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Message  Roger Boivin Ven 28 Déc - 20:01


A. Boulenger - Histoire de l'Église - Cours Moyen - Constantin - 72-73-74 :

https://archive.org/details/histoire_Eglise/page/n59


72. — Dans l’empire romain. A. Sous Constantin et ses fils. — L'Edit de Milan, signé en 313 par les empereurs Constantin et Licinius, donnait la liberté à l’Église et lui restituait ses biens (N° 44)1. Le christianisme, reconnu donc comme une religion autorisée, était mis sur le même pied que la religion païenne, il en partageait les droits et les privilèges. Mais les païens étaient encore trop nombreux dans l’Empire pour que Constantin pût songer à faire plus. Il le pouvait d’autant moins que son collègue d’Orient, Licinius, était resté païen et suivait une politique opposée. Tandis que Constantin protégeait les chrétiens, lui, continuait de les persécuter, bien qu’il eût signé l’Edit de Milan : les quarante martyrs de Sébaste plongés dans un étang de glace furent parmi ses victimes. Une telle divergence de vues ne tarda pas d’ailleurs à mettre les deux empereurs aux prises. La défaite, — et la mort, — de Licinius, en 324, laissa Constantin seul maître de l’Empire. Moins gêné désormais dans ses actes, Constantin favorisa de plus en plus le mouvement de conversions au christianisme en multipliant les privilèges de la nouvelle religion, en lui prodiguant ses générosités ; grâce à sa munificence et à celle de sa famille, un grand nombre d’églises s’élevèrent de tous côtés : à Borne, les basiliques de Latran, de Saint-Pierre et de Saint-Paul ; en Palestine, les trois églises du Saint-Sépulcre, du Mont des Oliviers et de Bethléem. Toutefois, sentant bien que, malgré tout, la vieille aristocratie romaine restait attachée au paganisme, il prit le parti de s’en éloigner et de choisir pour capitale une autre ville, qui pourrait être à la fois un foyer du christianisme et un centre d’activité d’où il lui fût facile de surveiller et de repousser les tentatives des peuples barbares. Sur l’emplacement de l’antique Byzance, merveilleusement située sur le Bosphore, aux confins de l’Europe et de l’Asie, il fonda une ville nouvelle qui prit son nom. Constantinople, qui fut inaugurée en 330, devint ainsi la capitale de l’Empire romain oriental. Là, l’empereur Constantin mit toute son influence au service du christianisme ; il défendit de consulter les oracles et interdit les sacrifices à domicile. Il mourut en 337, peu de temps après avoir reçu le baptême des mains de l’évêque arien Eusèbe de Nicomédie. Bien que sa gloire soit ternie par des cruautés, l’histoire lui a décerné le surnom de « Grand », parce que, mieux que personne, il a compris son époque et qu’il a su prendre la direction du mouvement qui emportait le monde vers de nouvelles destinées.

La même politique d'opposition au paganisme fut suivie, avec plus d’âpreté encore, par les fils de Constantin : Constance II et Constant I.

73. — B. Sous Julien l’Apostat (361-363). — Le paganisme avait été fortement ébranlé par les premiers empereurs chrétiens, Constantin et ses fils, mais il gardait encore des racines profondes dans la vieille société romaine : il était donc capable d’une vigoureuse réaction si l’occasion s’en présentait. Celle-ci se produisit sous Julien, dit l'Apostat. Élevé dans la religion chrétienne, mais païen de cœur, Julien renia le christianisme, quand il devint empereur : d’où son nom d'Apostat.

Alors il conçut tout un plan pour restaurer le paganisme aux dépens du christianisme. Estimant que la religion païenne pouvait être rajeunie dans sa doctrine et dans son culte, il remplaça la vieille mythologie par le néo-platonisme, mélange de philosophie grecque et de croyances chrétiennes. Il chercha à copier les institutions du christianisme qu’il trouvait le plus remarquables : sa hiérarchie fortement organisée, ses établissements de charité, la vie et l’éclat de son culte. Il releva les temples des dieux et réserva toutes les faveurs officielles aux païens. Puis, il attaqua directement le christianisme par ses écrits : voulant mettre leurs livres inspirés en défaut, il poussa les Juifs à reconstruire leur temple à Jérusalem pour donner un démenti à la prophétie de Jésus (Mat., XXIV, 2).

