L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

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Message  Roger Boivin Dim 17 Fév 2019 - 17:23


Tout au cours de la lecture de ce texte,
ne pas oublier que ce livre fut publié en 1940,
donc vingt ans avant les désastres de "vatican II".




L'ÉLITE
« Beaucoup d'appelés »  

Par : Abbé Paul Marc - 1940.

Nihil Obstat : Pau, 17 Août 1939. Gaston Courtois.
Imprimatur : Lutrtiae Parisiorum die 19e Augusti 1939. V. Dupin, vic. gén.


+


PRÉFACE
_______


L'Evangile raconte dans une de ses plus belles pages que le Christ se trouva, un jour, en face d'une âme égarée : la Samaritaine.
Il y avait en elle des dons magnifiques...
Elle les ignorait... Elle les profanait...
Elle était au fond très malheureuse...
Son sourire dissimulait mal sa détresse intérieure.
Jésus se pencha sur cette « ruine vivante »... Il fit entrevoir à ce cœur, séduit par les vanités humaines, un autre monde... une autre forme de vie... un autre Amour...
Il éveilla en elle, par sa grâce, des puissances spirituelles endormies...
En un mot, Il révéla à cette femme, le vrai visage de son âme...
Ce fut pour elle un moment radieux.
Dans la créature la plus avilie, Dieu n'a-t-Il pas mis des possibilités de sainteté ?...

Que d'âmes aussi s'ignorent... parmi les habitués de nos églises et de nos œuvres... et même parmi les « Consacrés »...
Il y a en elles des sources cachées... des germes puissants... des réserves de générosité... qui viennent de la race, de la tradition, de la famille, du baptême, de l'éducation, des sacrements...
Saura-t-on jamais, par exemple, ce que représente « une seule hostie » reçue ?... Et il y a des cœurs qui sont devenus de vrais ciboires où les hosties débordent...
Saura-t-on jamais aussi sur la terre ce qu'il y a dans une goutte... oui, dans « une seule goutte » de sang du Christ... renfermée dans le mystère d'une absolution... d'une messe ?...
Dans un esprit où Dieu réside... où Il travaille inlassablement, que de richesse secrètes... inemployées !...
Si les âmes savaient !...
Elles ne savent pas... Elles ne croient pas « à fond » que Dieu a des « desseins » sur elles... qu'Il les appelle à jouier un rôle sur la scène du monde... qu'Il les a douées pour cela... que ce serait facile de se cultiver... de se réaliser... de se dépasser... de mieux profiter des ressources saintes auxquelles elles puisent sans les bien connaître...
.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
C'est pour les âmes droites qui fleurissent dans tous les milieux, dans toutes les situations... que ce livre a été écrit. Il n'a pas « un plan » rigoureux, mais « un but » précis qui unifie tout.
Les idées qu'il renferme ont été semées dans les Cercles d'Etudes d'une humble paroisse de France...
Elles ont peut-être éveillé des esprits... provoqué des étincelles... entraîné des volontés... suscité des vocations... créé quelques « personnalités »...
Dieu, dans sa libéralité, fait parfois de si grandes choses avec « des riens ».
C'est sa manière... Elle ravit ses amis qui L'aiment et cherchent à Le faire aimer...
Ces « grandes choses », Il pourrait encore les faire... avec ces quelques lignes bien simples... que l'auteur Lui consacre... et qu'il a écrites pour sa Gloire.

Abbé P. Marc.

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Message  Roger Boivin Lun 18 Fév 2019 - 7:46


L'EFFRAYANTE RESPONSABILITÉ
DE CEUX QUI ONT BEAUCOUP REÇU
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On demandait à un saint prêtre, qui avait une large expérience : « Quelles sont les âmes dont le salut éternel vous inspire le plus de crainte ? »
Il répondit sans hésitation : « Celles qui sont éclairées... quand elles abusent de la lumière et ne produisent pas de bonnes œuvres. »
C'est exact et facile à comprendre. Le péché de ces âmes est plus grave que le péché de l'ignorant... L'abstention du chrétien qui ne se donne pas pèse plus lourd que l'abstention du révolté qui ne sait pas... Le crime de Judas a été plus terrible que celui du larron...
Et puis, le fidèle instruit a une mission, un grand rôle à remplir... Il est par définition le chef prédestiné d'une lignée d'âmes qu'il doit faire naître dans l'Eglise... ou qu'il doit sanctifier... S'il déchoit, il laisse dans le néant ces êtres qu'il devait enfanter au Christ...ces fleurs qui devaient germer sur sa sainteté... Il appauvrit le royaume de Dieu...
C'est une terrible responsabilité.

Et combien de catholiques sont ainsi au-dessous des desseins de Dieu.. descendent vers la vulgarité... après avoir marché quelque temps sur les cimes et donné leur pleine mesure...
Hélas ! quelques-uns ne voient même plus leur juste état. Ils vivent tranquillement dans leur tiédeur.
On voit, dans des milieux religieux des défections incompréhensibles... des « volte-face » spirituelles qui stupéfient... des arrêtes de ferveur lamentables... des résistances qui font mal.
Imaginez l'Apôtre Saint Jean disant un jour au divin Maître qui l'avait traité royalement dans la distribution de ses dons : « Votre amitié m'engage trop... Je ne veux plus y correspondre... Je reprends ma liberté. »
Quel désastre pour cette âme et pour l'Eglise ! Une étoile se serait éteinte et avec elle des millions d'autres étoiles éclairées par l'Apôtre. Nous n'aurions pas le sublime Evangile qui a alimenté des générations de fidèles...
Les conséquences... les conséquences d'une défections !
Imagines Madeleine... pardonnée... relevée... comblée... oui, imaginez-la retournant vers ses souillures... et disant au Christ : « Votre prédilection m'est un fardeau... Je m'en débarrasse. »
C'était possible. Dieu ne l,a pas maintenue de force à son service. Elle a eu à lutter contre des reprises de son passé... Si elle avait succombé, quelle catastrophe !...

Or, autour de nous, il y a des âmes qui se reprennent... qui se laissent séduire à nouveau par les bagatelles qu'elles avaient enfin jugées à leur juste valeur et méprisées...
Il y a des hommes, des femmes, des jeunes filles, des êtres « consacrés » même qui, lentement, descendent dans la routine, ne surveillent plus leurs défauts, ne brisent plus leur égoïsme, se ferment aux appels profonds, déchirant de l'Amour infini... qui les entraîne et craint de les perdre.
Il y a des brebis choisies, qui, après avoir connu des heures de grande fidélité, regardent en arrière, n'écoutent plus les cris d'un prêtre qui les avertit, veulent marcher « seules » à leur gré, n'avouent pas leurs torts, versent dans l'esprit critique, délaissent l'oraison.
Au commencement, le remord parlait fort... Alors, elles s'arrêtaient u instant, prenaient le chemin du retour, pleuraient même leur inconstance... Puis, insensiblement, elles se sont endurcies... Maintenant, elles sont installées dans leur triste état... La déchéance est arrivée... Les chemins élevés de la perfection leur sont fermés. La place magnifique qui leur était destinée là-haut est perdue, à jamais perdue...
Ces êtres étaient des refuges pour le Cœur du Christ abandonné par la foule...
Maintenant, ce sont des déserts où ce Cœur souffre plus qu'ailleurs...
De plus, ces âmes, jadis privilégiées et ardentes, avaient une influence dans leur profession, dans leur famille, dans la société. Maintenant, leur apathie étonne, scandalise même ceux qui s'appuyaient sur elles... Elles « abaissent » par leur médiocrité le milieu où elles vivent... Elles sont cause que la flamme diminue, que l'élan s'amoindrit autour d'elles.
Et puis, Dieu verse moins de grâces sur les pécheurs, sur les Paroisse où elles résident... parce qu,elles donnent moins d'efforts.
Alors, on voit de pauvres égarés qui meurent sans sacrements... Ils devaient être rachetés par les sacrifices des bons... Ils devaient chanter un jour la Gloire de Dieu... Ils manquent à l'éternel rendez-vous... et cela, par la faute d'un chrétien prédestiné et devenu, hélas ! quelconque dans sa vie...

.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

Et voilà les conséquences incalculables de la déchéance d'une âme délite... On ne pourra les évaluer qu'à l'heure terrible du jugement.
Et combien d'âmes en sont là !...
Combien ont consommé en elles ce grand péché contre « l'Amour »... qui les avait discernées... qui comptait sur elles... et qu'elles ont lamentablement trahi...

______

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Message  Roger Boivin Lun 18 Fév 2019 - 17:05



L'ART DE CULTIVER
VOTRE INTELLIGENCE

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Un des spectacles les plus navrants, c'est de constater combien est petit le nombre de ceux qui savent observer, lire, réfléchir, acquérir des idées personnelles.
Les chrétiens eux-mêmes, qui, plus que d'autres, devraient vivre par l'esprit, trouver dans les vérités sublimes de leur foi un enrichissement intérieur, sont trop souvent « superficiels ».
Or, un être qui ne pense pas est un être qui ne compte pas, qui n'a pas d'influence, qui ne s'élève pas au-dessus de la médiocrité. Il est « insignifiant ».
Pourtant, c'est si facile et si beau de « penser »... et n'est-ce pas le moyen d'acquérir une valeur morale...
Cette noblesse n'est pas réservée à une aristocratie. Elle est accessible à une petite ouvrière, à un jeune catholique, à une mère de famille, à une femme du monde, aussi bien qu'à une épouse du Christ...
Cette culture assure la prédominance de l'esprit sur les impressions. Elle provoque des faveurs spirituelles. Elle établit l'âme dans une paix profonde. Elle l'assainit, la rend moins mesquine. Elle la place sur le chemin de la sainteté. Un esprit lumineux est plus apte à goûter les chose divines...
Il y a des êtres modestes qui lisent couramment les belles méditations de Bossuet sur l'Evangile... et qui les goûtent... et qui ont de vraies joies... Ces joies rares les aident à supporter les épines de la vie, les font vivre plus haut que les misérables soucis d'intérêts.

Comment en arriver là ?...
C'est très simple. Il suffit de « vouloir »... de vouloir intensément... de vouloir pendant quelques temps. Le succès viendra infailliblement.
Il faut aussi avoir une méthode. En voici une :
D'abord, il faut lire un peu chaque jour. C'est indispensable. « L'homme ne vit pas seulement de pain »... Or, du pain, vous en prenez trois fois par jour. Vous trouvez le temps. Il faut trouver aussi le temps de lire pour recueillir des idées. Dieu en sème du reste partout... Il est « la lumière » et Il veut que ses Fils soient « la lumière »...
Ces idées, il faut les chercher avidement, faire un effort énergique pour comprendre ce qu'on lit ou ce qu'on entend, lutter contre la paresse d'esprit. Une idée qui naît dans un esprit attentif, c'est plus qu'une étoile nouvelle qui apparaît dans le ciel.

Ensuite, quand une pensée forte vous frappe, il faut la recueillir immédiatement, la noter même. C'est une richesse... Dieu vous la donne pour vous améliorer.

Il faut de plus l'assimiler, la faire « vôtre » par la méditation... C'est un travail auquel on s'habitue vite et qui procure les plus douces jouissances. On découvre vraiment un monde. Essayez même de la transformer en prière. Que de belles pensées peuvent devenir des « thèmes de conversations » avec le Christ... dans vos visites au Saint-Sacrement, vos communions et même dans votre travail et vos allées et venues !
Enfin, faites passer ces idées dans votre vie sous forme de résolutions très simples.

***

Prenons maintenant des exemples. Appliquons la méthode.

Ouvrez votre Evangile.
Ce doit être votre livre de chevet. Là, c'est Dieu Lui-même qui vous parle... et Il a toujours soif de vous dire quelque chose.
Maintenez bien votre âme en état de réceptivité. Un éclaire va passer...
Vous lisez dans l'épisode de la samaritaine : « Jésus, fatigué par le chemin, s'assit au puits de Jacob. »
Vous vous arrêtez, vous approfondissez, vous remarquez que le Sauveur a peiné comme vous, qu'Il s'est reposé très simplement. Vous en concluez que la fatigue a une valeur, le repos aussi.
Vous notez d'abord... Ensuite vous faites une prière... Vous offrez pour vos péchés la lassitude du Christ... Enfin, vous prenez la résolution de ne plus vous plaindre quand vous serez épuisé...
La lecture ainsi faite vous a profité... elle a porté votre vie intérieure à une plus haute puissance.

Ouvrez votre missel.
Ses offices et ses prières ont nourrit et sanctifié des générations innombrables...
Vous trouvez devant l'office du IVe dimanche après la Pentecôte. Les idées abondent...
En voici quelques-unes :
Dans l'Introït : « Le Seigneur protège ma vie, de quoi aurais-je peut ? »
Dans l'Epître : « Que sont les souffrances d'ici-bas `;a côté de la gloire que nous aurons demain ? »
Dans l'Evangile : « Les foules se ruaient sur Jésus afin d'entendre sa parole... Il monta sur la barque de Pierre... Il lui dit : « Va au large ! »
Il lui fit faire une pêche miraculeuse.
La lecture est achevée. Vous l'avez bien faite. Des pensées vous ont frappé... Recueillez-les... Oui, recueillez-les... Car c'est Dieu qui vous les a données.
Enfin, convertissez-les en résolutions. Celles-ci, par exemple : « Je chercherai davantage Jésus, comme la foule... Je songerai qu'Il est sur ma barque... Je jetterai souvent le filet de ma prière pour pêcher des âmes... »
Vous voyez, c'est simple.

Prenez l' « Imitation de Jésus-Christ ».
Imposez-vous la lecture quotidienne d'un chapitre. Vous ferez des glanes surprenantes... Il y a un monde dans une goutte d'eau. Et dans une idée sainte, il y a plus encore. Ces idées empêcheront votre piété de s'étioler. Elles entretiendront la flamme intérieure. Elles nourriront votre cœur vide et affamé.

Ecoutez bien les sermons, les exhortations des prêtres.
Là, c'est le Christ qui passe sur votre route...
C'est l'heure d'avoir l'esprit en éveil.
Songez à la Vierge « qui gardait tout dans son cœur ». Elle vivait les pensées de son Fils... Faites comme elle. Votre âme a coûté cher à Jésus, vous pouvez bien l'orner, la cultiver.

Ouvrez la « Vie des Saints »...
Choisissez-en une s'adaptant bien à votre genre d'existence. Arrêtez-vous sur les pensées fortes, suggestives... Ecrivez-les au verso d'une image ou sur une petite feuille. Introduisez cette feuille dans livre de piété, et reprenez « vos notes » dans une visites à l'église [depuis "vatican II", on n'a plus d'église - notre de Roger]. Essayez même de réaliser « certains traits » qui vous ont ému. Transformez la lumière en actes. Utilisez la sève religieuse que vous avez prise.
saisissez-vous ? Le procédé est simple, oui, simple et si prenant ! Ah ! si vous vouliez !!...
Un exemple. Vous feuilletez la Vie de sainte Marguerite-Marie. Un jour, Jésus lui dit : « Tiens-toi devant moi, silencieuse, comme une toile devant un artiste. Je dessinerai sur ton âme mes traits divins. » Le fait vous touche. Vous le consignez et, dans la journée, en plein travail, vous regardez en vous le Sauveur. Vous « posez » quelques secondes devant son Cœur humble, pur, d'une bonté infinie... Croyez-vous que le Maître pourra rester insensible à votre prière, qu'Il n'infusera pas en vous ses vertus ?
Il ne faudrait pas beaucoup de ces gestes profonds, fruit d'une bonne lecture, pour que votre visage intérieur change d'aspect.

Ouvrez vos Revues...
Dans une, prise au hasard, vous êtes frappé par cette statistique effroyable des crimes commis contre la religion en Espagne : « Onze évêque tués... sur soixante ; près de dix-sept mille prêtres massacrés... sur quarante-cinq mille ; des centaines de religieux et de religieuses assassinés sur trente-trois mille cinq cents ; dix mille églises incendiées, dont deux cents à Barcelone et deux mille en Catalogne. »
La lecture douloureuse achevée, vous relevez ces chiffres ou bien vous les gravez dans votre mémoire. Puis, vous exprimez des prières, des réparations, un surcroît d'amour pour le Christ ainsi outragé « dans les siens ». Vous prenez prétexte de ces crimes pour communier avec plus de ferveur, pour être plus généreux, plus sacrifié. Votre tiédeur vous fait honte, vous mettez tout en œuvre pour en sortir.
Votre lecture a haussé votre niveau spirituel.
Et c'était dans les desseins du Bon Dieu... qui l'avait placée devant vos yeux pour ce motif. Il a le souci de votre âme. Saint Paul n'a-t-il pas dit : « Tout sert au bien de ceux qui aiment Dieu ! »

Encore un mot...

Dans une autre revue (La Revue des jeunes, août 1937), vous tombez sur ce récit : « Le compte de Kergorlay avait un profond amour des humbles. Aussi, quand il arrivait dans un pays et qu'il avait besoin d'un taxi, il choisissait toujours le plus démodé, celui qui avait le plus de chances de rester sans client. Il était heureux de faire plaisir à un pauvre conducteur »...
Le trait est délicat. Vous promettez de ne pas l'oublier, de l'imiter au besoin ou d,en produire de semblables ; en un mot d'aimer vos frères par des actes et non plus par des paroles.

Ainsi comprises et produites, les lectures élèvent notre diapason moral. Elles ouvrent des horizons... nous tiennent au-dessus des mesquineries de la terre, des viles passions. Elles créent dans l'âme une atmosphère haute et pure où l'on trouve Dieu plus facilement. Elles éliminent la routine qui est le grand écueil des Croyants. Elles nous fournissent des arguments pour défendre notre religion, pour la propager. Surtout, elles créent en nous une vie intérieure, une splendeur cachée, la splendeur de la sainteté... qui est le grand rêve du Christ sur nous.

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Message  Roger Boivin Mar 19 Fév 2019 - 16:28



L'ART DE CULTIVER VOTRE VOLONTÉ

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Il ne manque pas d'âmes « ordinaires et quelconques » sur la terre, mais les généreuses, « les possédées à fond par un Idéal » sont rares. Beaucoup ont d'excellentes idées, de bons désirs, mais l'énergie leur manque. Elles végètent tristement dans le laisser-aller, elles sont défigurées par des défauts, souillées par le péché, diminuées par le découragement.
Elles entreprennent et... ne persévèrent pas. Elles arrivent à la mort vides de grands mérites. Et pourtant, dans ces âmes qui doutent d'elles-mêmes et de Dieu, il y a souvent des ressources immenses...
Elles pourraient faire « un chef-d’œuvre » avec leur vie. Elles ont l'étoffe d'une haute vertu.
On cherche pourquoi Jésus a été triste à Gethsémani... triste à en mourir. Voici probablement une des raisons. Il discernait la grande misère de notre cœur, à nous « ses privilégiés »... à nous qui devrions Le faire régner en nous... Le rayonner sans cesse et qui abusons de ses lumières, de ses appels, de ses sacrements, de ses hosties, de son sacerdoce.
Il faut bien le dire : nous sommes, dans une certaine mesure, un échec pour sa Cause... un échec pour ses desseins sur nous... un échec pour son Amour.

***

Et pourquoi cette inertie coupable et inexplicable, qui nous fait manquer notre Destinée... oui, pourquoi ?
C'est que nous avons oublié dans nos programmes, de nous faire « une volonté ».
Nous n'avons pas cultivé en nous cette merveilleuse faculté « de vouloir » qui fait les Personnalités et les saints.
Or, le mal est réparable.
Si nous essayions tout de suite de le réparer, de faire sortir de notre âme engourdie « ce ressort » extraordinaire qui fait le bonheur de ceux qui s,en servent ?

Comment arriver à être « une Volonté » ?

D'abord, ne dites plus : « Je voudrais ». Dites : « Je veux »... Répétez-vous ce mot. Suggestionnez-vous.
C'est une gymnastique facile. Faites-la, en présence du Christ qui vit en vous et qui vous excite comme un Chef magnifique, comme une Mère qui désire entraîner son enfant bien-aimé.
« O mon Christ, qui avez des plans adorables sur moi, qui allez bientôt me rappeler à Vous, me juger, je veux... je veux... je veux ne plus vous décevoir. Je veux entrer dans vos vues, faire bien ma tâche, avec énergie, avec passion. »
Apprenez cette prière. Redites-la fréquemment. Forcez-vous à la répéter.
Chaque fois votre volonté se soulèvera, sortira de ses langes. Vous vous « réaliserez » un peu plus...

Composez-vous un règlement de vie... large, pas trop rigide. Faites-y entrer l'heure de votre lever, une lecture méditée, quelques prières déterminées. Observez ce plan, surtout quand il ne vous dit plus rien.

habituez-vous à faire ce qui « vous coûte ». Et des occasions se présentent sans cesse. Donnez des coups d'ailes, des coups de « volonté ». C'est tonifiant. Tant d'êtres sommeillent dans leur chair qui les paralyse et les abaisse. L'effort les en ferait sortir.
Une démarche, une lettre à écrire, un devoir, un lever matinal, une visite à l'église [on n'a plus d'église. Note de Roger], une méditation, une parole à retenir vous coûtent ? Vite, jetez-vous dans le sacrifice. Vous serez tout de suite récompensé par une douceur intérieure. Dieu n'attend pas le Ciel pour payer ceux qui se donnent à Lui.
Vous connaissez votre défaut. Engagez chaque jour contre lui une bataille ardente et ayez à cœur de le vaincre. Faites-vous un tempérament de lutte. Savez-vous que c'est séduisant de cueillir des victoires cachées dans le champs clos de son cœur... sous le regard de Jésus... qu'on reçu le matin et à qui on peut faire la preuve de sa sincérité ? Une telle satisfaction surpasse l'avilissante douceur de ne rien faire, de ne rien produire, d'être un figuier stérile, un éternel vaincu.

