La paix miraculeuse de 1871

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Message  Monique Lun 28 Fév 2011, 8:58 pm

La paix miraculeuse de 1871


VOUS ferez pénitence et vous baiserez la terre pour les pécheurs... avait annoncé, en 1858, la Dame de Massabielle. On avait pris pour une requête ce qui n'était qu'un ultime rappel de la tragique prophétie du 19 juillet 1830, rue du Bac.

Les malheurs prédits à la France par Notre-Dame devaient se réaliser dans quarante ans, avait précisé Sœur Labouré. En effet, jour pour jour, quarante ans plus tard (temps pénitentiel), le 19 juillet 1870, Napoléon III déclarait présomptueusement la guerre à la Prusse, et la pénitence s'abattait sur-le-champ. Oui, nous allions la baiser, la terre, et malgré nous !

17 janvier 1871. Paris vit son 127e jour de siège. Hiver rigoureux, famine, bombardement continu : déjà la Commune gronde! Le 18, à Versailles, Guillaume Ier a restauré l'Empire allemand, dont 1914 et 1939 découleront.

Dans l'Ouest, accumulant les revers, l'Armée de la Loire, affamée, loqueteuse, épuisée, démoralisée, bat inexorablement en retraite depuis un mois. Le Mans vient de tomber presque sans coup férir, et poursuivant son action, le prince Frédéric-Charles se dispose à investir Laval, où Chanzy vient de s'enfermer comme dans une souricière. Question d'heures : les uhlans du général von Schmitt n'en sont qu'à deux kilomètres. Il n'est d'espoir que le miracle !

A quarante kilomètres au nord, le bourg de Pontmain, semblant ignorer l'approche du fléau, vaque paisiblement à ses occupations quotidiennes. Chaque jour, le pieux curé Guérin fait prier sa paroisse en faveur de la paix. La ferveur est grande.

Et ce soir-là, dans un ciel d'une admirable pureté, quatre enfants vont jouir d'une ineffable vision : Eugène Barbedette, douze ans, son frère Joseph, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé, onze ans.



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Message  Monique Mar 01 Mar 2011, 10:41 pm

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En vérité, ils sont sept, mais Eugène Friteau, six ans et demi, mourra trois mois plus tard; Auguste Avice, quatre ans et demi, recevra de son père l'ordre absolu de se taire, quant à Augustine Boitin, deux ans, qui bat des mains en criant : « Le Jésus ! » son trop jeune âge l'élimine de l'enquête épiscopale.

Il va être six heures, quand l'horloge de l'église s'arrête brusquement, et face à la grange où les Barbette « pilent » les ajoncs servant à nourrir les chevaux, une Belle Dame apparaît dans le ciel. Longue et ample robe bleue parsemée d'étoiles d'or ; voile noir surmonté d'un lourd diadème simplement orné d'un mince liséré rouge. Elle sourit, bras tendus, comme sur la Médaille Miraculeuse. En triangle, trois grosses étoiles immobiles, étrangères à toute constellation, encadrent son buste. Toute la foule les voit et elles disparaîtront ensuite. Un ovale bleu vient encercler l'Apparition : quatre candélabres y sont intérieurement fixés, puis une petite croix rouge se dessine sur le sein gauche de la Dame.

On récite alors le chapelet et la Dame se met à doubler de grandeur comme si elle se fût approchée en montant dans le ciel, tandis que les astres du firmament s'écartent sur son passage et vont, au nombre d'une quarantaine, se grouper sous l'ovale. Simultanément, d'innombrables étoiles mates, surgissant auprès de la Dame, vont prestement se coller à sa robe. Seuls, les voyants discernent ces curieux phénomènes. Puis, c'est une longue banderole blanche sur laquelle s'inscrit en lettres d'or :
« Mais priez mes enfants Dieu vous exaucera en peu de temps. »

Un énorme soleil achève la ligne et, dessous, soulignée d'un trait d'or, cette troisième phrase : « Mon Fils se laisse toucher ».

La Dame agite gracieusement les doigts à hauteur du visage comme un aimable adieu, lorsque un grand crucifix rouge surmonté d'une barre transversale blanche avec, en rouge, « Jésus-Christ » surgit devant elle. Le Christ est d'un rouge plus sombre et cependant son sang ne coule pas, car il ne s'agit pas d'un Christ de chair, mais de Sang : un Christ sanguine! S'emparant alors de cet Ostensoir, Notre-Dame, avec un air de gravité douloureuse qui remplace son délicieux sourire, le présente à la foule. Se détachant alors du groupe d'étoiles massées sous ses pieds, l'une s'en va allumer les quatre luminaires, puis s'établir, hors de l'ovale, sous l'étoile sommitale du triangle. Le Crucifix disparaît. La Dame recouvre son sourire, abaisse les bras, deux petites croix blanches se dressent sur ses épaules, puis tout s'évanouit. Il est près de neuf heures.



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Message  Monique Mer 02 Mar 2011, 7:33 pm

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Or, tandis que le firmament de Pontmain s'entrouvre sur l'Au-delà divin, les troupes du général Von Schmitt se préparent à assaillir Laval, quand une estafette du prince Frédéric-Charles, commandant en chef de la IIe Armée, apporte l'ordre impératif de ... se replier immédiatement sur Vaiges ! Un recul de vingt kilomètres ! Von Schmitt n'en croit pas ses yeux.

Que signifie cette retraite intempestive que, littéralement, rien ne conditionne ? Laval est à merci. On y entrerait presque fifres en tête ! La mort dans l'âme et la rage au cœur Von Schmitt est cependant contraint d'obéir et au matin du 18, sa division se retrouve à Vaiges. Décision ô combien mystérieuse dont jamais le prince luthérien ne livrera le secret qu'il emportera dans sa tombe...

