestes.

3 M. de Longpérier, décrivant un dieu assyrien, dit «Les cornes du taureau qui décorent la tiare de cette figure sont un signe de puissance et de gloire... La manière dans les cornes sont rangées à la base de la tiare nous explique de quelle façon le prophète Daniel concevait la disposition des dix cornes du quatrième animal symbolique qu’il vit en songe». (Notice des antiquités assyriennes, p. 30).



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Message  Diane le Lun 02 Fév 2009, 5:27 pm

PORTRAIT DANS L’APOCALYPSE : La Bête.



«Je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphèmes. Et la bête que je vis était semblable à un léopard, et ses pieds étaient comme les pieds d’un ours, et sa gueule comme la gueule d’un lion ; et le dragon lui donna sa force et une grande puissance. Et je vis une de ses têtes comme blessée à mort, mais cette blessure mortelle fut guérie, et la terre entière fut dans l’admiration, à la suite de la bête. Et ils adorèrent le dragon qui avait donné la puissance à la bête ; et ils adorèrent la bête, en disant. Qui est semblable à la bête ?

Et qui pourra combattre contre elle ? Et il lui fut donné une bouche qui proférait de grandes choses et des blasphèmes ; et le pouvoir lui fut donné d’agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné le pouvoir de faire la guerre aux saints, et de les vaincre ; et la puissance lui fut donnée sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et toute nation. Et tous les habitants de la terre l’adorèrent, ceux dont les noms n’ont pas été inscrits, depuis la création du monde, dans le livre de l’Agneau qui a été immolé». (Apocalypse, XIII, 1. VIII)

Dans ce second portrait, c’est à une Bête monstrueuse que l’Antéchrist est comparé. On ne peut guère douter, en effet, que cette bête, munie de toute la puissance de Satan et adorée avec lui, ne soit la figure de l’Antéchrist. Tel a été le sentiment commun des commentateurs chrétiens, depuis les temps anciens jusqu’à nos jours. L’emploi de cette expression «la bête, montre que, dans l’être en question, le caractère bestial dominera, à la place des sentiments humains. La robe du léopard, les pieds de l’ours et la gueule du lion indiquent aussi qu’il réunira la ruse, la férocité et la force.

C’est avec raison que les exégètes reconnaissent également dans la Bête de l’Apocalypse le symbole de la Cité du mal avec les grands empires païens qui s’y sont succédé. Mais tous ces empires païens de la Cité du mal viendront aboutir et se résumer dans la personne de l’Antéchrist. Les prophètes présentent et comprennent souvent sous une seule figure plusieurs choses qui arriveront en divers temps, lorsqu’elles ont quelque rapport entre elles. On le constate par cette explication qui fut donnée à saint Jean dans une autre vision de la Bête, symbole, cette fois, de la Cité du mal (Apoc., XVII, 1-XVIII). «L’ange me dit : Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise : ce sont aussi sept rois (ou sept empires), dont cinq sont tombés ; l’un existe encore, et l’autre n’est pas encore venu ; et, quand il sera venu, il faut qu’il demeure peu (Id., XVII, 9-10). Toute la malice et toute la puissance de ces différents empires, qui se sont succédé dans la Cité du mal, figurée par la Bête et ses accessoires, viendront se personnifier et se récapituler dans un individu : l’Antéchrist. C’est donc avec raison que ce nom «la Bête» lui est aussi attribué.


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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Mar 03 Fév 2009, 4:46 pm

CHAPITRE II : PERSONNE, REGNE, PERSECUTION. - FIN DE L’ANTECHRIST.


- I - CHOSES CERTAINES



PREMIÈRE CERTITUDE : L’Antéchrist sera une épreuve pour les bons, un châtiment pour les impies et les apostats.

a) Épreuve : «Voici que cette corne faisait la guerre aux saints ; et elle l’emportait sur eux». (Dan., VIII, 21) - « Et il lui fut donné (à la Bête) le pouvoir de faire la guerre aux saints et de les vaincre». (Apoc., XIII, 7)

b) Châtiment : «L’avènement de cet impie aura lieu... avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. C’est pourquoi Dieu leur enverra une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’auront pas cru à la vérité, mais qui auront consenti à l’iniquité, soient condamnés». (II Thes., II, 9-11) - Dieu ne place la pierre d’achoppement sur la voie des méchants que lorsqu’ils ont mérité pleinement la punition : ils mettent alors le comble à leurs crimes.

C’est donc par une permission divine que s’accomplira l’avènement de l’Antéchrist. Afin d’éprouver, d’une part, la foi des élus, afin de châtier, d’autre part, l’apostasie d’un grand nombre, Satan recevra, comme à l’égard de Job, la liberté d’exercer pour un temps sa funeste puissance contre le genre humain. C’est alors que surgira celui que saint Irénée appelle le résumé de toute malice1, et que se lèvera ce temps de persécution dont Notre-Seigneur a dit : «il viendra un temps tel qu’il n’y en a pas eu de pareil depuis que les peuples ont commencé» (Math., XXIV, 21).






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Dernière édition par Rosa Mystica le Sam 14 Fév 2009, 10:54 am, édité 1 fois
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Re: L’ANTECHRIST

Message  gabrielle le Dim 08 Fév 2009, 5:06 pm

Le diable est parvenu à se débarasser de la Messe au moyen des hérétiques, faisant d'eux les précurseurs de l'Antichrist qui, avant toute choses, cherchera à abolir, et en fait parviendra à abolir, comme châtiment pour les péchés des hommes, le Saint Sacrifice de l'Autel, précisément comme Daniel l'avait prédit.

Saint Alphonse de Liguori, in "Call of Ages" Dr Thomas Petrisko, p. 331
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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Ven 13 Fév 2009, 10:54 am

DEUXIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist sera un homme, un individu.
«Il faut qu’on ait vu paraître l’homme de péché». (II Thess., II, 3)



L’Antéchrist n’est donc pas une fiction, un mythe, ainsi qu’une plume de critique légère, celle de Renan, s’est efforcée de l’établir (Renan. L’Antéchrist, Paris 1873. p. 478. 479). Il ne doit pas davantage être confondu avec une secte quelconque, une collection d’impies, un milieu d’athéisme, une période de persécution, ainsi que l’ont pensé certaines âmes pieuses. L’Antéchrist sera une réalité individuelle, une personne, surgissant, il est vrai, à une époque d’athéisme et de sectes perverses, mais, tout en ayant des liens étroits avec ces sectes et ce milieu d’athéisme, il ne laissera pas que d’être lui-même une personne, un individu «ayant les yeux d’un homme et une bouche qui proférait de grandes choses et des blasphèmes», (Dan., VII, 8, 20 ; Apoc., XIII, 5)

TROISIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist ne sera pas Satan incarné, ni un démon sous une apparence humaine, mais un membre de la famille humaine, un homme, rien qu’un homme.«L’homme de péché» (II Thess., II, 3) Sans doute cet être recevra les inspirations de Satan et sera comme son instrument ; Satan sera son conseiller et son inspirateur invisible : il lui prêtera son appui, ses pouvoirs, mais il ne sera pas l’Antéchrist lui-même2.