Enfin, prenez quelques résolutions nettes. Celles-ci :
Quand Dieu Lui-même, par votre conscience, par votre devoir, vous demande quelque chose... faites-le tout de suite... sans discussion, surtout si la chose est difficile. Entraînez-vous. Il le faut. Le premier effort vous coûtera. Le deuxième sera plus facile. Et puis, la joie viendra, une joie d'une essence supérieure, la joie qu'on goûte quand on va vers les hauteurs.
Vous entendez une bonne parole en chaire, en confession, dans un cercle d'études, au fond de votre cœur. Gardez-la, puis faites-la passer dans votre vie.
C'est important, très important. Malheur à ceux qui s'habituent à entendre la vérité et qui n'ont pas le courage de la suivre... Ils péchent... oui, ils péchent contre la lumière. Ils disent au Christ qui leur fait l'honneur de les appeler : « Je ne veux pas te suivre... »

Il y a, à toute heure sur la terre, des millions d'appels divins... Des éclairs célestes sillonnent le monde invisible... sillonnent le ciel de votre âme. Jésus ne lasse pas d'aiguillonner la pauvre humanité qui sommeille...

Hélas ! ces appels si beaux se perdent dans la nuit... Combien d'étoiles se sont ainsi éteintes par votre faute... dans votre firmament... Songez à la pensée mélancolique exprimée par Jésus à tous ceux qui s'endurcissent comme Jérusalem : « Je t'ai appelé... bien des fois... Et tu n'a pas voulu !!... Et noluisti !! »
C'est effrayant, cette résistance continuelle et froide de votre volonté inerte... qui abuse de la grâce. Et voilà dix ans... vingt ans... que vous résistez ainsi à l'Amour qui veut vous grandir !
Ah ! le péché, le péché des lâches, des irrésolus, de ceux qui ont des grâces de choix et qui n,en profitent pas suffisamment pour se perfectionner.
D'abord, à parler franc, leur conduite est répugnante. Ils se moquent de Dieu... de Dieu qui leur parle... et auquel ils ne répondent pas.
Et puis, ce sont de pauvres êtres « parasites ». Ils vivent sur leur Communauté, ils ne l'enrichissent pas. Comme disait un grand converti loyal : « Je n,ai été qu'un fainéant chez mon Dieu ! »
Ils « déshonorent » le Christ. Ce n'est pas la peine qu'Il ait répandu tant de paroles... tant de sang... tant d'Amour sur la terre... pour récolter si peu de générosité !...
Les « tièdes » enfin sont pour le Maître une effroyable déception. Il voulait se servir d'eux, faire d'eux « ses témoins » devant la foule qui ne sait pas. Il leur avait donné cinq talents. Ces richesses devaient passer dans d'autres âmes pauvres, dans des œuvres... Elles sont immobilisées, improductives... L'âme ne veut pas se gêner... elle ne veut pas changer...

Et c'est ainsi, hélas ! dans beaucoup de chrétiens... Et cela explique qu'il y ait encore si peu de bien sur la terre...
Les « Bons » ne sont pas assez bons...
Jésus voudrait relever le niveau moral du Monde... Il Lui faut, pour ce grand travail « des Etres d'élite », agissant par l'exemple, par la prière, par le sacrifice.
Il t'a choisie pour cela, ô âme qui lit ces lignes... Songe à tout ce que tu as reçu.
Jusqu'à présent, tu n'as pas compris... tu n'as pas répondu... tu n'as pas voulu !
Si enfin tu voulais !!...

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Message  Roger Boivin Mer 20 Fév 2019 - 13:46




L'ART DE CULTIVER VOTRE CŒUR

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Le plus beau trésor que Dieu nous ait donné, c'est « notre cœur »...
Le cœur, y a-t-il en nous une réalité plus intime, plus sacrée ?
C'est la source des hautes vertus et de la vraie joie.
C'est la grande « Force ». Un cœur possédé par un noble et profond amour est capable de tout... Il est capable de mourir.
Quand Jésus a voulu se définir, Il a montré « son Cœur ».
On ne fait bien sa vie que quand on aime...
Malheur à ceux qui n'ont pas de cœur, à ceux qui ne vivent que pour eux, qui ne cherche que leur plaisir à eux, qui restent insensibles devant un tabernacle, une hostie, le dévouement d'un prêtre, la souffrance humaine, qui blessent ceux qui les aiment, qui ne savent plus s'enthousiasmer pour une belle idée, pour une cause, pour une tâche, pour un sacrifice nécessaire...
Malheur à ceux qui ne savent pas donner un peu de leur temps, de leur argent, de leur cœur, qui sont desséchés par l'égoïsme.
Ces êtres-là sont des êtres dénaturés.
Ils ne sont plus « des enfants de Dieu »... des Fils de son cœur... Ils ne s'élèveront jamais vers la sainteté.

Faut-il aimer ?
Mais oui... Dieu nous a donné « un cœur ». Il faut l'utiliser. Au ciel, nous passerons notre éternité à aimer et à être aimé, ce sera notre vraie destinée... notre ravissement.
Dieu lui-même est « Amour »... Il se donne sans arrêt...
Quand Il était sur la terre, Il a aimé profondément... toutes les âmes... surtout les plus déchues... Il a prié... souffert pour elles... Il les a cherchées...
Il a eu des délicatesses exquises pour sa Mère, pour Jean, pour Madeleine.
Il a désiré l'amour « des siens »... « Pierre, m'aimes-tu plus que les autres ?... »
Il a même demandé un amour total... « Viens, suis-moi... »
Cet amour, Il le demande encore à certaines âmes qui quittent tout pour le suivre... qui s'usent dans les Carmels, les Paroisses, les Missions ou les Œuvres.

Comment aimer ?

Il y a l'amour d'instinct... bas, inférieur. C'est un avilissement, une profanation du cœur. Il perd les âmes. Il ne donne aucune vraie joie.
Il y a l'amour sensible ; celui-là est plus élevé, mais il faut savoir le gouverner. Il a tendance à se nourrir de romans, de rêveries, de témoignages. Il peut nous troubler, nous éloigner de Dieu et du Devoir, nous jeter dans des amitiés malsaines.
Au fond, cet amour est « égoïste ».
Il conduit aux déceptions... Il ne rassasie jamais...
Enfin, il y a l'amour noble, celui qui prend sa source dans les régions élevées du cœur.
Celui-là est généreux... Il ne se cherche pas, il donne... Il se donne... Il va vers un être pour l'enrichir, pour le rendre heureux, pour le consoler, pour le relever, pour lui donner la vérité, pour ensoleiller sa vie...
Il ne cherche pas d'autre bonheur que le bonheur de celui qu'il aime.
Il ne contriste jamais l'être aimé.
Il n'est pas jaloux, tyrannique.
Surtout, il est fidèle... fidèle jusqu'à la mort. Il est une « grandeur » pour celui qui le possède.
Il est un « trésor » pour celui qui le reçoit.
On peut dire que Dieu Lui-même se sert d'un cœur qui aime ainsi. Il se révèle par ce cœur...
Ainsi a aimé la Vierge... Ainsi aiment les âmes vouées au Seigneur : les prêtres, les chrétiens fervents qui se consacrent à l'élévation du monde ou d'une famille.
Ainsi devraient aimer beaucoup d'âmes qui approchent de très près le Christ Jésus.

Quelques consignes.

Possédez votre cœur. Veillez à ce qu'il n'entre en lui rien de trouble, de malsain, de romanesque, d'exalté.
N'hésitez pas s'il dévie, à briser une fibre... N'oubliez jamais qu'il a été touché par des centaines d'hosties... qu'il a été enveloppé dans le cœur même de Jésus-Christ... Il est « consacré »... Ne le profanez jamais...
Gardez un cœur extrêmement jeune, un cœur d'enfant... même si vous avez des meurtrissures et des déceptions... Sur un visage, la vie met toujours des rides... Le cœur, lui, peut garder sa « fraicheur »... Cela dépend de vous.
Il y a un secret pour ne pas « vieillir moralement ». Et ce secret le voici :
D'abord, faites-vous « tout petit » avec le Bon Dieu... Jésus l'a demandé expressément.
Et s'Il l'a demandé, pourquoi ne le faites-vous pas ? Pourquoi ne tendez-vous pas la main à Celui qui peut tout ? Pourquoi n'étalez-vous pas votre misère devant Lui... Ah ! comme on « se rajeunit » vite quand, à propos de tout, on vient se perdre très simplement dans l'abîme de l'Amour, dans le sein de la Trinité !...
Vous voulez garder en vous une grande candeur d'âme ?

Aimez la Vierge. Quelle soit vraiment « votre maman »... oui « votre maman »... Elevez-lui un autel à l'intime de vous-même et venez souvent vous prosterner devant cet autel... Vous serez consolé de tout. Le monde ne pourra plus vous « user ».
Surtout entretenez en vous « une exquise familiarité » avec le Christ Jésus... Qu'il soit « votre chère obsession »... qu'il n'ignore rien de vos travaux et de vos peines. Il a tant dit : « Venez à moi, je vous referai »...
Pourquoi Le fuyez-vous quand vous souffrez, quand vous tombez ?... Ce serait si simple de Lui montrer vos plaies. Il les fermerait... Et ce serait dans votre horizon noir : un Thabor, un Ciel, un continuel printemps.

Aimez aussi votre famille, votre paroisse, vos amis.
Il y a de beaux côtés dans ceux qui vivent près de vous ; il faut les voir. Songez que le Dieu fait Homme a vécu presque toute sa vie à côté de pauvres gens de la campagne... fort peu intéressants puisqu'ils ont voulu un jour Le mettre à mort... Il les a aidés... Il leur a rendu des services matériels... Il a confectionné pour eux des objets de bois, des tables, des meubles. Il a causé « affaire » avec eux... Il ne les a pas pressurés pour le prix... Il leur a fait sans doute crédit. Comme eux, près d'eux, Il a peiné pour gagner sa vie... la vie de sa Mère, quand elle fut veuve... C'est inouï... c'est fou... cette charité...
Imitez le Christ... Vous aimez trop l'humanité en bloc, et pas assez l'humanité qui vit à côté de vous... dans votre maison... dans la maison d'en face... où il y a de pauvres gens qui auraient besoin de votre visite, de votre prière, de votre sourire, de votre intervention.
Pourtant, écoutez bien... Ce Christ, dont je parlais il y a un instant, oui, ce Christ là vit en eux. Il vous implore en eux...

Enfin, aimez votre milieu... C'est là que Dieu vous a placé... Ce milieu a ses douceurs... recueillez-les, elles sont saines. Il a sa poésie, son charme... goûtez-les. N'est-ce donc rien qu'une messe matinales... que l'offrande du Sang de Jésus pour le salut du monde... que le baiser du Maître reçu dans une communion ?
Or, dans votre monde, vous rencontrez tout cela.
N'est-ce donc rien aussi que la grande paix trouvée par votre âme... au pied d'un autel... dans l'accomplissement de votre tâche... dans un geste de dévouement... dans le contact avec vos frères à l'église... dans le contact avec la Vierge par la récitation du chapelet ?
N'est-ce donc rien enfin que la Présence en vous de Celui qui est l'Amour même ?...
Vous savez qu'Il répond à vos cris les plus secrets... et que vous ne pourrez jamais Le perdre...

Que faut-il de plus pour rassasier votre cœur ?


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Message  Roger Boivin Jeu 21 Fév 2019 - 20:30



DIEU DANS VOTRE VIE

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Dans une immense assemblée, un anarchiste niait l'existence de Dieu et il disait : « Mon Dieu à moi et ma seule Religion, c'est ma mère. Je ne connais qu'elle qui m'ait vraiment aimé... Elle m'a donné la vie... Elle s'est usée à ma nourrir... Elle a travaillé la nuit pour m'acheter des livres... pour me faire donner une plus grande culture... Elle est morte à l’hôpital où elle m'avait donné le jour... »
Le malheureux ne voyait pas qu'en attaquant Dieu, il attaquait Celui qui lui avait donné sa mère... Celui qui s'était révélé à lui par elle...
Combien d'hommes en sont là !...
Ils disent : « Dieu... Dieu, où est-il ?... J'ouvre les yeux... Je ne Le vois pas... Et puis, où est son amour ? J'ai faim, j'ai soif d'être aimé... Il ne répond pas... Je voudrais m'élancer vers Lui... Je ne peux pas...
Les pauvres gens !... Il leur suffirait de réfléchir un instant pour découvrir Dieu... et ils Le verraient partout...
Ne se trouve-t-Il pas dans les choses qui nous entourent ?...
Le spectacle d'une fleur épanouie sous le baiser du soleil devrait ravir une âme. Sur ses pétales ne lit-on pas le nom du Créateur... L’œuvre est signée...
Thérèse de Lisieux en regardant une poule qui cachait ses poussins sous son aile, pressentait dans cette tendresse instinctive la bonté divine qui veillait sur elle.
La contemplation de la splendeur du monde... d'un océan tourmenté par la tempête, d'une immense forêt peuplée d'arbres et de mousses jetait les âmes méditatives dans une véritable adoration.
Des artistes, après avoir vainement essayé de reproduire sur une toile le coloris inimitable d'une petite fleur, tombaient à genoux devant un lis des champs. Ils saluaient la supériorité de l'Artiste éternel...
Tout parle de Dieu, en effet, dans la nature...
La terre est à cent quarante-neuf millions quatre cent mille kilomètres du soleil et elle suit imperturbablement sa course dans l'espace... Cent quarante-neuf millions de kilomètres !...
La planète Pluton est plus lointaine : 6 milliards de kilomètres !...
Et ce n'est là que de la « petite distance » à côté des étoiles... La plus proche est deux cent quatre-vingt mille fois plus éloignée... L'étoile Sirius est à quatre-vingt-un trillons de kilomètres de la terre... La plus brillante étoile, Véga, à deux cent quatre-vingt trillons de kilomètres.
D'autres ne sont pas encore arrivées dans notre champ visuel... Elles vont vite pourtant : trois cent mille kilomètres par seconde... C'est effarant !...
Savez-vous combien on a découvert d'étoiles dans un tout petit coin de « la Voie Lactée » ? Soixante mille...
Et ces chiffres sont absolument exacts.
Réalisez-vous ce qu'est la création ? Voyez-vous Dieu... la puissance effrayante de Dieu ? Voyez-vous aussi son Amour ?... Car, ces merveilles dont nous ne savons à peu près rien encore...pour qui les a-t-Il faites, si ce n,est pour l'homme, seul capable de les comprendre ?...

***

Et voilà l'Etre auquel vous pensez si peu et si mal...
Etudiez la place qu'Il a prise dans votre vie...
Elle est bien petite... indigne de Lui... Il compte si peu... Tout compte... excepté Lui.
Il vous parle constamment dans votre conscience... dans le devoir... par ses prêtres... Vous ne faites pas attention... Pour vous, cela n'a pas grande importance... La voix d'un plaisir qui vous attire a plus de force sur votre cœur que la Voix de l'Eternel...
Facilement, vous transgressez ses ordres... vous repoussez ses inspirations...
Et cela vous inquiète trop peu...
Que va-t-il se passer demain quand votre mort va venir... et derrière la mort... l'apparition de Dieu ?...

Vous dites des prières... Mais, c'est si superficiel !... Il n'y a pas de contact... pas d'élan... pas d'intimité... pas de flamme dans ces prières... Les lèvres marchent... le cœur se tait...
Vous n'avez pas « le sentiment de la Majesté divine »... Vous n'êtes pas captivé par sa Beauté. Sentez-vous la grandeur de ce péché ?
Vous mettez plus d'attention dans vos affaires que dans vos oraisons...
Les lieux de distraction vous attirent plus que l'église... [on est en 1940].
Et c'est ainsi... Et vous le savez... Et vous savez que cela ne devrait pas être... Et vous ne faites rien pour que cela ne soit plus...

Dieu, visiblement, vous comble de ses dons... A chaque seconde, Il vient à vous par un bienfait... Réfléchissez... Voyez tout l'amour contenu dans un morceau de pain... dans un rayon de soleil... dans une bonne parole entendue... dans une absolution... dans une communion... dans tout...
Le Père des cieux chérit son enfant... L'enfant reste sec... dur... insaisissable... Il n'a pas un mot vrai... pas un cri profond.
Il reçoit... Il jouit... et il se tait...
C'est affreux !...

Où sont les croyants qui ont conscience de la prédilection divine... qui ont le sens « filial »... qui s'arrêtent avant de prier... qui sont saisis par la Gloire de la Trinité... qui tombent le visage contre terre comme les Apôtres sur la montagne... qui se sentent investis par la Majesté de l'Eternel... qui voient la face du Père cachée sous les événements... sous les choses... qui ont besoin de Lui crier leur soumission et leur amour ?
Car la vie devrait être cela : une montée incessante vers Dieu qui descend vers vous...
Et elle changerait de face... Elle perdrait ses ombres et ses désespoirs...

On raconte que dans l'effroyable incendie du bazar de la Charité, à Paris, en 1897, la duchesse d'Alençon fut prise dans le sinistre... Alors, elle se mit en prière... on la voyait de loin priant tout haut... De même que dans les bals de l'Elysée, jadis, elle restait unie à Dieu et sous le resplendissement de son visage ;... de même, dans le brasier qui montait vers elle, elle se réfugiait dans son Cœur...
Elle refusa de se faire évacuer... Elle supplia ceux qui voulaient l'emmener « de sauver les autres avec elle »... La prière l'avait emportée sur les sommets de l'héroïsme...
La vie nous consume, nous aussi, dans son brasier... Il faut affronter bien des épreuves... Ah ! si nous savions vivre sous le regard de Dieu... utiliser la force qui est en Lui... et qu'Il veut continuellement nous donner... si nous Le mêlions à nos travaux... si nous savions Lui dire et Lui répéter : « Père, Père, j'ai confiance, parce que je suis faible et que je suis votre enfant » !...
Oui, si nous parlions ainsi, l'existence ne serait plus un martyre... Elle serait traversée d'allégresse... Elle s'achèverait dans un cantique...

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Message  Roger Boivin Ven 22 Fév 2019 - 16:16



LE SENS DE LA MAJESTÉ DE DIEU

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Il est une grâce qu'il faut demander souvent : celle d'un sentiment très vif de la grandeur divine. Sans cette pensée, on arrive fatalement au sans-gêne et au péché. Les journées fourmillent d'imperfections et de lâchetés.
Pour bien servir le Seigneur, il faut, en effet, Le bien connaître, c'est la grâce que nous fait demander notre Mère l'Eglise : « O Esprit-Saint, donnez-nous de comprendre le Père et le Fils »...
Dieu, dans sa bonté sans limites, s'est penché vers nous... Il s'est fait chair... Il demeure près de nous... Il nous donne son amitié...
Il brise les distances incommensurables qui Le tiennent au-dessus de nous...
Mais Il ne cesse pas pour cela d'être Dieu, c'est-à-dire la Vérité, la Beauté, la Sainteté, la Justice, l'Eternité, la Toute-Puissance... Celui qui a précipité les Anges au fond des enfers... Celui qui pourrait nous y précipiter nous-mêmes si nous étions infidèles...
Sa Majesté demeure infinie... effrayante...même dans une petite hostie ensevelie au fond d'un cœur.
On ne saurait la contempler sans mourir...
Rappelez-vous Moïse, prosterné dans l'effroi, au sommet du Sinaï... L'âme humaine mise en possession de la Sainte Trinité par la Grâce, n'est-elle pas un Sinaï ?
Ne sommes-nous pas tout près de la Divinité, fondus en Elle ? Etre si près d'une pareille Gloire vivante, quel sujet de saisissement quand on y pense !...
Jésus était accessible à tous sur la terre... Il dissimulait sa Grandeur... Il appelait à Lui les âmes. Et pourtant, quand Il laissait transparaître un tout petit rayon de sa Puissance, comme Il provoquait la frayeur...
Pierre, après la pêche miraculeuse, puis sur le Thabor, fut « terrorisé », c'est le mot de l'Evangile.
Ceux qui virent le miracle de Naïm furent saisi « d'un grand effroi ».
Les soldats, à Gethsémani et au matin de Pâques, furent jetés sur le sol, « terrifiés ». La force du Fils de l'Homme les avait écrasés ?

