Révélations privées

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Eric
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Lucie
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Message  Lucie Mer 24 Mar 2010, 6:44 pm

Pour éviter de se tromper en la matière.

Père Toulemont :

Le texte suivant du Révérend Père est tiré de La Vie et les Oeuvres de Marie Lataste, publiées par M. l'Abbé Pascal Darbins, Troisième Edition, avec l'Approbation de Mgr l'Evêque d'Aire :

LES REVELATIONS PRIVES. PRINCIPES ET NOTIONS SOMMAIRES.

I.

Dans l'ordre de la grâce, comme dans l'ordre de la nature, il est vrai de dire que Dieu a tout fait avec nombre, poids, et mesure. En un sens très réel et très exact, l'on peut affirmer que le monde surnaturel est régi, lui aussi, par des lois générales et constantes. Au sein de cette économie divine, pas de mobilité capricieuse, pas d'arbitraire, pas d'irrégularités ni de dissonances choquantes ; mais toujours la sagesse, l'unité, l'harmonie ; une harmonie qui, pour être plus variée, plus souple, en quelque sorte, que celle du monde physique, n'en est que plus belle, plus excellente et plus parfaite.

Voyez, par exemple, comment se conserve et se distribue dans l'Église la vérité révélée. Jésus-Christ par lui-même et par son Église dépose sa révélation entre les mains du corps apostolique pour la transmettre intégralement au corps des pasteurs qui doivent lui succéder. Dès lors, voilà cette divine révélation fixée, arrêtée une fois pour toutes. Elle subira bien une certaine évolution par suite de l'œuvre d'élaboration successive des intelligences ; l'humanité se l'assimilera d'une manière plus complète, elle en acquerra à travers les âges une conscience plus distincte, une conception plus explicite et plus scientifique ; mais le céleste dépôt ne souffrira aucune altération ni aucun développement essentiel ; le dogme reste et restera substantiellement identique dans sa divine immobilité : Veritas Domini manet in aeternum. Pareillement, les voies normales établies par Jésus-Christ pour la transmission de sa doctrine demeureront à jamais immuables : toujours il faudra que les âmes s'adressent pour la recevoir à l'autorité que l'Homme-Dieu a fondée, autorité dont la plénitude réside dans le chef de l'Église et par lui se communique sans se diviser à tous les rangs de la hiérarchie, à tous les degrés du sacerdoce. Ainsi se trouve réalisée au sein de l'Église l'unité de l'enseignement et de la foi ; ainsi la divine vérité se transmet "des supérieurs aux inférieurs", comme parle saint Thomas (1), et toujours par des moyens extérieurs, humains, sociaux ; en sorte que tous les anneaux, pour ainsi dire, de l'humanité catholique se trouvent rattachés et reliés les uns aux autres par une loi de dépendance mutuelle, semblable à celle qui fait mouvoir ensemble toutes les sphères célestes.

Toutefois, Celui qui a établi cet ordre admirable se réserve, quand il lui plaît, d'y déroger partiellement. Il ne faut pas l'oublier, en effet, si Dieu a placé l'Église extérieure et visible comme intermédiaire entre les hommes et lui, il a gardé aussi ses communications directes, immédiates et personnelles avec les âmes. Et même, à bien considérer les choses, la société visible des hommes entre eux n'est qu'une condition un mode d'initiation pour établir précisément cette société intime et ineffable des âmes avec Dieu. Là est, en effet, la vie propre de l'Église, son élément surnaturel et divin ; le reste est comme l'écorce, le revêtement et l'enveloppe corporelle.

Or, bien qu'en ces relations intimes mystérieuses, Dieu suive encore habituellement une manière d'agir régulière _ c'est ce qu'on appelle le cours ordinaire de la Providence ; _ néanmoins, toujours maître de ses dons, il les répartit selon sa sagesse, et parfois dans une mesure qui devient tout exceptionnelle et proprement miraculeuse. C'est ainsi, par exemple, qu'il éclaire certaines âmes d'une façon merveilleuse, en les initiant à ses secrets réservés, en leur dévoilant le secret caché de ses mystères _ tout cela par lui-même ou par ses anges, sans se servir du ministère des hommes, ni de son Église, si ce n'est toutefois pour surveiller, contrôler et vérifier au besoin ces divines communications, de peur qu'il ne vienne à s'y mêler quelque alliage d'erreur ou d'illusion. Notons en passant que par là, ces dérogations miraculeuses, tout comme les missions extraordinaires quelles qu'elles soient, se rattachent et se subordonnent d'une certaine façon à l'ensemble des lois générales ; car le mot que nous répétons si souvent : l'exception confirme la règle, ne trouve nulle part une application plus haute et plus éclatante que dans l'harmonie providentiel.

Les illuminations privilégiées dont nous venons de parler constituent ce que nous nommons révélations particulières ou privées pour les distinguer de la grande révélation universelle qui se transmet par l'organe de l'Église enseignante. Celle-là, au contraire, sont purement exceptionnelles et surérogatoires, elles n'ont qu'un caractère relatif et officieux, et, en aucun cas, elles ne peuvent devenir la règle de la foi catholique.

Qu'il y ait eu fréquemment dans l'Église des révélations de cette sorte, rien n'est plus certain. Il semblerait même, à première vue, qu'aux temps apostoliques, l'exception se soit presque confondue avec la règle et le privilège avec le droit commun. Nous voyons, en effet, les premiers fidèles recevoir le don de prophétie, le don des langues et d'autres semblables, comme un effet ordinaire des sacrements de baptême et de confirmation. C'est que l'on était alors à la période de formation. Il fallait, selon la comparaison de saint Augustin, il fallait qu'à la divine plante tendre et délicate encore, le céleste jardinier prodiguât les arrosements, en attendant que, grandie et fortifiée, elle pût se contenter de la pluie du ciel.

L'effusion des dons extraordinaires devint donc peu à peu moins fréquente, mais sans jamais cesser entièrement. Au second siècle, saint Irénée atteste qu'il existait de son temps des personnes favorisées de visions célestes. Saint Justin rend le même témoignage, et il considérait la vérité de ces grâces miraculeuses comme étant tellement constante et certaine qu'il ne craignait pas de les opposer aux païens comme une preuve de la divinité du christianisme. Origène à son tour assure de la manière la plus expresse, dans son livre contre Celse, que plusieurs s'étaient fait chrétiens, éclairés par des visions divines, sur la foi desquelles ils couraient d'eux-mêmes au martyre.

Un grand nombre de saints Pères, tels que saint Cyprien, saint Ambroise, saint Augustin, constatent aussi en termes non moins exprès, et parfois d'après leur expérience personnelle, l'existence des révélations privées (2).

Du reste, toutes les histoires ecclésiastiques nous offrent à cet égard les témoignages les plus irréfragables. Il n'est presque point de saint dont on ne raconte qu'il a reçu, à quelque degré et dans une certaine mesure, des visions ou des révélations du ciel. Qu'on veuille bien se rappeler les Actes des martyrs, notamment ceux de sainte Perpétue, ou encore la vie si extraordinaire des Pères du désert, ainsi que la vie des grands fondateurs d'ordre et de tant d'autres.

