NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Sam 30 Juil 2022, 6:39 am

Je me souviens que quelques mois après
la visite de La Valette à mon oncle, au
cours d'une audience que Jean XXIII
accorda à une délégation de la FIAT
conduite par l'"avvocato" Agnelli et le
professeur La Valette, je rencontrai
inopinément le rédacteur probable de ce
dossier. Le Pape était assis sur son petit
trône et Monseigneur Capovilla, dans son
habit de cérémonie violet, le crâne
chauve et décharné et les grosses
lunettes à monture noire, lui présentait,
souriant et plein de sollicitude, ces
personnages de la FIAT, tous en costume
sombre et excité.

Comme j'étais dans mon "détail de
semaine", je me tenais légèrement à
l'écart, boutonné dans mon uniforme
diplomatique, quand tout à coup un
grand monsieur aux cheveux gris, avec
une petite moustache et une paire de
lunettes dorées sur le nez, s'est approché
de moi et, d'une voix discrète, m'a
présenté le chef du service de sécurité de
FIAT. Peu après, en désignant Capovilla,
pris par les présentations au Pape, il me
demanda si je le connaissais bien et si je
connaissais ses préférences politiques. Sur
ma réponse affirmative, cet homme qui
me paraissait visiblement tendu, s'est
déchargé sur moi, là, tout de suite, à
proximité du pape, en me racontant à
l'oreille comment lui, ancien officier des
carabiniers, avait bien connu Capovilla, et
savait ce qu'il avait fait pendant la guerre
civile, qu'il avait sur la conscience plusieurs
meurtres, et qu'il aurait fait des pieds et des
mains pour l'étrangler. J'ai regardé cet
homme en face, solennel dans sa double
poitrine sombre comme seuls certains vieux
soldats peuvent l'être en tenue civile, et
d'après l'émotion que j'ai captée, j'ai compris
qu'il avait dû être informé, si ce n'est
totalement témoin, de faits énormes liés au
prêtre au visage névrosé qui maintenant, à
quelques pas de là, se baissait derrière les
épaules du Pape Roncalli, pour suivre avec
son sourire glacial les mots que les hommes
de la FIAT offraient en réponse aux questions
et aux plaisanteries du Pape. L'audience s'est
terminée, ce monsieur s'est excusé et je ne
l'ai plus jamais rencontré.

Mais je n'ai jamais oublié cette confession
singulière qui, avec le temps, m'a aidé à ouvrir
les yeux, lorsque les choses au Vatican et en
Italie ont commencé à changer et que la figure
de ce petit prêtre frêle au regard névrosé, au
visage pâle et maigre, quelque peu lugubre,
avec ces grosses lunettes à monture sombre, a
commencé à avoir une place importante dans le
processus de "communisation" de la nation
italienne à partir de "l'ouverture à gauche", et
dans le glissement vers la gauche de tout le bloc
occidental européen.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Dim 31 Juil 2022, 7:44 am

CHAPITRE X

Il est étonnant, lorsqu'on observe les
choses du Vatican de loin, ou à travers
une presse mal informée, plus ou moins
contrôlée par Rome, de constater la
ponctualité avec laquelle les communistes
viennent frapper à la porte de bronze, dès
que Roncalli devient Jean XXIII. La rapidité
avec laquelle ces portes s'ouvrent devant le
loup déguisé en agneau, qui a attendu avec
une patience bien planifiée ce grand
rendez-vous avec l'Histoire, est tout aussi
déroutante.

Nos communistes "maison" savent ce qu'il
en est. Ils savent qui est Roncalli, et savent
qu'à côté de Roncalli vit et travaille son
secrétaire personnel digne de confiance. La
multitude italienne, à peine cultivée et
superstitieusement liée depuis des siècles à
la religion catholique, continue à suivre le
Pape. Même si le pape est maintenant Roncalli,
avec sa révolution. Le Kremlin est plus prudent.
L'Eglise est l'ancien ennemi qui doit être abattu.
Elle a été officiellement et sanglamment
persécutée jusqu'à présent. Mais peut-être,
pour cette raison même, n'a-t-elle jamais pu
être anéantie. Maintenant, avec l'avènement de
Jean XXIII, le grand tournant est là, attendu
depuis longtemps et soigneusement préparé.
L'Église peut maintenant offrir sa nuque sans
défense au coup ultime. Mais cela exige une
stratégie différente ; le nouveau Pape doit être
confronté à une situation "apparente" différente
de la précédente. Une situation "apparente" qui
étoufferait, plutôt qu'elle ne l'exciterait,
l'indignation du monde civilisé, si enclin à la
rébellion futile, et qui retombe si facilement dans
une somnolence oublieuse. Ayant évalué
l'impossibilité de vaincre par la force la résistance
des hiérarchies ecclésiastiques, les chefs Marxistes
décident d'un changement tactique et adoptent
l'action d'encerclement du "divide et impera"
(diviser pour régner) et de l'évidement, de
l'intérieur, des institutions ecclésiastiques.
Le "Livre rouge de l'Église persécutée", écrit par
un historien, prélat de la Secrétairerie d'État se
cachant derrière le pseudonyme d'Albert Galter, lit
à ce sujet : "Le principal dispositif que les
communistes ont déployé pour saper l'efficacité du
clergé et affaiblir sa résistance, est celui qui
consiste à favoriser la division entre les membres
du clergé. Une fois que la sympathie pour le
régime est éveillée chez un certain nombre d'entre
eux, ils constituent des "associations de prêtres",
auxquelles ils donnent souvent des noms inoffensifs,
voire pieux, parfois, mais qui fonctionnent en réalité
comme une cinquième colonne au sein de l'Église,
avec pour mission de la détruire par des contrastes
internes (à entendre dans un sens marxiste)... C'est
ainsi que les communistes ont créé : l'Union des
prêtres nationaux en Tchécoslovaquie ; l'Union des
prêtres Catholiques pour la Paix, ou " Prêtres de la
Paix ", en ; l'Union des Saints Cirillus et Methodio, en
Croatie, et des associations similaires dans les autres
républiques fédérées de Yougoslavie ; le Mouvement
du Clergé Partisan, en Roumanie ; l'Association des
Prêtres Patriotes adhérant au mouvement de la Triple
Autonomie, en Chine, etc. Parallèlement à cet effort
visant à diviser le clergé, on tente de contrôler les
séminaires pour la formation des prêtres. Dans
certains pays, les communistes ont même fondé
des "séminaires d'État".


