LA DÉVOTION DES NEUF CHOEURS DES SAINTS ANGES - M. Henri-Marie Bourdon

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Message  Monique Mar 19 Jan 2021, 7:59 am

Comme les chérubins sont les sacrés ministres des lumières de Dieu, les séraphins le sont de son amour. Quiconque donc aspire au pur amour, doit avoir une liaison très particulière, et des amours extraordinaires pour ces aimables esprits. Les saints qui ont le plus excellé dans le pur amour, en ont reçu des assistances prodigieuses, comme saint François et sainte Thérèse. Ce fut un séraphin, comme il a été dit, qui imprima à saint François les plaies du Sauveur ; ce fut un séraphin qui transperça amoureusement d'une flèche sacrée le cœur généreux de la grande Thérèse. Tous les grands amants du Fils de Dieu, ceux même qui ont été les premiers des plus grands saints, n'ont point de plus grande gloire dans le ciel, que celle d'être élevés dans le chœur de ces esprits tout d'amour. C'est à leur heureuse compagnie que les âmes les plus éminentes peuvent aspirer.

Feu monsieur Gallemant, homme tout apostolique, et l'un des premiers supérieurs du saint ordre des Carmélites en France, disait que cet ordre était destiné pour remplir le chœur des séraphins, s'il faisait bon usage de l'éminence de sa grâce. L'on a vu dans les apparitions miraculeuses, dont la sainte Vierge a favorisé le vénérable Jean de la Croix, cette reine des anges, qui tenant un paquet, ou comme un livre d'une blancheur merveilleuse, posé sur la tète d'un séraphin, le donnait à sainte Thérèse, et à cet homme de Dieu qui paraissait à ses pieds. Or, ce paquet marquait assez la règle du Carmel : il était posé sur la tête d'un séraphin, pour apprendre que ceux qui la devaient observer, étaient obligés de vivre comme des séraphins en terre ; aussi ce séraphin paraissait sans couronne, à raison qu'il représentait des personnes qui sont encore dans la voie ; l'on en voyait au-dessus de couronnés, pour faire voir en même temps, qu'après cette vie, ces séraphins de la terre participeraient aux couronnes des séraphins du ciel, et rempliraient les sièges des esprits apostats de ce chœur, qui en ont été malheureusement précipités.


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Message  Monique Mer 20 Jan 2021, 8:36 am

QUATRIÈME PRATIQUE

Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël,

et aux autres quatre anges qui sont auprès du trône de Dieu



********


Saint Michel a pris la défense de l'honneur de Dieu contre Lucifer, au sujet de l'incarnation du Verbe, et saint Jean Chrysostome estime qu'il fut aussi des premiers à lui rendre ses hommages au jour de son humble naissance en la crèche de Bethléem. C'est lui qui est l'archange tutélaire de l'Église, et c'est avec grande raison qu'il passe pour être aussi celui de la France. Les signalés secours que ce royaume en a reçus en sont de fortes preuves. Ce grand prince du paradis a voulu même avoir un lieu en ce royaume, dans le diocèse d'Avranche, qui lui fût particulièrement consacré, qui est à présent vulgairement appelé le mont Saint-Michel ; lieu célèbre par le concours extraordinaire des peuples qui y arrivent de toutes parts, pour honorer ce saint archange. C'est lui qui assiste les âmes à l'heure redoutable de la mort, et qui, selon la doctrine de saint Augustin et de saint Bonaventure, ne les assiste pas seulement en ce moment décisif de l'éternité, mais encore les introduit après la mort dans le ciel. Il est bon ici de remarquer qu'il attend les ordres de l'auguste Mère de Dieu, pour assister plus spécialement les âmes qu'elle favorise davantage ; c'est le sentiment de saint Bonaventure : et le ciel a bien voulu réserver cette faveur à la reine du ciel. Oh ! Qu'il est doux de vivre et mourir sous la protection d'une si aimable et si aimante protectrice ! C'est enfin saint Michel qui est estimé le premier de tous les anges en gloire, et le plus élevé des séraphins.

Si nous aimons donc l'intérêt de Dieu seul, il le faut aimer ; car c'est le grand saint de l'intérêt de Dieu, et de Dieu incarné. Si nous aimons l'Église, si nous nous aimons nous-mêmes, si nous avons soin de notre salut, si nous voulons être secourus au dernier moment de la vie : il le faut beaucoup honorer dans les besoins de l'Église, pour la destruction des schismes et des hérésies, pour l'établissement de la vigueur de la discipline ecclésiastique, pour la sainteté des mœurs des prélats, et spécialement du Souverain Pontife, pour la conservation et augmentation de la foi dans les pays où elle est établie, pour la publication de l'Évangile dans les terres des infidèles.


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Message  Monique Jeu 21 Jan 2021, 8:02 am

Saint Gabriel est aussi l'un des premiers séraphins ; et quand on l'appelle archange, comme l'on fait aussi saint Michel, il faut savoir que ce n'est pas que l'on entende qu'il soit simplement du huitième chœur des archanges ; mais ce nom d'archange est commun à ceux qui sont les plus considérables entre les princes du ciel, de même que l'est le nom d'ange à tous ces esprits bienheureux, de quelque ordre qu'ils soient, aussi bien aux séraphins qu'aux anges du neuvième et dernier chœur. C'est saint Gabriel qui a été choisi de Dieu pour traiter du mystère de l'Incarnation ; et ceux qui donnent à la reine du ciel un ange gardien estiment que ç'a été ce glorieux prince qui en a eu soin. Et même dans l'opinion de ces savants, qui pensent que la Mère de Dieu n'avait pas d'ange gardien, mais des troupes d'anges servants, c'est saint Gabriel qui était l'un des premiers de ces troupes bienheureuses à servir celle à qui un Dieu n'a pas fait de difficulté de s'assujettir.

Saint Raphaël est encore un des sept premiers princes qui sont auprès du trône de la divine Majesté, comme l'Écriture nous l'enseigne (Tob. XII, 15) ; il n'y a aucun lieu d'en douter. Il ne faut que lire dans l'Écriture les services qu'il a rendus à Tobie, pour être saintement passionné de cet esprit du ciel. Il est bien difficile de ne pas se sentir le cœur amoureusement attendri à la vue des charitables assistances qu'il lui a rendues. Le père de Tobie l'envoyant à la ville de Ragès, et lui ayant recommandé de chercher un guide fidèle pour l'accompagner en son voyage, saint Raphaël lui apparut visiblement, en forme d'un jeune homme d'une grande beauté, et lui tint compagnie durant tout son voyage, le consolant l'instruisant, le délivrant de grands périls, et le comblant de mille et mille faveurs. De prime abord il le salue, en lui disant : Que la joie soit toujours avec vous (Tob. V, 2) ; il le délivre du monstre marin qui pensa le dévorer ; il lui procure de l'argent et une épouse, il empêche les démons de lui nuire, il redonne la vue à son père ; il lui donne, et à toute sa famille, des bénédictions d'une paix céleste, d'une joie du paradis, et une abondance de tous biens pour cette vie et pour l'autre. Il a conduit, comme il a été dit, saint Macaire le Romain durant trois ans visiblement jusque bien avant dans les déserts, lui ayant toujours tenu compagnie depuis sa sortie de Rome, d'où il s'était enfui, ayant quitté son épouse le jour de ses noces pendant qu'on tenait le bal. Il a délivré du mal caduc un novice de Saint-Dominique, à condition qu'il serait bien chaste. Il a délivré des mains des voleurs un pèlerin français qui allait à Saint-Jacques en Galice ; et enfin, il ne faut que lui être dévot pour en ressentir les faveurs qu'il départ avec une libéralité surprenante.


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Message  Monique Ven 22 Jan 2021, 7:58 am

Il y a de plus quatre autres princes du ciel, outre saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël, qui sont les plus proches du trône de Dieu, et dont l'on ne sait pas bien les noms. Quelques-uns pourtant disent que le quatrième s'appelle Uriel, et ils prennent leur fondement du livre d'Esdras, comme saint Ambroise et saint Bonaventure. Le P. de Barri rapporte qu'on a dédié un temple à Dieu, en l'honneur de ces sept princes en la ville de Panorme, capitale de la Sicile, et qu'il y en a eu un autre en la ville de Rome dédié par Jules III ; qu'il y a eu même une confrérie dressée en leur honneur en la ville de Panorme, dont nous venons de parler. Il rapporte de plus qu'on leur a assigné des symboles particuliers pour apprendre aux peintres à les peindre, et qu'on les voit représentés à merveille en la susdite ville de Panorme, à Anvers et en d'autres lieux. Saint Michel, foulant aux pieds Lucifer, porte en la main gauche une palme verdoyante, et tient en la droite une lance, au bout de laquelle est un étendard blanc comme neige, avec une croix incarnadine au milieu. Saint Gabriel paraît avec un flambeau fermé dans une lanterne qu'il a en sa main droite, la gauche étant occupée à montrer un miroir de jaspe vert, parsemé de taches de diverses couleurs. Saint Raphaël se fait voir ayant en bouche un poisson, en la main gauche une boite, et avec la main droite conduisant le jeune Tobie. Uriel, ou le quatrième ange, garde en sa main droite une épée nue, et sa gauche pendante, est entourée de flammes. Le cinquième est en la contenance d'un suppliant, baissant modestement les yeux. Le sixième a une couronne d'or en sa main droite, et un fouet à trois cordons noirs en l'autre. Le septième a au bout de son manteau replié quantité de roses blanches. J'ai bien voulu rapporter ces emblèmes des anges ; peut-être cela donnera-t-il envie à quelqu'un de les faire peindre, et il est bien certain que la vue même des tableaux ou images des anges porte à la pureté et à l'amour du ciel.