Mais une chose très digne de remarque, c'est que les révélations privées les plus nombreuses et celles qui justifient le mieux ce nom ont été plus fréquemment accordées à des femmes qu'à des hommes En quoi il ne faudrait point voir une dérogation à la parole de saint Paul qui défend aux femmes d'enseigner dans l'Église ; car cette défense confirmée et expliquée par la tradition tout entière ne doit s'entendre que d'un enseignement public et revêtu d'un caractère d'autorité officielle. Quant à l'enseignement privé officieux, la divine Providence, bien loin d'en exclure les femmes, semble au contraire le leur avoir confié d'une manière spéciale. N'est-ce pas des lèvres vénérées de nos mères que nous avons tous reçu les premiers germes de la foi ? N'est-ce pas le zèle de quelques pieuses princesses, parfois de simples esclaves chrétiennes, qui a servi d'instruments à la conversion de plusieurs peuples entiers ? Les révélations privées, nous l'avons déjà fait remarquer, n'appartiennent nullement au ministère doctrinal de l'Église. Rien donc ne s'oppose à ce que des femmes soient admises à la participation de ces grâces extraordinaires. Plusieurs théologiens même ont expliqué par des raisons de convenance comment un tel privilège pouvait leur être communiqué d'une manière plus abondante et comme de préférence.

Quelles que soient d'ailleurs les explications ou les raisons du fait que nous constatons, sa réalité ne saurait être révoquée en doute. Il suffit de nommer sainte Hildegarde, sainte Gertrude, sainte Brigitte, sainte Catherine de Sienne, sainte Françoise Romaine, sainte Catherine de Bologne, sainte Thérèse, sainte Rose de Lima, sainte Madeleine de Pazzi, sainte Catherine de Ricci et la bienheureuse Marguerite-Marie ; sans parler de beaucoup d'autres plus récentes dont les révélations, bien que moins assurées et moins autorisées, présentent pourtant, quant à leur ensemble, des signes non équivoques d'une origine divine.

Nous pouvons donc affirmer qu'il a existé depuis les premiers siècles une série non interrompue de révélations privées. Tous les théologiens catholiques sont unanimes sur ce point. Il y a plus, les mêmes auteurs, voyant ces communications divines se renouveler à toutes les époques, ont conclu sans hésiter qu'elles devaient aussi se reproduire plus ou moins fréquemment au temps où ils vivaient. A notre tour, il nous est permis d'appliquer la même conclusion à l'époque actuelle ; car le bras de Dieu n'est jamais raccourci. Mille faits authentiques constatés dans tous les procès de béatification, après avoir passé au crible de la critique la plus sévère qui soit au monde, celle de la Congrégation des Rites, prouvent surabondamment que les miracles se renouvellent tous les jours. Or, la source des révélations particulières ne saurait être plus épuisée que celle des autres grâces extraordinaires que Dieu a promises à son Église. Ce serait donc incontestablement un acte téméraire, un excès très blâmable que de nier absolument, de rejeter en bloc et de parti pris toutes les communications surnaturelles de ce genre qui auraient eu lieu dans ces derniers temps. Une telle disposition dénoterait des tendances rationalistes, à coup sûr fort éloignées du véritable esprit du christianisme.

(NDR : Mystici Corporis, S. S. Pie XII :

Mais il ne faudrait nullement s'imaginer que cette structure bien ordonnée ou, comme on dit, « organique », du corps de l'Église, s'achève et se circonscrive dans les seuls degrés de la hiérarchie ; ou, comme le veut une opinion opposée, qu'elle soit formée uniquement

29 juin 1896. Cf. A. S. S., 28, p. 710.

des « charismatiques », ces hommes doués de dons merveilleux dont par ailleurs la présence ne fera jamais défaut dans l'Église. Sans doute, il faut absolument maintenir que ceux qui dans ce corps sont en possession des pouvoirs sacrés, en constituent les membres premiers et principaux, car c'est par eux que se perpétuent, selon le mandat du divin Rédempteur, les fonctions du Christ, docteur, roi et prêtre.

http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/bx2.htm#cm )

II.

Mais hâtons-nous de le dire, s'il est indubitable qu'il existe des révélations privées qui viennent vraiment de Dieu, il n'est pas moins certain qu'il y en beaucoup d'autres qui sont purement humaines ou diaboliques. Tout le monde connaît cette longue histoire des mensonges ou des illusions données comme inspirations surnaturelles depuis les apocalypses ou les évangiles apocryphes jusqu'aux jongleries des Mormons ou des spirites contemporains, en passant à travers les innombrables sectes d'illuminés, de visionnaires, de faux mystiques, de prétendus extatiques, qu'on a vu pulluler dans tous les siècles : les Montan et les Priscille, les Palamites ou les moines du mont Athos, les Béguards et les Béguines, pour ne citer que quelques exemples entre mille. En ceci comme en presque toutes les choses où se mêlent l'humanité, les erreurs, les contrefaçons, les abus de tous genres, le mal sous toutes ses formes, sont venus se dresser à côté de la vérité et du bien. Faut-il le dire ? Chez les âmes même qui font profession de pratiquer la plus haute vertu, il n'est point rare de rencontrer les plus déplorables illusions en matière de communications surnaturelles, et saint Alphonse de Liguori n'a pas craint de dire que les révélations fausses sont beaucoup plus communes que les véritables.(3)

Voilà pourquoi l'apôtre Jean, témoin des abus ou des désordres que les fausses révélations suscitaient de son temps dans l'Église, écrivait aux fidèles : "Gardez-vous de croire à tout esprit ; mais examinez si les esprits sont de Dieu, car beaucoup de prophètes menteurs ont fait entrée dans le monde. (Joan., IV, 1)." Saint Paul adressait la même recommandation aux Thessaloniciens, car après avoir dit : "Ne méprisez point les prophéties", il ajoute immédiatement : "Examinez soigneusement toutes choses et n'admettez que ce qui est bon. (Thess., V, XX, 21.)" ; par où il donne clairement à entendre que tout ce qui tient aux dons extraordinaires doit être l'objet d'un discernement sévère.

Mais comment discerner le vrai du faux, ce qui est l'oeuvre de Dieu de ce qui ne l'est point ? C'est là une question singulièrement épineuse, sinon dans les généralités de la théorie, du moins dans les applications particulières de la pratique. Essayons pourtant de l'éclaircir autant qu'il est possible, en réduisant à leurs termes les plus simples les règles données par les théologiens et les maîtres de la vie spirituelle. (4)

En premier lieu, l'on doit tenir pour absolument fausses toutes les prétendues révélations qui sont en contradiction avec la foi, celles qui blessent la morale ou qui présentent tout autre caractère excluant manifestement l'intervention divine. _ En conséquence, il est superflu de procéder à un examen ultérieur, une fois qu'on a clairement reconnu des choses contraires aux saintes Ecritures, aux vérités définies par l'Eglise, à l'enseignement unanime des saints Pères et des docteurs. Il faut également répudier comme de pures fictions tout ce qui tendrait à prêter à Dieu des actes ou des desseins ridicules et indignes de sa souveraine sagesse. Aucun doute non plus n'est possible sur les révélations, lorsqu'elles suggèrent ou commandent la violation des lois naturelles ou divines, quand elles renferment quelque chose d'indécent et surtout de charnel, quand enfin elles produisent la présomption, l'orgueil ou bien un certain trouble qui énerve l'âme, la dégoûte et la jette dans le relâchement. Tous ces signes sont infaillibles, et chaque fois qu'on a découvert un seul d'entre eux, on peut dire à coup sûr : la main de Dieu n'est pas là ! A peine est-il besoin d'ajouter qu'il n'y a aucun compte à tenir des révélations particulières qui auraient eu pour organes des personnes impatientes, bavardes, menteuses ou entêtées dans leurs jugements : ce sont précisément là les traits caractéristiques auxquels se reconnaît l'imposture.