2 «Dicendum est, Antichristum non solum futurum verum hominen, sed etiam veram humanam, propriam, et
connaturalem humanitati ; itaque non erit persona dæmoni sin carnata». (Suarez, De Antich., Sect. I, n°5) - S.
Thom. Sum. theol. P. IIIa, , q. 8, a. 8. «Erit homo (non dæmon incarnatus, ut quidam Scholastici opina tisunt) ;
sed homo pessimus». (Van Steenkiste. Pauli Epistolæ, t. II, p. 276)
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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Sam 14 Fév 2009, 5:39 pm

QUATRIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist sera séducteur par certaines qualités de sa personne.


«Cette corne, avait des yeux comme les yeux d’un homme, et une bouche qui proférait de grandes choses». (Dan., 7, VIII) - «Et il fut donné à la bête une bouche qui proférait de grandes choses». (Apoc., XIII, 5)

- «Et ils adorèrent la bête, disant : Qui est semblable à la bête ?» (Id., 4) - «L’avènement de cet impie aura lieu avec toutes les séductions de l’iniquité». (II Thess., II, 8, 10)

C’est une erreur populaire que de se représenter l’Antéchrist sous des dehors repoussants, comme un résumé de toutes les laideurs physiques. Elle provient probablement de l’interprétation donnée à ces traits du portrait dans l’Apocalypse: «Je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphèmes. Et la bête que je vis était semblable à un léopard, et ses pieds étaient comme les pieds d’un ours, et sa gueule comme la gueule d’un lion». (Apoc., XIII, 2)

Loin de représenter l’extérieur physique de l’Antéchrist, ce passage symbolique n’a pour but que de donner une idée de sa vaste puissance, et de l’étendue de son empire, choses dont il sera bientôt question. Les divers textes, qui ont été rappelés, prouvent, au contraire, que la personne de l’Antéchrist ne manquera pas d’attraits séducteurs. Si, en effet, la description de Daniel met les yeux de l’Antéchrist en relief : Cette corne avait des yeux comme les yeux d’un homme, c’est que les yeux dénotent l’intelligence, la clairvoyance, l’habileté. Mais, parmi les charmes séducteurs, Daniel et l’Apocalypse s’accordent à signaler, comme devant certainement présenter plus de dangers, le charme de la voix et de l’éloquence : Et il fut donné à la bête une bouche qui proférait de grandes choses. De grandes choses ! Les interprètes donnent généralement à ces expressions le sens de paroles exorbitantes, de paroles d’orgueil, de révolte..., des énormités.

Mais le mot hébreu dans Daniel « » signifiant «grand-grand» indique qu’il peut s’agir aussi de paroles sublimes, éloquentes et entraînantes. L’Ange déchu ayant choisi l’Antéchrist comme chef visible de la suprême bataille à livrer contre le Christ et Son Église, il lui communiquera quelque chose des charmes naturels et incomparables que l’Éden contempla autrefois avec étonnement dans Lucifer, charmes qui ne lui ont pas été retirés, mais dont il abuse pour faire le mal.

Sous cette influence occulte, le sublime, dans la bouche du fils de perdition, s’unira au blasphème ; et cette tentation du sublime sera si attrayante, que les élus seraient séduits, si les élus pouvaient l’être (Math., XXIV, 24). Il y a plus : Le portrait, tracé dans l’épître aux Thessaloniciens, laisse apercevoir chez l’Antéchrist une puissance de séduction plus vaste que celle de la voix et de l’éloquence : Avec toutes les séductions de l’iniquité, y est-il dit ; par conséquent, séduction d’une belle prestance et d’un beau visage, séduction du génie, séduction d’une fausse vertu, séduction de prestiges et de prodiges menteurs, unis à la séduction de la voix et de l’éloquence. Et c’est pourquoi la terre, séduite et dans l’admiration s’écrie: Qui est semblable à la bête ?



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Message  Diane le Lun 16 Fév 2009, 4:29 pm



Sur le tympan de Saint-Basile d’Étampes nous voyons une bête à sept têtes dont les têtes recrachent des personnages inanimés, dont un seul se relève (Il est actuellement cassé en grande partie, mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’il se relève). A gauche le même personnage, inerte, les bras ballants, est entre les mains d’un démon qui porte deux cornes.




Antéchrist sur la fresque murale du vestibule de la façade du vestibule de l’église San Pietro al Monte, à Civate. Cette fresque est du troisième quart du XIe siècle d’après les spécialistes. A Étampes comme à Civate, nous voyons se faire manipuler comme une marionnette un personnage énigmatique, juste à côté de la Bête à sept têtes.



Voici la scène de l’église San Pietro. A gauche de la Bête à sept têtes, un mystérieux personnage brandit vers elle un enfant- marionnette, lui même tourné, en position d’adorateur, vers ce Dragon. Ce sont des damnés.



Ci-contre une dichotomie analogue à celle de Civate entre le Christ céleste et l’Antéchrist terrestre, dans une enluminure du XIIIe siècle, où l’Antéchrist est manipulé par un démon comme à Étampes (vers 1230, extrait d’un dessin mis en ligne et copyrighté par l’IRHT).



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Message  Diane le Mar 17 Fév 2009, 5:51 pm

CINQUIÈME CERTITUDE : Les débuts de l’Antéchrist seront humbles et peu remarqués. «Je considérais les cornes, et voici, une autre corne, petite, s’éleva au milieu d’elles».. (Dan., VII, VIII) L’expression «petite» désigne une puissance faible à ses débuts ; elle paraîtra tout d’abord insignifiante.3

SIXIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist grandira et fera des conquêtes.
«Trois des premières cornes furent arrachées de devant elle». (Dan. VII, VIII) - «Cette corne, son apparence était plus grande que celle de ses compagnes». (Id. 20) - «Et (l’ange) me parla ainsi : Les dix cornes, ce sont dix rois et un autre s’élèvera après eux... ; et il abolira trois rois». (Id., 24)


L’Antéchrist grandit jusqu’à devenir roi, et roi conquérant. Trois des dix cornes, c’est-à-dire trois des dix États issus, démembrés de l’ancien empire romain, tombent sous sa puissance. Ils sont arrachés «de devant lui» ; hébraïsme, qui équivaut à : arrachés par lui. Aussi est-il noté que l’aspect de la petite corne est devenu plus grand que celui de ses compagnes.

Cette dénomination de «compagnes appliquée aux dix cornes indique que les dix plats existent simultanément ; l’Antéchrist, onzième corne, a surgi et grandi au milieu d’eux, et il vient d’en abattre trois».

S’il est dit par l’Ange qu’un autre s’élèvera après eux, l’expression «après eux» ne signifie pas que l’Antéchrist n’apparaîtra qu’après la disparition des dix rois ou des dix États, puisque, d’après le verset 8

(cinquième certitude), la petite corne (l’Antéchrist) surgit, s’élève au milieu des dix États (des dix cornes), et qu’il vient d’en abattre trois. Que signifie donc l’expression «après eux» ? Elle signifie que le royaume de l’Antéchrist proviendra de la même source que les autres qui l’ont précédé, c’est-à-dire des débris de l’ancien empire romain.

3 «Est certum Antichristum non habiturum aliquod regnum Jure hæreditario, sed habiturum potius humilem originem, et paulatim ac fraudulenter regnum occupaturum». (Suarez, De -Antichr., sect. V, n°2)

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Message  Diane le Mer 18 Fév 2009, 6:03 pm

SEPTIÈME CERTITUDE : L’empire de l’Antéchrist deviendra universel.