Enfin, il est assuré qu'il y a sept princes auprès du Dieu de toute grandeur, puisque l'Écriture nous l'enseigne, et qu'ils ont une puissance spéciale d'assister les hommes, puisque dans le commencement de l'Apocalypse, la grâce et la paix sont données au nom de ces sublimes intelligences.

Il ne reste plus qu'à les bien honorer et à implorer leurs secours dans les voies du salut. L'amour-propre est le plus grand ennemi que nous ayons : il a été révélé que saint Michel est député de Dieu pour le détruire, aussi bien que saint Gabriel pour établir l'amour de Dieu. Voilà les deux grandes choses nécessaires pour le salut, la haine de nous-mêmes et l'amour de Dieu. Pour cela, il faut être quitte de tout péché et avoir les vertus. Il faut avoir recours à ces sept princes du paradis, afin qu'ils nous obtiennent la grâce d'éviter les sept péchés capitaux, et nous obtiennent les sept dons du Saint-Esprit. Ceux qui font voyage doivent recourir souvent à saint Raphaël ; et dans l'ordre de la Providence, il paraît que Dieu veut se servir de cet ange pour assister les pèlerins et les voyageurs.


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Message  Monique Sam 23 Jan 2021, 7:44 am

CINQUIÈME PRATIQUE

Converser intérieurement avec les saints anges


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La vie du Chrétien est une vie spirituelle : si nous vivons donc de l'esprit, pourquoi ne marchons-nous pas et n'agissons-nous pas en esprit ? Nous sommes élevés à un état surnaturel, et, dans un état si divin, faut-il mener une vie toute sensuelle ? Malheur à nous, qui sommes tous plongés dans la chair et le sang, qui sommes comme des idoles des païens, qui ont des yeux et ne voient point, des oreilles et n'entendent pas. Nous agissons comme des gens sans foi ; cet œil spirituel de notre âme (c'est de la sorte que saint Augustin parle de la foi) demeure en nous inutile et presque sans effet. Quand nous vivrions au milieu des ténèbres du paganisme, nous ne serions pas plus attachés aux sens et dans un plus grand oubli du monde intérieur. Ah ! Que de saintes beautés se découvrent dans ce monde spirituel, que de grandeurs, que de raretés, que de gloire ! Mais il faut avouer que les saints anges en font une belle partie, et que si notre conversation, selon le témoignage de l'Apôtre, doit être céleste, nous sommes obligés de converser souvent avec ces aimables esprits du ciel.

C'était bien le sentiment du grand dévot des anges, saint Bernard, lorsqu'exhortant ses frères à la dévotion de ces esprits angéliques, il leur dit : « Rendez-vous, mes chers frères, la conversation des anges familière, et pensez à eux souvent »; et de vrai, à quoi pensons-nous, quand nous ne pensons pas à ses éclatantes beautés du paradis ? Ô mon Dieu ! les créatures d'ici-bas aiment tant ce qui est beau, et prennent tant de plaisir à s'y arrêter ; elles ont tant de peine à s'en détacher : l'on converse si volontiers avec les personnes aimables de la terre, et voici que le monde est plein d'anges du paradis, puisque chaque homme a le sien, sans parler de tant d'autres que Dieu y envoie ; et ces anges sont parfaitement beaux, doués d'une puissance admirable ; ils ont pour les hommes des douceurs toutes charmantes ; ils possèdent toutes les qualités imaginables qui peuvent donner saintement de l'amour ; au reste, ce sont les rois et les princes de l'empyrée ; et cependant , hélas ! presque personne n'y pense, et il est bien rare de trouver des hommes qui conversent souvent avec les anges. « Est-ce, dit encore le saint que je viens de citer, que nous doutons de leur présence, parce que nous ne les voyons pas ? Mais devons-nous juger de la présence des choses par les yeux seulement de nos corps ? Est-ce que les hommes n'ont point des âmes, parce qu'on ne voit pas les âmes ? Est-ce que Dieu n'est point partout, parce que nos sens ne l'y aperçoivent pas ? » C'est que nous n'avons pas de foi, me direz-vous, et il est vrai.

Disons encore que c'est que nous sommes trop attachés aux choses de la terre, et pleurons ensuite amèrement de notre peu de foi et de nos attaches. Les saints solitaires conversaient familièrement avec les anges ; c'est qu'ils menaient une vie angélique ; et, misérables que nous sommes, à peine y pouvons-nous penser un quart d'heure ; c'est que notre vie est toute terrestre.


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Message  Monique Dim 24 Jan 2021, 8:56 am

Cette pratique tend à apporter quelque remède à ce malheur. Une personne étant à une fenêtre qui donnait sur une rue où passait bien du monde, fut frappée d'un rayon de lumière qui lui toucha sensiblement le cœur : elle vit, dans ce rayon de grâce, que les hommes étaient dans un oubli incroyable du monde de la grâce ; et, étant ainsi pénétrée, elle s'appliquait à entendre ce que disaient toutes les personnes qui passaient par cette rue ; et elle n'entendit pas un seul mot de Dieu et des choses de Dieu. Chacun ne parlait que de la terre, que de beau temps, de mangeaille, d'habits, de chevaux et de choses semblables. Oh ! Que d'anges, disait-elle, qui passent ici, et qui accompagnent ces pauvres gens ! Est-il possible que pas un de tous ces gens ne pense à ces princes du paradis ? Cette vue la toucha beaucoup, et ensuite elle s'en alla en une foire, qui se tenait en ce pays, dans le dessein d'y aller rendre ses civilités aux anges de tant de personnes qui y venaient en foule de tous côtés. Elle soupirait bien de remarquer, dans une assemblée aussi nombreuse, si peu d'attention au grand nombre d'anges qui y étaient. Elle allait de place en place pour les saluer, pour les entretenir. Oh ! Que voilà bien, s'écriait-elle, d'autres spectacles à regarder que toutes les raretés et marchandises de la foire !

Cette pratique est bien digne de nos imitations : nous sommes dans une ville, nous marchons dans des rues pleines de monde ; eh ! Que ne regardons-nous intérieurement les anges qui tiennent compagnie à ce monde ? Que n'allons-nous quelquefois tous à dessein pour aller les y entretenir ? Vous entrez dans une église, dans quelque assemblée nombreuse : mon Dieu, que ne vous élevez-vous au-dessus de vos sens pour y voir tous les saints anges ? Vous faites voyage avec quelques personnes, vous leur parlez, vous les entretenez : pourquoi ne faites-vous pas de même avec les anges qui les gardent ?

J'ai appris d'une personne qui était fort dans ces pratiques, qu'elle prenait plaisir à compter le nombre des personnes avec qui elle se rencontrait, pour avoir lieu de savoir le nombre des anges qui sans doute étaient présents ; et, dans la suite des temps, Dieu tout bon, voulant favoriser sa dévotion , les rendait quelquefois aussi sensibles comme si elle les eût vus de ses yeux corporels ; elle me disait que quelquefois, en dînant même, et à la table, tout à coup les anges se faisaient connaître à elle d'une manière qu'elle ne pouvait expliquer, mais plus évidente que si les sens y avaient eu part. Vous allez par le chemin ; tous les villages ont autant d'anges qu'il y a de personnes qui y demeurent. Hélas ! Voilà bien des grands du ciel en tous ces lieux : ces pauvres gens de la campagne, à peine le savent-ils, bien loin d'y penser avec dévotion ; que ne faites-vous donc votre cour à tous ces rois du beau paradis ? Sachez que d'autant plus qu'ils sont délaissés, d'autant plus regarderont-ils de bon œil vos respects. Il y a bien des anges, dans ces villages, à qui jamais l'on ne pensera ; si vous les honorez, ils seront bien obligés de vous en reconnaître ; et puis ces esprits bienheureux ne savent ce que c'est qu'ingratitude, et ils sont les nonpareils en reconnaissance. Vous seriez bien aise d'avoir l'honneur de la reconnaissance de quelque prince du sang royal, ou de quelques grands rois de la terre ; à quoi tient-il que vous ne fassiez belles habitudes avec mille et mille rois de la cour céleste ?

Vous dites quelquefois que vous voudriez bien, dans vos voyages, avoir le divertissement de quelque honnête compagnie : en vérité, pouvons-nous en avoir un plus doux, un plus agréable que celui de la conversation que vous pouvez avoir avec ces aimables intelligences ? Vous allez à la campagne, que ne prenez-vous de certains temps pour y entretenir en esprit les anges qui y sont ? Que ne vous retirez-vous quelquefois en votre jardin, que ne faites-vous quelque promenade seul pour jouir de cette grâce ?