La puissance de notre Maître bien-aimé, qui la dira ?...
N'a-t-Il pas fait les mondes par un acte de sa Volonté ?... Ne pourra-t-Il pas, par un autre acte, les faire rentrer dans la nuit ?...
N'est-ce pas Lui qui, à chaque seconde, crée des âmes nouvelles... des âmes plus grandes que tous les univers réunis ?...
Voilà sa Gloire... Voilà sa Majesté...
C'est incompréhensible...
C'est écrasant pour la pensée !
Dieu est le mystère des mystères, l'abîme des abîmes...
Quand l'esprit veut gravir ce haut sommet de gloire et de puissance, il retombe épuisé, vaincu...
Nous frémissons quand nous pensons aux espaces effrayants qu'un aviateur a sous ses deux pauvres ailes, en traversant l'Océan... Mais nous, nous avons bien d'autres espaces sous notre pauvre petite âme, quand, par la prière, nous plongeons dans l'immensité même de Dieu...
Les Saints avaient ce sens de la Majesté divine. Quand ils étaient devant Dieu, le monde ne leur était plus rien ; un immense respect les empoignait... Dieu leur était tout !...
Rappelez-vous les belles paroles de Sœur Elisabeth de la Trinité : « O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'établir en vous... Que chaque minute m'emporte plus avant dans la profondeur de votre mystère !... »
On dit que l'Abbé Chaumont, du clergé de Paris, se réveillait la nuit, entrait dans une crainte indicible à la pensée qu'il était en présence de Dieu...
Ces âmes avaient réfléchi... Elles avaient prié, et la grâce suprême leur avait été accordée : celle de respecter Dieu... de ne pas Le ramener à la mesure de leur faible esprit... de ne L'aborder qu'avec un sentiment de vénération profonde...
Elles tombaient vraiment à ses pieds en Le retrouvant... Elles se sentaient toutes petites... toujours pauvres, un roseau... une poussière... un néant...
Elles donnaient au Seigneur Jésus le suprême hommage : l'hommage d'une adoration intime, personnelle et absolue...
Comme le grain d'encens devient fumée dans l'encensoir, puis monte et « s'évanouit » devant l'autel ; comme la goutte de rosée se livre au soleil, est absorbée par lui, puis s'élève et « se perd » dans les Cieux ; ...ainsi l'âme des Saints « fondait d'adoration » devant l'ineffable Seigneur...
Que c'est beau et enviable un tel état d'âme !... Demandons-le au Saint-Esprit, à Celui qui est notre Père, à nous, les pauvres !
Qu'Il crée en nous une grande puissance d'adoration intérieure. Qu'Il nous donne de nous perdre dans notre Jésus, de ne plus faire « qu'un » avec Lui, quand nous avons le très put bonheur de L'aborder ou de Le recevoir.
Qu'Il nous fasse dire avec des lèvres pénétrées d'émotion sainte à l'heure de la prière : « Parlerai-je à mon Seigneur, moi qui ne suis que cendre et poussière ? » « Père, j'ai péché contre le Ciel et contre Vous, je ne suis plus digne d'être appelé votre enfant !... »
Qu'Il nous jette aux pieds du Christ, comme Madeleine ! Qu'Il nous apprenne à écouter et à moins parler !... Qu'Il nous donne des silences d'admiration en présence des tabernacles ! Qu'Il nous fasse voir, suivant la divine parole à Nathanaël, « les Anges montant et descendant au-dessus de notre Bien-Aimé Seigneur ».
Que sa grâce nous pénètre et nous tienne en suspens... En un mot « Dieu devienne Dieu » pour nous...
tant d'hommes et de chrétiens Le traitent, hélas ! avec désinvolture et comme une quantité négligeable !...
Tant d'autres ne s,adressent à Lui que pour obtenir des faveurs et oublient totalement de l'adorer !...
Nous, ses privilégiés indignes, traitons-Le avec le respect souverain, et pénétré d'amour que mérite son infinie Grandeur !...

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Message  Roger Boivin Sam 23 Fév 2019 - 13:48



LE SENS DU PRÊTRE

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Le prêtre, c'est la grande « énigme » posée par le Christ au milieu des hommes.
Cette énigme, bien peu la déchiffrent.
Le prêtre, comme son Maître, est « un méconnu ».
Beaucoup ne voient que son rôle extérieur, le prestige de son de son action moralisatrice... C'est « la plus belle tâche confiée à un mortel ». Et cette tâche est si indispensable au relèvement de la société !...
Mais qui donc comprend « l'âme profonde », les sentiments intimes des ministres de Dieu ?
Essayons de dévoiler ce mystère.

Au fond de l'âme du vrai prêtre, il y a « un martyre secret ».
Ce martyre, il vient d'abord de sa fonction.
Elle l'écrase par sa sublimité... Il se sent trop petit pour elle... C'est une vision grandiose qui l'enchante et qui l'affole... Il vit si près de Dieu... qu'il a confiance et qu'il a peur...
Songez au poids que représente dans ses mains L'hostie qu'il élève à la consécration... Elle est « petite » et elle est plus « grande » que tous les mondes...
Imaginez ce que représente une « absolution » donnée à un pauvre pécheur... Elle efface un passé... Elle refait un homme...
Que de vies saintes ont commencé après un pardon divin !
Que d'âmes sont nées à la vie... après un sermon entendu !... Un immense horizon s'est découvert : elles ont enfin trouvé Dieu...

Il y a aussi dans le prêtre « le martyre des âmes ».
Il les connait si bien, sans qu'elles s'en doutent ! Il voit si nettement le plan de Dieu sur elles... les ressources immenses qu'elles possèdent, les défauts qui les défigurent.
Mais qu'il est donc difficile de les joindre, de les convaincre. Elles sont si indépendantes, si jalouses de leur liberté !
Le prêtre ! Qui devine ses angoisses secrètes, l'effort continu qu'il doit donner pour atteindre tous les esprits, se faire à toutes les mentalités : à celle de l'enfant qui ne sait rien... du jeune homme qui doute... de la jeune fille qui résiste aux appels divins... de la mère qui cherche des conseils pour ses enfants... de l'ouvrier qui s'aigrit... de l'homme cultivé qui réclame des bases solides pour sa foi... de l'orgueilleux qui critique tout... de l'égaré qui va faire des folies... de l'âme droite qui cherche sa vocation... de l'institutrice qui désespère de son beau métier « d'éveilleuse d'esprit »... de l'âme-apôtre qui, subitement, est tenté de tout lâcher à cause des résistances qu'elle trouve ?
Et puis, il faut redonner le goût de vivre aux êtres désenchantés... relever des courages en ruine... être l'ange qui libère les volontés enchaînées... s'emparer des aspirations pour les faire dériver dans le sens évangélique... profiter de tout pour faire voir Dieu... sa bonté, sa puissance.
L’œuvre est immense... épuisante...
Parmi les âmes, il y a celles qui ne viennent plus à l'église...
Celles-là, comment les atteindre ? Il y a toujours en elles l'étincelle divine allumée au jour d'une lointaine première communion.
Dans la foule qui noue connaît et nous évite, il y a des « héros et des saints » en germe... ainsi qu'il y en avait à Rome au temps des empereurs, quand le christianisme commençait à se répandre... Mais comment vaincre les préjugés qui les éloignent ?
Il y a aussi en elles un grand vide que Dieu seul pourrait combler. Elles sont « lasses de tout »... Le Christ est là sur le seuil... mais comment Le faire pénétrer ?
C'est une pensée qui use... un tourment qui consume...
Il y a d'autres souffrances cachées. Ne faut-il pas donner un « esprit » à une collectivité, une unité à l’œuvre dont on s'occupe, créer une « impulsion continue », rendre vivants les offices et les réunions, prêcher inlassablement, remuer ceux qui s'enlisent, consoler ceux qui souffrent, aider avec délicatesse ceux qui ont des revers, porter en soi - intensément - l'écho de toutes les peines ?...
Nous souffrons de ne pas voir le bien grandir malgré tout l'amour que Dieu donne à l'homme.
En nous, c'est souvent l'agonie du Christ, quand une âme se perd, quand une mère délaisse l'éducation de son enfant, quand une jeune fille éclairée n'a qu'une vie médiocre et sans apostolat, quand des hommes religieux ont peur de la communion fréquente, quand les messes du matin sont désertées et que le Christ en croix est seul sur l'autel...
Que de soucis nous minent le jour et la nuit !...
Nous sommes toujours en inquiétude et nous ne pouvons pas ne pas l'être.
La mère qui sait l'égarement de son fils est malheureuse et son chagrin la vieillit. Le prêtre n'a pas qu'un fils qui s'égare... Il en a une multitude et il sait que Jésus lui a confié ces âmes, qu'il en répondra.
Alors, il s'ingénie, il cherche, il appelle, il veut convertir, tirer le bien caché qui sommeille dans les cœurs. Il veut faire le bonheur de ses fidèles, préparer de beaux foyers pour demain, refaire des consciences...
S'il ne réussit pas, s'il ne réussit qu'à moitié, il cherche d'autres moyens. Il recommence à jeter le filet... souvent, hélas ! sans succès...
Et puis, il est indispensable de créer des œuvres pour établir des contacts avec les indifférents et les égarés... Il faut même « bâtir ».
Et pour bâtir, il faut demander de l'argent...
Ah ! la terrible chose pour un prêtre... Lui qui voudrait rester si haut, vivre dans son rêve, le voilà forcé de tomber dans le matériel... Et là, il trouve, non pas des oppositions de principe, mais la terrible force d'inertie... l'indifférence pratique de ceux qui devraient lui enlever cette croix et qui la rendent plus lourde par leur silence, leurs atermoiements... Ils veulent donner, mais...

Il y a quelque temps mourrait un prêtre encore jeune.
« - Vous vous êtes trop donné, lui dit un ami.
« - Non, répondit le prêtre, non... Ce qui m'a consumé, ce n'est pas le dévouement que j'ai pu donner aux bons ; c'est la douleur que m'a causée la perte de ceux qui ont résisté à mon ministère. Je n'ai pas pu en prendre mon parti. »
Ces mots simples expriment le fond de l'âme de tout prêtre.
Le Christ est mort de quoi ? De son beau et fatiguant ministère ?
Non, Il est mort par les péchés du monde...
Il fut une « Victime » et non un » Vaincu ».
Le prêtre, dans une mesure plus restreinte, peut parler comme son Maître.
Ce qui l'écrase, ce n'est pas tant le travail que lui donnent les vrais chrétiens, que le chagrin profond que lui causent les indifférents.
La résistance des pécheurs nous brise plus que l'effort incessant que nous faisons près de ceux qui nous comprennent.
Le petit noyau fervent qui prend nos forces nous fait vivre et nous porte...
La grande masse qui se dérobe à notre ministère sacré nous fait mourir...
Et cette douleur, pourtant, comme elle nous est douce, comme elle n'engendre pas en nous de l'amertume et du découragement ! Non. L'amour repoussé, méconnu, coule toujours avec ses flots purs et puissants.
Notre âme sacerdotale, incomprise dans son apostolat, ne s'amoindrit pas. Elle garde sa jeunesse, son élan, sa tendresse même pour les pécheurs qu'elle cherche et qu'elle n'atteint pas...

O charité du Christ vivant dans un cœur sacerdotal, que tu es grande ! Une âme nous résiste, elle court sur les sentiers du péché... Nous nous mettons à sa poursuite. Nous prions pour qu'elle ne se fasse pas trop mal dans ses chutes.
Elle piétine le dévouement sacré que nous lui avons donné... Ce dévouement grandit.
Elle salit nos intentions... Nous offrons avec joie cette flétrissure pour son salut.
Elle se mure dans ses fautes... Alors nous nous couchons sur le seuil de son intérieur fermé... et là, nous attendons l'heure où elle comprendra. Que dis-je, cette heure, nous cherchons à l'avancer par nos souffrances et nos prières.
Plus l'âme s'éloigne de Dieu, plus nous nous rapprochons d'elle...
Plus le vent de sa colère se lève, plus la flamme de notre charité grandit...

Et voilà ce qui consume la vie des prêtres, de Jésus-Christ.


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Message  Roger Boivin Sam 23 Fév 2019 - 23:46



LA PASSION DE JÉSUS
DANS SON SACERDOCE

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Une petite fille du catéchisme faisait un jour cette réflexion : « La petite sœur Thérèse a dit qu'elle entrait au Carmel pour prier pour les prêtres. Mais les prêtres ont donc besoin de prières ? Ils sont si heureux... Ils ne font que du bien. Tout le monde les aime... »
Je ne sais pourquoi cette phrase m'est revenue à l'esprit à la suite de conversations avec des confrères de la ville et de la campagne.
Ils ont vraiment du mal.
Ils aiment intensément leurs paroissiens, mais ils sont souvent peu compris et peu entourés, excepté par un élite admirable et dévouée.
Ceux qui devraient les soutenir sont, la plupart du temps, très sévères pour eux.
Ce que je pourrais dire là-dessus, d'après des confidences d'amis, est profondément triste.
Il y a des gens qui ne savent que « critiquer »... Jamais un mot délicat, une attention, un dévouement vrai pour leurs prêtres.
Pour eux, le prêtre est un « homme comme les autres ». Ils ne voient pas ce qu'il incarne.Ils n'ont jamais pensé aux sacrifices qu'il a faits pour leurs âmes, aux trésors spirituels qu'il pourrait leur donner, aux pouvoirs sublimes qu'il a reçus de Dieu.
Ils ne le connaissent pas vraiment.
Ils le jugent très superficiellement.
Sans doute, ils donnent au Culte. Ils viennent à la messe.
Mais ils s'en tiennent là. Ce que le prêtre dit du haut de la chaire, au nom de Dieu, ils s'en préoccupent peu...
Ils voient ce qu'il essaie de faire pour élever le niveau moral des hommes et de la jeunesse, pour introniser le Christ dans la vie... Mais ils ne le soutiennent pas assez dans son effort. Ils n'ont jamais un mot pour l'encourager, jamais un geste pour l'aider. Leur indifférence a quelque chose de douloureux.
Ils n'ont pas l'air de comprendre qu'il a un cœur et qu'il est capable de souffrir, de souffrir par eux...
Oui, par eux... Car, il faudrait qu'ils soient les premiers à comprendre le caractère divin et la portée sociale de son ministère accablant.
Ils devraient, de toutes façons, adoucir la vie de leurs prêtres... veiller même très délicatement sur leur santé, les soulager dans leurs fatigues, agir vis-à-vis d'eux comme des amis, comme des enfants vis-à-vis d'un père.
J'entends encore un vieux dire ceci : « Je ne sais si un seul d'entre nous a « son image intacte » au fond du cœur de ses fidèles...
Nous sommes tous plus ou moins enlaidis - plus ou moins calomniée - même par les meilleurs. » Leur devoir serait de protester, de défendre leurs prêtres qui vivent pour eux, de donner plus de vénération pour essuyer les crachats... Hélas ! ils se laissent influencer... La calomnie demeure en eux...
Un autre disait : « Quand un prêtre entreprend une grande œuvre pour atteindre les esprits et les rechristianiser, il devrait avoir pour lui tous les chrétiens. Instinctivement on devrait soutenir ses initiatives... Il s'agit de la gloire de Dieu, du relèvement des âmes, du redressement de la mentalité. Quelques âmes nobles comprennent le ministère divin... sont heureuse du bien qui se fait... collaborent même... paient de leur personne... de leur argent...
D'autres fidèles, hélas ! se ferment... Ils ont peur de s'engager... Ils cherchent attentivement le petit côté des choses... Ils le mettent en valeur, pour se donner le droit de ne pas participer... Et ce ne sont pas toujours « les moins fortunés qui agissent ainsi... »
J'ai entendu un vicaire de banlieue conter ses déceptions. Toute jeune encore, il était déjà miné par la tuberculose. Non seulement on n'appuyait pas son magnifique effort qui le consumait en l'ennoblissant, mais certaines personnes d'église disaient couramment : « Que va-t-il faire dans les roulottes et chez les va-nu-pieds ? Et puis, il a bon casuel [bénéfice, revenu], il peut se soigner. » Ce que je raconte là est strictement exact...
Si j'ose le dire, c'est d'abord pour qu'on prie pour ces apôtres incompris et rabaissés... C'est aussi pour expliquer pourquoi le bien ne s'étend pas autant qu'il pourrait s'étendre... Il est paralysé par l'inertie de certains... par leur opposition sourde... dont il faudra répondre là-haut...
Dieu sera « terrible » pour ceux qui osent ainsi toucher à « ses amis » qu'Il a choisi... dans les mains de qui Il s'incarne... et à qui Il a confié les clefs du royaume des cieux ! Comme Il les aime... ses prêtres !!
Comme nous devrions les aimer !
Que ferions-nous sans eux ?... On répète sans cesse : « Il n'y a pas assez de prêtres ». C'est vrai. Mais si les catholiques profitaient de ceux qu'ils ont... qui sont là... tout près d'eux... à leur entière disposition.... le jour et la nuit... et cela avec le plus pur désintéressement,... le christianisme règnerait d'avantage dans le monde...

Un jour, j'ai vu pleurer dans ma chambre un curé de campagne... Des larmes de prêtre !... Si les gens soupçonnaient sa grandeur âme !... Hélas ! on ne voit que l'extérieur. Une langue méchante a dit une vilaine parole. Cette parole a été absorbée par les bons... C'est ainsi. Et ce prêtre a cinq paroisses. Ils est toujours sur les routes. Il s'épuise à courir après des brebis qui fuient. Il n'a pas de servante.
Et ce sont des gens confortablement installés dans le bien-être qui le traitent de haut, passent au crible ses initiatives, soupçonnent ses intentions, colportent des racontars. Et ce sont des « âmes pieuses », auxquelles il donne le corps du Christ (elles osent communier !... ) qui sont impitoyables pour lui...
C'est inexplicables...
Il me disait : « Ce n'est pas la fatigue de mes paroisses lointaines qui me tue... c'est la dureté de certains cœurs... »
La dureté de certains cœurs !... Quel prêtre ne la connaît pas !

Et je songe avec mélancolie à la phrase si pure de ma petite fille du catéchisme : « Pourquoi prier pour les prêtres ?... Ils donnent le bon Dieu... Ils font tant de bien... Tout le monde les aime... »

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Message  Roger Boivin Dim 24 Fév 2019 - 15:47



UNE PAGE DU JOURNAL D'UN PRÊTRE

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J'ai été très frappé en lisant dans l'Evangile une phrase mélancolique dite par Jésus à ses Apôtres : « Il y a si longtemps que je suis au milieu de vous et vous ne me connaissez pas encore ! » Comme on a le même sentiment d'être « un inconnu » quand on est prêtre et qu'on vit dans une paroisse ! Les gens voient notre visage, mais ils ne voient pas « notre âme ».
Ils ne se rendent pas compte d'abord de la puissance mise par Dieu dans le prêtre... Même les meilleurs sont légers sous ce rapport. Ils nous voient à l'autel par exemple, mais comprennent-ils vraiment ce que nous faisons ?
Croient-ils que nous sommes face à face avec la Majesté divine, que nous intercédons pour eux, que nous leur obtenons des trésors invisibles ?... Ils s'inclinent quand nous élevons l'Hostie à l'Elévation, mais... réalisent-ils ce que notre parole a enfanté dans cette Hostie ?...
Ils nous appellent au chevet de leurs parents malades, nous donnons des Sacrements, mais voient-ils que nous avons réellement ouvert à leurs bien-aimés les portes de la vie éternelle ?
Tout cela est vague au fond de leur esprit... On ne comprend pas ce que Dieu a fait de sublime dans un prêtre...
« Inconnu », le prêtre l'est aussi dans le dévouement qu'il porte aux fidèles dont il a la charge. Si nos chrétiens savaient la place qu'ils occupent dans nos pensées ! Nous ne le disons que pour les attirer au Christ par nous. Saint Paul écrivait aux premiers chrétiens : « Tout ce que vous sentez, je le sens. » Il osait leur crier sa sollicitude : « Personne, parmi vous, n'est malade sans que je ne partage sa souffrance. » Nous pouvons en dire autant. Ah ! l'âme du prêtre, comme Dieu l'a faite délicate, accordées à toutes les détresses du troupeau... Elle s'élance vers les brebis qui souffrent mais... les brebis passent, et ne comprennent pas...
Tel brave ouvrier malade que je rencontre souvent dans ma rue ne sait pas que je devine les pensées douloureuses qui l'agitent et que je l'entoure d'une bonté que je voudrais lui dire...
Tel foyer qui a des difficultés, qui se débat, et qui est tenté de se décourager... ne se doute pas que je connais son angoisse et qu'elle me fait mal...
Telle petite ouvrière qui n'a pas de travail ignore qu'hier j'ai fait une démarche pour elle et que sa détresse me poursuit partout...
Et cet ouvrier loyal qui ne vient pas encore à l'église, mais qui est tout proche d'y venir, sait-il que ma prière l'appelle parce que je suis sûr que près de Dieu il trouverait la solution de toutes ses énigmes qui le hantent ?
Telle âme qui souffre depuis longtemps est loin de supposer qu'hier j'étais à Lisieux, et que, les yeux fixés sur la châsse de la Sainte qui jette des roses, j'ai supplié pour elle... Je serais si heureux si ses épreuves finissaient...
Aussi heureux qu'elle... oui, aussi heureux !
Les gens que j'ai rencontré l'autre jour à un baptême savent-ils que leur délicatesse et leur foi m'ont touché et que mon amitié les suit avec fidélité ?
Et cet homme que Dieu appelle à la communion fréquente et qui résiste et qui se ménage d'immenses regrets demain... à l'heure de la mort... oui, cet homme croit-il que je souffre de la souffrance qu'il aura quand il ouvrira les yeux... trop tard...
Et telle noble femme crucifiée dans ses affections, devine-t-elle que je vois dans son visage tout le poème douloureux de sa vie ?
Et telle jeune fille qui porte sur elle l'immense espoir du Christ... qui l'aime et lui a fait de très beaux dons, se doute-t-elle que je tremble en la voyant moins bonne ?... Il est si facile de déchoir quand on a vingt ans et qu'on vit dans un mode léger comme le nôtre !... Mes yeux voient ce que cette âme pourrait donner... ce que Dieu attend d'elle.
Et telle autre, marquée pour apostolat magnifique, soupçonne-t-elle que j'ai peur en voyant son égoïsme secret paralyser son dévouement ?
Et telle autre, qui n'aurait qu'un petit effort à faire pour recevoir d'immenses grâces, croit-elle... que je redoute que Dieu passe près d'elle et... ne s'arrête pas ?

Le monde des âmes a plus de tragédies que le monde visible...
Mais ces tragédies, le prêtre, uni à Dieu, est seul à les voir, seul à les vivre et à en être crucifié...
Comme je vous connais tous, mes bien-aimés fidèles !
Je suis chez moi et je suis dans votre foyer...
Je suis à l'église et je suis dans toutes les rues où vous demeurez.
Je les parcours continuellement en pensée pour avoir la douceur de vous y trouver et de vous dire ma sympathie... mon désir de vous venir en aide... de vous donner ma Foi et mon Dieu.