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Lun 01 Aoû 2022, 7:18 am

A ce stade, je souhaite rapporter dans son
intégralité une interview que j'ai réalisée, il
y a quelques années, alors que Paul VI
régnait, à l'English Garten de Munich, avec
un "prêtre de la paix" hongrois, professeur
de philosophie théologique dans une université
communiste qui a demandé à ne pas être
nommée, conférencier et chroniqueur, d'où
ressort la vision "rideau de fer" de la "détente"
Roncallienne, et un portrait précis de Montini
comme porteur "prédestiné" de la révolution
Giovannienne.

Question : "Que pensez-vous de la figure du
Pape, aujourd'hui, dans vos pays ?"

Réponse : "Le Pape, en tant que chef spirituel
de l'Église a perdu toute crédibilité auprès des
Catholiques, disons "conventionnels" et
"traditionalistes", pour prendre de plus en plus
la physionomie d'un chef "politique" de
certaines masses de l'humanité. Le pontificat
de Jean XXIII a résolument et méticuleusement
démantelé et mis en pièces ce schéma Pacellien
de l'Eglise inaccessible à toute transformation,
fixé comme un soleil dans un système de
planètes mineures dans la lumière absolutiste
de sa spiritualité. Et avec l'œcuménisme, il a
amorcé un virage décisif : le christianisme
s'aligne enfin sur les doctrines et les philosophies
issues du désir de l'humanité de s'améliorer.
Paul VI semble avoir saisi la signification et
l'importance de ce tournant historique pour
l'Eglise de Rome, plaçant la figure du Pape sur un
plan réaliste qui lui permettrait de conduire les
masses chrétiennes vers des évolutions sociales
qui délivreraient l'humanité de ses éternels
aigreurs, qui la délivreraient de l'exploitation des
plus riches sur les plus pauvres, qui assureraient
une répartition plus équitable des richesses entre
toutes les catégories sociales et contribueraient à
la réalisation de cette égalité entre les peuples,
prêchée par le Christ. Et c'est seulement en
descendant de son piédestal mystique que le Pape
a pu obtenir ses premières percées dans cette
politique de rénovation de l'Église qui a amené le
Vatican, pour la première fois dans l'histoire de la
papauté moderne, à s'aligner sur la politique
progressiste des pays socialistes et anticapitalistes
les plus avancés du monde. Ainsi, pour nous,
aujourd'hui, le pape est essentiellement un
interprète du Marxisme dans une clé Chrétienne.
Ou, mieux encore : un interprète et un exécutant
du Christianisme dans une clé Marxiste."


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Mar 02 Aoû 2022, 6:54 am

Question : "Mais le Marxisme et la Religion
n'ont-ils pas toujours été  irréductiblement
opposés ?"

Réponse : "C'était vrai jusqu'à hier. Car la
religion Chrétienne avait toujours été
prêchée dans le bon sens, mais appliquée
comme une religion "Féodale", dans le
respect absolu des hiérarchies, dans la
fameuse "infaillibilité" du Pape. Aujourd'hui,
Paul VI a compris que le Marxisme est
définitivement acceptable pour les Catholiques,
tant qu'il concourt au bien-être de l'humanité.
Et qu'il sépare le terme " Athéisme " du terme "
Marxisme " est démontré par le fait qu'il a
approuvé et confirmé notre naissance et notre
présence active. Nous, "prêtres de la paix",
disons que les Catholiques peuvent et "doivent"
collaborer avec les Marxistes pour "humaniser
la société Socialiste". Et Montini a ouvert les
bras à l'Orient, en déplorant le malentendu qui
régnait jusqu'à hier, et alimenté
intentionnellement par cette Eglise réactionnaire
dont la personnalisation ultime a été celle de
Pie XII, et à laquelle il a renoncé.

Question : "Comment les prêtres de la paix
d'aujourd'hui considèrent-ils le Vatican ?

Réponse : "Nous sommes essentiellement au
service de nos pays et de nos masses. Nous
sommes parfaitement conscients de notre origine :
un accord formellement bilatéral, mais en réalité
unilatéral, réalisé uniquement grâce à la forte
pression exercée par nos gouvernements sur le
Vatican. Habituellement, l'accord sur les affaires
de l'Église Catholique dans nos pays se compose
de deux documents, soussignés par les parties.
Celui qui reste entre les mains du Saint-Siège et
qui concerne nos engagements envers l'Église
Catholique, les prêtres, etc., est presque
toujours le même pour toutes les républiques
Socialistes, et il est si général qu'il ne pouvait
pas être appelé "protocole", et nous l'avons
donc appelé par le nom plus approprié d'"accord" ;
tandis que celui qui concerne les engagements
du Vatican envers nous, est exhaustif dans toutes
les voix possibles, comporte une grande quantité
de paragraphes, et est convenablement défini
comme "protocole". Vous comprendrez qu'en l'état
actuel des choses, les traités sont effectivement
unilatéraux, et toute initiative est entre les mains
de nos gouvernements. Le Pape Montini et
Monseigneur Casaroli savent bien comment s'y
prendre avec nous, maintenant, même si parfois
il y a eu une petite crise ; une acclimatation,
devrions-nous dire."


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Mer 03 Aoû 2022, 7:04 am

Question : "Pouvez-vous me donner
un exemple ?"

Réponse : "Par exemple, dans l'affaire
Mindszenty. Lorsque Paul VI repoussait
la révocation du cardinal comme primat
de Hongrie, violant ainsi les règles
précises engagements qu'il avait pris lors
de la signature des premiers accords avec
notre pays, notre gouvernement a dû
enjoindre au Pape de respecter les accords,
ou bien ceux-ci seraient annulés avec la
reprise conséquente d'une politique sévère
envers les Catholiques. Et donc Montini a
réalisé que nous étions sérieux, et a
immédiatement démis Mindszenty de ses
fonctions de Primat de Hongrie".

Question : "Quelle est, mon père, votre
opinion sur Paul VI ?"