Tous ces efforts furent vains, car la mort vint bientôt ruiner les espoirs de Julien l’Apostat. Il périt dans une guerre qu’il livra à la Perse (363). Au rapport de Sozomène, il aurait, avant de mourir, avoué sa défaite religieuse par ce blasphème proféré contre le Christ : « Galiléen, tu as vaincu ! »

74. — C. Sous les successeurs de Julien l’Apostat. — Après Julien l’Apostat, les empereurs favorisèrent le christianisme, orthodoxe ou arien.

En Occident, Gratien (375-383) commença par refuser, — ce que nul de ses prédécesseurs n’avait osé ou voulu faire, — le titre et le costume de Pontifex Maximus : il fit enlever la statue de la Victoire de la salle du Sénat romain, et il retira aux prêtres païens et aux vestales leurs revenus et leurs privilèges.

En Orient, l’empereur Théodose le Grand (379-395) soutint la cause du catholicisme à la fois contre les ariens et contre les païens. Il défendit les sacrifices et tout exercice du culte païen ; il ordonna de fermer les temples des idoles ou même de les démolir : ce qui arriva à Alexandrie pour le fameux temple de Sérapis, et à Constantinople, pour le temple de Jupiter Olympien. Ainsi malmené, le paganisme, qui comptait encore à cette époque la moitié de l’Empire, décroît rapidement. En 394, à la suite d’une loi portée par le Sénat romain, le christianisme devient la seule religion de l’État.

Malgré son dévouement à l’Église, Théodose se laissa aller parfois à des excès tels que le massacre de Thessalonique, que son ami, saint Ambroise, - évêque de Milan, lui reprocha vivement et qu’il expia, du reste, par une sévère pénitence.

Théodose le Grand, avant de mourir, avait partagé l’Empire entre ses deux fils : Arcadius et Honorius. La division, cette fois, est définitive : il y aura désormais deux Empires : l’Empire latin et l’Empire grec, qui auront des destinées diverses. Le premier succombera bientôt sous les coups des Barbares (476). Le second prolongera son existence, à peu près de dix siècles (1453).


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1. - 44. — Fin des persécutions. Édit de Milan (313). — Cependant l’âpre lutte entre le christianisme et le paganisme, dont nous venons de marquer les sanglantes étapes, touchait à sa fin. Nous avons vu plus haut que la Gaule, l’Espagne et la Bretagne jouissaient déjà de la paix religieuse sous le gouvernement de Constantin. Celui-ci était l’instrument dont la Providence allait se servir pour mettre un terme aux persécutions. La victoire, qu’il remporta en 312 au pont Milvius sur Maxence, dans les circonstances que l’on sait, n’entraîna pas seulement sa conversion, mais, en le rendant maître de l’Italie et de l’Afrique, elle porta les bienfaits du christianisme dans ces pays.

L’année suivante (janv. 313), Constantin, empereur d’Occident, et Licinius, l’un des césars de l’Orient, se réunirent à Milan et publièrent le fameux Édit de Milan qui accordait aux chrétiens la liberté du culte et ordonnait la restitution de leurs biens confisqués. ( https://archive.org/details/histoire_Eglise/page/n41 )

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Découverte de la vraie Croix.

On sait que sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, fit faire des fouilles sur la montagne du
Calvaire a Jérusalem, pour retrouver la vraie croix. Trois croix ayant été retirées de terre, mais sans titre
qui pût les distinguer, il s’agissait de découvrir la vraie croix. « Macaire, évêque de Jérusalem, après
avoir adressé à Dieu ses prières, ordonna de faire toucher les trois croix, l'une après l’autre, à une femme
qui était gravement malade. Les deux premières ne produisirent aucun effet, mais le contact de la
troisième rendit subitement la santé à l’infirme. » (Légende du bréviaire, 3 mai. Fête de l'Invention
de la Sainte Croix).

