Le N.O.M qu'en penser ?

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Message  gabrielle Dim 08 Mar 2009, 11:49 am

En analysant ici quelques artcles de l'"Institution generalis missalis Romani", édition 1969...

En même temps, nous présenterons quelques commentaires, faits par 4 auteurs espagnols dans l'ouvrage Nuevas normas de la misa (1)...

Cet ouvrage, inspiré par le néo-modernisme le plus extrême, contient des affirmations fort éloignées de la doctrine catholique....

Le fait que la diffusion de publication comme celle-ci est permise révèle qu'on n'a pas l'intention de fermer la voie à de telles interprétations du nouvel "Ordo"


(1)Patino, Pardo, Iniesta et Farmes, Biblioteca de Autores Cristianos ( B.A.C.)

Patino est consulteur du " Consilium ad Exsequendam Constitutionnem de sacra Liturgia", est à la fois secrétaire de la Commission liturgique espagnole et de la Commission épiscopale mixte CELAM-Espagne ( E.E.M.) chargése de prépaprer les traductions espagnoles de textes liturgiques. Les 3 autres nous n'avons pu savoir s'ils étaient consultants.

Patino à été nommé consultant de la Sacré Congréagation pour le Culte divin , et ensuite évêque.

Extraits du livre d"Arnaldo Xavier Da Silveira. La nouvelle messe de P6 qu'en penser?
Diffusion de la Pensée Française
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Message  gabrielle Dim 08 Mar 2009, 6:02 pm

Le Dogme de la Transsubstantiation


Dans tout le document, on ne trouve pas une seule fois le mot "transsubstantiation". On n'y parle pas non plus une seule fois de la "présence réelle" du Christ dans l'Eucharistie…

Il y a sans doute, beaucoup de références, en des termes et expressions divers, à la "présence" de Notre-Seigneur; mais à l'aide de ces termes et de ces expressions, l'"Institutio" indique sans distinction la présence de Jésus dans la parole de l'Écriture, dans l'Eucharistie, parmi ceux qui sont rassemblés en son nom etc.

N°1: [Dans la messe] les mystères de la Rédemption sont rappelés au long de l'année de telle sorte qu'ils deviennent en quelque manière présents."

N°9: Quand les Ecritures saintes sont lues dans l'église Dieu lui-même parle à son peuple, et le Christ, présent dans sa parole, annonce l'Évangile.


Pour plus de commodité, nous désignerons ce livre comme le « commentaire de la B.A.C. » sur l' « Institutio », et ses auteurs comme les « commentateurs de la B.A.C. ».
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Message  gabrielle Mar 10 Mar 2009, 6:33 pm

N° 28 : « A la fin du chant d'entrée, le prêtre et toute l'assemblée font le signe de la croix. Tout de suite après, le prêtre, par une salutation, manifeste à l'assemblée réunie la PRESENCE du Seigneur [...] ».

N° 33 : « [...] Dans les lectures, que l'homélie explique, Dieu parle à son peuple, révèle le mystère de la rédemption et du salut, et offre une nourriture spirituelle; et le Christ lui-même DEVIENT PRESENT par sa parole au milieu des fidèles [...] ».

N° 35 : « La plus grande vénération doit être accordée à la lecture de l'Evangile. C'est ce que la liturgie elle-même enseigne, puisqu'elle l'entoure d'un honneur spécial, plus que celui qu'elle accorde aux autres lectures : de la part du ministre [...]; de la part des fidèles, reconnaissant et professant au moyen d'acclamations le CHRIST PRESENT QUI LEUR PARLE, et aussi en écoutant debout la lecture elle-même; également par les signes de vénération [...] ».

N° 48 : « La dernière Cène, où le Christ a institué le mémorial de sa mort et de sa résurrection, DEVIENT SANS CESSE PRESENTE DANS L'EGLISE quand le prêtre, représentant du Seigneur Jésus, fait ce que le Christ a lui-même fait et recommandé de faire à ses disciples [...].
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Message  gabrielle Mer 11 Mar 2009, 5:27 pm

« [...]. Dans la prière eucharistique, grâces sont rendues à Dieu pour toute l'œuvre du salut, et LES OFFRANDES DEVIENNENT LE CORPS ET LE SANG DU CHRIST (6).

« [...] par la communion, les fidèles reçoivent le Corps et le Sang du Seigneur de la même manière que les apôtres des mains du Christ lui-même » (7).

N° 60 : « [...]. Quand [le prêtre] célèbre l'Eucharistie, il doit servir Dieu et le peuple dignement et humblement, et SUGGERER AUX FIDÈLES LA PRÉSENCE VIVANTE DU CHRIST, par Son comportement et la manière dont il dit les paroles divines » (8).

Au n° 241, le seul où 1' « Institutio », dans son édition de 1969, fait allusion au concile de Trente, nous lisons :

« [...]. Par-dessus tout, [les ministres du culte] doivent bien faire comprendre aux fidèles que la foi catholique enseigne que sous une seule espèce aussi EST REÇU LE CHRIST COMPLETEMENT ET SANS PARTAGE et le vrai sacrement [...] ».

(6) Comme nous le montrerons ultérieurement, l'affirmation selon laquelle « les offrandes deviennent le Corps et le Sang du Christ » est admise également Par des protestants, en tant qu'elle n'implique pas nécessairement la thèse catholique de la transsubstantiation (voir pp. 19, 126-127 et 158-159). Des expressions semblables apparaissent à plusieurs reprises dans 1' « Institutio » (voir par exemple les n° 49, 55 et 56).

(7) Cet article de 1' « Institutio » a été modifié en 1970. Nous étudions et commentons le nouveau texte page 120.

(8) Bien que le n° 60 ait été modifié dans le texte de 1970 de 1' « Institutio » (voir pp. 121-122), l'article cité ici n'a pas été remanié
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Message  gabrielle Jeu 12 Mar 2009, 5:53 pm

Le n° 55 de 1' « Institutio » explique les diverses parties du canon, appelé maintenant la « prière eucharistique ». Au sujet de la consécration (paragraphe « d »), nous lisons ce qui suit :

« Le récit de l'institution : dans cette partie, avec les mots et les actes du Christ, ce dernier repas devient présent de nouveau [REPRAESENTATUR], au cours duquel le Seigneur Jésus-Christ lui-même a institué le sacrement de la Passion et de la Résurrection, donnant aux apôtres son Corps et son Sang à manger et à boire sous les espèces du pain et du vin, et leur ordonnant de perpétuer le même mystère » (9).

Le mot latin repraesentatur est traduit, dans la version des Editions Vozes, que nous venons de citer (10), par « devient présent de nouveau ». Sans doute, le mot a bien cette signification. Mais il en a également une autre que le traducteur connaissait, et c'est pourquoi il a mis le terme latin entre parenthèses. Cette signification serait « est représenté », ce qui donnerait au texte un fort relent de protes¬tantisme, car la messe n'est pas une simple représentation, elle est plutôt un véritable renouvellement du sacrifice de Notre-Seigneur.

D'ailleurs, notons que 1' « Institutio » ne dit pas, dans cet article, que le Christ devient présent de nouveau (repraesentatur), mais elle dit que le dernier repas est représenté dans cette partie de la messe (11).

D'un autre côté, l'affirmation qui suit, selon laquelle Notre-Seigneur donne son Corps et son Sang à manger et à boire, sous les espèces du pain et du vin, est acceptable à la rigueur par des protestants. Ce qu'ils nient, c'est la transsubstantiation, et voilà la vraie ligne de démarcation entre catholiques et protestants (12).

(9) Ce n° de 1' « Institutio » a été modifié en 1970. Pages 120-121, nous commentons le nouveau texte.

(10) O novo Ordo Missae, Vozes, Petropolis, 4' édit., 1969, 64 p.

NOTE DE L'EDITEUR : La maison d'édition Vozes, à laquelle l'auteur fait allusion, est l'une des principales maisons d'édition catholiques au Brésil. L'opuscule cité ici, O novo Ordo Missae, a été la première et la plus importante édition brésilienne de 1' « Institutio », et a été réédité au moins trois fois en 1969.

(11) On ne peut pas objecter que le concile de Trente (Denz.-Sch. 1740) a enseigné aussi que Notre-Seigneur a institué un sacrifice par lequel serait représenté (repraesentaretur) le sacrifice de la Croix. C'est que dans le contexte de la définition tridentine, à l'inverse de 1' « Institutio », il devient clair qu'il n'est pas question d'une représentation purement symbolique. Il suffit de considérer, par exemple, le premier canon sur la messe : « Si quelqu'un dit que dans la messe un sacrifice juste et vrai n'est pas offert à Dieu, ou que le Christ qui s'offre lui-même ne fait que se donner lui-même à nous comme un aliment, — qu'il soit anathème » (Denz.-Sch. 1751).

(12) Sur la position des protestants à ce propos, voir pp. 127 et 158-159.
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Message  gabrielle Ven 13 Mar 2009, 7:52 pm

L'absence du terme « transsubstantiation » dans le texte primitif de 1' « Institutio » est incompréhensible (13). En 1786 fut réuni à Pistoia un synode janséniste qui approuva diverses propositions relatives à l'Eucharistie. L'on y parla cependant de la « présence réelle » et l'on admit même la cessation complète des substances du pain et du vin dans les espèces consacrées. Mais on n'employa pas le mot « transsubstantiation ». Cette omission a été condamnée en 1794 par Pie VI comme « pernicieuse, préjudiciable à l'exposition de la vérité catholique sur le dogme de la transsubstantiation, et favorisant les hérétiques » (14). Pie VI a déclaré de plus qu'on ne peut considérer le mot « transsubstantiation » comme une simple expression technique de l'Ecole, mais qu'il doit être absolument utilisé dans l'exposition du mystère de la présence réelle (15).

Donc, si l'omission du mot « transsubstantiation » était, à la fin du XVIIIe siècle, une erreur favorisant l'hérésie, cette même erreur mériterait aujourd'hui un blâme encore plus sérieux. En effet, sachant que de nos jours il en est qui essaient de remplacer la notion de transsubstantiation par des concepts théologiquement inacceptables, comme ceux de « transfiguration », « transsignification » ou « transfinalisation » (16), le silence que l « Institutio », dans son édition de 1969, garde à propos de la transsubstantiation mérite un grave blâme. « Transsubstantiation » est d'ailleurs un terme que le concile de Trente, usant de son infaillibilité, a déclaré très adapté pour indiquer la conversion des substances du pain et du vin dans les substances du Corps et du Sang de Notre-Seigneur (17).


(13) On ne peut alléguer, pour défendre 1' « Institutio », que les docu-ments d'introduction au missel traditionnel n'employaient pas non plus le mot « transsubstantiation », car ces documents sont de simples expositions des rubriques, sans aucun caractère doctrinal quelconque, tandis que 1' « Insti¬tutio » est sans contredit un document doctrinal, malgré les déclarations contraires faites récemment par Mgr Bugnini, secrétaire de la Congrégation chargée de l'Application de la Constitution sur la Liturgie, du deuxième concile du Vatican (nous citons et commentons cette déclaration pp. 22-23). En réalité, une comparaison sommaire entre les documents d'introduction au missel traditionnel et 1' « Institutio » suffit à vérifier le caractère doctrinal de cette dernière et le caractère purement normatif des premiers. A cet égard, voir aussi les déclarations faites par la revue de la Commission liturgique, Notitiae (1968, p. 181), que nous citons ci-après à la note 20.

(14) Denz.-Sch. 2629, Denz.-Umb. 1529.
(15) Denz.-Sch. 2629, Denz.-Umb. 1529.
(16) Voir, par exemple, Schillebeeckx, Transubstanciaçâo..., pp. 286 et s., réfuté par Clark, Adiumenta...
(17) Denz.-Sch. 1642, 1652.
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Message  gabrielle Sam 14 Mar 2009, 6:20 pm

Notons encore que le texte de 1969 de l « Institutio », établi spécialement pour expliquer ce qu'est la messe, ne dit même pas (comme le synode de Pistoia l'a au moins déclaré) qu'il y a une « présence réelle » de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, et que dans la consécration les substances du pain et du vin cessent d'exister.

B. — LE NUMÉRO 7 DE L' « INSTITUTIO »
Pour une définition de la messe, même purement descriptive, il est impossible, dans n'importe quel contexte, que soit absent son élément principal, qui est la notion de sacrifice (18).


Or, dans l'édition de 1969, le chapitre de 1' « Institutio » qui traite de la « structure générale de la messe », commence par une phrase (n° 7) à laquelle il est difficile de dénier le caractère d'une définition de la messe, et dans laquelle pourtant on ne parle pas de sacrifice :

« Le repas du Seigneur ou messe est le sinaxis sacré ou assemblée du peuple de Dieu, qui se réunit, présidée par le prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. C'est pourquoi la promesse du Christ s'applique éminemment au rassemblement local de la Sainte-Eglise : « Là où deux ou trois sont réunis en « mon nom, je suis au milieu d'eux » (Matth. XVIII, 20). »

(18) Voir Concile de Trente, Denz.-Sch. 1751 (nous citons ce canon à la note 11 ci-dessus). En connexion avec le texte modifié de 1' « Institutio », faisant référence à la notion de sacrifice, voir pp. 117-121.
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Message  gabrielle Mar 17 Mar 2009, 6:32 pm

Nous laisserons de côté cette nouvelle ambiguïté, liée à la notion de la « présence » du Christ, selon laquelle la présence principale de Notre-Seigneur dans la messe serait d'ordre spirituel, et non la présence substantielle sous les espèces consacrées.

Et aussi la tentative faite continuellement dans l « Institutio » d'introduire des expressions qui affaiblissent l'opposition au protestantisme ou le sens sacrificatoire de la messe, telles que « repas du Seigneur », « assemblée », « peuple de Dieu », « mémorial du Seigneur ».

Enfin nous ne parlerons pas pour l'instant de l'affirmation selon laquelle le prêtre « préside » l'assemblée, notion si agréable aux protestants, parce qu'elle insinue que le prêtre est en premier lieu le délégué du peuple, ou le primus inter pares, et non le ministre sacré, élu par Dieu, qui agit en place du Christ (in persona Christi). Cette question sera analysée plus loin (19).


Mais ici nous considérerons seulement le point central du moment : la définition de la messe que cet article semble contenir. Il manquerait dans cette définition toute allusion au sacrifice. Il y manquerait surtout toute référence à la propitiation, c'est-à-dire à la réparation que le Christ dans la messe donne pour les péchés des hommes. De sorte que si l'article en question prétend présenter une définition de la messe, c'est une définition fausse, contraire au concile de Trente.

(19) Voir pp. 30 et s.
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Message  gabrielle Jeu 19 Mar 2009, 7:23 pm

Toutefois, les auteurs de P « Institutio » essaient d'esquiver de telles accusations en niant que cet article contienne une définition proprement dite. Voyez comme Mgr Bugnini, alors secrétaire de la Commission pour la réforme de la Liturgie, a rapporté les conclusions de la XIIe session plénière de cet organisme, où furent étudiées les objections faites à l'article 7 de l' « Institutio » :

« Les Pères [cardinaux et évêques, membres de la Commission] ont considéré certaines difficultés qui se sont manifestées récemment au sujet de certains points de 1' « Institutio generalis missalis Romani ». Ils ont rappelé que 1' « Institutio generalis » n'est pas un texte dogmatique, mais plutôt une pure et simple exposition des règles qui ordonnent la célébration eucharistique ; elle ne cherche pas à donner une définition de la messe, mais seulement à présenter une description du rite (21).

Ce qu'est la messe, d'un point de vue théologique, peut être inféré de certains paragraphes de l' « Institutio » (22), et cela est aussi bien connu de tous par les traités de théologie et les documents pontificaux à caractère doctrinal (23). »

(21) Comme on le voit, Mgr Bugnini lui-même reconnaît que le n° 7 de la première édition de 1' « Institutio », si elle contient une définition de la messe, mérite les critiques qui lui ont été faites.

(22) Est-ce que le texte susmentionné du n° 7 de 1' « Institutio » serait l'un de ces paragraphes dont on infère ce qu'est la messe ? S'il en est ainsi, nous tombons une fois de plus dans un concept hétérodoxe de la messe. Sinon, quel est le but de ce paragraphe de 1' « Institutio », qui ne peut qu'embrouiller les fidèles, les conduisant à se faire une idée erronée de la célébration eucharistique ?
La remarque de Mgr Bugnini serait valable pour les documents d'introduction au missel romain traditionnel. En effet, pratiquement tous ses articles aident les fidèles à comprendre « ce qu'est la messe d'un point de vue théologique ». Les génuflexions nombreuses indiquent la petitesse des hommes et la grandeur du sacrifice qui est réalisé là; l'usage de la langue latine exprime le mystère insondable qui est célébré; le prêtre faisant face à l'autel manifeste qu'il agit comme ministre de Dieu et non comme délégué par le peuple; et le grand soin avec lequel sont traitées les saintes espèces révèle notre foi dans la présence réelle; etc.

(23) L'Osservatore Romano, édition hebdomadaire en langue française, 28 novembre 1969, p. 12.
Dire que le concept de la messe est déjà connu par les traités et documents pontificaux est une manière d'éluder la question. Celle-ci est de savoir si le nouvel « Ordo » est réellement en accord avec la théologie tridentine et traditionnelle.
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Message  gabrielle Ven 20 Mar 2009, 6:53 pm

Même si l'on prend le n° 7 de l' « Institutio », dans son édition de 1969, comme une définition non essentielle (24), il est impossible de l'accepter. Car il constitue de toute façon une clause qui présente aux fidèles, à propos de la messe, une assertion au moins insidieuse; en même temps il insinue que quelque chose a changé dans la conception traditionnelle de la messe comme un sacrifice.

C. — UN SACRIFICE PROPITIATOIRE


A ce que nous venons de dire sur l'absence de la notion de sacrifice dans la définition apparente ou réelle de la messe, d'après l'article 7 cité plus haut, on peut répliquer que, même dans sa première édition, l' « Institutio » affirme à plusieurs reprises que la messe est un sacrifice; ainsi aux nos 2, 48, 54, 56 h, 60, 62, 153, 259, 335 et 339.

Les défenseurs de 1' « Institutio » ont allégué qu'il n'y a pas lieu de blâmer l'absence de la notion de sacrifice dans le n° 7, puisque cette notion apparaît si souvent à d'autres occasions.

Nous n'insisterons pas sur le fait que, dans ce n° 7, on ne devrait pas manquer de faire quelque référence au sacrifice, vu la nature de l'assertion qui y est faite. Ce point a déjà été étudié.

Mais nous voudrions montrer que les allusions à la notion de sacrifice faites par 1' « Institutio » sont toutes insuffisantes pour
distinguer la conception catholique des notions protestantes du repas du Seigneur.

(24) C'est ainsi que l'un des experts de la Commission liturgique, le P. C. Vagaggini, O.S.B., le présente. Voir O novo Ordo missae e a ortodoxia, in Revista Eclesiastica Brasileira, vol. 30, 1970, pp. 93-101.
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Message  gabrielle Sam 21 Mar 2009, 6:34 pm

En fait, comme l'on sait, le sacrifice de la messe a une quadruple finalité : l'adoration, l'action de grâces, la propitiation et l'impétration (25).

Ce qui est en question dans la vieille querelle entre catholiques et protestants à ce sujet, n'est pas à proprement parler le caractère sacrificatoire de la messe, mais plutôt son caractère propitiatoire. En d'autres termes, catholiques et protestants admettent que la messe est un sacrifice de louange et d'action de grâces.

Mais les protestants nient (et c'est là leur hérésie dans ce domaine) que la messe constitue un sacrifice pro¬pitiatoire (26).

Il est donc de la plus grande importance de vérifier si l' « Institutio » admet la notion de PROPITIATION, OU si, au contraire, elle ne parle que de SACRIFICE, et passe sous silence le caractère PROPITIATOIRE de celui-ci.


Tout cela est de la plus haute importance dès lors que le concile de Trente a défini la messe comme un « sacrifice vraiment propitiatoire » (27) et qu'il a lancé cet anathème :« Si quelqu'un affirme que le sacrifice de la messe est seulement de louange et d'action de grâces, ou une simple commémoration du sacrifice consommé sur la croix, mais qu'il n'est pas propitiatoire [...], qu'il soit anathème » (28).

(25) L'adoration est l'honneur rendu à Dieu en raison de sa perfection infinie et absolue.
L'action de grâces est la manifestation de notre gratitude envers Dieu pour les bienfaits reçus de Dieu.
« Le sacrifice est appelé propitiatoire, explique le P. Aldama (De Sanct. Euch., p. 338), pour autant qu'il est un acte qui plaît à Dieu, celui-ci se sentant à juste titre offensé par le pécheur. Cet acte est accompli par le rachat, lequel est une réparation selon une égalité proportionnelle à l'offense commise; il appartient à la vertu de justice. »
Par impétration, nous demandons à Dieu de nouveaux bienfaits.
(26) Voir pp. 141-142 et 151. Aux pages 70 et s., nous montrons que les protestants sont logiques avec leurs erreurs quand ils refusent à la messe le caractère d'un sacrifice propitiatoire.
(27) Denz.-Sch. 1743.
(2 8) Denz.-Sch. 1753.
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Message  gabrielle Dim 22 Mar 2009, 6:18 pm

Or, en analysant les divers passages du texte de 1969 de l' « Institutio » qui parlent de sacrifice, nous constatons que le caractère propitiatoire de la messe n'est affirmé dans aucun d'entre eux (29).

Au contraire, à tout moment ils font référence à la messe comme un sacrifice de louange, d'action de grâces, de commémoration du sacrifice de la croix, tous aspects réels, mais que le concile de Trente a déclaré insuffisants pour la conception catholique de la messe. Dans les textes de l' « Institutio » que nous allons citer, nous ferons apparaître en majuscules les passages concernant ces aspects non propitiatoires du sacrifice.


Le n° 2 parle des fruits de la messe : « pour l'obtention desquels le Seigneur Jésus-Christ a institué le SACRIFICE EUCHA¬RISTIQUE (30) de son Corps et de son Sang et l'a confié à son épouse bien-aimée, l'Eglise, COMME UN MEMORIAL DE SA PASSION ET DE SA RÉSURRECTION ».

N° 48 : « La dernière Cène, où le Christ a institué LE MEMORIAL DE SA MORT ET DE SA RESURRECTION, devient sans cesse présente dans l'Eglise quand le prêtre, représentant du Seigneur Jésus, FAIT CE QUE LE CHRIST A LUI-MEME FAIT ET RECOMMANDE A SES DISCIPLES DE FAIRE EN MÉMOIRE DE LUI, instituant le SACRIFICE et le repas pascal » (31).

(29) Sur la manière dont la notion de propitiation figure dans le texte de 1970 de 1' « Institutio », voir pp. 100, 120-121 et 335-336.
(30) « Eucharistie » signifie, éfymologiquement et dans son sens technique, « action de grâces ».
(31) Voir le texte de 1970 de ce paragraphe de 1' « Institutio », p. 120.
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Message  gabrielle Lun 23 Mar 2009, 6:10 pm

N° 54 : « Et alors commence la phase centrale et suprême de toute la célébration, c'est-à-dire la PRIERE EUCHARISTIQUE elle-même, une PRIERE D'ACTION DE GRACES ET DE SANCTIFICATION [...]. C'est là le sens de cette prière : toute l'assemblée des fidèles s'unit au Christ dans la PROCLAMATION DES MERVEILLES DE DIEU et dans l'OFFRANDE DU SACRIFICE ».

N° 335 : « L'Eglise offre le SACRIFICE EUCHARISTIQUE du Passage [la Pâque] du Christ pour les morts, de telle sorte que, par la communion de tous les membres du Christ entre eux, ce qui DONNE UNE ASSISTANCE SPIRITUELLE à certains, DISPENSE aux autres LE RECONFORT DE L'ESPERANCE ».

Les nos 56 h, 60, 62, 153 et 339 font référence au sacrifice qui est célébré dans la messe, sans toutefois présenter d'explications majeures sur la nature du sacrifice.

C'est le cas également du n° 259, qui ne relie qu'indirectement l'idée de sacrifice avec « la table du Seigneur » et « l'action de grâces ».

Par ailleurs, à de nombreuses reprises, dans sa première édition, l' « Institutio » emploie des expressions au contenu sacrificatoire, comme « hostie », mais nulle part le caractère propitiatoire du sacrifice de la messe n'est affirmé.
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Message  gabrielle Mar 24 Mar 2009, 6:17 pm

On rencontre aussi dans 1' « Institutio » des expressions qui tendent à laisser dans l'ombre le caractère sacrificatoire et propitiatoire de la messe.

C'est le cas pour l'insistance exagérée sur le principe (en lui-même incontestable) que dans la messe il y a un repas, puisque Jésus-Christ nous y donne son Corps et son Sang en tant qu'aliments. Cet aspect de la messe est indubitablement vrai, mais doit être subordonné à l'aspect sacrificatoire et propitiatoire, d'autant plus que les protestants tentent de réduire le sacrifice eucharistique à un repas, comme on peut le voir par la condamnation proclamée à Trente, et déjà citée (32) : « Si quelqu'un dit que, dans la messe, un vrai et propre sacrifice n'est pas offert à Dieu, ou que le Christ s'offrant lui-même NE FAIT RIEN DE PLUS QUE SE DONNER LUI-MÊME A NOUS COMME UN ALIMENT, qu'il soit anathème » (33).

Or, le texte de 1969 de l' « Institutio », qui ne fait allusion qu'à dix reprises au « sacrifice », emploie d'innombrables fois des expressions relatives aux agapes eucharistiques, par exemple : « nourriture spirituelle », « cène », « table du Seigneur », « festin » (convivium), « collation », etc. Ainsi, les n°s 2, 7, 8, 33, 34, 41, 48, 49, 55 d, 56, 56 g, 62, 240, 241, 259, 268, 281, 283 et 316.

Si nous passons de 1' « Institutio » au commentaire de la B.A.C. (34), nous voyons que dans ce dernier les omissions et les ambiguïtés tendant à celer le caractère sacrificatoire et propitiatoire de la messe sont encore plus nombreuses.

Dans les 171 articles de l'index analytique de l'ouvrage, les mots « sacrifice » et « propitiation » n'apparaissent même pas.

Traitant des lieux où la messe doit être célébrée (qui sont les églises selon la pratique traditionnelle), les commentateurs de la B.A.C. disent :
« Ces lieux ont, si l'on nous permet la comparaison, quelque chose d'un grand réfectoire pour banquets; d'une salle pour conférences, où l'on écoute la sagesse de Dieu; d'un théâtre où l'on assiste au grand spectacle de la théophanie; d'un salon pour conversations, où l'on dialogue avec Dieu; d'une salle des fêtes, où les croyants expriment leur joie » (35).

(32) Dans le texte qui suit, les majuscules sont de nous
(33) Denz.-Sch. 1751.
(34) Nous faisons allusion au livre Nuevas normas de la misa, cité pp. 15-16, où nous donnons la raison pour laquelle nous commentons spécialement ce
livre.
(35) Nuevas normas..., p. 61
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Message  gabrielle Mer 25 Mar 2009, 5:51 pm

Notons comment ils parlent de tout, sauf d'une église proprement dite, c'est-à-dire un lieu sacré dans lequel Notre-Seigneur, vraiment présent, s'immole lui-même sur l'autel en propitiation pour les péchés des hommes.

Plus loin, ils commettent de nouveau la même omission injustifiable. Après avoir affirmé d'une manière ambiguë que les fidèles doivent « offrir un sacrifice spirituel partout » (36), ils poursuivent :

« Cette idée d'une réunion chrétienne doit être à la racine de toutes les structures d'une église : une assemblée de Jésus-Christ et de ses frères pour entendre la parole de Dieu, pour répondre à cette parole par leur gratitude, leurs chants et leurs supplications, et aussi pour s'affirmer entre eux l'amour que le Christ, lors du repas, a recommandé comme le signe distinctif de ses disciples. Tout ce qui sert à marquer cette réalité (37) est à encourager; tout ce qui la contredit est à déplorer » (38).

(36) Nuevas normas..., p. 61.
(37) C'est pourquoi les églises ne doivent pas avoir pour principale source d'inspiration les notions de croix, de souffrance, de sacrifice, de propitiation, de repentir pour nos péchés. La mesure de tout est « la parole de Dieu », l'action de grâces, l'amour mutuel, la joie, etc.
(38) Nuevas normas..., p. 61.
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Message  gabrielle Jeu 26 Mar 2009, 6:09 pm

En expliquant la nouvelle conception de l'autel, les commentateurs de la B.A.C, soulignent à nouveau la même idée :

« En fait, l'autel est surtout, comme le texte de l' « Institutio » lui-même le dit à diverses reprises, la table du Seigneur (n0s 49, 259, etc.), et cela doit apparaître par son ornementation, par les nappes, par la forme de sa construction, par la catéchèse qui est faite au peuple à partir de lui, par les motifs qui sont donnés pour justifier sa vénération. Si plus tard, avec le temps (39), l'autel a aussi pris le caractère d'un sépulcre de martyrs et d'un autel de sacrifice, ces aspects peuvent être complémentaires, mais ils ne doivent d'aucune façon l'emporter dans l'esprit des gens qui se réunissent pour célébrer le mémorial du Seigneur. Ainsi, 1' « Institutio », qui demande que l'autel soit toujours présenté comme la table du Seigneur, n'est pas aussi catégorique au sujet des reliques » (40).



(20) Cette affirmation est fausse. L' « Institutio » est pleine de propositions doctrinales. Personne n'oserait prétendre, par exemple, que l'assertion suivante du n° 1 n'a pas de caractère doctrinal : « [dans la messe] nous trouvons le sommet de l'action par laquelle Dieu sanctifie le monde dans le Christ, et du culte que les hommes rendent au Père, l'adorant à travers le Christ, Fils de Dieu ». Serait-ce « une pure et simple exposition d'une règle qui ordonne la célébration eucharistique »? De tels concepts doctrinaux se trouvent à chaque page du document.

(39) Notons l'insinuation que Notre-Seigneur n'a pas institué la messe comme un sacrifice.
(40) Nuevas normas..., p. 246.
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Message  gabrielle Sam 28 Mar 2009, 5:36 pm

On doit dire la même chose du n° 7 cité ci-dessus. Comment peut-on nier que ce texte contient une affirmation d'ordre dogmatique ? Comment peut-on soutenir que ce qui s'y trouve est une simple « exposition des règles qui ordonnent la célébration eucharistique » ? Quelles sont les « règles » que cet article contient ? Si nous voulons éviter les sophismes, nous devons absolument reconnaître que le n° 7 de l' « Institutio » contient une assertion doctrinale donnant les bases des « règles qui ordonnent la célébration eucharistique », lesquelles apparaissent dans la suite du document.


Le missel romain traditionnel contient divers documents d'introduction qui ne sont pas des « textes dogmatiques », mais de « pures et simples expositions des règles qui ordonnent la célébration eucharistique ». Comme nous l'avons déjà observé (note 13), une comparaison même sommaire entre les documents en question et la récente « Institutio », révèle sans équivoque le caractère doctrinal de cette dernière et le caractère purement pratique des documents.

De plus, alors que 1' « Institutio » était en chantier, la Commission liturgique elle-même dit que le document devait contenir « DES PRINCIPES THEOLOGIQUES, des normes pastorales et des rubriques pour la célébration de la messe » (voir Notitiae, 1968, p. 181; les majuscules sont de nous). Et dans un rapport fait à la seconde Conférence générale de l'Episcopat latino-américain, à Medellin le 30 août 1968, Mgr Bugnini a déclaré que l' « Institutio » est « un ample exposé THEOLOGIQUE, pastoral, CATECHETIQUE et rubrical, qu'elle est une introduction à la COMPREHENSION et à la célébration de la messe » (in Revista Eclesiastica Brasileira, vol. 28, 1968, p. 628; les majuscules sont de nous).
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Message  gabrielle Dim 29 Mar 2009, 5:41 pm


D. LE « RÉCIT DE L'INSTITUTION »


Un autre passage de l'édition de 1969 de l' « Institutio » a un caractère doctrinalement blâmable; c'est l'article « d » du n° 55, déjà cité (41), qui traite ex professo de la Consécration.

Il s'ouvre par le titre narratio institutionis, c'est-à-dire le « récit de l'institution ».

Or, selon la doctrine catholique, le prêtre qui consacre ne « répète » pas seulement ce que le Seigneur a fait lors de la Sainte-Cène, mais il agit in persona Christi, à la place du Christ, lui prêtant sa bouche et sa voix.

Selon les protestants, dans la Consécration, le ministre ne fait que redire les mots des Evangiles, répéter les paroles du Christ, rappelant ainsi le dernier repas. Comme il n'y a pas de transsubstantiation, selon eux, ce récit suffit, car il n'est ni nécessaire ni possible que les paroles du Christ soient prononcées de manière affirmative et impérative par le prêtre (42).

(41) Voir p. 18. Pages 120-121, nous indiquons les modifications que cet article a subies en 1970.
(42) Selon certains protestants, les paroles du Christ ne sont pas prononcées seulement de manière narrative. Néanmoins, les tenants de cette assertion n'admettent en aucune façon que le célébrant les prononce de façon absolue et impérative au nom de Notre-Seigneur Lui-même; mais ils soutiennent que, en plus du récit verbal, il y a une représentation théâtrale essentielle dans la cérémonie. Comme on voit, ce détail (que nous traiterons ex professo à la page 157) n'a rien à voir avec la question qui nous occupe ici.
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Message  gabrielle Mar 31 Mar 2009, 5:59 pm

Retenons alors la gravité de ce sous-titre narratio institutionis (43). D'ailleurs, ce passage est encore plus suspect si l'on pense au silence, déjà signalé, du document, dans sa première édition, au sujet des concepts de « présence réelle » et de « transsubstantiation » (44).

On trouve la même ambiguïté sur la nature de la Consécration dans le commentaire de la B.A.C. (45). En expliquant cette partie centrale de la messe, les auteurs adoptent une position qui correspond pleinement aux principes protestants :

« [la prière eucharistique] est une action consacrante parce que par ce moyen s'effectue la sanctification des offrandes » (46).

D'autres passages de cet ouvrage émettent encore des conceptions protestantes sur la consécration, par exemple : on insinue que la présence de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie est équivalente à la « présence réelle » dans la lecture de l'Ecriture faite durant la messe (47); on laisse entendre que la transsubstantiation n'est pas réalisée au moment précis où le prêtre prononce les paroles de la consécration (48); etc.


(43) Il est clair que nous n'avons rien contre l'usage de l'expression narratio institutionis, qui est d'ailleurs classique dans la théologie catholique (voir, par exemple, Lercher, Inst. Theol. Dogm., vol. IV-2-1, p. 330, note 303). Ce qu'il faut blâmer, c'est que les mots mêmes de la consécration, qui doivent être dits de manière impérative et non narrative, sont présentés sous le sous-titre « récit de l'institution » sans autres indications.
(44) Voir pp. 16 et s. L' « Institutio » emploie des expressions comme in persona Christi par endroits; mais elle le fait dans un contexte où ces expressions perdent le sens précis que les scholastiques leur attribuent. C'est ce que nous démontrons pp. 31 et s.
(45) Nous nous référons à l'ouvrage de la B.A.C. indiqué pp. 15-16.
(46) Nuevas normas..., p. 128. Sur le caractère protestant de cette affirmation, voir pp. 153 et s.
(47) Nuevas normas..., pp. 31 et 85, passages commentés par nous pp. 39-40. Les luthériens admettent l'expression « présence réelle », comme nous l'indiquons pp. 153-154.
(48) Nuevas normas..., pp. 123-124, texte que nous commentons p. 155.
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Message  gabrielle Mer 01 Avr 2009, 7:40 pm

E. — LE PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE


Selon la définition du concile de Trente, le sacerdoce « a été institué par le Sauveur, qui a donné à ses apôtres et à ses successeurs dans le sacerdoce le pouvoir de consacrer, d'offrir et d'administrer son Corps et son Sang, comme de pardonner et de retenir les péchés » (49).

C'est pourquoi le pouvoir de consacrer appartient au prêtre et non au peuple. Si les Ecritures et la théologie catholique parlent de « sacerdoce » des fidèles, c'est au sens large du mot, pour indiquer simplement la consécration de tous les baptisés à l'œuvre divine, en union avec Notre-Seigneur, prêtre suprême et éternel (50).

Confondre le sacerdoce du peuple avec celui du prêtre, c'est adopter, une fois de plus, un principe protestant; en effet, si l'on en croit les pseudo-réformateurs du XVIe siècle, le célébrant est prêtre au même titre que le peuple, il ne fait que présider l'assemblée eucharistique en tant que délégué des assistants.

Sur ce point encore, 1' « Institutio » conserve quelques expressions de la doctrine traditionnelle, mais elle place en outre des notions et des principes qui insinuent ou contiennent les thèses
protestantes.

C'est ainsi que l'on peut lire, au n° 10, que le prêtre « préside l'assemblée, représentant le Christ (personam Christi gerens) ». Et, au n° 60, que « le prêtre [...] préside l'assemblée réunie, agissant en place du Christ (in persona Christi praeest) » (51). Le n° 48 dit que le prêtre « représente le Christ (Christum Dominum repraesentans) ».

Comme on le voit, ces expressions ont une « allure » tout à fait traditionnelle; elles sont même les termes techniques qui désignent la façon dont le célébrant agit en place de Notre-Seigneur.

(49) Denz.-Sch. 1764.
(50) Sur ce point, on consultera : Solà, De sacramentis..., pp. 587-588; aussi bien que les documents du concile de Trente, du catéchisme romain, de Pie XII et de saint Augustin cités par Solà.
(51) En ce qui concerne la nouvelle mouture, de 1970, de cet article de l'« Institutio », voir pp. 121-122.
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Message  gabrielle Jeu 02 Avr 2009, 6:57 pm

Néanmoins, de telles expressions figurent ici dans un contexte qui provoque une certaine perplexité. D'un côté, il n'est pas dit ce que signifie exactement « prendre la place du Christ » ou « le représenter ». D'autre part, l' « Institutio » contient de nombreux passages qui insinuent que le célébrant est un simple président de l'assemblée, et que sa principale jonction au cours de la messe consiste à représenter les fidèles réunis là.

Cela ouvre la voie à une interprétation au sens large de la « représentation » du Christ (par exemple, que tout chrétien est un autre Christ), et non pas au sens strict et précis d'un sacerdoce hiérarchique et visible, en fonction duquel le prêtre prête ses lèvres et sa voix à Notre-Seigneur au moment de la consécration. C'est ce que nous allons voir dans l'analyse suivante :

1° Nous avons déjà précisé que, au n° 7 de la première édition de l « Institutio », le prêtre est simplement qualifié de président de l' « assemblée du peuple de Dieu » (52). Or, cet article est de la plus haute importance, car, même si on ne l'entend pas comme une définition de la messe, il est destiné indu¬bitablement à orienter les fidèles vers une meilleure compréhension de la messe (53).

(52) Voir pp. 20 et s.

(53) Voir les propos de Mgr Bugnini à Medellin, que nous citons à la note 20.
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Message  gabrielle Sam 04 Avr 2009, 6:13 pm

2° Dans le n° 10, immédiatement après l'affirmation que le prêtre préside l'assemblée, représentant le Christ, l' « Institutio » déclare que la prière eucharistique constitue une « prière présidentielle ». Il se trouve que le même article définit « les prières présidentielles » comme celles « qui sont adressées à Dieu AU NOM DE TOUT LE PEUPLE SAINT ET DE TOUS CEUX QUI SONT PRESENTS » (54). Tout lecteur, d'après ce passage, sera conduit à penser que dans la consécration le prêtre parle principalement au nom du peuple.

