Pensée de Saint Thomas

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Message  Monique le Jeu 22 Oct 2020, 9:37 am

B) Vertus théologales

1. Le mérite de la foi consiste en ce qu'un homme, par soumission à Dieu, donne son assentiment à ce qu'il ne voit pas. III. a. 3, ad 2.

2. La charité ne signifie pas seulement l'amour de Dieu, mais encore une certaine amitié avec lui, amitié qui ajoute à l'amour la réciprocité dans l'amour avec une certaine correspondance mutuelle. I-II. 65, a. 5.

3. Cette communauté de l'homme avec Dieu n'est autre chose qu'un certain commerce familier avec lui. C'est par la grâce que dès à présent ici-bas elle commence, mais c'est dans la gloire qu'elle s'achèvera dans l'avenir. Ces deux chose sont du domaine de la foi et de l'espérance. I-II. 66, a. 6.

4. La charité est plus grande que la foi et l'espérance, car celles-ci comportent dans leur notion une certaine distance de leur objet : la foi porte sur ce qu'on ne voit pas, l'espérance sur ce qu'on n'a pas. Mais l'amour de charité a pour objet ce que déjà on a. I-II. 66, a. 6.

5. Dieu peut-être aimé de tout coeur de deux manières : d'abord d'une façon actuelle, en ce sens que tout le coeur  de l'homme se porte actuellement vers Dieu. Ceci appartient à la perfection de la Patrie. D'une autre manière, en ce sens que d'une façon habituelle tout le coeur de l'homme se porte vers Dieu, c'est-à-dire que le coeur de l'homme n'admettre rien qui soit contre l'amour de Dieu. Et cette perfection est celle de l'exil, à laquelle perfection le péché véniel n'est pas contraire, parce qu'il n'enlève point l'habitude de la charité, puisqu'il ne tend pas vers un objet qui lui est contraire, mais entrave seulement l'usage de cette vertu. II.-II. 44, a. 4, ad 2.
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Message  Monique le Ven 23 Oct 2020, 8:03 am

6. L'amour de Dieu rassemble les affections en les ramenant du multiple à l'un, mais l'amour de soi les disperse sur diverses choses, parce que, en s'aimant lui-même, l'homme recherche pour soi les biens de ce monde, lesquels sont variés et divers. I-II. 73, a. 1, ad 3.

7. L'amour de Dieu se propose toujours d'accomplir de grandes choses : ainsi le réclame la raison de la charité. Toutefois la charité n'est pas toujours en acte d'accomplir de grandes choses par suite de la condition même du sujet. II-II. 24, a. 11, ad 3.

8. Nous devons aimer notre prochain en raison de ce qu'il tient de Dieu, c'est-à-dire les biens de la nature et de la grâce, mais non en raison de ce qu'il a de lui-même et du démon, c'est-à-dire le péché et la privation de la justice originelle. II-II. 34, a. 3.

9. Enlever à quelqu'un sa réputation est une chose très graves, car la réputation est un bien,  plus précieux que les trésors temporels, et lorsque l'homme en est privé, il se trouve presque dans l'impossibilité de faire le bien. II-II. 73, a. 2.

10. Il   parfois ajourner la correction par crainte d'un plus grand mal. S. Augustin dit à propos des excès de table et de vin : ''A mon sens, ce n'est pas l'aspérité, la duret. l'autorité qui en triomphent : il faut procéder par l'enseignement plutôt que par la prohibition, par la monition plutôt que par la menace : c'est ainsi qu'il faut traiter la plupart des pécheurs et n'user de sévérité qu'envers le petit nombre.'' II-II. 150, a. 1, ad 4.
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Message  Monique le Sam 24 Oct 2020, 9:25 am

11.  Quand il est probable que le délinquent recevra mal l'admonition et même qu'il fera encore plus mal, il ne faut pas faire la correction. C'est la fin pour laquelle on fait une chose qui doit régler celle-ci. II-II. 33, a. 6.

12. Parole de S. Augustin : ''Notre-Seigneur nous avertit de ne pas fermer les yeux sur nos péchés les uns des autres, non qu'il faille chercher de quoi à reprendre, mais voyons seulement ce qu'il faut corriger.'' Sans cela nous serions comme des enquêteurs sur la vie des autres. II-II. 33, a. 2, ad 4.

13. Il peut se faire que celui qui interprète toujours en bonne part ce qui est douteux, se trompe souvent. Mais il vaut mieux se tromper souvent en ayant une bonne opinion d'un homme mauvais, que de faire très rarement erreur en ayant une mauvaise opinion d'un homme vertueux. Dans ce dernier cas, on commet une injustice envers le prochain, mais non dans le premier. II-II. 60, a. 4, ad 1.

14. Interpréter en bonne ou mauvaise part peut se faire, de deux façons :1) Par hypothèse. Ainsi qu'en nous devons apporter remède à certains maux, les nôtres ou ceux d'autrui, il est bon de supposer le mal, pire qu'il est réalité, afin d'y apporter un remède plus efficace, étant donné que ce qui guérit un mal grave guérira encore plus un mal moindre. 2.) Nous interprétons en bien ou en mal en définissant ou en précisant : par exemple, dans un jugement sur des choses chacun doit s'efforcer de les interpréter comme elles sont, mais dans un jugement sur les personnes, interpréter en bonne part. II-II. 60, a. 4, ad 3.