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Message  Roger Boivin Mar 1 Jan - 21:48

gabrielle a écrit:
SAINT SYLVESTRE, PAPE ET CONFESSEUR

335.— Empereur : Constantin le Grand.


In verbis suis monstra placuit.

A la voix énergique de cet illustre pontife,
l'idolâtrie, le judaïsme, et le hideux cortège
de toutes les erreurs naissantes se sont honteusement
abîmées dans l'ombre.   Eccli., XLV, 2. .

Si l'Eglise romaine est redevable à l'apôtre saint Pierre de son établissement et de sa fondation, nous pouvons dire qu'elle est redevable à saint Sylvestre de sa liberté. Elle était esclave et elle gémissait depuis plus de trois cents ans sous la tyrannie des princes idolâtres qui ne permettaient ni au chef d'exercer son autorité, ni aux membres d'avoir avec lui et entre eux les rapports nécessaires pour s'acquitter de tous les devoirs du christianisme; mais ce grand Pape ayant attiré Constantin à Jésus-Christ et l'ayant soumis au joug aimable de l'Evangile, cette Eglise, d'esclave qu'elle était, devint libre, de servante, maîtresse, de misérable, glorieuse et triomphante, et elle commença à régner sur ces têtes couronnées qui, auparavant, la tenaient dans les fers et dans la servitude. C'est donc avec raison qu'elle considère cet homme céleste comme son libérateur et qu'elle lui rend des honneurs particuliers, comme à celui qui l'a rendue victorieuse de ses plus redoutables ennemis.

Sylvestre était romain d'origine et fils de Rufin. Il fut instruit dans la piété par un saint prêtre, nommé Cirin, et il profita si bien de ses instructions que, dès sa plus tendre jeunesse, on le vit doué de toutes les vertus chrétiennes. Il recevait avec joie dans sa maison les fidèles étrangers qui venaient en pèlerinage aux tombeaux des saints Apôtres, il leur lavait les pieds, leur donnait à' manger et les pourvoyait de tout ce qui leur était nécessaire. Il reçut, entre autres, saint Timothée, martyr, lequel étant venu d'Antioche à Rome, pour y honorer les reliques des Martyrs, après y avoir travaillé à la conversion des infidèles par la force de la parole de Dieu, mérita par une heureuse mort d'être joint au nombre de ceux dont le grand crédit auprès de Dieu l'avait attiré dans cette ville. Saint Sylvestre prit son corps et l'enterra avec tout l'honneur que la persécution des païens put lui permettre. Tarquin Perpène, préfet de la ville de Rome, eu étant averti, s'imagina que les biens de Timothée, qu'il croyait être grands» étaient demeurés entre les mains de cet homme charitable, et, comme il voulait les avoir, il le fit saisir et jeter en prison. Mais ce ne fut pas pour longtemps ; car, dès le lendemain, selon la prédiction du Saint, ce préfet, en mangeant du poisson, avala une arête qui l'étrangla ; sa mort fit donner la liberté au saint prisonnier.

A l'âge de trente ans, il fut ordonné prêtre de l'Eglise romaine par 1e pape saint Marcellin, d'où saint Augustin l'a appelé prêtre de Saint-Marcellin; comme, dans ce rang qui lui donnait occasion d'exercer son zèle et sa charité, il se distinguait merveilleusement parmi ceux qui composaient ce vénérable clergé, il s'attira bientôt la persécution des Donatistes. Après la mort de saint Melchiade, il fut élevé sur le Siège Apostolique, qu'il a très-dignement rempli pendant près de vingt-deux ans. Ce fut le 21 février 314, sous l'empire de Constantin le Grand. Ce prince avait déjà vaincu le tyran Maxence par la vertu de la croix qui lui était apparue avec cette inscription : « Tu vaincras par ce signe », et, étant entré triomphant dans Rome, il s'était hautement déclaré protecteur de la religion chrétienne.