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Message  Monique Lun 25 Jan 2021, 8:10 am

Mais que dites-vous de la présence de votre saint ange gardien ? Est-ce qu'il pensera continuellement à vous, et que vous ne penserez presque jamais à lui ? Croyez-vous qu'une petite prière le soir et le matin soit une reconnaissance digne de ses faveurs ? Je veux que vous me répondiez sérieusement à ce que je vous demande : En bonne vérité, si l'un des princes de la terre venait vous rendre visite, le laisseriez-vous depuis le matin jusqu'au soir tout seul, et croiriez-vous bien vous acquitter de vos devoirs, de lui faire la révérence une ou deux fois le jour ?

Particulièrement, si durant tout le jour il vous suivait partout, et vous obligeait en toutes les manières possibles ; et que d'autre part vous fussiez quelque pauvre malheureux, tout gâté et puant de sales maladies, et le rebut des hommes, et condamné au gibet pour vos crimes ; si sans cesse vous tourniez le dos à cet obligeant prince, dans quel étonnement mettriez-vous tous ceux qui seraient instruits d'une incivilité et d'un mépris si extraordinaires ? Je vous demande de plus, votre imagination ne vous donne-t-elle pas de l'indignation d'un tel procédé ? Répondez-moi, en seriez-vous capable ? Hélas nenni ! L'on n'a point ces duretés pour la terre, il n'y a que pour le ciel : cependant c'est ce que vous faites à l'égard du grand prince du ciel qui vous garde. Ô anges du paradis, pouvez-vous bien souffrir des rebuts si étranges ? Il est donc bien juste de les entretenir : c'est une chose insupportable que de les laisser sans dire mot.


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Message  Monique Mar 26 Jan 2021, 8:49 am

Prenez donc quelquefois un quart d'heure, une demi-heure, une heure, ou plus, et après vous être retiré, prenez votre temps pour causer avec votre bon ange : mettez-vous à genoux devant lui ; prosternez-vous par terre ; et il est bon de temps en temps d'user de cette pratique, lorsqu'on est seul ; demandez-lui pardon de vos ingratitudes ; demandez-lui sa sainte bénédiction ; dites-lui tout ce qu'un bon cœur peut dire à un fidèle et charitable ami. Tantôt, parlez-lui de vos besoins, de vos misères, de vos tentations, de vos faiblesses. Tantôt, parlez-lui du divin amour, et des saintes voies qui conduisent à Dieu.

Quelquefois entretenez-le des offenses que les hommes commettent contre leur Souverain, et des divins intérêts de l'adorable Jésus et de sa très digne Mère ; et d'autres fois considérez à loisir les obligations que vous lui avez, les bontés qu'il a pour vous, ses beautés, ses perfections, ses admirables qualités. Agissez avec lui comme avec un bon père, une mère pleine de tendresse, un véritable frère, un ami incomparable, un amant zélé, un vigilant pasteur, un charitable guide, un témoin de vos plus importants secrets, un savant médecin pour guérir toutes vos plaies, un avocat et un puissant protecteur, un juge favorable, un roi tout occupé à vous faire du bien. Invoquez-le selon toutes ces qualités, et les autres que votre amour suggérera. Elles peuvent vous servir d'autant de considérations qui vous feront passer le temps bien plus agréablement qu'avec les créatures de la terre. Nous disons qu'il nous ennuie quelquefois, que l'on ne saurait à qui parler et que faire : voilà bien de quoi nous occuper, voilà bien avec qui converser.

L'on demandait à une religieuse, qui était sans parents, sans amis et sans connaissance de personnes qui lui vendissent visite, si elle n'avait point quelque peine quand elle voyait les autres religieuses visitées. Hélas nenni, répondit-elle ; car j'ai une personne fort aimable avec qui je m'entretiens ; et quand j'apprends que l'on demande une religieuse au parloir, aussitôt je pars pour lui rendre visite. Et comme l'on ne savait ce qu'elle voulait dire, elle mena à une image du saint ange qui était dans le monastère : « Voilà, dit-elle, mon père, ma mère, toute ma parenté et toutes mes connaissances. C'est là où je viens parler pendant que mes sœurs parlent à la grille, et je sors pour le moins aussi contente qu'elles de mes entretiens. »


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Message  Monique Mer 27 Jan 2021, 8:34 am

Enfin, c'est un exercice bien louable que de s'accoutumer à saluer les saints anges des personnes que nous rencontrons. Si en faisant chemin nous trouvons un grand seigneur, on le salue, ou quelque personne qui nous soit amie ; si nous rencontrons cent fois ces personnes, nous ne manquons pas autant de fois à leur rendre nos civilités : faut-il qu'à l'égard des princes du ciel, et nos plus véritables amis, nous soyons seulement insensibles ? La chose est aisée ! Vous n'en ferez pas plus de révérences, il ne faut que prendre une bonne fois l'intention et faire un pacte sacré, que vous renouvellerez une fois au moins toutes les semaines, qu'autant de fois que vous saluerez quelqu'un, vous entendrez saluer son saint ange. Quand vous vous en souviendrez, en même temps que vous rendrez le salut à qui que ce soit, tout bas en vous-même, dites à son saint ange que vous le saluez. Pour ce sujet, accoutumez-vous à voir par les yeux de l'esprit les anges de ceux que vos yeux corporels vous feront voir : peu à peu le souvenir des saints anges vous sera très facile, et vous en recevrez toutes sortes de bénédictions. En entrant dans une église, dans un lieu où il y a bien du monde, ne manquez pas d'y saluer tous les anges ; et même quand vous serez avec des personnes qui vous sont familières, il sera bon de dire les unes aux autres, tout haut : Je salue votre saint ange. J'ai vu par ce moyen cette pratique saintement établie ; en sorte que dans les compagnies, en y entrant ou sortant, l'on disait hautement tous les uns aux autres : Je salue votre saint ange. Il y en a qui ne manquent jamais, quand ils écrivent à quelqu'un, de mettre au bas de leur lettre qu'ils saluent le saint ange de la personne à qui ils écrivent ; et même quelquefois on le prie réciproquement de la part des uns et des autres, de faire ses civilités aux anges des lieux où l'on demeure. Mon Dieu, n'est-ce pas ce que nous faisons tous les jours à l'égard des chétives créatures nos semblables ? Pourquoi ne rendons-nous pas au moins ce respect à ces favoris de Jésus et de Marie ?

L'on dira que ce sont des dévotions extraordinaires ; je l'avoue ; mais aussi il faut avouer qu'elles devraient être très ordinaires. C'est une chose extraordinaire que de voir un véritable saint, une véritable sainte ; c'est une chose extraordinaire que de voir des familles, quoique chrétiennes, des bourgades et villes du christianisme même, où l'amour de Dieu règne, et dont le péché soit banni. Hélas ! Tout le monde est dans la malignité ; pour cela faut-il crier, si l'on exhorte à cet extraordinaire ? Faut-il trouver à redire si l'on prêche la sainteté, l'amour de Dieu et la destruction du péché ? Il est vrai que la dévotion aux saints anges est rare, que la conversation intérieure avec ces esprits célestes est extraordinaire ; mais c'est ce qu'il faut regretter avec larmes. Partout, dans les lettres des Turcs, le nom de Mahomet y paraît ; et les Chrétiens, qui font profession d'une piété singulière, invectiveront contre une lettre où le nom de Dieu se fera remarquer, où l'on tâchera d'y rendre ses respects aux saints anges ! On a vu, à la fin du siècle dernier, le célèbre saint homme le P. de Royas, confesseur en la cour d'Espagne de la reine Marguerite, non-seulement saluer hautement toutes les personnes de cette cour par ces paroles, Ave, Maria, mais même il en établit si fortement la pratique, que la reine saluait ordinairement le roi par ces mêmes paroles ; et Dieu voulut récompenser la dévotion de cette grande reine, et autoriser cette pratique de piété par un signalé miracle, qui se lit en la personne de cette princesse, au salut que lui donna son confesseur par ces saintes paroles. Cet homme de Dieu les mettait au commencement de toutes ses lettres, et sans doute qu'il ne manqua pas de contradictions, car vous verrez des gens qui désapprouvent tout ce qu'ils ne font pas ; mais Dieu après sa mort a bien fait voir, par les miracles dont il l'a honoré, que souvent le ciel donne son approbation à ce que les hommes de la terre condamnent.


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Message  Monique Jeu 28 Jan 2021, 8:29 am

SIXIÈME PRATIQUE

Faire des neuvaines en l'honneur des neuf chœurs des anges


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Les catholiques enseignent qu'il ne faut pas s'arrêter superstitieusement aux nombres, et c'est la doctrine de la sainte Église ; mais l'on peut dire, sans superstition, qu'il y a de certains nombres mystérieux et consacrés par la piété des fidèles, comme celui de quarante, que les saints Pères remarquent avoir été sanctifié en la personne de Notre-Seigneur, et en celle des anciens prophètes ; celui de trois qui, étant multiplié par trois, compose le nombre neuvième, qui nous représente la très sainte Trinité ; c'est pourquoi dans le ciel il y a trois hiérarchies d'anges, et chaque hiérarchie est composée de trois chœurs ; et c'est parmi ces neuf chœurs que les élus seront placés. L'usage des fidèles a rendu ensuite dans ces vues la dévotion des neuvaines célèbre, et la séraphique sainte Thérèse nous apprend qu'elle pratiquait cette dévotion, qu'elle faisait quantité de neuvaines en ses besoins.