Réponse : "Pardonnez-moi, mais vous pouvez
m'appeler professeur. Montini était l'homme
le plus approprié pour être le Pape aujourd'hui.
D'autre part, l'Union soviétique savait depuis
1945, grâce aux rapports sur les affaires
Italiennes coordonnés par le secrétaire du
parti communiste Italien, Palmiro Togliatti,
que l'ancien monseigneur Montini de la
Secrétairerie d'État était une personne
sympathisant sûrement avec le Socialisme, et
avait eu plus d'une rencontre avec le chef
communiste Italien. Et à Moscou, ils ont
également appris le rôle de Montini dans la
liquidation de la monarchie Italienne, en 1946,
et ils ont commencé à espérer et à travailler
pour lui ouvrir la voie. Aujourd'hui, nous
pouvons dire qu'il y a trente ans, Togliatti
avait un bon nez".

Question : "Croyez-vous qu'avec l'ingérence
traditionnelle du Vatican dans les affaires
Italiennes, le communisme aurait fait un si
grand bond en avant en Italie, si sur la
"Cathedra" de Saint Pierre siégeait un autre
Pape que Montini ? Nous devons nous rappeler
que l'excommunication des communistes par
Pie XII a marqué pour le communisme, quoi
qu'on en ait dit, et surtout pour le
communisme Italien, un moment de crise
indiscutable. Et ce fut une étape dangereuse
pour le PCI (Parti Communiste Italien) sur son
chemin vers le pouvoir."

Réponse : "Vrai. Paul VI a une personnalité
ambiguë machiavélique, introvertie. Mais les
accords qu'il signe sont très clairement énoncés
par notre gouvernement, et après tout, un
coup d’œil à l'Est suffit à en témoigner.



A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Jeu 04 Aoû 2022, 7:18 am

Cet extrait de l'interview éclaire, de
manière prospective, les temps
florissants qui s'annoncent pour les
communistes de l'Est, sous le règne
de Paul VI, préparés par la politique
Roncallien et par le Conseil
Œcuménique Vatican II

Les gouvernements Marxistes sont
en effet impatients de stipuler un
"modus vivendi" (mode de vie) avec
l'Eglise qui signifierait, de la Chine à
l'Albanie, de la Bulgarie à la Roumanie,
des tentatives authentiques d'unité de
l'Eglise.

Le Marxisme tente en quelque sorte
d'ouvrir la voie aux pas rapides et
résolus du nouveau Pape
révolutionnaire, Jean XXIII. Et il
change de tactique. Il ne veut plus
d'une "Église des catacombes", d'une
"Église du silence" qui est pour lui une
arme à double tranchant, mais d'une
Église "en silence". Le primat de
Pologne, le cardinal Wyszynski, dira
amèrement quelques années plus tard :
"Aujourd'hui, nous sommes comme
des poissons dans un aquarium. À
l'époque de Staline, ils ont essayé de
nous détruire par le martyre, en
pêchant çà et là et en tirant la ou les
victimes désignées. Aujourd'hui, ils
poursuivent une action apparemment
moins violente, et tout à fait légale :
ils assèchent l'étang."

Roncalli, dans sa course impétueuse
pour serrer la main que lui tend le chef
de la nouvelle Russie soviétique, le "bon"
Nikita Khrouchtchev, tombe ruiné dans
le filet de cette nouvelle politique, si
opportunément concoctée par les
communistes de Moscou. Ce même
Khrouchtchev qui, juste la veille de
l'ouverture du Concile Œcuménique de
Vatican II, n'a aucun doute en déclarant :

"Ce que l'on veut, c'est un système
élaboré et intégral d'éducation
scientifique athée qui pourrait atteindre
toutes les couches et tous les groupes de
la population, qui empêcherait la diffusion
des idées religieuses, notamment chez les
enfants et les adolescents."

Mais qu'est-ce qu'il fait ! Au cours du
Conseil, fermement bridé par la grande
main de Roncalli, lorsqu'il s'agit de l'"Église
du silence", le mot de passe est "tiens ta
langue". Certaines choses, désagréables et
irritantes pour le "conciliant" à tout prix,
ne doivent pas être prononcées. De sorte
que les hommes de l'Ouest croient à la
"bonne volonté" communiste, même envers
la religion. Par conséquent, la directive au
sein du Conseil est de se taire, voire de
sourire, devant l'évolution incroyable de ce
communisme sous un déguisement
respectable qui prétend maintenant être
prêt à traiter avec le Vatican.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Ven 05 Aoû 2022, 8:34 am

Un évêque oriental écrit, pendant le
Concile : "La véritable Église du
silence, ce n'est pas nous, car nous
témoignons chaque jour, et notre voix
appelle le Ciel. Mais c'est l'Église des
Pays Libres, qui est une Église du
Silence, quand les fidèles, acceptant
tout, se taisent devant la grande
tragédie..." A la même époque, un
ecclésiastique, originaire d'un autre
pays du rideau de fer, part en
reportage, avant de retourner à l'Est :

"Pendant dix ans, j'ai rêvé de la liberté
de l'Occident, j'ai rêvé d'une Église libre.
Je suis ici depuis un mois et cela m'a
suffi pour décider de retourner à l'Église
du Silence, car la souffrance de l'Église
du Silence est pour moi moins
douloureuse que le silence de l'Église
libre.

Mais Roncalli traite déjà secrètement
avec l'Union soviétique, et attend avec
impatience la rencontre historique avec
le chef du Marxisme mondial, et passe
de longues heures, dans la plus grande
discrétion, avec les émissaires
des Botteghe Oscure, (Via delle Botteghe
Oscure, Rome ; QG du Parti Communiste
Italien) et a ordonné le silence le plus
absolu, au Conseil, sur la question
inconfortable de sa politique. Et donc
ces évêques qui ont réussi à obtenir la
permission de participer aux travaux de
l'Assemblée Œcuménique, et qui se sont
précipités à Rome pour lancer à Saint
Pierre le grand appel au secours de l'Église
martyre de l'Est, sont étouffés par la
main inflexible d'un calcul politique qui
les impressionne aujourd'hui.