Cependant les Actes de saint Sylvestre, approuvés par un grand nombre d'auteurs, tant grecs que latins, témoignent que les chrétiens ne laissèrent pas d'être encore persécutés dans cette capitale du monde, soit que Constantin se fût refroidi pour eux, comme plusieurs l'ont écrit, soit que, pendant qu'il était occupé aux grandes guerres contre Maximin et Licinius, ses collègues, les magistrats païens aient abusé de son absence pour les tourmenter. Ainsi ce saint Pape, pour se conserver à son troupeau, se vit obligé de sortir secrètement de Rome et de se retirer au mont Soracte, dit de Saint-Sylvestre, qui en était éloigné d'environ sept lieues.

Mais, selon les mêmes Actes, l'empereur, après avoir triomphé, par la défaite et la mort, de ces deux ennemis jurés de sa gloire et du christianisme, fut frappé d'une lèpre que les médecins appellent éléphantine. Peut-être l'avait-il contractée en Egypte, où Pline dit qu'elle était assez commune et qu'elle n'épargnait pas même les rois, bien que ce fût au grand dommage de leurs peuples, parce que, pour être guéris, ils se faisaient faire un bain de sang humain qui coûtait la mort à beaucoup d'enfants. Constantia, fille de ce prince, se ressentit aussi de ce mal, mais elle en fut guérie par les mérites de sainte Agnès. Pour lui, il eut recours au remède ordinaire, il fit prendre un grand nombre d'enfants, afin qu'on lui préparât un bain de leur sang. Cet acte allait être exécuté, lorsque, touché de compassion, d'un côté, de l'innocence de ces enfants, et de l'autre, des plaintes et des gémissements de leurs mères, il résolut de mourir plutôt par la violence de son mal que de se servir d'un remède si inhumain. Il fit donc rendre ces enfants à leurs mères, avec de l'argent pour aider à les reconduire chez eux.

La nuit suivante, les bienheureux Apôtres lui apparurent et, après avoir témoigné combien cet acte de clémence avait été agréable à Dieu, ils lui dirent d'envoyer chercher au mont Soracte le souverain Pontife des chrétiens, nommé Sylvestre, et qu'il lui enseignerait un autre bain beaucoup plus salutaire que celui que les médecins lui avaient proposé, puisque, par son moyen, il guérirait en même temps de la lèpre du corps et de celle de l'âme. Constantin obéit à ce commandement, et ayant fait venir Sylvestre, qui croyait qu'on l'appelait pour le faire mourir, il lui déclara la vision et l'ordre qu'il avait reçu du ciel. Le Saint jugea aussitôt que ces hommes divins qui lui étaient apparus étaient saint Pierre et saint Paul, et il lui montra leurs images ; Constantin avoua qu'elles ressemblaient parfaitement aux Saints qu'il avait vus. Il se fit alors un grand changement dans l'âme de ce prince. Il voulut être parfaitement instruit des mystères du christianisme et entrer dans les rangs des catéchumènes, et, après quelques jours de catéchisme, selon les règlements de l'Eglise, il fut plongé dans les eaux sacrées du Baptême, lesquelles, en vertu du sang de Jésus-Christ, effacent les péchés et donnent à l'âme la vie de la grâce. Après ce bienfait, il en reçut un autre qu'il souhaitait, la guérison de là lèpre. Il sortit des fonts avec la chair aussi nette que celle d'un enfant, et il éprouva que, bien que ce Sacrement ne soit pas établi pour rendre la santé au corps, il peut le faire néanmoins, lorsque Dieu s'en veut servir comme d'instrument pour opérer cet effet miraculeux.