«Et la puissance fut donnée à la Bête sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue, sur toute nation». (Apoc., XIII, 7)

Cette accumulation d’expressions ne laisse aucun doute sur l’universalité de l’empire de l’Antéchrist. Il deviendra, soit par lui-même, soit par ses lieutenants, maître du monde. Ce sera alors la catholicité de l’antichristianisme en face de la catholicité de l’Église. De même que Notre- Seigneur a mérité de racheter par Son sang l’humanité tout entière (Apoc., V, 19), ainsi l’Antéchrist, par une rage d’opposition et par une permission divine, étendra, pour un temps, son joug de fer et d’impiété sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et toute nation2. Les découvertes modernes, qui abrègent le temps et font disparaître les distances, montrent que l’homme de péché ne manquera pas de moyens pour arriver à cette domination. À la facilité des communications, il joindra à son service la puissance dite scientifique, avec tout ce qu’on y mêle d’anti-rationnel et d’antichrétien.

Centralisant aussi les forces de l’esprit révolutionnaire, il entraînera les foules qui ne sont que trop souvent prêtes à aller au devant de toutes les servitudes. Avec l’appui qu’il trouvera dans les sociétés antichrétiennes 3, cet ennemi de Jésus-Christ pourra former en peu de temps un empire gigantesque.



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Message  Diane le Ven 20 Fév 2009, 7:24 pm

Un écrivain de premier mérite, Donoso Cortès, a eu comme une intuition de cet empire néfaste, dans les projets actuels de la démagogie : «...De là ces aspirations immenses à la domination universelle par la future démagogie, qui s’étendra sur tous les continents et jusqu’aux dernières limites de la terre ; de là ces projets d’une folie furieuse, qui prétend mêler et confondre toutes les familles, toutes les classes, tous les peuples, toutes les races d’hommes, pour les broyer ensemble dans le grand mortier de la révolution, afin que de ce sombre et sanglant chaos sorte un jour le Dieu unique, vainqueur de tout ce qui est divers ; le Dieu universel, vainqueur de tout ce qui est particulier ;

le Dieu éternel, sans commencement ni fin, vainqueur de tout ce qui naît et passe ; le Dieu Démagogie annoncé par les derniers prophètes, astre unique du firmament futur, qui apparaîtra porté par la tempête, couronné d’éclairs et servi par les ouragans. La démagogie est le grand Tout, le vrai Dieu, Dieu armé d’un seul attribut, l’omnipotence, et affranchi de la bonté, de la miséricorde, de l’amour, ces trois grandes faiblesses du Dieu catholique. À ces traits, qui ne reconnaîtrait le Dieu d’orgueil, Lucifer ?

«Quand on considère attentivement ces abominables doctrines, il semble impossible de ne pas y voir quelque chose du signe mystérieux, mais visible, dont l’erreur sera marquée aux temps annoncés par l’Apocalypse. Si une crainte religieuse n’empêchait pas de chercher à soulever le voile qui couvre ces temps redoutables, je pourrais peut-être appuyer sur de puissantes raisons d’analogie cette opinion : que le grand empire antichrétien sera un empire démagogique colossal, gouverné par un plébéien de grandeur satanique, l’homme du péché». (Donoso Cortès, OEuvres, t. II, p. 229-230) que se réaliseront dans leur entière plénitude ces expressions de l’épître aux Thessaloniciens : Revelabitur ille iniquus, cet impie se manifestera ; il sera en évidence, sa puissance éclatant d’une façon mondiale.




1 «Antichristum futurum esse regem magnumque monarcham aperte colligitur ex Daniel, VII, supposita
communi interpretatione Santorum, qui de Antichristo ea loca ontelligunt. Cap. enim VII explicatur, cornu illud
parvulum, quod Antichristum significare diximus ÎÎs verbis : «Cornuadecem, decem regeserunt, et alius
consurget post eos, et ipse potentior erit prioribus, et tres reges humiliabit». Erit ergo absque ulla dunitatione
Antichristus rex temporalis. (Suarez, De Antich., sec. V, n°1).
2 «c*m dicitur regnaturus in universo orbe, non est necesse intelligi de omnibus provinciis mundi ; sed de
Romano imperio veteri, atque de iisprovinciis Asiæ, Africæ et Europæ, in quibus fides et Ecclesia diutius viguit.
Præterea, etiam si priori modo intelligatur, non erit factu difficile, præsertimcum neque copia auri et argenti,
neque dæmonum industria de futura sit». (Suarez, De Antich., sect. V, n°4). - Cfr. Corn. a Lap., II epist. in
Thess., II ; édit. Vivès, t. XIX, p. 162.
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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Sam 21 Fév 2009, 11:52 am

HUITIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist fera une guerre acharnée à Dieu et à l’Église.

«Il proférera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très-Haut, et il pensera qu’il pourra changer les temps et les lois». (Dan., VII, 27) - «Et elle (la bête) ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son Nom, et Son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné le pouvoir de faire la guerre aux saints, et de les vaincre». (Apoc., XIII, 6, 7)

Lorsqu’on interroge la Tradition et qu’on lui demande de quelle manière s’exercera, d’après ces textes, la persécution de l’Antéchrist, saint Augustin se lève et répond : «La première persécution (celle des Césars) a été violente pour forcer les chrétiens de sacrifier aux idoles, on les proscrivait, on les tourmentait, on les égorgeait. La seconde est insidieuse et hypocrite ;

elle existe actuellement : les hérétiques et les faux frères en sont les auteurs. Il en viendra plus tard une autre, plus dangereuse que les précédentes ; car elle joindra la séduction à la violence, c’est la persécution de l’Antéchrist» (S. Aug. Enarrat in Psalm., IX, n°27).

Tout d’abord, sa haine se tournera contre Dieu Lui-même : «Et la Bête ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son Nom, et Son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel». Défense de rendre à Dieu le moindre culte, défense d’en prononcer le Nom, défense de communiquer avec l’Église, Son vivant tabernacle, défense d’honorer les saints du ciel. Mais, par contre, liberté du blasphème contre Dieu, liberté du blasphème contre Son Nom, liberté du blasphème contre l’Église, liberté du blasphème contre les saints du ciel ! Mais, parmi tous ces blasphèmes, ceux proférés par l’Antéchrist, provoqueront un enthousiasme indescriptible. D’un bout du monde à l’autre, on les colportera, on les répétera ! «Qui est semblable à la Bête» !

Tel sera le cri de triomphe, d’impiété et d’orgie qui ébranlera les airs ! Cri sauvage constituant le plus grand blasphème dont les hommes se seront rendus coupables, puisqu’il supposera que tout ce qui existe et qui vient de Dieu sera inférieur à la Bête, porte-parole de Lucifer1.


1 N’y a-t-il pas comme une préface aux blasphèmes de l’Antéchrist dans ceux qu’entend et supporte la société contemporaine. «Le premier devoir de l’homme intelligent, a osé dire Proudhon, est de chasser incessamment l’idée de Dieu de son esprit et de sa conscience ; car Dieu, s’il existe, est essentiellement hostile à notre nature... Dieu, c’est sottise et lâcheté ; Dieu, c’est hypocrisie et mensonge ; Dieu, c’est tyrannie et misère ; Dieu, c’est le mal». (Système des contradictions, chap. VIII, t. I, p. 382. - 2e édit)
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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Sam 21 Fév 2009, 6:17 pm

À côté de ces attentats contre Dieu, oppression de l’Église, oppression de tous ceux qui voudront demeurer fidèles au Christ2. Contre eux toutes sortes de mesures iniques. En voici quelques-unes :

Proscription de tout enseignement chrétien. Plus de neutralité, mais proscription ! Défense absolue d’enseigner les vérités chrétiennes et, par conséquent, suppression des écoles, fermeture des églises, interdit de la prédication. Exclusion même d’un enseignement quelconque. Déjà, sous Julien l’Apostat, il s’est fait un essai de cette inique mesure. «Alors, rapporte saint Grégoire de Nazianze, on dépouilla les églises, et leurs richesses furent transportées dans les temples des idoles qu’on réparait aux frais des chrétiens.