Un autre témoignage est celui du père
jésuite Domenico Chianella, futur
directeur de l'Exposition de l'Église du
Martyr, qui écrit, en contestant le nouveau
cours Giovannien, le dialogue et la
réconciliation entre le Christianisme et le
Marxisme, "...Outre l'ignorance de la
question de l'Église du Silence, il y a la
confusion des esprits, qui est une chose
pire et plus dangereuse. La tactique et
la dialectique marxistes ont maintenant
défié même la mentalité des catholiques,
en prétendant, par exemple, que parler
de la préservation de la foi et de l'Église
contre le communisme, ou prendre soin
de nos frères persécutés dans les pays
athées, équivaut à faire de la politique,
à se ranger du côté de la réaction, à
prêter main forte aux spéculateurs
politiques, et ainsi de suite. Il y a même
ceux qui disent qu'en parlant de la
souffrance des Catholiques sous le
communisme, nous ne faisons
qu'aggraver leur sort. Nous ferions
mieux de nous taire ! Outre le fait que
le communisme ne peut rien faire de
plus que ce qu'il a déjà fait et fait
encore à l'Église, il y a l'appel sincère
et unanime des évêques et des prêtres
du rideau de fer qui nous demandent
de parler en leur nom ; rien pour eux ;
que parler et montrer au monde entier
ce que le communisme a fait à la
religion est, après la prière, le seul
moyen de les aider, d'inciter les
gouvernements à leur laisser un peu
de liberté. Il n'y a rien que ces régimes
craignent autant que la vérité. Ces
gouvernements athées et dictatoriaux
ne craignent pas Dieu, auquel ils ne
croient pas, ils ne craignent pas les
armes : tout ce qu'ils craignent, c'est
l'opinion publique mondiale. Ils
comptent beaucoup sur le silence de
l'Occident...


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Sam 06 Aoû 2022, 8:12 am

Un Chrétien authentique ne peut faiblir
devant le communisme. Le communisme
est une idéologie, une nouvelle religion,
une nouvelle conception approfondie de
la vie et de l'homme, une doctrine
matérialiste et athée qui veut
ouvertement anéantir la foi religieuse
des peuples, qu'elle considère comme
une superstition. Selon Lénine, cet
anéantissement est bien l'ABC du
Marxisme. Soutenir son développement
et sa diffusion, ne serait-ce
qu'indirectement, c'est aller à l'encontre
du Royaume de Dieu, de la mission
apostolique de l'Église. Certainement !
Pour les communistes en tant qu'individus,
à côté de nous dans notre vie quotidienne,
nous devons avoir le même amour que le
Christ a pour eux en tant qu'individus.
Mais quand il s'agit de leur doctrine, de
leur parti, de leur tactique (et c'est là le
secret de leur grand succès !), nous
devons être capables de saisir le péril
qu'ils constituent pour la Foi et la liberté.
Paix, réconciliation, adoucissement,
coexistence... sont tous de beaux mots
utilisés par les ennemis de Dieu pour
semer la confusion et gagner du terrain.
Le communisme ne changera
fondamentalement rien tant qu'il restera
l'idéologie qu'il est et entend être
aujourd'hui. Ce sont les concepts que
j'ai entendus tant de fois de la part de
ceux qui ont vu le communisme en face...

Les événements politiques qui
bouleverseront les équilibres de l'Occident,
l'exposant au communisme, plongent leurs
racines dans la planification Roncallien du
Concile Œcuménique Vatican II, et c'est en
elle qu'il faut chercher les pressions qui
conduiront bientôt à un alignement à gauche
de presque tout le monde libre Européen.

Les causes qui amèneront en Italie les
gouvernements de centre-gauche, d'abord,
et ensuite le s.c. Compromis historique
avec le PCI (Parti Communiste Italien) ; qui
provoqueront l'éclosion en Allemagne
fédérale du phénomène Brandt avec le
transfert de territoires allemands à la Pologne
Communiste, anticipant l'épilogue du Portugal
de Salazar, le crépuscule du franquisme en
Espagne, l'apparition de ce terrorisme Marxiste
dont la violence n'est que sanguinolence et
arrogance aveugles, se multiplient, dans la
mesure où la tolérance, l'inquiétude et la
complicité sont désormais répandues dans les
démocraties occidentales "ouvertes" au
dialogue et à la réconciliation.

Dans les premières semaines du Concile, sur
le bureau du nouveau Pape affluent des
suppliques, des rapports et des lettres de tous
les coins du monde, implorant Jean XXIII de
prendre position contre les persécuteurs de
l'Église. Le nouveau pape lit, reçoit les
messagers et s'attarde avec les évêques,
parlant le dialecte de sa Vénétie, doux et
mélodieux. Il sourit. Il rassure. Puis il continue
comme il l'entend.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Dim 07 Aoû 2022, 7:09 am


Au secrétaire d'État qui, après avoir
lu dans un de ses manuscrits des
mots "inventés", ose observer :
"Votre Sainteté, mais ces mots
n'existent pas, ils ne sont même
pas cités dans le dictionnaire du
Palazzi..." Roncalli répond,
brièvement : "Eh bien, nous
devrons réformer beaucoup de
choses. Nous devrons aussi faire
quelque chose pour ce Palazzi".

Alors que dans les dernières années
du pontificat de Pie XII, les
communistes Italiens entretenaient
avec le Vatican des relations
indirectes, promues, coordonnées
et suivies par Giovanni Battista
Montini, et par la médiation de
quelques prélats bien dissimulés dans
l'appareil bureaucratique complexe
du Saint-Siège, aujourd'hui, pour la
première fois, le parti Communiste
Italien a un lien direct avec le Pape.
Le secrétaire du parti, Togliatti, est
fréquemment vu, semi-incognito,
dans les ascenseurs de l'appartement
du pape. Ses visites ne sont pas
enregistrées dans le tableau des
audiences. A l'intérieur du Vatican, il
est accompagné à la hâte et sans
cérémonie dans le bureau du Pape.
Mais certains parmi les gendarmes en
faction, et les préposés aux
ascenseurs, le reconnaissent et
échangent avec lui un ou deux mots
d'esprit.

Le maître de maison de Sa Sainteté,
Pio Manzia, m'a raconté que Jean XXIII
avait reçu Togliatti à sa table plus d'une
fois. Même si, selon ce "commendatore"
à l'esprit vif, l'appétit du Communiste
n'était pas à la hauteur de celui de son
auguste compagnon de table.