C'est donc une louable pratique de faire des neuvaines, et spécialement en l'honneur des neuf chœurs des anges, y ayant des motifs tout particuliers qui nous y doivent exciter. Je suis témoin des grâces extraordinaires qui ont été accordées par cette dévotion. J'ai vu des choses merveilleuses arriver pendant que l'on honorait tous les saints anges par cet exercice, et la puissance des démons ruinée en des choses d'importance ; et c'est un moyen très efficace pour obtenir les secours du ciel dans les calamités publiques et dans les besoins particuliers.

Nous avons assez dit que les saints anges nous assistent dans tous nos besoins, soit corporels, soit spirituels, et nous en dirons encore quelque chose dans la suite de ce traité ; et parmi ces troupes célestes, les Archanges et les Principautés doivent être particulièrement invoqués pour le bien des royaumes et des provinces, et pour ceux qui les gouvernent : Les Anges qui prennent le soin plus immédiat des cieux, des éléments et des saisons, dans le temps des guerres, des pestes et des famines, et autres malheurs publics ; les Puissances, contre les sorciers, magiciens et leurs maléfices ; contre les diables, leur rage et leur malice ; les Vertus, pour obtenir de Dieu tout bon les secours extraordinaires en nos nécessités, puisque c'est de ces esprits bienheureux que Dieu se sert souvent pour opérer ses merveilles et ses miracles, selon le témoignage de saint Grégoire, comme il a été remarqué ci-dessus. On peut voir ce que nous avons dit touchant les neuf chœurs des anges, aux trois premiers chapitres de ce second traité, et lire, la veille de chaque jour de la neuvaine, ce qui y est rapporté du chœur que l'on doit honorer le lendemain.


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Message  Monique Ven 29 Jan 2021, 7:38 am

Pour en dire ici en peu de mots quelque chose, le premier jour de la neuvaine on honorera les anges du dernier chœur ; on peut leur demander la foi, qui est le commencement et le fondement de la vie spirituelle.

Le second, les Archanges ; l'on demandera le zèle de l'intérêt de celui que la foi nous fait connaître, et on souhaitera la même connaissance par la foi à tous les fidèles et hérétiques.

Le troisième, les Principautés ; on priera pour la conservation et augmentation de la foi dans les pays catholiques ; et comme la foi doit être accompagnée de la bonne vie, on offrira ses vœux pour l'anéantissement du péché, et pour la réformation de l'intérieur.

Le quatrième, les Puissances ; on invoquera leur secours contre la force des démons qui nous combattent dans les voies de la foi, et dans les desseins que nous prenons de la mortification chrétienne.

Le cinquième, les Vertus ; on en implorera l'assistance pour surmonter les difficultés que la chair et le monde nous livrent dans le chemin de la vie spirituelle, et pour obtenir une sainte générosité dans la pratique des vertus chrétiennes.

Le sixième, les Dominations, afin que nous connaissions les ordres de Dieu, ce qu'il demande de nous, et afin que sa divine volonté nous soit manifestée.

Le septième, les Trônes, afin qu'ils nous obtiennent un parfait assujettissement et un entier abandon à la divine volonté, en quoi consiste cette paix qui surpasse tout sentiment.

Le huitième, les Chérubins, pour l'établissement de la lumière de Jésus-Christ en nous, et l'éloignement de toutes les maximes du monde qui lui sont opposées.

Le neuvième, les Séraphins, pour le règne et le triomphe du pur amour dans nos cœurs.


A suivre...
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Message  Monique Sam 30 Jan 2021, 8:33 am

L'on peut pratiquer la même dévotion dans les calamités publiques, qui nous arrivent et continuent parce que nous n'en regardons pas assez la cause. L'on s'en prend aux uns et aux autres, et il faut s'en prendre à soi-même et à ses péchés. Dieu ne nous frappe que pour être regardé, et l'on n'arrêta les yeux que sur les créatures. On demande sa paix, et on lui fait toujours la guerre ; nos vies ne changent pas, et nos péchés s'augmentent. Oh ! que le secours des saints anges nous est nécessaire, et qu'il est bon de leur faire des neuvaines, les priant d'apaiser la juste colère de Dieu, et de travailler à la destruction du péché, son cruel ennemi, et à ruiner les desseins des puissances de l'enfer !

Cette dévotion des neuvaines est encore très avantageuse pour se bien préparer à la célébration des fêtes de Notre-Seigneur et de sa très sacrée Mère, s'entretenant tous les jours avec les anges du chœur que l'on honorera, leur témoignant les désirs que l'on a de bien aimer notre bon Maître et notre bonne maîtresse, les priant de suppléer à notre peu d'amour, et de les remercier pour nous, de les louer, de les bénir, de nous en obtenir la solide dévotion, et l'augmentation de plus en plus.

Or, pour bien faire ces neuvaines, chacun peut suivre l'attrait de la grâce, et le conseil de quelque bon serviteur de Dieu. Cependant, pour en donner quelques moyens, ceux qui en auront la commodité, pourront faire célébrer neuf messes en l'honneur des neuf chœurs des anges, faire brûler neuf cierges, donner neuf aumônes ; au moins l'on entendra neuf messes, l'on fera neuf actes de mortification, soit extérieure, soit intérieure ; neuf génuflexions tous les jours ; l'on récitera neuf fois la Salutation angélique, si l'on n'a pas le loisir de dire neuf Pater ; exercice de piété que le ciel a révélé même à sainte Mectilde ; l'on visitera neuf fois quelque chapelle ou autel dédié à Dieu à l'honneur des saints anges, ou l'autel où repose le très saint Sacrement, qui y est accompagné de ces princes de sa cour. Outre cela, on communiera, selon l'avis de son directeur ; l'on se mettra à genoux trois fois le jour, le matin, vers le midi et le soir, où l'on se prosternera devant les anges du chœur que l'on honore particulièrement ce jour ; on s'adressera à eux le long de la journée, par quantité d'oraisons jaculatoires ; l'on tâchera de s'entretenir quelque temps avec ces esprits d'amour. Si l'on s'unit plusieurs ensemble, il y aura encore plus de bénédiction ; pour lors l'on pourra chacun choisir son jour pour visiter quelque église, quelques pauvres, et si on le peut, pour jeûner, afin que pendant la neuvaine il y ait un jeûne continuel.


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Message  Monique Dim 31 Jan 2021, 8:32 am

SEPTIÈME PRATIQUE.


********

Prendre de certains jours tous les mois et toutes les semaines, pour honorer plus spé­cialement les saints anges, et célébrer tes fêtes avec tous les respects possibles.

Je sais une sainte communauté de religieuses carmélites, où tous les mois l'on prend l'un des neuf chœurs des saints anges pour l'honorer ; et comme il en reste trois, y en ayant douze en l'année, l'on applique ces trois mois qui restent à quelqu'un des chœurs qui touche le plus, comme par exemple, à celui des Séraphins. Mon cher lecteur, il ne tiendra qu'à vous de faire la môme chose, et elle est bien facile.

Si vous voulez, vous pourrez choisir les neuf premiers jours de chaque mois, pour rendre vos respects à ces esprits angéliques ; et ensuite quelques jours pour invoquer les anges à qui vous avez plus d'obligation ; ou bien, si vous étiez d'assez bonne volonté, le dimanche vous seriez appliqué aux Séraphins, Chérubins et Trônes ; le lundi aux Dominations, Vertus et Puissances ; le mardi aux Principautés, Archanges et Anges ; le mercredi, aux anges des infidèles et hérétiques ; le jeudi, aux anges des royaumes et provinces, des églises et autels, et spécialement de ceux qui tiennent compagnie à notre divin Roi, au très-saint Sacrement ; le vendredi, aux anges de vos ennemis, ou dos personnes qui vous font quelque peine, ou de qui vous avez sujet de craindre quelque mal ; le samedi, aux anges de vos parents et amis, de ceux avec qui vous êtes le plus souvent ; si vous demeurez en une communauté, des personnes avec lesquelles vous y vivez, surtout de vos amis spirituels et de votre directeur. Ces anges s'intéressent bien plus à votre bien que vous ne pensez. N'oubliez pas les anges des villes et villages où vous faites voire séjour.

Pour celui qui vous garde, tous les jours de votre vie doivent être des jours de dévotion et de reconnaissance pour ses incroyables bontés. Il y en a qui destinent le jour de leur naissance pour en faire la fête en leur particulier. L'on y fait tout ce que l'on peut faire dans les jours des fêles des saints de sa plus grande dévotion, soit pour s'y préparer, soit pour en faire l'octave. Outre cela, ceux qui le peuvent donnent autant d'aumônes en son honneur que l'on a vécu d'années ; ou bien l'on fait autant d'actes de quelque vertu, ou autant de pratiques de dévotion vers cet aimable gardien.


