Henri-Marie Boudon, Grand-Archidiacre d'Évreux.

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Message  Louis Mar 02 Mar 2021, 6:04 am


HENRI-MARIE BOUDON.

Ses maladies.

Si M. Boudon a été mis dans le creuset de la tribulation au sujet de sa renommée, il a su aussi soutenir, avec une constance admirable et très-édifiante, un grand nombre d'infirmités dont Dieu l'a favorisé pour porter continuellement la mortification de Jésus-Christ dans son corps.

Les voyages fréquents qu'il avait faits pendant qu'il était en santé, pour aller faire des missions dans les provinces éloignées dont nous avons parlé, ont beaucoup contribué à le rendre infirme sur la fin de ses jours, d'autant plus qu'il était d'une complexion fort délicate.

Il souffrait souvent des coliques des plus douloureuses qui l'obligeaient à demeurer quelquefois plusieurs heures couché par terre, au milieu de la campagne, sans aucun secours.

Une descente chronique et invétérée, à laquelle les médecins n'ont jamais pu apporter de guérison, était encore une autre source de plusieurs infirmités différentes qui augmentaient plus il avançait en âge : Mes maux, disait-il, ou pour mieux dire, mes biens, augmentent et deviennent plus grands. J'avoue que sans un secours particulier de la Sainte Vierge, ma bonne maîtresse, j'y succomberais; la fièvre, continue-t-il, la descente, la colique et les fluxions m'accablent jour et nuit, et je suis dans une profonde solitude à l'égard de toutes les créatures.

Quelque grandes que fussent les maladies et les infirmités de ce vénérable Prêtre…

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Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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Message  Louis Mer 03 Mar 2021, 6:39 am


HENRI-MARIE BOUDON.

Livres composés par lui.

Quelque grandes que fussent les maladies et les infirmités de ce vénérable Prêtre, il ne laissait pas d'être toujours occupé, ou à écrire des lettres qui personnes qui avaient rapport à lui, ou à donner d'excellents conseils à ceux qui souffraient et qui étaient dans des états très-pénibles, ou à composer des traités spirituels; et ces livres, qui sont aujourd'hui entre les mains des personnes de piété, sont d'un très-grand secours dans tous les différents états où l'on peut se trouver dans les voies du salut.

Voici les titres de quelques-uns de ces livres: L'Amour de Jésus au très-saint Sacrement. — La Dévotion aux neuf  Chœurs des Anges. — Le Règne de Dieu dans l'Oraison. — De l'Amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — Les saintes Voies de la Croix. — La Vie cachée avec Jésus en Dieu. — La Science sacrée du Catéchisme. — La Conduite de la divine Providence. — La Science et la Pratique du Chrétien. — La Gloire de la sainte Trinité dans le secours des âmes du Purgatoire, et la Dévotion du règne de Dieu. — De la Sainteté de l'état ecclésiastique. — Dieu seul. — Dieu présent partout. — Dieu inconnu. — L'Homme intérieur, ou la vie du R. P. Chrysostôme, religieux de Saint-François. — Le saint Esclavage de la Mère de Dieu. — Le Triomphe de la Croix. — La vive Flamme d'amour en la personne du B. Jean de la Croix. — Le Chrétien inconnu.— Le Malheur du monde. — Les Merveilles que Dieu a opérées par la Sainte Vierge. — Les Cérémonies de la sainte Messe. — Observations sur la Communion. — Du Respect dû à la sainteté des églises. — L'Adoration perpétuelle de la divine Providence. — Les grands Secours de la divine Providence. — L'Homme de Dieu dans la personne du R. P. Jean-Joseph Surin, de la Compagnie de Jésus.

Quoique quelques-uns des ennemis de M. Boudon aient voulu l'attaquer dans la doctrine qui était contenue dans quelques-uns de ses écrits, on a néanmoins toujours reconnu la solidité et l'utilité de ses livres après les avoir bien sérieusement examinés; le débit qui s'en est fait, les éditions différentes qui en ont été données et les traductions qui en ont été faites dans les royaumes et les provinces les plus éloignées et dans des langues étrangères, sont des preuves assez convaincantes de ce que l'on avance à ce sujet.

Nous ne ferons point connaître ici quelles ont été les dévotions particulières et propres à notre fervent Archidiacre…

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Message  Louis Jeu 04 Mar 2021, 6:05 am


HENRI-MARIE BOUDON.

Ses dévotions.

