Une sainte de la Révolution

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Message  Monique Jeu 01 Juil 2010, 7:57 pm

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Le Psalmiste a chanté l'action de Dieu dans la magnificence des mouvements de la mer et la splendeur des étoiles ; mais l'âme des saints en manifeste plus brillamment encore la force et la beauté. Il la sculpte et l'anime de son souffle avec tant de complaisance que, séduits par l'auguste travail, nous cherchons les doigts mystérieux du divin statuaire. Privés de sa vue, nous saisissons, du moins, son plan ; et la succession ou le choc de circonstances qui déconcerteraient d'abord se justifie et s'éclaire par le résultat qu'elles préparaient.

Ainsi, dans l'histoire de sainte Marie-Madeleine Postel, vicissitudes, contradictions, épreuves furent le décor ou les apprêt d'un ouvrage profond : la sanctification d'une âme.

Julie Postel vint au monde, le 28 novembre 1756, à Barfleur petit port situé sur le versant nord-est du département de la Manche. Celle qui devait vivre nonagénaire faillit mourir en naissant. Dès son jeune âge, ses « réflexions extraordinaires » attestèrent sa vigilance à écouter les ordres du Seigneur, sa promptitude à les exécuter.

« C'est le Bon Dieu qui l'instruit, rassurait-on sa mère, sage Normande, anxieuse de sa piété expansive. Il l'a faite pour lui, va, et non pour toi. » « Mais entendez-la donc! L'autre jour, où il y eut ce terrible orage, qui nous fit peur à tous, elle dansait de joie, parce que, disait-elle, pendant ce temps, les impies n'auront pas blasphémé. »

Vouée si tôt à la direction divine, Julie Postel n'en faussa jamais l'esprit. L'effacement de soi fut, chez elle, si parfait, qu'elle ne cessera de détourner les regards de son rôle, pour indiquer le véritable artisan.


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Message  Monique Ven 02 Juil 2010, 6:36 pm

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L'heure était venue, pour elle, d'entreprendre, de bâtir, et de semer. La mort de ses parents la libère; des querelles ecclésiastiques, dans sa paroisse, troublent sa piété et l'incitent à partir ; des peines familiales l'affligent.

Tandis qu'elle hésite encore, Dieu, qui veut son œuvre, condescend à lui parler. Une de ses élèves, dont elle a contrôlé déjà l'étrange lucidité, lui donne, avant de mourir, des précisions, que visiblement ses lèvres murmurent comme un écho :

« Vous formerez une communauté à travers de grandes tribulations. Durant beaucoup d'années, vos filles seront peu nombreuses, et l'on n'en fera nul cas. Des prêtres vous conduiront dans une abbaye, et vous vous occuperez de la construction d'une église. Vous mourrez dans un âge très avancé et vos religieuses seront alors les plus nombreuses du diocèse. »

Julie Postel coupe alors les liens qui l'attachent à ses frères et soeurs, et s'en va vers la misère et la souffrance.
A Cherbourg, son dessein se dévoile de fonder une congrégation enseignante. Directrice d'école, elle y instruit trois cents élèves. Quelle aube prometteuse de postulantes ! Aussi l'autorité épiscopale l'approuve. Elle lui donne, sur son désir, le nom de Sœur Marie-Madeleine, et permet aux quatre premières recrues de porter un costume religieux, de prononcer leurs vœux. La communauté de la Miséricorde est née. Le bureau de bienfaisance de la ville lui décerne, en 1810, ce pompeux éloge : « Chacune des religieuses peut dire : pauvre moi-même, j'apprends, à l'école de la pauvreté, à soulager les pauvres. »

Trop radieux commencements : par une admirable abnégation, la supérieure cède la place à une communauté locale, revenue d'exil, et s'expose aux déconvenues.

La voici, en d'humbles et pénibles étapes, à Tamerville, à Octeville l'Avenel, à Valognes, et encore à Tamerville. On la voit, avec ses sœurs, dans une ancienne étable. Quelques mois plus tard, à peine installée en un logis moins pauvre, elle y reçoit la visite réitérée de la mort, qui lui ôte, coup sur coup, cinq religieuses.

D'autre part, le maire de Tamerville lui dit sentencieusement : « Point de pain sans farine, madame la Supérieure ! » La sœur économe lui crie, avec une brusque franchise : « Où voulez-vous aboutir sans argent ? » Et quand la prudence de l'aumônier lui présente aussi des objections, elle garantit, d'un ton net qui brise la résistance : « Le Seigneur sait qu'il nous faut un asile. Cherchez bien, et vous trouverez. »

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Message  Monique Sam 03 Juil 2010, 9:58 pm

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Moins de deux ans après, harcelée par l'intrigue, elle est cependant contrainte de reprendre sa lugubre migration.

Elle arrive à Valognes, si misérable d'aspect, que l'imagination populaire attribue à la disette de la communauté le cumul de nouveaux deuils. Ses directeurs spirituels, las de ses fugitifs espoirs, lui refusent désormais leur concours. Une appréhension de secrets précipices accable la sainte. Les religieuses. doivent vivre très parcimonieusement; l'autorité civile les empêche d'ouvrir une classe ; la ruse des événements complote avec la malice ou le découragement des hommes pour tout arrêter, tout détruire.

Mais tandis que la chétive communauté, réfugiée dans une chaumière, parmi les ajoncs, reste taciturne et prostrée, la Mère Postel improvise des strophes, qui célèbrent la grandeur et le charme surnaturel de son indigence. Elle stimule, rabroue, ou console, évoquant, de belle humeur, les transes de sainte Catherine d'Alexandrie, aux prises avec cinquante philosophes. « Eh ! quoi ! Dieu n'est-il pas le maître, et voudriez-vous lui faire un procès ? »

Des pessimistes auront longtemps, néanmoins, prétexte à se lamenter. Quand l'accès d'une école apporte un répit aux chagrins, la famine de 1817 sévit sur la région, et la supérieure, malgré sa gêne, n'hésite pas à tout vendre, pour secourir plus de malheureux.

Bientôt un décret préfectoral, qui exige des institutrices le brevet, arrêterait l'œuvre, si, en dépit de son âge, la fondatrice n'affrontait avec succès l'examen. La mort, enfin, s'acharne à décimer la congrégation, jusqu'à n'épargner que quatre professes. Une épreuve ne desserre son étau que pour le céder à de plus fortes tenailles.

La Mère Postel a soixante ans passés. Que sont devenus ses desseins ? Rien de fixe, ni de rassurant ; rien même encore de probable ! Le sol où elle prétend bâtir continue d'être friable. Outre les avertissements des hommes, cette série ininterrompue de mécomptes, ce nombre dérisoire de sœurs, ne la renseignent-ils pas suffisamment ?

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Message  Monique Lun 05 Juil 2010, 6:41 pm

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Voici la dernière étape. La Mère Postel s'achemine vers Saint-Sauveur-le-Vicomte, petite ville toute parée des charmes et ressources de la campagne normande, et qui, depuis des siècles, capitalise, pour ses habitants, l'aisance et la douceur de vivre. Elle vient essayer d'y établir sa congrégation dans une abbaye bénédictine, ruinée et livrée aux ronces. « Des prêtres l'y ont conduite », car la prophétie de la petite élève de Barfleur ne cesse de se réaliser.

Mais elle n'a pas même l'argent nécessaire aux premiers fonds de l'acquisition, et toutes ses avanies passées lui déconseillent d'entreprendre. Humainement, elle méritait d'être contredite. A quatre-vingts ans, commencer la longue et coûteuse reconstruction d'une vaste abbaye, quand la mort semble l'avoir épargnée par oubli.

A quatre-vingts ans, quand le prix intégral du domaine reste à trouver, et que les admonestations de l'entourage et les entraves accumulées des circonstances semblent, non seulement obstruer sa tentative, mais la déclarer une folie !

Dès les premiers travaux de l'église, le 25 novembre 1842, un cyclone, renforcé d'un orage, renverse ce qui est construit, fend soudain la tour « en deux parties à peu près égales », culbute les piliers, disloque davantage le chœur, ensevelit les chapelles sous les décombres. « Ah ! tout est fini ! » s'exclame l'aumônier, et son chagrin, son découragement immergeaient les spectateurs. Les sœurs, navrées, épouvantées, comparent, en inspectant les lézardes, les illusions déçues de leur supérieure à la chute des feuilles, les soirs mélancoliques d'automne.

Dominant les doléances, elle, cette femme de quatre-vingt-six ans, se contente de murmurer : « Je souffre bien, mon Dieu, mais tout pour vous. Soyez béni. Nous n'en faisions pas assez. Maintenant, nous allons tout réédifier à la fois !... Dieu le veut, j'en suis certaine. »

Durant les mauvais jours de la Révolution, elle avait caché Notre-Seigneur sous l'escalier de granit, dans sa maisonnette de Barfleur, en s'excusant de le traiter ainsi, lui qui avait demandé a ses apôtres un « grand Cénacle », pour célébrer avec eux la dernière Pâque et instituer la Sainte Eucharistie. Elle veut lui en offrir un beau, sans lésinerie, ni délai. Avec une ardeur presque juvénile, elle cherche et découvre des collaborateurs, elle travaille personnellement, elle manie et classe les lourdes pierres.

— Mes filles, travaillez avec courage, pour remettre le Bon Dieu dans sa maison.

La besogne s'élabore au chant des cantiques.
A l'aumônier, qui lui ressasse de congédier les ouvriers, faute de ressources, elle riposte résolument : « Ne les renvoyez pas, monsieur l'abbé, l'argent ne fera pas défaut, jusqu'à ce que l'église soit rebâtie. Vous y célébrerez la messe, et la communauté sera assez nombreuse pour la remplir ». Sa foi en la Providence lui conféra le droit de suggérer à ses filles, en leur assignant un poste :

— Dites-vous : c'est Dieu qui m'envoie. Il est assez bon ouvrier pour faire son ouvrage avec tous les outils.

On aurait cru qu'elle accumulait les obstacles, afin de mieux faire éclater la puissance divine. Pour reconstruire l'église abbatiale, elle ne convoque ni un architecte réputé ni un entrepreneur expert. Son choix se fixe sur un jeune menuisier de vingt-deux ans François Halley, qui n'a encore sculpté que quelques statuette avec son couteau.

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Message  Monique Mar 06 Juil 2010, 7:13 pm

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Sous l'aiguillon irrésistible, le jeune ouvrier se mit à l'œuvre.
Mais elle lui avait déclaré qu'il mourrait, quand il n'aurait plu qu'à parfaire, et cette prophétie se réalisa pendant qu'il achevais de sculpter la chaire, qui, en souvenir de la parole de la sainte demeure comme il l'a laissée.

Elle avait annoncé pareillement que l'abbé Delamare, vicaire général de Coutances, consacrerait l'église, et que la sœur économe, qui lui fut si dévouée, décéderait quelques mois plus tard. Ainsi en advint-il. Mgr Delamare, nouvel évêque de Luçon, procéda à la cérémonie le 28 août 1856, et sœur Marie s'éteignit le 13 mars 1857.

L'oeuvre possède un abri, un temple. Mais quelle est-elle ? Pie XI l'a définie, en 1935, au cours d'une audience, lors de la canonisation : « L'admirable Institut des Sœurs des Écoles chrétiennes de la Miséricorde révèle, par son titre même, tout un programme d'exquise charité, car l'ignorance est la cause de maux et d'apostasies nombreuses. C'est pourquoi la miséricorde, qui se manifeste par le moyen de l'école chrétienne, étant plus apte à porter remède à la misère la plus nuisible, est vraiment la plus précieuse et la plus nécessaire. »

Cette approbation souveraine eût réconforté la fondatrice, à l'heure où elle organisait difficilement ses premières maisons. Au moins avait-elle pénétré cette doctrine, aperçu ce bienfait. La Révolution lui avait souvent montré que l'irréligion, en dépouillant le peuple d'espérance, attise ses convoitises et ses colères. Aussi, pour enraciner dans le cœur des enfants la science de Dieu, s'occupa-t-elle de créer des écoles, des orphelinats, des patronages, et d'orienter sa congrégation vers un double but : l'enseignement et la charité.

Elle s'inquiétait, non seulement d'instruire ses élèves, mais de discipliner leurs âmes, de les orner, et de les orienter vers Dieu. Empêchée parfois de tenir la classe, la supérieure se réservait toujours de leur expliquer le catéchisme, et, les samedis et veilles de fêtes, de les préparer à la réception des sacrements.

Aux parents, elle s'adressait aussi avec tant d'aisance et d'onction qu'ils disaient, en s'en allant : « Elle parle comme un prêtre !»

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Message  ROBERT. Mar 06 Juil 2010, 8:19 pm

.

Quelle belle histoire que celle de Sainte Marie-Madeleine Postel…

Elle fut la fondatrice de la Communauté de la Miséricorde.

Vous souvenez-vous de la Miséricorde, maison pour recueillir les enfants abandonnés, et qui était située blvd. Dorchester, angle Saint-Hubert, si je me souviens bien. ? Pensez-vous que des Sœurs de cette Communauté y étaient ?


Pie XI (…) en 1935, au cours d'une audience, lors de la canonisation : « L'admirable Institut des Sœurs des Écoles chrétiennes de la Miséricorde révèle, par son titre même, tout un programme d'exquise charité, car l'ignorance est la cause de maux et d'apostasies nombreuses …


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Message  Monique Mar 06 Juil 2010, 8:52 pm

Oui, je me souviens de cette maison de la Miséricorde.

Pensez-vous que des Sœurs de cette Communauté y étaient ?
Sans en être sûr, je penserais que oui !
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Message  ROBERT. Mar 06 Juil 2010, 10:20 pm

Monique a écrit:Oui, je me souviens de cette maison de la Miséricorde.

Pensez-vous que des Sœurs de cette Communauté y étaient ?
Sans en être sûr, je penserais que oui !

Merci.
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Message  Monique Mer 07 Juil 2010, 7:45 pm

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Toute occasion lui servait à consolider la foi, détruire des objections, conseiller la pratique de la vertu. A Valognes, pendant que des ouvriers cassaient du bois, elle n'hésitait point à leur parler de Dieu et de l'Église avec simplicité et gentillesse.
Consciente de la répercussion de tels apostolats, elle assignait à « chaque sœur institutrice de sauver mille âmes ; un tiers parmi ses élèves, et les deux autres par l'influence des enfants pieux sur leurs parents ».

Les assises de son œuvre morale ne furent pas moins ébranlées que l'œuvre matérielle. Jamais la Mère Postel ne connut les douceurs de la prospérité.

Depuis trente ans, la congrégation bénéficiait d'une règle et d'une méthode consacrées par l'expérience, témoins les ferventes religieuses qu'elle avait formées. L'âge avancé de la supérieure lui interdisait, en outre, de compromettre, par des modifications, la stabilité de son Institut.

Or, brusquement, le délégué de l'évêque, M. Delamare, en qui elle avait juste confiance, lui demande de substituer aux constitutions primitives celles de saint Jean-Baptiste de la Salle. Requête capable d'éveiller en elle trouble ou révolte !

— Voilà, propose-t-elle simplement, ce que j'ai écrit. Mais il m'a été dit que je recevrais une règle approuvée par l'Église. Puisque vous m'assurez que c'est la pensée de Dieu, je m'incline.

Dieu la récompensera de sa docilité, soit par les trente-sept établissements dont, avant sa mort, elle constatera l'action bienfaisante, soit par les maisons nombreuses de France et d'Italie, d'Angleterre, de Hollande et d'Allemagne, qui vivent aujourd'hui de son esprit surnaturel et qui s'entraînent à reproduire ses vertus. Selon le mot de Dante, « la petite étincelle a été suivie d'une grande flamme ».

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Message  Monique Jeu 08 Juil 2010, 7:21 pm

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MAITRESSE de sa pensée jusqu'au terme, la Mère Postel put montrer à ses filles ce qu'est la joie surnaturelle de mourir.

Après avoir prédit tant d'événements, survenus ensuite, elle trépassa doucement, ainsi qu'elle l'avait annoncé, en une fête de la Sainte Vierge, le 16 juillet 1846, jour de Notre-Dame du Mont-Carmel. La veille, quoique exténuée, elle avait voulu, héroïquement, se traîner à l'église, afin d'y entendre la messe et de communier.

Les dernières bribes de ses forces furent consacrées à sa récitation quotidienne du bréviaire et à la bénédiction de la communauté. Tandis que, recueillie et confiante, elle attendait d'être introduite, l'ombre auguste de la mort voila progressivement son visage.

Comme trois heures sonnaient, le chapelain l'aida à rapprocher de ses lèvres le crucifix. Alors, se redressant, elle prononça d'une voix distincte, la parole même du Christ : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains », et elle s'endormit dans ce baiser du Seigneur.

Ses filles, réprimant leur vœu de posséder, comme une insigne relique, le crucifix, son compagnon de soixante ans de vie religieuse, n'osèrent l'ôter de ses mains qui l'étreignaient encore. N'avait-elle pas mérité de descendre avec lui dans la tombe, jusqu'au jour où ses ossements sacrés reverraient, sur l'ordre de l'Église, la lumière, pour leur exaltation?
FIN


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