6ème dimanche après la Pentecôte (2010)

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Message  Arthur Dim 04 Juil 2010, 11:06 am

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6 ÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE


Une pensée domine toute la liturgie de ce jour: il faut tuer en nous le péché par un profond repentir et demander à Dieu de nous donner sa force pour n'y plus retomber.

C'est le Baptême qui nous a fait mourir au péché et c'est l'Eucharistie qui nous donne l'énergie divine nécessaire pour persévérer dans le chemin de la vertu.

L'Église, toute pénétrée encore de la pensée de ces deux Sacrements qu'elle a conférés à Pâques et à la Pentecôte, aime à en parler dans le " Temps après la Pentecôte", et si elle le fait en ce jour, c'est parce que la lecture du Bréviaire, avec le commentaire qu'en donne Saint Ambroise, lui en donnent une excellente occasion.

Les lectures du 1er Nocturne racontent, sous la forme d'un apologue, la gravité de la faute commise par David. Si pieux qu'il fût, ce grand roi avait, en effet, laissé le péché entrer dans son coeur.

Voulant épouser une jeune femme de grande beauté, nommée Betsabée, il avait ordonné qu'on envoyât son mari Urie au plus fort du combat contre les Ammonites afin qu'il fût tué. Et lorsqu'il s'en fut débarrassé de la sorte, il épousa Betsabée et en eut un fils.

Le Seigneur lui envoya alors le prophète Nathan pour lui dire : " Deux hommes étaient dans une ville, l'un riche et l'autre pauvre. Le riche possédait de grands troupeaux; mais le pauvre n'avait absolument rien, hors une brebis très petite, qu'il avait achetée et nourrie, et qui avait grandi chez lui en même temps que ses enfants, mangeant de son pain, buvant de sa coupe, et dormant sur son sein, et elle était pour lui comme une fille.

Mais un étranger étant venu chez le riche, celui-ci, ne voulant pas toucher à ses troupeaux pour lui préparer un repas, enleva la brebis de l'homme pauvre et la servit sur sa table. "

David fortement indigné, s'écria : " Aussi vrai que le Seigneur est vivant, cet homme mérite la mort ". Alors Nathan lui dit : " Cet homme c'est toi, car tu as pris l'épouse d'Urie pour en faire ta femme alors que tu pouvais choisir une épouse entre toutes les jeunes filles d'Israël. Ainsi, par le Seigneur, de ta propre maison, je ferai lever sur toi le malheur ! "

David, alors, saisi de repentir, dit à Nathan : " Hélas ! j'ai péché contre le Seigneur ! " Nathan reprit : " À cause de ton repentir le Seigneur te pardonne; tu ne mourras point. Mais voici le châtiment: " le fils qui t'a été donné, mourra ".

À quelque temps de là l'enfant mourut. Et David alla se prosterner le coeur contrit et humilié dans la maison du Seigneur. Et il chanta des cantiques de pénitence.

" David ce roi si glorieux et si puissant, dit S. Ambroise, ne peut garder sur lui, même un temps assez court, le péché qui pèse sur sa conscience; mais par une prompte confession, accompagnée d'un regret sans mesure, il s'en décharge aux pieds du Seigneur.

Aussi celui-ci, touché de cette immense douleur, lui pardonna. Le reste des hommes, lorsque les prêtres ont lieu de les reprendre, aggravent leur péché, en cherchant soit à le nier, soit à l'excuser; il y a pour eux chute plus grande, là même où l'on espérait les voir se relever.

Mais les Saints du Seigneur, qui brûlent de continuer le pieux combat et de fournir en entier la carrière du salut, si parfois, hommes qu'ils sont, ils viennent à faillir, moins par détermination de pécher que par la fragilité naturelle, ils se relèvent plus ardents à la course, et, stimulés par la honte de la chute ils la compensent par de plus rudes combats.

De sorte que leur chute, au lieu de leur avoir causé quelque retard, n'a servi qu'à les aiguillonner et à les faire avancer plus vite ".

On comprend dès lors le choix de l'Épître où S. Paul parle de notre mort au péché. Au baptême nous avons été ensevelis avec le Christ, notre vieil homme a été crucifié avec lui afin que nous mourions au péché. Et comme Jésus, ressuscité, est sorti du tombeau, ainsi devons-nous marcher dans une vie nouvelle, une vie pour Dieu en Jésus-Christ.

Et lorsque nous avons le malheur de retomber dans le péché, il faut demander à Dieu, de nous être propice et de nous délivrer, en nous rendant la grâce du Saint-Esprit, puisque c'est de lui que vient tout don parfait.

Puis il faut nous approcher de l'autel pour y recevoir l'Eucharistie, dont la vertu divine nous fortifiera contre nos ennemis, et nous conservera dans la ferveur de la piété, car c'est le Seigneur qui est la force de son peuple et qui le conduira à jamais.

Et c'est pourquoi L'Église a choisi pour l'Évangile le récit de la multiplication des pains, figure de l'Eucharistie, qui est notre viatique.

En nous identifiant avec la Victime du Calvaire, la Communion non seulement parachève en nous les effets du baptême en nous faisant mourir avec Jésus au péché, mais elle nous fait trouver, à la table sainte, la force qui nous est nécessaire pour ne plus retomber dans le péché et pour " affermir nos pas dans les sentiers du Seigneur ".

C'est dans ce sens que S. Ambroise commente cet Évangile : " Après que la femme, qui symbolise l'Église, fut guérie du flux de sang, l'aliment de la grâce céleste fut distribué.

L'ordre du mystère est régulièrement observé. D'abord une médecine est donnée pour guérir les blessures par la rémission des péchés, ensuite des aliments de la table céleste sont servis avec abondance.

Le Christ dit : " Je ne veux pas les renvoyer à jeun de peur qu'ils ne succombent en route. Le Seigneur plein de bonté soutient les forces. Si quelqu'un venait à succomber, ce ne sera pas à cause du Seigneur Jésus, mais à cause de lui-même que cela arriverait.

Le Seigneur dépose en nous des éléments fortifiants; sa nourriture c'est la force; sa nourriture c'est la vigueur.

Aussi, si par votre négligence vous avez perdu la force que vous aviez reçue, ce n'est pas aux aliments célestes qui ne manquèrent pas, mais à vous-même qu'il faut vous en prendre.

Est-ce que ce n'est pas à cause de la nourriture, alors qu'il était sur le point de succomber sur le chemin, que saint Élie marcha quarante jours, l'ayant reçu d'un ange ?

Si vous aviez conservé la nourriture reçue, ce sera pendant quarante années que vous marcherez et vous sortirez de la terre d'Égypte pour parvenir à la terre immense que Dieu a promise à nos pères et où coulent le lait et le miel. "


Homélie de saint Ambroise Evêque

Après que cette femme, figure de l'Église, eut été guérie du flux de sang, après que les Apôtres eurent été envoyés prêcher l'évangile du règne de Dieu, l'aliment de la grâce céleste est distribué. A qui donc est-il distribué ? prenez-y garde. Ce n'est pas aux oisifs, ni aux citadins, à ceux, par exemple, qui sont bien assis dans la synagogue ou dans une dignité séculière, mais à ceux qui cherchent le Christ au désert. Car ce sont ceux qui n'ont pas le dégoût (du bien spirituel), qui sont reçus par le Christ. C'est avec eux que le Verbe de Dieu parle, non point de choses séculières, mais du royaume de Dieu. Et s'il en est qui portent les plaies d'une souffrance corporelle, il les fait volontiers bénéficier de sa vertu de guérisseur.

Arthur

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