A n'en pas douter, certaines parties de la prière eucharistique sont adressées à Dieu au nom du peuple. Mais sa partie principale, la consécration, est prononcée par le prêtre exclusivement au nom de Notre-Seigneur. Il est impossible à un catholique, sur ce point, d'admettre quelque ambiguïté. Ainsi donc, le n° 10 de l' « Institutio » est un des plus blâmables de tout le document (55).

(54) Les majuscules sont de nous.
(55) Malgré les graves censures qu'il mérite, cet article 10 n'a pas été modifié dans le texte de 1970 de 1' « Institutio


Dernière édition par Parce Domine le Dim 05 Avr 2009, 5:25 pm, édité 1 fois
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Message  gabrielle Dim 05 Avr 2009, 5:24 pm

3° Le principe que nous trouvons énoncé au n° 12 est particulièrement étrange :

« LA NATURE des parties « présidentielles » exige qu'elles soient prononcées à haute et intelligible voix, et écoutées par tous avec attention. C'est pourquoi, lorsque le prêtre les prononce, qu'il n'y ait pas d'autres prières ou hymnes, que l'orgue ou tout autre instrument de musique se taise » (56).

Donc, les paroles de la consécration doivent être prononcées elles aussi dans ces conditions — ce qui insinue, une fois de plus, qu'à ce moment le prêtre agit spécifiquement comme le délégué du peuple.

En outre, cet article de l' « Institutio » contient à l'évidence une importante contradiction envers la rubrique de 1' « Ordo » traditionnel selon laquelle le canon n'est pas prononcé « à haute et intelligible voix ». Ce fait mérite une attention particulière, vu l'anathème suivant édicté par le concile de Trente :

« Si quelqu'un dit que le rite de l'Eglise romaine par lequel une partie du canon et les paroles de la consécration sont prononcées à voix basse doit être condamné [...] — qu'il soit anathème » (57).

En déclarant que c'est la nature des parties « présidentielles » (donc de la prière eucharistique et des paroles de la consécration) qui exige qu'elles soient prononcées à haute et intelligible voix, l' « Institutio » pose un principe valable en tout temps, et affirme par conséquent implicitement que le concile de Trente s'est trompé sur ce point (5 8).

(56) Les majuscules sont de nous.
(57) Denz.-Sch. 1759.
(58) Le n° 12 de 1' « Institutio » n'a pas été modifié non plus en 1970.
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Message  gabrielle Lun 13 Avr 2009, 6:46 pm

4° Le n° 271 formule une nouvelle critique de la messe traditionnelle, basée elle aussi sur la notion fausse de fonction « présidentielle » du célébrant :

« Le siège du célébrant doit signifier sa fonction de président de l'assemblée et de guide de la prière. Pour cette raison, sa position la mieux adaptée est face au peuple, au milieu et au fond du sanctuaire [...] ».

Selon l' « Ordo » romain, le prêtre fait normalement face à l'autel, car il est surtout le sacrificateur qui, en place du Verbe Incarné, se présente devant le Père Eternel (59). La modification introduite découle donc de la notion de « présidence » de l' « assemblée », en opposition avec la doctrine traditionnelle.


Nous rencontrons, dans le commentaire de la B.A.C., une confirmation importante du fait que l' « Ordo » de 1969 a introduit une notion nouvelle, qui n'est pas sans rappeler l'idée protestante à propos de la « présidence » de 1' « assemblée » par le célébrant (60) :
« [...], c'est le peuple de Dieu, et non précisément le ministre, qui célèbre [...] » (61).

« L'assemblée est l'œuvre de tous. Tous sont baptisés et participent au sacerdoce unique du Christ. Tous sont remplis de l'Esprit saint » (62).

(59) Remarquons que, selon la pratique traditionnelle de l'Eglise, il n'y a pas d'exclusivisme en cette matière. Dans de nombreux rites, par exemple, la messe est célébrée versus populum. Ce qui rend perplexe, c'est le fait que le nouvel « Ordo » proscrit la messe qui n'est pas célébrée versus populum, comme un moyen moins propre, comme n'exprimant pas de façon appropriée la fonction « présidentielle » du prêtre.

(60) Nous nous référons à l'ouvrage cité, pp. 15-16.
(61) Nuevas normas..., p. 77.
(62) Nuevas normas..., p. 91.
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Message  gabrielle Ven 17 Avr 2009, 6:00 pm

« Tout ce rythme harmonique et structural donne au mystère la possibilité d'être célébré par toute l'assemblée, et non seulement par les clercs ou une partie du peuple. Dans le texte de nombreux articles de l' « Institutio », nous percevons un souffle artistique et un ton de la célébration qui englobe tout le peuple célébrant » (63).

« Quand ceux qui sont baptisés se retrouvent, ils exercent tous leur sacerdoce baptismal. Après des siècles, au cours desquels la seule action des ministres est apparue dans la célébration, nous pouvons remettre les choses à leur vraie place. Le peuple de Dieu est, tout entier, un peuple sacerdotal [...]. Du peuple de Dieu en général surgissent les ministres : depuis les évêques, les prêtres et les diacres, ordonnés pour cela par un sacrement, jusqu'aux acolytes, aux musiciens, aux huissiers, etc. [...], tous doivent collaborer pour un meilleur exercice du sacerdoce commun » (64).

On l'a vu, l' « Institutio » insinue cette notion erronée sur le sacerdoce des fidèles, et la prestigieuse collection de la B.A.C. édite un commentaire de l' « Institutio », dans lequel cette notion est expressément affirmée comme étant celle du document. L'impunité avec laquelle cet ouvrage circule, conduit le fidèle à croire qu'il interprète et développe correctement le texte de l' « Institutio ». L'ample diffusion de ce commentaire, qui en est à sa huitième édition, montre comment une telle conception erronée du sacerdoce s'enracine dans le peuple.

(63) Nuevas normas..., p. 54.
(64) Nuevas normas..., pp. 142-143.
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