15. A moins de preuve du contraire on doit présumer de l'honnêteté d'un l'homme, encore faut-il que cette présomption ne comporte pas de risques pour un tiers. II-II. 70, a. 3, ad 2.
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Message  Monique le Dim 25 Oct 2020, 6:23 am

16. C'est faire preuve de belle humeur que de dire quelques railleries légères, non pour déshonorer ou peiner le prochain, mais plutôt pour s'amuser et par manière de plaisanterie. On peut donc s'y exercer sans péché., pourvu que l'on observe la retenue convenable. Mais si quelqu'un n'hésite pas à faire de la peine à celui auquel il adresse ses critiques plaisantes, pourvu qu'il provoque la risée de l'entourage, il y a à quelque chose d vicieux.

17. Des personnes qui ont la charité peuvent différer d'opinion, ce qui d'ailleurs ne s'oppose à la paix. L'opinion, en effet, est affaire d'intelligence, laquelle vient avant la volonté. Or, c'est en cette dernière que ce trouve la paix. De même, pourvu que l'on s'accorde sur les biens les plus importants, le désaccord en des choses minimes n'empêche pas la charité... Si pareil dissentiment en matière légère et discutable est incompatible avec la pais parfaite. Alors que nous connaîtrons toute la vérité et que tous nos désirs seront satisfaits, elle ne l'est pas avec la paix imparfaite qui est notre partage ici-bas. II-II. 29, a. 3, ad 2.

18. Dans les choses humaines tout ce qui va contre la raison est vicieux. Or, c'est aller contre la raison que d'être à charge aux autres, par exemple, en ne se montrant pas joyeux et même en empêchant les autres de l'être... Une petite quantité de plaisir suffit à assaisonner la vie, comme quelques grains de sel dans les aliments. II-II. 168, a. 4.

19. Celui qui doit de l'argent est obligé au temps fixé de rechercher son créancier; celui qui a la charge spirituelle de quelqu'un est obligé de le rechercher pour le corriger de sa faute. II-II.33, a. 2, ad 4.

20. La vision corporelle est le principe de l'amour sensible. Et de même la contemplation de la beauté spirituelle ou de la bonté est le principe de l'amour spirituel. I-II. 27, a. 2.

21. Celui qui aime ne ce satisfait pas d'une connaissance superficielle de l'aimé, mais s'efforce de scruter à fond tout ce qui est de lui, et de pénétrer ainsi dans son intimité . C'est ainsi qu'on applique à l'Esprit-Saint, qui est l'Amour de Dieu, ces paroles : '' Il pénètre même les profondeurs de Dieu. '' ( I Cor. II, 10). I-II. 28, a. 2.

22. Dans l'amour d'amitié l'aimant est dans l'aimé, en ce sens qu'il considère les biens ou les maux de son ami comme les siens, et la volonté de son ami comme la sienne propre, de tel sorte qu'il paraît recevoir et éprouver lui-même en son ami les biens et les maux. I-II. 28, a. 2. Dans l'amour d'amitié, l'affection sort absolument d'elle-même, car on veut du bien à son ami et on y travaille, comme si l'on était chargé de pourvoir à ses besoins, et cela pour l'ami lui-même. Id., a. 3.
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Message  Monique le Lun 26 Oct 2020, 9:31 am

C) Les autres vertus

1. La principale vertu est la justice qui nous ordonne è autrui. II-II. 181, a. 1, ad 1.

2. Si nous parlions de la justice légale, il est manifeste qu'elle dépasse en valeur toutes vertus morales, du fait que le bien commun l'emporte sur le bien particulier. C'est en ce sens qu'Aristote nous dit que '' la plus éclatante des vertus paraît être la justice, et que ni l'étoile du soir ni celle du matin ne sont aussi admirables. II-II. 58, a. 12.

3. La justice particulière aussi dépasse en excellence les autres vertus morales... Le autres vertus tirent leurs louanges du bien qu'elles réalisent dans l'homme vertueux, tandis que la justice est louée en outre pour le bien que l'homme vertueux réalise dans ses rapports avec autrui, de telle sorte qu'elle est d'une certaine manière le bien d'autrui. C'est pourquoi Aristote remarque que '' les plus grandes vertus sont nécessairement celles qui concourent au bien d'autrui, s'il est vrai que la vertu est une puissance bienfaisance. Aussi bien, voyons-nous honorer davantage les forts et les justes, la force étant utile aux autres dans la guerre, et la justice dans la guerre et dans la paix. '' II-II. 58, a. 12.

4. Au point de vue moral, toute promesse ,changée d'homme à homme oblige et, c'est une obligation de droit naturel. II-II. 88, a. 3.

5. Il faut dire que a prudence est plus noble que les vertus morales, car elle leur commande. II-II. 47, a. 6, ad 3.

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Message  Monique le Mar 27 Oct 2020, 6:42 am

6. La prudence est la vertu la plus nécessaire à la vie humaine. Bien vivre consiste, en effet, à bien agir. Or pour bien agir, il faut non seulement faire quelque chose, mais encore y mettre la manière, c'est-à-dire qu'il faut agir d'après un choix bien réglé et pas seulement par impulsion ou passion. I-II. 57, a. 5.

7. La prudence intervient dans les actes de chaque vertu morale, car c'est  la prudence qui achève de leur donner le formel de la vertu, puisque c'est elle qui détermine le juste milieu dans toutes les vertus morales. Suppl. a. 2, ad 3.