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Message  Roger Boivin Lun 25 Fév 2019 - 8:27



MÈRE DE PRÊTRE

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Je l'ai connue... très particulièrement connue... la femme dont je vais parler... Ne me demandez pas qui elle est.
Son rêve de jeune fille avait toujours été d'avoir, un jour, dans son foyer, un fils « prêtre ».
A vingt-quatre ans elle eut son foyer.
A vingt-six ans elle eu un fils.
A vingt sept-six ans aussi elle perdit son mari, en même temps qu'elle eut « son enfant ».
Elle offrit son grand deuil pour que son orphelin fut pris par le Christ et consacré « au service des autels ».
Dieu exauça son désir... Il réalisa son rêve.
Il prit pitié de la veuve.
Il marqua au front l' « Orphelin ».
La mère fit elle-même l'éducation de son enfant jusqu'à ce qu'il eut douze ans.
L'enfant, devenu « prêtre », vit encore. Je le connais bien... Il se souvient des conversations qu'eut « sa Maman » devant lui... Ces conversations, les voici telles que sa mémoire les lui rappelle.

« Jamais je ne me suis plaint de mon mari... de ma solitude... de ma pauvreté... J'ai tout offert pour mon Enfant... pour que Dieu l'appelle à Lui... pour qu'il sauve des âmes... pour qu'il soit digne... J'ai vu souvent, dans les lointains, les messes qu'il dirait plus tard... Et cela m'a soutenue, j'étais récompensée d'avance.
« Quand je souffrais trop de la vie, je me voyais à genoux, à la messe de « mon prêtre », communiant de sa main. Cela m'a aidée...
« Quand on parlait devant moi d’œuvres destinées à améliorer la société, à enrayer sa marche vers l'impiété, je disais : « C'est très loin cela, mais il y a mieux : il faudrait des prêtres ».
« Un prêtre de plus, c'est un « sauveur » de plus dans le monde... c'est chaque jour « une messe offerte », offerte pendant vingt ans, trente ans... Et une messe, quelle richesse !... Toutes les bonnes œuvres, toutes les prières réunies, toutes les conférences, cela ne vaut pas une messe.
« On m'a dit, quand j'étais jeune fille : « Après Dieu, le prêtre, c'est tout... Par lui, viennent dans le monde toutes les grâces... Il transfigure l'humanité... ». Si je n'avais pas eu près de moi un prêtre pour me soutenir, m'entraîner à seize ans, je ne sais ce que je serais devenue. J'aurais perdu « mon idéal ». Après mon deuil, j'aurais perdu mon courage, ma force de vivre.
« Je songe que « mon fils » fera pour d'autres ce que des prêtres ont fait pour moi, et cela m'enthousiasme. En l'élevant, je crée du bonheur pour des êtres que j'ignore et qui s'adresseront « à mon enfant consacré »... J'exerce déjà le Sacerdoce avec lui...
« Souvent, je le vois en chaire. J'écoute au fond de mon cœur le retentissement de sa parole qui tombe...
« Je vis dans l'avenir...
« Je le vois au confessionnal... J'aperçois des larmes de repentir qui coulent sur des péchés pardonnés... Je vois des élans qui naissent... des ferveurs qui s'allument... à la voix de « mon enfant »...
« Je le vois par avance... dans les œuvres... près des jeunes. Il les fixe avec son regard profond où passe une étincelle divine... Il leur révèle ce que révélait Jésus à la Samaritaine : « Si vous saviez le don de Dieu... Le Christ a soif de guérir les âmes... Et Il vous a choisis pour ce rôle. Donnez-Lui à boire... Remplissez de divin l'urne de votre cœur. faites boire ceux qui ont soif... »
« Mon fils, mon prêtre de demain, je le vois près des découragés... Il leur dit le beau sens de la vie... la valeur d'un humble effort... d'une prière... Il recrée des existences perdues...
« Je le vois près des mourants... des grands pécheurs... donnant « le pardon... la vie éternelle »... Je vois des âmes sauvées... à jamais sauvées par lui... J'allais dire « par moi ».
.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
Oui, « par toi », humble femme qui n'es plus.
Si tu n'avais pas eu « de fils », si tu n'avais pas engendré son sacerdoce et son âme par les exemples et par ton martyre uni au martyre du Christ, ce prêtre n'existerait pas... Le bien qu'il essaie timidement de réaliser ne serait pas enfanté dans cette vallée sombre où « son Sacerdoce passe comme une lumière »...
Dors en paix dans ta tombe où ton fils t'a vu descendre, emportant avec roi la moitié de son âme... ou plutôt, réjouis-toi, là-haut, au Ciel... où montent les âmes qu'a évangélisées ton enfants. Tes larmes, tes paroles, tes efforts n'ont pas été perdus...
Roi aussi, malgré ta petitesse, et avec le secours du Christ qui t'a tant aimée... tu as fait de grandes choses...
Et si j'écris ces lignes, c'est pour dire aux jeunes filles, aux mères qui me liront : « Il y a une grandeur que Dieu vous offre, un bonheur immense qu'Il vous présente. Ayez le désir... la passion d'avoir un fils prêtre.
C'est le moyen de grandir votre existence, d'immortaliser votre nom parmi les hommes.

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Message  Roger Boivin Mar 26 Fév 2019 - 9:01



DIEU EST-IL CONTENT DE VOUS ?

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« Dieu est-Il content de moi ? » Ce n'est pas souvent qu'on entend cette parole. Une âme éprouvée la disait récemment...
Elle était en grand deuil... Le malheur ouvre les yeux...
Il pose le grand, l'éternel problème de l'au-delà...
Il rappelle à l'homme distrait ces trois grandes vérités dont à vécu l'Humanité : « Il y a un Dieu... une âme responsable... une sanction éternelle ! »
Or, cette personne, brisée par le chagrin, avait vu passer devant elle la lumière fulgurante de ce formidables réalités... Et sa conscience avait frissonné... Et elle avait dire ce que nous devrions nous dire sans cesse pour être logiques avec notre foi : « Dieu est-Il content de moi ? »
Et vous, où en êtes-vous sous ce rapport ?
« Dieu est-Il content de vous ? »
Il y a un moyen de le savoir.
D'abord...

- Pensez-vous vraiment à Dieu dans la journée ? Faites-vous votre devoir pour Lui faire plaisir, pour accomplir sa Volonté. Lui offrez-vous ce qui vous coûte ? Lui demandez-vous de vous aider dans vos difficultés et vos tentations ? En un mot, est-Il vraiment « Quelqu'un » pour vous ?... Non ?
Alors : « Il n'est pas content de vous ». Vous ne L'aimez pas en vérité ». Vous L'aimez « en parole ».
Poursuivons notre examen loyal...
- Prenez les commandements un à un... Ils sont précis... Leur observation détermine « la vraie valeur » d'un homme...
- La Messe... La suivez-vous bien sur votre missel... en union avec le Prêtre qui vous représente ?... Est-elle pour vous « une adoration intense... un merci ému... un appel au secours divin... une expiation de vos lâchetés ? »... Pesez ces quatre pensées... notez-les soigneusement... Ce sont les quatre grands buts de la Messe.
Et puis, offrez-vous Jésus vivant dans l'Hostie ?... Offrez-vous son sang pour vos péchés, pour les péchés du Monde ?... Vous offrez-vous avec Lui ?...
Non... vous ne pensez pas votre Messe.. Vous êtes « un assistant » et pas « un acteur »... Alors : « Dieu n'est pas content de vous... »
Du reste, si vous estimez le « Drame d'amour infini » qu'est la Messe... vous y viendriez en semaine, de temps en temps... Or, on ne vous y voit jamais... ou peu souvent...
Les seuls « drames » qui vous captivent sont les « drames du cinéma ou du théâtre »... Ceux-là, vous leur donnez même votre nuit...
Jugez, d'après cette réflexion, si votre foi est logique... si votre religion est sincère.
Poursuivons...
- Vous croyez que Celui qui va venir vous demander votre âme bientôt est « présent » (entendez-vous ?), présent en personne sous les voûtes de nos églises [voilà 79 ans, bien sûr !]... Alors, « Le visitez-vous ? »... Le recevez-vous de temps en temps... Entrez-vous le saluer en allant à vos affaires ?...
Ce n'est pas très difficile. On ouvre la porte, on s'agenouille, on Le regarde, on Lui dit : « Mon Dieu ». C'est de la politesse, de la haute convenance. C'est simple. Un enfant peut le faire. Le faites-vous... vous, femme du monde... ouvrière chargée de soucis... jeune fille préoccupée de votre avenir... industriel inquiet ?... Non. Vous passez devant l'église, vous n'entrez pas. Alors, pratiquement, elle est « vide » pour vous. C'est un monument. Ce n'est pas la demeure d'un Ami... la demeure « du Père »...
Voyez, comme vous négligez Dieu !... Pour vous, Il ne compte pas...
[Évidemment, depuis "vatican 2", le contexte n'est pas le même, toutes nos églises sont profanées, et ça perdure encore ; alors elles sont à fuir. Note de Roger.]

Tant de choses « insignifiantes » comptent pour vous !... Vous Le placez, Lui, l'Eternel, au-dessous de ces insignifiances... Elles ont « vos préférences »...
Ah ! que vous êtres illogiques ».
Vous dites : « Je crois en Lui »... Est-ce bien vrai ? Votre attitude indifférente répond : « Je vis comme si je ne croyais pas »... Alors « Dieu n'est pas content de vous »...
Continuons...
- Vous savez que le Christ « votre Juge » a en horreur (en horreur !) la médisance, la critique de vos frères, de ses prêtre... les pensées et les désirs troubles... la profanation des lois sacrées du mariage... la lecture des mauvais livres... les jalousies secrètes... l'orgueil surtout... le terrible orgueil... Peut-être que dans ces domaines, vous en prenez à votre aise...
Et vous n'admettez pas qu'on essaie de vous ouvrir les yeux... Ceux qui le font perdent leur temps. Ah ! que vous êtes « indépendant » !... Vous êtes « votre Maître »... Dieu, dans ces régions cachées de votre cœur, n'est pas « votre Maître »... Vous éliminez son « Autorité »... Vous ne conformez pas strictement votre conduite à ses idées...
Alors, concluez : « Dieu n'est pas content de vous. »
Et ici, faites bien attention. Le malentendu entre Lui et vous est grave. Votre salut est engagé. Vous jouez « gros ». Vous jouez votre bonheur ou votre malheur éternel...
- Dieu est-Il content de vous ?...
Pourriez-vous affronter « son jugement » tout à l'heure... comme l'affrontent en ce moment tous ceux qui meurent sur la terre ?...
C'est très facile à connaître.
Vous savez, par exemple, qu'Il a flétri, condamné le « mauvais riche »... Lisez l'Evangile, qui raconte très simplement cet épisode effroyable...
Ce riche s'était fait une fausse conscience... Il ne disait pas de mal des autres, il n'était pas impudique, il avait de la religion. Il montait au Temple, sans doute, comme tout le monde. Mais (écoutez bien), il avait un cœur dur, desséché par l'argent. Il vivait en égoïste, il ne s'intéressait vraiment qu'à lui et il oubliait la détresse de ses frères... Il jouissait tranquillement du plaisir que lui donnait sa fortune... il ne se « privait » pas, ou il ne se rpivait « qu'un peu » pour les autres... Large pour lui ; parcimonieux pour ses frère !...
Voilà le personnage... tel que Jésus l'a défini dans l'Evangile.
Et vous savez, quand Jésus « définit » quelqu'un ou quelque chose, il n'y a rien à dire. On ne peut pas faire « de retouche », adoucir le portrait, juger qu'Il exagère. Il est Celui qui a créé la conscience, Celui qui l'a éclairée par son Evangile et par ses prêtres. Il est Celui qui la jugera et qui la condamnera sans appel. C'est sérieux et il y a de quoi réfléchir et frémir.
Comme disait Foch dans ses derniers moments : « Je n'ai jamais eu peur sur le champ de bataille. Maintenant que je vais paraître devant mon Dieu, je commence à « trembler »...
Le « mauvais riche », lui, ne tremblait pas... Il s'était faussé la conscience. C'est la Plus terrible chose qui puisse se présenter...
Il était loin de s'attendre à ce qui lui est arrivé...
Et vous savez ce qui lui est arrivé :
Jésus le dit nettement...
Dieu l'a foudroyé... brisé comme un fétu de paille... brisé sans rémission... Rappelez-vous sa condamnation. « Sepultus est in inferno ». « Il entra dans le supplice éternel comme dans un tombeau ».

- Mais, vous me direz en terminant : « Dieu est donc si dur... si sévère ?... »
- Non, non, mon frère. Il n'est pas « dur »...Il est bon, infiniment bon. Il y a une tendresse immense dans sa grande Ame.
Mais à qui donne-t-Il cette tendresse ?... Toute la question est là...
Il la donne au pécheur... au grand pécheur... quand celui-ci regarde ses fautes en face, lorsqu'il les condamne... les pleure... change de vie... et lutte contre ses mauvaises tendances...
Mais quand le pécheur vit dans son péché tranquillement, lorsqu'il l'aime... lorsqu'il ne veut pas en convenir... ne vient pas l'accuser... ne se corrige pas... se trouve bien et reste dans son erreur... en un mot, quand il joue « avec la Miséricorde de Dieu » qui le cherche ; quand il ose dire à la Majesté divine : « Laissez-moi tranquille, ne m'ennuyez pas avec vos exigences, ne me demandez pas de changer mes habitudes, de me faire un cœur fraternel et généreux pour les autres. Je prie. J'assiste à la messe le dimanche. Je fais mes Pâques. Ne m'en demandez pas plus. »
Oui, quand le pécheur parle ainsi, qu'il réduit la religion, qu'il veut associer le bien et le mal, suivre Dieu et ses mauvaises habitudes à la fois, concilier les contraires... Alors, « Dieu n'est pas content de lui ».

.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

Où en es-tu, ô âme sincère que Dieu cherche.. Oui, où en es-tu ?
Si la mort te brisait tout à l'heure, comme cela est possible, pourrais-tu affronter sans crainte le Visage et le Jugement de ton Dieu ?
Es-tu en paix avec ta conscience ? N'as-tu rien de grave à te reprocher ?...
Toi seul peux répondre...
Mais écoute bien...
N'élude pas ce problème... Il est passionnant... C'est l'unique problème... Tous les penseurs et tous les saints l'ont appelé : « Le grand problème de la destinée. »

Pour finir, et pour résumer toute la morale chrétienne, voici une lettre splendide que le Père de Foucauld adressait à un Musulman, au chef des tributs du Hoggar...
On ne peut rien lire de plus beau :
« Aime Dieu par-dessus toute chose, de tout ton cœur, de toutes forces et de tout ton esprit. Aime tous les hommes comme toi-même pour l'amour de Dieu. Fais à tous les hommes ce que tu voudrais qu'on te fît. Ne fais à personne ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît. Humilie-toi en toi-même. Dieu seul est grand, tous les hommes sont petits. L'homme qui s'enorgueillit est insensé, car il ignore s'il ira au ciel ou en enfer. Dieu voit toutes tes pensées, tes paroles et tes actions. Souviens-toi et fais-les toutes, en pensant qu'Il les voit. Fais chaque acte comme tu voudrais l'avoir fait à l'heure de ta mort. L'heure de la mort est inconnue ; que ton âme soit continuellement comme tu veux qu'elle soit à l'heure de la mort. Chaque soir, réfléchis aux pensées, paroles, actes de la journée ; demande pardon à Dieu de ceux qui sont mauvais et de tous les péchés de ta vie comme si tu allais mourir dans la nuit, et dis à Dieu du fond du cœur : « Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur, par-dessus tout. Mon Dieu, tout ce que vous voulez que je fasse, je veux le faire... »
Voilà ce qu'écoutait avec émotion l'âme noble d'un Musulman...
Comment un Chrétien ne l'écouterait pas !...

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Message  Roger Boivin Mar 26 Fév 2019 - 23:21



LE FIDÈLE ET LA PAROLE DE DIEU

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On demandait à un grand écrivain quel était le grand péché des catholiques, celui qui retardait la marche du bien dans le monde. Il répondit : « Les catholiques ne font pas assez attention à la Parole de Dieu. Ils l'écoutent distraitement au pied des chaires, et ne la vivent pas. Ils ne se rendent pas compte des terribles responsabilités de la Lumière. Cette Lumière transporte de joie les nouveaux convertis ; elle laisse souvent trop indifférents les fidèles. »

En effet, le prêtre qui parle en chaire, au confessionnal, dans une réunion et même à domicile, c'est Dieu qui parle et veux vous améliorer. Il est la Voix du Christ, de l'Eglise, le porte-parole d'une tradition intellectuelle magnifique, d'une tradition dont ont vécu les plus nobles âmes.
Qu'est-ce qui a engendré les Saints ? Une Parole d'Evangile dite souvent par un humble prêtre, écoutée avec attention, puis, pensée profondément et réalisée.
Vous ne savez pas le point d'élévation morale et de bonheur que vous atteindriez si... vous mettiez plus d'âme dans l'audition de la Vérité. Cette vérité est venue à vous, vous ne l'avez pas assez accueillie. Vous n'avez pas compris que vous aviez une grande responsabilité... quand vous entendiez un sermon.
C'est une Eucharistie que la parole de Dieu. Le Christ vous dit : « Prends... et mange. »
- « Mange », c'est-à-dire : « Pense, absorbe telle idée que j'ai mise exprès pour toi. »
Oui, dans chaque prédication, Dieu lui-même vous attend.
Il a quelque chose à vous dire, un bien à vous faire.
Faites une expérience bien simple. Au premier sermon que vous allez entendre, dites-vous avec curiosité : « Dieu veut me parler. Que va-t-Il me dire ?... » Ecoutez avec calme, possédez bien votre intelligence et... un mot passera qui fera la lumière. Ce sera le mot divin... Comprenez-vous le prix de ce mot ?... Le prix et la responsabilité... Vous serez sanctifiés et jugés sur ce mot. Il peut aller loin, si vous le recueillez avec respect et si vous le respirez longuement...
« Un mot de Dieu » peut avoir des conséquences incommensurables.
Et il y a de « ces mots » dans toute prédication.
Si l'on vous offrait un milliard : vous ouvririez avidement les deux mains. Le prêtre vous donne plus d'un milliard quand il prêche. sans doute, il y a « la forme », dans son sermon ; elle est passable ou médiocre. mais il y a « l'Idée » ; elle est divine...
Si l'on vous donnait le secret de guérir une maladie, vous écouteriez. La Parole de Dieu guérit les maladies de l'âme... Ecoutez-la, écoutez-la bien, et emportez-la dans vos demeures.
Quand on vous a meurtri par une parole, vous restez longuement sous l'impression de cette blessure. Et quand un mot d'amour divin vous a blessé, vous oublieriez tout de suite ?... Voyez-vous votre culpabilité ?
Et ici, les meilleurs, les plus éclairés ont à se surveiller. Ils sont exposés plus que les autres à ne donner qu'une attention mesurée à nos paroles, à nos sermons. « Je connais cela », se disent-ils. C'est le démon qui leur jette ce mot et les endort et les prive d'autres lumières.
Vous, les fervents, les assidus, vous savez beaucoup, mais vous avez beaucoup à apprendre. Le champs du devoir humain est immense. Et puis, il faut toujours s'instruire sous peine de déchoir. Et il est facile de déchoir. Nous remarquons souvent que les nouveaux convertis vont plus vite et plus loin dans l'amour de Dieu que les appelés de la première heure. Ils montent, pendant que des éclairés s'immobilisent dans la routine.
Ces réflexions ont un ton terrible, mais combien juste !... Oh ! que les bons ont besoin d'humilité, d'obéissance, de correspondance active à la lumière, de sens élevé de la valeur du prêtre et de sa prédication !
Songez aux habitants des villes évangélisées fréquemment par le Christ... Ils se sont habitués à cette grande Voix divine. Ils n'ont plus suivi... Et Jésus a dit d'eux ces mots effrayants. « Malheur à toi, Corozaïn... »
Il est si facile de s'accoutumer aux paroles dites par le Christ au confessionnal, dans un Cercle d'études...
On écoute... On ne s'amende pas. On voit l'homme qui parle, on ne voit pas Jésus.
L'effort, l'effort continuel pour écouter, et vivre la lumière : voilà la grande loi du progrès et de la sainteté.
« Dieu remplit de biens ceux qui ont faim de vérité », disait Marie dans son Magnificat...

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Message  Roger Boivin Mer 27 Fév 2019 - 19:39



LE FIDÈLE DEVANT L'ÉPREUVE DU DOUTE

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Il y a des heurs où les âmes les plus religieuses sont subitement envahies par des doutes : « Et si ma foi n'était pas vraies ? Si Dieu n'existait pas ? »
On est à l'église, on prie avec ferveur. Soudain, une ombre se lève : « Et si l'hostie était vide ? »
On est à genoux sur une tombe. L'angoisse nous prend : « Tout est fini. Il n'y aura pas de résurrection. »
On pense à l'Enfer. On essaie de réaliser cette vision effroyable d'une souffrance sans fin dans laquelle nous pourrions tomber. Puis l'esprit se trouble : « Et s'il n'y avait pas d'enfer ? »
Alors, on a une envie folle de tout abandonner et de se jeter dans le plaisir.
C'est l'épreuve... Le Christ l'a prédite.
Les Saints l'ont connue.
Thérèse de Lisieux elle-même était torturée par l'idée du néant après la mort.

Pourquoi Dieu permet-il cette souffrance ?

Il la permet pour nous rappeler que la foi est une grâce... Il fait mine de nous la retirer, pour que nous la demandions. Et il faut la demander. « Seigneur, augmentez en nous la foi », disait les Apôtres eux-mêmes.
Il veut nous mieux comprendre le prix de notre croyance.
Les grands convertis sont si heureux et si fervents !... Ils ont tant souffert de ne croire à rien... N'est-ce pas affreux de se dire : « Je vais mourir bientôt et ce sera fini... et je ne reverrai jamais ceux que j'ai aimés... Alors à quoi bon vivre, travailler, souffrir ? » Si les croyants pouvaient passer une heure dans le cœur torturé d'un incrédule, ils béniraient Dieu qui leur a donné la foi, et ils agiraient beaucoup mieux.
Les saints ont remarqué que les tortures du doute sont toujours suivies des plus hautes faveurs... Il importe donc de ne pas se laisser décourager.
Il faut tout de suite réagir... Une inquiétude se présente à votre esprit : vite, faites un acte de foi... Faites-le par volonté, malgré l'impression contraire. C'est capital. L'ennemi vous assiège, défendez-vous.
Ceux qui tolèrent une hésitation font une injure à Dieu, perdent la force de la prière. Ils n'accomplissent plus d’œuvres vraies. Ce sont des feuilles d'automne : ils tiennent à l'arbre de l'Église, mais n'ont plus de sève.