En second lieu, l'on doit regarder comme plus ou moins douteuses et suspectes les révélations qui renferment des assertions nouvelles, singulières, et celles qui ont pour objet des choses curieuses ou inutiles, et enfin celles qui sont faites à des personnes dont la vie, le caractère et les dispositions n'offrent que de médiocres garanties. _ Nous appelons ici nouveau et singulier tout ce qui n'a aucun fondement, soit dans l'Ecriture, soit dans la tradition, et qui s'éloigne du sentiment communément reçu parmi les Pères et les théologiens. L'on peut en dire autant de toute assertion qui donnerait comme révélées certaines opinions controversées, telles que la question de savoir si le Verbe se serait incarné dans l'hypothèse où Adam n'eût point péché. Or, quoiqu'en aient dit certains auteurs(5), les révélations privées ne sauraient être absolument rejetées par le seul fait qu'elles contiennent des propositions de cette nature. Ne serait-ce pas resserrer arbitrairement le cercle de l'intervention divine que de vouloir lui faire connaître, par une disposition spéciale, la solution de telle ou telle question jusqu'ici librement débattue ? Et qu'est-ce qui s'oppose aussi à ce que le Sauveur des hommes manifeste à quelques âmes, sur ce qui concerne sa vie ou celle de la Sainte Vierge, certains détails, certaines circonstances propres à exciter la piété ; ou bien d'autres choses encore restées entièrement inconnues aux saints Pères et aux docteurs, ou même contraire à leur sentiment commun ? Car enfin, l'opinion commune _ je ne dis pas unanime _ n'est pas pour cela certaine ; et parfois même, l'on peut trouver à l'encontre de graves et imposantes raisons. Nous le répétons donc, il ne faudrait pas rejeter unanimement et exclusivement de ce chef telles ou telles révélations particulières. Disons toutefois, avec Benoît XIV, qu'il y a lieu de craindre qu'elles ne soient pas pures de tout mélange. L'âme qui croit les avoir reçues du ciel peut bien n'avoir fait autre chose que combiner et transformer des souvenirs ou des opinions préconçues, forger des conjectures et des raisonnements plus ou moins vraisemblables. Le mieux donc, en pareil cas, c'est de réserver son jugement, de douter, à moins que les motifs de suspicion ne soient abondamment compensés par des motifs contraires d'un poids tout exceptionnel.

Quant aux révélations qui sembleraient avoir pour but de satisfaire la curiosité, il est évident qu'elles sont plus suspectes encore. On ne devrait même pas hésiter à les tenir pour de pures inventions, s'il était démontré qu'elles n'ont aucune utilité réelle, car ce serait faire injure à Dieu que de lui attribuer un acte quelconque qui n'aurait point sa raison suffisante, comme parle la philosophie. Cependant, il y a en ceci un péril à éviter. Les conseils et les voies de Dieu ne sauraient se mesurer à nos conceptions si bornées. Telles révélations pourraient fort bien nous paraître inutiles, sans but sérieux, et pourtant avoir leur raison d'être dans les secrets impénétrables de la politique du ciel, pour employer un mot de Bossuet. Voilà pourquoi Benoît XVI n'a garde de condamner du premier coup les révélations qui semblent inutiles et simplement curieuses. Il pense seulement que ce caractère les rend douteuses, suspectes, et qu'on doit procéder avec beaucoup plus de discrétion avant de se prononcer sur elles. Ce sentiment si judicieux et si sensé nous semble être la seule règle qu'on puisse fixer ici d'une manière générale.

Du côté des personnes mêmes qui se donnent comme favorisées de révélations, il existe des motifs de suspicion plus ou moins graves, quand ces personnes sont encore novices dans la vie spirituelle ; quand elles n'éprouvent aucune impulsion intérieure vers la mortification ; quand elles ont de l'éloignement pour les voies communes, avec une certaine curiosité qui les porte à désirer des communications extraordinaires, si surtout elles aiment ensuite à les divulguer. Notons que ces dernières dispositions deviennent même quelquefois des indices certains d'hallucinations ou de mensonge.

Pareillement, tous les hommes prudents se défieront beaucoup des personnes d'un tempérament morbide et anormal, comme aussi de celles qui ont l'imagination très vive et la sensibilité très développée. Il est certain que l'imagination a joué le principal rôle dans les illusions des visionnaires et des illuminés les plus célèbres. L'expérience, d'ailleurs, fait bien voir tous les jours les effets, parfois très étranges, que produit cette capricieuse faculté. C'est en grande partie pour cette raison que les auteurs s'accordent à regarder les visions ou les révélations des femmes comme étant généralement fausses ou très suspectes.(6) En cela, il ne contredisent en rien le fait que nous signalions plus haut, à savoir que les révélations vraiment surnaturelles ont été accordées plus souvent aux femmes qu'aux hommes ; mais ils constatent un autre fait moins indubitable c'est que les femmes sont aussi beaucoup plus sujettes aux erreurs et aux illusions en pareille matière. L'histoire mystique l'atteste par d'innombrables exemples, qui sont plus que suffisants pour commander la plus grande défiance à l'égard de ces personnes, toutes les fois qu'elles n'offrent pas d'ailleurs les garanties les plus certaines.

En troisième lieu, pour reconnaître la vérité des révélations privées, on ne peut généralement se fier à aucun signe pris isolément ; mais l'on doit considérer attentivement toutes les circonstances qui regardent la personne, la manière dont les révélations se sont faites et les effets qui les ont suivies.

Voici comment le cardinal Bona procède à cet égard(7). On peut, selon lui, prendre pour types et modèles les révélations de sainte Thérèse, lesquelles, en effet, sont revêtues d'une autorité toute spéciale, au jugement des homme les plus accrédités(8). Or, continue le docte cardinal, quels sont les signes principaux qui nous rendent certains de l'origine surnaturelle des visions et des révélations reçues par cette sainte ? "Elle craignait toujours les illusions du démon, et pour cela elle ne demanda ni ne désira jamais avoir des visions, mais plutôt elle priait Dieu de la conduire par la voie ordinaire, ne désirant qu'une seule chose, c'est-à-dire que la volonté divine s'accomplît en elle. _ Comme le démon a coutume de suggérer le silence et le secret aux âmes qu'il veut tromper, sainte Thérèse était souvent invitée par l'esprit qui lui parlait à s'ouvrir à des hommes doctes, et elle se soumit, en effet, à l'examen des personnages illustres qui se distinguaient alors en Espagne par leur renom de science et de sainteté, tels que saint Pierre d'Alcantara, saint François de Borgia, Jean d'Avila, Balthasar Alvarez, Dominique Bannès et autres. _ Elle obéissait très exactement à ses directeurs et, à la suite de ses visions, elle avançait dans la charité et l'humilité. _ Elle recherchait de préférence les personnes qui lui témoignaient le moins de confiance, et elle aimait davantage ceux dont elle avait à souffrir des persécutions. _ Son âme éprouvait une très grande tranquillité et un contentement extrême; son zèle pour le salut des âmes était très vif, ses pensées très pures, sa candeur très grande et on désir de la perfection très ardent. _ Si elle avait des imperfections, des défauts, elle en était toujours réprimandée par celui qui lui parlait intérieurement. _ il lui fut dit que toutes les choses justes qu'elles demanderaient à Dieu lui seraient indubitablement accordées, et, de fait, ayant souvent demandé, elle fut toujours exaucée. _ Toutes les personnes qui se trouvaient en relation avec elle étaient excitées par son commerce à la modestie, à la piété et à l'amour de Dieu ; à moins que leurs mauvaises dispositions n'y fussent un obstacle. _ Ses visions avaient ordinairement lieu après une oraison longue et fervente, ou après la sainte communion, et elles produisaient dans son âme un très ardent désir de souffrir pour Dieu. _ Elle châtiait son corps par des jeûnes, des flagellations, des cilices, et se réjouissait au milieu des tribulations, des murmures et des maladies. _ Elle affectionnait la solitude, fuyant le commerce des hommes et se détachant absolument de toute affection aux choses terrestres. _ Elle affectionnait la solitude, fuyant le commerce des hommes et se détachant absolument de toute affection aux choses terrestres. _ Elle conservait la même attitude et la même tranquillité d'âme dans la prospérité comme dans l'adversité. _ Enfin les hommes doctes n'ont jamais rien observé dans ses révélations ou dans leurs circonstances qui s'éloignât des règles de la foi ou de la perfection chrétienne, ou qui fût répréhensible de quelque manière."

