LA RÉVOLUTION LITURGIQUE (Jean Vaquié)

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Message  Javier Jeu 16 Mai 2013, 5:16 pm

Vers quel objectif la liturgie évoluera-t-elle ? A quoi s'adaptera-t-elle ?

- A. Elle s'adaptera à la COMMODITÉ des fidèles dans l'intention de leur rendre la pratique de la religion plus facile. A
aucun moment la Constitution ne traite le problème des exigences divines ou ecclésiastiques qui peuvent astreindre
les fidèles. Le mouvement d'adaptation instauré par le document ne se fait que dans le sens de la facilité. C'est à la
commodité des pratiques que l'on mesurera le zèle apostolique des pasteurs.


- B. Elle s'adaptera aussi, selon l'article 40 par exemple, à «la MENTALITÉ de chaque peuple». Or la mentalité de nos
populations occidentales modernes imprégnées de culture profane et de rationalisme comprend mal le symbolisme religieux,
aussi l'article 34 s'exprime-t-il comme suit :


«...Les rites seront d'une grande brièveté et éviteront les répétitions inutiles; ils seront adaptés à la capacité des fidèles».

La réduction à 5 du nombre des signes de Croix, autrefois de 25, que le célébrant fait sur les Saintes Espèces
pendant la messe, pour ne citer que cet exemple parmi tant d'autres, est conforme à cette idée de simplification et
d'adaptation à la «mentalité» commune.


***

Adaptation à la commodité des fidèles, adaptation à leur mentalité, tel est le double objectif de l'évolution.
Quelles vont en être les limites ? Va-t-on procéder, pendant un certain temps, à un travail de mise au point pour aboutir
à de nouvelles institutions durables ? Absolument pas. C'est une ÉVOLUTION PERMANENTE qui est envisagée.
Puisque la liturgie doit s'adapter aux commodités et aux mentalités du monde, lequel est sans cesse en mutation, il est
bien évident qu'elle devra varier, elle aussi, constamment. Et les commissions liturgiques, avec leurs innovations (article
23) et leurs expériences (article 40) sont créées précisément pour lui imprimer cette évolution permanente.
Le législateur ne se dissimule pas qu'un pareil régime va produire des différences entre les nations et entre les diocèses.
Aussi suggère-t-il, en maints paragraphes, que l'unité catholique, tant prisée autrefois, n'est plus souhaitable aujourd'hui
et que les différences de rites constituent une RICHESSE.

À SUIVRE...

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Message  Javier Ven 17 Mai 2013, 7:12 pm

§ 3. LA NOUVELLE LITURGIE EST DÉMOCRATIQUE

La Constitution organise une liturgie dite COMMUNAUTAIRE. Ce mot désigne, dans la terminologie catholique moderne,
une caractéristique qu'il serait plus exact de nommer DÉMOCRATIQUE. La liturgie conciliaire va s'efforcer de correspondre
aux principes démocratiques de la société ambiante.

Or, la démocratie, et le socialisme qui en est le développement logique, opèrent, dans la société qu'ils inspirent, plusieurs
ordres de transformations dont deux surtout nous intéresseront ici :


- A. La démocratie et le socialisme ASSUJETTISSENT solidement les uns aux autres les membres de la société. Ils
tendent à supprimer l'indépendance des membres, surtout leur indépendance économique. Et ils multiplient au contraire
les liens d'interdépendance, surtout matériels. Ils font de la société le BLOC le plus infrangible qu'il soit possible.

- B. En même temps, ils atténuent les différences HIÉRARCHIQUES entre les divers ordres. C'est ainsi qu'ils préparent,
en fin d'évolution, une société sans classes et sans état. Nous allons retrouver ces deux tendances dans la liturgie
qui est définie par la Constitution. Son objectif est très net : elle veut majorer l'interdépendance des fidèles et en
même temps atténuer la hiérarchie des ordres. Reprenons rapidement chacun de ces deux points.


***

- A. La Constitution reprend, à l'article 48 notamment, le principe de la PARTICIPATION ACTIVE des fidèles qui est
depuis longtemps classique puisqu'il provient, en particulier, du Motu Proprio de saint Pie X daté du 22 novembre
1903 en la fête de sainte Cécile. Le fondement de cette participation est évidemment le bien des âmes.
Seulement la Constitution n'en reste pas là. Elle donne à la participation active un fondement nouveau qui va ouvrir
la porte au grégarisme. L'article 26 est très net sous ce rapport :

«Les actions liturgiques sont des célébrations de l'Eglise qui est le SACREMENT DE L’UNITÉ. Elles APPARTIENNENT
AU CORPS TOUT ENTIER de l'Eglise et elles le manifestent. »


Cette dernière expression permet aux néoliturgistes de nous immerger dans le bloc communautaire. Il va donc se
créer, de par la liturgie d'abord, un socialisme spiritualiste qui complétera le socialisme économique de la société politique.
Nous serons ficelés, au for externe, par les lois temporelles et, au for interne, par le communautarisme religieux.