8. La violence du plaisir et de la convoitise dans la luxure opprime totalement la raison et l'empêche d'exercer ses actes. Le pire ennemi de la prudence c'est le plaisir, dit Aristote, et surtout le plaisir impur qui absorbe toute l'âme et l'entraîne aux jouissances sensibles. Or la perfection de la prudence, comme de toute activité de l'esprit, consiste dans le dégagement des choses sensibles. II-II. 53, a. 6.

9. Il n'y a plus de prudence dans les vieillards, non seulement à cause de l'état de leur nature que ne troublent pas les mouvements apaisés des passions sensibles, mais encore en raison de l'expérience de nombreuses années. II-II. 47, a. 15, ad 2.

10. En matière de prudence, l'homme à grand besoin de prendre leçon auprès des autres, spécialement près des anciens, lesquels ont acquis une intelligence saine touchant ce qu'il y a à faire. C'est ce qui fait dire à Aristote : '' Il faut être attentif aux avis et aux opinions des gens d'expérience, des vieillards et des hommes prudents, et il ne faut pas l'être moins qu'à ses convictions personnelles. L'expérience donne, en effet, à ces personnes une vue claire des principes ''. II-II. 49, a. 3.
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Message  Monique le Mer 28 Oct 2020, 6:23 am

11. La docilité, comme d'ailleurs tout ce qui touche à la prudence, se trouve à l'état d'aptitude naturelle, mais c'est éminemment par l'étude ou l'application qu'elle obtient sa perfection achevée. Fréquemment et soigneusement et avec respect pour les enseignements des anciens, on y applique son esprit, se gardant bien à la fois de la paresse qui négliger de tels enseignements, ou de l'orgueil qui les fait mépriser. II-II. 49, a. 3, ad 3.

12. Il y a des choses ou la docilité convient même aux sages, car en matière de prudence il n'y a personne qui puisse en tout se suffire à soi-même. II-II. 49, a. 3, ad 3.

13. La tempérance, entre toutes les vertus, est dire honnête et belle, non pas tant à cause du bien qu'elle procure que de la grossièreté du mal dont elle préserve en réglant des jouissances communes à l'homme et à l'animal. II-II. 141, a. 8, ad 1.

14. Entre toutes les vertus, la tempérance à un titre spécial à la beauté comme aussi les péchés d'intempérance sont laids entre tous. II-II. 143.

15.
La vertu de chasteté rend l'homme particulièrement apte à la contemplation, tandis que les voluptés de la chair ont pour effet d'ensevelir l'esprit dans la matière. II-II. 180, a. 2, ad 3.
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Message  Monique le Ven 30 Oct 2020, 8:56 am

16. C'est la luxure plus que tout autre chose qui plonge les sens dans les choses de la terre, car en elle se trouvent les plaisirs les plus forts qui puissent absorber l'âme humaine. II-II. 46. a. 3.

17. La sobriété a pour matière spéciale celle-là même ou il est le plus recommandable de garder la mesure. Or ce sont les boissons enivrantes dans l'usage mesuré fait beaucoup de bien, et l'excès, même petit, beaucoup de mal. Il entrave le travail de la raison plus encore que l'excès de nourriture. II-II. 149. a. 1.

18. Il y a deux espèces de sagesse : une sagesse commune, suffisante au salut. Elle n'exige pas l'abstinence totale du vin, mais la fuite de tout excès. Il y a de plus une sagesse plus élevée qui, pour sa perfection, demande à quelqu'un de s'abstenir totalement du vin, selon les circonstances de personnes et de lieux. II-II. 149, a. 3, ad 1.

19. Une vertu peut devenir plus nécessaire chez quelques-uns pour deux motifs : 1) Parce que la convoitise est plus forte chez eux, et la vertu doit la tenir en échec,; et parce qu'il y a une plus grande tendance au vice, et c'est à la vertu qu'il appartient de réagir contre elle. C'est pour cette raison que la sobriété est surtout nécessaire aux jeunes et aux femmes : aux jeunes parce que l'ardeur propre de leur âge accentue leurs passions, aux femmes parce que la faiblesse de leur sexe les rend rend moins aptes à résister aux assauts des passions... 2) La vertu de sobriété devient plus nécessaire chez quelques-uns à cause de leur profession. Ainsi la sobriété s'impose spécialement aux vieillards, aux clercs, et aux gouvernants. II-II. 149, a. 4.

20. L'intensité du plaisir dans les sens, qui dépend des dispositions physiques, n'a rien à faire avec la vertu, mais bien l'attitude de l'âme vis-à-vis de ce plaisir. II-II. 153, a. 2, ad 2.
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Message  Monique le Dim 01 Nov 2020, 9:59 am

21. On peut sans fausseté se croire et se dire le dernier de tous, à cause des défauts que les autres ne voient pas, mais que l'on voit en soi-même, à cause aussi des dons de Dieu qui sont dans les autres, sans qu'on les voie... On peut aussi sans fausseté se croire et se dire absolument incapable et inutile par ses propres forces, et rapporter ainsi à Dieu toute la puissance que l'on a de bien faire. II-II. 161, a. 6, ad 1.

22. Chacun doit se croire inférieur aux autres en mérites, mais non de par la charge qu'il exerce. Suppl. 34, a. 1, ad 2.