Nous ne ferons point connaître ici quelles ont été les dévotions particulières et propres à notre fervent Archidiacre; les livres qu'il a composés et dont nous venons de donner le détail, les font assez distinguer, et tous ses ouvrages font assez remarquer que les premiers et principaux objets de notre religion faisaient aussi les sujets les plus ordinaires de sa piété; il n'avait rien tant en recommandation que le culte que l'on devait rendre à la sainte Trinité et à Jésus-Christ dans tous ses mystères: il respectait aussi singulièrement la très-sainte Vierge, dont il ne se lasse point de reconnaître les bienfaits et de publier les grandeurs et le mérite en toute rencontre. On sait assez quelle était sa vénération pour les neuf Chœurs des Anges.

Il est temps de venir à l'heureuse fin…

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Message  Louis Ven 05 Mar 2021, 5:44 am


HENRI-MARIE BOUDON.

Ses pieux sentiments.

Il est temps de venir à l'heureuse fin de la vie du vénérable personnage dont nous parlons : si les maux différents qui l'accablaient augmentaient de jour en jour, son amour pour Dieu seul, ses vertus et son courage se renouvelaient aussi à proportion; il bénissait Dieu, et recevait comme des faveurs spéciales les nouvelles incommodités qui lui survenaient; il désirait mourir en imitant Jésus-Christ, qui souffrit la tristesse et l'agonie avant sa mort. Outre les infirmités dont nous avons parlé ci dessus, il lui survînt de grands maux d'estomac qui l'empêchaient de retenir la nourriture qu'il prenait. Il était attaqué de rhumatismes presque continuels, de fluxions très-incommodes sur les yeux et sur d'autres parties du corps, de douleurs très-piquantes dans la poitrine : ce qui le réduisit à une si grande faiblesse qu'il ne pouvait plus se soutenir. « Je ne suis plus, disait-il, qu'un corps d'infirmités, les secours humains me sont fort inutiles, je n'ose manger de rien, je passe les nuits dans un rude exercice; mais j'attribue aux miséricordes de la Sainte Vierge, ma bonne maîtresse, les douleurs de la fin de ma vie. J'avoue, continuait-il, que j'ai besoin d'un secours spécial de Notre-Seigneur, de sa miséricordieuse Mère et des bons anges, dans la continuation et l'augmentation de mes maux. »

On apporta dans ce temps à notre pieux malade la nouvelle de la mort de M. de Bernières, qui était un de ses plus intimes amis, avec qui il avait eu de très-étroites liaisons, et chez qui il avait été faire des retraites en sa maison de campagne. Il témoigna être très-touché de cette perte : Hélas !ajouta-t-il,tous nos amis s'en vont, et je reste encore en ce monde, misérable que je suis!Multùm incola fuit anima mea : — mon âme est longtemps sur la terre; — moriar ut vivam : — que je meure, disait-il, afin que je commence à vivre; — peream penitùs, ut non totus peream : — que je périsse entièrement dans ce monde, afin que je ne périsse aucunement dans l'autre. Une autre fois il disait : Puisque Jésus-Christ s'est immolé lui-même, et qu'il continue tous les jours son sacrifice sur nos autels, que ne doit pas faire une pauvre et chétive créature ; qu'est-ce qu'elle ferait quand elle aurait tout un monde à donner à son Dieu? Il est donc bien juste qu'elle lui sacrifie le peu qu'elle a à lui offrir; faisons donc au moins pour son amour un saint usage de nos infirmités corporelles, j’avoue , disait-il, que je suis toujours bien incommodé et dangereusement malade, selon le jugement même des médecins, mais je suis toujours très-bien, puisque la divine Providence en ordonne de la sorte.

La maladie qui accablait ce vénérable vieillard augmenta de telle sorte, qu'il souhaita qu'on lui apportât le saint Viatique. Il appréhendait de ne pouvoir pas recevoir ce pain de vie, à cause d'une toux très-violente qui l'accablait; mais sitôt que le Saint-Sacrement fut dans la chambre, le mal s'arrêta et notre pieux malade communia fort tranquillement. Il remerciait Dieu très-souvent de ce qu'il multipliait ses maux, étant persuadé que plus il souffrait, plus il avait occasion de marquer son amour à son Dieu, et de satisfaire à sa justice. Le médecin lui ayant dit ouvertement qu'il n'y avait plus à espérer pour le recouvrement de sa santé, et que sa dernière heure était proche, notre généreux moribond le remercia aussitôt de tous les soins qu'il avait pris pour lui, et témoigna aussi sa reconnaissance envers tous ceux qui l'avaient assisté dans sa maladie; et alors il s'écria, dans un saint transport de joie :

« C'est à présent que je me vois entre les mains de la divine Providence, ma très-bonne et très-douce Mère; c'est à présent que je dépends d'elle entièrement. Ce qui me donne une consolation ineffable, c'est que tous les moyens humains ne me servant plus de rien, je puis dire maintenant en vérité : Dieu seul, Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur, le Sauveur de tous les hommes! »

C'est dans cette même pensée qu'il voulut encore que l'on fît savoir à la communauté des filles de la Providence de Paris, pour qui il avait des considérations particulières, que son cœur nageait dans la joie de se voir logé à la Providence, n'ayant plus aucun secours humain à attendre.