Alors on ferma les écoles, et défense fut faite aux chrétiens d’enseigner la grammaire, la rhétorique, la médecine et les arts libéraux. Convient-il, disait en ricanant l’empereur Julien, que les adorateurs du vrai Dieu cultivent les muses et la littérature païenne, eux qui estiment nos divinités infâmes et notre science impie» (Greg. Naz., Oratio 1a in Julianum).


2 «Certum est Antichristum persecuturum esse Ecclesiam, et fideles, acsantos acerbius et crudelius quam ab ullo unquam tyranno tentati ant afflicti fuerint. Hoc de fide est... Secundo dicendum est persecutionem hanc non tantum futuram esse temporalem, sed etiam spiritualem». (Suarez, De Antichr., sect. VI, nos 1 et 2)


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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Dim 22 Fév 2009, 6:14 pm


Autre mesure inique : Lacération, et destruction des Livres Saints. On fera plus que de proscrire les ouvrages où se rencontre le nom de Dieu, ainsi qu’on le pratique déjà ; on poursuivra sur tout les Livres Saints, pour les lacérer et les détruire.

Ainsi en fut-il, aux temps passés, durant la dure persécution d’Antiochus Épiphane, pronostic, au témoignage de saint Jérôme, de celle de l’Antéchrist 3. On vit alors, ainsi que le rapporte le premier livre des Macchabées, toute une armée de fonctionnaires et de sbires occupés à envahir les maisons, à en fouiller les recoins. «On jetait au feu les livres de la Loi de Dieu, après les avoir déchirés. Et ceux chez qui l’on trouvait les livres de l’alliance du seigneur, étaient mis à mort selon l’édit du roi» (I Mach, I, 59, 60). Alors aussi, d’après un autre passage du même livre, des troupes d’Hébreux fidèles abandonnèrent Jérusalem, pour se réfugier dans les montagnes, au plus profond des cavernes.

Les infortunés ! Ils avaient, pour sauver leur vie, tout quitté, sauf quelques feuillets de ces livres, disputés à la flamme, et empourprés du sang des martyrs. Mourants de faim et de froid, mais pressés autour de ces feuillets, ils les lisaient, pour relever leur âme, à la lueur vacillante de torches moins pâles que leurs visages. Mais il arriva que ces cavernes de Judée s’illuminèrent, comme plus tard les catacombes romaines, de telles flammes divines et de tels transports, que, bien des années après la persécution, Jonathas Macchabées, l’un des survivants de ces luttes héroïques, pouvait répondre aux Spartiates, qui lui avaient proposé une alliance : «Nous n’avons nul besoin de consolations humaines ; notre consolation ce sont les Livres Saints qui se trouvent entre nos mains 1».

3 «Hunc locum plerique nostrorum ad Antichristum referunt, et quod sub Antiocho in typo factum est, sub illo in veritate dicunt esse complendum... sicut igitur salvator habet et salomonem et cæteros sanctos in typum adventùssui ; sic et Antichristus pessimum regem Antiochum, qui sanctos persecutus est, templumque violavit, rectè typum sui habuisse credendus est». (Hieronym., Comment. in Dan., cap. VIII, 14 ; cap. XI, 21)


1 1 Mach., II, 28-30 ; XII, 8, 9, 13, 14. 15. - Josèphe, Antiq., liv. XII. c. VI.

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Message  Diane le Lun 23 Fév 2009, 6:13 pm

Encore une mesure inique : Enseignement obligatoire et universel de l’erreur. Il y en a comme une préparation dans les écoles sans Dieu, ou plutôt contre Dieu. Généralisées au temps de l’Antéchrist, elles poseront leur main de fer, pour les plier à l’apostasie, non seulement sur les jeunes gens et les jeunes filles, mais encore sur des enfants incapables de se défendre, au mépris des protestations des pères et des larmes de leurs mères !

Sous l’étreinte oppressive de ces mesures iniques et d’autres encore, verrait-on s’accomplir à la lettre l’une des paroles les plus formidables de la Sainte Écriture : «La vérité sera renversée à terre, Prosternetur veritas in terra?» (Daniel, VIII, 12) Dans la longue suite des tentatives de l’homme depuis l’origine des siècles, on a bien vu la vérité diminuée, bafouée, défigurée, mais renversée à terre, jamais ! Le serait-elle au temps de l’Antéchrist ?

Qu’on se garde bien de le croire ! Si le prophète Daniel s’est servi de cette expression, ç’a été pour peindre d’une manière énergique tout ce qu’il y aurait de fureur dans la persécution d’Antiochus, et tout ce qu’il y aura de fureur dans celle de l’Antéchrist. Il emploie le même langage, lorsque, parlant des épreuves auxquelles les chrétiens fidèles seront en butte, il annonce que ; «la corne fera la guerre aux saints et l’emportera sur eux» (Dan., VII, 21). Oui, assauts contre les chrétiens, assauts contre la vérité chrétienne !




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Message  Diane le Mar 24 Fév 2009, 6:24 pm



Mais tandis que les saints, assaillis et meurtris dans leur corps, tiendront tête dans l’indépendance et la fermeté de leur âme, la vérité chrétienne, mieux enracinée au sein de l’Église que ne le sont les montagnes dans les entrailles de la terre, verra se briser tous ces assauts ; et les arrière-descendants de nos contemporains rediront comme nous, chaque dimanche, à l’heure du chant des vêpres, ce verset des psaumes, qui proclame d’avance l’issue de toutes les batailles de Dieu: «Veritas Domini manet in æternum, la vérité du Seigneur demeure éternellement» (Ps. CXVI, 2).

Mais, parmi les textes qui annoncent la guerre incessante que l’Antéchrist fera à Dieu et à l’Église, il en est un qu’il importe de ne pas laisser sans explication : «Et il pensera, dit Daniel, qu’il pourra changer les temps et les lois». Que faut-il entendre par cette annonce ? Elle apprend que l’Antéchrist s’arrogera une puissance surhumaine, car il n’appartient qu’à Dieu, le souverain législateur, de régler et de changer les temps. L’homme de péché voudra renverser toutes les institutions les plus sacrées, tous les fondements de la religion et de la société. Il y a déjà eu comme un essai de la part de ses précurseurs. Mahomet a changé les jours de fêtes et la Loi en publiant le Coran. De même, aux jours néfastes de la tyrannie jacobine, en 1792, le culte catholique fut interdit en France, et le compte du temps modifié par l’introduction d’un nouveau calendrier.

