Rome souterraine.

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Message  Louis Lun 23 Mar 2015, 11:21 am

LIVRE  III


CIMETIÈRE DE CALLISTE  

CHAPITRE  VI.

Le tombeau de saint Corneille.

(SUITE)

 A droite de la tombe de saint Corneille, devant la fresque qui le représente auprès de saint Cyprien, est un bloc de maçonnerie, une sorte de pilier rond, détaché de la muraille, et s'élevant à peu près jusqu'à hauteur d'appui. Il est bien antérieur à l'époque de Léon III ; nous ne pouvons cependant le dire avec certitude contemporain du tombeau lui-même, comme le sont, de toute évidence, d'autres piliers de même nature qui ornent certaines tombes des catacombes. Il n'est pas formé comme ces derniers du roc lui-même ménagé en avant de la muraille et taillé en forme circulaire ; c'est un bloc de maçonnerie, que recouvre un ciment grossier.

Peut-être a-t-il servi de support à la table d'autel, mensa, sur laquelle la messe était célébrée dans cette crypte : Prudence nous apprend, en effet, que la célébration des saints mystères n'avait pas toujours lieu sur le tombeau même du martyr, quoique toujours dans son voisinage immédiat (1). Le plus souvent, ces sortes de colonnes tronquées placées devant les sépultures illustres étaient destinées à recevoir des vases larges et bas, remplis d'huile et de parfums précieux — liquidi odores, dit Prudence — dans lesquels nageaient de petits morceaux de papyrus allumés comme nos veilleuses; l'huile parfumée qui brûlait ainsi devant les reliques des saints était recueillie pieusement par les pèlerins (2), et considérée par eux comme étant elle-même une relique (1).

Dans le catalogue des huiles ainsi recueillies par l'abbé Jean, et données par lui à la reine lombarde Théodelinde, figure « l'huile de saint Corneille, » ex oleo S. Cornelii; elle fut probablement puisée en cette place même, dans un vase dont les débris, couverts encore d'une substance grasse, ont été retrouvés au milieu des décombres, quand la crypte fut déblayée (2).

Nous dirons peu de chose des graffites qui se lisent sur la fresque de saint Corneille. Ce ne sont point, comme ailleurs, des acclamations ou des prières, mais, ainsi que nous avons déjà vu dans la crypte de sainte Cécile (3), les noms, gravés sur la muraille et dans l'épaisseur de la peinture, d'ecclésiastiques qui ont offert en ce lieu le saint sacrifice, ou de fidèles qui y ont pris part, peut-être même de prêtres qui ont assisté, comme témoins, à la translation des reliques : Leo prb.. Petrus prb.} Theodorus prb., Kiprianus Diaconus, etc. Un autre graffite, beaucoup plus ancien, se lit dans le cintre d'un des arcs-boutants. Il se compose de la phrase suivante : Scs Cerealis et Sallustia cum XXI. L'histoire de ces martyrs nous est entièrement inconnue; mais il est intéressant d'avoir sous les yeux une preuve de leur existence, corroborant l'indication donnée par deux anciens documents (4)   qui placent leur tombeau dans le voisinage de Saint-Corneille. Ce graffite est certainement très-ancien, bien qu'il soit difficile de lui assigner une date précise. Sans le préfixe Sctus, M. de Rossi serait tenté d'y voir l'œuvre d'un contemporain des vingt-trois martyrs, d'un témoin oculaire de leurs funérailles.

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(1). In Hippolyt.,  V. 171-175. Voyez note E, appendice. — Dans notre crypte, la messe cessa forcément d'être célébrée sur le tombeau même, après que celui-ci eut été fermé par le pape Sirice ou l'un de ses successeurs. Cf. pages 262, 266. — (2). « Embrassez le tombeau des martyrs et le cercueil où reposent leurs ossements : car non-seulement les ossements des martyrs, mais encore leurs tombeaux et leurs cercueils ruissellent de bénédictions. Recueillez l'huile sainte et oignez de cette huile tout votre corps. » -- S. Jean Chrysost., Homil. In martyres.

Rome souterraine. - Page 8 Page_233
Rome Souterraine, p. 270-2.

Note : Pour le Livre IV : L’art chrétien,voir sur le lien suivant :

https://messe.forumactif.org/t6421-lart-chretien-et-les-catacombes#115612

Bien à vous.


Dernière édition par Louis le Mar 06 Oct 2015, 10:53 am, édité 2 fois (Raison : Correction de la pagination.)

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Message  Louis Lun 10 Aoû 2015, 11:46 am

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

SOMMAIRE. — Objet de cette partie du livre. — Les chrétiens seuls ont enterré leurs morts dans les catacombes. — Comment s'explique la présence de quelques inscriptions païennes. — Le P. Marchi a le premier revendiqué l'origine chrétienne des catacombes, et combattu l'opinion contraire universellement admise. — Sol volcanique de la campagne romaine. — Tufa litoïde.— Pozzolana. — Tufa granulare.— Les catacombes ont été creusées dans le tufa granulare. — C'est là une preuve de leur origine chrétienne. — Autre preuve : différence entre le mode de leur construction et l'aménagement des carrières de pouzzolane. — Exceptions à la règle générale : le cimetière de Saint-Hermès. — Il prouve la difficulté de convertir un arenarium en catacombe.— Comment naquit la théorie de l'origine païenne des catacombes. — Textes qui semblent identifier les cimetières chrétiens avec d'anciens arénaires. — Examen de ces textes, au nombre de neuf. — Le mot crypta arenaria n'implique pas nécessairement un arénaire. — Explication de cinq passages : I. Le pape Corneille. — II. Les Quattro coronati.— III. Saints Chrysanthe et Daria. — IV. Saint Crescentius dans le cimetière de Sainte-Priscille. — V. Saints Hippolyte, Eusèbe, etc., sur la voie Appienne. — Ces exceptions apparentes confirment la règle. — Conclusion.

Dans les livres qui précèdent, l'histoire de Rome souterraine a été racontée d'après les documents écrits que l'antiquité nous a conservés, et d'après les monuments de toute sorte, tombeaux, peintures, sculptures, inscriptions, qui ont été découverts dans les catacombes : on a vu comment ces documents de nature si différente s'accordent, se complètent, et, interrogés  par une saine critique, conduisent aux mêmes conclusions. Il reste à considérer de plus près le témoignage matériel des catacombes elles-mêmes, c'est-à-dire non plus seulement les enseignements qui ressortent de la lecture des dates et des noms inscrits sur leurs murailles, mais encore ceux qu'on peut tirer d'un examen détaillé des galeries souterraines et du mode de leur construction. Une telle étude paraît sèche et peu attrayante; mais ses résultats sont trop importants pour qu'il soit permis de les passer sous silence. La confirmation qu'en reçoivent la plupart de nos démonstrations historiques payera amplement le lecteur de la peine qu'il se sera donnée pour maîtriser les aridités inséparables d'un tel sujet.

La première question que nous poserons à ces longues et silencieuses rangées de tombes est celle de leur origine. Il est inutile de s'arrêter aux opinions de quelques auteurs protestants du XVIIe siècle. Nous ne prendrons au sérieux ni Burnet affirmant que tous les signes de christianisme découverts dans les catacombes furent ajoutés après coup par des moines imposteurs du IVe et du Ve siècle, ni Misson prétendant, au contraire, qu'ils avaient été placés par les premiers chrétiens sur les tombes de leurs frères pour distinguer celles-ci des tombes païennes auxquelles elles étaient mêlées. Il est universellement admis aujourd'hui  que les catacombes ne servirent jamais qu'aux chrétiens. La présence, dans leurs galeries, de quelques inscriptions païennes ne saurait  ébranler cette  vérité historique : on a vu, par l'épitaphe du pape Eusèbe, gravée sur une pierre détachée d'un arc de triomphe, qu'à une certaine époque les chrétiens firent usage de matériaux déjà employés avant eux par les païens. Les chrétiens seuls eurent leur sépulture dans les catacombes ; l'analyse de ces immenses souterrains en donne une preuve surabondante,   puisqu'elle  démontre que seuls ils les creusèrent.

Cette démonstration est une des conquêtes de l'archéologie contemporaine…


Rome Souterraine, p. 459-60.