Le secrétaire Communiste portait avec
lui une grande quantité de papiers. Un
maître des cérémonies, le vieux et
mémorable monseigneur Capoferri, me
raconta qu'un après-midi, une de ces
réunions "confidentielles" a duré deux
heures et trois quarts, montre en main.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Lun 08 Aoû 2022, 7:32 am

Une fois, j'étais en "service de semaine",
quand je suis sorti de l'ascenseur, dans
la cour de Saint-Damaso, j'ai vu marcher
vers moi un Maître de Cérémonie du
Pape, un simple ecclésiastique, et ce
politicien que je connaissais si bien. Ils
se sont précipités vers l'ascenseur, tandis
que la FIAT bleue qui les avait transportés,
avec un jeune garçon en pull au volant, se
garait dans le quartier. J'étais en uniforme,
et je ne me suis pas retourné pour regarder.
Mais en montant dans la voiture de service
qui devait me ramener chez moi, j'ai
ressenti un malaise sincère et insupportable.
Personne, alors, à la Cour Pontificale, ne se
doutait de ce qui se tramait, jour après jour,
derrière la façade du Palais Apostolique.
Nous avons poursuivi notre service, dans le
respect du rituel ancien et inchangé, avec
nos uniformes brodés d'or et nos somptueux
costumes espagnols. Les Gardes Suisses ont
continué à faire claquer leurs talons et à
présenter leurs hallebardes. Les trompettes
d'argent jouaient la Marche triomphale de
Silveri, lorsque le Pape, en grande tenue,
descendait dans la basilique Saint-Pierre,
escorté par les Gardes Nobles. Derrière cette
apparence extérieure inchangée, cependant,
quelque chose de fondamental se développait
rapidement et allait bientôt, très bientôt,
porter ses fruits.

Ces contacts avec le parti Communiste Italien,
comme premier résultat, obtiennent aux
communistes la suppression de
l'excommunication, de mémoire de Pacelli.
(Décret de condamnation du communisme. )
De cette façon, l'électorat rouge, retenu au
bureau de vote par le problème de la
conscience, se précipitera pour gonfler les
votes du parti Communiste Italien. Surtout
ceux des femmes. Dans la plupart des
familles Italiennes, les femmes sont celles
qui ont le plus ressenti la bride de
l'excommunication de Pie XII, et sont
restées, en raison de complexes ancestraux,
alignées et couvertes par les directives de
leur paroisse. Jean XXIII a promptement
rapidement à la demande bien calculée de
Palmiro Togliatti. On le verra dans la
formidable progression du parti Communiste
Italien aux élections suivantes, et dans
cette politique de gauche qui amènera l'Italie
à la réalité d'aujourd'hui. Et un Communisme
Italien reconnaissant se met volontiers à la
disposition de la politique Giovannienne.
Le Parti Communiste Italien précédera la
Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté pour ouvrir
la voie au dialogue historique entre le Vatican
et les pays socialistes de l'Est, à commencer
par la Russie Soviétique. Roncalli met en
œuvre sa révolution sans heurter l'opinion
publique. Il opère, en politique, de telle sorte
que sa main gauche ignore ce que fait sa
main droite. Tandis que d'un côté, dans de
fades petits discours de circonstance, il
exprime son chagrin pour l'Eglise du Silence
et condamne les persécuteurs, de l'autre il
pousse sans relâche l'opération de couplage
avec le monde politique du rideau de fer.
Quand il s'agit de prendre position, contre le
Marxisme, avec le Conseil, il laisserait
tomber les Catholiques qui croupissent sous
le joug Marxiste, et imposerait à l'évêque le
silence sur cette question. Lentement, mais
progressivement, l'opinion publique se
désintéresse du sort de ces millions d'âmes
au désespoir impuissant. Les informations
officielles, en effet, parlent de concessions,
de "dialogue" qui commence à se développer,
timidement d'abord, puis de plus en plus
rapidement, entre le Christianisme et le
Marxisme. Le Pape a pris l'habitude,
poursuivie par Paul VI, de bavarder avec le
peuple depuis la fenêtre du Palais
Apostolique. Le parti Communiste Italien,
avec sa remarquable organisation, envoie
quelques autocars remplis de membres sur
la Place Saint Pierre. Ceux-ci se mêlent à la
petite foule du dimanche, avec leurs flacons
de vin et leurs sandwichs faits maison,
jonchant la place d'emballages. Lorsque
Roncalli apparaît, volumineux, dans le
rectangle sombre de la fenêtre, ils
l'applaudissent, lui font le salut du poing
serré, agitent, parfois, leurs bannières
rouges. Roncalli veut être le "pape du peuple".
Il a une éloquence sans prétention,
accessible à tous. Surtout pour les ouvriers.
Bien épicé avec des expressions qui
facilement suscitent l'émotion facile de
l'homme de la rue. Et Parfois, il utilise,
amusé, son éloquence sans prétention pour
faire l'impassibilité formelle de sa Cour et
de son Corps Diplomatique. Roncalli ne
néglige pas, dans ses conversations de
fenêtre avec le peuple, de le rassurer sur
le danger communiste. Sa célèbre
exhortation... "Vous devez aimer
Khrouchtchev. Dieu l'aime" parle de
lui-même. Entre-temps, la visite au
Vatican de la fille du dictateur et de son
mari, le journaliste Adzhubei, approche à
grands pas.

A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Mar 09 Aoû 2022, 7:40 am

CHAPITRE XI

" La nuit dernière, j'ai fait un rêve :
une voix me pressait de convoquer
un grand Concile. Un Concile
universel de l'Église. Un Concile
Œcuménique. Et je ferai ce Concile..."
C'est ainsi qu'un matin, Jean XXIII
s'adressa à son secrétaire d'État,
cardinal Domenico Tardini, alors qu'il
entrait dans le bureau du Pape, sa
mallette de papiers confidentiels
sous le bras. Le prélat est resté un
instant interloqué. Et lui-même,
comme il devait l'avouer à ses plus
proches collaborateurs, crut un instant
que Roncalli, comme à son habitude,
ne faisait que plaisanter. Mais il est
devenu presque immédiatement évident
qu'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie.
Le pape parlait sérieusement, et le
cardinal ne doutait pas que quelque chose
dans la tête de Jean XXIII ne fonctionnait
pas correctement. Qu'il était, c'est-à-dire,
comme il le fera remarquer quelques jours
plus tard, devenu "temporairement fou".