23. Les actes extérieurs de l'humilité, comme ceux des autres vertus, exigent une prudence qui les empêche d'être nuisibles aux autres. II-II. a. 161 ad 3.

24. S'employer de soi-même à être préposé au gouvernement des autres, et refuser obstinément ce gouvernement  en dépit de l'ordre des supérieurs, c'est dans l'un et l'autre cas preuve de volonté dérèglée. Ce refus répugne, en premier lieu, à la charité pour le prochain,  pour le bien duquel on doit consentir à s'exposer soi-même en temps et lieu... Il répugne aussi à l'humilité qui fait que l'on se soumet aux ordres des supérieurs. II-II. 185, a. 2.

25. Le disciple devenu maître cesse d'être auditeur : ce n'est plus de sa condition. Mais il lui sied toujours de lire et de méditer et plus que jamais. II-II. 185, a. 8.
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Message  Monique le Jeu 05 Nov 2020, 9:02 am

26. C'est le propre de l'orgueil de ne pas vouloir se soumettre à quelqu'un de supérieur, et principalement de refuser soumission à Dieu. I-II. 84, a. 2 ad 2.

27. Le juste qui est vraiment humble que, dans ce qu'il fait de bien, il pèche par orgueil, plus gravement que le pécheur manifeste. Suppl. 6, a. 4, ad 1.

28. La science, et tout ce qui implique grandeur, étant occasion de fier à soi-même, empêche qu'on se livre totalement à Dieu. C'est donc là parfois un obstacle occasionnel à la dévotion; tandis que les gens simples et les femmes ont une abondante dévotion, réprimant toute élévation orgueilleuse. Mais, la science , ou tout autre perfection que se soit, si on la soumet parfaitement à Dieu, ne fait qu'accroître la dévotion. II-II. 82, a. 3, ad 3.


A suivre...
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Message  Monique le Sam 07 Nov 2020, 8:43 am

IX

LA LOI



1. La loi humaine ne répond à la stricte notion de la loi que si elle est selon la droite raison. I-II. 93, A. 3, ad 2.

2. Les lois sont justes par leur fin quand elles sont ordonnées au bien public; justes de par leur auteur quand elles ne dépassent pas le pouvoir de celui qui les fait; justes par leur forme lorsque ce qu'il y a d'onéreux est imposé è proportions égales aux sujets, en vue du bien commun. Puisqu'un homme est une unité dans la multitude, tout ce qu'il est et tout ce qu'il a est à la multitude... En vertu de ce principe, les lois qui distribuent les charges selon les proportions, sont des lois justes qui obligent en conscience. I-II. 96, a. 4.

3. Ceux qui sont bien disposés on les amène plus facilement à la vertu par des appels à la volonté que par la force, mais d'autres qui sont mal disposées il faut la force pour les amener à la vertu. I-II. 96, a. 1. ad 1.

4.
 Pour avoir la paix entre les hommes et pour l'exercice de la vertu, la nécessité s'imposa d'établir des lois, parce que au dire d'Aristote, ''l'hommes est le meilleur des animaux s'il est perfectionné par la vertu, mais sans loi et sans justice il devient le pire de tous.'' La raison en est que l'homme a, à son service, les armes de l'intelligence pour assouvir ses passions et ses cruautés, ce que les autres animaux n'ont pas. I-II. 95, a. 1.

5.
Parce que le législateur ne peut prévoir chaque cas en particulier, il légifère selon se qui se présente généralement, en ayant en vue l'utilité commune. Si après cela un cas surgit ou l'observation de la loi serait nuisible au bien commun, il ne faudrait pas l'observer. I-II. 96, a. 6, ad 3.
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Message  Monique le Mar 10 Nov 2020, 9:47 am

6. Aucun législateur ne peut avoir de sagesse pour prévoir tous les cas qui peuvent surgir... Lui fut-il de les prévoir, il ne devrait pas quand même les exprimer tous dans la loi, parce que cela prêterait à confusion. Il devrait plutôt faire porter la loi sur ce qui se présente le plus souvent. I-II. 96, a. 6, ad 3.

7. Le sage législateur laisse faire les manquements de moindre importance afin d'en prévenir de plus grands. I-II. 101, a. 3, ad 2.

8. Rien de meilleur que le bon usage du pouvoir en faveur de la multitude, mais par contre rien de pire que son mauvais usage. I-II. 2, a. 4, ad 2.

9. Dans le gouvernement humain, ceux qui détiennent le pouvoir tolèrent à bon droit quelques maux, de peur d'empêcher un bien de se faire, ou même pour prévenir de plus grands maux. II-II. 10, a. 11.

10. La coutume de l'Eglise jouit de la plus haute autorité, c'est pourquoi il faut la suivre en tout. II-II. 10, a. 12.
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Message  Monique le Mer 11 Nov 2020, 7:49 am

11. Le pouvoir séculier est soumis au pouvoir spirituel, comme le corps est soumis à l'âme, selon la parole de S. Grégoire Nazianze. C'est pourquoi il n'y a pas d'usurpation quand le supérieur spirituel intervient dans celles des affaires temporelles ou le pouvoir séculier lui est soumis, ou qui ont été laissées à son jugement par ce pouvoir. II-II, 70, a. 2, ad 2.