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Message  Louis Mar 11 Aoû 2015, 11:04 am

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Cette démonstration est une des conquêtes de l'archéologie contemporaine. Presque jusqu'à la moitié de ce siècle, la théorie généralement admise voyait dans les catacombes l'œuvre  des païens de  Rome, qui, disait-on, les avaient creusées pour en extraire les matériaux dont a été bâtie la ville éternelle : les chrétiens, ajoutait-on, y trouvant un abri tout préparé pour les restes de leurs frères martyrisés, se les approprièrent, et, par des additions successives, en firent ce que nous les voyons aujourd'hui, c'est-à-dire à la fois des cimetières et des lieux destinés au culte.

Les anciens documents, comme on le verra, prêtaient quelque appui à cette théorie, acceptée par Baronius, Severano, Aringhi et d'autres savants. Bosio lui-même est muet sur l'origine des catacombes : Boldetti, avec toute l'expérience que lui avaient donnée trente années d'observations personnelles, osa. réclamer pour un petit nombre de cimetières seulement une origine entièrement chrétienne. Le P. Lupi alla plus loin : il démontra que les excavations additionnelles faites par les fossores chrétiens devaient dépasser en étendue le premier travail des ouvriers païens ; mais Bottari, d'Agincourt, Raoul-Rochette furent unanimes à maintenir l'origine païenne des catacombes.

Le P. Marchi a soutenu le premier que l'origine des cimetières souterrains appelés de ce nom est exclusivement chrétienne. Il avait contre lui l'autorité de ses devanciers ; mais il défendit son opinion par des arguments puisés moins dans les livres que dans les cimetières eux-mêmes. Ses investigations furent poursuivies par les deux frères de Rossi ; leurs patientes recherches ont répandu sur ce sujet de si abondantes lumières, que l'origine chrétienne des catacombes peut désormais être considérée comme fermement établie.

Pour bien comprendre les motifs de cette conclusion, il est indispensable de se faire une idée du stratum géologique dans lequel sont creusées les catacombes ; nous extrairons du Guide à Rome, édité par Murray, quelques passages d'une notice très-bien faite sur la géologie romaine : nous ne pourrions résumer sous une forme plus claire et plus brève la longue dissertation publiée par M. Michel de Rossi dans la seconde partie de la Roma sotterranea.

« Le sol de la campagne romaine est formé, dans sa plus grande partie, de matériaux d'origine ignée. On peut les diviser en deux classes, qui diffèrent par leurs caractères minéralogiques, leur disposition, leur date, etc. Les plus anciens paraissent avoir succédé immédiatement aux dépôts marins tertiaires, ou même en être contemporains; ils ont été produits par une action volcanique sous-marine, et consistent, dans le voisinage immédiat de Rome, et dans la ville elle-même, en un tuf volcanique de couleur rouge, formé par une agglomération de cendres et de fragments de pierre ponce. Les archéologues romains lui ont donné le nom de tufa litoïde. On s'en est servi de tout temps et l'on s'en sert encore pour bâtir. Ce tuf forme la base de la plupart de sept collines qui occupent la rive gauche du Tibre : la roche Tarpéienne, sous le Capitole, en est composée, ainsi que la partie inférieure du Palatin, le Quirinal, l'Esquilin et l'Aventin... On l'extrait sur une grande échelle au pied du Monte-Verde, et il fournit d'excellents matériaux pour la construction... On ne voit plus aucune trace des cratères qui ont donné naissance à ce tuf primitif.

« Un certain laps de temps paraît s'être écoulé…
Rome Souterraine, p. 460-2.

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Message  Louis Mer 12 Aoû 2015, 11:25 am

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

« Un certain laps de temps paraît s'être écoulé entre l'apparition de ce premier dépôt et celle des roches volcaniques plus récentes de la campagne romaine; durant cet intervalle, le sol a dû s'élever, et être couvert, en certaines places, par des lacs d'eau douce et des marécages. A cette période appartient la couche, souvent très-régulièrement stratifiée, de charbon, de cendres, etc., qui forme la surface immédiate du sol; à la même époque appartiennent des empreintes de feuilles et de plantes terrestres, des lits de sable calcaire et de marne, que l'on rencontre de place en place, avec des coquillages de terre ferme et d'eau douce, quelquefois même des ossements fossiles;... mais la plus grande partie de ces roches volcaniques de formation récente fut déposée sur la terre sèche ; elles forment ordinairement des couches horizontales ; les dépôts de pozzolana ou roches volcaniques, dont on se sert pour faire du mortier, appartiennent à cette époque de volcans non plus sous-marins, mais à ciel ouvert, de même que le tufa granulare rouge dans lequel sont creusées les catacombes des premiers chrétiens, et probablement aussi les variétés du tuf plus compacte connu sous le nom de peperino, que l'on exploite à Albano et à Marino (1). »

Tel est le sol de la campagne romaine. En reconnaissant que les catacombes ont été creusées dans le tufa granulare de préférence à toute autre espèce de roc, le P. Marchi eut un premier soupçon de la fausseté des théories universellement admises sur leur origine. Le tufa litoïde, appelé par les anciens lapis ruber et saxum quadratum présente de nombreux exemples d'anciennes carrières, mais on n'y trouve pas une seule catacombe ; et la pozzolana,  tant prisée par Vitruve (2) comme renfermant toutes les qualités requises pour faire le meilleur ciment, exploitée dans ce but sur une si grande échelle, paraît avoir été évitée avec soin, et de propos délibéré, par les premiers auteurs des catacombes. Le tufa granulare, par la quantité de terre qui entre dans sa composition, et ne sera jamais employé pour faire du ciment là où l'on pourra se procurer de la vraie pozzolana, et il est beaucoup trop mou pour que l'on se serve de lui en guise de pierre dans les constructions. Et cependant dans cette couche seule ont été construits ces vastes systèmes de galeries que l'on appelle les catacombes. Il est extrêmement improbable que les païens aient creusé ces galeries pour en extraire une matière impropre à tout usage utile : c'est là le premier argument en faveur de leur origine chrétienne : et il est d'autant plus concluant que le tufa granulare, qui ne pouvait servir à autre chose, était admirablement adapté à la sépulture des morts. Il se travaille facilement, il est assez consistant pour qu'on puisse le façonner, en galerie et. en chambres sans danger d'effondrement, et en même temps assez poreux pour absorber promptement l'eau, assurant ainsi la sécheresse et la salubrité des galeries, considération importante quand on songe au grand nombre des cadavres qui autrefois remplissaient les parois de ces cimetières souterrains. Plusieurs catacombes ont même été creusées dans un tuf encore plus impropre à la construction que le tufa granulare : telles sont les catacombes de Saint-Pontien sur le Monte-Verde et de Saint-Valentin sur la voie Flaminienne, dont le stratum n'est qu'un dépôt marin ou fluvial, composé de terre, de sable, de coquillages, de galets, de végétaux et d'animaux fossiles, etc., et nécessite de solides substructions en maçonnerie pour combattre sa tendance permanente à s'écrouler. De telles excavations n'ont pu être faites que dans un but de sépulture, et comme les chrétiens seuls y ont enterré des morts, ils en sont évidemment les seuls auteurs.

La manière dont sont construites  les catacombes en fournit une autre preuve…


Rome souterraine. - Page 8 Page_429
Rome Souterraine, p. 463-4.

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Message  Louis Jeu 13 Aoû 2015, 12:21 pm

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)


La manière dont sont construites  les catacombes en fournit une autre preuve, surtout si on les compare soit avec les arenifondinæ, ou puits à sable, qui ont été creusés dans l'antiquité et dans les temps modernes pour l'extraction de la pouzzolane, soit avec les lapidicinæ, comme on appelait  les anciennes carrières de pierre.   Ceux qui ont creusé ces puits et ces carrières s'étaient proposé un double objet : en extraire la plus grande quantité possible de matériaux avec le moins de difficultés possible.  Aussi les voies souterraines y sont-elles d'une grande largeur; la courbe des voûtes y commence, de chaque côté, au niveau du sol, afin de permettre un facile passage aux charrettes que l'on y introduisait pour enlever le sable ou la pierre. Par le même motif, les excavateurs ont évité les angles aigus, les détours brusques, et ont adouci toutes les sinuosités des voies.