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Message  Monique Lun 01 Fév 2021, 8:38 am

J'ai connu une personne qui en ce temps partageait les années de sa vie eu plusieurs jours, pour considérer à loisir les miséricordes de Dieu sur elle, les malheurs dont elle avait été ou préservée, ou délivrée, tant pour le corps que pour l'âme ; les grâces qu'elle avait reçues de l'infinie bonté de l'adorable Jésus, de la protection de la très sacrée Vierge, des anges et des saints. Ces considérations touchent grandement le cœur quand elles sont bien faites ; et comme notre saint ange est le ministre dont Dieu se sert pour nous préserver de tous nos maux et pour nous accorder ses bienfaits, cela donne lieu de le remercier, et de le bénir tout à l'aise et dans le particulier, pour toutes ses charitables assistances en notre jeunesse, dans l'âge plus avancé, dans la vieillesse, si l'on y est, remarquant avec soin les choses les plus considérables qui nous ,sont arrivées durant le cous de la vie. Il faut tout au moins se souvenir que le mardi est un jour dédié en l'honneur des saints anges, et ce jour doit être d'une singulière dévotion à tous ceux qui les aiment. Le vingt -neuvième de septembre est le jour de la grande fête de saint Michel et de tous les autres anges. Le huitième de mai est la fête de son apparition sur le mont Gargan. Et en Normandie l'on célèbre le Seizième d'octobre l'apparition de ce glorieux archange sur le Mont de Tombe, communément appelé le Mont-Saint-Michel.

Ce lieu est très-célèbre par le concours d'un grand nombre de personnes qui y viennent de toutes parts , pour y rendre leurs respects à cet aimable prince du ciel ; et les grands miracles que la toute-puissance de Dieu y a opérés, sont des motifs bien puissants pour exciter de plus en plus la dé­votion des fidèles à rendre ses hommages sur cette sainte montagne à ce Dieu de toute miséricorde, et implorer les secours de ce premier prince de la cour céleste. L'on peut aller en pèlerinage en ce saint lieu, pour toutes sortes de besoins ; mais particulière tuais pour être délivré des tentations et des attaques des malins esprits, pour y obtenir la pureté du corps et de l'esprit, et une force invincible dans les voies du salut. Ceux qui aiment les intérêts de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa très-sainte Mère doivent s'adresser à ce glorieux archange, qui les a si bien soutenus dès le commencement (le monde : il serait seulement à désirer que les pèlerins fissent ce voyage avec plus de dévotion qu'on ne le fait pour l'ordinaire, s'entretenant de Dieu le long du chemin, élevant son cœur souvent à Notre-Seigneur et à sa très-digne Mère, implorant les assistances de saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël, et de tous les neuf chœurs des anges ; se donnant de garde de toute sorte , de péché ; et enfin, étant arrivés sur le lieu, ne manquer pas de s'y confesser et commu­nier. Une voix du ciel a appris que ce lieu était grandement agréable à Dieu, et qu'il était fréquenté des saints anges. En vérité, cet oracle rend bien douces toutes les peines que l'on peut avoir pour visiter cette sainte montagne, et il est plus doux que l'on ne peut dire, et même que l'on ne peut penser, de se trouver en un lieu si chéri de Dieu, et si fréquenté des princes de sa cour.


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Message  Monique Mar 02 Fév 2021, 8:22 am

La divine Providence a même ordonné que ce ne fût pas un homme de la terre, pour saint qu'il pût être, mais un pur esprit du ciel, et le premier de tous les bienheureux esprits qui fit la consécration de l'église ; car saint Aubert, évêque d'Avranches, s'étant mis en devoir de la consacrer, saint Michel l'en empêche, après lui avoir appris qu'il l'avait lui-même consacrée. C'est ce saint évêque à qui l'archange se fit voir, il y a plus de neuf cents ans, lui apparaissant par trois diverses fois, pour lui marquer que le Mont de Tombe était sous sa protection, et celle de tous les autres anges, et que Dieu voulait qu'on bâtit une église en leur honneur : à la troisième fois, le saint archange toucha la tête du bon évêque, et y laissa une marque qui s'y voit encore aujourd'hui. C'est une chose admirable, qu'un rocher empêchant qu'on ne pût bâtit facilement la chapelle de l'église, l'archange voulut que l'on apportât un enfant qui était encore au berceau, qui ayant touché de son pied ledit rocher, en même temps il tomba et laissa la place qui était nécessaire pour la susdite chapelle. Oh ! Que bienheureux sont les chastes et innocents, les purs et nets de cœur, puisqu'ils sont si chéris de Dieu et de ses anges !

Saint Michel, ne se contentant pas de toutes ces merveilles, et voulant de plus en plus donner des marques visibles de sa faveur pour la sainte montagne de Tombe, commanda à saint Aubert d'envoyer au mont Gargan demander de sa part une partie du drap vermeil qu'il y avait apporté, et une partie du marbre sur lequel il s'était assis, y paraissant en forme humaine ; ce qui ayant été accordé aux députés du bon évêque, douze aveugles en différents lieux reçurent la vue par l'attouchement de ces choses saintes, et proche du mont de Tombe, la vue fut donnée à une femme aveugle, dont tout le peuple fut tellement touché qu'en mémoire d'un si grand miracle, le village qui s'appelait Asteriat, fut nommé Beauvoir, et c'est de la sorte qu'on l'appelle encore aujourd'hui. J'ai eu l'honneur et la bénédiction de voir cette année 1667, le jour de la fête de l'Apparition du glorieux saint Michel en ce lieu sacré, ces précieux gages de l'amour incomparable de ce grand pince du paradis envers les hommes, comme aussi l'écu et l'épée que l'on y garde dans le trésor, qui sont de nouvelles preuves de ses incroyables bontés, et cet écu est garni de petites croix et de matière d'airain aussi bien que l'épée : ce sont encore des présents de l'archange, qu'il ordonna d'y être apportés de la Grande-Bretagne, en suite d'une merveille qui y fut faite par sa force invincible.


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Message  Monique Mer 03 Fév 2021, 7:11 am

L'histoire rapporte qu'il y avait un dragon d'une grandeur effroyable, qui, empoisonnant les eaux de son venin, infectant l'air de son haleine, et faisant mourir tous ceux qu'il rencontrait, avait rendu le pays où il était inhabitable. Ce mal obligea l'évêque du lieu d'avoir recours à Dieu ; et après avoir ordonné un jeûne de trois jours et fait quantité d'aumônes, tous les habitants prirent les armes, étant accompagnés du clergé qui marchait processionnellement, implorant le secours du ciel pour donner force au peuple de mettre à mort le dragon ; mais ils furent bien étonnés lorsque, étant arrivés près du lieu où il se retirait, ils le trouvèrent mort, ayant auprès de lui l'écu et l'épée dont il a été parlé ; et comme ils ne pouvaient s'imaginer qui était la personne qui avait pu tuer ce monstre avec des armes si faibles, saint Michel parut à l'évêque et lui dit que c'était lui qui avait fait mourir le dragon ; et quoiqu'il n'eût pas besoin de ces faibles armes pour cet effet, cependant il s'en était voulu servir pour laisser des marques visibles de ce secours ; ensuite il commanda que ces armes fussent apportées en l'église du mont de Tombe, où elles sont encore gardées à présent avec une singulière vénération.

Comme il a plu à Dieu, depuis environ trois ans, de manifester en nos jours tout de nouveau le grand saint Gaud, évêque d'Evreux, par l'invention de son saint corps, à cinq lieues proche du Mont-Saint-Michel, j'ai cru que Notre-Seigneur serait glorifié si, parlant des miracles qu'il a opérés en faveur des anges sur le mont de Tombe, je disais un mot de ceux qu'il fait à présent près de ce saint mont en l'honneur d'un homme tout angélique. Cet homme tout de Dieu, ne tenant plus rien de la terre, et ne respirant plus que le paradis, quitta volontairement le gouvernement de l'évêché d'Evreux et la conversation des hommes pour ne plus converser qu'avec les anges dans le désert. Après avoir donc laissé son cher peuple, qui l'avait conduit à deux lieues de la ville d'Evreux, où l'on a édifié, en mémoire de ce dernier adieu, une dévote chapelle en l'honneur de la très-sacrée Vierge, dame spéciale et patronne de ce diocèse, et en l'honneur de saint Michel, chapelle appelée vulgairement Notre-Dame du Gaud ; cet éminent prélat se retira dans une solitude près Granville, sur le bord de la mer. et à cinq lieues, comme nous avons dit, du Mont-Saint-Michel, où ayant fini ses jours, et ses précieuses reliques y étant demeurées, Dieu, qui prend plaisir à manifester ceux qui se cachent pour l'amour de lui, ne s'est pas contenté de les glorifier dans le temps de sa précieuse mort, mais encore cinq cents ans après il en découvrit la gloire par la première découverte de son corps, qui fut pour lors trouvé tout entier, et laissé dans le sépulcre où il avait été enterré. Grand nombre de miracles se firent pour lors, et ce lieu fut un asile pour toutes les personnes affligées. Mais, dans la suite des siècles, environ encore cinq cents ans et plus après cette première invention, la divine Providence a voulu encore révéler les grandeurs de son saint par la seconde invention qui en a été faite il y a un peu plus de trois ans, et qui a été suivie de plusieurs miracles ; ce qui rend à présent ce lieu très illustre et très favorable à ceux qui viennent implorer les intercessions de saint Gaud.

Je serais très ingrat si je ne publiais les secours que j'ai reçus de ce grand saint dans une extrême maladie où les médecins avaient jugé ma mort comme assurée : que Dieu soit à jamais béni pour ses grandes miséricordes, qu'il ne cesse de faire aux hommes par le mérite de sa très digne Mère, de ses anges et de ses saints. On voit proche le tombeau de saint Gaud celui de saint Paterne, évêque d'Avranches, et de saint Scubilion, abbé, qui avaient été ses compagnons dans sa retraite. Saint Sénateur y est aussi enterré, et plusieurs autres saints personnages. L'on voit encore quelques restes des ermitages de ces divins solitaires.