12. Le juge doit être davantage porté à acquitter qu'à condamné. II-II. 70, a. 2, ad 2.

13. Si un supérieur multiplie les préceptes au point que son subordonné soit incapable de les accomplir, celui-ci n'est pas coupable de péché. Les supérieurs doivent donc commander avec discrétion. II-II. 105, a. 1, ad 3.

14. Le pouvoir de juridiction n'est confié à aucun homme en vue de son propre intérêt, mais pour l'utilité du peuple et l'honneur de Dieu. Suppl. 8, a. 5, ad 1.

15. Celui qui peut prohiber ne pêche pas en s'abstenant de le faire, quand il n'espère pas la correction ou qu'il estime qu'un plus grand mal naîtra de cette prohibition. Suppl. 67, a. 3, ad 1.

16. Dans les fonctions secondaires rien ne s'oppose à la diversité des coutumes. Suppl. 37, a. 4, ad 2.

17. Il est de droit naturel que l'homme traite saintement ce qui es saint. Suppl. 36, a. 5, ad 2.

18. Il faut apporter une grande réserve à la correction des grandes fautes. Suppl. 28, a. 3.
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Message  Monique le Jeu 12 Nov 2020, 6:06 am

X

LA GRÂCE



1. Par la grâce sanctifiante toute la Trinité habite dans l'âme. I. 43, a. 5.

2. La grâce ne détruit pas la nature, mais l'achève. I-I. a. 8, ad 2.

3. Il y a cinq effets de la grâce en nous : le premier est de guérir l'âme, le second de lui faire vouloir du bien, le troisième de l'accomplir réellement, le quatrième de persévérer dans le bien, le cinquième de conduire à la gloire. I-II. 111, a. 3.

4. Les choses sensibles et corporels ont une ressemblance avec les choses spirituels et intelligibles : De là que par la considération de la vie corporelle on peut se faire une idée de ce qu'il y a de particulier à la vie spirituelle. III. 72, a. 1.

5. La grâce et la vertu imitent l'ordre que la divine sagesse a mis dans la nature. II-II. 31, a. 3.
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Message  Monique le Sam 14 Nov 2020, 9:12 am

6. Le bien de la grâce d'un seul individu l'emporte sur le bien naturel de tout l'univers. I-II. 113, a. 9, ad 2.

7. La grâce de l'Esprit-Saint, telle que nous la possédons ici-bas, n'égale pas la gloire éternelle en réalité, mais par sa vertu, comme la semence d'un arbre qui contient virtuellement l'arbre tout entier. I-II. 114, a. 7, ad 3.

8. La grâce et la gloire appartiennent au même genre, car la grâce n'est pas autre chose qu'un certain commencement de la gloire en nous. II-II.24, a. 3, ad 2.

9. Un homme en adopte un autre comme fils, lorsque, par bonté, il l'admet à la participation de son héritage. Or Dieu est l'infinie bonté : en vertu de cette bonté il appelle les créatures à la participation de ses biens, et parmi elles, spécialement les créatures raisonnables qui, étant créées à l'image de Dieu, sont capables de la béatitude divine. III. 23, a. 1.

10. Mais l'adoption divine est supérieur à l'adoption humaine, car Dieu, en adoptant un homme, le rend capable, par le don de sa grâce, de percevoir l'héritage céleste, tandis que l'homme ne crée pas d'aptitude, mais la suppose dans celui qu'il adopte. III. 23, a. 1.
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Message  Monique le Dim 15 Nov 2020, 8:43 am

11. Plus un être participe à la bonté divine, plus il cherche, autant qu'il est possible, à communiquer aux autres sa perfection. De là cet avertissement de l'apôtre S. Pierre à ceux que la grâce à faits participants de la grâce divine : '' Que chacun mette au service des autres le don qu'il a reçu, comme de bons dispensateurs de la grâce de Dieu, laquelle est variée. '' I. 106, a. 4.

12. Pour bien vivre, l'homme a besoin d'un double secours de Dieu : le premier, c'est le don habituel qui guérit la nature humaine corrompue, et qui aussi l'élève, une fois guérie, pour la rendre capable de faire des œuvres qui méritent la vie éternelle. Le deuxième se cours dont nous avons besoin c'est celui de la grâce par laquelle Dieu nous fait agir. I-II. 109, a. 9.

13. Entre la grâce et la volonté il y a le même rapport qu'entre la force qui fait mouvoir et la chose qui est mise en mouvement, ou encore entre un cavalier et son cheval. I-II. 110, a. 4, ad 1.

14. La plus petite grâce peut résister à n'importe quelle concupiscence et mériter la vie éternelle. III. 62, a. 6, ad 3.

15. La moindre grâce est assez forte pour résister à n'importe quelle concupiscence et pour préserver de n'importe quels péchés mortels commis contre les commandements, car la plus infime charité a pour Dieu plus d'amour que la cupidité n'en porte '' aux monceaux d'or et d'argents ''. III. 70, a. 4.
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Message  Monique le Lun 16 Nov 2020, 7:18 am

16. La grâce, considérée en elle-même, en tant quelle participe une certaine ressemblance de l'être divin, perfectionne l'essence de l'âme, et de même que les puissances de l'âme découlent de son essence, ainsi de la grâce découlent certaines perfections pour les puissances de l'âme : ce sont les vertus et les dons qui perfectionnent les puissances à l'égard de leurs actes. III. 62, a. 3.