Bien différente est l'architecture des catacombes. Là, les murailles s'élèvent toutes droites;  le plafond n'est que légèrement voûté, ou même est tout à fait plat; les galeries sont étroites, rarement deux personnes y peuvent passer de front : elles se dirigent ordinairement en ligne droite, et se croisent les unes les autres à  angles très-aigus. Les plus petites voitures à bras y peuvent seules circuler, ce qui dut rendre très-lent et très-coûteux le travail des excavations.

La considération de la dépense n'eût peut-être point arrêté les païens de Rome, à qui la main-d'œuvre coûtait si peu, grâce aux esclaves presque innombrables dont ils disposaient ; mais, à coup sûr, ils n'eussent point songé à construire (dans des couches de terrain impropres à tout usage utile) des voies souterraines qui semblent calculées de manière à rendre impossible toute exploitation. Un regard jeté sur les plans de l'arenifodina et de la catacombe qui coexistent à Sainte-Agnès (fig. 2 et 3, page 39) rendra sensibles les différences essentielles de ces deux systèmes d'excavation.

Dans un petit nombre de cas des arenariæ ont été transformées en cimetières chrétiens...
Rome Souterraine, p. 464-5.

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Message  Louis Ven 14 Aoû 2015, 12:05 pm

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Dans un petit nombre de cas des arenariæ ont été transformées en cimetières chrétiens : ces exceptions mêmes viennent confirmer la règle, en apportant une preuve convaincante de l'origine chrétienne des autres catacombes. Nous en avons un remarquable exemple dans une portion du cimetière de Saint-Hermès. A première vue, le style et les proportions des galeries et des loculi s'éloignent peu



Rome souterraine. - Page 8 Fig_4810


du type ordinaire; mais, en regardant de plus près les murailles, on s'aperçoit qu'elles ont été construites en maçonnerie, au lieu d'être creusées dans le roc. Le plafond est en tuf, légèrement voûté, soutenu de place en place par des contre-forts en briques; les niches des loculi sont régulièrement ménagées dans les murailles, et fermées de la manière accoutumée, à l'exception de la rangée supérieure, close par des pierres  posées obliquement, en forme  de demi-toit, comme le montre la section ci-jointe. La galerie


Rome souterraine. - Page 8 Fig_4910


a la largeur usuelle ; mais, si on la débarrasse de la construction en briques adossée aux murs, on reconnaît qu'elle est deux ou trois fois large comme une galerie ordinaire de  catacombe; la section des murs et de la voûte forme une ellipse presque régulière. Au point de jonction des galeries, le développement du cintre s'agrandit encore, les murs s'inclinent davantage, et quelquefois la voûte est soutenue, au milieu, par un épais bloc de maçonnerie contenant des loculi, tandis que les murailles sont fortifiées à leur base par une construction en briques,  et ne renferment point


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5010


de tombes. Cet exemple suffit à montrer quels changements étaient nécessaires pour transformer une arenaria en cimetière chrétien…
Rome Souterraine, p. 465-6.

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Message  Louis Sam 15 Aoû 2015, 11:47 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Cet exemple suffit à montrer quels changements étaient nécessaires pour transformer une arenaria cimetière chrétien, Si la théorie que nous combattons était exacte, il devrait se rencontrer dans la campagne romaine un grand nombre d'excavations souterraines privées de tombeaux, et offrant des galeries étroites et droites comme celles des catacombes : or aucune excavation de cette nature n'a été découverte. Nous sommes en droit de conclure, du contraste si marqué entre les catacombes et les arénaires, à la différence d'origine des unes et des autres : car, s'il eût été facile d'amplifier une catacombe au point de la faire ressembler à un arénaire, on n'eût pu, sans un travail aussi reconnaissable que celui dont il a été donné un exemple, resserrer un arénaire aux proportions d'une catacombe.

Une question se présente naturellement à l'esprit : comment, si les catacombes portent elles-mêmes un témoignage si évident de leur origine chrétienne, la théorie qui voit en elles un ouvrage des païens a-t-elle pu naître, et obtenir, pendant un temps si long, l'assentiment presque unanime des savants ? Nous avons déjà indiqué la réponse : la théorie de l'origine païenne des catacombes repose sur une fausse tradition historique, sur des textes mal interprétés, et non sur l'analyse des souterrains eux-mêmes. Elle a été puisée dans les livres, non dans les faits. En voici la source : quelques documents anciens emploient, pour désigner les lieux où furent enterrés certains martyrs, les mots in arenario, juxta arenarium, in cryptis arenariis. Les passages où l'un de ces mots est employé sont au nombre de neuf...
Rome Souterraine, p. 467.

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Message  Louis Dim 16 Aoû 2015, 12:48 pm

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Les passages où l'un de ces mots est employé sont au nombre de neuf.

— 1° On lit dans plusieurs manuscrits du Liber pontificalis que Lucine enterra le pape Corneille in crypta juxta cœmeterium Callisti in arenario.  

— 2º Les actes des saints Hippolyte, Eusèbe, Marcel et leurs compagnons rapportent que «  l'évêque Étienne recueillit leurs restes, et les enterra sur la voie Appienne, à un mille de Rome, dans l'arenarium même où ils avaient coutume de se rassembler (1). »

— 3º Les actes des saints Nérée et Achillée racontent « qu'Auspicius emporta leurs corps et les enterra dans la propriété de sainte Domitille, in crypta arenaria, sur la voie Ardéatine (1). »

— 4° Les actes des saints Marc et Marcellianus relatent de même que ces martyrs furent enterrés « à trois milles de Rome, au lieu appelé ad Arenas, parce que là étaient les carrières de sable (cryptæ arenariæ) qui ont servi à construire les murailles de la ville (2). »

— 5° Les actes de sainte Suzanne disent qu'elle fut enterrée in cœmeterio Alexandri, in arenario in crypta juxta S. Alexandrum ; d'autres manuscrits portent : juxta corpora SS. Chrysanthi et Dariæ via Salaria in arenario (3) .

— 6° Sur la même voie Salaria Nova, saint Crescentianus, martyr, fut enterré in cœmeterio Priscillæ in arenario (4).

— 7º Sur la voie Labicane, environ à trois milles de Rome, les corps des « Quatre Saints couronnés » furent enterrés avec d'autres saints in arenario (5).

— 8° Saint Tertullinus « fut conduit, pour y être martyrisé, à la seconde borne milliaire de la voie Latine, et enterré par saint Étienne au même lieu, in crypta arenaria (6). »

— 9º Enfin, le Liber pontificalis rapporte que, sur la voie Tiburtine, Constantin construisit une basilique in agro Verano super arenariam cryptam; Bosio pense que dans cette crypte reposaient deux compagnons du martyre de saint Laurent, saints Narcisse et Crescent.

— Ces textes établissent, sinon une assimilation, au moins une relation entre les arenariæ et quelques-unes au moins des catacombes. On peut les rapprocher des paroles de Cicéron racontant le meurtre du jeune Asinius in arenarios quasdam, en dehors de la porte Esquiline (7) : on peut citer encore, à leur occasion, le mot célèbre de Néron pressé de se cacher dans une de ces cavernes souterraines (in specum egestæ arenæ ) et refusant de s'enterrer vivant (negavit se vivum sub terrant iturum [1] ). Il est naturel que, pour quiconque a parcouru d'un regard superficiel tous ces passages d'auteurs païens et chrétiens, une certaine confusion s'établisse entre l'idée d'un arénaire et celle d'une catacombe.

Une critique exacte suffit à la dissiper…

____________________________________

(1) Bosio, Roma sott., p. 193.
Rome souterraine. - Page 8 Page_430
[1]. Sueton., In Neron., 48.

Rome Souterraine, p. 467-8.

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Message  Louis Lun 17 Aoû 2015, 10:37 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Une critique exacte suffit à la dissiper. Avant toute discussion, un fait considérable est acquis : les neuf textes indiqués plus haut sont les seuls où il soit question de chrétiens enterrés dans les arénaires. Voilà donc mis en dehors de toute confusion, de toute fausse assimilation, les cimetières situés sur les voies Ostiensis, Portuensis, Aurélia, Cornelia, Triumphalis, Flaminia, Salaria Vetus, Nomentana, Prænestina. C'est là une première élimination.