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Message  Monique Jeu 04 Fév 2021, 6:41 am

On fait la fête de saint Gabriel le 18 mars, et en quelques lieux le 24 du même mois, veille de la fête de la sacrée Mère de Dieu. On célèbre celle de saint Raphaël le 20 novembre, et en quelques endroits l'un des dimanches qui arrivent entre Pâques et la Pentecôte. Celle des anges gardiens se solennise le premier jour d'octobre non occupé par une fête de neuf leçons, et elle est encore célébrée le premier jour de mars.

Tous ces jours doivent être des jours solennels pour les dévots des saints anges. Il faut y communier, y entendre la messe en leur honneur, y pratiquer quelque mortification, quelque œuvre de charité ; mais, outre cela, au moins à l'une ou plusieurs de ces fêtes, l'on doit s'y préparer avec grand soin. Saint François jeûnait quarante jours pour se disposer à la fête de saint Michel ; et ce fut durant cette quarantaine qu'un séraphin lui imprima les sacrés stigmates. Sainte Élisabeth faisait la même chose, mais elle jeûnait au pain et à l'eau. J'ai déjà parlé de sainte Mectilde, qui avait demandé à Notre-Seigneur ce qu'elle pourrait faire pour honorer les anges, il lui répondit : « Ma fille, vous direz neuf fois le Pater en l'honneur de leurs neuf chœurs. » Elle en ajouta encore neuf en l'honneur de son bon ange, afin qu'il présentât sa dévotion à ces glorieux esprits : L'on pourrait se préparer par une neuvaine, y faisant les choses que nous avons marquées au chapitre précédent. De plus, il ne faut pas oublier à en faire l'octave, s'acquittant tous les jours de quelques devoirs de piété envers ces princes du ciel.

L'on aura soin de réciter l'office et les litanies de ces saints esprits, au moins en de certains jours et temps de l'année. Il y a un chapelet en l'honneur du saint ange gardien. Sur la croix l'on dit le Credo ou le Te Deum, ensuite l'Oraison dominicale, la Salutation angélique ; et puis, sur les gros grains, ou le Gloria Patri, ou l'Ave, Maria ; et sur tous les petits grains l'Angelus Dei ; ou, pour ceux qui ne le savent pas, cette courte prière : Mon bon ange, je vous aime et vous veux aimer.

Si on le veut dire en l'honneur de tous les neuf chœurs, l'on se servira de ces autres paroles : Saints anges, je vous aime et vous veux aimer. L'usage des oraisons jaculatoires est d'une merveilleuse utilité. Si l'on aime les esprits célestes, souvent on leur parlera, on répandra son cœur en leur présence ; il n'y a rien de plus aisé, à un cœur qui aime, que de leur dire sa douleur sur les ingratitudes des hommes, son étonnement sur l'oubli où ils sont de leurs perfections et de leurs bontés ; rien de plus aisé que de leur témoigner ses reconnaissances pour leurs soins, les désirs que l'on a d'en profiter ; rien de plus facile que de les appeler à notre secours en nos besoins, que de les prier d'agir auprès de Jésus et Marie pour nous les rendre favorables, pour leur dire ce que nous voudrions bien leur dire, et, hélas ! ce que nous ne pouvons pas. Nous ne savons rien au langage de la cour du paradis ; ces princes de la cour nous sont nécessaires pour y parler pour nous. On peut dire cela durant le jour, en deux ou trois petits mots enflammés, tantôt d'une manière et tantôt d'une autre.

J 'oubliais à vous dire une pratique pour faire tantôt : la fête d'un ange et tantôt celle d'un autre ; il faut pour cela prendre le dessein, quand vous ferez la fête d'un saint, de faire en même temps celle du saint ange qui le gardait lorsqu'il vivait ici-bas. Cela ne multipliera pas vos pratiques ; il ne faut que prendre l'intention d'honorer le saint ange du saint par toutes les bonnes œuvres que vous ferez en son honneur, et cependant vous passerez l'année de la sorte à faire la fête des différents anges. Vous obligerez les saints de rendre ainsi vos respects à ces glorieux esprits, à qui ils ont tant d'obligations ; vous gagnerez les bonnes grâces de tous ces anges, et vous attirerez toutes les plus douces bénédictions du paradis.


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Message  Monique Ven 05 Fév 2021, 8:34 am

HUITIÈME PRATIQUE

Visiter les églises ou oratoires qui sont consacrés à Dieu

en l'honneur des saints anges



********



Les hérétiques, à qui toute piété est odieuse, blâment les pèlerinages que la sainte Église catholique approuve, et qui les a en telle considération que le Souverain Pontife, qui en est le chef, dans le temps même qu'il accorde ses pouvoirs, se réserve souvent la dispense des vœux des pèlerinages de Rome, de Jérusalem et de Saint-Jacques en Galice. Dieu fait assez paraître combien ces dévotions lui agréent, puisqu'il y attache tant de grâces et de faveurs particulières, qu'il ne donne pas en d'autres lieux. On peut, à la vérité, et on doit recourir à sa bonté paternelle, implorer la protection de la très sacrée Vierge, des anges et des saints en toutes sortes d'endroits, en toutes les églises et chapelles ; mais on ne peut pas nier qu'il y ait de certains lieux que ce Dieu de miséricorde honore de miracles, ce qu'il ne fait pas autre part, approuvant par ces témoignages d'une puissance et d'une bonté extraordinaires la dévotion des pèlerins qui y viennent en foule de tous côtés.

Nous avons des saints reconnus pour tels par l'Église catholique, qui ont passé la meilleure partie de leur vie dans ces sortes de dévotions ; et le grand archevêque de Milan, saint Charles Borromée, en avait une telle estime, qu'il a fait plusieurs pèlerinages, quoique longs et fâcheux, avec de très grandes peines, tout chargé qu'il était de grandes affaires qu'il avait entre les mains, et avec les contradictions des premières personnes du monde. L'église du mont Gargan, dédiée à Dieu en l'honneur de saint Michel, est l'un de ces lieux célèbres où les pèlerins abordent de toutes parts ; et Othon III, tout empereur qu'il était, y alla nu-pieds de la ville de Rome, quoiqu'elle en soit fort éloignée.


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Message  Monique Sam 06 Fév 2021, 7:44 am

Mais comme il y a peu de personnes qui soient en état de faire de si longs voyages, l'on peut y suppléer en allant en dévotion à quelque chapelle ou autel dédié en l'honneur de ce prince de la milice céleste, ou des autres saints anges. Depuis quelques années, il a plu à Notre-Seigneur de réveiller dans les cœurs la dévotion à ces bienheureux esprits en la ville de Rouen, capitale de la Normandie, et il s'est servi pour cette fin de ce moyen, donnant le mouvement à quantité de personnes de piété d'aller tous les mois visiter une chapelle qui est bâtie sur une haute montagne assez proche de cette grande ville, en l'honneur de l'archange saint Michel.

Voici, selon que je l'ai appris, comme la chose est arrivée. Deux ou trois serviteurs de Dieu, allant faire leurs dévotions à une église célèbre, où la très sainte Vierge est invoquée sous le titre de Notre-Dame de Bon-Secours, se sentirent incités à aller faire leurs prières à la porte de la susdite chapelle de Saint-Michel, qui n'en est pas fort éloignée, et en même temps furent puissamment touchés devoir cette chapelle délaissée ; la dévotion y ayant été si grande, à ce que l'on peut apprendre par le témoignage des anciens, et par la vue même d'un chemin pavé de grandes pierres, que l'on y avait fait tout exprès avec beaucoup de dépense et de difficulté, et dont on remarque encore les restes. Cela les obligea à prendre résolution d'y venir de temps en temps, et ayant communiqué leur dessein à quelques autres personnes, elles y entrèrent facilement.

Or il a plu au Dieu de toutes bontés d'y donner une telle bénédiction, que dans la suite de peu d'années, y ayant très peu que cette dévotion a commencé, il se trouve un si grand nombre de personnes au jour que l'on prend au commencement de chaque mois, que l'on est obligé de faire le sermon au dehors de la chapelle : l'on est sensiblement touché de voir tout ce monde assis avec modestie sur le sommet de cette montagne, entendre dans un profond silence les discours qui s'y font à la louange des saints anges ; car l'on ne manque pas de s'assurer d'un prédicateur pour tous les mois, comme aussi d'y faire célébrer la sainte messe où il se fait quantité de communions. Cette dévotion ayant été inspirée ensuite d'un voyage à Notre-Dame de Bon-Secours, l'on peut croire avec fondement que c'est une faveur de cette souveraine des anges, et un effet signalé de son bon secours.

J'ai vu dans une autre ville, que vers la fête de Saint-Michel, ou au commencement de mars, l'on députait pendant neuf jours des personnes pour aller rendre leurs respects aux saints anges en l'une de leurs chapelles, et quelquefois même neuf personnes s'acquittaient tous les jours de ce devoir, sans parler de plusieurs autres qui y allaient offrir leurs vœux le matin et le soir ; l'on y faisait célébrer tous les jours le saint sacrifice de la messe, et on y faisait brûler chaque jour neuf cierges.