- B. La Constitution commence par énoncer le principe traditionnel de la HIÉRARCHIE des actions liturgiques. Citons
seulement l'article 28 qui est le plus explicite :

«Dans les célébrations liturgiques chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement
ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques».


Voilà de quoi contenter les traditionalistes : dans le choeur, chacun à sa place, pas d'empiétement. Mais le principe
posé, le document ne s’occupe plus d'en sauvegarder le respect. Au contraire il s'en écarte dangereusement.
Déjà l'article 7, en termes d'ailleurs vagues, estompe la subordination de l'Eglise à l'égard de son Chef Jésus-
Christ :

«C'est à juste titre que la liturgie est considérée comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ... »
Jusque-là, on ne peut que souscrire. Mais, comme toujours, ce principe excellent une fois reconnu, l’équivoque
réapparaît. Le texte continue :

«...le culte public INTÉGRAL est exercé par le Corps Mystique, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres. »

Il n'est pas exact que le Corps Mystique soit constitué du Chef et des membres. Il y a la Tête qui est le Christ et le
Corps qui est l'Église.
L'article 7 accentue sa propre ambiguïté quand il déclare, in fine, que toute célébration liturgique
est «I'oeuvre du Christ-Prêtre et de son Corps qui est l'Eglise...». Ces locutions font ressortir davantage, entre le Christ
et l'Eglise, des liens d'association égalitaire que des liens de dépendance et de subordination. Les rapports hiérarchiques
de l'un par rapport à l'autre sont incontestablement escamotés.

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Message  Javier Sam 18 Mai 2013, 4:37 pm

Cette égalité des pouvoirs se retrouve dans les relations entre le célébrant et l'assistance. Certes personne ne conteste, et surtout pas les traditionalistes, que les fidèles sont titulaires de ce «sacerdoce royal» que saint Pierre attribue
aux baptisés dans sa Première Épître (I Petr., II, 9). Mais la doctrine traditionnelle enseigne que ce sacerdoce est différent
de celui du prêtre non seulement par les degrés mais aussi par la nature. Ce n'est pas ce qui ressort de l'article
48 de la Constitution qui attribue nettement aux fidèles une partie du sacerdoce ministériel du prêtre quand il les exhorte:


«...à offrir la victime sans tache non seulement par les mains du prêtre mais aussi ensemble avec lui».

D'après ce texte, les fidèles auraient le pouvoir d'offrir la victime :

- non seulement en passant par l'intermédiaire du prêtre, ordonné à cet effet, comme cela a toujours été enseigné ;

- mais encore en leur propre nom par une voie de «collégialité» avec le prêtre : «ensemble avec lui».

Il est incontestable que la Constitution défend mal la hiérarchie et l'indépendance de fonctions sacerdotales du
prêtre et qu’elle contient des formules justifiant par la suite un processus d'empiétement de la part des fidèles.
Cette accentuation du grégarisme liturgique des assistants et cette atténuation des différences hiérarchiques entre le
prêtre et les fidèles ont reçu leur consécration symbolique et pratique dans le rite de la CONCÉLÉBRATION qui est une
nouveauté pure et simple puisqu'on n’en trouve de traces dans aucun des anciens Traités de la messe, si loin que l'on
remonte. Il n'en est question, ni dans le «Traité de la messe» de saint Albert le Grand, ni dans celui de saint Thomas
d'Aquin, ni dans celui de saint Bonaventure. Il est certain que, dans l'esprit du législateur, la concélébration devient le rite
majeur par excellence en raison même de sa collégialité. Il surpasse le rite de la Grand-messe avec diacre et sous-diacre
qui était hiérarchisé comme sa dénomination même l'indique. De toute évidence, les rédacteurs ont voulu introduire les
habitudes démocratiques dans la liturgie.


Bien entendu les dispositions hiérarchiques anciennes ne sont pas clairement et officiellement abolies. C'eût été trop
pour un premier temps. Mais elles sont, en fait, noyées dans une sorte de socialisme liturgique par lequel la communauté
cultive ensemble le sentiment de son unité et de sa masse.


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Message  Javier Mer 22 Mai 2013, 4:17 pm

§ 4. LA NOUVELLE LITURGIE EST LIBRE

La quatrième caractéristique de la nouvelle liturgie est sa LIBERTÉ. Il n'apparaît cependant qu'à l'analyse attentive et
surtout à l'expérience. On constate d'abord que la Constitution, à l'article 37, rejette le principe d'un libellé unique :

«L'Eglise ne désire pas, même en liturgie, imposer la forme rigide d'un libellé unique».

Non seulement elle passe sous silence le travail permanent d'unification que l'Eglise des siècles passés a dû accomplir
pour maintenir, avec l'unité d'expression, l'unité de pensée, mais elle pose le principe inverse à savoir celui de l'excellence
de la diversité dans l'expression.