Nous sommes en droit d'en proposer une seconde. Des neuf textes cités, cinq emploient le mot arenaria ou arenarium, quatre se servent de l'expression crypta arenaria. Or cette dernière expression, on va le voir, n'implique nullement une carrière de sable, mais simplement une excavation faite dans un tuf sablonneux. Ainsi, les travaux exécutés récemment pour restaurer la basilique de Saint-Laurent fuori le mura, bâtie par Constantin sur la voie Tiburtine, ont montré que le tuf environnant, — celui dans lequel est creusée la catacombe de Saint-Cyriaque, qualifiée arenaria crypta, — est composé d'une matière toute différente de la pouzzolane : il est analogue à ce qu'on appelle à Rome cappellaccio, et entièrement impropre à la construction. On en peut dire autant de celui dans lequel est construit le cimetière de Domitille. Le cimetière de Tertullinus n'a pas encore été exploré ; quant au sépulcre des saints Marcus et Marcellianus, le P. Marchi fait observer avec raison qu'il n'est point dit que ces martyrs aient été enterrés in cryptis arenarum, mais in loco qui dicitur ad Arenas (2), c'est-à-dire dans le voisinage des cryptas arenariæ « qui servirent à construire les murailles de Rome. »

Ainsi l'expression crypta arenaria ne suppose point un arénaire, et…

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(2). Comparez ad Catacumbas. ad duas Lauros, ad septem Columbas, ad Ursum Pileatum, désignent de même des catacombes par quelque particularité de voisinage. Cf. pages 38 et 144.(ci-dessous)

Rome souterraine. - Page 8 Page_110
Rome souterraine. - Page 8 Page_111
Rome souterraine. - Page 8 Page_112
.
Page 144.

Rome Souterraine, p. 469.

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Message  Louis Mar 18 Aoû 2015, 11:36 am

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Ainsi l'expression crypta arenaria ne suppose point un arénaire, et l'on peut écarter les quatre textes où elle se rencontre. Les cinq qui restent parlent de martyrs inhumés in arenario. Ce mot signifie certainement une saisonnière. Étudions les passages qui le contiennent.

— Le premier a trait au pape Corneille. Il ne se trouve pas dans tous les manuscrits du Liber pontificalis. L'explication de cette circonstance, et du passage lui-même, est toute simple : dans la catacombe où le pape fut enterré, celle de Lucine, il existe, à un niveau plus bas que le sol de la crypte (1), une couche de pouzzolane : quelques excavations faites en cet endroit ont pu induire des copistes relativement récents à ajouter au texte primitif du Liber le mot in arenario, afin de désigner la place d'une manière plus précise.

— Le passage relatif aux « Quatuor Coronati » est plus obscur. Bosio suppose qu'ils furent enterrés dans le cimetière des saints Marcellin et Pierre ; or, dans ce cimetière, M. de Rossi n'a pu encore découvrir aucune trace de pouzzolane expliquant le mot des actes : in arenario. Les artistes qui ont dressé les plans ajoutés au livre de Bosio paraissent cependant avoir pénétré dans une portion de l'ancien arenarium, car leur dessin représente des voies souterraines ressemblant à celles des carrières de pouzzolane plutôt qu'aux galeries des catacombes, et dans leur texte ils parlent «d'une large grotte sans tombes,» et, plus loin, « d'une large place où les tombes ont été détruites pour extraire de la pouzzolane (2). »

— En résumé, de ces deux textes, l'un s'explique par une addition de copiste, le second ne peut, dans l'état actuel des découvertes, être confronté sûrement avec les lieux. Les trois autres décrivent des localités faciles à reconnaître, et correspondant exactement avec la description qu'ils en donnent : dans chacune d'elles on trouve d'excellente pouzzolane au même niveau que les galeries de la catacombe. C'est donc, en définitive, dans ces trois derniers textes seulement que peut encore se réfugier la théorie qui assimile les arénaires et les catacombes.

Le premier est relatif à…

_______________________________________________________

(1). Voyez le plan général, à la fin du volume, E h, F h. (Note de Louis : Nous déposerons le LIEN dès que possible. Bien à vous.)  — (2). Bosio, Roma sott. p. 591, D.
Rome Souterraine, p. 470-1.

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Message  Louis Mer 19 Aoû 2015, 12:26 pm

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Le premier est relatif à l'arenarium (1)  où furent enterrés vivants les martyrs Chrysanthe et Daria, et dans lequel d'autres martyrs périrent après eux. Le Liber pontificalis dit que le pape Adrien Ier « restaura la basilique de Saint-Saturnin, sur la voie Salaria, et fit en même temps des réparations au cimetière des saints Chrysanthe et Daria. » Ce cimetière est un ancien arenarium transformé. Après la mort des saints Chrysanthe et Daria, que l'empereur Numérien « avait fait conduire hors de la ville, sur la voie Salaria, in arenario , et qu'il y avait fait enterrer vivants, l'entrée étant bloquée avec des pierres et du sable, » les chrétiens, dans un sentiment de dévotion, voulurent changer en cimetière la caverne illustrée par ce glorieux martyre. Le cimetière qu'ils y construisirent ressemble à celui d'Hermès, que nous avons décrit plus haut : on y retrouve la trace des efforts incroyables, et jamais complètement satisfaisants, que nécessita, dans les rares occasions où une circonstance particulière la fit entreprendre, la transformation d'un arénaire en catacombe. La largeur des galeries est égale à celle des voies souterraines d'un arenarium : les loculi sont peu nombreux, superposés sur deux rangs seulement, précaution prise pour ne pas diminuer la solidité des murailles, qui sont inclinées, et composées de bonne pouzzolane. Dans la partie de l'arenarium qu'ils n'ont pas essayé de transformer, les chrétiens ont pris une précaution plus significative : ils ont muré certains passages, pour empêcher l'accès d'une région entièrement impropre aux usages sépulcraux. Dans le voisinage d'une des galeries ainsi rendues inaccessibles, un escalier conduit à un niveau plus bas, où l'on trouve une catacombe chrétienne du type ordinaire.

Ainsi, après avoir commencé, en souvenir du martyre qui l'illustra, à transformer en catacombe l'arenarium de la voie Salaria Nova, les chrétiens, rebutés par les difficultés de l'entreprise et le peu de solidité des résultats obtenus, renoncèrent à poursuivre le travail commencé : ils préférèrent descendre plus avant dans les entrailles du sol pour y construire des galeries nouvelles. On voit que cet exemple, loin d'appuyer la théorie que nous combattons, suffit à en démontrer le fausseté.

Nous en dirons autant du deuxième passage, relatif au martyr Crescentianus…

____________________________________________________

(1). Sur la situation de cet arenarium, voir page 134, note 1.
Rome Souterraine, p. 471-2.

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Message  Louis Jeu 20 Aoû 2015, 12:06 pm

LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

Nous en dirons autant du deuxième passage, relatif au martyr Crescentianus, enterré in cœmeterio Priscillæ in arenario, sur la voie Salaria Nova. Quiconque a visité la partie la plus ancienne, le noyau central de la catacombe de Priscille, sait combien cette région diffère du type usuel. De nombreux piliers de dimensions diverses; de longs murs de solide maçonnerie, les uns droits, d'autres offrant des sinuosités et des angles, et, quelle que soit leur forme, cachant et soutenant à la fois le tuf et les tombes des galeries; les rangées des loculi fréquemment interrompues par des piliers de briques; — tout révèle le labeur immense qui fut nécessaire pour convertir à sa forme actuelle l'excavation primitive. Le plan ci-contre (fig. 51, page 473) le fait aisément comprendre : les portions légèrement ombrées y représentent la maçonnerie, celles plus foncées le tuf primitif : il est facile de distinguer à première vue les excavations originelles des constructions postérieures. Les larges voies de l'arénaire se reconnaissent dans les portions marquées A, les galeries de catacombe sont désignées par la lettre C. L'ouverture B fut à l'origine un puits pour l'extraction de la pouzzolane ; il a été plus tard transformé en un vaste luminaire. Voici donc une catacombe greffée, pour ainsi dire, sur un arenarium : l'examen du plan fait comprendre combien il eût été difficile de construire de la même manière un grand nombre de cimetières chrétiens.

