Dimanche de la Septuagésime (2012)

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Message  Arthur Dim 05 Fév 2012, 1:53 pm

TEMPS AVANT LE CARÊME

Septuagésime : soixante-dix jours nous séparent de Pâques. Ce temps évoque les soixante-dix ans d'exil du peuple fidèle. Désormais la liturgie nous oriente vers Pâques, temps du retour en grâce. le monde chargé de sa misère et de son péché attend que Dieu le sauve par la mort et la résurrection du Christ.

Depuis Noël et l'Épiphanie, nous connaissons notre Sauveur et notre Roi. La joie fut profonde de "voir les cieux ouverts" et d'accueillir " le Seigneur notre Dieu venu en personne ¨, pour instaurer enfin le royaume de justice et de paix.

Dieu s'est uni à nous par l'Incarnation, et pourtant notre misère nous reste. " Les râles de la mort m'étouffent, les pièges de l'enfer se referment sur moi ". C'est que seule la première page est écrite dans l'histoire de la rédemption. Il nous appartient maintenant d'accepter notre Sauveur et de nous unir à lui pour qu'il puisse nous sortir de la misère et nous mener jusqu'à Dieu.

" Du fond de notre misère ..."

Notre misère, c'est la souffrance de la vie quotidienne, ce sont les fléaux répétés et les guerres, dont les messes de la Septuagésime et de la Sexagésime portent la marque.
" Du fond de ma détresse, Seigneur, j'ai crié vers toi. " Notre misère, c'est par-dessus tout le péché qui, depuis les origines, nous voue ici-bas à la souffrance et nous fait craindre Dieu. " Si tu gardes un compte rigoureux de nos péchés, Seigneur qui pourra tenir devant toi ? " Et le Bréviaire nous fait relire l'histoire de nos premiers parents, de la chute originelle, et du premier fratricide. " Pourquoi as-tu agi ainsi ? _ Tu enfanteras dans la douleur. _ Tu obtiendras ta nourriture à la sueur de ton front. _ Le sang de ton frère crie contre toi. "

" Quitte ton pays ... "

C'est de ce mal qu'il faut sortir, échapper au déluge qui menace l'humanité corrompue: non pas en dressant contre Dieu une forteresse haute comme le ciel, mais en entrant dans l'arche avec Noé, le croyant. Avec Abraham, il nous faut donner à Dieu notre foi, et quitter notre pays, le monde de péché où nous sommes installés.

À travers l'épreuve

Tournant les yeux vers Pâques, qui approche, nous devons accepter les conditions de la rédemption. " Seigneur, enseigne-moi ta loi. " La promesse n'est pas encore la victoire. Il faut " porter le poids du jour ", comme les ouvriers de la vigne, " mater notre corps et tâcher de gagner ", à l'exemple des coureurs que saint Paul nous propose comme modèles. Le Christ accomplit le premier cet effort douloureux. Dans l'Évangile de la Quinquagésime, nous le verrons monter vers Jérusalem où l'attendent Pilate et Caïphe.

Dieu Sauveur

Notre misère est grande, mais Dieu reste notre Sauveur : " Je t'aime, Seigneur, tu es ma force, tu es mon libérateur " Sa première promesse suit immédiatement la première faute. C'est lui qui fait entrer Noé dans l'arche (qui est l'Église). C'est lui qui mène Abraham vers la terre promise. Et c'est le Christ qui devant nous monte à Jérusalem et marche vers la mort pour faire de toute voie douloureuse le chemin de la vie. Préparons-nous résolument à " passer " à Dieu avec le Christ, notre seule espérance. " Maître de la nuit et du jour, Jésus, regarde ceux qui tombent ! " Sous ce regard, notre misère ne nous fait plus peur ; " Mes faiblesses, c'est volontiers que je m'en vanterai pour qu'habite en moi la force du Christ. "




Dimanche de la Septuagésime

Pour comprendre pleinement le sens des textes de la messe du jour, il faut les étudier en fonction des leçons du bréviaire, par ce que, dans la pensée de l'Église, la Messe et l'Office ne font qu'un. Les leçons et les répons de l'Office de nuit pendant toute cette semaine sont tirés du livre de la Génèse et racontent la création du monde et celle de l'homme ; la chute de nos premiers parents et la promesse d'un Rédempteur ; puis le meurtre d'Abel et les générations d'Adam jusqu'à Noé.

Au commencement dit le Livre Saint, " Dieu créa le ciel et la terre et il forma l'homme sur la terre pour qu'il la cultivât ". Mais Adam faillit à sa tâche. Exilé de l'Eden après sa faute, le premier homme enchaîna à la peine de mort et à la réprobation tous ses descendants, corrompus en sa personne comme dans leur source. Toute la masse du genre humain condamnée, était donc plongée dans le malheur, ou plutôt se voyait entraînée et précipitée de maux en maux. " Les douleurs de la mort m'ont environné ", dit l'Introït. " C'est très justement que nous sommes affligés pour nos péchés " ajoute la Collecte. Aussi la vie chrétienne est représentée par saint Paul dans l'Épître comme une arène où il faut se donner de la peine et lutter pour remporter la couronne. le denier de la vie éternelle, dit aussi l'Évangile, n'est donné qu'à ceux qui travaillent dans la vigne de Dieu et, depuis le péché, ce travail est pénible et ardu. " O Dieu, demande l'Église, accordez à vos peuples qui sont désignés par vous sous le nom de vignes et de moissons, qu'après avoir arraché l'amas des ronces et des épines, ils soient aptes à produire des fruits en abondance par Notre Seigneur.



Homélie de saint Grégoire Pape


Il est dit que le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui loue des ouvriers pour cultiver sa vigne. Or, qui peut être plus justement représenté par le père de famille que notre Créateur, qui gouverne ceux qu'il a créés, et qui possède ses élus dans le monde, comme un maître a ses serviteurs dans sa maison ? Il possède une vigne, à savoir l'Église universelle, qui a poussé autant de serments qu'elle a produit de saints, depuis le juste Abel jusqu'au dernier élu qui doit naître à la fin du monde. Et tous ceux qui, avec une foi correcte, se sont appliqués et ont exhorté à faire le bien sont les ouvriers de cette vigne. Ceux de la première heure, ainsi que ceux de la troisième, de la sixième et de la neuvième, désigne l'ancien peuple hébreux, qui, depuis le commencement du monde, s'efforçant, en la personne de ses saints, de servir Dieu avec une foi droite, n'a pour ainsi dire pas cesser de travailler à la culture de la vigne. Mais à la onzième heure les Gentils sont appelés, et c'est à eux que s'adressent ces paroles: " pourquoi êtes-vous ici tout le jour sans rien faire ? ". Tous les hommes sont donc appelés à travailler dans la vigne du Seigneur, c'est à dire à se sanctifier et à sanctifier le prochain en glorifiant par là même Dieu puisque la sanctification consiste à ne chercher qu'en Lui notre bonheur suprême.


Arthur

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