La nouvelle liturgie, donc, non seulement évolue «dans le temps», mais aussi elle se diversifie «dans l'espace». Excellence
de la diversité : telle est la constatation qu'il est possible de faire à première lecture.

Mais en creusant un peu on découvre que cette diversité admet, en quelque sorte, une EXCUSE, dans l'esprit des rédacteurs.
Le rejet du «libellé unique» doit favoriser la SINCÉRITÉ. La Constitution est tacitement imprégnée de cette idée
que la sincérité d'une prière, d'un chant ou d'un geste ne saurait s'accorder avec le respect d'une forme traditionnelle ou
d'une forme imposée. Il n'y aurait de sincère que ce que l'on invente librement. Vous ne pouvez pas être sincère si vous
répétez une formule que vous avez apprise. Ce principe, extrêmement dangereux, est invisiblement présent dans un
grand nombre de paragraphes. Il faut savoir l'y découvrir. Deux institutions nouvelles, les monitions et l'oraison universelle,
montrent que, pour être tacite, ce principe n’en est pas moins réellement professé et appliqué.


Là aussi, il s'agit de faire entrer dans la liturgie les préoccupations brûlantes de l'actualité pour y mettre de la vie.

***

En organisant les monitions et l'oraison universelle la Constitution a voulu donner de la spontanéité, du mouvement et
de la sincérité à une liturgie qui lui paraissait «figée dans la sclérose traditionnelle».

De fait, à L’ÉMOTION CONTENUE et comme réglementée, qui faisait la dignité et l'attrait de la liturgie ancienne, est
venu se substituer ce LYRISME, qui accompagne aujourd'hui les élucubrations du propre esprit. Nous croyons même
qu'il faut voir, dans l'importance qui est donnée maintenant à la diversité et à la liberté d'expression, une réminiscence de
la vieille idée qui a toujours tenté les réformateurs hérétiques, à savoir que DIEU SE CONTENTE, DE LA PART DES FIDÈLES,
D’UN CULTE PRIVÉ.


Les néo-liturgistes mettent en pratique cette vieille erreur en luttant contre les institutions stables et en voulant faire de
l'Église un mouvement de spiritualité seulement intérieure sans infrastructures officielles et matérielles. Les messes «à
domicile», qui se multiplient, sont la mise en application de cette idée... jusqu'au jour où elles disparaîtront à leur tour,
comme étant encore trop institutionnelles.

***

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Message  Javier Lun 27 Mai 2013, 5:55 pm

Notons ici, à propos de la langue liturgique, que le TUTOIEMENT, dans les traductions françaises, est absolument
inadmissible. Les néo-modernistes y trouvent un triple avantage

- 1. Le tutoiement augmente la ressemblance de la liturgie catholique avec la protestante. C'est un pas vers la fusion
des Églises.

- 2. Il est une modalité d'expression employée quelquefois, involontairement, dans les élans mystiques ou dans les
oraisons jaculatoires quand Jésus se fait l'ami intime de l'âme pour un court instant ; le tutoiement est donc une modalité
du culte privé. On comprend sa faveur chez des gens qui pensent que Dieu peut se contenter, de la part de
l'homme, d'un culte privé.

- 3. Il est enfin un excellent moyen pour faire perdre aux fidèles le sens de la Majesté divine.


A la longue même, il pourra nous faire perdre le sens de la Trinité. Résultats excellents pour des crypto-communistes catholiques.

Ces raisons nous font honnir le tutoiement qui imprègne les offices de niaiserie et de vulgarité.


***

La liturgie bonne doit se dérouler dans une ENCEINTE CONSACRÉE. Nous avons assez souffert de ces messes en
plein air ou dans des halls profanes, célébrées sur des podiums semblables à des rings de boxe, au cours de cérémonies
organisées non plus par des saints mystiques en communication avec Dieu, mais par des metteurs en scène et par des
étalagistes.

Les textes de la cérémonie de la Dédicace et ceux de la messe «Terribilis» montrent bien l'importance qui était attachée
autrefois à la consécration des églises. Aujourd'hui le clergé semble croire que l'on peut impunément célébrer la liturgie
n'importe où et d'ailleurs aussi n'importe quand et n'importe comment). C'est une erreur profonde car «nous
n'avons pas seulement à lutter contre la chair et le sang mais contre ces ESPRITS DE MALICE répandus dans les airs».

Les lieux non consacrés n'offrent aucune protection. L'atmosphère est au contraire purifiée dans une enceinte dont Dieu
a pris possession pour le temps et pour l'éternité :

«Que ce lieu est redoutable. C'est VÉRITABLEMENT la maison de Dieu et la porte du Ciel et on l'appellera la demeure
de Dieu. Qu'elles sont aimables Vos demeures, Seigneur des armées. Mon âme a soupiré jusqu'à défaillir
après les parvis du Seigneur » (Introït, messe «Terribilis»).