Après avoir énuméré tous ces signes, le cardinal Bona conclut en ces termes : "Toutes les fois que de semblables conditions sont réunies dans une personne, l'on ne peut douter que ces révélations soient de Dieu." C'est qu'en effet cet ensemble de règles est tellement combiné qu'il exclut jusqu'à la possibilité d'une illusion et d'une erreur, je veux dire une illusion grave et d'une erreur de quelque importance. S'il en était autrement, il semblerait que la divine Providence aurait failli à ses promesses. Quand surtout il est bien constant que les révélations sont précédées, accompagnées et suivies des sentiments d'une humilité vraie, d'une humilité à l'épreuve, le doute n'a plus de fondement raisonnable. L'humilité, disent les meilleurs auteurs(9), c'est la marque la plus sûre, la pierre de touche par excellence, pour discerner toutes les opérations divines : mouvements intérieurs, miracles, révélations, visions, extases ou ravissements.

Saint Jean Chrysostôme nous fournit encore un autre principe très important pour vérifier les révélations privées quand il dit : "Toutes les fois qu'il s'accomplit une chose au-dessus de la nature et bien au-dessus de la nature, de telle façon qu'elle soit distinguée par sa convenance et son utilité, il est clair qu'elle se fait par une force et une vertu divines.(10)" Ainsi, par exemple, lorsqu'une personne découvre des mystères et des secrets qui n'ont évidemment aucune proportion avec sa science acquise et sa portée d'esprit, il est certain d'abord que ces connaissances n'ont pu lui venir que du démon ou de Dieu. De plus, il est également certain qu'elles ne viennent point du démon, si, dans leur objet, leurs circonstances et leurs effets, elles ne renferment rien qui ne soit vrai, irrépréhensible, plein d'édification, propre à procurer la gloire de Dieu et le bien des âmes.

Cette preuve a une valeur incontestable, parfois même décisive. Remarquons cependant que l'esprit du mal voulant perdre plus sûrement une âme commence souvent par lui suggérer les choses les plus belles et les plus saintes. On se tromperait donc grossièrement si l'on attribuait toujours à Dieu toutes les pieuses révélations prises isolément et sans égard aux autres signes. C'est pour cela que nous avons dit qu'on ne doit se fier à aucun signe en particulier.

L'on aurait tort également d'accorder une valeur absolue à telles ou telles circonstances merveilleuses qui ont pu accompagner les révélations que l'on veut juger, comme des extases avec élévation du corps au-dessus du sol, manifestations de certains secrets, prédictions accomplies, visions sublimes(11), mouvements de ferveur extraordinaire, desseins et résolutions héroïques. Rigoureusement parlant, ces choses peuvent être l'oeuvre du démon, et quelques-unes même pourraient n'être que des phénomènes naturels.

Enfin, il importe souverainement de remarquer ceci, si sainte, si humble et si expérimentée que soit une personne, l'on ne saurait jamais conclure à coup sûr que parmi ses révélations les plus certaines, les plus indiscutables quant à leur substance et leur ensemble, il ne s'est point glissé, dans les détails, une part plus ou moins considérable d'invention personnelle. Ce principe capital exige quelques développements. Toute la question de l'autorité des révélations privées est là.

III.

Bien qu'il soit très difficile de comprendre, et plus encore d'expliquer ce qui se passe dans les extases, les visions et les révélations divines, une chose est cependant certaine, c'est qu'en accordant à une âme ces faveurs extraordinaires, Dieu ne lui communique pas pour cela le don d'infaillibilité, ni cette assistance spéciale, qui sont le privilège des auteurs inspirés ou de l'Eglise enseignante. d'ordinaire, et à part peut-être certains intervalles plus ou moins courts, l'âme élevée à l'état surnaturel le plus sublime conserve jusqu'à un certain point l'usage de sa liberté, de son imagination et de sa faculté de raisonner. Dès lors, il n'est point douteux qu'elle ne puisse, même à son insu, mêler à l'opération divine quelques effets émanant exclusivement de son autorité propre, et par conséquent modifier et transformer à un certain degré la nature même de cette opération.

D'ailleurs, il n'y a pas seulement à considérer le moment précis où Dieu se communique à l'âme, il faut aussi avoir en vue le temps qui vient immédiatement après. L'âme alors se sent encore toute échauffée, et comme frémissante et vibrante par suite du contact reçu. C'est surtout en cette période de transition que les illusions sont à craindre, car, selon la pensée de saint Ignace dans ses admirables règles de discernement des esprits, il arrive assez fréquemment que, soit habitude ou raisonnement, ou jugement propre, soit impulsion du bon ou du mauvais esprit, l'âme éprouve des sentiments, forme des délibérations qui n'émanent point de Dieu directement et qui exigent une discussion très exacte avant qu'on y puisse donner son assentiment(12).

De plus, il faut noter que les personnes qui ont reçu des communications divines sont exposées à de nouvelles erreurs lorsqu'elles les racontent de vive voix ou par écrit. Tantôt ce sont les termes qui leur font défaut pour exprimer exactement leur pensée(13) ; tantôt ce sont leurs souvenirs qui ont perdu leur fidélité. Supposons en effet, qu'un temps plus ou moins considérable se soit écoulé depuis que les révélations ont eu lieu : on conçoit sans peine que dans cet intervalle les différentes facultés aient pu modifier en quelque manière les notions ou les impressions reçues, en les amoindrissant, et surtout en y ajoutant des circonstances étrangères.

On le voit, les erreurs, les inexactitudes, les illusions peuvent se glisser de différentes façons dans les révélations priées. Dieu le permet ainsi pour l'instruction des âmes qu'il a favorisé de ces grâces privilégiées. il veut leur apprendre à se tenir toujours sur leurs gardes afin d'éviter l'orgueil et la présomption. Il veut aussi enseigner à tous les chrétiens qui seraient peut-être tentés de se fier outre mesure à ces manifestations extraordinaires, que son Eglise seule demeure l'organe authentique de sa parole, l'interprète infaillible de sa loi et le guide toujours assuré de nos consciences.