Avec le récit de sa petite aventure onirique,
parlant simplement, Angelo Giuseppe
Roncalli informe ses plus proches
collaborateurs de sa décision de convoquer
Vatican II. Naturellement, pour les rares
inconnus qui vont et viennent dans la
chambre du Pape, la surprise est
indescriptible. Les autres, ceux qui sont
au courant, ne sourcillent pas. Au
contraire, ils donnent à cette annonce la
signification d'une inspiration divine. La
véritable bombe explosera lors de
l'annonce officielle, à la Basilique
St. Paul Hors-les-Murs. Car la majeure
partie du Collège Cardinalice, loin d'être
consultée, comme le veut la règle, a été
tenue dans l'ignorance. Et c'est ainsi que
le Pape, d'un seul coup, annonce la
nouvelle aux journalistes, aux cardinaux
et au peuple, mettant sur le même plan
princes de l'Eglise, journalistes, bourgeois
et plébéiens. C'est le " sommet " de la
stratégie Roncallienne : mettre en avant
l'inéluctabilité du fait accompli. Cette fois,
les victimes sont l'Église, ses millions de
fidèles et les deux mille ans de son histoire.
À peine les solennelles voitures noires des
cardinaux ont-elles quitté la basilique
Saint-Paul et ramené les cardinaux les plus
éminents dans la tranquillité de leurs
appartements que les téléphones deviennent
brûlants. L'égarement et la consternation,
l'amertume et les accents d'indignation
impuissante parcourent les lignes aux jeunes
heures de la nuit Romaine. Mais cette
obéissance qui s'impose aux cardinaux, dans
la grandeur de leur pourpre, se prosterner
devant le trône du Pape élu - une scène si
fascinante, celle du Collège Cardinalice, avec
les habits écarlates, couchés, le front contre
terre, aux pieds du Pape, que je garderai
toujours en mémoire - inflexiblement les
électeurs du Pape et les empêche d'exprimer
des émotions.

Le monde, dès le matin du lendemain,
commence à s'imprégner de l'idée du Concile.
Ce mot, dans les années à venir, sera le plus
gonflé dans la politique intérieure et
extérieure de tous les pays du monde. Il sera
la justification et la légalisation de toutes les
erreurs, spéculations, disputes, bassesses et
tapages, des présomptions humaines
surprenantes et bien calculées qui éclateront,
à partir de ce moment, au sein de l'Église.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Mer 10 Aoû 2022, 7:47 am

Tandis qu'au Vatican Jean XXIII entame
avec empressement les travaux
préparatoires, dans le reste du monde,
et surtout dans certains pays d'Europe
du Nord, on aiguise les armes qui, à
Rome, vont briller sous les plafonds
dorés d'une basilique Saint-Pierre réduite
en salle du Concile, de taillader avec une
aptitude mortelle l'organisme d'une Église
qu'ils veulent à tout prix liquider, au nom
des idéaux œcuméniques qui doivent
engendrer une Église diverse, dans
laquelle le mysticisme et la spiritualité
doivent céder la place à une vision
sociologique et anthropologique du
Christianisme.

Le Pape apparaît serein, de bonne
humeur, et surtout déterminé. En ces
mois de préparation du Concile
Œcuménique Vatican II, Roncalli est au
mieux de sa forme. La voie est libre.
Dans l'Église, il peut désormais faire ce
qu'il veut. Les subversifs et les
progressistes l'adorent. Les
conservateurs le méprisent. Sa façon
d'aborder des questions vieilles de
plusieurs siècles avec la facilité du naïf
est infiniment vexante pour certains.

Roncalli, désormais, a de moins en moins
de temps pour ses petites escapades
hors du Vatican. Il travaille avec ardeur à
l'organisation de son Concile, sous la
pression croissante des centres
anti-Chrétiens et anti-Traditionalistes les
plus puissants du monde. Il a commencé
le travail pour lequel, des années
auparavant, il avait été choisi parmi tant
d'autres, suivi mois après mois et poursuivi,
directement et indirectement, avec une
attention et une patience infinies, jusqu'au
jour du Conclave où le petit dais sur son
siège, dans la Chapelle Sixtine, restait
pour couronner d'une auguste ombre
papale sa formidable tête. Son engagement
est multiplié par les encouragements
croissants qui lui parviennent
quotidiennement des Chrétiens non
Catholiques, bien que leurs institutions
officielles, à l'annonce du caractère
œcuménique de la grande assemblée
ecclésiale, adoptent d'abord une attitude
attentiste, quoique généralement favorable.

Le Concile Mondial des Eglises, dans la réunion
d'août 1959 à Rhodes, avait déterminé que
"...les dirigeants du mouvement oecuménique
ne pouvaient pas rester indifférents devant un
événement (le Concile) qui ne peut pas ne pas
avoir de répercussions sur les relations entre
les Eglises".


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Jeu 11 Aoû 2022, 6:34 am

Naturellement, cette conférence n'exprimait
pas complètement leurs vues. Ils voulaient
d'abord voir quel serait le développement
réel de l’œcuménisme pendant les premières
phases du Concile. Mais ils n'ont
certainement pas été pris au dépourvu par
les événements. Et ils ont travaillé avec
intelligence pour placer le programme
œcuménique de Vatican II entre de bonnes
mains, celles du cardinal Agostino Bea
(un nom dérivé de l'autre, sémite, Behar),
qui s'avance ponctuellement pour proposer
à Jean XXIII la création de d'un organisme
spécial, à l'intérieur du Concile, chargé de la
question de la réunification des Catholiques
séparés. Roncalli, qui semble s'y attendre,
accueille promptement la proposition.