***

La liturgie bonne doit présenter un caractère de STABILITÉ. Car l'immutabilité est une des marques à quoi l'on reconnaît
les choses divines :

«...le Père des lumières, en qui n'existe aucune vicissitude, ni ombre de changement» (Jacq., I, 17).

Une liturgie évolutive fait, par son évolution même, la preuve qu'elle ne vient pas entièrement et parfaitement de Dieu.
La liturgie qui vient de Dieu S'ENRICHIT constamment par suite des impulsions successives du Saint-Esprit. Mais ce
qu'elle acquiert ainsi, elle le conserve avec STABILITÉ. Elle se complique donc sans cesse, en se chargeant d'Histoire,
de cette Histoire que les progressistes détestent parce quelle nous apporte l'expérience. Mais elle n'évolue pas au sens
moderne du mot.


***

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Message  Javier Jeu 06 Juin 2013, 3:26 pm

Il n'est pas admissible que L’AUTEL soit disposé FACE AUX FIDÈLES. Tout le symbolisme du choeur s'en trouve bouleversé. Le prêtre est intercesseur entre Dieu et les hommes. Dans la disposition traditionnelle, ce rôle est symbolisé par la
place du prêtre entre la victime et les fidèles. Dans la disposition moderne ce rôle d'intercesseur du prêtre n'est plus symbolisé.
Au contraire, c'est Jésus qui devient intermédiaire entre le prêtre et le peuple. Les rôles sont renversés.
Nous avons déjà noté que cette disposition chasse le tabernacle qui n'a plus de place fixe et qui migre au gré de la
fantaisie. La Sainte Table, elle aussi, subit le contrecoup de la révolution de l'autel, lequel se présente désormais comme
la table des agapes, rendant inutile le symbole de la Sainte Table. Beaucoup d'autres inconvénients sont encore liés à
cette révolution, entre autres celui-ci : le crucifix qui doit se dresser sur l'autel en est réduit à tourner le dos soit au prêtre,
soit aux fidèles, à moins de représenter deux Christ se tournant eux-mêmes le dos, ce qui symbolise alors le royaume divisé
contre lui-même.


***

Ajoutons que la multiplication des pièces ad libitum entraîne deux autres conséquences qu'il eût été facile de prévoir.

- A. Les thèmes d'actualité envahissent le choeur. L'oraison universelle, en particulier, ne pouvait pas devenir autre
chose qu'un ÉDITORIAL politico-religieux. On devait fatalement y retrouver les préoccupations, les orientations et
même la terminologie des journaux. Cette oraison avait été supprimée précisément parce qu’elle entraînait des inconvénients.
Il était facile de prévoir qu'elle entraînerait les mêmes après son rétablissement. Mais ce que nous jugeons
«inconvénient» est au contraire apprécié comme avantage par les réformistes et c'est pourquoi ils l'ont rétablie.

- B. Le célébrant n'est plus le SERVITEUR de la liturgie. Il en est devenu le MAÎTRE, puisque son propre esprit, dans
les paroles et dans les gestes, a acquis droit de cité dans le choeur.

Deux réflexions serviront de conclusion à cette deuxième partie consacrée aux caractéristiques de la nouvelle liturgie.

- A. Didactique, évolutive, démocratique et libre, la nouvelle liturgie relève vraiment de l'inspiration progressiste.
Pour être bien certaine que les liturgistes chargée de la mettre en application respecteront effectivement cette inspiration
progressiste et pour les empêcher de revenir malgré tout aux principes traditionnels, la Constitution leur donne
des DIRECTIVES D’INTERPRÉTATION. L'article 23 énumère les éléments de doctrine dont ils devront s'inspirer

- «les lois générales de la structure et de l'esprit de la liturgie» ;
- «l'expérience qui découle de LA PLUS RÉCENTE restauration liturgique» ;
- «et les INDULTS accordés en divers endroits».

Il est bien évident que si les commissions qui vont avoir à réviser tout l'ensemble de la liturgie doivent s'inspirer des
«expériences les plus récentes» et des «indults déjà accordés», les résultats de leurs travaux seront immanquablement
progressistes. Il ne faut donc pas accuser ces commissions d'avoir sollicité le texte. C'est vraiment la Constitution elle-même qui est responsable de l'évolution progressiste de la liturgie post-conciliaire.

- B. La mutation devant être extrêmement profonde et vaste, il était à craindre que la fièvre de changement ne se répandît
jusqu'aux échelons les plus bas.


«C'est pourquoi, écrit l'article 22- § 3, absolument personne d'autre que les autorités compétentes, même prêtre,
ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie».


Cette interdiction a provoqué un grand soulagement chez les traditionalistes qui se sont sentis tout de suite à l'abri
des extravagances. En réalité, elle ne pouvait être que totalement inopérante puisque la Constitution, en entérinant
des infractions et des anticipations, ne faisait rien d'autre qu'encourager de nouvelles infractions et de nouvelles anticipations
en leur assignant seulement la condition de demeurer «dans l'esprit de la loi», c'est-à-dire dans le sens progressiste.