Et le 28 janvier... l'armistice trouve les troupes allemandes sur ces mêmes positions. Laval est sauvée !
Armistice non moins miraculeux, car les documents officiels attestent que le 17, ni Français ni Allemands ne l'envisageaient encore, au contraire !

Le 19, la garnison de Paris ne tente-t-elle pas de rompre l'encerclement par la funeste sortie de Buzenval où, sur les talons de nos troupes en complète déroute, le Prussien entrait dans Paris baïonnette au canon... quand il sonne le ralliement ! En dépit de cet échec sanglant, qui nous coûte quatre mille tués, dès le lendemain, 20 janvier, Jules Simon, soutenu par le général Trochu, préconise une nouvelle offensive pour le 21, tandis qu'Ernest Picard accuse Jules Favre de défaitisme !



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Message  Monique Ven 04 Mar 2011, 12:10 pm

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Mais le 23, devant l'aggravation de la famine, le Gouvernement de Paris se résout à « demander les intentions du G.Q.G. allemand au sujet de Paris, sans qu'il soit fait allusion au reste de la France ni à la paix ». Le texte est formel : pas encore question d'armistice !

D'ailleurs, le 23, Jules Favre reçoit de Bismarck une réponse inacceptable. Le 25, quoique "on légalement mandaté par la nation, Jules Favre entame seulement, de sa propre initiative, des Pourparlers en vue d'un armistice général. En cas d'accord, le bombardement de Paris doit cesser le 26 à minuit. Une autre fois, les Prétentions hautaines du Chancelier ne laissent aucun espoir, lorsque, contre toute attente, le 26 à minuit le canon se tait. Bismarck à fait volte-face ! Autre miracle... « Dieu vous exaucera en peu de temps. »

Mais ne commettons pas l'erreur humaine de juger ces prodiges célestes à la courte échelle de notre raison ou d'un nationalisme égocentriste. Être la « Fille aînée de l'Église » ne signifie pas autre chose que « première née », dont les « droits d'aînesse » ne sont que des prérogatives « de congruo » qui engagent, et non « de condigno » qui dérivent du mérite. D'autant que nous avons tragiquement déchu à la façon d'Israël !

Admettons plutôt que ces miracles dont la puissance devrait nous écraser de stupeur et de crainte, débordent l'espace et le temps : les continents et les époques. Dieu ne se soucie pas davantage de nos frontières que de nos politiques ! Et les causes autant que les effets que nous attribuons à ces manifestations divines se trouvant fort inférieures à ce que Dieu a pu déterminer, nos conclusions s'en trouvent faussées ou du moins très bornées.



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Message  Monique Ven 04 Mar 2011, 7:09 pm

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Lorsque, du haut du Ciel, l'Église, en la personne de sa Reine, parle aux hommes, c'est au Monde entier qu'elle s'adresse. L'Église est catholique ! Or, émanant du Christ, du Cœur Sacré de Jésus, au travers du Cœur Immaculé de Marie, quelle peut être l'ampleur d'un message comme celui de Pontmain, sinon d'Amour universel ?

Nos rancunes humaines, nos haines politiques, nos inimitiés nationales, écrivons-nous dans « La Madone aux étoiles », jugulent une grande partie de notre charité chrétienne. Nous jugeons les autres peuples aussi sévèrement qu'ils nous jugent. La paille et la poutre ! Manque aussi de contacts profonds, de liens de solide amitié, d'affections sincères et désintéressées que stoppent les frontières, telle une marchandise, en douane, prohibée.

En vérité, d'un côté à l'autre de ces mitoyennetés nationales, on s'ignore beaucoup plus qu'on ne se hait.

Et la guerre fait de tout homme un sauvage : l'agneau y devient tigre. Et le loup... ? Pourtant, il est chez l' « ennemi » des chrétiens comme nous, de même qu'il est chez nous des impies comme partout.

Lorsque, face à face derrière les lignes, deux prêtres officient chacun pour leurs troupes, n'est-ce point le même Dieu qui « descend » sur chacun des autels ?



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Message  Monique Mar 08 Mar 2011, 8:40 pm

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Quelle est donc alors sa véritable « nationalité ? » Question stupide. dont la réponse constitue cependant l'unique solution du problème.

Telle est la thèse que nous soutenons dans notre livre sur Pontmain, en même temps que celle du Message hautement sacerdotal, cette fois, que nous croyons discerner dans la seconde phase de cette apparition si complexe et... si ignorée !

« Je vous laisse ma Paix, je vous donne ma Paix », a dit le Seigneur. Car la Paix n'est ni remède ni solution : c'est un Principe.
Un Principe d'Amour et l'Unique Commandement du Christ : « Ceci est MON commandement que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. » La Loi d'Amour et d'amour universel.

A l'heure de cette funeste guerre franco-allemande ce terme d'amour peut sembler paradoxal. C'est pourtant précisément ce que Pontmain nous rappelle puisque nous l'avons, une fois de plus, oublié... Que nous l'oublions toujours ! Car ce n'est qu'en temps de guerre que l'on comprend la paix, qu'on apprend ce qu'elle vaut et que tous, alors, ardemment y aspirent...

1870-1940 ! Soixante-dix ans seulement séparent les derniers boulets de la bombe atomique.., Méditons... Demain, qu'adviendra-t-il de nous ? Ce dont périt le Monde est du manque d'Amour, car il n'est aucune Paix sans Amour.



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