Aux saints de chaque jour, dont les noms furent effacés, on fit succéder des légumes, des animaux, la carotte et même le porc... Mais à quoi bon rappeler le passé ? Le présent n’est-il pas suffisamment instructif et menaçant ? N’est-ce pas au sein du Parlement d’une grande nation européenne qu’on a osé proposer naguère l’amendement suivant, afin qu’il fût érigé en loi : «Les quatre fêtes dites concordataires établies sous un vocable religieux s’appelleront à partir de la promulgation de la présente loi : celle de l’Ascension, fête des Fleurs ;

celle de l’Assomption, fête des Moissons ; celle de la Toussaint, fête du Souvenir ; celle de Noël ou de la Nativité, fête de la Famille 2». Le motif allégué par l’auteur de l’amendement n’était autre que celui-ci : «Le christianisme a fait disparaître toutes les fêtes de l’antiquité... Les fêtes païennes avaient au moins un mérite, c’était d’idéaliser la vie, de l’exalter, de la célébrer. Le christianisme a voulu mettre toujours entre l’homme et la nature son Dieu». C’est par 356 voix contre 195 que l’amendement proposé a été repoussé. S’il est repris au temps de l’homme néfaste, qui pensera qu’il pourra changer les temps et les lois, il obtiendra une majorité.

Mais voici l’abomination des abominations.


2. Amendement proposé par M. Gérault-Richard à la chambre des Députés dans la séance du 2 juillet 1905.



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Message  Diane le Mer 25 Fév 2009, 7:12 pm

NEUVIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist se fera lui-même passer pour Dieu, il voudra être adoré lui seul.

«L’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se faisant lui-même passer pour Dieu». (II Thess., II, 4) - «Et ils adorèrent la Bête». (Apoc., XIII, 4)

Les paroles «L’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré», jettent l’esprit dans la stupéfaction. Elles révèlent d’abord que l’homme d’iniquité voudra être adoré, et adoré lui seul. Lorsque le plus beau des anges détourna ses yeux de la face du Seigneur et les porta sur lui-même, ébloui, enivré de sa propre beauté, il osa bien prétendre à l’adoration, mais pas à l’exclusion de Dieu : «Je monterai au ciel, se disait-il en son coeur, j’établirai mon trône au-dessus des astres, je m’assiérai sur la montagne de l’alliance, je serai semblable au Très-Haut» (lsaïe, XIV, 14).

L’Antéchrist sera plus sacrilège que Lucifer. Excité par lui, il ne tentera pas seulement d’égaler Dieu, de s’asseoir à Ses côtés sur le sommet des nues ; il prétendra même Le remplacer et être adoré lui seul. Il persuadera les hommes que lui seul est le vrai Dieu et qu’en dehors de lui il n’en existe pas d’autre. La formule incommunicable que Dieu s’est réservée de tout temps : «Je suis le Seigneur, et il n’y en a pas d’autre» (id., XLV, 5, 6, 18, 22), l’Antéchrist se l’appropriera. 1

La conséquence de cette prétention inimaginable sera, le texte l’indique, que l’homme d’iniquité ne fera pas seulement la guerre au vrai Dieu et à la vraie religion, mais à tous les cultes existants. II y a eu comme une ébauche de cet avenir dans une particularité de la persécution d’Antiochus Épiphane. Ce prince impie, dont il avait été prophétisé qu’il s’élèverait et se grandirait contre tout Dieu (Daniel, XI, 36), ne craignit pas, en effet, de prendre sur ses monnaies le nom de Dieu, et d’ordonner à tous ses sujets de pratiquer sa propre religion 2.


1 «Dicendum est Antichristum docturum ac persuasurum hominibus, ut credant nullum esse verum Deum præter seipsum ; verisimile aute mest non esse hocdocturum, donec rerum omnium poliatur». (Suarez, De Antichr., sect. IV, n° 4)

2 Mach., I, 43 ; Diodore de Sicile, XXXI, 1 ; Polybe, XXXI, 4, etc. .


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Message  Diane le Jeu 26 Fév 2009, 11:28 am

NEUVIÈME CERTITUDE : L’Antéchrist se fera lui-même passer pour Dieu, il voudra être adoré lui seul. (suite )


Chose digne de remarque : toutes les fausses religions de son royaume se soumirent immédiatement à cet édit, sans l’ombre même d’une résistance : «Toutes les nations consentirent à cet ordre du roi Antiochus» (Mach., I, 44). Et cependant elles n’étaient pas en petit nombre ces fausses religions, puisque le royaume de Syrie, borné au nord par l’Asie Mineure, au midi par l’Égypte, à l’est par l’empire des Parthes, à l’ouest par la Méditerranée, embrassait, dans sa vaste étendue, tous les faux dieux de la Mésopotamie, de Ninive, de Syrie, d’Ammon, de Moab, de Samarie, d’une partie de l’Arabie, de l’Idumée, du pays des Philistins.

Et néanmoins, pas l’ombre même d’une protestation: Toutes les notions consentirent... C’est que le sort de l’erreur, et cela se verra mieux encore au temps du véritable Antéchrist, est de se courber avec empressement sous le regard d’un maître, et de n’avoir à opposer à la plus détestable des tyrannies, celle qui exige l’abdication de la conscience, qu’un silence de vaincu, un silence d’esclave.

À Jérusalem, il y eut aussi des défections. Nombre de juifs eurent la lâcheté de se soumettre. Mais la majeure partie de la nation demeura fidèle au vrai Dieu. Comme sous le coup d’une commotion soudaine, la foi endormie se réveilla, se dressant calme et intrépide en face du tyran des consciences.

C’est alors que s’ouvrit le martyrologe de la Synagogue, où vinrent s’inscrire, en tête de milliers de victimes, les noms inoubliables du saint vieillard Eléazar, des sept Machabées et de leur mère (II Mach., ch. VI et VII).

Durant trois ans et demi, ce martyrologe demeura ouvert...L’édit d’Antiochus, qui prescrivait l’unité de culte dans tout le royaume syrien, avait été suivi d’un second édit, spécial à Israël, c’est-à-dire à la vraie religion. Combien sa teneur n’est-elle pas instructive, par rapport au présent, et surtout à l’avenir ! Aussi mérite-t-il d’être mis en relief: «Défense d’offrir dans le temple de Dieu des holocaustes, des sacrifices d’actions de grâces et des sacrifices expiatoires.

«Défense de célébrer le Sabbat et les fêtes solennelles.

«On souillera les Lieux saints et le peuple saint d’Israël.

«On bâtira des autels et des temples aux idoles, et on sacrifiera devant elles de la chair de pourceau et des bêtes immondes.

«On ne pratiquera plus la circoncision.

«On flétrira l’âme des enfants par toutes sortes de souillures et d’abominations, en sorte qu’ils oublient la Loi et en changent toutes les ordonnances.

«Et quiconque n’agira pas selon la volonté du roi Antiochus sera puni de mort» (I Mach., I, 46-52 Josèphe, Antiq. Liv. XII. ch. V. n°IV).