D'où viennent nos doutes ?

Ils peuvent venir du démon, de l'esprit critique, des lectures imprudentes...
Ils viennent aussi :
Des mystères renfermés dans la foi ;
de l'incompréhensible conduite de Dieu à notre égard.
- La religion a des mystères.
C'est normal. Elle est la science de Dieu, et Dieu n'est pas à notre mesure... Il est infiniment grand. L'esprit humain est trop petit pour le comprendre. Le coquillage ne peut pas contenir l'océan.
Une religion sans mystère ne serait pas une œuvre divine.
Le monde qui nous entoure est plein de mystères. Nous les admettons. Pourquoi repousser les vérités sublimes du christianisme ?
Un peu de pain devient notre sang ; pourquoi le pain qui est sur l'autel ne se changerait-il pas au Corps et au Sang du Christ ?
Un homme parle dans un micro ; il communique sa pensée à l'humanité entière. Pourquoi le Christ, du fond de son hostie, ne pourrait-Il pas aussi se livrer à tous les hommes ?
Nous admirons les merveilles inexplicables de la nature ; pourquoi ne pas admirer les merveilles cachées dans la foi ? C'est le même Dieu qui les a faites. Il n'y a qu'à adorer, qu'à incliner notre pauvre petite pensée humaine. Il n'y a aussi qu'à remercier. Nous aurions pu ne rien savoir... Dieu aurait pu ne pas se révéler. Il aurait pu ne pas se livrer à nous sous l'Hostie, ne pas nous dire les joies du Ciel. Nous aurions pu tout ignorer. Il a eu pitié. Il a soulevé un coin du voile.. Nous commençons à voir... Bientôt nous saurons davantage... Prenons patience.
C'est du reste ce qu'ont fait les plus grands génies. Ils ne se sont pas révoltés devant le mystère. Ils ont été saisis par sa profondeur. Ils se sont inclinés. Ils ont fait à Dieu l'hommage de leur intelligence...
Il faut faire comme eux et répéter avec Saint Thomas : « Adore te devote latens Deitas... O Dieu caché, je t'adore avec amour. »

La conduite de Dieu sur nous est souvent incompréhensible.

Oui, si incompréhensible que nous sommes tentés de nous révolter. Nous prions et... rien n'arrive. Nous désirons un beau foyer et les années passent. Nous voudrions faire de grandes choses... et notre santé, notre situation nous paralysent. Nous supplions Dieu de nous aider dans nos résolution et... nous retombons toujours...
Alors, à quoi bon l'effort ? Laissons-nous vivre... Oui, Dieu se tait... C'est ainsi.
Il nous a donné assez de preuves d'amour, il faut nous en souvenir à l'heure de l'épreuve. Il s'est donné ; à nous de nous donner quand tout est noir.
Dieu se tait... mais nous savons qu'Il est là... Accrochons-nous désespérément à cette réalité... en attendant que la lumière revienne.
Et puis, le silence de Jésus ne dure jamais longtemps. Quand le Maître a vu notre fidélité, Il intervient... Alors de grandes lumières sont données. Aux douleurs du Calvaire succèdent les joies de la résurrection...
Dieu éprouve « les siens », parce qu'Il veut voir si leur amour est sincère... Il veut savoir jusqu'où ira notre confiance. Quand Il voit que nous tenons, que nous lui disons : « Je suis sûr de toi... Je te connais... Je connais ton cœur... J'attends... Je sais que tu reviendras... Tu es trop bon... »
Oui, quand Il entend ces cris d'une âme fidèle, ferme dans la foi... alors Il est ravi : « O Femme, que ra foi est grande ! »
Ouvrez l'Evangile.
Voyez ce que Jésus a fait avec sa Mère.
Il ne l'a pas épargnée... Dans la nuit de la Nativité, Il l'a laissée sans abri... oui, sans abri... après un voyage pénible. Le soir, Marie errait, comme une pauvresse, dans la campagne. Elle ne trouvait rien pour déposer son enfant.
Mais la Vierge chantait dans son cœur... L'idée ne lui est pas venue de douter de son Fils. Que d'autres scènes où Jésus s'est montré exigeant pour les siens...
Quand Marthe et Marie ont fait dire au Sauveur : « Celui que vous aimez est malade... » Jésus ne s'est pas découragé. Il a feint l'indifférence... Il voulait voir ce qu'on dirait à Béthanie... On a gardé la confiance : « Si vous aviez été ici, Seigneur, mon frère ne serait pas mort. » Alors, Jésus qui avait poussé l'épreuve un peu loin, et qui avait vu le chagrin causé par Lui à ses amis...Jésus eut comme un regret. Il s'attendrit et... Il pleura.
Cette page révèle l'attitude de Dieu dans les épreuves qu'Il nous envoie. Il n'est pas insensible à notre peine. Il en mesure la profondeur. Il nous assiste en silence pour que nous la portions.
Puis, n'y tenant plus, il intervient...
Il intervient... après la mort...

Oh ! que le Ciel sera beau pour ceux qui, dans les épreuves de la foi, n'auront jamais douté de l'Amour.

_______

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Message  Roger Boivin Jeu 28 Fév 2019 - 20:26



LES PAUVRES PÉCHEURS

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Ils sont légion... Nous les côtoyons partout... Ils sont à côté de nous, chez nous, peut-être...
Combien ne savent pas le « divin Message »... ou l'ont renié...
Dieu les avait fait pour de grandes choses... créés pour une destinée sublime... et ils languissent dans un cachot, prisonniers de leurs passions... Leurs nobles sentiments sont écrasés sous un monde de frivolité...
Leur âme immortelle avait reçu des ailes... Ils s'amusent à gratter la terre... et se déclarent satisfaits... C'est une pitié...
Ouvrez les yeux... Combien de jeunes autour de vous sont tombés, flétris !... Ils ont perdu leur enthousiasme... Ils ont vieilli...
Ils errent dans la nuit à la recherche du bonheur... de l'amour... qui les fuient...
Comme ces âmes sont malheureuses, dignes de notre regard, de notre affection chrétienne, de notre prière !
Ce sont « des âmes orphelines »... Elles ont perdu le meilleur des Pères : Dieu Lui-même.
Elles sont au ban de la plus noble des familles... « la famille céleste »... qui les avait adoptées... et dont elles se sont éloignées.
Elles avaient le Christ pour « Frère »... le Saint-Esprit pour « Ami intérieur »... la Vierge pour « Mère »... Elles n'ont plus rien... Ce sont des « sans famille », des « filles de Roi » découronnées. Et le pire, c'est qu'elles se sont éloignées elles-mêmes de leur adorable milieu spirituel. Elles ont fait leur propre malheur...
Et puis, ces « baptisées » sont dans un état lamentable. Elles ont perdu la beauté intime que leur avait donnée la vie divine. Une lèpre, une vraie lèpre les couvre... Un cancer les a ravagées : le cancer du péché !...
Si nos yeux pouvaient voir cette déchéance, ce triste état intérieur, qui est aussi réel que les pires maladies du corps !...
Nous sommes émus en face des malades vus en foule à Lourdes. Nous gardons en nous l'image de leurs souffrances. Nous revoyons leur visage douloureux...  Ce visage n'est pas à comparer avec le « visage souillé des âmes » en état de péché mortel...
Et pour comble, les pécheurs sont exposés à l'effroyable damnation prédite dans l'Evangile... damnation sans rémission... éternelle. Qu'une mort subite les enlève : tout de suite tomberait sur eux la terrible phrase de justice : « Allez, maudits, au feu éternel »...

***

Or, ces âmes de nos frères pourraient être guéries, restaurées, remises dans leur beauté première, rendues à leur Père céleste qui les cherche et les veut et nous les confie... Oui, elles pourraient être sauvées... si nous voulions, si toi, tu le voulais...
C'est le privilège magnifique du chrétien de pouvoir contribuer au miracle moral de la résurrection d'une âme... de la résurrection de beaucoup d'âmes...
Et à peu de frais...
Oui à peu de frais... Une prière et une souffrance peuvent suffire.
C'est la toute petite rançon prévue par Dieu.
C'est la rançon qu'a fournie Jésus.
C'est la rançon qu'ont fourni e Marie et tous les Saints.
Par ces « deux petites pièces de monnaie » s'opère le rachat du monde.
Que Dieu est bon ! Oh ! oui comme Il est bon !...
C'est parce qu'Il aime à la folie les brebis perdues, qu'Il exige si peu pour les reprendre après leur trahison.
Il est vrai que « ce peu », en allant se fondre dans la Prière et le Sang du Christ, prend une puissance immense... C'est là tout le mystère de la Rédemption...
Aussi, humble chrétienne, toi qui ne peux rien sur le monde visible, tu peux immensément dans le monde invisible... sur le Cœur du Bon Dieu... Tu peux faire revenir au bercail divin des âmes égarées... Tu peux les rendre à la Vie... à leur Père des Cieux...
Pénètre-toi d'abord de cette idée.
Tu peux « tout », tu entends « tout », dans ce domaine des résurrections spirituelles.
Une femme donne la vie naturelle... Elle a reçu de Dieu un pouvoir créateur...
C'est stupéfiant... sublime...
Cela se voit tous les jours... On n'en saisit plus le côté extraordinaire...
Dans l'ordre de la grâce, la plus petite âme a le même pouvoir : celui de rendre la vie à un pécheur, à des pécheurs.
Sa maternité ne se limite pas à huit ou dix enfants... Elle peut s'étendre très loin...
Songe aux nombreuses conversions opérées par une Bernadette ignorante ou une Thérèse de Jésus cachée...
Ce pouvoir, Dieu l'a donné à ses enfants... à tous ses enfants... C'est une des grandes joies du chrétien qui vit dans l'amitié divine.
Et il faut, ô toi qui lis ces lignes, t'en servir à fond.
Tu peux commencer tout de suite. Offre le mouvement de pitié sainte que ces lignes viennent de former dans ton cœur... oui, offre-le en t'arrêtant ici, trois secondes... Une âme en péril va être touchée... touchée par toi... comme une barque est arrachée à la tempête par un dévouement.

Veux-tu contribuer à la résurrection d'une âme ?
Tu travailles... Offre ton travail ! Pose-le en pensée sur la patène, à côté du Corps du Christ... Fais ce geste... Il est simple, aussi simple que les cinq mots créateurs prononcés par le prêtre, à l'autel, sur l'Hostie qu'il tient dans sa main...
Tu as un chagrin, une croix intime... C'est une valeur...  C'est de l'or spirituel. Donne-le au Christ tout de suite... Jette ce beau cri triomphant : « O mon Dieu !... j'accepte ma peine... pour la rédemption d'une âme »...  Sois noble. A quoi bon gémir ? Gémir, c'est stérile. Offrir, c'est fécond. Alors, offre... offre... offre tout... Chaque chose a son mérite... Et ce mérite dépend de la pureté de ton cœur, de la vivacité de ta foi. Un rien, offert par un cœur pénétré de bonté, a des répercussions inimaginables dans les sphères spirituelles.
On ne sait pas... on ne saura jamais sur la terre... la puissance d'un cri arraché par la charité à une âme unie à la Trinité...
Ce cri par lequel tu donnes quelque chose à Dieu, ô âme chrétienne ! ce cri n'est pas seulement poussé par toi ; il est aussi poussé par le Christ dans lequel tu es plongée par la grâce... C'est lui qui, en toi, interpelle la puissance...
Quelles perspectives !! On croit rêver... Non, non, on ne rêve pas. On vit seulement tout le réel de sa foi. Elle a, cette foi, un pouvoir incommensurable... Comme l'a dit le Sauveur : « Elle transporterait les montagnes »... « Tout est possible à celui qui croit ».
Oui, à celui qui croit... et qui prie, et qui offre sa souffrance pour ses frères malheureux et si attachants » les pauvres pécheurs ».

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Message  Roger Boivin Ven 1 Mar 2019 - 21:02


[Édité en 1940, ne pas oublier] :



LA MESSE... « SOLENNITÉ PLEINE DE MERVEILLES » (NEWANN.)

_______


« L'imagination humaine ne peut rien concevoir de plus grand que la Messe, elle épuise l'infinie miséricorde de Dieu. »
L'expression est de Pie XI... elle est forte...
Hélas ! cette richesse de la foi catholique est encore bien peu comprise. Si elle était comprise, y aurait-il un aussi petit nombre de fidèles chaque matin autour de nos autels ?... Serait-on aussi distrait ?
Imaginez ce que doivent penser les cent quarante mille âme qui paraissent quotidiennement au tribunal de Dieu et qui voient là-haut le prix d'une Messe !!... Leur Sauveur venait les visiter en Personne, dans leur église... Il suffisait de faire quelques pas pour venir à Lui... pour s'unir à ses Prières puissantes... pour L'offrir... pour recueillir d'immenses faveurs spirituelles... Et elles L'ont délaissé, méconnu, peu aimé !
De fait, l'indifférence de certains catholiques pour la Messe est incompréhensible...
On leur dit : « Le Sauveur attendu par l'Humanité pendant des siècles... désiré ardemment dans l'antiquité par de nobles âmes qui ne L'ont jamais vu... oui, ce Sauveur se donne sans arrêt dans les temples »... Et les chrétiens ne s'émeuvent pas...
Le Christ Lui-même leur crie : « Soulevez le voile des Hosties offertes par la main de vos prêtres... Regardez... C'est mon Corps, mon Sang... C'est Moi qui ai été livré pour vous, à Jérusalem, le Vendredi-Saint... Ma Toute-Puissance a opéré ce prodige pour vos âmes que j'aime... que je veux toucher... sauver... »
Les chrétiens devraient méditer de pareilles paroles... puis donner à ces paroles la réponse qui convient... Ils devraient accourir, contempler, adorer. Ils manquent de ferveur... On dirait qu'ils ne croient pas...

L'Eglise insiste près des fidèles trop indifférents. Elle leur crie : « Voyez votre bonheur ! Vous avez tout près de vous le Christ qu'ont vu les habitants de la Judée. Dans les ressources de son Intelligence sans limite, il a trouvé un moyen de vous faire bénéficier des grâces méritées par ses souffrances : « Un Prêtre... un peu de pain... un peu de vin... trois paroles !... » et Il accourt près de vous... Vous n'avez pas besoin d'aller Le chercher. Il vient Lui-même... Voyez comme Il est bon... comme vous comptez pour Lui... Allons, quittez votre demeure chaque jour pendant quelques minutes. Levez-vous un peu plus tôt. Poussez la porte de votre église. Le voici... C'est Lui... Lui qu'acclamaient les foules le jour des Rameaux... Prenez votre missel... Acclamez-le à votre tour... « Les Cieux et la terre sont remplis de votre gloire... Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur... Hosanna. »
Il adore... Il remercie... Il prie... Il expie... Unissez-vous à sa prière sublime comme la goutte d'eau qui tombe dans le calice... Vous allez enfin pouvoir louer Dieu comme Il le mérite... Quelle joie pour vous !...
Vos péchés vous effrayent. Vous craignez la justice divine... Ne craignez plus. Entre la Majesté de Dieu offensé et vous le misérable pécheur, il y a toute la pure Hostie... Suspendez-la comme un nuage protecteur au-dessus de votre tête... Vous voilà sauvé... sauvé par la bonté écrasante du Fils de Dieu, du Sauveur Jésus...
Ainsi parle l'Eglise de Dieu à l'âme du chrétien. Elle le pousse vers cette merveille qu'est la Sainte Messe... Elle lui dit : « Tu donnes du temps à tes affaires, à ton corps. Donne un peu de temps à ton âme, à ton Créateur... » Mais, enlisé dans la matière, le fidèle ne répond pas... Il a l'air de ne pas comprendre.
La Messe, pour lui, c'est une cérémonie mystérieuse à laquelle il assiste passivement. Sa longueur l'ennuie. Il arrive en retard. Il ne regarde même pas l'autel. Il observe les assistants. On lui dit de prendre un livre, de suivre, d'avoir sous les yeux le texte sacré. Il n'en fait rien... Cette insouciance n' a pas de nom...
Le péché de ceux qui agissent ainsi est effrayant...
Il faut que les âmes éclairées rachètent par leurs prières, en entrant avec foi dans les horizons lumineux de la Messe, dans les joies de ce don unique que nous fit Jésus au soir de sa vie, don qui nous permet de L'avoir et de L'entourer comme L'avait et L'entouraient Marie, Jean et Madeleine au Golgotha...
Car la plus humble messe célébrée dans la plus humble église, devant la plus humble assistance... c'est Jésus offrant toutes ses souffrances pour nous... attirant sur nous la bienveillance de son Père...
Pesez bien ces mots... Ils sont rigoureusement vrais... Ils ouvrent d'immenses perspectives sur les dispositions de Dieu à notre égard... Ils font comprendre la parole stupéfiante de l'Apôtre saint Jean : « Sic Deus dilexit mundum... C'est ainsi que Dieu a aimé le monde. »
Réfléchissez...
Vous voyez ou plutôt vous pressentez ce qu'est la Messe. Or, quatre cent mille environ (vous lisez bien) sont célébrées chaque jour. La terre tout entière tourne sous la lumière de l'Hostie et du Calice... qui la dominent et qui la sauvent...
Notre planète est continuellement sous la vivante chaleur du Cœur de Jésus-Christ qui bat pour nos âmes... Des rayons célestes partent de tous les autels de la terre et viennent jusqu'à vous... Ce sont des grâces de toutes sortes qui vous sont données et que vous pouvez capter pour vous, pour l'Eglise, pour les pécheurs, pour les âmes qui sont sur l'autre rive, dans le purgatoire...
Quelle richesse !... Utilisez-la... mais utilisez-la donc !... Prenez ces trésors... Le Bon Dieu vous les offre.

[Quand la « Sainte Messe » nous fait défaut, comme en ce moment pour nous, et ce depuis des décennies, l'Église supplée : il nous reste la « Messe Sèche » (Roger)]

Arrêtez-vous de temps en temps dans votre travail, dans les rues, chez vous... écoutez ce qui se dit au loin... On parle de vous dans des églises lointaines... [Il va s'en dire que, depuis "vatican 2", toutes nos églises, mondialement parlant, ont toutes été profanées ; alors.. je me demande bien où en ce moment !] ... Jésus prononce votre nom : « Recevez Père Saint, cette Hostie immaculée... pour tous les fidèles vivants... » Vous êtes un de ces fidèles vivants...
Cela ne vous fait pas tressaillir, ce « momento » que l'on vous donne sans cesse dans toutes les parties du monde ? Vous n'êtes jamais oublié, jamais... L'Eglise et le Christ prient pour vous, même la nuit quand vous sommeillez.
C'est sans doute à cela que vous devez les miséricordes qui vous enveloppent...
Priez, vous aussi, pour vos Frères. Emparez-vous fréquemment des Hosties et des Calices qui s'offrent... Prenez-les, là où ils sont ; en Amérique, au Canada, au Brésil, au Japon, en Chine... dans toutes les grandes capitales d'Europe, à Rome où vit le Représentant du Christ [Alors, c'était le Pape Pie XII ; aujourd'hui le Vatican est occupé par des Intrus.]. Un geste d'offrande, c'est vite fait...
Votre prière et vos sacrifices ne valent pas grand'chose... mais avez-vous songé à ce que valent la Prière et le Sacrifice de Celui dont il est dit : « qu'une seule goutte de sang peut effacer tous les péchés du Monde... »

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Message  Roger Boivin Sam 2 Mar 2019 - 20:55



VOTRE ROLE SUBLIME A LA MESSE

Il faut « offrir » le Christ

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Il y a quelques années, un indifférent entrait dans une église... Un prêtre était à l'autel... C'était le moment de l'élévation... l'Hostie montait lentement dans les doigts du prêtre... les fidèles baissaient la tête... Un silence émouvant et plein d'adoration planait sur la foule... La scène était si grande que l'homme pressentit qu'une chose immense se passait... Il fut bouleversé... Il désira connaître la Messe... Quand il fut au courant, il y vint tous les jours... Il est aujourd'hui « Religieux »... Le fait est raconté dans un beau livre d'un Dominicain.
Cette impression de grandeur s'explique.
La Messe est un drame... un drame d'amour... auquel nous sommes mêlés... Il s'agit du Fils de Dieu Lui-même qui donne « sa Vie » pour nous... non plus sur la colline du Calvaire... mais sur la scène d'un autel... devant des milliards d'Anges et de Saints en extase... tandis que le rideau d'une hostie et d'un calice voile le drame...
Les fidèles, eux, ne voient rien... Ils verront un jour... Mais « ils savent »... Cela suffit... Jésus a dit : « C'est mon Corps. C'est mon Sang répandu pour la rémission des péchés. »
Ils ont un « grand rôle » à jouer... dans cette tragédie non sanglante... qui eut lieu pour la première fois le Vendredi-Saint... qui aura lieu pour la dernière fois à la fin des temps... quand les hommes n'auront plus besoin d'être sauvés...
Ce rôle, hélas ! ignoré de beaucoup, quel est-il ?...
L'Eglise, dans les prières augustes du Missel, le dit nettement...
Elle met plusieurs fois sur les lèvres des fidèles ces mots riches de sens : « Nous vous offrons, Seigneur... »
Il faut donc faire un acte... un grand acte, quand on est à la Messe...
Il faut « offrir » Jésus...
Celui-ci se remet, en effet, entre vos mains comme Il se remit entre les mains de la Vierge à Bethléem et ;à Nazareth... Vous L'avez à vous... tout à vous... quand Il est à l'autel... Il est « votre chose »... « Mon Bien-Aimé est à moi »... dit l'Ecriture... Il se livre avec joie... ai dernier des pécheur... qu'Il veut régénérer...
C'est inconcevable...
C'est l'infini dans la bonté...
Il faut donc monter en esprit jusqu'à l'autel... pour « offrir » et réaliser ainsi la volonté formelle du Sauveur...
Il faut « Le prendre » comme Le prit dans le Temple le vieillard Siméon « accepti eum in ulnis »...
Il faut, comme lui, vous rendre bien compte que vous portez spirituellement le Corps avec sa Sainte face... son Cœur transpercé... son Ame avec ses adorations... ses actions de grâces... tout ce qu'Il a pensé... voulu... souffert... pendant trente-trois années... tout ce qu'Il a souffert sur la montagne sanglante...
Oui, vous avez cette « bonne fortune »... Saint Paul le dit : « Divites facti estis in illo »... « Vous êtes riches de Lui »...
Une fois en possession du Christ... comme le prêtre... Il faut faire « l'offertoire »... Expliquons ces mots essentiels...
N'avez-vous jamais été navré de la pauvreté de vos prières... de votre impuissance `;a aimer... à remercier... à réparer vos fautes ?...
N'avez-vous jamais eu ce noble tourment de votre petitesse, de votre insuffisance, de vos distractions, de vos sécheresses... devant l'infinie bonté de Dieu ?...
Jésus a prévu ce tourment...
Il y a remédié... Il a créé la Messe...
Il a décidé de venir près de vous... pour vous aider à glorifier le Père... à réparer vos outrages... à payer vos dettes...
Il a eu la pensée généreuse de vous donner ses prières... toutes ses prières : celles de sa Crèche... celles de ses journées et ses nuits apostoliques... celles de sa Passion surtout...
Il a eu la pensée de vous donner son Cœur brûlant... consumé... l'eau et le sang qui sont sortis de ce Cœur...
Et ce Don, Il a voulu le faire... non pas une fois dans votre vie... mais tous les jours de votre vie,... et chaque jour... plusieurs fois par seconde... seize mille cents fois par heure... Il a rêvé de « s'offrir » par vous... sans arrêt... à tel point que, même la nuit, vous puissiez vous dire en vous éveillant : « Il est à moi... tout à moi... en ce moment sur des autels inconnus... et Il désire... d'un grand désir... que je vienne à Lui... que j'ose Le prendre... prendre sa Prière et son sang pour les « présenter devant la Face du Père »...
C'est cela la Messe... C'est tout cela...