Comme notre pieux malade approchait toujours vers l'heureux terme où il tendait…

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Message  Louis Sam 06 Mar 2021, 6:16 am


HENRI-MARIE BOUDON.

Fin de sa vie.

Comme notre pieux malade approchait toujours vers l'heureux terme où il tendait, un grand nombre de personnes, qui désiraient profiter de ses dernières paroles, se trouvèrent dans sa chambre, et, ne pouvant plus leur parler en particulier, il pria un ecclésiastique qui était auprès de lui, de leur dire à tous de sa part, qu'il les exhortait de tout son cœur à servir et à aimer Dieu de toutes leurs forces, et que, dans la religion de Dieu seul où il allait, tout le monde serait obligé de reconnaître, par force ou par amour, qu'il n y avait que cela à faire en ce monde. Enfin, après avoir mis ordre à plusieurs affaires autant que ses forces pouvaient le lui permettre, on lui demanda s'il n'avait besoin de rien ; à quoi il répondit : « Je ne veux plus que Dieu tout seul, » et un moment après il expira. Ce fut sur le midi et demi du dernier jour d août de l'année 1702, étant âgé de soixante-dix-neuf ans.

On n'eut pas plus tôt appris dans la ville d'Évreux la mort de notre vénérable archidiacre, qu'un concours de monde infini se transporta dans sa chambre, qu'il fallut pour cela laisser ouverte jusqu'à minuit. On lui donna toutes sortes de marques de vénération, ou en lui baisant les pieds, ou en désirant d'avoir quelques parcelles de ses pauvres meubles, ou en l’invoquant déjà comme un bienheureux; et; ce qui est remarquable, c'est que l'un de ceux qui l'avaient le plus persécuté pendant sa vie, étant venu, comme beaucoup d'autres, lui rendre ses respects dans ce moment, demanda aussi, ayant les larmes aux yeux, qu'on lui accordât quelque chose qui eût appartenu au défunt, disant que c'était véritablement un saint, et qu'il était témoin de tout ce qu'il avait souffert.

Il s'éleva une sainte contestation entre Messieurs du Chapitre de l'église cathédrale d'Évreux et ceux du Séminaire, à qui aurait le corps de ce saint Prêtre; mais Mgr l'évêque décida judicieusement que ce précieux dépôt appartiendrait au Chapitre, qui l'inhuma en effet le lendemain avec toute la pompe possible, dans une chapelle qui est dédiée à la Sainte Vierge, et en laquelle M. Boudon avait coutume de célébrer les divins mystères depuis trente ans; et, pour Messieurs du Séminaire, ils ont l'avantage de posséder son cœur, le digne Prélat dont nous avons parlé l'ayant ainsi ordonné, et ayant marqué lui-même, dans une chapelle de saint François de Sales, la place la plus convenable où on devait le mettre. C'est en ce lieu qu'un grand nombre de personnes, qui ont eu l'avantage de connaître ce vénérable prêtre, ou qui en ont entendu parler, vont présenter leurs vœux et demander des secours surnaturels par son moyen dans les pressants besoins où ils se trouvent. Je ne veux point juger ici de plusieurs guérisons dont on rapporte les faits dans les Mémoires qui nous ont été communiqués, et que l'on estime être miraculeuses; Dieu en fera connaître la vérité quand il le jugera à propos.

Je dirai seulement que, comme il y a un grand nombre de lettres pleines d'une sagesse toute surnaturelle, que ce grand maître de la vie intérieure a écrites à différentes personnes qui le consultaient, il serait à souhaiter que quelqu'un s'intéressât à les recueillir pour en enrichir le public. J'ajouterai encore que la nécessité de n'être pas trop diffus en faisant un abrégé, nous a contraint d'omettre une infinité d'actions de vertus très-édifiantes qui pouvaient entrer dans le récit que nous venons de donner. Le Martyrologe universel, imprimé en français en 1709, fait mention avec éloge de M. Boudon au 31 août.

Nous avons composé cet extrait sur les mémoires fidèles qui nous ont été communiqués de différents endroits, et dont nous avons fait le choix le plus exact que nous avons pu.

FIN.

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