Si monstrueuses que paraissent ces ordonnances, elles seront cependant dépassées sous la domination de l’Antéchrist, puisqu’il y aura obligation pour tous d’adorer sa personne (Apoc., XIII. 12, 15). L’auteur inspiré de l’Apocalypse, qui a aperçu de loin cette adoration, en a frémi et a poussé ce cri d’horreur : Et ils adorèrent la Bête ! (Id., XIII, 4). Ce sera, en effet, le détournement et la profanation, aux pieds du suppôt de Satan, de ce beau texte des Écritures consacré au vrai Dieu : «Le travail de l’Égypte, le trafic de l’Éthiopie, et les Sabéens à la taille élevée passeront chez toi, et ils seront à toi : ils marcheront à ta suite, ils viendront les fers aux mains, ils se prosterneront devant toi, et ils te supplieront en disant : Il n’y a de Dieu que chez toi, et hors de toi, il n’y a pas de Dieu» (Isaïe, XLV, 14). L’Apocalypse ajoute un dernier trait : Conjointement à cette adoration de la Bête, il y aura aussi l’adoration du Dragon, de Satan : «Et ils adorèrent le Dragon qui avait donné puissance à la bête» (Apoc., XIII). L’adoration de Satan ! N’est-ce pas ce qui, dans les antres ténébreux de certaines loges maçonniques, se pratique déjà ?
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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Jeu 26 Fév 2009, 6:25 pm

DIXIÈME CERTITUDE : C’est au moyen de prodiges diaboliques que l’Antéchrist prétendra démontrer qu’il est Dieu.

«L’avènement de cet impie aura lieu selon la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges trompeurs». (II Thess, II, 9) C’est par des miracles aussi nombreux qu’éclatants, que Jésus-Christ avait prouvé Sa filiation et Sa mission divines.

«Les oeuvres que Mon Père M’a données d’accomplir, ces œuvres que J’opère, rendent témoignage de Moi, et prouvent que c’est le Père céleste qui M’a envoyé» (Jean, V. 36).

L’Antéchrist aura la prétention d’établir également sa fausse divinité sur des prodiges extérieurs. C’est avec l’aide de Satan, par sa puissance, qu’il les accomplira.

Mais ces miracles seront-ils réels ?

«On demande souvent, dit saint Augustin, si ces expressions de «signes ou prodiges trompeurs» veulent faire entendre l’inanité des prodiges dont l’Antéchrist abusera les sens de l’homme, toutes ces oeuvres n’étant qu’apparentes ; ou bien est-ce à dire que la vérité même de ces miracles entraînera au mensonge ceux qui croiront y voir la présence de la force divine ?» Et l’illustre docteur répond : «on le saura plus tard» (S. Augustin, La cité de Dieu, liv. XX, n° XX).

Cet embarras a déterminé deux courants d’opinions. Les uns pensent que les miracles, accomplis par l’Antéchrist avec la puissance de Satan, seront réels, de vrais miracles et qu’ils entraîneront au mensonge, c’est-à-dire à la croyance de la divinité de l’Antéchrist (Suarez, De Antichristo, sect. IV, n°10).

Les autres estiment que tous les miracles de l’Antéchrist seront mensongers, le démon illusionnant les sens de ses adeptes1.

Quel que soit le sentiment que l’on adopte, ce qu’il y a de certain, c’est que les prodiges accomplis par l’homme de péché, seront considérables, les mots accumulés de «miracles, signes, prodiges» marquant une multiplicité étonnante.





1 Bern. a Picono, II Ep. aux Thes., ch. II, 9. - Corn. a Lap., II Thess., II, 9.





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Message  Diane le Ven 27 Fév 2009, 6:10 pm


ONZIÈME CERTITUDE : La domination et la persécution de l’Antéchrist seront passagères. L’homme de péché sera détruit. «Le jugement se tiendra, afin que la puissance lui soit enlevée, qu’il soit détruit et qu’il disparaisse à jamais». (Dan., VII, 26) - «Et la Bête fut saisie...» (Apoc., XIX, 20) - «...Cet impie que le Seigneur Jésus tuera par le souffle de Sa bouche, et qu’Il détruira par la lueur de Son avènement». (II Thess., II, VIII)

Après de si dures épreuves, voici enfin l’annonce consolante : L’Antéchrist, après être arrivé peu à peu au faîte du pouvoir, sera subitement et à jamais renversé. «Et la Bête fut saisie...» la victoire sera facile autant que prompte. Ce ne sera pas, en effet, par un grand acte de puissance divine que l’impie aura été détruit. Le souffle de Jésus et la première lueur de Son second avènement auront suffi pour renverser à jamais le fils de perdition, l’homme abominable, invincible en apparence.

À quelle époque de son règne néfaste, la chute s’accomplira-t-elle ? Nous ne tarderons pas à l’indiquer, car c’est une certitude qu’elle s’accomplira... Un jour, alors que la persécution d’Antiochus Épiphane s’était quelque peu ralentie, un char soulevant des tourbillons de poussière, se dirigeait au triple galop des chevaux, sur la route d’Ecbatane à Babylone, dans la direction de Jérusalem. Irrité de ce que le sang des martyrs ne coulait plus à flots, un homme, assis dans ce char, ne cessait d’en presser, par d’exécrables blasphèmes, la course vertigineuse : «Marche donc, hurlait-il à tout instant au conducteur de ses chevaux, ne sais-tu pas que j’ai hâte d’arriver à Jérusalem ! Je veux en faire le tombeau des Juifs ; je livrerai leurs cadavres aux oiseaux du ciel et aux bêtes féroces ; j’exterminerai jusqu’aux plus petits enfants 2»...

Et des étincelles moins brûlantes que l’animosité de l’homme assis dans le char 3, volaient sous les pieds des chevaux ; et, dans cette course d’enfer, arbres, maisons, collines, disparaissaient comme des ombres... Or, voici que, tout à coup, un craquement sinistre se fait entendre. Du ciel, la vengeance divine s’est appesantie. L’homme impie a roulé de son char. De ses membres brisés et de ses chairs pantelantes s’échappe, au travers de milliers de vers, une telle puanteur que, de l’armée, qui se pressait à sa suite, personne ne veut transporter cet Antéchrist de l’Ancien Testament (II Mach. IX, 7-9).

C’était lui, en effet, Antiochus ! Et le rôle que lui assignait la permission divine était fini.

Il avait, par sa persécution, ravivé la foi et le courage des élus dont la robe s’était blanchie dans le sang du martyre.

Il avait courbé et écrasé sous son pied de fer toutes les fausses religions et tous les apostats (I Mach, I, 44, 45). Lui-même, le plus apostat et le plus scélérat de tous (II Mach, IX, 13, XXVIII), il était brisé sans main d’homme ainsi que l’avait prophétisé Daniel (Dan, VIII, 25).

Mais Jérusalem était debout ! Sous ses remparts retentissaient les trompettes victorieuses des Machabées...

Quelque chose de plus rapide et de plus saisissant s’accomplira contre le véritable Antéchrist, celui du Nouveau Testament. Un simple souffle de la bouche du Christ le tuera, la première lueur de Son avènement le détruira.

Comme on voit, au crépuscule, les ténèbres s’enfuir avant l’apparition du soleil, ainsi à l’approche du Soleil de justice, avant même l’éblouissement du second avènement, sans aucun effort du Christ, la Corne aura été arrachée, la Bête aura disparu, l’Homme d’iniquité aura été détruit.




2 «Antiochus, transporté de colère... ordonna de conduire rapidement son char et de voyager sans délai, poursuivi par la vengeance céleste, parce qu’il avait dit avec orgueil qu’il irait à Jérusalem et qu’il ferait d’elle le tombeau des Juifs... Il avait dit qu’il les livrerait en proie aux oiseaux et aux bêtes sauvages, et qu’il exterminerait jusqu’aux petits enfants». (II Mach., IX, 4, 15)
3 «Aspirant du feu contre les Juifs, dans ses pensées, il ordonna d’accélérer le voyage». (id., IX, 7)




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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Sam 28 Fév 2009, 10:09 am

PREMIÈRE PROBABILITÉ : Les Juifs acclameront l’Antéchrist comme Messie et seront ses auxiliaires pour établir son règne.