Comment ne pas répondre à une telle ardente volonté du Christ qui veut que nous L'élevions devant la Trinité Sainte.
Il y a, au fond, une telle douceur « à dire ainsi la Messe »... à la dire comme la Vierge l'a dite au Calvaire... à la dire comme le Prêtre... avec le prêtre surtout... (qui lit sur son Missel) et en la disant (comme lui, sur votre Missel) à entendre monter l'harmonie de la Voix de Jésus... « Voix si chère au Père », si puissante devant Lui... puissante pour nous... puissante pour l'Eglise... pour les grands intérêts des âmes...
Une seule Messe pourrait purifier toutes les souillures du monde !...

La Messe !... la Messe !... c'est la grande chose dans la vie d'un prêtre...
Ce doit être la grande chose dans la vie du Chrétien...
C'est la gloire du prêtre... c'est ce qui le rend « si vénérable » aux yeux du vrai fidèle... qui frémit en voyant l'hostie qui s'élève au-dessus des assistants prosternés...
Songez que les Anges eux-mêmes adorent le chef-d’œuvre enfanté par les lèvres sacerdotales...
« Que j'aurais voulu être Prêtre ! »... disait Thérèse de Lisieux...
Prêtre ! vous l'êtes dans une certaine mesure, puisque Jésus veut « s'offrir » par vos mains... comme Il s'offre par les mains de son Ministre écrasé par son bonheur...
La Messe... votre Messe... c'est un « vrai Thabor » pour vous... un Thabor où le Christ vous convie chaque matin... un Thabor où s'opèrent la transfiguration de votre âme rebaptisée dans le Sang de Jésus... dans ce Sang que vous offrez vous-même... en présence de la Vierge, des Anges et des Saints...
Ah ! « qu'il fait bon » monter chaque matin vers ce sommet de gloire, pour dire au Père : « Voici votre Fils bien-aimé... Il est à moi... Je vous Le donne... »

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Message  Roger Boivin Dim 3 Mar 2019 - 20:44



VOTRE ROLE SUBLIME A LA MESSE

Il faut « vous offrir »

_____


Tous ceux qui ont connu le Père de Foucauld disent qu'il avait « la passion de la Messe ».
Elle était le grand acte de sa vie...
Dans ses longs voyages, il chargeait toujours sur un chameau sa chapelle portative et, chaque matin, au milieu des dunes dorées du désert, dans ces immensités où jamais le Christ n'était descendu, il « célébrait l'auguste Mystère »...
Il « se donnait » surtout avec son Dieu...
Il « offrait » tout son être, toutes ses souffrances, toute sa vie, pour les tributs abandonnées auxquelles il avait voué sa vie et dont il voulait civiliser l'esprit.
La Messe était « un don » total de lui-même.
C'est ce qu'elle devrait être pour tous ceux qui y assistent.
Hélas ! la plupart des fidèles ne savent pas qu'ils doivent « s'offrir avec leur Dieu ».
Ils sont « passifs » devant le grand drame de l'autel.
- Il y a ceux qui font simplement acte de présence. Ils ne prennent aucun intérêt à ce qui se passe. Messe inintelligente et nulle...
- Il y a ceux qui récitent le chapelet. C'est un peu plus que la simple présence, mais ce n'est pas la note qu'il faut donner. Le chapelet et la messe, cela fait deux...
- Il y a ceux qui n'aiment que les messe en musique, les messe de mariage par exemple. C'est la musique qui compte pour eux... et non le drame divin... qui passe au deuxième plan...
Tous ces fidèles croient au fond que la messe est uniquement l'affaire des prêtres... Ils n'y participent pas... Ils sont là... voilà tout... Ils ne savent pas qu'ils ont quelque chose à faire et à dire...
Ils doivent non seulement « offrir Jésus » comme on l'a dit... Ils doivent aussi » s'offrir » eux-mêmes avec Lui.
N'ont-ils pas tout reçu de Dieu ? Ne les comble-t-Il pas de bienfaits incessants ? Ne sont-ils pas à Lui ? Ils ont donc « des actes » à faire...
quels actes ?

***

D'abord, au début de la Messe, il faut « offrir votre repentir ». C'est ce que fait le prêtre. Profondément incliné, il demande pardon, songez à vos fautes... Il le faut... Vous ne pouvez pas vous présenter devant la Sainteté divine sans être « en état »... Vous portez peut-être un « lourd passé » derrière vous... Et vous l'avez si peu expié... oui, si peu !...
Comprenez votre indignité...
Faites appel à l'intercession de la Bienheureuse Mari toujours Vierge, de saint Michel Archange, de tous les Saints si heureux de vous assister... Dites avec ferveur le « Kyrie eleison », le « Gloria in excelsis ». Ce sont des oraisons puissantes... guérisseuses... qui vont au cœur du Père, du Fils et du Saint-Esprit... Elles vous rétabliront dans une grande pureté... Et votre Messe aura plus de poids...
Vous comprendrez mieux les idées sanctifiantes contenues dans l'Epître... dans l'Evangile... Les âmes « pures » voient mieux...
- Vous voici à l' « Offertoire »... Le prêtre « présente » l'hostie. « Offrez-la avec lui »... Votre missel a une formule frappante ; dites-la lentement : « Recevez, Père Saint, Dieu tout-puissant et éternel, cette hostie immaculée. » Remarquez la portée immense de votre demande. Vous parlez pour tous les fidèles vivants et morts... Uni au Christ vous atteignez l'Humanité entière... celle qui a vécu... celle qui vit encore. C'est une vision grandiose... Si vous n'aviez pas de puissance par votre intercession, on ne comprendrait pas pourquoi l'Eglise vous ferait prier ainsi...
Le prête met alors du vin et quelques gouttes d'eau dans le calice. Ces gouttes d'eau sont un symbole. Elles représentent votre personne, votre vie, vos joies et vos peines, qu'il faut « mêler » à la personne, à la vie, aux souffrances du Christ, qui a soif de vous prendre avec Lui dans sa montée vers le Père...
Il veut « consacrer » votre journée et grandir votre mérite.
Perdez-vous donc en Lui... Cela, l'avez-vous jamais fait ?
Vous êtes-vous jamais ainsi fondu en Dieu ?... Pourtant, cela fait partie de la messe.
Quel « acte personnel » devez-vous faire encore ?
- A la Préface : Louez Dieu avec les Esprits célestes... Dites avec eux : « Les cieux et la terre sont remplis de votre gloire, ô mon Dieu... Hosanna au plus haut des cieux. »
- Au Canon : faites appel à la prière de la Vierge et des Saints... Vous entrez en communion avec eux... « Communicantes », dit la Liturgie.
A partir de cet instant, toute la création entoure l'autel... et se joint à vous... Vos moindres cris d'âme ont une portée très grande... Ne soyez plus distrait... La minute est précieuse.
- A l'Elévation : Mettez votre âme... les âmes que vous aimez... les pauvres pécheurs entre les mains du Christ réincarnée... Ne faites avec Lui « qu'une Hostie »... C'est son désir (Son Désir !).
- Après l'Elévation : L'Eglise a des phrases admirables... goûtez-les... On évoque le souvenir des défunts... C'est l'heure de songer à vos morts... Ils sont dans l'attente... On parle de « bénédictions célestes » qui descendent... de « gloire » infinie rendue « à la divine Majesté »... par le Fils de Dieu... livré entre vos mains.
- Ensuite, ce sont les demandes du Pater, un appel « à la paix » : « Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous »...
Trois prières préparatoires à la Communion : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites une parole et mon âme sera guérie »...
La Communion du prêtre... la vôtre...
Enfin » l'Action de grâces »... Lisez par curiosité les deux prières que le prêtre récite en purifiant le calice... puis les dernières oraisons... l'appel à la Trinité... Vous serez surpris de la « densité » spirituelle de ces formules vénérables qui ont alimenté tant d'âmes au cours des siècles... Elles sont « l'action de grâces » du prêtre... Qu'elles soient aussi la vôtre... Il n'y a pas mieux...
Pour terminer, n'oubliez jamais que vous n'êtes pas « seul » à la messe.
Vous êtes dans un merveilleux ensemble...
Le Christ vivant... sa Mère... tous les Anges et tous les Saints prient avec vous...
Vous êtes associés à ces Etres supérieurs.
Vous mettez « votre note » à vous dans ce sublime concert. Et cette note compte... Dieu la désire. Il l'écoute. Il l'exauce... En vous, Il entend « la voix de son Fils bien-aimé »...
On ne peut pas savoir « la puissance » du sacrifice de l'autel. En une demi-heure, vous gagnez d'incalculables richesses... des milliards spirituels... que vous connaîtrez là-haut.
Une seule messe, bien entendue, efface tous vos péchés... Elle peut faire de vous « une âme sainte ».
Songez au bon larron... Il a bien assisté à la première messe dite au Calvaire... Il y a pris une part personnelle. Il a dit quelques mots bien sentis : « Seigneur ! souvenez-vous de moi. » (Nous en disons autant au « Momento ».)
Il a été complètement transformé...
Il a gagné une éternité (une éternité !) de bonheur.
Il a pris place dans la sublime Légion des Saints... d'où ses crimes l,avaient exclu...
Ce jour-là, Jésus vous a montré clairement « la valeur » d'une seule messe... l'importance qu'elle revêt à ses yeux... qu'elle doit avoir à vos yeux...
Un jour... bientôt... quand vous verrez tout ce que Dieu dans son amour a renfermé dans l'auguste drame de l'Autel... vous direz : « Si j'avais su !... »
...Vous savez maintenant... ou du moins vous commencez à savoir...

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Message  Roger Boivin Lun 4 Mar 2019 - 19:56



L'ORAISON.. ACCESSIBLE A TOUS

Le Mystère de la Vie Intérieure

______


C'est le mystère d'une âme qui, chaque jour, se recueille quelques instants, lit un bon livre, glane une pensée noble, la médite et par elle retrouve la paix et s'unit à son Dieu...
Heureux ceux qui rentrent ainsi en eux-mêmes,... ceux qui « pensent » les hautes vérités de leur foi,... ceux qui vivent « par l'esprit ».
Le monde les use et les défigure.
La contemplation les restaure et les transfigure... Elle ranime sans cesse leur amour. Par elle, ils retrouvent les forces spirituelles perdues.
Et cela s'appelle en religion, faire un peu « d'oraison »...
Beaucoup ne savent pas et traînent lamentablement leur vie chrétienne sans la comprendre et sans la goûter.
Essayons de les éclairer.

L'Oraison ?...

C'est très simple. Ménagez-vous un instant de calme, soit chez vous, soit à l'église.
Prenez un livre religieux : l'Evangile... votre Missel. Lisez comme quelqu'un qui cherche, qui a faim, et qui est sûr de trouver. Une idée se présentera,... accueillez-la,... absorbez-la... Aspirez la vérité, comme la fleur aspire le Soleil...
Puis, quand vous avez ainsi « pensé » la parole divine... Taisez-vous.
Restez aux pieds du Christ... Laissez-Le agir à son tour... poser sa lumière sur le germe que vous aurez reçu. Alors, la vérité entrera en vous, elle se transformera en sève vivifiante. Cette sève se changera en fleurs, en fruits... c'est-à-dire en actes de vertu, en courage, en pureté, en bonté, en sainteté.
Et de vous, cette sève passera dans les âmes liées à la vôtre. Elle leur portera sa vie secrète, bienfaisante.
Une prière inspirée par une Idée sainte peut aller « jusqu'aux extrémités de la terre »...

L'Oraison ?...

Descendez dans la crypte mystérieuse de votre cœur... et là, redites lentement au Christ ce que Lui ont dit ceux qui l'ont rencontré sur la terre. Prenez les mots consacrés par le texte, en les savourant... en exprimant leur vertu secrète.
- Dites comme Marie retrouvant son Fils dans le Temple : « Pourquoi me laissez-vous ? Voici que je vous cherche en pleurant ». Devinez-vous l'irrésistible puissance d'une pareille prière... répétée lentement et profondément... plusieurs fois ?...
- Dites aussi, en le creusant, le mot de la Vierge à Cana : « Ils n'ont plus de vin. » « Je n'ai plus de force... plus d'amour... » Et restez là devant le Sauveur... comme les Urnes remplies d'eau... Attendez l'action de Dieu.
Je vous l'affirme, une grande œuvre se fera... Vous serez « changé »... Pressentez-vous la puissance de l'oraison ?... Elle fait passer en nous la force même de Dieu... Elle agit sur notre être intime. Elle le purifie...
Il se fait en nous une invasion de divin...
- Répétez doucement la prière du lépreux : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir »...
Ce cri est si puissant dans sa simplicité !
- Il y a d'autres implorations dans l'Evangile...
Cherchez-les... redites-les en fixant le Christ : « Notre Fille, ô Jésus, est malade, mais venez, imposez-lui les mains et elle vivra. » C'est l'oraison de Jaïre...

« Faites que je voie... » C'est l'oraison de l'aveugle.
« Celui que vous aimez et malade... » C'est l'oraison de Marthe et de Marie...
- Vous voulez faire une oraison qui vous redonne de l'élan et vous arrache à la vie trop matérielle ?...
Songez aux trois Apôtres qui avaient suivi le Christ sur le Thabor... Devant sa gloire manifestée « Ils tombèrent la face contre terre... » Faites comme eux... Prosternez votre esprit... Posez votre tête sur les pieds du Maître... Cherchez les blessures sanglantes... et sur la plaie des mains, du côté, et des pieds,... mettez un long baiser... Voilà une merveilleuse oraison...
- Vous savez ce qu'a fait Saint Jean à la Cène. Il a incliné la tête sur la poitrine de son Dieu...
Le geste est audacieux. Il effraye votre âme pécheresse. Je comprends... Pourtant il est un autre acte plus audacieux que vous faites et que Dieu veut... Par la communion, vous ne faites « qu'un » avec l'Eternel...
Osez donc copier le geste moins intime du Disciple bien-aimé...

L'Oraison ?...

Vous êtes « au dehors » et vous n'avez pas de livre ? Qu'à cela ne tienne.
On trouve le Bon Dieu partout, quand on L'aime. Entre Lui et nous, il n'y a qu'un voile, le voile des choses... Dieu est derrière...
Il est dans un spectacle, dans un devoir, dans un prêtre qui passe, dans une église qu'on rencontre [plus maintenant]... dans une pensée religieuse qui nous revient à la mémoire...
Tout cela, c'est Lui qui nous cherche, qui se met sur notre chemin,... qui a « un mot » à nous dire...
Il suffit d'être toujours « en éveil »... de nous approcher de Lui à l'intérieur : « Introibo ad altare Dei », d'écouter ce qu'Il veut dire, de Le saluer, de Le bénir, de donner une « réponse filiale » : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ».
Tous les chemins mènent à Rome, a-t-on dit...
Ils mènent aussi à Dieu... par l'Oraison...

L'Oraison ?...

Fixez les autels du monde... où le sacrifice divin est offert, sans arrêt [Sûrement une denrée rare aujourd'hui !]... Là, vous trouverez le Christ comme Marie L'a retrouvé dans le Temple... Prenez-Le sous les voiles de l'Hostie... comme la Vierge L'a tant de fois pris « petit Enfant ». Puis, offrez-Le... Offrez le Sang qui efface les péchés de la terre...
Dites : « Père, voici votre Fils bien-aimé qui parle pour moi... pour ceux que j'aime... pour le Sacerdoce... Ecoutez-Le... » Voilà encore de l'oraison... Et cette oraison-là... on peut la faire partout... dans la fièvre des rues... comme dans le mystère d'un église... Il y a des petites ouvrières qui le font en pleine usine... C'est un moyen d'échapper à la vulgarité de l'ambiance...

L'Oraison ?...

Quand Sainte Thérèse d'Avila se trouvait dans les ténèbres... elle disait : « Je sais qu'Il me regarde et que ce Regard est chargé d'amour... Cela me suffit... »
Faites comme elle...
La fleur a-t-elle besoin de parler au soleil pour recevoir ses rayons ?
Dans l'Evangile, la femme malade n'a pas parlé à Notre-Seigneur. Il était trop grand et elle se jugeait trop petite... Elle se mit en arrière pour ne pas être vue...
Puis, elle Lui fit connaître son épreuve... Comment ? Pas par des paroles... Elle toucha simplement son vêtement et Jésus comprit son imploration... et elle fut exaucée.
- On peut donc s'unir à Dieu sans rien dire... On se met sous son regard... On étale sa misère devant Lui... et c'est elle qui parle... qui pleure... qui prie...
Est-ce qu'un enfant blessé sur la route et perdant son sang a besoin de demander à sa mère de le guérir ? Le cœur de la Mère comprend... Il se donne... Et le Cœur de Jésus, croyez-vous qu'Il se ferme quand Il vous voit gisant par terre ?...
Rappelez-vous ce qu'Il a fait...
- Songez à la brebis indépendante et blessée qu'Il tenait dans ses bras,... à l'enfant prodigue en haillons qu'Il serrait sur sa poitrine,... à la fille de Jaïre à qui Il disait en lui prenant la main : « Ma petite fille, lève-toi... »
Ces gestes si délicats, le Christ les refait pour vous quand, dans le silence de votre chambre, vous vous approchez de Lui, avec une intelligence calme et affamée.

L'Oraison ?...

L'âme évoque le Christ, ses paroles, ses gestes, ses mille preuves d'amour... Elle voit qu'elle a en Lui toutes les perfections... toutes les séductions... Elle est conquise, percée comme par des flèches.
Quelle bonté ! se dit-elle : « Un Dieu si grand qui s'occupe d'une poussière comme moi !... »
Toute pauvre qu'elle est, elle se sent comprise par cet Etre d'une infinie noblesse... Elle en est touchée à l'extrême... Elle ne s'explique pas, mais elle croit... Elle s'extasie... Elle lui donne toutes ses puissances dans une adoration muette. Elle se remémore ses paroles... Elles sont tellement différentes des paroles humaines... Elles résonnent en elle avec un charme pénétrant... « Je suis venu chercher ce qui était perdu... »
Elle sent le Regard de Dieu posé sur elle...
C'est comme une possession... un ravissement... un Ciel...
Elle jette en Lui toutes ses misères passées comme dans un brasier qui les consume... Ce que la vie avait détruit, l'Amour le restaure...
Elle retrouve « sa pureté d'enfant »...
Ses peines se dissolvent... Le diapason s'élève.
Elle se sent capable de vivre, non plus pour elle, mais pour les autres, pour l'Eglise qui a besoin de saints...
Elle se livre dans une paix infinie...
Jésus l'emporte dans le sein de la Trinité où elle se perd comme la goutte dans l'océan...

Voilà l'Oraison... Quelle grande chose !
Les Saints vivaient en oraison continuelle... Leur âme allait du devoir à Jésus et de Jésus au devoir...
Et ils étaient forts contre eux-mêmes... forts contre la vie... Ils vivaient dans une région supérieure... L'esprit planait au-dessus des vices et des passions...
Et cela se faisait par le miracle de l'oraison... de l'oraison que vous devriez faire... que vous pourriez faire... si vous vouliez...
C'est si simple en définitive, si à la portée de tous... Il suffit de vouloir le faire...
Et quand on l'a fait quelques instants chaque jour, chez soi, ou à l'église,... l'âme humaine est renouvelée, rafraîchie. Elle a respiré l'air des cimes... Il se fait en elle comme un printemps... Elle est plus proche de ce qui est beau et pur... Elle a plus de force pour le devoir...
Il y a sur elle « comme le Baiser de Dieu »...