17. Les dons sont des habitudes qui adaptent l'homme à suivre promptement l'instinct du Saint-Esprit, comme les vertus disposent la volonté et la sensibilité à obéir à la raison. Or, de même que la volonté et la sensibilité sont nées pour obéir au commandement de la raison, ainsi toutes les facultés humaines sont nées pour être mues par l'inspiration de Dieu comme par une puissance supérieure. I-II. 68, a. 4.

18. Il est manifeste que les hommes justes sont habituellement et familièrement instruits par un instinct intérieur du Saint-Esprit, sans le secours de signes sensibles. L'esprit qui les dirige est un esprit de prophétie. III. 36, a. 5.

19. Il y a trois manières de connaître une chose : par révélation, et de cette manière quelqu'un peut savoir qu'il a la grâce... par nos propres moyens et avec certitude, et de cette manière nul ne peut savoir s'il a la grâce... ; par conjecture, d'après certains signes, et de cette manière quelqu'un peut savoir qu'il a la grâce, pour autant qu'il constate qu'il trouve son plaisir en Dieu, qu'il méprise les choses du monde et qu'il n'a conscience d'aucun péchés mortels. I-II. 112, a. 3.

20. Même un fois justifiés par la grâce, nous devons demander à Dieu le don de la persévérance afin d'être préservé du mal jusqu'à la fin de notre vie. Beaucoup reçoivent la grâce, mais non de persévérer dans la grâce. I-II. 109, a. 10.
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Message  Monique le Mar 17 Nov 2020, 7:45 am

XI

LE MÉRITE



1. N'importe quel acte de charité mérite la vie éternelle de façon absolue. I-II. 114, a. 7, ad 3.

2. C'est le bien plus encore que le difficile qui fait la vertu et le mérite. Il ne faut donc pas dire : tout ce qui est difficile est plus méritoire, sinon avec cette restriction plus difficile, mais aussi meilleur. II-II. 27, a.8, ad 3.

3. Une humble et pauvre offrande  faite par pure amour de Dieu, obtient le pardon non seulement des péchés véniels, mais encore des péchés mortels. II-II. 54, a 3, 2.

4. Toute acte méritoire, quel qu'il soit, mérite à son auteur une augmentation de la grâce, comme aussi il lui mérite la consommation de cette grâce, qui est la vie éternelle. Cependant, de même que la vie éternelle n'est pas accordée immédiatement mais en son temps, ainsi la grâce ne se trouve pas non plus augmentée immédiatement, mais en son temps, c'est-à-dire, lorsque le sujet sera suffisamment disposé à recevoir l'accroissement de cette grâce. I-II. 114, a. 8, ad 3.

5. Celui qui en vertu de la charité  mérite pour un autre, au moins d'un mérite de convenance, mérite plus encore pour lui-même. Mais celui qui satisfait pour un autre, ne satisfait pas pour lui-même, parce que la quantité de peine ne suffit pas pour l'un et l'autre péché. Cependant, en offrant satisfaction pour un autre, il mérite quelque chose de mieux que la remise d'une peine, il mérite la vie éternelle. Suppl. 13, a. 2, ad3.
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Message  Monique le Mer 18 Nov 2020, 8:02 am

6. Quoique les indulgences aient beaucoup de valeur pour la rémission de la peine, cependant les autres œuvres de satisfaction sont plus méritoires par rapport à la récompense essentielle, qui vaut infiniment mieux que la remise temporelle. Suppl. 25, a. 2, ad 2.

7. Les religieux en observant leurs règles, méritent plus pour la récompense de la vie éternelle qu'en gagnant des indulgences, quoiqu'ils méritent moins par rapport à la remise de la peine, qui est un bien moindre. Suppl. 27, a. 2, ad 2.

8. Il arrive parfois qu'une œuvre, en soi moins bonne qu'une autre, devienne plus méritoire étant faite avec plus de charité II-II. 184, a. 8.

9. Le mérite ne tient pas principalement au don, à l'acte ou à la souffrance extérieure, mais au sentiment intérieur. II-II. 100, a. 1, ad 3.

10. Le mérite qui donne droit à la récompense essentielle a pour source la charité, mais le mérite, qui donne droit à une récompense surérogatoire est fondé sur la difficulté de l'action à accomplir. Suppl. 41, a. 4, ad 1.
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Message  Monique le Jeu 19 Nov 2020, 8:39 am

11. La charité est le premier principe du mérite, les actes que nous faisons en sont comme les instruments. Pour avoir de bons effets d'un acte, il ne suffit pas que l'agent principal soit bien disposé, il faut aussi un instruments de bonne disposition. Ainsi donc dans l'effet de l'acte, il y a l'agent principal - ce qui importe avant tout - et il y a la part de l'instrument, qui est secondaire. Suppl. 96, a. 1, ad 3.


12.
Le mérite provenant de la charité est plus grand que celui provenant de la qualité de nos actes, tout comme la fin, que recherche toujours la charité, est préférable aux moyens qui y conduisent. Or nos actes ne sont que des moyens. Suppl. 96, a. 1, ad 3.

13.
On dit que les œuvres faites en dehors de l'état de grâce, méritent du mérite de convenance quelque récompense. Elles nous valent, à ce titre, trois sorte de biens : un succès temporel, une disposition à la grâce, une habitude de bonnes œuvres. Cependant, comme ce mérite n'est pas un mérite au sens propre du mot, il faut plutôt dénier qu'accorder une valeur méritoire aux œuvres de ce genre. Suppl. 14, 4.