«Je suis venu au nom de Mon Père, et vous ne M’avez pas reçu ; un autre viendra en son nom et vous le recevrez». (Jean, V, 43.)

C’est sur cette parole adressée par Jésus-Christ aux Juifs, Ses contemporains et Ses adversaires, que cette croyance s’est établie ; et l’on peut dire qu’elle est le sentiment commun des Pères de l’Église. Nommons saint Irénée, saint Hippolyte, saint Hilaire, saint Cyrille de Jérusalem, saint Grégoire de Nazianze, saint Éphrem, saint Ambroise, Rufin, saint Jérôme, saint Chrysostome, saint Prosper, saint Cyrille d’Alexandrie,Théodoret, Victorinus, saint Grégoire le Grand, André de Césarée, le Vénérable Bède, saint Jean Damascène, Théophylacte, saint Anselme, etc.

Qu’il suffise de citer les plus en renom :

Saint Jérôme : «Le Seigneur parlant de l’Antéchrist dit aux Juifs : Je suis venu au nom de Mon Père, et vous n’avez pas cru en Moi ; un autre viendra en son nom, et vous le recevrez»... Les Juifs, après avoir méprisé la vérité en la personne de Jésus-Christ, recevront le mensonge, en recevant l’Antéchrist»1.

Saint Chrysostome : «Qui est celui que le Sauveur annonce comme devant venir, mais pas au nom de Son Père ? L’Antéchrist et il dénonce d’une manière évidente la perfidie des Juifs» (Homil. XI, in Joannem).

Saint Ambroise : «Cela montre que les Juifs, qui n’ont pas voulu croire en Jésus-Christ, croiront à l’Antéchrist» (in Psalm., XLIII).

Saint Ephrem : «C’est d’une manière exceptionnelle que l’Antéchrist entourera de faveurs la nation Juive. Mais c’est aussi d’honneurs extraordinaires que la nation déicide le couvrira et qu’elle applaudira son règne» (Serm. de Antichr).

Saint Grégoire le Grand : «Les Juifs accorderont leur confiance à un homme, eux qui refusent de croire au Rédempteur, alors qu’à la fin du monde ils se donneront à l’Antéchrist» (Magn ; in I Regum, II).

Saint Jean Damascène : «Les Juifs ont donc rejeté le Seigneur Jésus, Christ et Dieu, et Fils de Dieu ; ils recevront au contraire l’imposteur qui s’attribuera avec arrogance la divinité» (De fide orthodoxa, lib. IV, cap. XXVII).

Saint Hippolyte, disciple de saint Irénée et l’un des premiers qui ait écrit sur ce sujet, fait même parler les Juifs : «Ils se diront les uns les autres : «Se trouve-t-il dans notre génération un homme aussi bon et aussi juste ?» Ils iront à lui et ils lui diront : «Nous te servirons tous ; nous plaçons en toi notre confiance ; nous te reconnaissons comme le plus juste de toute la terre ; c’est de toi que nous espérons le salut. Et ils le proclameront Roi» (Oratio de consummat. Mundi).




1 Hieron., Epist. 151, ad Algasiam, quest. II. Comm. in Dan., II, 24 ; in Abdiam, XVIII ; in Zachar., II, 17.



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Message  Diane le Sam 28 Fév 2009, 6:09 pm

II CHOSES PROBABLES


Tout étonnement cesse devant ces commentaires et ces annonces tombant de haut, lorsque surtout on voit s’accroître chaque jour l’énorme puissance financière des Juifs, leurs intrigues, l’escalade qu’ils font des premières places dans les principaux États, leur entente d’un bout du monde à l’autre. En présence d’une telle prépondérance, on n’a plus de peine à comprendre et à admettre comment ils pourront contribuer à l’établissement de la formidable puissance de l’Antéchrist.

Cette acclamation de sa personne et l’aide qu’ils lui apporteront sont donc choses probables.

Mais pourquoi pas certaines ?

En voici la raison :

La plupart des témoignages patristiques, relatés ci-dessus, reposent sur cette parole de Jésus-Christ, adressée par lui aux Juifs : «Je suis venu au nom de Mon Père, et vous ne M’avez pas reçu, un autre viendra en son nom, et vous le recevrez (Jean, V, 43). Or, à propos de ce texte, saint Thomas d’Aquin observe que, depuis le vrai Christ, un grand nombre de faux Christs ayant déjà paru chez les Juifs et ayant été reçus par eux 2, il se pourrait que le texte, considéré en lui-même, se rapportât non à l’Antéchrist, mais à n’importe lequel de ces faux Messies, de ces faux Christs. Cependant, ajoute saint Thomas, ce texte peut être probablement reçu selon le sens relatif à l’Antéchrist, à cause de l’autorité des saints Pères qui l’ont entendu ainsi : «Locus probabilis est propter auctoritatem sanctorum Patrum» (S. Thomas, Opusc. de Antichristo, Sect. I, §. Dico tertio. - Suarez, De Antichristo, Sect., I, n° 7).


2.Enumérons certains de ces faux Christs : Theudas, en Palestine, l’an 45. - Simon le Magicien en Palestine, an 34-37. - Ménandre, même époque. - Dositée en Palestine, an 50-60. - Bar-Kochbas en Palestine, an 138. - Moïse dans l’île de Crète, an 434. - Julien en Palestine, an 530. - Un Syrien sous le règne de Léon l’Isaurien, an 721. - Sérénus en Espagne, an 724. -Un autre en France, an 1137. - Un autre en perse an 1138. - Un autre à Cordoue, an 1157. - Un autre à Fez, an 1167. - Un autre en Arabie, an 1167. - Un autre en Babylonie, an 1168. - Un autre en perse, an 1174. - David Almusser en Moravie, an 1176. - Un autre, an 1280. –David Eldavid en perse, an 1200. - Ismaël-Sophi en Mésopotamie, an 1497. - Le rabbin Lemlen en Autriche, an 1500. - Un autre en Espagne, an 1534. - Un autre dans les Indes-Orientales, an 1615. - Un autre en Hollande, an 1624. - Zabathaï Tzevi en Turquie, an 1666.



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Re: L’ANTECHRIST

Message  gabrielle le Sam 28 Fév 2009, 6:55 pm

Le diable est parvenu à se débarasser de la Messe au moyen des hérétiques, faisant d'eux les précurseurs de l'Antichrist qui, avant tout chose, cherchera à abolir, et en fait parviendra à abolir, comme châtiment pour les péchés des hommes, le Saint Sacrifice de l'Autel, précisément comme Daniel l'avait prédit. ( Saint Alphonse de Liguori in Call of Ages, Dr Thomas Petrisko, Queenship Publishing Co., 1995, p. 331)
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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Dim 01 Mar 2009, 9:08 am

DEUXIÈME PROBABILITÉ : La durée de la persécution de l’Antéchrist sera de trois ans et demi.


«Les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps et des temps et la moitié d’un temps».

(Dan., VII, 25) - «Et le Pouvoir fut donné à la Bête d’agir pendant quarante-deux mois». (Apoc., XII, 5.)