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Message  Roger Boivin Mar 5 Mar 2019 - 20:22



LA CONVERSATION FAMILIÈRE AVEC LE SEIGNEUR

______


Le célèbre Cardinal Newmann, dans un de ses plus beaux sermons, s'exprimait ainsi : « L'intimité avec le Christ a été de tout temps la note caractéristique et comme la définition du Chrétien. »
C'est vrai. Le rêve du divin Maître, en vivant parmi les hommes, a été de conquérir leur affection, de provoquer l'attachement à sa Personne sacrée.
Il a tout fait pour cela.
L'Evangile nous le montre entièrement donné à toutes ses créatures, sans exception... surtout aux plus misérables... « Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs ».
« Les torrents de miséricorde, les trésors infinis de dilection » dont parle l'Eglise dans l'Office du Sacré-Cœur se déversaient sans arrêt sur les âmes...
Et ces âmes, craintives d'abord, puis rassurées, venaient à Lui, elles osaient s'ouvrir, se raconter, Lui découvrir leurs plaies, leurs deuils, leurs soucis mesquins et matériels...
Et Il en était ému... « O femme, que ta foi est grande ! »
C'est cela qu'Il voulait : « leur confiance totale... pour les améliorer... Quand Il l'avait, Il donnait tout : « Une vertu émanait de Lui... Il posait ses mains sur chaque malade... Il les guérissait tous. »
Jésus n'a pas changé...
Tel Il était en Judée, tel Il est dans l'Hostie, dans votre cœur.

Vous qui lisez ces lignes, croyez-moi, Il peut et veut être pour vous ce qu'Il a été autrefois pour d'autres...
Vous êtes tout pour Lui...
Il vous aime plus qu'Il ne s'est aimé... plus que vous ne vous aimez vous-même... Ne s'est-Il pas sacrifié tout entier pour vous ?...
Vous êtes sa préoccupation constante... Il a soif de vous aider, d'entrer dans toutes vos peines...
Seulement, Il voudrait que vous Lui parliez... que vous Le teniez au courant de ce qui vous touche...
Il est là, du reste, sur votre route... Levez les yeux... regardez-Le...
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? », vous dit-Il sans arrêt.
Alors, il faut perdre l'attitude froide, compassées que vous prenez dans vos prières.
Il faut aller au Christ simplement, sans cérémonie ; être « vrai » avec Lui... vous montrer au naturel... avec un désir intense d'être aidé... Il faut utiliser sa présence, ses grâces... Lui donner la joie de vous venir en aide...
C'est son immense désir... Il n'est venu sur la terre que pour cela... Ne Lui faites pas manquer sa mission...

Et comment arriver à cette confiance totale ?...
Pour vous aider à trouver cette note d'abandon délicieux, de familiarité touchante, d'audace respectueuse, je vais vous donner quelques exemples.
- Ouvrons d'abord l'Evangile...
Ils abondent... On a que l'embarras du choix. Il faudrait avoir des yeux neufs pour les mieux saisir... On perd si facilement, par l'habitude, le don de s'émerveiller... C'est notre grand danger, à nous les ouvriers de la première heure.

- Rappelez-vous la scène de Jésus au Temple, à douze ans.
Il était assis au milieu des Docteurs... « Il les écoutait, dit l'Ecriture, et Il les interrogeait. »
Croyez-vous que le Seigneur qui vit en vous comme dans son Sanctuaire caché, n'agit pas avec vous en ce moment même, comme Il agissait avec les Maîtres d'Israël ?...
Sûrement, Il vous écoute... Alors, faites-Lui connaître votre intérieur... Avouez vos lâchetés, vos résistances.
Pourquoi êtes-vous embarrassé... Est-ce que les Docteurs l'étaient, eux ?... Ils étaient « transportés »...
Vous pourriez dire tant de choses !... Il y a tant de sujets à aborder avec le divin Maître !... Il y a les âmes tentées... les pécheurs... les mourants... les Prêtres... qui ont besoin qu'on parle pour eux.
Et puis, Jésus « interrogeait » ses interlocuteurs...
Il vous interroge, vous aussi... en cet instant même...
Quels mots vous dit-Il ?... Pas besoin de chercher bien loin... Vous les connaissez : « Viens, suis-Moi »... « C'est Moi, n'aie pas peur »... « Si tu avais la foi comme un grain de sénevé »... « M'aimes-tu ? M'aime-tu plus que les autres ? »...
Il n'y a plus qu'à répondre...
Et vous trouvez qu'il est difficile d'entrer en rapport avec votre Créateur ?...

- Voici Jésus de nouveau dans le Temple... près des vendeurs... Il est étourdi par le trafic... les brebis qui bêlent, scandalisé par les gens qui discutent... L'épisode est connu.
N'est-ce pas ainsi dans votre intérieur... qui devrait être un sanctuaire et qui est peut-être un marché... une place publique où tout le monde parle... excepté Dieu ?...
Vous ne pourriez pas dire au Sauveur d'intervenir, de chasser les indésirables, de mettre du silence dans votre pauvre cœur tourmenté ?
Croyez-vous que votre cri Le laisserait froid ?

- Prenons un autre récit.
Un homme loyal, un Prince des Juifs, Nicodème, a soif de s'instruire du problème religieux. (Ces gens-là existent.) Il vient trouver le Christ, la nuit tombée. C'est un peu sans-gêne. Jésus est le Maître souverain après tout. Il aurait pu lui dire : « Reviens demain... Ma journée est finie... j'ai besoin de calme... Je n'aime pas ton respect humain. »
Au contraire, Il accueille cet homme avec une sympathie visible. Il se donne tout entier... Il laisse tomber sur son âme ouverte des phrases brûlantes qui ont embrasé des millions de Saints... et que vous n,avez sans doute jamais approfondies... « Dieu a tellement aimé le monde, qu'Il lui a donné son Fils unique »... « Il est venu, non pas pour vous punir de vos fautes, mais pour vous les enlever »...
Et Il passe un long moment en tête-à-tête avec lui...
Voyez-vous comme vous êtes aimé ?... Touchez-vous du doigt l'infini de l'Amour...
Et vous avez peur de Jésus !!... Tenez ! votre froideur Lui fait mal !

- Ouvrons maintenant la Vie des Saints.
Voici Sainte Thérèse d'Avila... On a pu dire « Rien n'égale la divine familiarité de Thérèse avec Jésus, sinon celle de Jésus avec Thérèse ».
« Jamais Notre-Seigneur ne me perd de vue », disait-elle...
Tantôt Il la rassurait, tantôt Il la consolait, tantôt Il lui donnait des conseils. Il lui adressait même des paroles de bonté dont la délicatesse nous jette dans la stupeur... « Si je n'avais pas créé le Ciel, lui disait-Il, je le créerais seulement pour toi »... « Que ne me demandes-tu, ma Fille, que je ne fasse ? » Et elle ajoutait ces lignes consolantes : « C'est là un effet de la tendre amitié qu'Il porte aux âmes fidèles. »
Toutes ces délicatesse, le Christ les a fait pressentir dans les insondables paroles de son Evangile. Là, Il s'adresse à tous... « Mes petits enfants, je vous aime »... « Demeurez en Moi... Venez à Moi... Je vous referai »... « Je connais mes brebis... Elles entendent ma Voix ».
Et Thérèse les comprenait. Elles ouvraient son cœur à la confiance. Elles l'attachaient d'une façon personnelle, touchante au Sauveur. Elle allait à Lui à tout propos, sans effort... Elle profitait de Jésus. Nous, nous sommes figés... Nous vivons pratiquement sans Lui... Nous l'excluons de notre vie...
Elle voulait qu'on Le fît entrer dans les choses les plus ordinaires... « Courage, disait-elle avec entrain à ses religieuses. Quand l'obéissance vous occupera à la cuisine, comprenez bien que Notre-Seigneur est là, avec vous, au milieu des marmites ».
- Encore un trait de la grande Sainte... Il est exquis.
En 1882, sainte Thérèse entreprit le voyage de Burgos pour une fondation. La rivière débordée avait coupé la route. Sainte Thérèse voulut passer la première pour s'exposer au danger avant ses sœurs. Elle escomptait probablement un miracle. Mais le char qui portait la Sainte fit un écart et se trouva suspendu au-dessus de l'abîme. Des cris d'épouvante s'élèvent... Thérèse met pied à terre dans l'eau. Pour comble de malheur elle se blesse à la jambe. Et voici que sa bonne humeur apparaît. S'adressant à Notre-Seigneur avec une familiarité et une présence d'esprit que rien ne surpasse : « Seigneur, s'écrit-elle, après tant de souffrances, celle-ci arrive bien à propos !... Aussitôt elle entendit la voix du divin Maître : « Thérèse, c'est ainsi que je traite mes amis ! »... Et la réplique part, libre et gaie : « Eh mon Dieu, c'est bien pour cela que vous en avez si peu ! »

Voilà les saints... Ils croient à l'amour du Christ... Ils savent qu'Il est à côté d'eux... prêt à les aider en tout. Ils savent surtout que sur terre, Il a expérimenté, partagé, senti leurs peines, leurs désolations. Ils vont à Lui, sûrs d'être compris.
Et Il leur fait sentir sa protection... sa tendresse... Alors, leur âme s'élève et chante. Ils frémissent de bonheur...
Cette intimité respectueuse, beaucoup la connaissent, même dans notre siècle matérialisé... L'Esprit souffle et fait partout son œuvre.
Il y a aujourd'hui dans tous les milieux... dans tous les endroits où circulent les hommes... et même dans les usines et les cinémas... des âmes qui ont faim et soif d'autre chose que des vils plaisirs. Le Visage divin agit plus fortement sur elles que le visage des créatures...
Le Cœur du Christ les attire comme un aimant sacré... Elles sont à Lui... toujours à Lui... Rien n'interrompt leur colloque intérieur... Pour elles, c'est un repos... Pour l'Eglise, une bénédiction.
Et, pour finir, laissez-moi vous citer le cri émouvant d'une petite ouvrière à l'âme ardente : « Jésus et moi, disait-elle, nous ne nous quittons jamais... nous nous aimons vingt-quatre heures durant... »

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Message  Roger Boivin Mer 6 Mar 2019 - 20:09


Du temps où Jésus était encore dans nos églises.



UNE VISITE DU SOIR AU DIVIN MAITRE

______


Six heures du soir... La sirène de l'usine vient de jeter son cri strident. C'est la fin de la journée...
La petite ouvrière quitte son travail. Mêlée à la foule, elle remonte la rue. Une église est ouverte. Elle y entre, se met contre un pilier, lève les yeux vers l'autel, fait taire en elle les idées étrangères et cherche derrière la porte du tabernacle le divin Visage...
Il est là, Celui qui a déjà pris son âme de vingt ans. Celui auquel elle doit la joie de l'idéal élevé et sûr qui luit en elle comme une lampe dans un sanctuaire.
« Mon Dieu, dit la jeune fille en s'inclinant pour adorer, vous savez tout, vous savez bien que je vous aime... »
Soudain, une pensée l'envahit et la bouleverse. L'idée de la Passion du Christ a traversé son âme. Comme dans un éclair, son esprit, en pénétrant dans le tabernacle, a rencontré la Sainte Face... telle que la vit Véronique au jour le plus douloureux du monde : cerclée de longues épines, striée de gouttes de sang, souillée de crachats...

« Je rêve », dit l'enfant émue par cette lumière.

« Non, dit la Foi qui vit en elle. Non, tu ne rêve pas. Cette Figure vivante qui est là, à dix mètres de toi, c'est bien la Sainte Face, et les souillures qui la ternissent, sais-tu qui les a mise ? Réfléchis... Songe aux blasphèmes que tu as entendus aujourd'hui... Imagine les fautes de pensées, de paroles et d'actions qui ont été commises autour de toi...

Crois-tu que le Christ qui a tant aimé les âmes a pu rester indifférent à leur dédain, à leur ingratitude sans nom ?
Toi, resterais-tu insensible à des injures venues d'êtres que tu chérirais ?... L'insulte n'est donc pas une insulte quand elle touche Dieu et qu'elle vient de sa créature ?... Ce n'est donc rien qu'un péché ?... Et il s'en commet des milliers par jour. Il s'en est commis à côté de toi. Aujourd'hui, Jésus a été bafoué par ses ennemis... Hélas ! Il a été outragé aussi par les siens... Aujourd'hui, des âmes qui peut-être ont communié ce matin sont tombées dans le péché comme les autres. Elles ont dit par des fautes mortelles : « Je ne connais plus cet homme. » Elles ont donné le baiser de la trahison. Elles ont ajouté au martyre de l'Homme-Dieu. »
La petite ouvrière voit tout cela dans sa contemplation ardente. Pour la première fois, elle devine la tragédie qui se passe derrière le Tabernacle... Elle réalise les insultes prodiguées à son Dieu. Elle en est comme frappée au cœur.
« Mon Dieu, mon Dieu, s'écrie-t-elle, sous l'afflux de la lumière qui grandit en elle, cette église, nos églises devraient chaque soir être remplies de consolateurs. Vos fidèles devraient y venir, ne serait-ce qu'une minute, pour vous entourer. N'êtes-vous ici comme au ciel. N'êtes-vous pas Celui qui a créé toutes choses et qui va se révéler à chaque âme, demain après la mort ?

Nous vous possédons comme les Saintes Femmes sur le Calvaire ; nous jouissons de Vous comme les Anges... et nous vous laissons seul... tout seul... alors que le péché s'élève contre Vous et renouvelle votre douloureuse Passion.

« Les salles de spectacles regorgent de monde... et vos églises sont presque désertes... Les communions sont rares... Les visites du soir plus rares encore.
« Mon Dieu ! personne n'est trahi comme vous... trahi par vos propres créatures, trahi par vos amis... »

En disant ces mots, la petite ouvrière a des larmes brûlantes qui tombent comme le parfum de Madeleine sur les pieds du sauveur.
Bouleversée, participant vraiment à l'agonie du Christ, elle s'approche de Lui. Son âme tremblante et pure s'étend comme le voile de Véronique. Le front de Jésus s'y pose, y laisse son empreinte... Et cette empreinte est si profonde que la jeune fille sent naître en elle une force immense de sacrifice.
Son âme, virilisée par la douleur de son Bien-Aimé, est soulevée vers des horizons nouveaux. La passion de sauver la foule a pris tout son être... Son désir d'apostolat s'est élargi.
Elle sort de l'église noyée dans son rêve, les yeux toujours fixés sur la divine Image auréolée de sang...
La petite ouvrière n'est plus « elle ». Elle est le « Christ » qui va maintenant passer dans le monde pour le sauver...

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Message  Roger Boivin Jeu 7 Mar 2019 - 20:49



LA SUPRÊME AMITIÉ

______


Il n'y a rien sur la terre de plus doux qu'une belle amitié...
Quand, un jour, sur notre chemin solitaire, nous avons rencontré une âme sœur de la nôtre, et qu'entre elle et nous une étincelle a jailli... alors une joie, une joie d'une qualité sans pareille prend naissance au plus intime de notre être.
Or, ce sentiment très pur, Jésus veut que nous l'éprouvions pour Lui...
Il veut « se faire aimer » de nous... Il rêve, Lui qui a tout... qui n'a besoin de rien... oui, Il rêve d'avoir une place... une grande place... toute la place dans notre tendresse... Mais, Il veut l'avoir librement... Il pourrait entrer en nous de force, Il pourrait nous faire violence. Il a tout ce qu'il faut pour cela... Il veut que nous nous donnions « spontanément » à Lui.
Et c'est là toute la Religion...
Beaucoup croient qu'elle consiste uniquement dans des pratiques extérieures. Ils se trouvent « quitte » quand ils ont récité certaines prières, observé certains rites. Ils se trompent...
La Religion est une « amitié » entre l'Eternel et nous...

***

Que Dieu vous ait vraiment aimé... aimé d'amour... aimé inimaginablement... avec un cœur sensible et délicat, vous le savez, vous en êtes sûr, puisque vous portez une petite « croix » sur votre poitrine, puisque vous avez un Sacré-Cœur dans votre chambre, puisque surtout, vous recevez souvent la Sainte Hostie...
Mais, ce que vous savez moins, c'est que Jésus « cherche avidement votre amitié... c'est qu'Il désire que vous vous confiez à Lui... qu'entre Lui et vous, ce soit une « vie à deux »... « un cœur à cœur » continu... un échange incessant et libre d'idées... de sentiments...
Oui, cela, vous n'osez pas le croire...
Pourtant... cela est...
Lisez l'Evangile de Saint Luc (chapitre V)... vous allez voir comment Il a « captivé » Saint Pierre... Puissiez-vous être captivé vous-même...

...Celui-ci venait d'écouter Jésus prêchant à la foule. Soudain, le Maître, qui avait parlé sur la barque, dit à son disciple : « Maintenant, éloignons-nous tous les deux... Va en pleine mer. »
Imaginez bien la scène.
Un beau lac... un beau ciel... un grand silence... une petite barque... le Fils éternel de Dieu assis dans cette barque... et Pierre tenant la gouvernail...
Pierre tout seul sur cette immensité avec son Dieu... Pierre ayant l'insigne honneur de « conduire » Jésus... Pierre ému... donnant des coups de rames... et se disant intérieurement... « Il m'a demandé à moi... sa pauvre créature... de L'emmener en pleine mer... Je L'ai là... Celui qui, tout à l'heure, versait dans les esprits attentifs, une lumière plus belle que celle que je contemple, là-haut, dans le ciel bleu... Oui, je L'ai là... à moi... tout à moi... Celui que d'autres voudraient avoir... qu'ils n'ont pas... »
Une fierté immense emplissait son cœur. Il n'avait jamais eu pareille joie. Il donnait des coups de rames très lents... Il évitait les heurts. Il ressemblait à l'âme délicate qui, revenue de la Sainte table, n'ose pas faire de bruit... de peur de perdre la douceur du contact avec son « Bien-Aimé »...

Et Jésus se taisait...
Son Regard seul agissait... Ce Regard profond, Il le jetait de temps en temps sur Pierre qui tremblait... et dont le cœur s'ouvrait à un sentiment nouveau... indéfinissable...
Tout à coup, Jésus éleva la Voix.
Il aimait Pierre. Il savait que sa nuit précédente avait été rude, stérile, qu'aucun succès n'avait répondu à son effort. Oui, Il savait tout cela Jésus, comme Il sait nos insuccès, nos déceptions, nos brisements intimes. Il a beau se taire, rien ne Lui échappe. Nous souffrons, Il souffre... Nous sommes blessés, Il est blessé... Nos douleurs ont des échos inimaginables dans le Cœur divin.
Voilà ce que signifie cette scène destinée à ouvrir votre cœur au Christ, comme elle a, du reste, ouvert le cœur du futur chef de l'Eglise.
« Pierre, dit le Christ, jette ton filet »... Cela voulait dire : « Cesse de me conduire. Pense à toi. Remplis ta besogne de pêcheur. Tu as besoin de gagner pour vivre, pour faire vivre les tiens, pour faire vivre la foule qui vient t'acheter du poisson. Oui, jette ton filet... »
Et Pierre s'arrêta...
Il ne comprenait pas cet ordre. Pêcher !... à cette heure... en pleine lumière... alors que le poisson s'enfuyait... C'était fou !
Mais Jésus parlait avec une telle certitude... et Pierre avait une telle confiance !...
Alors, il prit son filet... et le jeta d'un geste large...
Et ce fut une pêche miraculeuse... une pêche comme il n'en avait jamais vu... une pêche qu'il n,avait même pas la force de réaliser... tellement le poisson était abondant...
Et c'était si manifeste ce miracle...
Et c'était si doux, que l'âme de Pierre s'ouvrit toute grande... aussi grande que le filet victorieux...
Il venait de lire en Jésus un sentiment de véritable attachement... la sollicitude du Christ l'avait bouleversé.
« Il m'aime, se disait-il... oui, Il m'aime, puisqu'Il a saisi ma déception de la nuit... Il m'aime, puisque sans rien me dire, Il a combiné ce voyage pour me consoler... Il m'a ramener sur le lieu même de ma pêche infructueuse... Il m'aime, puisque non seulement Il me donne la joie de prendre quelques poissons, mais puisqu'Il remplit mes filets... Il m'aime puisqu'Il me comble, de préférence à tant d'autres qui n'auront jamais mon bonheur...
« Il m'aime !...
« Et pourtant, je ne suis pas digne... Je n'ai rien fait pour attirer sa prédilection... J'ai tout fait pour L'éloigner... »
Alors, l'âme du Disciple écrasée par le flot de la bonté divine qui la submergeait, s'ouvrit pleinement au souffle de l'amitié que lui donnait si visiblement Jésus. Il se donna... Il se donna à fond... Il se donna pour toujours...
Dieu avait réalisé son rêve... Il avait pris le cœur de son Disciple, conquis son amitié...