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Message  Monique Dim 07 Fév 2021, 8:34 am

NEUVIÈME PRATIQUE

Avoir une grande confiance en la protection des saints anges,

et recourir à eux en tous ses besoins corporels ou spirituels



********


Ceux qui se confient au Seigneur seront inébranlables comme le mont de Sion, celui qui a établi sa demeure en la céleste Jérusalem sera à jamais immuable en sa fermeté ; Dieu l'environne de montagnes sacrées, et le Seigneur se met lui-même à l'entour de son peuple. (Psal. CXXIV, 1, 2) Or ces montagnes qui servent comme de boulevards et de forteresses imprenables à l'âme qui met toutes ses espérances au Dieu des miséricordes, ne sont autres que les saints anges ; ce sont ces saintes montagnes du Psalmiste (Psal. XIX, 3), dont il assure que lui venait son secours. Oh ! Que bienheureuse est l'âme qui vit sous une telle protection ! Elle sera délivrée des pièges des chasseurs, les frayeurs nocturnes ne lui feront aucune peur, elle ne recevra aucun mal de ces flèches qui volent durant le jour, ni des conseils qui se prennent dans les ténèbres, non plus que du démon du midi. Pendant que mille tombent à la droite, et dix mille à la gauche, elle demeurera ferme, parce qu'elle est à la garde des anges, elle foulera aux pieds les aspics et les basilics, elle marchera par-dessus le ventre des lions et des dragons, sans en être endommagée. Sa demeure est si sûre et si élevée que le mal n'en peut approcher ; elle volera comme les aigles au milieu des airs sans aucune crainte, et prendra son essor jusqu'au plus haut des cieux, soutenue de ces glorieuses puissances célestes. Qu'elle aille et qu'elle revienne, les anges partout lui serviront de corps de garde ; ce sont ces soldats dont parle le prophète Zacharie, qui environnent la puissance du Seigneur : ils la tiendront au milieu d'eux, comme autrefois ce généreux Machabée, et la couvriront de leurs armes, faisant main-basse sur ses adversaires, lançant des traits et des foudres redoutables sur tous ses ennemis.


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Message  Monique Lun 08 Fév 2021, 8:05 am

« Pourquoi donc craindre, disait saint Bernard, ayant des amis si fidèles, si sages et si puissants ? » La joie soit toujours avec vous, disait saint Raphaël archange à Tobie, je vous conduirai et reconduirai. (Tob. V, 11) Il est vrai que je ne vois pas comme nous pouvons jamais être tristes, étant assistés en toutes nos voies d'un si puissant secours. Que les monstres sortent pour nous dévorer, nos fidèles gardiens nous en tireront sans peine. Que tout l'enfer conspire contre nous, que tous les hommes s'arment pour nous détruire ; nos cœurs doivent être sans frayeur, si les chœurs des anges nous donnent leur protection. Quelle douceur de penser à ce grand nombre d'anges dont nous avons parlé dans le premier traité de ce petit ouvrage, et de savoir qu'ils sont tous au service des hommes ! Quelque part donc que j'aille, et en quelque lieu que je sois, j'ai les mille millions de ces soldats célestes qui veillent à ma défense.

Ô mon âme ! Pourquoi te troubles-tu ? Pourquoi toutes ces inquiétudes ? Ne vois-tu pas que tout le ciel combat pour ton salut ? Tu penses quelquefois être bien seule et bien délaissée, bien dépourvue de secours humains ; mais ne songes-tu pas que tu as des armées terribles, composées d'une multitude innombrable de soldats invincibles, qui t'accompagnent et te défendent ? Pendant que nous dormons, il y a plus d'yeux ouverts pour notre garde, qu'il n'y a d'étoiles au firmament. L'on nous dit que de tous les côtés les créatures de la terre s'élèvent contre nous : il y a plus d'anges du paradis qui nous soutiennent, qu'il n'y a d'atomes aux rayons du soleil et de gouttes d'eau dans l'Océan. Disons donc, ô mon âme ! Nous en avons plus avec nous, que nos adversaires n'en ont avec eux. Mais, ô aveuglement des hommes ! Rien ne nous touche que ce que nous voyons par les yeux de la chair. Nous sommes tout à fait sensibles aux approches des créatures de la terre ou à leur éloignement ; quand nous en voyons un bon nombre pour nous ou contre nous, nos pauvres cœurs s'ouvrent à la joie ou se trouvent fermés par la tristesse.

L'on a beau nous dire et nous parler des secours du ciel, nous n'entendons rien à ce langage : en cela semblables au serviteur d'Élisée, qui, voyant des troupes d'élite et un grand nombre de soldats aguerris de l'armée du prince de Syrie qui étaient venus pour prendre son maître, ne pouvait se rassurer, quelque chose que lui pût dire le saint prophète pour lui ôter sa crainte. Il avait beau lui dire qu'ils en avaient plus avec eux pour leur défense, ce pauvre valet ne s'arrêtait qu'à ce qu'il voyait ; les troupes invincibles du Dieu des armées ne lui donnaient aucune assurance, parce qu'il ne les voyait pas, bien au contraire de l'homme de Dieu qui agissait par la foi, et dont la confiance en cette rencontre a été si hautement louée par saint Ambroise, qu'il s'écrie lorsqu'il la considère : « Ô la foi du saint prophète ! » Il ne craint pas ses ennemis qu'il voit, parce qu'il sait que les anges de Dieu sont avec lui, quoiqu'il ne les voie pas. Mais, ô la bonté de Dieu ! la sainteté d'un homme, ajoute ce Père, lui attire plus de défenseurs du ciel, que la malice des hommes ne lui suscite d'adversaires sur la terre. » Qu'il serait nécessaire de nous mettre en prière dans nos ténèbres, comme ce saint homme fit au sujet du peu de foi de son serviteur, et de dire avec lui : Ô Seigneur ! Ouvrez les yeux, non pas pour en obtenir un miracle, et découvrir des montagnes pleines de chevaux et de chariots de feu, mais pour nous augmenter la foi et nous en faire vivre et agir en toutes choses par cette vertu.


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Message  Monique Mar 09 Fév 2021, 8:07 am

Il faut que j'avoue ici que je ne sors pas d'étonnement, quand je considère le peu de confiance des hommes en la protection du ciel. « Ô l'avarice du cœur humain, » dit une fois Notre-Seigneur à sainte Thérèse, « il lui semble que la terre lui manquera ! » L'on ne remarque que des inquiétudes, et pour le temporel, et pour le spirituel. Quand il n'y aurait aucune Providence, l'on ne s'attacherait pas davantage aux moyens humains. Mais quelle pitié de voir des personnes spirituelles, sous prétexte de prudence, être si plongées dans les soins de ce qui les touche, et faire tant d'appui sur leur industriel ! Ô maudite prudence de la chair, je te déteste pour jamais ! Ô amoureuse prudence de mon Dieu, je m'abandonne sans réserve entre vos mains ! Que les hommes disent et fassent ce qu'ils voudront, qu'ils s'unissent tant qu'il leur plaira contre nous, je sais, mon Dieu, je sais, et je n'en puis douter, et je le sais plus certainement que je ne connais que j'écris ces lignes, que malgré tous leurs efforts et toute la rage des démons, vos divins conseils s'exécuteront. Celui que vous voulez sauver ne sera jamais perdu, s'il ne le veut lui-même ; les hommes ont beau l'abattre, lorsqu'ils pensent qu'il ne s'en relèvera jamais, c'est pour lors que vous le rendez plus glorieux. Vous l'élevez de la poussière et de la boue, de l'ordure de la terre où ses humiliations le mettent, pour le faire asseoir avec les princes de votre peuple, et lui donner un trône de gloire. Oh ! Qui est comme vous, qui habitez dans les cieux, et qui regardez avec plaisir de votre sanctuaire les choses les plus viles du monde, ôtant les puissances de leur siège, pour y élever les abjects ? Vous faites bien voir, comme il est écrit en la Sagesse, ce que vous êtes, donnant la mort aux ennemis de votre peuple, et mettant en déroute leurs adversaires avec de simples mouches, pendant que vous rendez victorieux vos enfants et tous vos serviteurs, et que le venin le plus dangereux des dragons ne leur fait aucun mal.


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Message  Monique Mer 10 Fév 2021, 7:48 am

Mettons donc toutes nos pensées au Seigneur et tous nos soins en sa divine providence, qui veille sur nous par ses saints anges, avec des bontés ineffables. Levons nos mains et nos yeux vers ces saintes montagnes, en tous lieux et en toutes sortes d'occasions. Nous avons assez fait voir les puissants secours que nous en recevons, soit pour le spirituel, soit pour le temporel : j'ajouterai seulement ici quelque chose de ce qui a été dit, qu'en mille rencontres les anges se sont rendus visibles pour porter les misérables pécheurs à la confession de leurs fautes, et au sacrement de Pénitence. Ils ont souvent administré le très-saint Sacrement de l'autel, comme à saint Onuste, à qui ils le portaient tous les huit jours dans le désert. Ils assistent au saint sacrifice de la messe en grandes troupes, comme le témoigne saint Nilus ; et il rapporte que saint Jean Chrysostome les a vus aider avec soin les prêtres, lorsqu'ils communiaient le peuple. Ils répondent quelquefois à la sainte messe, comme il se voit en la personne de saint Oswald évêque. Ils s'unissent avec les hommes dans leurs prières, et les récitent avec eux, comme il arriva au grand saint Ouen, archevêque de Rouen, qui a été singulièrement dévot à la très sacrée Vierge leur reine ; car ce saint homme ayant commencé un verset du Psalmiste dans l'Église de Saint-Pierre de Route, il entendit les anges qui l'achevèrent. Ils font voir à ceux qui combattent pour Jésus-Christ, les glorieuses couronnes qui leur sont préparées.