On ne peut exprimer l'estime, l'affection et la reconnaissance que Constantin eut depuis pour saint Sylvestre, et le bien qu'il fit à l'Eglise par son conseil et à sa prière. Les Actes de ce bienheureux Pontife rapportent que son illustre néophyte, dans les huit jours qu'il porta l'habit blanc après son baptême, fit de très-saintes ordonnances pour l'établissement et la gloire de la religion chrétienne. Au bout de ce temps, il fit commencer l'édifice des célèbres basiliques de Saint-Sauveur, ou Saint-Jean de Latran, et de Saint-Pierre et Saint-Paul. Il fit aussi, dans la suite, abattre les temples des faux dieux, rompre leurs statues et bâtir de tous côtés des églises chrétiennes, auxquelles il donna des vases d'or et d'argent et des ornements d'une étoffe précieuse, avec de grands revenus pour l'entretien des ecclésiastiques qui les desserviraient. C'est ce que l'on peut voir dans la vie de sainte Hélène et dans les discours sur les fêtes de l'Invention de la sainte Croix et de la dédicace des églises de Saint-Sauveur et de Saint-Pierre.

Une chose qui le confirma beaucoup dans la religion qu'il avait embrassée, fut l'insigne victoire que saint Sylvestre remporta en sa présence dans une discussion contre les poldève et les païens, qui le taxaient d'imprudence et même d'impiété, d'avoir abandonné la religion de ses pères pour adorer un homme crucifié. Sylvestre les combattit avec tant de force et montra si solidement la vérité du christianisme, qu'ils demeurèrent muets et sans pouvoir rien répliquer, d'autant plus qu'il confirma sa doctrine par de grands miracles et des guérisons surnaturelles, auxquels, avec toute leur subtilité et leur malice, ils ne purent rien opposer.

Beaucoup de personnes savantes croient que ces Actes de saint Sylvestre sont supposes et défèrent plutôt à ce que dit Eusèbe de Césarée, au livre iv de la Vie de Constantin le Grand, chap, LXII et LXIII, que ce ne fut qu'à la fin de sa vie, et au faubourg de Nicomédie, qu'il se fit catéchumène et qu'il reçut le sacrement de la régénération spirituelle. Ce sentiment est appuyé de l'autorité de saint Ambroise, dans l'oraison funèbre de Théodose, de saint Jérôme, dans sa Chronique (si néanmoins une main étrangère n'y a point fait cette addition), de Socrate, de Théodoret, de Sozomène et de Gélase de Cyzique dans leurs histoires, de Cassiodore dans la sienne, appelée Tripartite, et de quelques autres écrivains plus modernes. On cite aussi la lettre des évêques orthodoxes du concile de Rimini à l'empereur Constance.

Cependant il y a tant d'auteurs grecs et latins qui souscrivent au baptême de Constantin à Rome, et aux Actes de saint Sylvestre, quoiqu'on avoue qu'ils aient été corrompus en quelques points, comme saint Grégoire de Tours, saint Venance Fortunat, Anastase le Bibliothécaire, Hincmar, Théophane, Siméon Métaphraste et Nicéphore Calixte, outre les papes Gélase Ier, dans un concile de Rome de soixante-dix évêques, où l'on fit un discernement si exact des Actes légitimes des premiers siècles d'avec ceux qui étaient supposés, Adrien Ier, dans son Epître à Constantin et à Irène, qui fut lue dans le septième concile, et Nicolas Ier, dans une lettre à l'empereur Michel, où il nomme saint Sylvestre Magni Constantini baptizatorem, « Celui qui a baptisé Constantin le Grand », qu'il est difficile de n'y pas ajouter foi.