14. Rien qui ne plaise à Dieu sans la charité, rien qui ne soit profitable pour la vie éternelle sans la charité. Or il arrive que des personnes s'emploient à des œuvres de miséricorde, mais non pas la charité. Pour eux, rien de ce qu'il font pour leur valoir la vie éternelle ou les garantie de la peine éternelle. Suppl. 99, a. 5.

15. Ceux-là obtiennent miséricorde qui la pratiquent d'une façon réglée; ils ne la pratiquent pas ainsi ceux qui se négligent eux-mêmes en s'employant aux œuvres de miséricordes. Suppl. 99, a. 5, ad 1.

16. Seuls ceux dont les œuvres de miséricorde sont marquées par la pénitence obtiendront un pardon pleinement libérateur. Suppl. 99, a. 5, ad 3.
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Message  Monique le Ven 20 Nov 2020, 7:25 am

LA PRIÈRE


1. Ce que nous devons principalement demander dans nos prières c'est l'union de Dieu. II-II. a. 1, ad 2.

2. Nous n'avons point dessein en priant de ne rien changer à l'ordre établi par Dieu; nous prions pour obtenir ce que Dieu a décidé d'accomplir par le moyen des prières des âmes saintes. II-II. 83, a. 2.

3. Plus parfaite est la charité des saints du ciel, plus ils prient pour les pèlerins terrestres que peuvent aider leurs prières. Plus aussi ils sont unis à Dieu, plus leurs prières sont efficaces. II-II. 83, a. 11.

4. Prier c'est faire remise à Dieu de son esprit, car c'est le lui soumettre avec respect et lui en faire comme un présent. Or, de même que l'esprit de l'homme est bien plus que les membres extérieurs corporels, et plus que tous les biens extérieurs qu'on emploie au service de Dieu, ainsi la prière est le plus haut des actes de religion. II-II. 83, a. 4, ad 3.

5. Les biens de ce monde, quels qu'ils soient, nous ne devons les demander à Dieu que part rapport au bonheur éternel. II-II. 17, a. 2 ad 2.
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Message  Monique le Sam 21 Nov 2020, 7:37 am

6. Dieu dans sa libéralité nous accorde bien des choses, sans mêmes que nous les lui demandions. Mais s'il exige en certains cas notre prières, c'est que cela nous est utile. Cela nous vaut l'assurance de pouvoir recourir à lui, nous fait reconnaître en lui l'auteur de tous nos biens. II-II. 83, a. 2, ad 3.

7. Après la dévotion, qui est pur vouloir, la prière, qui met en œuvre l'intelligence, a donc le premier rang parmi les actes de religion. C'est l'acte dans lequel cette vertu meut l'intelligence humaine vers Dieu. II-II. 83, a. 3, ad 1.

8. Il arrive parfois que l'invocation d'un plus petit saint soit plus efficace, soit qu'on l'implore avec plus de dévotion, soit que Dieu veuille déclarer sa sainteté. II-II. 83, a. 11, ad 4.

9. Il prie en esprit et en vérité celui qui s'est mis en prière par l'inspiration du Saint-Esprit, même si dans la suite, par faiblesse, il laisse son esprit s'évader. II-II. 83, a. 13, ad 1.

10. La faiblesse naturelle de l'esprit humain ne lui permet pas de demeurer longtemps dans les hauteurs. Le poids de la misère humaine ramène l'âme à des régions plus basses, et l'esprit, qui dans la prière avait pris son essor vers Dieu qu'il contemplait, se trouve soudain errant à l'aventure : c'est là notre infirmité. S. Basile dit : Si, affaibli par le péché, vous ne pouvez vous fixer dans votre prière, maintenez-vous autant que vous le pouvez et Dieu vous pardonnera : car ce n'est point par négligence, mais par fragilité que vous ne pouvez, comme il faudrait, vous tenir en sa présence. II-II. 83, a. 13, ad 2.

11. L'efficacité de la prière dépend de celui à qui elle est adressée, et qui veut, bien accorder parfois ce que l'on n'a pas mérité. Suppl. 72, a. 3, ad 4.

12. Puisque l a force de la prière est fondée sur la libéralité de Dieu que l'on prie, cette force s'applique dès lors à tout ce qui est soumis à la puissance divine. Suppl. 71, a. 1.
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Message  Monique le Lun 23 Nov 2020, 8:01 am

L'AU-DELÀ


a) En général

1. Tout homme peut être considéré et comme personne privée et comme partie du genre humain. De là un double jugement à subir : un personnel après la mort, qui rendra à l'homme ce qu'il aura fait pendant sa vie, non pas pleinement toutefois, ca l'âme seulement et non le corps, recevra son dû. L'autre jugement de l'homme aura lieu en tant qu'il fait partie du genre humain...La peine qui n'était infligée qu'à moitié avant le jugement général, le sera pleinement à celui-ci, alors que les méchants seront châtiés et dans leur corps et dans leur âme. Suppl. 88, a. 1, ad 1.

2. Il y aura une séparation finale des bons et des méchants, parce qu'il n'y aura plus lieu pour les méchants de profiter de la société des bons, et ceux-ci de la société des méchants. C'est, en effet, pour l'avantage des uns et des autres que sur terre les méchants et les bons vivent confusément ensemble. Suppl. 88, a. 1.