À SUIVRE...

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Message  Javier Lun 17 Juin 2013, 4:17 pm


CHAPITRE III

 
LES PROGRESSISTES ET LA CONSTITUTION

 



§1. LES RÉACTIONS DES FIDÈLES ET DU CLERGÉ



Examinons d'abord les réactions des fidèles et du clergé dans leur ensemble.

- A. La masse des fidèles a réservé à la Constitution et aux réformes qui en furent rapidement les conséquences un
ACCUEIL FAVORABLE. Sans doute un vague pressentiment de malheur avait étreint les coeurs en présence des
bouleversements qui s'annonçaient. «On nous change la religion», entendait-on répéter partout. Mais ce pressentiment
fut vite dissipé par l'esprit d'obéissance et par l'esprit de facilité.

Les fidèles adoptèrent, à cette occasion comme à tant d'autres dans le passé, l'attitude d’OBÉISSANCE, qui leur
est coutumière à l'égard du clergé. Les réformes ont présenté, dans la pratique comme en doctrine, un caractère de FACILITÉ.
On n'allait pas s'insurger contre un règlement nouveau qui abolissait les anciennes exigences et multipliait les COMMODITÉS matérielles.

L'attitude mentale des fidèles se trouvait, elle aussi, facilitée. Autrefois nous devions abandonner, à la porte du sanctuaire,
la philosophie du monde. Aujourd'hui on nous recommande au contraire d'amener avec nous :

- notre libéralisme ; - notre évolutionnisme ; - notre démocratie, etc.

Il n'est plus besoin de lutter. Il n'est plus besoin de s'élever. La facilité mentale complète les commodités matérielles.
La masse des fidèles suit de telles consignes avec docilité.

- B. Le clergé, dans son ensemble, fut très satisfait lui aussi. Comme les fidèles, il a été très sensible à l'argument
d'OBÉISSANCE. Il n'allait pas entrer en lutte avec la Hiérarchie pour des questions liturgiques, réputées secondaires.
Mais surtout les nouveaux rites faisaient des clercs les MAÎTRES de la liturgie. Ils cessaient d'en être les tristes serviteurs.
Ils pourraient désormais déployer la plus grande liberté tant dans les paroles que dans les gestes. Leur importance
personnelle s'en trouvait augmentée.

 ***

Dans l'ensemble donc, le clergé et les fidèles se sont lancés dans les réformes avec un certain enthousiasme et
même avec un sentiment de délivrance. Il faut aller jusqu'à dire que si la nouvelle liturgie n'évolue pas trop vite, si on
laisse aux fidèles le temps de s'assimiler les changements, si la Hiérarchie réussit à discipliner la mutation et à lui faire
respecter une «sage lenteur», la liturgie post-conciliaire sera VIABLE, comme sont viables tant de choses médiocres,
comme sont viables les mornes cultes protestants, comme sont viables tant de liturgies païennes et même satanistes.
L'acceptation commune, une viabilité relative et même une certaine popularité ne sont pas des critères d'excellence et de
vérité.



Dans quelques paroisses cependant, un noyau d'intégristes subsista qui n'accepta ni les réformes, ni leur esprit. Et
tous ces noyaux ne sont pas allés en s'amenuisant et en se dissolvant, comme le clergé nous l'avait annoncé. Au contraire,
ils se sont soudés les uns aux autres pour former un véritable mouvement d'opinion. Mais il convient de remarquer
que le mécontentement liturgique n'est pas le seul lien de ce mouvement d'opinion. Il s'y mêle un mécontentement doctrinal
beaucoup plus important encore. Nous reverrons tout cela dans la quatrième partie.


À SUIVRE

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Message  Javier Mer 11 Sep 2013, 4:01 pm

§2. LES RÉACTIONS DE L ‘INTELLIGENTSIA PROGRESSISTE

Les réactions de l'«intelligentsia» progressiste nous retiendront plus longtemps parce qu'elles nous amèneront au vif
du sujet. Nous verrons plus loin de quel personnel elle se compose. Constatons tout de suite qu'elle accueillit la Constitution
avec un contentement immédiat. Dans sa grande majorité, elle exprima sa satisfaction et mesura rapidement tout le
parti qu'elle allait pouvoir tirer du texte conciliaire. La Constitution, en effet, est SON OEUVRE. Voyons comment elle l'a
longuement élaborée.

***

Les historiens religieux feront sans doute un jour le récit de l'évolution liturgique aux XIXè et XXè siècles. Ils remarqueront
certainement que les réformes de type progressiste inaugurées par la Constitution conciliaire ont eu pour point de
départ un mouvement de zèle liturgique de caractère nettement traditionaliste, c'est-à-dire de tendance opposée. Il s'est
donc produit, en cours de route, un phénomène de DÉTOURNEMENT.