Bea écrit dans son livre "L’œcuménisme dans
le Concile", "...Après une étude approfondie
et une élaboration plus précise de la
proposition d'une commission pour l'union
des Chrétiens, je l'ai transmise à Jean XXIII,
le 11 mars, 1960. Deux jours plus tard
seulement, le 13 mars, par un appel
téléphonique de son secrétaire personnel, le
Pape m'a informé de son accord général et
de son souhait d'en discuter en détail, ce que
nous avons fait au cours de l'audience qu'il
m'a accordée le même jour. La rapidité de sa
décision semble indiquer que le Pape,
peut-être depuis l'annonce du Concile,
cherchait un moyen de concrétiser l'objectif
œcuménique qu'il avait fixé au Concile, et avait
donc vu dans ma proposition d'instituer un
organe ad hoc, la voie providentielle vers ce
but. Quelques semaines plus tard, après une
réunion de la Congrégation des Rites, tenue
en sa présence, le Pape m'a appelé pour me
dire que le nouvel organe devrait s'appeler
secrétariat, plutôt que commission ; de cette
façon, a-t-il ajouté, il pourrait se déplacer plus
librement dans la juridiction assignée, ce qui
était plutôt nouveau et inhabituel. C'est ainsi
qu'avec le motu proprio "Superno Dei motu"
du 5 juin 1960, fête de la Pentecôte, fut
institué le Secrétariat de l'Union des
Chrétiens, à côté des onze commissions
préparatoires du Concile. Sa tâche était ainsi
"esquissée" et, ajoutons-le, "camouflée" :
"Pour manifester d'une manière spéciale
notre amour et notre bienveillan ce envers
ceux qui portent le nom du Christ, mais qui
sont séparés de ce Siège Apostolique, et
afin qu'ils puissent assister aux travaux du
Concile et trouver plus facilement le chemin
pour atteindre cette unité que Jésus-Christ a
imploré du Père Céleste avec une ardente
supplication, nous avons institué un bureau
spécial, ou secrétariat". (Cfr. AAS 52, 1960, 436)

Bea poursuit, dans son livre, "...La création
du secrétariat de l'union a été accueillie avec
un grand intérêt et une joie sincère tant par
les Catholiques que par nos frères non
Catholiques, ainsi que par l'opinion publique
mondiale, qui a manifesté un grand intérêt
dès les premiers jours. Lorsque ma
nomination à la présidence du secrétariat a
été annoncée, il se trouve que je me trouvais
à New York. On m'a immédiatement demandé
de tenir une conférence de presse sur l'objectif
du secrétariat et les différents aspects de la
question œcuménique. La conférence a suscité
un vaste écho, et l'intérêt n'a cessé de croître
depuis. Quant à l'intérêt de nos frères non
Catholiques, il suffira de citer la réaction du
comité central du Concile des Églises, qui, deux
mois seulement après l'institution du secrétariat,
lors de sa réunion d'août 1960, à St Andrews
(Ecosse) a déclaré :

"Le fait qu'un dialogue avec l'Église Catholique
devienne maintenant possible doit être
chaleureusement accueilli. Cette chance de
dialogue doit être exploitée ; elle signifie que les
véritables problèmes apparaissent au grand jour."
Et elle ajoute que le Concile Œcuménique des
Églises saisira l'occasion pour porter à l'attention
du nouveau secrétariat quelques principes
fondamentaux, parrainés par les assemblées
générales ou par le comité central du Concile
lui-même ; par exemple, celles sur la liberté
religieuse, sur l'activité sociale des Chrétiens, et
ainsi de suite". (Cf. Agostino Bea :
"L’œcuménisme dans le Concile", Bompiani,
mai 1968, p. 31-32).


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Ven 12 Aoû 2022, 6:52 am

Aujourd'hui, les détails liés à la création
du secrétariat recommandé à Roncalli
par le cardinal Bea, son futur président,
ont tous une signification et des
caractéristiques précises. La rapidité avec
laquelle Roncalli accepte la proposition de
Bea. La présence, non fortuite, de Bea à
New York, un des centres politiques,
avec l'ONU, du Judaïsme mondial, au
moment de sa nomination à la présidence
du secrétariat. L'assentiment immédiat et
enthousiaste du Concile Mondial des
Eglises, qui cache en son sein une
concentration de forces financières
puissantes et bien dissimulées, quand on
sait que cette même organisation, comme
on l'apprend par la suite, a financé, entre
autres, les guerres communistes en Angola
et au Mozambique. (1)

(1) FRELIMO: Mozambican Liberation Front.

MPLA : Mouvement populaire pour la libération de l'Angola.
GRAE : Gouvernement révolutionnaire en exil d'Angola.
APIGC : Parti africain pour la libération de la Nouvelle-Guinée et du Cap-Vert.
Le président du MPLA est Agostino Neto (l'un des trois guérilleros anti-portugais reçus en audience).
par Paul VI le 2 juillet 1971).
Les mouvements susmentionnés ont reçu 340.000 dollars US de la part du
COC : Conseil Œcuménique des Eglises. ("Libre Belgique" 25.11.1961).

Agostino Neto déclare que le MPLA n'a pas à justifier les importantes contributions accordées par le COE, l'argent ayant été versé "sans conditions".

Le CE, réuni à Sofia du 5 au 9 septembre 1971, a fait don de la somme de 200.000 dollars US à
neuf organisations révolutionnaires d'Afrique luttant contre les régimes de Rhodésie, Mozambique, Angola et Guinée Bissau (territoires portugais d'outre-mer) et à six organisations révolutionnaires d'Amérique du Nord.

A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Sam 13 Aoû 2022, 7:05 am

Cet "empressement" du Concile Mondial
des Eglises à partager avec le nouveau
secrétariat "Quelques principes
fondamentaux" qui sont, curieusement,
précisément ceux sur "la liberté Religieuse"
et sur "l'activité sociale" des Chrétiens.
Précisément les deux mines terrestres,
bien bourrées d'explosif marxiste, qui,
lorsqu'elles exploseront, transformeront
l'ancien édifice de l'Église en décombres.

L'action surprise sur le Concile, la plus
grave et la plus cruciale pour le
démembrement de l'Église, de son essence
Chrétienne et traditionnelle, est un fait
accompli. Roncalli, qui sait bien ce qu'il a
fait, donne encore une fois dans son
motu proprio une signification inspirée et
évangélique à l'initiative toute politique.
Et Agostino Bea peut maintenant établir
ses contacts et ses dialogues à la lumière
du jour. Les "Séparés" entrent au Vatican,
siègent à Saint Pierre dans l'assemblée du
Concile, je les vois si souvent proches qu'il
me semble saisir, en écho aux voûtes de la
basilique, les gémissements et les bruits
sourds des Papes qui se tournent et se
retournent dans leurs tombes. Et j'ai bien
étudié ces "observateurs" ! Hermétiques et
réservés, ils se sentent maintenant chez
eux. Ils bavardent avec Béa, qui porte sur
lui, dans son visage spectral, insaisissable,
si sémitique qu'il ressemble à une
caricature, son origine et sa vocation à la
machination occulte. Ces messieurs en noir
qui cachent souvent leurs regards, dans la
pénombre de la basilique Vaticane, derrière
des lentilles noires impénétrables, savent
que la partie est gagnée. Ils sont entrés
dans la citadelle, sans tirer un coup de feu,
cachés dans un cheval de Troie inespéré.