***

Vous qui suivez ce beau récit, vous n'avez pas moins reçu que le Disciple ravi...
Jetez le filet dans l'abîme de votre âme... dans le flot de vos souvenirs. Tout parle de Dieu dans votre passé...
Le Christ a été mêlé à tous les événements qui vous concernent. Il les a remplis de ses bienfaits... Il a veillé... comme pas une mère ne veille... Il avait si peur de vous perdre... IL redoutait votre fragilité !...
Vous naissiez, Il était là...
A votre baptême, Il divinisait votre âme... Il venait l'habiter avec la Trinité tout entière...
Et vous ne le saviez pas... Et vous ne pouviez pas le savoir... Cela ne L'empêchait pas de vous aimer, d'agir en vous.
Dans vos premières chutes, Il était là... Puis, dans les autres... Il a réparé patiemment tout ce que vous aviez brisé...
Vous L'avez chassé... dix fois... vingt fois... cent fois... Il est revenu... Il s'est installé à votre chevet... Il vous a guéri... Il a tiré le bien du mal... Il a utilisé vos fautes... Vous aviez tout détruit, Il a reconstruit... Il a fait plus beau...
Personne n'a rempli votre existence comme Lui... non, personne... Toutes vos heures... toutes vos minutes sont pleine de sa Pensée miséricordieuse... Votre âme a baigné en Lui... Elle est rattachée à Lui par des milliers de fils invisibles...
Ah ! la voyez-vous enfin la grande Ombre de Jésus... qui plane sur tout votre passé !... Comprenez-vous que vous n'avez pas voyagé seul sur l'océan de ce monde... qu'un Compagnon invisible et bienfaisant était sur la barque, vous guidait sur les flots...
Levez les yeux,... levez les yeux. Le voyez-vous enfin dans votre âme qui a communié ce matin... le grand Vivant à la face auguste ?...
« C'est Moi », dit-Il...
Oui, c'est Lui... C'est le Seigneur... « Dominus est »...
Et pourquoi ce luxe inouï de dévouement versé sur votre vie entière ?...
Que veut-Il donc ?...
Il veut que vous vous donniez à Lui entièrement... pleinement... spontanément... avec tout l'élan de votre âme conquise... séduite... Il veut votre amitié... « Vous n'êtes plus mes serviteurs, vous êtes mes amis »...
Il veut que votre âme s'épanouisse dans la certitude absolue de sa tendresse... Il veut que vous jouissiez d'être aimé de Lui... que vous vous livriez enfin ardemment à son action... que vous vous remettiez entre ses mains... que vous ne L'isoliez plus de vos travaux et de vos peines... mais que vous L'introduisiez au cœur même de votre activité... en disant « Jésus... Jésus... »
Il veut que son Amour illumine tous vos pas... resplendisse sur tous vos soucis...
Il veut que vous Lui racontiez tout... même les choses les plus simples... comme à l'Ami le plus compréhensif...
Il veut que vous veniez à Lui sans crainte... « Venez à moi, vous tous »,... que vous ne doutiez jamais... même quand Il fait semblant de se taire...
Il veut, en un mot, que vous L'aimiez à plein cœur... comme Il vous aime Lui-même...
« - Pierre, m'aimes-tu ?... »
« - Seigneur, vous savez tout, vous savez bien que je vous aime »...

______

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Message  Roger Boivin Ven 8 Mar 2019 - 20:43



LE BEAU VISAGE DU MONDE

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Sans doute, il y a du mal sur la terre... le mal qu'on voit... et celui qu'on ne voit pas... Il y a les multitudes dévoyées par les passions... Il y a les âmes flétries qui ont tué en elles le remords...
Et parmi cette pauvre foule, on rencontre, hélas ! des chrétiens qui font comme tout le monde... qui entrent dans le courant au lieu de l'endiguer... qui ajoute au péché du monde.
Mais il y a aussi au milieu de nous, des âmes admirables vers lesquelles il faut souvent jeter les yeux... pour retrouver un peu d'espoir.
- J'ai là, devant moi, le journal intime d'une jeune fille cultivée qui vient de mourir récemment dans un sanatorium, après une lente consomption...
Tout d'abord elle s'est révoltée devant son sort :
« J'ai dix-neuf an d'hier... j'aime la vie et je veux guérir...
« Ah ! qui m'aimera comme je le voudrais ?... Je ne suis l'aimée de personne... Une âme pour mon âme, ô mon Dieu ! »...
Puis, lentement, sous l'influence de la prière, le cri de révolte est devenu un cri d'amour et d'acceptation... L'Hostie s'est offerte pour le salut des âmes...
« Ce matin, crachement de sang... Je vois, je vois les pécheurs, les infidèles, le scandale incessant des Judas de chaque heure, des âmes qui dorment pesamment sous les oliviers de Gethsémani... Ces âmes égarées, je les aime d'une tendresse inquiète et vivante, et, par l'ineffable mystère de la Communion des Saints, je veux, moi, leur pauvre petite sœur inconnue et mourante, les atteindre et les sauver. »
Que de vies blessées s'offrent ainsi à chaque instant et projettent sur le monde égoïste et souillé la splendeur de leur sacrifice !

- Songez maintenant à tous les cloîtres où des âmes pures vivent un grand rêve.
- Cette nuit, à dix heures, les carmélites aux pieds nus vont faire monter près des tabernacles silencieux le murmure de leur chant d'amour.
- A onze heure du soir, les Clarisses, à leur tour, vont entrer en scène, et jeter au-dessus des turpitudes humaines l'encens de leur adoration... Elles vont s'offrir pour les péchés de la terre... s'interposer entre Dieu et les pécheurs...
- A minuit, les Chartreux vont incliner sur la terre endormie l'urne de leurs prières.
- A l'aube, les Bénédictins vont dérouler sous les voûtes de leur chapelle, la splendeur de leurs chants sacrés.
Et ce chant de louange va couvrir les paroles de haine et glorifier la bonté de Dieu.
- Vous vivez dans une grande cité ouvrière, regardez autour de vous... Il y a des saints dans les usines et dans les rues...
- Voyez cette jeune fille penchée sur son ouvrage... Il y a un chant céleste dans son cœur. Elle prie pour ses frères qui travaillent près d'elle, et qui la méconnaissent.
Ce matin, elle était à genoux, près de l'autel... Son âme priante est encore à genoux dans l'usine... Elle est la Carmélite sans grille et sans voile.
- Et maintenant, pénétrez dans cet humble ménage d'ouvriers. Il y a là deux jocistes qui viennent de se marier, après avoir caressé longtemps leur grand rêve d'amour... Ils sont perdus dans une grande bâtisse, où il y a soixante ménages comme eux. Le soir, ils lisent ensemble l'Evangile... Ils prient pour leurs voisins communistes, pour la France qui s'égare, pour leur syndicat qui bataille, pour les prêtres qui les ont armés pour la vie. Ils offrent déjà le petit enfant qu'ils espèrent... et ils disent : « Mon Dieu ! si c'était un Prêtre ! »...

Voyez-vous comme la terre est constellée d'étoiles. Il n'y a pas au-dessus d'elle que des nuages noirs. Il y a aussi des coins de ciel bleu.
- Songez à tous ces prêtres de campagne qui, chaque matin, sous les clochers vieillis, élèvent l'Hostie qui sauvera un jour la paroisse.
Le pays descend vers les ténèbres, mais la veilleuse est toujours là, près de l'autel. Elle est le symbole des quelques âmes qui restent fidèles, car la foi n'est pas morte dans ce village... Déjà, elle a pris des cœurs d'enfants, des âmes de jeunes... L'aube luit et annonce des lendemains meilleurs...
- Entrez maintenant dans les villes, à l'heure où les églises s'ouvrent. Voyez ces personnes qui glissent comme des ombres sur les dalles usées par les siècles. Regardez ces fronts qui se lèvent et suivent le Calice qui monte... Comme les visages sont beaux... visages d'hommes et visages d,enfants... visages de vierges et visages de femmes brisées par la vie !...
Quelles valeurs dans toutes ces créatures en prière !...
Quelles ressources pour la civilisation en péril...
Quelle fraternité au sein d'une Société qui se hait !...
L'avenir est là dans ces êtres qui s'aiment... et qui, tout à l'heure, vont donner le trésor qu'ils possèdent...
Le voilà... le voilà le beau visage du monde !
De même que le soleil jette sa clarté sur les espaces immenses et ténébreux qu'il traverse, de même ces âmes jettent la beauté de leur exemple au-dessus des grandes cités où croissent le vice et l'erreur.

.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

Et ce sont ces créatures d'élite, riches de la doctrine du Christ, qui préparent lentement le relèvement de la Société et le triomphe de l'Eglise qui les a enfantées...

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Message  Roger Boivin Sam 9 Mar 2019 - 23:03



LE BEAU VISAGE DE LA VIE

Hommage à la Vierge Marie

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Il y a beaucoup de chrétiens qui voient trop les mauvais côtés de l'existence, et ils perdent parfois le courage de vivre.
Si nous fixions un instant nos yeux sur la Vierge ?... Nous savons que sa destinée fut austère... plus austère que la nôtre... Nous allons voir comment elle l'a comprise et remplie...

***

- Et d'abord, la vie de la Mère de Dieu fut « toute semblable à la nôtre »...
Aucun de nos soucis ne lui a été épargné... Elle s'est débattue dans les mêmes difficultés que nous... Elle a passé une grande partie de son existence dans une cité où il y avait du mal... des indifférents, des jaloux, des petits esprits et des petits cœurs. L'ambiance était peut-être loin de valoir la nôtre... Nazareth n'était-elle pas une ville décriée, de mauvaise réputation ? On disait couramment : « Peut-il sortir quelque chose de bon de ce pays ?... »
De fait, nous savons, par l'Evangile, que les Nazaréens ont tendu des pièges à Jésus... qu'ils ont essayé de Le précipiter du haut d'un rocher ?...
On ne ferait pas cela partout... Le milieu était donc peu sympathique.
La ferveur, par conséquent, ne devait pas être générale le samedi à la Synagogue... Beaucoup de nos églises ont une assistance meilleure que celle de là-bas...
Voilà le cadre où vivait la Vierge... Elle a dû souffrir...
- Voyons maintenant sa vie à la maison...
Cette maison était pauvre... sans confort... La sensibilité de la Vierge a dû recevoir bien des chocs...
Là, comment passait-elle ses journées ? Oh ! comme les femmes de nos villes et de nos campagnes... Elle tenait son intérieur... elle faisait son ménage... elle balayait... elle essuyait... elle mettait de l'ordre.
Elle prenait de la farine et cuisait du pain... Ses doigts filaient la laine... Elle faisait ce que fait l'ouvrière à l'usine... et cela d'une façon plus rudimentaire.
Elle allait à la fontaine, portant sa cruche sur l'épaule...
On la rencontrait dans les rues... Ses amies et voisines causaient avec elle, comme on cause avec nous... Elle devait entendre des conversations très superficielles... peu charitables parfois... Elle a dû être mal à l'aise... blessée... Le soir, comme nous, elle était bien lasse...
Imaginez-la circulant dans les rues...
Rien ne la distinguait des autres... si ce n'est la noblesse souveraine de son visage où se reflétait la pureté de son âme... Et c'était pourtant la Mère de Dieu !... celle dont les privilèges ont ravi l'esprit des penseurs... celle à qui les plus belles âmes se sont confiées... celle à qui des millions de créatures ont dit et disent encore : « Je vous salue Marie... priez pour nous, pauvres pécheurs... », celle à qui des artistes ont élevé ces splendeurs de pierre qu'on appelle Notre-dame de Paris... Notre-Dame de Reims... Notre-Dame de Chartres !...
Ah ! quel contraste entre l'humble maison de Nazareth et les grandioses cathédrales...
Là-bas.. là-bas, on faisait à peine attention à elle... Elle disparaissait dans la foule... comme une fleur disparaît dans un champ immense...
Et aujourd'hui, elle domine le vaste champ du Monde... elle attire tous les regards... elle a pour elle tous les cœurs...
Songez à Lourdes... à la gloire qu'elle y reçoit...
Quel abîme entre marie à Nazareth et Marie à Lourdes !...
La Vierge, jadis, vivait comme nous vivons... Elle était extérieurement, pour le public qui l'entourait, ce que nous sommes... Pas plus...
sa vie n'avait pas plus de relief que la nôtre... Elle en avait moins...

***

Ainsi, Marie vivait comme nous... Et pourtant, elle ne vivait pas comme nous...
Elle n'avait pas nos accablements... nos désespérances... nos révoltes... nos « à-peu-près » dans le don de nous-mêmes... nos demi-vouloirs... Jamais elle n'a dit : « A quoi bon vivre ?... le fardeau est trop lourd... » Jamais elle ne s'est plainte... Jamais elle ne s'est refusée à l'effort...
Elle était joyeuse... indiciblement joyeuse... Elle avait de l'élan... de l'enthousiasme... Elle était sans cesse victorieuse de la fatigue, des difficultés... Dans le tragique des soucis quotidiens, elle réagissait... Pourquoi ?... Comment ? C'est bien simple...
Dans les plus humbles devoirs, elle voyait Dieu... qui l'avait créée... aimée... immensément aimée.
Elle discernait sa Volonté... et il lui était doux... infiniment doux d'y adhérer... de souffrir pour y adhérer... C'était un événement immense...
Devant les difficultés de l'existence, elle fermait les yeux... Elle se recueillait... et elle disait : « Dieu est en moi... Il est à moi... Il vit pour moi... Il s'est donné... Je veux me donner ».
Alors, elle s'abîmait dans sa Volonté... Il n'y a rien de plus agréable que de faire la volonté d'un être qu'on aime... de se livrer à lui... de se faire son jouet... son esclave... La difficulté n'est qu'un charme de plus...
Et voilà tout le secret de l'élan qui emportait Marie vers les rudesses de sa tragique destinée...
- Nous, nous avons Jésus comme la Vierge... Nous Le prenons près de l'autel. Nous L'emportons dans notre maison, dans notre bureau, dans notre usine, dans les salons, dans l'atmosphère corrompue du monde. Il vit... travaille avec nous... Mystère de joie !... Il est le témoin de toute notre activité... Il a soif de nous aider... de hausser notre courage... Il nous dit intimement : « Va... Donne-toi... Donne-moi ton effort... Accorde ta volonté à la mienne... Donne un coup d'aile... Sors de ton égoïsme... Grandis ta vie... Rends-la féconde... Prouve-moi que tu m'aimes... Mérite la joie ineffable que je te prépare... »

Tout cela est vrai, exaltant. Mais, nous ne réfléchissons pas. Nous agissons comme si nous étions « seuls ». Nous voyons l'épine, nous ne voyons pas l'Amour du Christ qui est caché sous l'épine et qui nous donne une occasion d'enfanter à chaque instant une belle œuvre... une œuvre immortelle...
Alors, nous ne sommes jamais à la hauteur de notre destin... Nous traînons notre vie comme on traîne un boulet...
La Vierge, elle, agissait autrement... et elle n'était pourtant qu'une femme... une femme qui sentait les fardeaux comme nous les sentons...
Quand il fallait se lever le matin... faire face à la besogne... organiser sa journée... tenir son ménage,... elle regardait son Fils bien-aimé, son Jésus,... surtout dans les heures exquises de l'Avent mystique qui la préparait à la fête de Noël,... et elle Lui disait... simplement... profondément : « Tu veux ce travail... C'est bien... Je le veux comme toi... Je vais le faire... parce que tu m'aimes... parce que je t'aime »...
Voilà l'intime de l'âme de marie...
Quand il fallait marcher sur les routes indéfiniment longues de l'exil... ou marcher sur la Voie douloureuse où son Fils meurtri avait laissé tomber des gouttes de sang... (son sang à elle !)... elle ne faiblissait pas... elle ne murmurait pas... A quoi bon du reste ? Elle pensait à Lui... et elle Lui disait intérieurement : « Tu veux ce martyre de mon cœur... ce don total... Je le veux... parce que je t'aime... Tu m'es plus cher que moi-même... tu as tous les droits sur ma vie... Je suis à Toi »...
C'est par ces nobles motifs que la Vierge a conduit son existence... C'est ainsi qu'il faut conduire la nôtre...
Le Christ est en nous... comme Il était en Marie... Il compose notre destinée... Il fait marcher les événements... Il permet les épreuves... l'épreuve des temps présents... Il veut en tirer un immense bienfait pour nous... pour notre famille... pour l'Eglise...
Nous préparons... nous enfantons une chrétienté nouvelle : des prêtres saints... des apôtres ardents... un avenir meilleur...
Nous expions nos fautes... nous recréons une pureté dans notre âme pécheresse...
Et cela vaut la peine de porter sa croix...
Et voilà le beau sens de la vie...

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Message  Roger Boivin Dim 10 Mar 2019 - 22:29



LE PRIX DES MINUTES

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Les humbles minutes qui foisonnent dans nos journées sont comme les étoiles qui peuplent les cieux... Elles paraissent « toutes petites ». Et ce sont des mondes...
Je voudrais vous faire connaître « ces mondes », vous dévoiler leur beauté intime.
Je n'amplifierai rien... Je serai exact, et certainement très au-dessous de la vérité...
Laissons de côté « les grandes minutes » de la journée : messe, communion, victoire sur une tentation. acte de dévouement...
Prenons les minutes « grises » : celles qui n'offrent aucun attrait, qui paraissent « inutiles », celles où l'on ne peut rien faire, où l'on se sent abandonné, où l'on est dominé par un échec, une irritation, une tentation pénible, une chute même,... celles qui font dire : « Je suis loin de Dieu, je me dégoûte moi-même, je n'arrive à rien, à quoi bon vivre ? »
Qui ne connaît ces traverses douloureuses qui composent « notre passion de chaque jour ? »
Or, ces minutes répugnantes et lourdes sont les « hautes cimes de la journées », celles que nous devons particulièrement surveiller, celles où Dieu nous attend, où Il juge notre attachement... dont Il a le plus besoin pour le salut des âmes.

Oui, ce sont « les bonnes minutes »
- D'abord, elles sont plus « dures à vivre »... donc plus riches de mérites... Elles jettent dans l'immense champ des âmes de plus beaux germes... C'est peut-être avec ces secondes d'agonie que Dieu fait des vocations de prêtres...
- Elles nous crucifient, alors...  elles attirent davantage sur nous le « Regard de Jésus »... Ce Regard se pose plus tendre sur l'enfant, parce qu'il souffre... Y avez-vous jamais songé ? Plus le devoir est austère, plus le Sauveur nous entoure, nous encourage. C'est normal.
Le Christ les a connues, les heures « noires »... et Il a voulu être aidé par les siens, par un Ange, par Véronique, par Madeleine, par Jean, par sa Mère...
Donc, jamais l'âme n'est plus assistée que quand elle est plus désolée... Les heures d'agonie ont leur douceur cachée. Au fond, elles sont plus attirantes que les autres.
Et puis, « les heures grises » sont voulues du bon Dieu comme les autres... Elles ont donc leur « valeur »... une valeur « divine »... Elles ont un « sens »... Dieu ne les a pas mises sans motif dans la trame de nos jours. Faisons bien attention à elles. Ne les méprisons pas...
- Elles ne sont pas « inutiles ». Dieu ne fait rien d'inutile.
Réfléchissons. Que faisait le Sauveur dans son berceau ?... Rien... Oui, extérieurement, Il ne faisait rien. Il dormait... Il souriait comme un tout-petit... Or, ces minutes ont été divines... rédemptrices... comme les autres... voulues par Dieu son Père, comme les autres...
Elles étaient même plus belles belles d'une beauté mystérieuse. Elles demandaient un plus grand effort... Elles révélaient un plus grand don à Dieu et aux hommes... Et il en est ainsi de toutes vos secondes sans relief, vos mornes secondes que vous méprisez bien à tort et qu'il va falloir enfin apprécier... car c'est le but de ces lignes...
- « Les minutes sans gloire » valent les autres.
Voyez ! Jésus n'a pas toujours fait des miracles et prononcé de sublimes paroles. Il a passé de longs moments sur les routes. Il allait de Nazareth à Cana, de Cana à Samarie. Il montait à Jérusalem. Il circulait de village en village. Le chemin était long, fatiguant.
C'était, il semble, du temps perdu... Mais non. Ce temps passé à peiner, à monter, à glisser sur des cailloux, à suer sous le dur soleil d'Orient, ce temps avait sa valeur... tout comme le temps passé à évangéliser les foules. Il faisait partie de ce programme immense de la rédemption du monde, programme tracé par la Sagesse infinie de Dieu. Il servait... comme servent toutes vos petites secondes sans relief et sans attrait...
- La valeur d'une seconde sans gloire !...
Elle est immense... Est-ce que Jésus, qui est en vous par sa grâce, ne vit pas cet instant avec vous, par vous ?... N'oubliez pas le mot révélateur de l'Apôtre : « Ce n'est plus moi qui vis, mais Jésus qui vit en moi »...
Vivre ainsi avec un Dieu, quelle grandeur ! Ne voyez-vous pas que cette collaboration sublime idéalise et amplifie tout ?...
Une petite chose ! mais c'est grand comme une Messe... puisque le Sauveur vit, travaille et s'offre en vous et par vous... Oserez-vous parler maintenant de secondes qui n'ont pas d'importance !

- Une seconde sans gloire !... mais c'est une parcelle d'hostie. Ce n'est rien et c'est tout... Il ne tient qu'à vous « de consacrer cette parcelle », d'en être le prêtre, d'y faire venir le Bon Dieu et sa grâce. Par cette seconde qui renferme nettement a Volonté de l'Eternel, vous  pouvez entrer en communion avec Dieu... et répéter avec Jésus : « Je me nourris de la Volonté de mon Père. »
Voyez-vous les mondes de beauté que renferment ces humbles parcelles du temps qu'on appelle « de toutes petites secondes » ?
- Une toute petite seconde de votre vie ! mais c'est le Sauveur qui vient à vous, à la troisième, à la sixième, à la neuvième et à la onzième heure. Il vous dit : « Viens... Suis-moi... J'ai besoin de toi dans le champ immense de mon Eglise. »
- Le larron ne s'est trouvé en présence du Sauveur qu' « une seconde »... Il a profité du contact... Il a gagné le paradis...

.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

Ah ! vous allez les aimer les petites minutes insignifiantes dont vos journées sont pleines. Vous allez en faire « vos préférées ». Vous leur donnerez plus d'attention qu'aux autres...
Vous ferez pour elles ce qu'a fait Marie à Nazareth : vous les vivrez religieusement... intensément... pour le sauveur... qui en a connu beaucoup de semblables... et qui vous les confie comme « des Urnes » précieuses, afin que vous les remplissiez du parfum de votre bonne volonté et de votre amour.

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