Il a été dit précédemment (IIè certitude) que la puissance et la persécution de l’Antéchrist ne seraient que passagères. Cela est certain. Mais serait-il possible d’en déterminer exactement la durée ? On ne peut faire, à cet égard, qu’une réponse probable, non certaine, d’après les deux textes cités. Celui de Daniel, en effet, est mystérieux : il ne précise que trois temps et demi, sans déterminer ce qu’il faut entendre par ces expressions qui peuvent signifier une période de jours, de mois, d’années, de siècles. De nombreux commentateurs anciens (S. Ephrem, S. Jérôme, Théodoret, etc.), modernes et contemporains, supposent qu’un «temps» correspond à une année.

Ils ont raison. Grâce, en effet, au texte de l’Apocalypse, celui de Daniel est éclairci.

En prédisant que la domination de l’Antéchrist ne durera que quarante-deux mois, l’Apocalypse autorise à conclure qu’ «un temps et des temps et la moitié d’un temps» représentent trois ans et demi, durée équivalant à quarante-deux mois 1.

Une observation ingénieuse a été faite : «Il est à remarquer que Daniel ne dit pas simplement : trois temps et demi, mais : un temps, deux temps... il divise ainsi l’ère de l’Antéchrist en trois périodes intégrales : l’une relativement courte, durant laquelle l’ennemi de Dieu et des hommes établira sa puissance ; la seconde plus longue, qui le verra exercer son influence néfaste ; la troisième, qui semblait devoir se prolonger davantage encore, sera au contraire très courte, parce que son pouvoir sera tout à, coup brisé par le Seigneur» (Fillion, La Sainte Bible commentée : Daniel, ch. VII, V. 23-27).




1 «Ces expressions : un temps, des temps et la moitié d’un temps, signifient un an et deux ans et la moitié d’un an ; et par conséquent trois ans et six mois.., et, dans un autre passage des Écritures, le nombre des mois le déclare». (S. Augustin, Cité de Dieu, liv. XX, n°23.)

- La persécution d’Antiochus a duré également trois ans et demi.

«Antichristi suprema potestas ac monarchia tantum par tres annos et dimidium durabit. Loquor autem de monarchia et suprema potestate, quia, ut dicitur, data est illi potestas in omnem tribum, et populum, et linguam et gentem. Quantum vero temporis in augenda stabiliendaque monarchia ponere debeat, non mihi constat ; quia neque ex prúdictis locis satis colligitur, neque videtur admodum verisimile, brevi tempore trium annorum cvm dimidio haec omnia esse perfecturum. Illud ergo solum est certum, ad summum permansurum in throno suo tribus annis cvm dimidio, statimque et ipsum interficiendum, et regnum ejus evertendum». (Suarez, De Antichr., sect. II, n°3)




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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Dim 01 Mar 2009, 6:28 pm

III CHOSES INDÉCISES


Ce sont celles qui ne sont établies ni par le consentement unanime des Pères, ni par des textes précis de la Sainte Écriture.

PREMIÈRE CHOSE INDÉCISE : La nationalité de l’Antéchrist.


D’après plusieurs Pères de l’Église, suivis par certains exégètes, l’Antéchrist sortirait de la race juive et, même, de la tribu de Dan.

«C’est ici, objecte Bossuet, une affaire non de dogme ni d’autorité, mais de conjecture»(Apocalypse, préface, § 13).

Ajoutons que ces conjectures ne reposent sur aucun fondement solide.

D’abord par rapport à la race juive. Les raisons alléguées sont les suivantes, auxquelles il sera répondu au fur et à mesure.

a) En annonçant l’Antéchrist, Daniel l’a représenté sous la forme d’une petite corne. Or, conclut Théodoret : «Daniel appelle l’Antéchrist une petite corne, parce qu’il naîtra de la petite tribu des juifs» (oratio 7 in Danielem)

Réponse : C’est pour marquer la marche grandissante de l’Antéchrist, les développements de son règne que Daniel le montre d’abord sous le symbole d’une petite corne qui devient ensuite plus grande et plus forte que les autres. (Dan., VII, 8, 20.)

b) Daniel, ch. XI, 2, dit : «succédera un homme méprisé, à qui on n’accordera pas les honneurs royaux ; il viendra en secret, et il s’emparera du royaume par la fraude». Explication de saint Jérôme : «D’après nos commentateurs, cela s’accomplira à la fin du monde par l’Antéchrist, qui doit surgir d’une nation petite, c’est-à dire du Peuple juif ; ses débuts seront si humbles et il sera si méprisé qu’on ne lui accordera pas les honneurs royaux ; mais il obtiendra le pouvoir par des intrigues et par astuce» (In Dan., XI, 21).

Réponse :ce texte, au sens littéral, s’applique non à l’Antéchrist mais à Antiochus qui l’a réalisé d’une manière exacte. Malgré le surnom d’Épiphane (l’Illustre), que lui décerna la flatterie de quelques-uns de ses sujets, Antiochus était en réalité un homme très vil et aux instincts grossiers. Aussi le peuple ne tarda-t-il pas à parodier ce surnom, qu’il transforma en Epimane (l’Insensé) (Fillion, La sainte Bible commentée). Qu’en cela Antiochus ait été la figure de l’Antéchrist, qui réaliserait plus tard l’interprétation rapportée par saint Jérôme, c’est possible, mais la chose reste indécise.



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Re: L’ANTECHRIST

Message  Diane le Lun 02 Mar 2009, 6:09 pm

III CHOSES INDÉCISES


c) «Le Christ étant né des Hébreux, l’Antéchrist aura la même origine» (De consummatione mundi). C’est la raison apportée par saint Hippolyte, martyr.

Réponse : Elle n’est qu’une supposition, sous forme d’antithèse.

d) C’est une opinion admise comme probable que les Juifs acclameront l’Antéchrist comme le Messie qu’ils attendent. Or ils ne sauraient le faire, qu’autant que l’Antéchrist sera de même race qu’eux-mêmes, c’est-à-dire d’origine juive. Tel est le raisonnement de Malvenda 1.

Réponse : À travers les siècles, les Juifs ont acclamé tous les ennemis de Jésus-Christ et de l’Église, quelle que fut leur origine, et ils se sont faits leurs auxiliaires. Dans le grand Sanhédrin, tenu à Paris en 1807, ils ont couvert le nom de Napoléon de louanges et de fleurs bibliques exclusivement réservées au Messie (Procès-verbaux du Grand Sanhédrin), et cependant Napoléon n’était pas de sang juif. Ils ont même reconnu le Messie dans les fameux principes de la Révolution française : «Le Messie est venu pour nous le 28 février 1790 avec la Déclaration des droits de l’homme» (Arch. Israël., ann. 1847, p. 801). À plus forte raison, pourquoi ne le reconnaîtraient-ils pas dans un être extraordinaire, tel que l’Antéchrist, alors même qu’il ne serait pas de leur race ?

e) L’Antéchrist doit sortir de la tribu de Dan, l’une des douze tribus d’Israël. Donc il sera d’origine juive.

Réponse : De toutes les raisons alléguées, cette dernière est la plus forte. Il est évident, en effet, que si l’Antéchrist doit être danite par le sang, sa nationalité juive demeure indiscutable. Mais le doit-il être ?



1 Malvenda, De Antichristo, liv. III, ch. V. «Cùm exploratum sit Antichristum Judæis pro vero Messia recipiendum, quis nescit Judúos nullum unquam pro Messia habituros, cujus originem non habeant compertam Judaici sanguinis esse».


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