Le cardinal Baronius, en l'année 324 de ses Annales et dans ses Notes sur le Martyrologe, prétend que tous ceux qui ont mis le baptême de Constantin à Nicomédie, et qui l'ont reculé jusqu'à la fin de sa vie, n'ont fait que suivre Eusèbe de Césarée; et que cet historien, que saint Jérôme appelle le porte-enseigne des Ariens, a inventé cette fable pour faire croire que Constantin avait été baptisé par Eusèbe, évêque de Nicomédie, le principal fauteur de l'Arianisme. Les savants, néanmoins, trouvent en cela peu d'apparence, puisque, le baptême de Constantin n'ayant pu être secret, si Eusèbe l'avait mis en un autre lieu et en un autre temps qu'il n'a été fait, sa fiction aurait aussitôt été reconnue pour une pure imposture, et il n'aurait fait autre chose que se décrier lui-même. Le Père Morin, de l'Oratoire, dans son Histoire de la délivrance de l’Eglise , par Constantin le Grand, après avoir sérieusement examiné les raisons des deux opinions, laisse la chose indécise et la met au nombre de ces difficultés dont on ne peut avoir une connaissance certaine. Dans ce doute, si l'on veut se déterminer, il est plus sûr de suivre ce que l'Eglise nous propose dans les Leçons de la fête de notre Saint; c'est ce que nous adoptons, non pas comme indubitable, mais comme probable et appuyé sur une autorité suffisante.

Durant le Pontificat de ce grand Pape, il se tint plusieurs Conciles, tant pour la défense de la foi contre les hérétiques, que pour le rétablissement et la perfection de la discipline ecclésiastique. Un des principaux fut celui d'Arles, où se trouvèrent les évêques des Gaules, d'Italie, d'Espagne, d'Afrique et de la Grande-Bretagne. On y ordonna que la fête de Pâques se célébrerait en un même jour pour tout le monde, le dimanche après le quatorzième de la lune de mars. On y condamna la réitération du baptême observée par les Africains. On y décida la cause de saint Cilicien, évêque de Carthage, qui fut reconnu innocent des crimes dont les Donatistes l'accusaient. On y fit aussi des lois très-équitables contre les schismatiques. Les Pères de ce Concile écrivirent une lettre à saint Sylvestre, où, après lui avoir témoigné la joie qu'ils auraient eue s'ils avaient été honorés de sa présence, ce que les affaires de son Siège avaient empêché, ils lui rendent compte de ce qu'ils avaient fait dans leur assemblée.

Le premier Concile général de toute l'Eglise, qui est celui de Nicée, fut aussi célébré de son temps. Le sujet de son assemblée fut l'hérésie d'Arius, qui, bien loin d'être éteinte par les nombreux Conciles particuliers convoqués dans ce dessein, se répandit tellement dans l'Orient, que toute l'Eglise était près d'en être embrasée. Il fallait prévenir ce mal, et l'on ne trouva point de meilleur remède que d'unir les principaux évêques de tout le monde chrétien, afin qu'ils définissent ensemble ce qu'ils avaient appris par la tradition apostolique de la divinité de Jésus-Christ. Ce Concile ne se tint que par l'autorité de saint Sylvestre, et il y présida par ses légats, qui furent le grand Osius, évêque de Cordoue, en Espagne; les prêtres Vite, ou Victor, et Vincent, membres du clergé romain. Dans ce Concile, la consubstantialité du Verbe, et conséquemment de Jésus-Christ avec son Père, fut définie, et l'on y composa le second Symbole de l'Eglise, lequel, avec les additions qui s'y firent au Concile de Constantinople, est celui que nous chantons à la messe.

L'empereur Constantin y assista et y donna de rares exemples d'humilité, de modestie, de patience et de zèle pour la foi et la religion chrétienne, et les évêques, de leur côté, lui firent de grands honneurs, le recevant au milieu de leur assemblée; c'est une des plus fortes preuves dont s'est servi le cardinal Baronius, pour montrer qu'il était déjà baptisé Après la condamnation d'Arius et l'établissement de la foi, le Concile écrivit à saint Sylvestre pour lui demander la confirmation de ses décrets; et ce saint Pape ayant assemblé pour cela un autre Concile à Rome, les confirma par ces paroles : « Nous confirmons de notre bouche avec conformité, tout ce qui a été établi dans la ville de Nicée, en Bithynie, par les trois cent dix-huit bienheureux évêques, pour le soutien de la sainte mère, l'Eglise catholique et apostolique, et nous anathématisons tous ceux qui entreprendront de détruire la définition de ce grand et saint Concile, faite en présence du très-pieux et vénérable prince Constantin Auguste ».