Un dernier passage doit être expliqué, celui des actes des saints Hippolyte, Eusèbe, Marcel et leurs compagnons, racontant leur inhumation par le pape saint Étienne « sur la voie Appienne, au premier mille de Rome, dans l'arenarium même où ils avaient coutume de se rassembler (1). »

M. de Rossi n'a point encore reconnu cet arenarium avec la même certitude que les deux précédents ; mais c'est un fait significatif


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5111

qu'un des plus larges escaliers du cimetière de Saint-Calliste conduise directement de la surface du sol au troisième étage souterrain de la catacombe, placé au même niveau que les carrières de pouzzolane, et descende précisément auprès de l'endroit où existe une communication entre ces carrières et la catacombe. De récentes excavations ont même révélé l'existence d'un passage très-étroit établissant une communication secrète et directe de la surface du sol à l'arénaire. Cet escalier dérobé, arrivé à la voûte de l'arenarium, cesse brusquement, et, pour pénétrer dans celui-ci, il faut que la personne qui descend soit munie d'une échelle portative, ou aidée par d'autres déjà arrivées en bas (1). Ces faits prouvent qu'il existait, entre la catacombe et l'arenarium, une connexion sur laquelle nous reviendrons avec plus de détails dans le chapitre suivant; et si M. de Rossi a raison de voir dans cet arénaire un de ceux qui servirent de refuge au culte chrétien pendant la persécution, ses rapports avec la catacombe expliquent suffisamment comment on a pu dire que saint Étienne enterra les martyrs Hippolyte, Eusèbe et Marcel, in arenario.

On le voit, les trois seuls passages qui, à première vue, sembleraient établir…

__________________________________________________________

(1). Les Actes cités par Bosio racontent le baptême d'Adria, Paulin, Neo et Maria, et disent qu'après l'avoir reçu ces saintes femmes vinrent habiter, avec le prêtre Eusèbe, le diacre Marcellus et plusieurs autres, dans la crypte où se cachait le pape Étienne, et que là, chaque jour, tous persévéraient dans la prière, le jeûne et le chant des psaumes. Quand sainte Pauline eut été martyrisée, un moine nommé Hippolyte, par l'ordre de saint Étienne, enterra son corps dans l'arenarium où ils avaient coutume de se rassembler souvent, et, plus tard, Hippolyte et les autres ayant été également martyrisés, leurs corps furent inhumés dans le même arenarium. — Bosio, p. 193. — (1).Une section de cet escalier est donnée dans le chapitre suivant, (fig. 58, p. 492), [ figure ici-bas ]. Sur les plans qui accompagnent ce chapitre, il est marqué X4.

Rome souterraine. - Page 8 Fig_5810
Rome Souterraine, p. 472-4.

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Message  Louis Ven 21 Aoû 2015, 3:40 pm

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LIVRE  V

Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  I.

Les catacombes rendent témoignage de leur origine chrétienne.

(SUITE)

On le voit, les trois seuls passages qui, à première vue, sembleraient établir l'identité d'un arénaire et d'une catacombe aboutissent, s'ils sont examinés de près, à faire ressortir les différences essentielles de ces deux sortes d'excavations. Les souterrains auxquels ils se rapportent sont, — avec le cimetière de Saint-Hermès et celui de Sainte-Agnès, — les seuls qui aient offert aux archéologues des trois derniers siècles un arénaire et une catacombe réunis. En tout, dans cinq cimetières, sur vingt-cinq ou trente qui existent aux environs de Rome, un arénaire se trouve en communication plus ou moins étroite avec une catacombe. Le rapprochements de ces chiffres est à lui seul une démonstration.

La coexistence d'un arénaire et d'une catacombe offre, selon l'expression de Bosio, une assez grande « singularité » pour que, presque toutes les fois qu'elle se rencontre, elle ait été notée avec soin par les rédacteurs des Actes des Martyrs. Il nous paraît inutile de pousser plus loin ces réflexions : il est prouvé que les catacombes sont tout à fait indépendantes des anciens arénaires; interrogées avec soin, elles proclament elles-mêmes leur origine chrétienne.

Il semble que les premiers chrétiens aient voulu répondre d'avance aux questions qui viennent d'être discutées. Plusieurs fois, sur les murailles des catacombes, ils ont retracé l'image de ceux qui y travaillaient, des fossores. Si le travail habituel de ceux-ci avait été d'ouvrir des loculi dans les parois de galeries déjà creusées par les païens, dans les murailles d'antiques arénaires, ils eussent été représentés dans cette occupation. Chose étrange, dans les images de fossores publiées par Bosio, par Boldetti, par Perret, par M. de Rossi, jamais on ne les voit ouvrant des tombeaux : cette partie de leurs fonctions, si importante qu'elle fût, n'était sans doute considérée que comme accessoire. Dans la plupart des peintures représentant des fossores, on voit ceux-ci, le pic à la main, taillant les galeries et les chambres cémétériales. Tantôt ils semblent travailler à ciel ouvert, attaquant le tuf encore vierge (1) : c'est le début, l'origine même d'une catacombe creusée par le travail chrétien. Tantôt ils façonnent à coups de pic les parois et la voûte d'une galerie (2). Tantôt ils sont debout, au repos, le pic sur l'épaule (1). On voit, par ces peintures, quel était le principal labeur des fossores : creuser des cimetières, d'abord en ouvrant la roche à la surface du sol, puis, parvenus dans les entrailles de la terre, en taillant les galeries et les chambres destinées à la sépulture des chrétiens.

_________________________________________________

(1). Dans le cubiculum A4. — Voir planche V,  nos 3, 4. — (2). Martigny, Dict. des ant. chrét., v° Fossor., p. 281. — Roma sotterranea, t. II, p. 346, et tav. d'aggiunta C D, n° 3 (cubiculum A2).

Rome Souterraine, p. 474-6.

A suivre : Chapitre II. Construction et développement des catacombes.

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Message  Louis Sam 22 Aoû 2015, 11:32 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.


SOMMAIRE. — Objet de ce chapitre, — Conditions d'emplacement des catacombes.— Leur distance de Rome.— On les creuse sous des lieux élevés, — dans le tufa granulare, — faisant suivre à chaque étage le plan horizontal. — Etages superposés. — Couches géologiques. — Formation de la catacombe de Saint-Calliste. — Aræ distinctes. — Area de sainte Cécile et des papes. — Voies publiques et privées qui la traversent. — Première période de l'excavation. — Comment on peut la distinguer. — Deuxième période : abaissement du sol des galeries. — Troisième période : essai de construction d'un étage inférieur. — Construction de la crypte de sainte Cécile. — Nécessité de dissimuler les cimetières.— Communication établie entre le cimetière et un arenarium. — Seconde area annexée à la première. — Ses caractéristiques. — Quatrième période : arcosolia. — Cinquième période : enterrement des galeries.— Sixième période : paix donnée à l'Église : excavation de petites galeries.— Septième période : travaux de saint Damase.— Troisième area. — Autres areæ. — Labyrinthe les mettant en communication. — Application de ces observations à l'histoire générale des catacombes.— Résumé du développement d'une catacombe : son origine, — ses accroissements, — précautions prises pour la protéger contre les persécuteurs, — son abandon final.

On vient de voir comment les catacombes démontrent elles-mêmes leur origine chrétienne, et fournissent la réponse aux difficultés soulevées contre ce fait aujourd'hui certain. Il reste à les considérer de plus près encore, afin de tirer d'elles, s'il est possible, des renseignements sur la manière dont elles ont été construites, les additions qu'elles ont successivement reçues, les modifications quelles ont éprouvées, les vicissitudes de leur situation vis-à-vis des lois romaines, et la condition de l'Église de Rome pendant les périodes de paix et de persécution traversées par elle. Ce tableau a déjà été tracé dans nos chapitres historiques ; si nous pouvons le confirmer par le témoignage des catacombes elles-mêmes, nous serons récompensés du travail un peu aride qui se présente à nous ; car nous aurons, pour mettre le sceau à nos conclusions, la déposition du plus indépendant, du plus exact et du moins suspect de tous les témoins.