La Révolution de 1789 et le régime impérial avaient amené, on le sait, de profondes transformations religieuses. La
Restauration ne parvint pas à rétablir le statu quo ante et elle laissa, en particulier, se consolider de regrettables particularismes
liturgiques. Ce fut Dom GUÉRANGER, le restaurateur de la vie bénédictine en France, qui entreprit une campagne
pour le rétablissement de la liturgie romaine. En 1841, dans le premier volume de ses Institutions liturgiques, il faisait
l'histoire de la liturgie romaine et montrait comment, sous diverses influences et notamment sous celle du jansénisme,
elle avait été remplacée en France, où elle régnait au temps de l'Ancien Régime, par des liturgies locales. Il réclamait
le retour aux formes antiques qui rendent visible l'homogénéité de l'Eglise catholique.

En même temps, Dom GUÉRANGER faisait campagne en faveur du chant grégorien dans sa forme ancienne car il
avait, lui aussi, subi des transformations regrettables. Il mourut en 1875, mais son effort fut poursuivi, sur l'ordre de saint
Pie X en particulier, et il aboutit à la publication canonique du GRADUEL en 1908 et à celle de l'ANTIPHONAIRE, en
1912.

Le travail de Dom GUÉRANGER et des bénédictins porta la liturgie monastique et le chant d'Eglise à une VÉRITABLE
PERFECTION. Et cette perfection suscita en sa faveur un mouvement d'intérêt que les angoisses de la guerre de 1914-
1918 n'atténuèrent pas, bien au contraire, et qui se trouvait encore en plein essor au moment de la guerre de 1939-1945.
Un public de plus en plus vaste s'intéressait à la liturgie traditionnelle et monastique non dans un esprit de bouleversement
mais dans un esprit d'admiration et d'imitation. Bien sûr, l'éternel problème de la FRÉQUENTATION des fidèles et
de leur PARTICIPATION se posait à cette époque comme toujours. Il devenait de plus en plus incontestable que la liturgie
et le chant monastiques constituaient les MODÈLES élevés certes, mais nullement hors d'atteinte, vers lesquels devaient
tendre la liturgie et le chant des paroisses.


La guerre de 1939-1945 aurait encore accentué ce mouvement de faveur vers les formes traditionnelles du culte, si la
DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE n’avait pas été malencontreusement fondée en France où elle n'existait pas encore. A la
période, dite de «la Libération», le nouveau pouvoir négocia avec les évêques la fondation d'un parti démocrate-chrétien :
ce fut le M.R.P. C'est à l'ombre et sous la protection conjuguée du gaullisme et de la démocratie chrétienne que le PROGRESSISME
s'est développé. Il a produit très rapidement ses fruits tant dans la doctrine que dans la liturgie. C'est à ce
moment-là que des prêtres, à demi désavoués, à demi soutenus, ont commencé à célébrer des messes en langue vulgaire,
ou face aux fidèles, ou dans des appartements, ou dans des conditions anormales. C'est à cette époque également
que l'on commença à parler de «paraliturgies». C'étaient ces premières «expériences liturgiques» qui furent entérinées
et codifiées depuis par la Constitution.
À SUIVRE...

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LA RÉVOLUTION LITURGIQUE (Jean Vaquié) - Page 2 Empty Re: LA RÉVOLUTION LITURGIQUE (Jean Vaquié)

Message  Javier Ven 13 Sep 2013, 1:49 pm

Les hommes du progressisme s'étaient mêlés au mouvement liturgique, jusqu'alors surtout de tendance traditionaliste.
Ils en avaient peu à peu changé les formules et le sens d'évolution. C'est un procédé constant chez les révolutionnaires.
Ils utilisent la force portante d'un mouvement spontané, même s'il est, au début, dirigé dans un sens réactionnaire. Puis
ils en modifient insensiblement les formulations et la direction.


Pendant les années «50», une série de congrès furent organisés pour réunir des liturgistes de tendances opposées et
pour procéder prétendument à des échanges de vue, en réalité à une intoxication des traditionalistes. C'était le début de
la manoeuvre de détournement. Un des congrès liturgiques les plus remarqués fut celui d'Assise auquel Sa Sainteté Pie
XII eut l'imprudence de s'adresser en ces termes : «Ne faites pas du nouveau, mais faites d'une manière nouvelle». C'est
le type même de ces expressions ambiguës qui ont permis aux réformistes une marche d'approche assurée et comme
couverte par l'autorité pontificale.

Les jeunes prêtres démocrates-chrétiens revenaient très excités de ces innombrables réunions, répétant avec véhémence
des formules comme celle-ci : «Nous en avons assez, dans les paroisses, de cette liturgie qui est faite pour des
monastères».
Visiblement, on leur avait monté la tête.