Ce bienheureux Pontife fit, outre cela, plusieurs choses dignes d'une éternelle mémoire. Entre autres, il fit bâtir une église dans le champ d'un de ses prêtres, nommé Equitius, auprès des bains de Trajan, encore appelée le titre d'Equitius.

Il baptisa sainte Romaine, fille de Calpurnius, préfet de Rome, laquelle, ayant consacré sa virginité à Jésus-Christ, et s'étant retirée dans les déserts auprès de Tivoli, y fit de grands miracles et y mena une vie plus angélique qu'humaine. On célèbre sa fête le 23 février.

On attribue aussi au saint Pape plusieurs décrets, dont quelques-uns ne font que renouveler ou confirmer ce qui était déjà en usage dans l'Eglise : 1° que le Chrême ne fût consacré que par l'évêque seul : c'était la pratique des premiers siècles, qu'il ne faut point douter être venue de l'ordonnance des Apôtres; 2° que dans le Baptême le prêtre oignît le haut de la tête de la personne baptisée : c'est une cérémonie que l'on observait même avant le IVe siècle ; 3° que les diacres usassent à l'autel de dalmatiques; 4° qu'on ne consacrât le Corps de Notre-Seigneur que sur des voiles de lin, et non sur du coton ou de la soie, pour représenter les suaires de lin dont ce saint Corps a été enveloppé après sa mort; 5° qu'un laïque n'eût pas la hardiesse de se faire dénonciateur contre un clerc, et qu'un clerc ne fût pas jugé par un juge profane; 6° que les jours de la semaine, excepté le dimanche et le samedi, fussent appelés fériés, pour faire connaître aux ecclésiastiques qu'ils devaient se détacher de tous les soins temporels et ne plus s'appliquer qu'au service de Dieu. Cela se faisait déjà avant saint Sylvestre.

Il marqua le temps des interstices qu'il fallait garder dans la réception des Ordres. En sept ordinations qu'il fit au mois de décembre, il créa quarante-deux prêtres, trente-sept diacres, et soixante-quinze évêques. A cette prudence céleste, avec laquelle il gouvernait l'Eglise, il joignit une piété admirable et une charité singulière envers les pauvres. Il avait soin des vierges consacrées à Dieu, et leur faisait fournir les choses nécessaires à la vie. Il prenait aussi garde que les ecclésiastiques eussent de quoi subsister honnêtement, et que ceux qui avaient de grands revenus en fissent part a ceux qui étaient dans le besoin.

Enfin, après un Pontificat de vingt et un ans, dix mois et douze jours, il passa de cette vie mortelle pour aller jouir dans le ciel de celle qui ne finira jamais; ce fut en 335. Son corps fut enterré sur la voie Salaria, dans le cimetière de Priscille, à une lieue de Rome. Ses reliques reposent sous l'autel de l'église de Saint-Sylvestre in capite. Le jour de sa fête, son chef est exposé au-dessus du tabernacle, dans un reliquaire en argent.    
                                                                                 
On le représente : 1° déposant le corps de saint Pierre dans les catacombes, à l'endroit nommé la confession de saint Pierre ; à sa gauche on remarque un guerrier qui pourrait bien être Constantin; 2° debout, tenant un livre fermé et bénissant; 3° baptisant Constantin; 4° liant la gueule à un dragon placé au milieu des flammes : derrière le Pape, trois cardinaux ; deux anges tiennent sa chape ; 5° à genoux, voyant un ange tenant une croix entourée de branches. Cette croix fait sans doute allusion à l'invention de la vraie croix retrouvée sous son pontificat par les soins de sainte Hélène.

Nous avons revu et complété ce récit du Père Giry avec l'Histoire de l'Eglise, par l'abbé Darras.

(Tiré des Petits Bollandistes, tome XIV, pp. 638-643)


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