Nous avons noté déjà (liv. I, chap. I et IV) plusieurs des circonstances qui déterminèrent la situation des principaux cimetières chrétiens. Les lois obligeaient à les établir en dehors des murs; il était indispensable qu'ils ne fussent pas trop éloignés de Rome. Les anciens documents indiquent un rayon variant de un à trois milles à partir de l'enceinte de Servius Tullius, comme formant la zone dans laquelle la plupart des cimetières étaient situés ; et c'est précisément dans cette zone que nous reconnaissons aujourd'hui l'entrée de toutes les grandes catacombes. Entre le troisième et le cinquième mille aucune sépulture chrétienne n'a été trouvée ; au sixième, une seule, la catacombe de Saint-Alexandre ; au delà du septième mille on rencontre de nouveau des tombes, mais celles-ci appartiennent aux villes et aux villages de la campagne romaine plutôt qu'à Rome elle-même.

Une autre cause déterminante de la situation des cimetières chrétiens…
Rome Souterraine, p. 477-8

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Message  Louis Dim 23 Aoû 2015, 11:57 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

Une autre cause déterminante de la situation des cimetières chrétiens, c'était la condition géologique du sol dans le rayon indiqué. Si on les avait creusés dans des vallées profondes, ils auraient été en danger continuel d'être inondés, ou par les rivières et les ruisseaux voisins, ou par des infiltrations d'eaux souterraines, ce qui non-seulement les aurait rendus inaccessibles, mais encore aurait accéléré la putréfaction des cadavres et rempli l'air de miasmes corrompus, quelque bien clos qu'eussent pu être les loculi. Le cimetière de Castulus, sur la voie Labicane, offre un exemple de ces inconvénients. Ayant été creusé dans un terrain un peu bas, il est inaccessible aujourd'hui, à cause de l'eau et de la boue qui remplissent ses galeries ; plusieurs indices montrent, du reste, qu'il fut construit en dehors des règles ordinaires.

Saint Damase a célébré dans sa manière accoutumée les peines qu'il prit pour empêcher l'eau d'endommager la tombe de saint Pierre au Vatican :


Rome souterraine. - Page 8 Page_431


Les cimetières chrétiens étaient donc construits sous des terrains élevés ; c'est toujours là qu'on les trouve. Cette circonstance toute seule suffit à démontrer qu'il n'existait aucune communication soit entre les diverses catacombes, soit entre chacune d'elles et les églises de l'intérieur de Rome.

Nous avons déjà remarqué que les cimetières chrétiens sont presque toujours creusés dans le tufa granulare, de préférence à toute autre espèce de roc. Une autre de leurs caractéristiques, dépendant jusqu'à un certain point de la composition géologique des terrains, c'est que les différents niveaux d'excavation, les différents piani, dans un même cimetière, sont toujours distincts les uns des autres. Il est très-rare qu'une galerie conduise, en s'abaissant obliquement, d'un étage à l'étage inférieur ; la descente se fait ordinairement  par  une  suite  de degrés. Le maintien du plan horizontal pour chaque étage était une sage précaution ; tantôt le plafond, tantôt le sol des galeries et des chambres eût été en danger, si l'on s'en était départi ; car, sans l'aide d'instruments scientifiques, il eût été presque impossible aux fossores de ne point faire, soit en montant, soit en descendant, déboucher une galerie dans une autre. Sur un même plan, ces rencontres imprévues de galeries ne peuvent avoir de grands inconvénients ; à différents niveaux, la sûreté d'une chambre ou même d'une galerie entière eût été mise en péril par l'excavation d'une autre qui se fût approchée d'elle en dessus ou en dessous. Aussi les différents étages sont-ils toujours séparés les uns des autres par un très-large intervalle ; et si entre eux on trouve quelquefois des galeries intermédiaires, elles sont peu étendues, de construction plus récente : on peut les comparer à ces petites chambres, ou mezzanini,  que l'on rencontre entre le premier et le second étage des grandes maisons de Rome.

Le plan ci-contre…
Rome Souterraine, p. 478-80

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Message  Louis Lun 24 Aoû 2015, 11:28 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

Le plan ci-contre (fig. 52, p. 481)donne une idée générale de la profondeur à laquelle sont creusés les divers piani d'une catacombe. C'est une section de la partie de la crypte de Lucine qui s'étend immédiatement au-dessous du vaste monument ruiné décrit plus haut (1). Le niveau de la galerie  Rome souterraine. - Page 8 Page_432 n'est qu'à six mètres au-dessous de la surface du sol ; en quelques parties même, il n'a qu'une profondeur de trois mètres ; si la galerie avait été prolongée sur ce plan, elle fût venue déboucher en plein air, à cause d'une déclivité de la colline. Cet étage est, pour ce motif, très-peu étendu ; c'est le seul exemple d'une galerie creusée à une aussi petite profondeur. Le stratum dans lequel elle est construite est formé de tufa granulare très-friable, de couleur grise, renfermant en grande quantité de l'amphigène, sorte de grenat, et, de place en place, de l'angite noire. Cette couche est désignée par le chiffre II ; le stratum supérieur, marqué I, se compose de terre, de pierres, de ruines antiques et d'autres matériaux de même nature. Le stratum III est formé d'un tuf moins solide que le n° II, et ne présentant aucun  des cristaux que celui-ci  renferme en

Rome souterraine. - Page 8 Fig_5212


abondance ; c'est la couche dans laquelle travaillaient de préférence les fossores chrétiens, celle dans laquelle nous trouvons le plus ancien et le plus considérable étage de la catacombe. Dans la section de plan qu'il a sous les yeux…
_____________________________________________________________

(1). Page 181.

Rome Souterraine, p. 480-1

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Message  Louis Mar 25 Aoû 2015, 11:52 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)



Rome souterraine. - Page 8 Fig_5212



Dans la section de plan qu'il a sous les yeux, le lecteur remarquera que les galeries P, X et U sont creusées de façon que leur plafond soit taillé à même la couche supérieure : les fossores en usaient souvent ainsi, choisissant pour les voûtes un tuf plus solide; et c'est pourquoi, en visitant les catacombes, on est souvent surpris de la différence de couleur entre le tuf des loculi et celui des voûtes d'une galerie, sur lesquelles scintillent une multitude de cristaux. Vers le point a, le stratum III se termine insensiblement en une couche de pouzzolane, dont il est séparé seulement par un mince lit de pierres et de cendres volcaniques, mêlées de cristaux et de débris de mica. Solidifié par l'action de l'eau, ce stratum intermédiaire IV est devenu du tufa litoïde.

Le stratum V se compose de pouzzolane proprement dite; une galerie étroite et basse, g, y a été creusée : elle forme le dernier étage de la région souterraine qui s'étend sous le monument ruiné. Ici devrait se terminer notre plan. Mais M. de Rossi, à qui nous l'empruntons, a figuré, au-dessous de la ligne qui divise le stratum V, l'étage inférieur d'une autre portion de la catacombe, dont le piano supérieur est à peu près au même niveau que notre étage U et X, et dont la situation générale, sur le plan qui termine l'atlas du premier volume de sa Roma sotterranea (tav. XXXV) [1], est marquée par les chiffres et les lettres Lc 1, 2 , et Ib 1.

Par ce moyen nous avons sous les yeux un étage plus profond, Γ, Γ, Γ, creusé dans la pouzzolane; et dans le stratum VI, où se rencontre de nouveau le tufa granulare, nous voyons une galerie creusée encore plus avant, Ω, Ω, Ω,  à une telle profondeur que l'air y est raréfié, et que l’on atteint le niveau de l'eau : elle est presque toujours inondée. Le roc VII, au-dessous, est imperméable à l'eau, et n'a pas été fouillé. Le niveau du Tibre et celui d'un petit cours d'eau, l'Almone, qui traverse la voie Appienne, sont donnés d'après les calculs et les mesures du P. Secchi.

Nous venons de voir comment sont construits les divers étages d'une catacombe…

________________________________________

[1]. Cette portion du cimetière est située trop au nord pour avoir pu être comprise dans le plan général qui accompagne le présent volume.

Rome Souterraine, p. 482

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Message  Louis Mer 26 Aoû 2015, 11:45 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

Nous venons de voir comment sont construits les divers étages d'une catacombe; étudions maintenant la construction des galeries et des chambres d'un même étage. La nécropole de Saint-Calliste est la seule dont un plan complet et scientifiquement exact ait encore été publié; nous limiterons nos études à ce vaste cimetière.