Quand un cœur a de la peine à se donner parfaitement à Dieu seul, il ne faut que s'adresser à eux. Saint Ignace s'en trouva bien, et ce fut le moyen dont il se servit pour gagner saint François Xavier ; ainsi c'est à ces glorieux esprits que le Japon a l'obligation de son apôtre. Le saint ordre des Carmélites a donné à notre France des âmes admirables en sainteté : l'on en est encore obligé aux anges ; et saint Michel, le premier de ces sublimes intelligences, partit tout armé, et comme une personne qui viendrait du combat, à la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, quand la résolution fut prise d'amener ces saintes filles du royaume d'Espagne en notre France, malgré toutes les oppositions que l'enfer y fit, cet archange voulant faire connaître la victoire qu'il avait remportée sur les démons, et sur les obstacles que les hommes y formaient. Enfin, Notre-Seigneur s'étant servi des anges en sa naissance, en sa vie, après sa mort et en son ascension, il nous apprend qu'en toutes nos actions et en toutes nos voies, nous devons recourir à eux, et implorer leur assistance.


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Message  Monique Jeu 11 Fév 2021, 7:33 am

DIXIÈME PRATIQUE

Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du purgatoire,

en l'honneur des saints anges



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Que pourrait-on faire de plus agréable aux anges, que de travailler avec eux à l'établissement de la gloire de notre divin Maître ? C'est la vue de cette gloire qui occupe le nombre presque infini de ces purs esprits à veiller avec tant d'attention sur des créatures chétives et mortelles, et qui les arrête tous, selon le témoignage de l'Apôtre (Hebr, I, 14), au service des hommes. Celui qui connaît Dieu ne peut trouver rien de bas, quand il s'agit de ses divins intérêts ; et s'il est difficile de comprendre la charité, la patience et les emplois des anges à l'égard de si viles créatures comme nous, cessons de nous étonner, lorsque nous considérons que c'est la gloire de leur Souverain qui leur fait faire et souffrir des choses si surprenantes. Le moindre petit degré de la gloire de Dieu, l'ombre même de ses intérêts mérite toutes les souffrances du monde et les anéantissements de toutes les créatures. Ô mon Dieu, que ne vous connaît-on ? Mais que notre terre est bien la terre d'oubli à l'égard de ce que vous êtes et de ce que vous méritez ! L'on ne peut pas y penser sans ressentir de grands désirs d'en sortir bien vite, pour entrer dans le pays des lumières, où l'on verra, mais bien tard, qu'il fallait oublier toutes choses, ou n'y penser que pour vous.

Regardons donc avec les saints anges l'intérêt de Dieu dans les âmes ; et dans ce regard faisons tout pour y faire glorifier notre Souverain. Un Dieu-Homme ayant donné sa vie au milieu d'une infinité de tourments indicibles pour ce sujet, il faut renoncer au christianisme, ou il faut donner tout ce que l'on peut donner dans son ordre pour y établir sa gloire. L'on doit ici s'en prendre à ses yeux, et pleurer inconsolablement dans la vue de ce qui s'y passe. Quelles dépenses ne fait-on pas pour un malheureux corps qui s'en va tous les jours dans la pourriture, pour le nourrir et orner, pour l'ambition et la vanité ? Que de revenus tous les ans employés, que de sommes immenses par toute la terre, pour la terre ! Considérez en passant ce qui en reviendra dans cent ans à tous les hommes qui vivent à présent, et considérez cette vérité à loisir, et dans le recueillement. Après cela, perdons-nous dans un abîme d'étonnement, voyant le peu de part que l'intérêt de Dieu a en toutes ces dépenses. Perdons-nous dans un abîme de douleur, voyant même que les biens consacrés uniquement à l'honneur de Dieu, comme les revenus ecclésiastiques, sont employés, ou pour mieux dire, prodigués en tout autre usage. Ah ! Cieux, déchirez-vous, et soyez grandement étonnés sur l'épouvantable aveuglement et endurcissement du cœur des Chrétiens. L'on a vu imprimé, dans une relation de la Grèce qui a été distribuée dans les premiers lieux du christianisme, que mille écus de revenu suffiraient pour y entretenir toutes les missions nécessaires, et je ne sais si dans tout le christianisme ce revenu s'est trouvé. Ô Chrétiens, il s'agit d'acquérir de nouveaux empires à Jésus-Christ et sa très-sacrée Mère ; je le répète, de nouveaux empires, (hélas ! Pour la conquête d'une seule ville, que ne l'ait-on pas !) en contribuant de quelque chose pour les missions étrangères dans les Indes, la Chine, le Japon, ou dans le Canada ; et vous y êtes insensibles !


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Message  Monique Ven 12 Fév 2021, 7:35 am

Presque toutes nos campagnes sont désolées par le règne du péché et l'ignorance de nos saints mystères : quelque contribution, pour y faire des missions, serait un grand remède, et il y a bien peu de personnes qui s'en mettent en peine. Oui, pour un mouchoir, l'on trouvera des sommes considérables, pour un habit, pour le jeu, pour des chevaux, pour des meubles, pour de la vaisselle, pour entretenir des chiens : il n'y a que pour l'intérêt de mon Dieu que l'on n'a rien, et que l'on ne peut rien. Ô Chrétiens ! Mais en vérité, savez-vous ce que vous faites ? Et vous, ô bénéficiers, pouvez-vous vivre ? Pouvez-vous prendre un moment de repos, voyant en vos logis tant de beaux meubles, de beaux tableaux, de belle vaisselle d'argent, voyant les autres dépenses que vous faites du patrimoine des pauvres ? Si vous preniez vingt sous à un pauvre, dix sous même pour vous en réjouir, que diriez-vous ? que dirait-on ? Si vous alliez dans les troncs des églises y prendre un écu pour vos plaisirs, si vous preniez des offrandes que l'on y fait la même somme, n'auriez-vous pas quelque trouble en votre âme ? Et vous prenez tous les ans aux pauvres et aux églises des sommes effroyables au-dessus de votre nécessaire, et vous en avez de réserve en vos coffres ; et vous gardez tous ces buffets magnifiques, ces tableaux, qui sont le prix de cet argent ; et peut-être mourrez-vous dans cet état sans en faire restitution, les laissant à vos héritiers, et pillant de la sorte les biens des églises et des pauvres après votre mort même ; et après cela vous riez, vous passez le temps sans crainte. Ô l'horreur et la désolation ! Je vois bien, mon Dieu, la vérité de vos paroles, qu'il y en a bien peu de sauvés.

L'exemple des saints anges est étrangement puissant, non-seulement pour nous faire tout faire et tout donner pour la gloire de Dieu dans les âmes, mais encore pour ne se lasser jamais, pour jamais ne se rebuter des peines que l'on y souffre. L'Apôtre nous enseigne qu'il faut instruire les âmes en toute sorte de patience et de doctrine. Ce peu de paroles renferme tout : qui dit toute sorte de patience et de doctrine, n'excepte ni peine ni mépris, ni travail, ni aucune instruction, soit en public, soit en particulier, soit par sermons, soit par catéchisme. Hélas ! les anges pensent toujours à nous, quoique nous ne pensions presque jamais à eux ; sans cesse ils nous recherchent, nonobstant nos rebuts et nos mépris, Après avoir offensé Dieu durant tout le cours de notre vie, ce qui est grandement les offenser, ils ne laissent pas de nous bien faire, et leur amour triomphe en toute rencontre. C'est pourquoi saint Ignace le proposait à ses enfants, pour les encourager quand leurs emplois seraient sans effet. En vérité, toutes nos ferveurs ne sont que glaces, si on les compare aux belles flammes du pur amour qui animent ces esprits. Où trouverez-vous un directeur, un prédicateur qui, après avoir donné cent et cent avis pendant plusieurs années, et n'en ayant reçu que des affronts, continue à en donner avec la même bonté ? Et les anges persévèrent avec une fidélité inviolable, après quarante et soixante années, après les mille millions d'inspirations qu'ils nous auront données. Ils voient bien que tant d'infidèles et hérétiques dont ils prennent soin s'en vont en enfer, et que toutes leurs peines demeureront inutiles ; cela ne les empêche pas de veiller avec amour sur eux jusqu'au dernier soupir de leur vie. Redisons encore ici : Où est le jardinier qui arrosât un arbre avec soin, s'il savait qu'il ne porterait jamais de fruit ? Mais les bontés des anges sont incomparables. Tous les directeurs, prédicateurs, confesseurs, missionnaires, et tous ceux qui travaillent en quelque manière que ce suit pour le prochain, doivent leur être bien dévots, pour obtenir quelque part à leur charité et à leur patience infatigable.


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