3.Après le jugement général, la gloire des élus et la peine des réprouvés seront toutes les deux plus grandes. La partie supérieur du monde brillera d'un plus vif éclat pour augmenter la gloire des élus, et tout ce qu'il y a de vil et de grossier dans les créatures sera jeté en enfer pour y accroître la misère des damnés. Suppl. 74, a.1.

4. De même que la gravité ou la légèreté porte les corps au lieu qui est le terme de leur mouvement, de même le mérite ou le démérite conduit les âmes à la récompense ou au châtiment qui sont le terme de leur activité. Supp. 69, a. 2.

5. Les corps des élus sortiront de terre et monteront au ciel. Il est vraisemblable qu'au ciel ils se mouveront au gré de la volonté, aussi bien pour glorifié Dieu par l'exercice des facultés qu'ils possèderont que pour charmer leurs regards par les magnificences de la création, miroir éclatant des perfections divine. Suppl. 84, a. 2.
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Message  Monique le Mar 24 Nov 2020, 9:38 am

6. S. Augustin dit : ''De même que le déluge a été produit par l'inondation des eaux de l'univers, c'est aussi par la conflagration des feux de l'univers que la figure de ce monde périra.'' Cette conflagration résultera de la combinaison de toutes les causes inférieurs et supérieurs capable de produire le feu, combinaison qui, au lieu d'être naturelle sera due à la puissance et produira un embrasement universel qui détruira la face de ce monde. Suppl. 74, a. 3.

7. Selon l'ordre naturel, les âmes séparées, renfermées dans les demeures qu'elles ont méritées, sont complètement dissociés d'avec les vivants... Mais selon l'ordre providentiel, il arrive que les âmes séparés sortent de leurs demeures et apparaissent aux hommes. Suppl. 69, a. 3.

8. Il ne s'ensuit pas pourtant que même si les morts pouvaient apparaître à leur gré, leurs relations seraient aussi ordinaires que celles des vivants entre eux. S'ils sont au ciel, leur union à la volonté divine est telle que rien ne leur semble permis qu'ils ne voient conforme aux dispositions de la Providence. S'ils sont en enfer, ils sont tellement accablés par leur peine qu' ils pensent plus à se lamenter qu'à apparaître aux vivants. Suppl. 69, a. 3, ad 1.

9. L'âme séparée du corps ne connaît par les idées conservées dans la mémoire, mais aussi par d'autres provenant de l'action de la lumière divine sur l'âme. Ces autres idées, l'âme séparée les reçoit comme les autres substances séparées (les anges), mais d'une manière moins parfaite. I. 9, a. 1, ad 3.

10. L'âme séparée du corps à une parfaite connaissance des âmes séparées; des anges elle n'a qu'une connaissance imparfaite et boiteuse. Il s'agit ici de la connaissance naturelle. Quant à la connaissance de gloire au ciel, c'est d'un autre ordre. I. 89, a. 2.

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Message  Monique le Mer 25 Nov 2020, 6:15 am

11. Les âmes ne peuvent connaître que les choses particulières avec lesquelles elles ont un certain rapport, soit par connaissance antérieure, soit par quelque sentiment d'affection, soit par une relation naturelle, soit par une permission divine. I. 89, a. 4.

12. Nous parlons ici de connaissance naturelle, et d'après cette connaissance, les âmes des morts ne savent pas ce qui se passent ici-bas. On peut en trouver la raison dans ce qui a été dit (n. II) ... Les âmes des morts, d'après le plan divin et d'après leur manière d'exister, sont séparées de la société des vivants et agrégées à la société des substances spirituels, dégagées des corps. C'est pourquoi elles ignorent ce qui se fait parmi nous. I. 89, a. 8.

13. Mais si l'on parle des âmes des élus, il semble y avoir divergence entre S. Grégoire et S. Augustin... Il semble plutôt, cependant selon la pensée de S. Grégoire, que les âmes des saints qui voient Dieu, connaissent tous les évènements actuels ici-bas. Elles sont, en effet, égales aux anges, de qui S. Augustin affirme qu'ils n'ignorent pas ce qui arrivent chez les vivants. Mais parce que les saints sont en union très parfaite avec la justice divine, ils ne s'attristent pas ni ne se mêlent des affaires des vivants, sauf les cas ou une disposition divine de justice l'exige. I. 89, a. 8.

14. Les saints qui sont au ciel connaissent clairement tout ce qui arrive ici sur terre. S. Grégoire dit : ''Parce qu'ils sont remplis de la clarté de Dieu, il faut absolument se refuser à croire qu'ils ignorent quoi que ce soit qui se passe en dehors d'eux.'' Suppl. 94, a. 1, ad 1.

15. Les âmes des morts peuvent avoir souci des affaires des vivants, même si elles en ignorent l'état : de même nous avons le souci des morts en offrant pour eux des suffrages, quoique leur état nous soit inconnu. Elles peuvent aussi connaître les actions des vivants, non par elles-mêmes, mais soit par les âmes de ceux qui, d'ici-bas, arrivent près d'elles, soit par les anges ou les démons, soit encore ''par une révélation de l'Esprit de Dieu'', dit S. Grégoire. I. 89, a. 8, ad 1.

16. Le monde sera renouvelé afin que nous puisions par nos sens mêmes, voir Dieu dans les corps, grâce aux clairs indices qui y apparaitront. Suppl. 91, a. 4. ad 1.
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