Si l'on jette un regard sur la carte qui accompagne ce volume, la première impression que l'on  ressent est celle d'une inextricable confusion; un examen plus attentif, rendu facile par la coloration différente de chaque portion du plan, fait bientôt apercevoir, dans les galeries de ces diverses portions, un certain ordre, une évidente symétrie; la théorie de M. de Rossi, d'après laquelle, à l'origine, chacune de ces divisions aurait formé un cimetière séparé, dont l'area était circonscrite et protégée par la loi romaine, devient visible à qui regarde avec soin les lignes et les couleurs répandues sur la carte. Les dimensions de ces area, réduites en pieds romains, confirment singulièrement cette théorie;  ce ne peut être par un pur effet du hasard qu'elles correspondent à des nombres ronds comme 100, 125, 250, 180 et 250 pieds. Sa certitude devient évidente, quand on examine en détail les galeries elles-mêmes et les divers points par où une area est maintenant mise en communication avec une autre.

Dans un travail de dimensions restreintes, il serait impossible de suivre M. de Rossi à travers l'analyse si minutieuse qu'il fait de chaque chambre, de chaque galerie, presque de chaque tombe, et sur laquelle il assoit sa démonstration : nous nous bornerons à en donner ici les résultats pour une seule area, qui sera analysée en détail dans un chapitre spécial ; nous choisirons, comme exemple, celle qui renferme les tombes des papes et de sainte Cécile ; elle a été décrite plus haut (liv. III, ch.III et IV), et l'histoire nous montre en elle le plus important, le plus élevé en dignité des cimetières chrétiens, celui dont l'archidiacre du pape avait l'administration. Nous  ne prétendons pas que les caractères architecturaux et le développement successif de cette area forment un type qui ait été fidèlement suivi dans la construction de tous les autres cimetières. La nature et les accidents du sol, la richesse du propriétaire, les connaissances architecturales des  personnes qui  dirigeaient les excavations, ce sont là des circonstances variables qui n'ont pu se reproduire identiquement dans toutes les catacombes.

Mais comme les lois romaines s'appliquaient à toutes sans distinction, et que les nécessités d'agrandissement ou de secret ont été les mêmes, aux mêmes époques, pour chacune d'elles, nous aurons l'occasion, en décrivant celle-ci, d'indiquer, dans leurs lignes générales, les modifications et les développements successifs qui ont affecté routes les autres.

La vaste nécropole formant ce qu'on appelle le cimetière de Saint-Calliste est...
Rome Souterraine, p. 483-4.

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Message  Louis Jeu 27 Aoû 2015, 11:18 am

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Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

La vaste nécropole formant ce qu'on appelle le cimetière de Saint-Calliste est bornée par la voie Appienne et la voie Ardéatine, et l'espace de terrain s'étendant entre ces deux voies est coupé par deux petits chemins de traverse qui les mettent en communication, et auxquels nous donnerons le nom de voie Appio-Ardéatine. En consultant la carte générale, on reconnaîtra que la plupart des escaliers qui conduisaient dans l'intérieur de l'hypogée ou étaient parallèles à l'une ou à l'autre de ces deux voies, ou formaient avec elles un angle droit, et que les différentes aræ entre lesquelles  la nécropole est divisée, possédant chacune son escalier propre, ont leur limite bien marquée le long de ces voies. Concentrant notre attention sur l'area de sainte Cécile (marquée III sur le plan général), nous  tracerons le tableau de son développement architectural depuis sa construction  primitive  jusqu'à   sa dernière transformation.

Voici l'histoire de la première période des excavations. Un terrain mesurant 250 pieds romains le long du chemin de traverse qui joint les deux voies, et présentant en arrière une largeur de 200 pieds, centum pedes in agro, fut, par son propriétaire chrétien, consacré à un usage sépulcral, en suivant les formalités prescrites par la loi. Le plan des excavations fut ensuite dressé : il avait la forme indiquée par la figure ci-jointe (calculée sur une échelle de 1/1000) Les deux galeries parallèles A et B, chacune mise par un escalier en communication avec le sol, paraissent avoir été creusées d'abord et conduites dans route la longueur de l'area. La galerie G, qui les réunit, fut, à en juger par les traces de coups de pic encore visibles sur ses parois, commencée à l'angle AC. Les ambulacres A et B étaient encore réunis par deux autres galeries, I et D, et le plan original paraît même avoir voulu les joindre par les voies F, G, H, qui cependant ne furent point achevées pendant la première

Rome souterraine. - Page 8 Fig_5310


période des excavations. La galerie I, avec la crypte papale L1, et la chambre L2 appartiennent à cette période, ainsi que les
cubicula A1, A2, A3, dont les peintures ont été décrites dans un précédent chapitre (liv. IV, ch.VI).

Nos lecteurs demanderont sans doute sur quoi nous nous appuyons pour décider…

Rome Souterraine, p. 484-5.

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Message  Louis Ven 28 Aoû 2015, 12:11 pm

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

Nos lecteurs demanderont sans doute sur quoi nous nous appuyons pour décider avec tant d'assurance que telle ou telle galerie appartient à telle période d'excavation, et prétendre donner les dimensions exactes de l'area avec autant de certitude que si nous avions en main les documents originaux et les titres de propriété. A cette dernière question nous répondrons que, pour cette area au moins, ses limites se distinguent facilement de celles des areæ voisines, attendu que le sol de ses galeries est de 1m, 25 plus bas que le niveau de ces dernières. Quant à la période à laquelle ont été creusées les différentes galeries, on peut considérer comme un axiome l'observation suivante : toutes les fois que les loculi percés dans la muraille d'un ambulacre ont été rompus, brisés, pour donner accès dans une galerie, cette portion au moins de la galerie est d'une date postérieure à la construction primitive de l'ambulacre dans lequel elle vient déboucher, et dont le plan original ne l'avait point prévue.

Ainsi, dans la figure 54., p. 486, qui représente le mur de droite de la galerie C, les entrées aux galeries C1 et C2 (cf. fig. 57, p. 490) ont été taillées à travers trois ou quatre loculi, que l'on a soutenus ensuite par de la maçonnerie. Il est évident que les galeries C1 et C2 n'avaient point été prévues dans le plan primitif de la galerie C, et ont été construites à une date bien postérieure.


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5410

Rome souterraine. - Page 8 Fig_5710


Cette observation cependant ne peut se rapporter qu'aux…
Rome Souterraine, p. 485-6.

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Message  Louis Sam 29 Aoû 2015, 1:05 pm

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)


Cette observation cependant ne peut se rapporter qu'aux murs extérieurs de B et de C : elle nous permet d'exclure du plan des premières excavations toutes les voies qui maintenant viennent du dehors s'embrancher dans ces deux ambulacres; mais elle n'explique point pourquoi nous représentons F et H comme s'arrêtant avant d'avoir joint B, et G de même comme ne s'étant pas primitivement avancé jusqu'à  A.

Nos raisons pour figurer ainsi ces galeries ressortiront de l'examen de la figure 55, qui donne l'élévation totale du mur intérieur ou de gauche, et les dimensions


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5510


diverses des ouvertures par où l'on accède aux galeries transversales D, E, F, G, H, I, L. Il est visible que l'entrée D ne peut avoir eu primitivement une hauteur de près de quatre mètres, qu'elle atteint aujourd'hui : on se rend facilement compte que le niveau originaire du sol, dans l'ambulacre A, a dû correspondre à la ligne imaginaire c d. Dans cet état du sol, on pouvait passer de l'ambulacre à la galerie D, dont l'entrée avait alors sept pieds d'élévation, et à la galerie F, un peu moins haute, mais suffisante ; l'entrée de la galerie G, étant donnée cette ligne de niveau  c d, eût été beaucoup trop basse pour que le passage fût possible, et très-probablement elle ne fut point ouverte avant que le sol de l'ambulacre eût été abaissé; la galerie F, dont le sommet atteint précisément le niveau c d, ne peut évidemment avoir été construite avant ce travail d'abaissement. Si l'on examine l'ambulacre B, on se convaincra de même que les galeries F et H n'ont pu être mises en correspondance avec lui sans une nouvelle excavation du sol primitif; mais nous en avons dit assez pour montrer que notre plan ne repose point sur des données arbitraires, et. pour de plus amples détails, nous devons renvoyer le lecteur à l'analyse descriptive contenue dans le chapitre suivant.

L'abaissement du sol des galeries marque la deuxième période des excavations…
Rome Souterraine, p. 486-8.

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Message  Louis Dim 30 Aoû 2015, 1:22 pm

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

L'abaissement du sol des galeries marque la deuxième période des excavations. La nécessité de ménager aux loculi un plus grand espace, la confiance en la solidité du roc que l'expérience avait donnée aux fossores, les conduisirent à adopter ce moyen d'agrandir le cimetière. Ils paraissent avoir commencé par l'ambulacre B, et avoir continué ce travail sur toute la longueur de la galerie C, jusqu'au point où elle atteint A. Dans cette dernière galerie, le changement de niveau fut fait moins régulièrement, et le sol fut


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5610


abaissé à une profondeur moins grande qu'on n'avait résolu de le faire lorsque l'on construisit les chambres A4, A 5,A6. Ces cubicula avaient été évidemment creusés dans la prévision d'un abaissement bien plus considérable du sol de l'ambulacre, car on y descend aujourd'hui par plusieurs degrés, tandis que pour entrer dans A2, et A3, devant lesquels la galerie a conservé son niveau primitif, il faut au contraire monter. Probablement les fossores avaient trop présumé d'abord de la solidité du roc, et, se voyant, au coin 27 C (fig. 55), obligés de soutenir la paroi par un bloc de maçonnerie, ils abandonnèrent le projet de faire descendre tout l'ambulacre A au niveau de B et C. Ce travail, avec l'achèvement des galeries F, G, H, et la construction d'une nouvelle galerie E, marque la fin de la seconde période des excavations; à ce moment, l'area doit avoir offert l'aspect que reproduit la figure 56.

Nous arrivons maintenant à la troisième période des excavations…


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5510
Rome Souterraine, p. 488-9.

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Message  Louis Lun 31 Aoû 2015, 12:05 pm

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Le témoignage des catacombes.

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Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

Nous arrivons maintenant à la troisième période des excavations. Un plus grand élargissement des ambulacres étant devenu dangereux, les fossores furent obligés d'entreprendre la construction d'un nouveau système de galeries à un étage inférieur. Afin de ne point ébranler l'hypogée déjà existant, il fut nécessaire de descendre à une profondeur considérable; aussi trouvons-nous, s'ouvrant dans la galerie transversale H, un escalier de trente-quatre marches. Mais à peine les excavateurs eurent-ils dépassé le niveau primitif, qu'ils se trouvèrent au delà du tufa granulare, dans une couche de pouzzolane très-friable.

Il fallut protéger par des contre-forts de briques les parois de l'escalier; et, trouvant que, à mesure qu'ils pénétraient plus avant, ils rencontraient devant eux une plus épaisse couche de pouzzolane, ils se déterminèrent à tourner obliquement, et à s'ouvrir, en ligne horizontale, un étroit passage représenté dans la figure 57 par H2 ; mais, dans cette nouvelle direction, ne trouvant point une nature de tuf qui leur permît d'entreprendre un travail utile, ils abandonnèrent leur entreprise, et le petit nombre des loculi qui furent ouverts dans cette région sont entièrement construits en briques.

Nous avons déjà montré comment cet essai, et d'autres également infructueux, pour creuser des galeries funéraires dans la pouzzolane, sont une preuve de l'origine exclusivement chrétienne des catacombes. Les briques employées dans l'escalier et les galeries immédiatement adjacentes portent la marque des briqueteries impériales de Marc-Aurèle, et doivent, par conséquent, avoir été fabriquées entre 161et 180. Cette circonstance seule ne suffirait pas à déterminer la date précise d'une construction ; mais il serait étrange que toutes les briques d'un édifice portassent une date, et que l'édifice lui-même n'eût point été construit


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5711

à une époque voisine de leur fabrication. Si cette observation paraît juste, nous avons là une preuve de l'existence du cimetière avant l'an 197, époque où il fut confié parle pape Zéphyrin à l'administration du diacre Calliste.

Pendant cette période, des travaux furent exécutés…
Rome Souterraine, p. 489-90.

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Message  Louis Mar 01 Sep 2015, 12:07 pm

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Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

Pendant cette période, des travaux furent exécutés à un angle du fond de la crypte papale L1, afin d'ouvrir un passage vers la crypte O, dans laquelle fut placée la tombe de sainte Cécile, tout près de la sépulture des papes. Cette dernière crypte était d'abord bien plus petite que ses dimensions actuelles; elle avait probablement la forme représentée dans notre plan, et servait d'entrée à la galerie Q et aux deux cubicula Q1 et Q2 Toutes les chambres et galeries dont nous venons de raconter l'histoire architecturale sont remarquables par la finesse et la blancheur du stuc qui couvre leurs murailles, particulièrement dans la partie la plus ancienne, et aussi par l'absence d'arcosolia. Les tombes sont de simples loculi, ou, quand elles forment table (fig. 4 et 5, page 41), comme celles désignées dans le plan 57 par de petits quadrilatères, ce sont des loculi a mensa, non des arcosolia.

Nos lecteurs n'ont point oublié que, vers le milieu du IIIe siècle, les chrétiens commencèrent à être troublés dans la possession jusqu'alors paisible de leurs cimetières (1).Il n'était plus possible pour eux de réclamer la protection des lois, et, par conséquent, il devenait indispensable de mettre les tombes des saints à l'abri de la persécution, en dérobant leurs approches à la vue du public. Dans ce but on mura, on détruisit même en partie les escaliers A et B. Les traces de ce travail sont encore visibles; on peut les reconnaître dans la section de A, figure 55, où, au point marqué 11, on voit l'ancien escalier s'arrêter court à un mètre et demi environ au-dessus du sol : les tombes 7, 9, 10 n'ont pu être creusées qu'après cette démolition partielle de l'escalier. L'entrée B fut encore plus complètement détruite; un passage, B3, fut ouvert et soutenu par une muraille de maçonnerie adossée au mur extérieur de l'ambulacre B, afin de permettre aux chrétiens d'accéder à leur cimetière à travers l'arenarium X1, X2, X3, situé à peu de distance. Nous voyons par le plan 57 qu'il y avait plusieurs passages de l'arenariumau cimetière, et qu'un certain nombre de ces passages ont été murés.

Ces diverses entrées fournissaient aux chrétiens traqués par leurs ennemis jusque dans la catacombe les moyens de se dérober à leur poursuite…

___________________________________________________________

(1). Voir pages 82,131-136 (et liens suivants), 208 (et le lien suivant) , 212.
Rome Souterraine, p. 491.

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Message  Louis Mer 02 Sep 2015, 11:11 am

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Le témoignage des catacombes.

CHAPITRE  II.

Construction et développement des catacombes.

(SUITE)

… Ces diverses entrées fournissaient aux chrétiens traqués par leurs ennemis jusque dans la catacombe les moyens de se dérober à leur poursuite; et, tandis que les satellites du persécuteur, guidés peut-être par quelque traître, pénétraient dans le cimetière par une entrée, les fidèles, séparés de ceux qui les poursuivaient par quelques pieds de roc seulement, pouvaient s'échapper sans bruit par une autre. Même quand les païens auraient mis des gardes aux diverses issues de l'ambulacre, les fidèles eussent encore pu fuir par un étroit et rapide escalier qui conduisait directement de l'arenarium à la surface du sol. Cet escalier marqué X4 dans
la figure 57 auquel nous avons déjà fait allusion (1), et dont nous donnons


Rome souterraine. - Page 8 Fig_5811


une section dans la figure 58, ne fut jamais construit de manière à descendre plus bas que le niveau de la voûte de l'arenarium, et devait être impraticable, soit pour monter, soit pour descendre, à ceux qui n'avaient pas dans l'arénaire des amis pouvant leur tendre une échelle, ou qui ne portaient pas avec eux quelque moyen de mettre la dernière marche en communication avec le sol. Dans aucune des galeries unissant le cimetière et l'arenarium on ne rencontre d'arcosolia: l'introduction de cette sorte de tombe est le signe d'une période postérieure à celle que nous étudions.

Nous venons devoir les limites primitives…

______________________________________________

(1). Page 474. Il est marqué Ac2 dans le plan général. Le LIEN  sera déposé lorsqu’il sera disponible. Bien à vous.
Rome Souterraine, p. 492.

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