En fait, quand on examine de près les révélations de plusieurs saints personnages, de ceux même que l'Eglise a placés sur les autels, on y trouve bien des choses pour le moins douteuses et quelquefois très fausses. Il n'est pas rare, en effet, que ces révélations soient en contradiction les unes avec les autres, et qu'elles renferment des prophéties non accomplies(14) ou divers signes d'hallucination. Le vaillant bollandiste Papebroch, après avoir discuté certaines révélations du bienheureux Herman-Joseph, n'a pas hésité à dire catégoriquement : "Je souffrirai tout ce qu'on voudra plutôt que d'admettre de telles choses comme des communications célestes. " Les Bollandistes rejettent pareillement beaucoup d'autres révélations, entre autres celles de sainte Elisabeth de Shönau sur le martyre de sainte Ursule et de ses compagnes(15). Plusieurs savants critiques ont également soulevé de graves objections contre telles ou telles révélations que l'Eglise a jusqu'à un certain point approuvées, comme celles de sainte Hildegarde, de sainte Brigitte et de sainte Catherine de Sienne(16).

Et qu'on ne dise pas qu'émettre un doute ou un dissentiment en pareil cas, c'est manquer de respect à la mémoire de ces âmes saintes. Le respect demeure parfaitement intact tant qu'on ne témoigne aucun sentiment de mépris et qu'on n'exprime point son opinion témérairement et sans quelque motif raisonnable. Dans ces limites, l'Eglise nous laisse toujours une grande liberté d'appréciation au sujet des révélations privées. "Peu lui importe, dit Melchior Cano, que l'on croie ou que l'on ne croie pas aux visions de sainte Brigitte ou aux autres : ces choses ne se rapportent nullement à la foi(17)."

Il est vrai que la personne même à laquelle ces révélations sont communiquées par le ciel peut et doit y croire d'une foi surnaturelle, pourvu qu'elle ait, non pas une simple probabilité, mais une vraie certitude de leur origine divine(18). Mais quant aux autres fidèles, il est certain qu'ils ne sont nullement obligés d'y donner leur adhésion. En approuvant spécialement quelques révélations, l'Eglise 'entend en aucune sorte les imposer à notre croyance. Elle déclare seulement qu'elle n'y trouve rien qui soit directement contraire la foi ou bonnes moeurs, et qu'on peut les lire avec profit ou sans danger, du moins en certains pays(19). Du reste, elle ne se porte pas garant de la vérité de chaque proposition en particulier et elle permet pleinement d'y contredire à la seule condition de ne pas outre-passer les limites que nous indiquions tout à l'heure.

(NDR : Benoit XIV nous dit à propos des Révélations de sainte Brigitte : "Ces Révélations, quoique ne méritant pas la même foi que les vérités de la religion, ne sauraient être rejetées sans imprudence, car elles reposent sur des motifs suffisants pour qu'on les croit pieusement."
Selon l'auteur du Petit Manuel du Chrétien, dans sa "petite vie des saintes offerte aux jeunes filles en lectures pour chaque dimanche",Imprimerie F. Wattelier et Cie, livre du 19ème.)

Quelle est donc en dernière analyse l'autorité des révélations privées ? Elles ont la valeur du témoignage de la personne qui les rapporte, ni plus ni moins. Or, cette personne n'est jamais infaillible (NDR : sauf peut-être le Pape, comme le montre l'histoire du Scapulaire du Mont-Carmel ? quand Notre-Dame apparut à S. S. Jean XXII et lui fit la promesse que ceux qui porteraient le Scapulaire sortirait du Purgatoire le samedi suivant leur décès, ce qui fait qu'il publia la Bulle Sabbatine.) ; il est donc manifeste que les choses qu'elle atteste ne sont jamais absolument certaines _ sauf le cas seul d'un miracle directement opéré en faveur de cette attestation. Pour tout dire en un mot, les révélations privées n'ont qu'une autorité humaine et probable.

De là il résulte qu'on ne peut, généralement parlant, les alléguer pour trancher une question théologique controversée, encore moins pour résoudre un point de philosophie, d'histoire ou de science quelconque.

Ce serait un abus, à part certains cas très exceptionnels, de mentionner les révélations privées dans la chaire chrétienne. Tout au plus est-il permis, dans les exhortations adressées à quelques personnes pieuses , de les leur offrir comme aliment d'édification spirituelle ; encore faut-il éviter à tout prix que ces personnes ne prennent le change et ne s'exagèrent l'estime qu'elles doivent en faire. Il importe à l'honneur et à la dignité d'une religion divine, que ses disciples ne soient pas des âmes crédules et qu'ils sachent assez estimer leur foi pour la placer toujours infiniment au-dessus de tout ce qui n'est pas elle.

Quant aux directeurs de conscience chargés de conduire les âmes favorisées de grâces extraordinaires, plus que les autres, ils doivent s'appliquer le précepte de l'apôtre : Nolite omni spiritui credere. Quiconque accueillerait faclement les visions et révélations ferait preuve d'une imprudence inqualifiale, dont les conséquences ne sauraient manquer d'être profondément funestes. Examiner les choses longtemps et sous toutes ses faces, se retrancher dans une défiance qui ne saurait jamais être trop grande pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à l'incrédulité tout à fait systématique : voilà la seule ligne de conduite que dicte le bon sens le plus vulgaire. Et certes, elle est bien justifiée par toute la doctrine que nous avons exposé plus haut, en traçant les règles pour discerner les vraies et fausses révélations. car s'il est une conclusion qui ressorte clairement de ces principes, c'est assurément que l'appréciation des faits surnaturels de ce genre est d'une extrême difficulté, d'une difficulté telle que parfois elle dépasse les forces de toute la science et la pénétration humaine.

Il nous reste à dire, en terminant, un mot sur les dispositions avec lesquelles il convient de lire les écrits renfermant des visions ou des révélations particulières. Nous ne parlons pas, bien entendu, de ceux qui n'auraient pas été examinés par des hommes compétents et qui ne seraient revêtus d'aucune approbation ecclésiastique : ceux-là ne méritent aucune confiance et les fidèles doivent s'en interdire la lecture. Il s'agit exclusivement de deux catégories de livres : les premiers depuis longtemps signalés par la haute sainteté de leurs auteurs et par l'approbation qu'ils ont reçue du Saint-Siège ; les seconds émanant de personnes d'une piété reconnue et déjà approuvée par un ou plusieurs évêques, après mûr examen de quelques hommes sûrs constatant que la doctrine en est saine et profitable.

Or, bien qu'il soit juste de mettre une grande différence entre ces deux sortes d'écrits, on peut néanmoins affirmer que les uns et les autres que les fidèles puissent les lire avec fruit. Les livres de révélations particulières se font parfois remarquer par un singulier parfum de piété, par une limpidité de doctrine, par une onction pénétrante que l'on demanderait vainement à la plupart des ouvrages ordinaires de spiritualité. Une âme droite et sincère y trouvera incontestablement les plus précieux éléments d'édification, en les méditant dans un esprit de simplicité modeste et intelligente, sans parti pris hostile, sans prétention de critique exagérée, comme aussi sans crédulité puérile et sans estime excessive pour les faits merveilleux : deux excès qu'il importe également d'éviter en matière de révélations privées.

P. TOULEMONT.

NOTES :

(1) "Revelatio divina ordine quodam ad inferiores pervenit per superiores, sicut ad homines per angelos et ad inferiores angelos per superiores." (2. 2. q. II. a. 6.).
(2) Voir les textes de ces saints Pères et de plusieurs autres dans Gravina, Lapis Lydius ad discernendas revelationes.
(3) Praxis confess.
(4) Nous avons principalement consulté : 1° les Bollandistes, Acta Sanctorum, passim ; 2° Benoît XIV, de Servorum Dei beatificatione et canonizatione, lib. III, c. 45-54 ; 3° le cardinal Bona, de Discretione spirituum ; 4° Amort, de Revelationibus, visionibus et apparitionibus privatis, Regulae tutae ex scriptura, conciliis, SS. Patribus, aliisque optimis authoribus collectae, explicatae et exemplis illustrate, 1744.
(5) Voir leurs opinions dans Benoît XIV, ouvrage cité, C. LIV, n.7.
(6) Voir Amort, ouvrage cité, p. 43 et suiv. et alibi passim.
(7) De Discr. Spir., cap. XX.
(8) On peut voir dans la Vie de Sainte Thérèse par les Bollandistes, les témoignages exeptionnels rendus à sa doctrine. Cependant les savants critiques réfutent l'opinion de certains auteurs qui ont prétendu mettre cette sainte au rang des docteurs de l'Eglise.
(9) Voir les nombreux témoignages cités par Benoît XIV, loc. cit., cap. LI, §3.
(10) Hom. 3, in 1 Cor.
(11) La plupart des auteurs font cependant remarquer, et avec raison, ce semble, que les visions ou révélations purement intellectuelles sont toujours l'oeuvre de Dieu. En tous cas il est certain qu'elles sont infiniment moins sujettes à l'illusion que les visions qui sont présentées à l'imagination ou aux sens extérieurs.
(12) Exercit. spir. ; Reg. VIII, de Discr. Spir., pro 2a hebd.
(13) On doit conclure de là que certaines expressions inexactes dans un livre de révélations ne suffiraient pas pour déclarer ces révélations fausses. Il y a quelquefois lieu d'appliquer à ces xpressions une interprétation bénigne.
(14) On sait toutefois que certaines prophéties vraies peuvent bien se réaliser, parce qu'elles sont souvent conditionnelles.
(15) Voir les Actes de sainte Ursule, par le savant P. de Buck (Acta SS., t. IX octobris).
(16) Amort, op. cit.
(17) De locis theol. lib. XII, cap. III. _ Cf Ben. XIV, op. cit., lib. III, cap. ult., n.15.
(18) Ben. XIX, loc. cit. n. 12 et 13.
(19) On sait que certains livres de révélations ne sont pas approuvés pour tel ou tel pays.


Dernière édition par Lucie le Mer 24 Mar 2010, 6:57 pm, édité 1 fois
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Mer 24 Mar 2010, 6:51 pm

Chaque fois que j'entends parler de révélation privée, je pense aussitôt à notre ami Nicolianor qui s'est autoproclamé Pape suite à une de ses soi-disantes révélations privées ... bounce

Carolus.Magnus.Imperator.

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Message  Lucie Mer 24 Mar 2010, 6:55 pm

Pour l'instant on en est encore qu'aux débuts de la révélation, il y a possibilité de rattraper le tir, j'espère...

Sermon de st Thomas d'Aquin sur le jugement de l'arbre et des fruits :

Lien d'origine : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sermons/mefiezvousdesfauxprophetes.htm

Je mets les références de la Sainte Ecriture selon J-P Glaire à la place des références de la Sainte Ecriture mentionnées dans le lien d'origine, puisqu'il s'agit d'une traduction. J'ai aussi recopié plus que ce que st Thomas disait des Saintes Ecritures, pour replacer un peu le contexte qui fait vraiment peur.

Sermon de Saint Thomas d’Aquin
"Gardez-vous des faux prophètes"
Traduit par Marie-Louise Evrard, 2004
(Paris, 14 juillet 1269)

Prologue

Evangile saint Matthieu, Chapitre 7, versets 15 à 20.

15. Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, tandis qu'au-dedans ce sont des loups ravissants :
16. Vous les connaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ?
L’Apôtre atteste que deux éléments contraires se trouvent dans ces paroles : Car l’esprit convoite contre la chair, dit-il, et la chair contre l’esprit (Galates 5, 17). Et pourtant il arrive qu’il y ait péché du fait des deux : parfois le péché vient de la faiblesse de la chair, parfois il vient de l’ignorance de l’esprit. Ainsi, l’Apôtre [dit] aux Corinthiens (II, 7, 1) : Purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit. Et comme le péché de la chair provient de la faiblesse de la chair – ainsi (lisons-nous) en Matthieu (26, 41) : L’esprit est prompt, mais la chair est faible –, ainsi le péché de l’esprit provient-il de l’ignorance de l’esprit, à savoir, lorsque l’esprit est abusé.

Et ainsi, en ce dimanche, nous sommes mis en garde contre l’un et l’autre péché. Contre le péché résultant de la faiblesse de la chair, nous sommes mis en garde par ce que dit l’Apôtre dans l’épître : Ainsi nous ne sommes pas redevables à la chair, pour vivre selon la chair. (Romains 8, 12). Contre le péché qui résulte d’une tromperie de l’esprit, nous sommes mis en garde dans l’évangile, où il est dit : Gardez-vous des faux prophètes, etc.

Prions le Sauveur qui nous a voulus sur nos gardes par rapport à l’un et l’autre péché ; que lui-même (me) donne de dire quelque chose à sa louange, etc.

Première partie
[Identifier l’ennemi]

Gardez-vous des faux prophètes, etc. Il relève de la fonction du bon chef de rendre ses soldats prudents contre des embûches. Il est vrai que notre ennemi est perfide et rusé. Ainsi, dans le Siracide 11, 31 : N'introduis pas tout homme dans ta maison, car nombreux sont les pièges du trompeur. Il est assis en embuscade avec les riches, dans des lieux cachés, afin de tuer l'innocent. (Psaume 10, 8), c’est-à-dire avec les orgueilleux. Ces ruses, l’Apôtre les explique (en 2 Corinthiens 11, 14), en disant que Satan se déguise en ange de lumière et ses ministres, en ministres de justice. À l’égard de ces ministres, Dieu nous rend prudents par les paroles proposées dans lesquelles il nous enseigne quatre choses.

Premièrement, en effet, il nous apprend le genre d’ennemis : Gardez-vous des faux prophètes. En deuxième lieu, il nous renseigne sur la manière de tendre les embûches : ceux qui viennent à vous sous des vêtements de brebis. En troisième lieu, vient le préjudice qui nous menace : au-dedans ce sont des loups ravissants. En quatrième lieu, il nous apprend la manière de les reconnaître : Vous les connaîtrez à leurs fruits. Ces ennemis sont les faux prophètes, et ils sont très dangereux, et ils doivent être évités pour cette raison, car ils sont pour nous aussi dangereux que les bons anges nous sont nécessaires et utiles. Ainsi, dans les Proverbes (11, 14) : Où il n'y a point de gouvernement, le peuple croulera ; mais le salut est là où il y a beaucoup de conseils. Des faux prophètes, il est dit en Jérémie (23, 15) : "...c'est des prophètes de Jérusalem que la corruption s'est répandue sur toute la terre."
Pour savoir qui sont les faux prophètes, voyons d’abord ce qu'est la prophétie et comment il arrive d'être faux prophète.

Je dis que quatre choses font partie de la prophétie.