Les congrès portèrent leurs fruits. Une série de RÉFORMES ANTÉCONCILIAIRES nous habitua à l'idée que la liturgie
est conventionnelle, que ses modalités du moment n'ont aucune valeur absolue et que d'ailleurs ses formes traditionnelles
sont IMPRATICABLES et doivent céder la place à des formes mieux adaptées aux besoins nouveaux.
Ces premières réformes eurent également pour effet de frapper de désuétude les missels individuels, ce qui contribua
puissamment à ébranler le système ancien.


Cette préparation de la liturgie nouvelle par les congrès et par les premières réformes est allée de pair avec une
sourde mais opiniâtre campagne de DISCRÉDIT de l'ancienne liturgie.
Le missel personnel fut particulièrement visé ; le
clergé lutta contre lui de toutes les manières possibles ; il cherchait à en détacher les fidèles afin de les rendre disponibles
pour une liturgie qui allait varier.

Il faut espérer que cette période antéconciliaire fera l'objet d'une étude. On y verra déjà les progressistes à l'oeuvre,
mettant au point leurs arguments et mettant en place leur personnel pour l'attaque décisive. Le clergé rejette injustement
sur les fidèles une désaffection qui est d'abord la sienne. Il n'a évidemment pas pu intéresser le peuple à une liturgie dont
il avait lui-même perdu la compréhension.

L’évolution vers les formes progressistes n'a absolument rien de spontané. Elle résulte de la volonté délibérée et de
l'activité tout à fait artificielle de l' «intelligentsia» néo-moderniste.

***

Au moment où le deuxième Concile du Vatican est convoqué, il est devenu évident que la liturgie traditionnelle a cessé
de plaire, non pas tant aux fidèles, que surtout au clergé. Elle lui déplaît à cause de son MYSTÈRE parce qu'il est lui-même
devenu rationaliste. Et elle lui déplaît à cause de sa MAJESTÉ parce qu'il est lui-même devenu démocrate. Il la
trouve imprégnée d'un détestable TRIOMPHALISME CONSTANTINIEN et il est prêt à l'abandonner pour quelque chose
de plus rationaliste et de plus démocratique. C'est ce que l'on va lui offrir.


Les commissions conciliaires qui ont préparé puis rédigé la Constitution comprenaient au moins autant de traditionalistes
que de progressistes, sinon plus. Comment se fait-il que le fruit de leur travail ait été si favorable à ces derniers ?
On aurait pu s'attendre au résultat contraire.

Les néo-modernistes ont remporté cette incontestable victoire pour deux ordres de raisons : des raisons de méthode
et des raisons de doctrine.

- A. Les raisons de méthode.

Ils ont noyauté les commissions de la même manière qu'une secte ou un réseau noyaute un parlement. Des comparses
qui se rencontrent en dehors des séances et qui combinent leurs interventions par avance peuvent faire voter
à une assemblée des textes qui la surprennent elle-même par la suite. C'est un phénomène bien connu. L'essentiel
est de le mettre en oeuvre avec opiniâtreté. C'est ce qu'ils ont fait.


- B. Les raisons de doctrine.

Ils avaient une doctrine OFFENSIVE, et savaient dans quelles grandes directions à long terme ils voulaient orienter
la future liturgie - oecuménisme, - socialisme.

Ils s'étaient également fixé des objectifs intermédiaires précis qui devaient être consignés dans la Constitution.
Ceux de nos amis qui lisaient attentivement les journaux progressistes avant le Concile avaient pu d'avance en établir
l'inventaire : - prépondérance de la catéchèse, - introduction des langues vulgaires, - remplacement du chant grégorien,
- mutationnisme plus ou moins prononcé, - liturgie communautaire.


***

À SUIVRE...

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LA RÉVOLUTION LITURGIQUE (Jean Vaquié) - Page 2 Empty Re: LA RÉVOLUTION LITURGIQUE (Jean Vaquié)

Message  Javier Sam 28 Sep 2013, 7:01 pm

En face d'eux, les traditionalistes des commissions étaient à la fois moins décidés et plus embarrassés dans leur manoeuvre.
Et voici pourquoi.

- A. Les INTENTIONS DE LEURS ADVERSAIRES leur sont pratiquement inconnues. Ils ignorent les extrémités auxquelles
ceux-ci vont conduire la liturgie. Ils ne mesurent pas les corollaires logiques des concessions qui leur sont
demandées. Pour pénétrer le «grand dessein» des progressistes à ce moment crucial, il aurait fallu reconnaître la
gravité des infiltrations maçonniques et communistes dans le clergé, savoir les éventer et vouloir s'en défendre. Mais,
à Rome, on sous-estime ces dangers et on cultive soigneusement l'ignorance de ces sujets.