Ce n'est plus qu'une question de temps,
de peu de temps, avant que la citadelle ne
capitule. Ce ne serait pas l'Église qui
réabsorberait les Séparatistes, les
Protestants. Ce serait aux Protestants de
"phagocyter" l'Eglise.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Dim 14 Aoû 2022, 7:07 am

La Messe Catholique deviendra bientôt
un rite Protestant. Comment la messe
post-concile est-elle devenue la Messe
de Luther ? Nous pouvons répondre à
cette question avec le texte de Léon
Christian, "Du Luthéranisme au
Protestantisme", publié en 1911,
dans une main, et avec le texte du
"Novus Ordo", le nouveau rite de la
Messe post-conciliaire, dans l'autre.

Lorsque, à la dernière Cène, Jésus a
institué le sacerdoce, il l'a institué pour
le sacrifice, le sacrifice de la Croix, car ce
sacrifice est pour les catholiques la source
de tous les mérites, de toutes les grâces,
de tous les Sacrements : il est la source
de toute la richesse de l'Eglise. C'est donc
le sacrifice de la Croix, qui est répété sur
les autels, et le sacerdoce est intimement
lié au sacrifice. Le sacerdoce n'a aucune
signification sans le sacrifice, car le
sacerdoce n'existe seulement le sacrifice.
On pourrait aussi dire : c'est l'incarnation
de Jésus-Christ à travers les siècles,
" usque ad finem temporum ", comme
disent les textes, le Sacrifice de la Messe
sera offert. Si Jésus-Christ a voulu ce
sacrifice, il a aussi voulu être la Victime.
Pour être la Victime, il doit être présent,
réellement présent sur l'autel. S'il n'est
pas présent, s'il n'y a pas de présence
réelle sur l'autel, il n'y a pas de Victime,
il n'y a pas de sacerdoce. Tout est lié :
Sacerdoce, Sacrifice, Victime, et Présence
réelle. C'est cela : La Transsubstantiation.
C'est le "cœur" de ce que Jésus-Christ a
donné de plus grand, de plus riche à
l'Église et à l'humanité entière qui se
reconnaît dans l'Église Catholique. Et
nous pouvons ainsi comprendre comment
Luther, lorsqu'il a voulu changer ces
principes, a commencé par s'attaquer
au sacerdoce. Et les modernistes aussi.
Car Luther savait bien que si le sacerdoce
devait disparaître, il n'y aurait plus le
Sacrifice, il n'y aurait plus la Victime, il ne
resterait plus rien dans l'Église, il n'y aurait
plus la source de la grâce. Luther disait :
" Il n'y a pas de différence entre les prêtres
et les séculiers. Le sacerdoce est universel...
Chaque fidèle possède le sacerdoce, ainsi
que le caractère baptismal..."

Ainsi, la "sécularisation" des prêtres
contemporains apparaît clairement : même
à l'extérieur, ils rejettent toute tenue
particulière ; ils ne veulent plus être
distingués des fidèles, car ils sont tous
prêtres, et ce sont les fidèles qui doivent
choisir leurs prêtres et les élire.


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

 NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape   - Page 4 Empty Re: NIKITARONCALLI Contre-vie d'un Pape

Message  Monique Hier à 7:07 am

Un nouveau livre sur les sacrements a
été imprimé à Paris, en janvier 1975,
sous l'autorité de l'archevêque,
le cardinal Marty : les auteurs ont
découvert "huit" sacrements, et non
plus sept, car le huitième sacrement est
la profession religieuse. Dans le livre, il
est clairement indiqué que tous les
fidèles sont des prêtres et que le
caractère du prêtre vient du caractère
du Baptême.

Les auteurs ont dû lire Luther, devenu
pour eux un Père de l'Eglise. Luther
affirme sans ambages "que la messe
n'est pas un sacrifice, mais une
communion" (Le miracle de Bolsena
avec le sang jailli de l'hostie brisée par
l'officiant incrédule ?). "Il est possible
d'appeler la Messe Communion,
Eucharistie, n'importe quoi, mais
Sacrifice ; par conséquent, il n'y a plus
de Victime, ni de Présence réelle, mais
seulement une présence spirituelle, un
souvenir ou une Communion." Luther a
appelé l'Eucharistie "Sacrement du pain".
Nous devons reconnaître que les bulletins
diocésains et paroissiaux d'aujourd'hui ne
parlent plus de Sacrifice de la Messe,
mais d'Eucharistie, de Communion, de
Cène. Quelle singulière réconciliation
avec les thèses de Luther ! Le même
Luther qui disait que l'une des fins de la
Messe est de remercier Dieu, donc non
pas un Sacrifice d'expiation, mais
d'adoration, d'Eucharistie. Et c'est
pourquoi les protestants modernes
acceptent le nouveau rite de la Messe,
"parce que", disent-ils - et cela a été
imprimé sur une publication du diocèse de
Strasbourg rapportant une réunion de
protestants de la Confession d'Augsbourg -
"maintenant, avec le nouveau rite, il est
possible de prier avec les Catholiques."
(Extrait de "L'Eglise en Alsace",
8.12.1973 et 1.1.1974).

"En effet, avec les formes actuelles de
la célébration Eucharistique par l'Église
Catholique et les convergences
théologiques présentes, de nombreux
obstacles qui pouvaient empêcher un
protestant de participer à la célébration
Eucharistique deviennent chose du passé,
et il est maintenant possible pour un
protestant de reconnaître dans la
célébration Eucharistique Catholique la
Cène instituée par le Seigneur. "Nous
tenons en haute estime les nouvelles
prières eucharistiques, qui ont l'avantage
de brouiller la théologie du Sacrifice."

Déjà en 1974, en Angleterre, un évêque
anglican a adopté le nouveau rite
Catholique dans tout son diocèse. Il déclarait :

"Ce nouveau rite se conforme
parfaitement à nos croyances protestantes."


A suivre...
Monique
Monique

Nombre de messages : 12135
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum