NOTRE BONNE SOUFFRANCE

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Message  Monique Mar 16 Juin 2009, 7:05 pm

NOTRE BONNE SOUFFRANCE

(Souvenirs d'un Aumônier d'hôpital)




AVANT-PROPOS



L'auteur de ces pages eut, durant son ministère paroissial et comme aumônier d'hôpital dans une grande ville, à assister d'innombrables malades. Il vécut en contact avec des milliers de ces victimes de la souffrance, certains découragés, d'autres de vrais héros.

Ainsi put-il recueillir en son Journal maints épisodes édifiants de leur pénible existence. Sur les instances de nombreux membres de l'Apostolat des Malades, il les livre au public, sans autre ambition que d'apprendre aux âmes affligées à accepter leurs maux, à les utiliser, à les sanctifier.

Combien de malades ont reconnu, après avoir surmonté leur épreuve, la vérité de cette phrase de François Coppée : « Bénie soit la souffrance qui m'a reconduit dans les bras de mon Dieu ».

Lisez la vie des saints, et vous verrez que les plus grands furent ceux qui ont le plus souffert.
« A tout prix, s'écrie la « petite Thérèse », je veux conquérir la palme ».

Marchons à la conquête des âmes par le bel apostolat de la souffrance, à notre portée. Ce sera en même temps conquérir le ciel.

L'Auteur



A. MEYER
Directeur de l'Apostolat des Malades
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Message  Monique Mer 17 Juin 2009, 6:33 pm

LA LUMIÈRE DE LA CROIX




Il y a quelques années, en revenant de Genève pendant mes vacances, je gravissais le mont Salève. C'était par une triste matinée de septembre. Un nuage épais couvrait la vallée du Rhône et voilait la plaine. A mi-chemin, je rencontrai un garde-forestier et lui demandai jusqu'où s'étendait le brouillard.

« Dans un quart d'heure, me répondit-il, vous arriverez à la croix des rochers. Près de la croix, il fait clair ». Et il continua sa route.

Reprenant courage, je parvins bientôt à l'endroit désigné. Quel magnifique spectacle m'y attendait! Une lumière éblouissante s'y répandait du ciel. Au-dessous, la vallée enfouie sous un océan de brume grise. Les feux du jour rivalisaient âprement avec ses ténébreuses vapeurs. Bref combat; le soleil l'emporta et un monde féerique surgit devant moi. La ville de Genève et le miroitement aveuglant des glaciers. Le garde avait dit juste : il fait clair près de la croix.

Que de fois le souvenir de cette parole m'a réconforté aux heures sombres de la vie : « Il fait clair près de la croix ». Combien d'affligés, dociles à mon appel de prêtre, ont goûté à son ombre le bienfait de la douleur.

Il fait clair près de la croix... Cette pensée ne vous convient-elle pas aussi, cher malade? Lorsque vous vous sentez défaillir sous l'excès de vos tourments, traînez-vous jusqu'à la Croix. Levez les yeux, contemplez les souffrances du Sauveur innocent et pensez à votre cœur coupable. Un rayon de la grâce illuminera certainement votre âme et vous rendra courage. Oui, il fait clair près de la croix. Il n'est pas de souffrance qu'un rayon émanant du Christ en croix ne transfigure.


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Message  Monique Jeu 18 Juin 2009, 6:32 pm

LA GRÂCE DE DIEU




Loin de cacher son irréligion, un malade à l'hôpital ne cessait au contraire de s'en vanter à ses voisins. La sœur infirmière était désolée. Que faire? Elle aurait tant voulu sauver l'âme de cet incrédule dont la fin ne tarderait guère. Comptant peu sur l'efficacité de ses bons conseils, elle s'adressa au Cœur infiniment miséricordieux du Sauveur. Très souvent agenouillée devant le tabernacle, elle n'oubliait jamais son pauvre pécheur.

« Vous êtes pourtant un brave homme, lui dit-elle un jour en redressant son oreiller. Je n'arrive pas à comprendre comment, avec tant de bons sentiments, on peut être si hostile à la religion.

— Oh! répliqua le malade, je n'en suis pas venu là d'un seul coup. Ce n'est qu'après dix ans d'hésitation et de lutte que j'ai fini par passer définitivement à la libre pensée. Désormais, je suis de ceux qui ne changent pas. Personne ne peut plus rien sur moi; je suis comme un glaçon.

— Attendez seulement le retour du printemps, reprit la religieuse. Lorsque le soleil paraît, c'est le dégel et les blocs de glace s'entraînent les uns les autres. L'amour et la grâce de Dieu pénétreront aussi votre cœur alors, et la chaleur de ces rayons en dissipera la glace ».
Ces paroles firent réfléchir le malade qui n'en dormit plus pendant plusieurs nuits. Cependant la religieuse continuait de prier et observait silencieusement le cheminement insensible de la grâce.

Un jour, le malade demanda un catéchisme pour revoir les vérités essentielles de la religion catholique. Quelque temps après, il accepta sans hésiter d'assister à la messe et de parler à l'aumônier. Bientôt la semence de grâce était mûre, et le converti s'agenouillait à la sainte table. Résultat de la divine bonté et de la miséricorde du Cœur de Jésus.

Ce fut un retour à Dieu complet. Dans la même salle, se trouvaient sept ou huit autres malades qui, avec moins d'acharnement sans doute, partageaient néanmoins les anciennes idées du nouveau converti. Celui-ci les prêcha avec tant de conviction qu'ils suivirent son exemple, se convertirent aussi et reçurent la sainte communion.

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Message  Monique Ven 19 Juin 2009, 8:56 pm

EXPIEZ POUR NOUS




J'arrive de chez Germaine B... Je ne puis aller voir cette martyre abandonnée sans en revenir l'âme bouleversée. Je connais beaucoup de malades qui se traînent, languissants, incurables, vers la tombe. Mais il n'est pas de souffrances humaines dont la vue m'émeuve autant que le martyre de cette pauvre âme en sa simplicité, sa douceur et son calme inaltérables.
Germaine B... est atteinte d'un cancer. Voici des mois qu'elle garde le lit, immobilisée sur le côté gauche. Voici des semaines qu'elle est complètement paralysée par suite de la destruction de la moelle épinière, sans espoir de soulagement. Récemment le cancer a gagné la langue. Elle ne peut rien absorber sans une extrême difficulté, et parler lui est un supplice.

Le spectacle de cette misérable recluse me rappelle toujours la parole de la sainte Écriture : « Je suis un ver et non plus un être humain ». On se demande en vain autour d'elle ce qui a pu lui valoir « cet enfer sur la terre ». Un châtiment divin? C'est impossible; je ne connais pas d'âme plus pure, plus croyante, plus proche de Dieu. Est-il juste que Dieu afflige si cruellement ceux qui lui sont le plus chers ? Mais je me console à la pensée que tout, même dans les plus affreux destins, a une signification supérieure, insaisissable à la faiblesse de notre intelligence.

Peut-être les souffrances de cette pauvre femme sont-elles destinées à expier pour nos fautes, pour nous si faibles et si misérables malgré notre bonne santé; à satisfaire à la justice divine pour nos innombrables péchés. Par ses souffrances, elle est un véritable apôtre.

Chaque fois que je pénètre en sa chambre de tortures, je me sens confondu par la même pensée. Prêtre et appelé par vocation à répandre de mon propre superflu assistance et consolations, j'ai conscience de ma pitoyable indigence en présence de cette femme héroïque; je sens que c'est moi qui bénéficie du superflu de cette âme épurée, et que je lui suis secrètement redevable d'inappréciables faveurs.

Oui, le Calvaire est bien la demeure des âmes particulièrement chéries du Céleste Époux.

Quand Jésus entre quelque part, il y entre avec sa croix, et il en fait part à ceux qu'il aime.
(Bossuet).

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Message  Monique Sam 20 Juin 2009, 7:10 pm

TOTAL - ZÉRO




Un jeune artiste de grand talent qui s'était fourvoyé parmi les plaisirs du monde et y avait épuisé ses forces fut contraint de s'aliter définitivement à l'âge de vingt-quatre ans.

Il demanda au médecin combien il lui restait à vivre. Celui-ci lui répondit en termes vagues, puis, sur l'insistance du jeune homme, finit par lui déclarer :

« Puisque vous voulez savoir la vérité, vous n'en avez certainement pas pour plus de vingt-quatre heures ».

Le malade se fit apporter une feuille de papier et un crayon. Il écrivit d'abord la date du lendemain, jour de sa mort, puis, dessous, celle de sa naissance, fit un trait et calcula la différence. Le total de sa vie lui donna 24 ans, 3 mois et 7 jours. « Total : zéro », inscrivit-il à côté, et il rejeta le papier.

L'important c'est notre bilan à l'heure de la mort. Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il lui faut reconnaître à ce moment qu'il a vécu en vain, que le résultat de toutes ses actions égale zéro.


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Message  Monique Dim 21 Juin 2009, 8:26 pm

LE CHAPELET AU CHEVET DES MALADES




Je visitais un jour à l'hôpital un typhique ramené à Dieu par la maladie. Il se plaignait de la solitude de sa cellule, de sa réclusion presque complète. Il ne savait à quoi employer son temps, et le pire, c'était les nuits.


Je lui recommandai comme remède assuré contre l'ennui la récitation par parties du chapelet :
« Un mystère toutes les heures, cela vous réconfortera sans fatigue ».

Mais le malade de se récrier d'un air offensé et dédaigneux : «

Quelle idée vous avez là! Le chapelet, c'est bon peut-être pour les femmes et les petits enfants. Quant à moi, je l'estime au-dessous de ma dignité d'homme ».


Je fis semblant de ne l'avoir pas entendu et amenai incidemment la conversation sur la Passion du Sauveur. Lorsque je lui demandai s'il me permettait de prier pour lui, il ne répondit rien. Je m'agenouillai donc près de son lit et commençai à mi-voix le mystère «... qui pour nous a porté sa lourde croix ».
Tout d'abord le malade garda complètement le silence; bientôt je remarquai qu'il unissait faiblement sa voix à la mienne, puis il se mit à prononcer très distinctement les paroles jusqu'à la fin.
Lorsque je me relevai, je vis briller en ses yeux deux grosses larmes, et il me dit en sanglotant :

« Excusez mes railleries sur le chapelet. Je dois vous avouer avec confusion que je n'en ai pas et que je ne l'ai jamais récité depuis ma première communion ».

Cette franchise me toucha profondément, et je lui en offris un.
Il m'affirma à son départ de l'hôpital que, depuis, il avait récité un rosaire entier tous les jours. Il avait compris alors la vertu réconfortante de cette prière et était bien résolu, sa guérison achevée, à demeurer fidèle jusqu'à sa mort à la récitation quotidienne du chapelet.
Il en est, hélas ! de beaucoup de chrétiens comme de cet homme. Ils mésestiment le chapelet faute d'en connaître les bienfaits.
Et vous, cher malade, comment l'appréciez-vous ?


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Message  Monique Lun 22 Juin 2009, 6:29 pm

LA PRIÈRE DU SOIR D'UN ENFANT




Voici une anecdote que je tiens de la religieuse infirmière qui en fut elle-même témoin.
Un soir, le médecin du pavillon des enfants, retenu par un cas urgent, n'était pas encore venu. Il était près de neuf heures, et la religieuse ne l'attendait plus. Elle commença à mettre au lit les enfants en leur faisant réciter à chacun une petite prière. C'était le tour d'Hélène quand, tout à coup, la porte s'ouvrit et le médecin parut. La petite, sans y prendre garde, continua tranquillement son babillage. Penché sur elle, le médecin écouta :

Du soleil l'ardente lumière
Déjà se meurt dans les grands cieux :
Le sommeil, lourd à ma paupière,
Le sommeil me ferme les yeux.

En ton pardon, mon Dieu, je crois,
Et si j'ai commis quelque offense,
Le sang de Jésus sur la croix suffit,
Je sais, à ma défense.


Soudain, l'enfant s'arrête et s'écrie : « Monsieur le Docteur, il faut croiser les mains, vous aussi ». Le médecin s'exécute docilement; elle reprend :

Mon bon ange, ce soir encore,
Veille bien sur mon petit cœur!
De ce couchant jusqu'à l'aurore,
Préserve sa frêle candeur.


— Sais-tu encore quelque chose, Hélène? interroge le médecin, amusé et attendri.
— Oui, répond-elle, je sais une autre belle petite prière que maman m'a apprise :


Bon Jésus, pour qu'ils soient heureux,
Papa, maman, parents que j'aime,
Tout ce que je ne puis pour eux,
Daigne le leur donner toi-même.


Tout à coup, nouvelle interruption : « Monsieur le Docteur, il faut encore croiser les mains, autrement le bon Dieu ne sera pas content de vous ». Comme la première fois le médecin obéit, et l'enfant continue :

Bénis ceux qui me font du bien,
Tous les braves gens de la terre,
Pour qui, non plus, je ne peux rien
Que te dire aussi ma prière.


— Moi aussi, j'ai appris cela autrefois, dit le docteur. Et la petite de répliquer :
— Alors, à votre tour! Mais lui, bien embarrassé :
— Vois-tu, Hélène, je n'en sais pas si long, moi. L'enfant se ravise aussitôt :
— Allons, asseyez-vous : je vais vous apprendre.
Le docteur se sent plutôt mal à l'aise : « Hélène, répond-il en souriant, maintenant je n'ai pas le temps. Quand je reviendrai!... »


En quittant la salle, il avait les larmes aux yeux. La conduite de son fils unique lui causait de vives inquiétudes. « Ah! si, au lieu de lui faire enseigner tant d'autres choses, songeait-il, je lui avais appris à prier, que de soucis je me serais épargnés ! »
Et lui, depuis combien de temps n'avait-il pas fait sa prière du soir?

Combien il est vrai le mot du Psalmiste : « De la bouche des enfants vous avez tiré votre louange ».

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Message  ROBERT. Lun 22 Juin 2009, 7:15 pm

Monique a écrit:
LA PRIÈRE DU SOIR D'UN ENFANT




Voici une anecdote que je tiens de la religieuse infirmière qui en fut elle-même témoin.
Un soir, le médecin du pavillon des enfants, retenu par un cas urgent, n'était pas encore venu. Il était près de neuf heures, et la religieuse ne l'attendait plus. Elle commença à mettre au lit les enfants en leur faisant réciter à chacun une petite prière. C'était le tour d'Hélène quand, tout à coup, la porte s'ouvrit et le médecin parut. La petite, sans y prendre garde, continua tranquillement son babillage. Penché sur elle, le médecin écouta :

Du soleil l'ardente lumière
Déjà se meurt dans les grands cieux :
Le sommeil, lourd à ma paupière,
Le sommeil me ferme les yeux.

En ton pardon, mon Dieu, je crois,
Et si j'ai commis quelque offense,
Le sang de Jésus sur la croix suffit,
Je sais, à ma défense.


Soudain, l'enfant s'arrête et s'écrie : « Monsieur le Docteur, il faut croiser les mains, vous aussi ». Le médecin s'exécute docilement; elle reprend :

Mon bon ange, ce soir encore,
Veille bien sur mon petit cœur!
De ce couchant jusqu'à l'aurore,
Préserve sa frêle candeur.


— Sais-tu encore quelque chose, Hélène? interroge le médecin, amusé et attendri.
— Oui, répond-elle, je sais une autre belle petite prière que maman m'a apprise :


Bon Jésus, pour qu'ils soient heureux,
Papa, maman, parents que j'aime,
Tout ce que je ne puis pour eux,
Daigne le leur donner toi-même.


Tout à coup, nouvelle interruption : « Monsieur le Docteur, il faut encore croiser les mains, autrement le bon Dieu ne sera pas content de vous ». Comme la première fois le médecin obéit, et l'enfant continue :

Bénis ceux qui me font du bien,
Tous les braves gens de la terre,
Pour qui, non plus, je ne peux rien
Que te dire aussi ma prière.


— Moi aussi, j'ai appris cela autrefois, dit le docteur. Et la petite de répliquer :
— Alors, à votre tour! Mais lui, bien embarrassé :
— Vois-tu, Hélène, je n'en sais pas si long, moi. L'enfant se ravise aussitôt :
— Allons, asseyez-vous : je vais vous apprendre.
Le docteur se sent plutôt mal à l'aise : « Hélène, répond-il en souriant, maintenant je n'ai pas le temps. Quand je reviendrai!... »


En quittant la salle, il avait les larmes aux yeux. La conduite de son fils unique lui causait de vives inquiétudes. « Ah! si, au lieu de lui faire enseigner tant d'autres choses, songeait-il, je lui avais appris à prier, que de soucis je me serais épargnés ! »
Et lui, depuis combien de temps n'avait-il pas fait sa prière du soir?

Combien il est vrai le mot du Psalmiste : « De la bouche des enfants vous avez tiré votre louange ».

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Avec de telles histoires, vous gagnez à être connue et surtout à être lue chère amie...Merci beaucoup


Dernière édition par ROBERT. le Lun 22 Juin 2009, 7:16 pm, édité 1 fois (Raison : gras et police plus grande... et merci beaucoup)
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Message  Monique Lun 22 Juin 2009, 7:33 pm

Rien de mieux que les histoires d'enfants pour éveiller les coeurs endurcis !
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Message  ROBERT. Lun 22 Juin 2009, 7:53 pm

Monique a écrit:Rien de mieux que les histoires d'enfants pour éveiller les coeurs endurcis !

D'ac. Elles sont les seules vraies, vraies de la spontanéité, de la simplicité et de la naiveté enfantines... qu'il faudrait

conserver...toujours
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Message  Monique Lun 22 Juin 2009, 8:46 pm

ROBERT. a écrit:
Monique a écrit:Rien de mieux que les histoires d'enfants pour éveiller les coeurs endurcis !

D'ac. Elles sont les seules vraies, vraies de la spontanéité, de la simplicité et de la naiveté enfantines... qu'il faudrait

conserver...toujours

Et les imiter... toujours ! toujours !
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Message  Monique Mar 23 Juin 2009, 6:49 pm

ABANDONNÉE EN AFRIQUE SAUVAGE




Au cours d'une de mes randonnées apostoliques, me racontait un missionnaire d'Afrique, j'arrivai un jour, sous un soleil torride, à un village situé en pleine forêt vierge. Longeant les cases, je me dirigeais vers la grand-place pour y saluer le chef lorsque j'entendis, venant d'une hutte, des pleurs et des gémissements d'enfant. Je m'arrêtai pour en demander la cause.
Nous n'en savons rien, me répondit-on. Cela ne nous regarde pas.

— Mais, répliquai-je, pourquoi ne courez-vous pas au secours de cet enfant? Rendez-vous compte au moins de ce qui lui manque.
— A quoi bon? Ce n'est qu'un enfant. Nous ne remuerons pas un doigt pour un bébé malade.


Les cris augmentant toujours, je m'approchai de la petite cabane haute de quatre-vingts centimètres et en démolis la toiture : il m'était impossible d'y pénétrer autrement, l'ouverture de l'entrée n'ayant guère que vingt-cinq centimètres de large. Qu'aperçus-je ? Étendue à même le sol, une fillette malade attaquée par une vingtaine de rats. Je chassai ces répugnantes bêtes à coups de bâton, pris l'enfant dans mes bras et me fis apporter de l'eau pour la laver. Puis, ses blessures pansées, je la confiai à une brave femme qui, depuis quelque temps, nous servait de catéchiste, en lui recommandant, pour l'amour de Dieu, d'en prendre soin et de la traiter en bonne maman.

C'est notre Sauveur qui, le premier, enseigna la miséricorde envers les malades et les malheureux. Les païens l'ignorent encore.
Êtes-vous, cher malade, indulgent pour vos parents ? Songez parfois au sort de vos semblables dans les pays idolâtres. N'avez-vous pas la consolation d'être soigné par des mains dévouées ? Témoignez de la reconnaissance à vos infirmières. Tâchez d'alléger leur tâche si lourde, si dure, si ingrate.

Tout homme doit nous apparaître comme un frère, couvert, ainsi que d'un manteau, du sang de Jésus. (P. de Foucauld).

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Message  ROBERT. Mar 23 Juin 2009, 7:48 pm

Monique a écrit: C'est notre Sauveur qui, le premier, enseigna la miséricorde envers les malades et les malheureux. Les païens l'ignorent encore.

Tout homme doit nous apparaître comme un frère, couvert, ainsi que d'un manteau, du sang de Jésus. (P. de Foucauld).

Dans le monde dégénéré et dénaturé d'aujourd'hui, pire que les païens, ayant déjà reçu les Saints Évangiles, la même

chose existe Sad Mon Dieu ! jusques à quand serez-vous bafoué ainsi ?
ROBERT.
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Message  Monique Mer 24 Juin 2009, 6:35 pm

LE JUBILÉ D'UNE INFIRME




Ceci se passait il y a quelques années. On vint me prévenir, un soir, que la vieille Monique me demandait pour le lendemain. J'en fus surpris.

« Pourquoi ? Est-elle mourante ?
— Non, elle voudrait seulement communier ».


J'allai la voir et lui porter la sainte communion selon son désir, mais ne pus m'empêcher de lui demander pourquoi elle avait choisi ce jour-là contrairement à ses habitudes. C'était pour elle un jour de fête, un jour de fête tout intime, m'expliqua-t-elle, l'anniversaire d'un événement bien insignifiant pour les autres mais si important pour elle. Personne pourtant ne lui avait apporté de bouquet; pas une seule fleur n'ornait sa table, aucune lettre de félicitations ne lui était parvenue.

« Il y a vingt-cinq ans aujourd'hui, Monsieur l'Abbé, ajouta-t-elle, que j'ai perdu tout espoir de guérison, sur ce lit que je n'ai jamais quitté depuis ».
« Depuis! »...


Quels sacrifices méritoires pour le ciel! La privation complète de l'assistance à la messe; jamais de sermon; des confessions et des communions espacées, elle qui allait si souvent à la sainte table lorsqu'elle était bien portante; le son lointain des cloches les dimanches et jours de fêtes... Depuis vingt-cinq ans!... Et avec cela l'ennui de se sentir constamment à charge, de ne pouvoir rendre aucun service, d'avoir au contraire toujours besoin des autres!..

Traitée avec compassion au début, puis peu à peu délaissée, ... des heures durant, des demi-journées, des jours entiers!.,.
Pas de médecin, pas de remèdes, aucun soulagement, aucune pitié, aucun soin; parfois des regards malveillants et de dures paroles... Souffrances silencieuses, larmes secrètes, heures de fièvre languissantes, désolées, interminables nuits d'insomnie...
Pendant des années! Aujourd'hui, c'est la vingt-cinquième. Quel apostolat béni!

Heureux qui sait se réfugier en Dieu comme cette pauvre affligée qui assurait : « Oui, sans doute, la souffrance est en moi, mais il y a Dieu aussi ».

Par chacune des croix qu'il nous envoie, Dieu veut nous rapprocher de lui, car la plus profonde leçon que nous rappelle la souffrance est que nous ne sommes pas encore sur le Thabor.

Vivre d'amour,
ce n'est pas sur la terre Fixer sa tente au sommet du Thabor;
Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire,
C'est regarder la Croix comme un trésor!
Au ciel, je dois vivre de jouissance,
Alors l'épreuve aura fini sans retour :
Mais, ici-bas, je veux dans la souffrance Vivre d'amour!

(Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus).


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Message  Monique Jeu 25 Juin 2009, 6:37 pm

FRÈRES DE SANG DU SAUVEUR
(Épisode de guerre, dans une ambulance française.)




Un blessé se mourait, immobile, pâle comme un oreiller.

« Plus de sang, murmura à part lui le major qui venait de l'examiner. Plus de sang. Il faudrait lui en donner. Mais où trouver quelqu'un capable de rendre ainsi la vie à cet agonisant? »

Perplexe, il ne voyait autour de lui que des blessés, des malades épuisés, presque tous aussi exténués que celui-ci.
Il s'en trouvait un pourtant qui semblait rétabli, avec un bon visage, radieux de se sentir revivre. C'était un Alsacien. Il avait surpris les paroles du médecin.

« Monsieur le Major, dit-il en s'avançant, si vous le voulez, je suis à votre disposition ».

La proposition fut acceptée, et la transfusion immédiatement pratiquée.
Et voici que les globules sains et vigoureux firent merveille. Les joues et les lèvres du mourant se ranimèrent, ses yeux s'entrouvrirent; il reprenait vie, il retrouvait l'usage de ses sens. Avec quelle émotion le major put enfin s'écrier :

« Il est sauvé! »

Le soldat qui venait d'échapper à une mort imminente dit alors à son sauveur en le pressant sur sa poitrine :

« Maintenant que ton sang circule dans mes veines, nous sommes frères, n'est-ce pas ? »

Et tous deux s'embrassèrent tendrement.
Le Sauveur qui nous donne son sang en breuvage par la sainte communion, et dont le sang circule ainsi en nos veines, n'est-il pas également notre frère?

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Message  Monique Ven 26 Juin 2009, 6:31 pm

RÉCIT D'UN MÉDECIN




Le 22 février 19..., me racontait dernièrement un prêtre de mes amis, je rencontrai à la gare de R..., un vieux camarade de jeunesse actuellement médecin. Malgré la joie de nous revoir, notre conversation prit bientôt un caractère sérieux. Lui, si jovial naguère, il me semblait maintenant grave et triste.

« Non, me dit-il, je ne suis plus le gai luron d'autrefois. Depuis la perte de mon fils, de mon cher fils, je me sens comme brisé. Cette mort soudaine et tragique m'a laissé au cœur une impression de culpabilité.

— Une impression de culpabilité ? Mais vous n'avez pas commis de crimes!

— Certainement pas, mais pendant vingt-cinq ans je me suis bien relâché de mes pratiques religieuses. Dieu n'a-t-il pas voulu m'en punir par la mort de mon cher enfant?

— Allons, rassurez-vous, Docteur!

— J'ai mérité ce châtiment. Pourtant, tout le long de cette sombre période dont le souvenir me fait rougir, il y a eu bien des points lumineux, des devoirs fidèlement accomplis, qui me consolent. J'ai sauvé environ deux cent-cinquante nouveau-nés en leur donnant le baptême. Oui, deux cent-cinquante! Le jour même où Charles agonisait, j'étais assis à son chevet.

Dans la demi-obscurité, il tourna attentivement les yeux vers un coin de la chambre. Que regardes-tu donc, Charles? lui demandai-je.

— Je vois toute une troupe, une grande troupe d'anges qui me sourient et viennent me chercher pour me conduire au ciel.
— Mais, je n'en vois pas, moi.
— Père, il y en a plus de cent, plus de deux cents! Quelques heures plus tard, mon fils était mort.
— Docteur, lui demandai-je en l'interrompant, n'aviez-vous jamais parlé à Charles de tous vos petits baptisés ?
— Non, jamais. Jamais, je vous l'affirme, je ne lui en avais dit un mot.

Or, la nuit suivante, je vis un radieux cortège de deux cent-cinquante enfants qui accompagnaient Charles.

Et lui de me dire : Père, voyez ! Ce sont les petits enfants que vous avez baptisés. Ils sont venus me chercher, et nous reviendrons tous ensemble vous chercher aussi à votre dernière heure ».

Le médecin sanglotait. « Si j'en suis digne », ajouta-t-il enfin d'une voix tremblante.

A. MEYER
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Message  Monique Sam 27 Juin 2009, 7:06 pm

DIEU EST VIVANT !




Il y a quelques années se trouvait à l'hôpital de X..., un ouvrier maçon de vingt-deux ans, gravement malade. Un jeune interne lui annonça un jour la fatale nouvelle : « Vous n'en avez plus que pour quarante-huit heures tout au plus ». Le malade accueillit tranquillement ces mots, sans manifester la moindre émotion. Le médecin n'en revenait pas. Comment cela se peut-il, se demandait-il sans cesse. Comment peut-on, à la fleur de l'âge, supporter pareil destin? Mais il ne pouvait trouver une réponse satisfaisante à cette question : ce jeune homme était pour lui une énigme.

Celui-ci fit venir un prêtre et mourut, en effet, le surlendemain avec une sérénité parfaite.
Le médecin arriva pendant qu'on rassemblait ses effets. Parmi ceux-ci se trouvait un petit livre. Incidemment, tout en continuant de parler à la religieuse, le médecin l'ouvrit. C'était un beau recueil de prières; et, tout au début, à la première page, que reconnut-il ? Il n'en pouvait croire ses yeux : l'écriture de sa propre mère! Il y avait des années qu'elle lui avait offert ce petit volume; comment était-il parvenu ici ?... Ah, oui! Du temps où il était étudiant, il l'avait « bazardé » entre autres choses pour en tirer quelques sous. Un bouquin inutile... Et maintenant, il le retrouvait là, devant lui, dans sa main.

Mais soudain, un autre fait lui apparut très clairement. L'énigme du mort était résolue. Ce petit livre, le jeune homme s'en était servi; il le gardait toujours à portée de la main; c'est là qu'il avait puisé la force qu'il ignorait, lui, et qu'il ne pouvait s'expliquer.

Sans s'attarder davantage, il salua, sortit, regagna sa chambre au plus vite, et alors, de son cœur oppressé jaillit une prière : « Mon Dieu, vous vivez! Je le sais maintenant. Pardonnez-moi de n'avoir pas voulu le savoir ni le croire. Longtemps, je me suis détourné de vous, mais vous m'avez retrouvé. Vous vivez! »

Elle reste éternellement vraie la parole de ce grand affamé de Dieu, saint Augustin : « Notre cœur est dans l'inquiétude jusqu'à ce qu'il se repose en vous, Seigneur ».

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Message  Monique Lun 29 Juin 2009, 7:40 pm

QUE VOTRE VOLONTÉ SOIT FAITE!




Mgr Foulquier, évêque de Valence, étant retenu au lit par la maladie, reçut un jour la visite d'un de ses prêtres qui venait charitablement s'informer de sa santé. L'état du prélat était bien digne de compassion en effet. Aveugle, presque sourd, il était constamment tourmenté de terribles douleurs.

« Voilà déjà longtemps que je suis malade et souffrant, répondit l'évêque; mais je sais une petite prière qui me soulage dès que je la récite. Faut-il vous la dire ?
— Oui, je vous en prie.

— La voici : Mon Jésus, je suis aveugle, mais que votre volonté soit faite!
Mon Jésus, je suis sourd, mais que votre volonté soit faite!
Mon Jésus, je souffre dans mes membres, mais que votre volonté soit faite!
Mon Jésus, je suis incapable de célébrer la sainte messe, mais que votre volonté soit faite!
Mon Jésus, je ne puis réciter mon bréviaire, mais qu'en tout votre volonté soit faite!
Mon Jésus, je me sens souvent solitaire, délaissé, absolument inutile ici-bas, mais que votre volonté soit faite!

Mon Jésus, il m'est pénible d'être à charge aux autres et de ne pouvoir plus rien faire, mais que votre volonté soit faite !
— Voyez-vous, ajouta-t-il, c'est cela ma prière. Elle m'a beaucoup consolé et fortifié. Tous les autres moyens sont inefficaces : la volonté de Dieu est mon unique soutien ».

Cet évêque était une âme d'apôtre. Tels sont les sentiments et les pensées des vraies âmes immolées, car elles n'aiment rien tant que la volonté divine. Elles n'ont d'autres désirs que l'accomplissement de la divine volonté et elles ne cessent de répéter du fond du cœur : « Que je sois pauvre, malade, condamné à l'inaction, privé de consolations, mes incapacités, toutes mes souffrances intérieures et corporelles, tout cela je vous l'offre, Jésus. Que seulement votre volonté soit faite ! »

Oh! qu'il faut peu de chose pour être saint! Il suffit de faire en tout la volonté de Dieu.
(Saint Vincent de Paul).

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Message  Monique Mar 30 Juin 2009, 6:13 pm

MOI, MALHEUREUX?...




Je fus appelé un jour près d'un pauvre manœuvre malade. Je le trouvai dans un taudis, à peine suffisamment couvert sur un méchant lit. Peu de meubles, la plupart ayant été vendus par nécessité. Suspendues aux murs, deux scies seulement et une hache.
Apitoyé, je crus bon d'adresser à ce malheureux quelques paroles de consolation :

« Mon ami, lui dis-je, Dieu vous a bien éprouvé. Espérons qu'il vous délivrera bientôt de ce monde misérable pour vous recevoir en son beau paradis, puisque vous voilà si malheureux au terme de votre pénible existence.

— Moi, malheureux! me répondit-il d'une voix éteinte. Pourquoi malheureux? Vous faites erreur, Monsieur l'Abbé; ma vie n'a pas du tout été malheureuse. J'ai vécu paisible et tranquille. Ces outils, là-bas sur le mur, m'ont assuré mon pain quotidien. Je m'en contentais et en remerciais Dieu. J'avais bon pied, bon œil; je dormais bien la nuit. Le peu que je gagnais me paraissait toujours suffisant et je n'ai jamais envié la table des riches. Si Dieu me rendait la santé, je l'en remercierais de tout cœur, je me remettrais au travail avec plaisir, et j'espère que je continuerais à vivre heureux et content comme autrefois ».

Déconcerté par cette réponse, je ne savais trop que dire encore à un mourant si satisfait en son dénûment et si patient dans sa souffrance.

« Mais, repris-je enfin, en admettant que vous n'ayez pas été malheureux pendant votre vie, il faut tout de même vous préparer à mourir, si telle est la volonté divine.

— Je suis prêt aussi, me répondit-il d'un ton tranquille et presque avec une expression de bonheur dans les yeux. J'espère, après avoir vécu en bon chrétien, mourir en paix avec Dieu. Lui qui a été si bon pour moi pendant ma vie ne manquera pas de m'assister au dur passage de la mort. Elle ne tardera guère désormais. Priez pour moi ».

La mort ne tarda guère en effet. Il reçut avec une tendre piété les dernières consolations de l'Église, à la grande édification des assistants; puis Dieu le rappela à lui. Ses traits conservaient toujours la même expression de sereine satisfaction.

L'important n'est pas de faire beaucoup, mais de faire ce que l'on peut, et de mettre aux pieds de Notre-Seigneur, au soir d'un jour comme au soir d'une vie, le témoignage d'un service courageux et fidèle.
(Abbé Perreyve).

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Message  Monique Mer 01 Juil 2009, 8:09 pm

TOUS TROIS, MORTS DE FATIGUE




Dans une maison hospitalière où l'a conduit un mal contracté dans l'exercice de son ministère près des mourants, vit un jeune prêtre sans cesse agité de terribles convulsions. A droite et à gauche, deux religieuses le gardent toute la journée. Il faut, pour lui donner à manger, que la supérieure à l'affût le déplace d'un geste précis, profite de cet instant pour lui desserrer un peu les dents, lui introduire un tube dans la bouche et lui faire avaler un peu de lait. Et ceci se prolonge jusqu'au soir, lorsque, tous trois morts de fatigue, il finit par s'endormir tout à coup et cesse de remuer.

Cas étrange que celui de ce prêtre!... Avoir étudié pendant de longues années, avoir tant coûté à ses parents et au diocèse pour consumer maintenant si stérilement ses jours précieux!

Son évêque, en lui conférant les ordres, l'a chargé de cinq grandes fonctions. Au lieu de célébrer, il tremble; au lieu de bénir, il souffre; au lieu d'être un guide pour les autres, il doit se laisser servir par les mains de religieuses charitables; au lieu de réciter son bréviaire, il agite sans cesse la tête et les bras.

Pourquoi ?

Et les pauvres sœurs ? C'est pour se dévouer à Jésus qu'elles se sont faites religieuses. Et maintenant?... Il leur faut rester inactives des journées entières, l'esprit continuellement tendu pourtant, à deux pour un seul, toujours au guet sans se distinguer en rien, étrangères aux travaux de la communauté, condamnées à demeurer là, sans pouvoir s'absenter un instant, sans perdre patience.

Alors, lorsque tous trois sont recrus de fatigue, le pauvre prêtre avec les deux religieuses constamment et uniquement, du matin au soir, au service de cet autre Christ consumant ses jours douloureux dans les profondes humiliations de Gethsémani, lorsque tous trois sont morts de lassitude, ils savent ce qu'est la pleine mesure d'une vie de sacrifice très méritoire.

L'important n'est pas de faire ceci ou cela, mais de faire la volonté de Dieu et de s'y conformer sans répugnance, quelle qu'elle soit; elle est notre vraie vocation et on ne se trompe jamais en la suivant.
(Abbé Perreyve).

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Message  Monique Jeu 02 Juil 2009, 6:35 pm

JÉSUS, JÉSUS!... MILLE FOIS JÉSUS!




J'eus une fois à préparer à la mort un vieillard à l'hôpital. Il était malade depuis longtemps, et j'étais souvent allé le voir. La dernière semaine il se plaignit de ce que « ses prières ne marchaient pas, ses yeux s'en allaient; il n'arrivait plus à lire ».

« Florent, lui répondis-je, il ne vous est pas indispensable de lire. La prière consiste à parler à Dieu, même sans livre.

— Oui, mais le chapelet, ça ne va pas non plus; ça me fatigue, je ne suis plus suffisamment capable de penser.

— Mais qui vous demande de réciter le chapelet? Voyez notre Sauveur. Pendant sa vie publique, il passait des nuits en prière; mais durant les heures de sa Passion à Gethsémani, il ne fit que répéter une invocation, trois fois, et, avant de mourir sur la Croix, sa prière fut encore plus courte et il ne la dit qu'une fois. Faites de même. Quelques pieuses invocations, très simples, pour dire à Dieu le regret de vos fautes, votre abandon, votre confiance en lui : Mon Jésus, miséricorde ! Jésus, que je vive et que je meure en vous ! Père, je remets mon âme entre vos mains! Et si c'est trop encore, dites seulement : Jésus! Et si vous ne pouvez plus même prononcer ce mot, contentez-vous de quelques pieuses pensées ».


Quelques jours plus tard, l'agonie commença. Après avoir résisté pendant toute une demi-journée à la mort, le vieillard dut enfin capituler. Pâle, exténué, râlant, les yeux clos, comme un cadavre, il gardait encore ses facultés, paralysées seulement par l'excès de faiblesse.

De temps en temps, il remuait ses lèvres exsangues, et, en prêtant l'oreille, on pouvait l'entendre murmurer sans cesse comme un monotone tintement à'Angélus venant de l'autre monde : Jésus, Jésus, Jésus...

Tout à coup, il se redressa sur son lit, ouvrit les yeux, jeta un regard perçant sur ceux qui l'entouraient, tendit les bras vers le crucifix et s'écria d'une voix déchirante enjoignant pieusement les mains : « Jésus!... Jésus !... Mille fois Jésus ! » Sa tête retomba sur l'oreiller. A plusieurs reprises, il soupira encore : « Jésus!... Jésus!... », faiblement, faiblement. Il était mort.

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Message  gabrielle Ven 03 Juil 2009, 9:41 am

Excellent ce dossier il m'avait échappé... je l'ai rattrapé ce matin, maintenant je suis à date

Merci
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Message  Monique Ven 03 Juil 2009, 7:30 pm

LA PETITE FILLE CHARITABLE




Une petite fille de douze ans dont la mère était malade revint un soir toute triste de l'école. Active et attentionnée comme toujours, elle prépara le repas et « retapa » l'oreiller de sa maman dont elle caressa gentiment les joues amaigries. Mais, malgré toute sa bonne volonté pour n'en rien laisser paraître, sa maman s'aperçut qu'elle n'était point gaie comme à l'ordinaire.

« Mon enfant, lui dit-elle en l'attirant contre son cœur, qu'est-ce qui ne va pas ? Dis cela à ta maman ».

La petite fille rougit, puis soudain : « Maman, s'écria-t-elle en sanglotant et en se cachant le visage, il ne faut pas me gronder, mais Monsieur le Curé m'a demandé au catéchisme ce que c'est que la charité et je n'ai pas su, et ça m'ennuie de voir que les autres savent mieux que moi. »

La maman pressa plus fortement sur sa poitrine la tête de l'enfant : « Tranquillise-toi. Il n'y a rien de mal. Si tu ne sais pas ce que c'est que la charité, le principal c'est que tu l'es, charitable.

— Je suis charitable, moi ? interrogea vivement la petite.

— Oui, console-toi, lui répondit tendrement sa mère en l'embrassant. Tu es mon ange de charité. Sans toi que deviendrait ta petite maman? »


La fillette la regarda toute surprise. L'instant d'après elle se remettait à l'ouvrage, son petit cœur rempli d'une joie qu'elle pouvait à peine contenir.

Combien de grandes personnes pourraient apprendre par l'exemple de cette enfant en quoi consiste l'amour des parents et la charité.

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Message  Monique Sam 04 Juil 2009, 8:18 pm

JE SUIS SI HEUREUSE, SI HEUREUSE!



Je connais une bonne âme qui a beaucoup souffert. Elle est l'enfant béni, le précieux trésor de sa famille.
En pleine jeunesse, un accident brisa tout son avenir. Après avoir frôlé la mort, elle se remit peu à peu, mais ses pauvres membres ne lui permirent plus de rêver belles robes et couronne de mariée. Pourtant elle ne tarda pas à se ressaisir complètement; elle accepta généreusement son sacrifice, et, il n'est pas de personne plus heureuse.

Son amie intime me parlait d'elle dernièrement.
« Agnès, lui demanda-t-elle un jour, est-ce vrai que tu voudrais souffrir davantage encore ? »
Agnès sourit.


— C'est un secret que bien peu connaissent; mon père et ma mère, mes frères et mes sœurs n'en savent rien; mais à toi, mon amie la plus chère, je puis bien le dire : oui, je demande cela au bon Dieu. Mais, ajouta-t-elle en se signant sur la bouche, souffrir et se taire !
Puis un scrupule la prit soudain :
— Pourtant, quand il me faut aller avec ma mère chez le médecin, et que le médecin m'interroge sur ma santé, si je lui avoue que j'ai des maux de tête continuels, n'est-ce pas parler de mes souffrances ?

Sa vieille amie la rassura.
Cette malade attire les bénédictions divines sur toute sa famille. Elle vaque tranquillement aux soins du ménage toute la journée comme une domestique. « Le soir, dit-elle, je me réjouis en pensant à ma communion du lendemain ». Et elle ajoute : « Je suis si heureuse de pouvoir servir Jésus et les âmes par l'apostolat de la souffrance! »

Si on savait, décidément qu'il n'y a pas de petites choses et combien tout ce qui se passe est grand, ce serait à mourir de ravissement. (Léon Bloy).

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Message  Monique Lun 06 Juil 2009, 10:19 am

SEIGNEUR, JE NE SUIS PAS DIGNE



Ceci se passait dans une ville de Hollande. Deux malades se trouvaient alités dans la même chambre de clinique. Ils ne faisaient qu'un pour ainsi dire, quoiqu'ils fussent aussi différents que le ciel et l'enfer. L'un était catholique fervent, l'autre affilié à la loge.

C'était le 8 décembre. Le catholique sentant son état s'aggraver réclama les derniers sacrements. La religieuse infirmière fit prier le diacre d'apporter d'urgence, pendant la grand-messe, le saint viatique au malade. Il arriva bientôt, encore en dalmatique, précédé de deux clercs, et suivi processionnellement de quelques religieuses.

A ce moment l'incroyant fit un mouvement et tourna le dos à son créateur; mais lorsqu'il entendit le diacre prononcer pour la troisième fois Domine non sum dignus, son cœur de pécheur s'attendrit et il se frappa la poitrine.

Après le départ du diacre qui allait reprendre ses fonctions à la chapelle, il demanda à la religieuse si Dieu pouvait encore lui pardonner.
« Bien certainement », répondit-elle joyeusement. Il appela alors l'aumônier et fit une confession aussi complète que possible.

Un autre jour, il reçut la sainte communion, et dès lors son état s'améliora visiblement.
Dix ans plus tard, le jour de l'Immaculée pareillement, un nouveau prêtre montait à l'autel et entonnait Gloria in excelsis Deo d'une voix extraordinairement vibrante. C'était le jeune homme qui, dix années auparavant, ne voulait pas entendre parler de son Dieu. Le prédicateur prit pour thème de son sermon les paroles mêmes par lesquelles le nouveau prêtre avait été sauvé de l'enfer : Domine, non sum dignus.

L'officiant avait pour diacre celui qui avait apporté la sainte communion à son camarade, et pour sous-diacre son frère de souffrance, lequel, miraculeusement guéri, était entré au séminaire comme vocation tardive. Une fois de plus s'était avérée la parole d'un grand connaisseur d'hommes : « La souffrance est souvent l'unique porte par où la grâce divine peut pénétrer dans une âme ».

Oh! combien puissante est la grâce divine lorsque le cœur de l'homme n'y met pas obstacle! Et quel lien extraordinaire unit souvent ici-bas l'âme et la grâce!

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Dernière édition par Monique le Mar 07 Juil 2009, 8:41 pm, édité 1 fois
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