- B. A ces pressions d'ordre ecclésiastique s’en ajoutèrent d'autres qui furent d'ordre externe. Les préparateurs et les
rédacteurs de la Constitution furent influencé, de l'extérieur, par le PARA-CONCILE et par la PRESSE.
On appelle para-concile l'ensemble des réunions organisées, dans l'intervalle des séances à Saint-Pierre, pour intoxiquer
les évêques, sous prétexte de les informer évidemment. Ces réunions étaient entièrement entre les mains
des progressistes. Elles furent extrêmement efficaces. Quant à la presse, elle opéra dans le même sens et persuada
les évêques que l'OPINION PUBLIQUE MONDIALE, serait dangereusement déçue si le Concile venait à conserver
l'ancienne liturgie et lésinait sur les réformes.


***

Pour toutes ces raisons, les traditionalistes des commissions préparatoires ont laissé introduire, dans le texte qu'ils
allaient soumettre au vote du Concile, des PIÈGES que l'expérience n’a pas tardé à révéler catastrophiques.
Bref, la Constitution est l'oeuvre de ce que nous avons appelé l'INTELLIGENTSIA NÉO-MODERNISTE, laquelle va
maintenant se précipiter dans les commissions diocésaines, nationales et romaines afin de procéder à sa mise en application.
Il faut veiller, en effet, à ce que ce texte AMBIGU ne soit pas exploité par les traditionalistes. Ceux-ci ne
pourraient évidemment pas arrêter une évolution désormais irréversible, mais ils pourraient cependant la RALENTIR.

***

Le progressisme, comme tous les mouvements de pensée, compte des «meneurs» et des «menés».
Les «MENÉS», clercs ou laïques, suivent l'impulsion sans en ressentir le caractère artificiel. Ils ne sont soumis à aucune
discipline. Ils ne forment aucune organisation. Leurs convictions sont sans calcul. Ils constituent une masse d'opinion
dans laquelle règne une quasi-spontanéité. C'est la grande masse des militants de mouvement, des lecteurs et
même des rédacteurs de revues.

Les «MENEURS» du progressisme sont la minorité agissante et dirigeante. Mais on est bien obligé de constater que
cette minorité n’est pas homogène. Elle est partagée entre deux influences principales :

- la première est celle de la grande famille philosophique qui a son centre d'impulsion dans la MAÇONNERIE ; c'est
une influence, dans l'ensemble, libérale et spiritualiste ;

- la seconde a son origine dans les réseaux MARXISTES.

Nous savons très bien que la maçonnerie et le marxisme entretiennent, en haut lieu, des rapports intimes. Un des plus
beaux exemples de cette collusion est l'affaire de Yalta où le chef du plus maçonnique des gouvernements a ouvert toute
l'Europe orientale à l'hégémonie du grand État communiste. Mais ces deux centres d'impulsion, maçonnique et communiste,
ont des clientèles de base très distinctes et elles professent, pour leur usage, des philosophies également distinctes.
C'est pourquoi nous distinguons ces deux influences chez les dirigeants du progressisme.

Quelle est la place de l’Épiscopat dans l'ensemble des forces néo-modernistes ? Les traditionalistes cherchent en général
à innocenter les évêques. Ils les présentent comme soumis, de la part des progressistes, à des pressions irrésistibles
auxquelles ils sont bien obligés de céder. Pour eux, les évêques ne se conduisent en progressistes que sous la
contrainte ; mais ils ne demanderaient, paraît-il, qu'à y échapper.

Telle n'est pas la vérité. Les évêques ne sont pas les victimes du progressisme. Ils en sont les organisateurs et les chefs. La plupart ont été faits évêques à cause de leur progressisme. Ce mouvement, prétendument populaire, nous a été imposé par la voie autoritaire. Il nous est venu, non pas d'en bas, mais d'en haut.

On retrouve, dans la liturgie conciliaire, des traces de cette double influence maçonnique et communiste.

- A. Les INFILTRATIONS MAÇONNIQUES dans l'Église ne sont plus contestées sérieusement par personne. Il faut
même aller jusqu'à dire, car telle est la vérité, que la maçonnerie ne combat plus l'Eglise parce qu'elle l'a enrôlée. Or,
en vue de quelle manoeuvre d'ensemble la maçonnerie a-t-elle enrôlé l’Eglise ? Les maçons l'ont dit et répété cent
fois: ils veulent organiser la RELIGION UNIVERSELLE, qui complétera la RÉPUBLIQUE UNIVERSELLE à laquelle ils
travaillent aussi. Que sera la doctrine de cette religion universelle ? Leurs livres nous l'apprennent également : ce sera
la GNOSE. Et qu'est-ce que la gnose ? C'est une théosophie sans orthodoxie où toutes sortes d'erreurs voisinent
avec toutes sortes de vérités. La maçonnerie considère la gnose comme le tronc commun de toutes les religions et
elle se considère elle-même comme la SUPER-ÉGLISE, destinée à prendre un jour la direction de la religion universelle.
Nous ne pourrons pas dire que nous avons été pris en traîtres car les maçons annoncent tout cela depuis des
années et des dizaines d'années.


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