La première est la révélation divine; ainsi, en Amos (3, 7) : "Car le Seigneur n'a rien fait, s'il n'a auparavant révélé son secret à ses serviteurs les prophètes."

Parfois, certaines choses sont divinement révélées à une personne, mais celle-ci ne comprend pas, comme lorsque Nabuchodonosor vit une statue (Daniel 2, 31) et lorsque quelque chose fut révélé à Pharaon, quand il vit des épis et du bétail, mais il n’a pas compris (Genèse 41, 5). Voilà pourquoi, en deuxième lieu, l’intelligence est nécessaire. Ainsi, en Daniel (10, 1) : une parole fut révélée à Daniel, par le surnom Baltassar, une parole véritable, et une grande force ; et il comprit la parole ; car il est besoin d'intelligence dans cette vision.

Si un homme avait une révélation venant de Dieu et, alors qu’il la comprendrait, la gardait pour lui-même, elle ne serait alors d’aucune utilité. Pour cette raison, en troisième lieu, il est nécessaire que ce qui est ainsi révélé et qu’on comprend soit annoncé à un autre. Isaïe (21, 10) : Ce que j’ai ouï du Seigneur des armées, Dieu d’Israël, je vous l’ai annoncé.

Certaines choses qui dépassent l’entendement humain sont divinement révélées et annoncées, mais les hommes ne (les) croiraient pas si elles n'étaient pas prouvées. La preuve en est l’accomplissement miracles. C’est ce qui est signifié dans les Rois (II [IV],5, 8), où il est raconté que, alors que Naaman le Syrien était venu pour être guéri de sa lèpre chez le roi d’Israël, Élisée dit : Qu'il vienne à moi, et qu'il sache qu'il y a un prophète dans Israël.
Mais, selon ce qui a déjà été dit, le nom de prophète s’entend de quatre façons.

Parfois, on appelle prophète celui à qui la révélation divine est faite. Ainsi, dans les Nombres (12, 6) : Si quelqu'un parmi vous est prophète du Seigneur, je lui apparaîtrai dans la vision ou je lui parlerai en songe.

Mais parfois on appelle prophète celui à qui n’a pas été faite une révélation divine, mais à qui il est donné de comprendre les choses révélées. Ainsi, dans la Première aux Corinthiens (14, 29) : Quant aux prophètes, que deux ou trois parlent et que les autres jugent. Il appelle prophètes les docteurs et les prédicateurs, selon ce passage du Siracide (24, 33) : Les docteurs répandront mon enseignement comme une prophétie. (J-P Glaire traduit : L'Ecclesiastique 24, 33 : Moïse a donné la loi avec des préceptes de justice, et l'héritage à la maison de Jacob, et les promesses faites à Israël ; contexte parlant de la Sagesse)

D’autres sont appelés prophètes parce qu’ils racontent les choses révélées ; ainsi dans les Chroniques (I, 25, 1) : Ainsi David et les chefs de l'armée séparèrent pour le ministère les fils d'Asaph, d'Héman et d'Idithun, afin qu'ils chantassent des prophéties sur des harpes, des psaltérions et des cymbales, s'acquittant, selon leur nombre, de l'emploi à eux assigné.

D’autres sont appelés prophètes parce qu’ils font des miracles. Ainsi, il est dit dans le Siracide (48, 14) que le corps défunt d’Élisée prophétisa, c’est-à-dire qu’il accomplit un miracle prophétique. Dans le livre des Rois (II [IV], 13, 21), il est dit que des bandits effrayés jetèrent le cadavre de quelqu’un qui avait été tué, dans le tombeau où reposait Élisée, et que [le corps] revint à la vie. Et, comme il est dit dans l’évangile, lorsque le Christ fit des miracles, les Juifs dirent : ...Un grand prophète s'est élevé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. (Luc 7, 16)
Il est donc dit: Gardez-vous, etc. Mais quel est le sens du mot prophète ici ? Chrysostome dit qu'ont appelle ici prophètes, non pas ceux qui prophétisent au sujet du Christ, mais ceux qui interprètent une prophétie au sujet du Christ. Car personne ne peut interpréter les sens prophétiques si ce n’est par l’Esprit Saint.

Voyons qui on appelle faux prophètes. Il arrive que la prophétie soit fausse de quatre façons. Premièrement, par la fausseté de l’enseignement ; deuxièmement, par la fausseté de l’inspiration ; troisièmement, par la fausseté de l’intention ; et quatrièmement, par la fausseté de la vie.

En premier lieu, certains sont appelés faux prophètes par à cause de la fausseté de (leur] enseignement, comme lorsqu’ils annoncent et enseignent des choses fausses. Il est de la fonction du prophète qu’il annonce et dise des choses vraies. Ainsi, en Daniel (10, 1), une parole fut révélée à Daniel, par le surnom Baltassar, une parole véritable. Et le Seigneur dit : Si quelqu’un annonce mes paroles, qu’il parle en vérité. Mais beaucoup annoncent des choses fausses. Ainsi, dans la épître canonique (II Pierre 2, 1) :Mais il y a eu aussi de faux prophètes dans le peuple, comme il y en aura parmi vous des maîtres menteurs, qui introduiront des sectes de perdition, et renieront le Seigneur qui nous a rachetés, attirant sur eux une prompte perdition. Arius et ses semblables n'ont-ils pas été des menteurs qui ont voulu corriger l’enseignement du Christ. Ainsi, en Lamentations (2, 14) : Tes prophètes ont vu pour toi des choses fausses et insensées. Mais quelles choses fausses et insensées ? Celui qui parle volontiers de choses fausses dira ce qui plaît. Isaïe (30, 10) : Qui disent à ceux qui voient : Ne voyez pas ; et à ceux qui regardent : Ne regardez pas des choses qui sont justes ; dites-nous des choses qui nous plaisent, voyez pour nous des erreurs. Jérémie, interrogé sur les choses qu’ont vues les faux prophètes, dit (Lam. 2, 14) : ...; ils ne te découvraient pas ton iniquité pour t'exciter à la pénitence. Si certains disent que le bien est le mal et que le mal est le bien, ce sont des faux prophètes. Jérémie [dit](Lam. 2, 14) : Ils n'ont vu que des choses fausses et insensées.
Ce qui est affirmé est élevé et ce qui est refusé est condamné. Quand donc ce qui doit être élevé est rabaissé et ce qui doit être abaissé est élevé, alors, on voit de fausses affirmations.

Par l’enseignement du Seigneur apparaît ce qui doit être élevé et ce qui doit être abaissé. Le comportement du siècle et la vie du monde doivent être rabaissés. Si quelqu’un dit qu’il vaut mieux jeûner sans vœu qu’avec vœu et en empêche d’autres d’entrer en religion, où l’on jeûne avec vœu, et les convainc de jeûner sans vœu dans le siècle, il donne un faux enseignement. Le prophète dit : Faites des voeux au Seigneur votre Dieu, et accomplissez-les, vous tous qui, étant autour de lui, apportez des présents, à Lui le terrible. (Psaume 76[75], 12). Il dit cela parce qu’il vaut mieux jeûner en faisant un vœu que sans vœu. Anselme prend un exemple dans son Livre sur les similitudes, en disant que «celui qui donne un arbre avec ses fruits donne plus que celui qui ne donne que les fruits». Ainsi, celui qui fait un vœu et l’accomplit fait mieux que celui qui fait le bien sans vœu. Toutefois, il vaut beacoup mieux ne pas vouer, qu'après un voeu ne pas effectuer ses promesses. (Ecclesiaste 5, 4).

De même, on parle de faux prophètes en raison de la fausseté de l’inspiration. D’où vient l’inspiration des vrais prophètes? Certainement de Dieu et de l’Esprit Saint. Ainsi, dans la deuxième lettre de Pierre (1, 21) : Ce n'est pas par la volonté des hommes que la prophétie a jamais été apportée ; mais c'est inspirée par l'Esprit-Saint, qu'ont parlé les saints hommes de Dieu.
On peut être inspiré faussement par le diable, on peut l'être aussi par son propre esprit. Nous trouvons les deux choses dans la Sainte Écriture.

Premièrement, je dis que quelque chose de faux peut être inspiré à quelqu’un par le Diable. Ainsi, dans Jérémie (2, 8) : Les prêtres n'ont pas dit : où est le Seigneur ? les dépositaires de la loi ne m'ont pas connu, les pasteurs ont prévariqué contre moi, et les prophètes ont prophétisé au nom de Baal, et ont suivi les idôles. Prophétiser au nom de Baal, c’est-à-dire au nom du Diable, c'est révéler des choses secrètes. Les nécromanciens qui recherchent la vérité à propos de vols, prophétisent au nom de Baal sous l’inspiration du Diable, et c’est là le plus grave des péchés, une espèce d’idolâtrie. Et ils ne sont pas excusés par le fait qu’ils disent qu’ils font cela pour faire le bien, car le mal ne doit pas être fait en vue du bien. Ainsi en Romains (3, 8) : Et pourquoi ne ferons-nous pas le mal pour qu'il en arrive du bien (conformément au blasphème qu'on nous impute, et à ce que quelques-uns nous font dire) ? La condamnation de ceux-là est juste.

D’autres tirent une inspiration fausse de leur propre esprit. Ainsi Ezéchiel (13, 3) : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheur aux prophètes insensés qui suivent leur esprit, et ne voient rien. Jérémie (23, 16) : Voici ce que dit le Seigneur des armées : N'écoutez pas la parole de ces prophètes qui prophétisent et vous trompent ; ils disent des visions de leur coeur, non recueillies de la bouche du Seigneur.
Ceux qui suivent la raison humaine parlent selon leur propre esprit. Tels sont ceux qui parlent selon les raisonnement platoniciens, qui ne peuvent atteindre la vérité : par exemple, ceux qui disent que le monde est éternel. On trouve des gens qui s’appliquent à la philosophie et qui disent certaines choses qui ne sont pas vraies selon la foi; et quand on leur dit que cela est contraire à la foi, ils disent que le Philosophe dit cela, mais eux ne l'affirment pas, mis ne font que répéter les mots du Philosophe. Un tel homme est un faux prophète, un faux docteur, car c’est la même chose de susciter un doute et de ne pas le supprimer, que d’y acquiescer; C'est ce qui est signifié dans l'Exode (21, 33‑34), où il est dit que si quelqu'un creuse un puits ou ouvre une citerne et ne la rebouche pas, si le bœuf du voisin vient et tombe dans la citerne, celui qui a ouvert la citerne sera tenu à restitution. Celui qui a ouvert la citerne, c’est celui qui suscite une difficulté dans ce qui concerne la foi. Celui qui n’a pas couvert la citerne, c’est celui qui ne résout pas la difficulté, même si lui-même a un esprit clair et sain et qu’il n’est pas égaré. Cependant, un autre qui n’a pas l’esprit aussi clair est réellement trompé, et celui qui suscite le doute est tenu à restitution, car c’est à cause de lui que l’autre est tombé dans la fosse.

Voyez, très chers [frères] : il y a eu beaucoup de philosophes et ils ont dit beaucoup de choses à propos de choses qui concernent la foi, et vous en trouverez à peine deux qui soient d'accord sur un seul point ; et tous ceux qui ont dit quelque chose de vrai ne l’ont pas dit sans y mélanger quelque fausseté. Une petite vieille en sait bien plus aujourd'hui sur ce qui se rapporte à la foi que tous les philosophes de jadis! On raconte que Pythagore fut d’abord boxeur. Il entendit un maître disserter sur l’immortalité de l’âme et affirmer que l’âme était immortelle, et il fut si séduit que, abandonnant tout le reste, il se consacra à l’étude de la philosophie. Mais quelle est la petite vieille qui ne sait pas aujourd’hui que l’âme est immortelle? La foi est beaucoup plus puissante que la philosophie; par conséquent, si la philosophie s’oppose à la foi, il ne faut pas l’accepter. Aussi l'Apôtre dit aux Colossiens (2, 8 et 19) : (2, 8) Prenez garde que personne ne vous séduise par la philosophie, par des raisonnements vains et trompeurs, selon la tradition des homes, selon les éléments du monde, et non selon le Christ ; (2, 19) Et ne tenant point à la tête par laquelle tout le corps, servi et relié au moyen des jointures et des ligaments, croît de l'accroissement de Dieu.

D’autres sont faux prophètes par une intention fausse. Mais quelle est l’intention vraie d'un prophète? Certainement l’intérêt du peuple. Ainsi l'Apôtre aux Corinthiens (I 14, 3) : Mais celui qui prophétise parle aux hommes pour l'édification, l'exhortation et la consolation.
Pour les édifier, afin de rendre les hommes pieux; pour les exhorter, afin de les rendre prompts aux bonnes œuvres; pour les consoler, afin de les rendre patients dans les difficultés. Si quelqu’un recherche par son enseignement autre chose que l’intérêt du peuple, c’est un faux prophète.

Celui qui est évêque reçoit la fonction d’administrer et de prêcher, et il doit rechercher l’intérêt du peuple; mais s’il ne recherche que le profit temporel ou une vaine gloire, il est un faux prophète parce qu'il ne respecte pas une intention droite. C’est ainsi que Jean Chrysostome dit que de nombreux prêtres ne se soucient pas de la manière dont vit le peuple, mais de la manière dont il fait des offrandes. Ainsi le Seigneur se plaint en Ezéchiel (13, 17-18-19) : Ils me déshonoraient auprès de mon peuple pour un peu d'orge et un morceau de pain, à l’opposé de ceux dont parle l’Apôtre aux Corinthiens (II 2, 17) : Car nous ne sommes pas comme beaucoup, qui corrompent la parole de Dieu ; mais c'est avec sincérité, comme de la part de Dieu, en Jésu-Christ que nous parlons.
Et Grégoire dit que «celui-là est coupable de pensée adultère, s’il cherche à plaire aux yeux de l’épouse, lui par qui l’époux transmet les cadeaux à l’épouse». L’adultère ne cherche pas à donner une descendance à la femme, mais recherche avant tout le plaisir corporel. De la même manière, celui-là trahit la parole du Seigneur, qui ne recherche pas une descendance spirituelle, mais seulement un profit temporel ou une vaine gloire.

De même, il y a des faux prophètes en raison de leur mauvaise vie, comme lorsque quelqu’un enseigne une chose et vit d’une autre manière ; alors, leur doctrine n'est pas reçue. Et c’est pour cela que le Christ commence à agir et à enseigner. Et on lit en Luc (1, 70) : Comme il a promis par la bouche de ses saints prophètes, qui ont été d ès les temps les plus anciens. , comme s’il disait :«Les prophètes par lesquels s’exprime le Seigneur doivent être saints»; mais il y a certains dont se plaint le Seigneur en Jérémie (23, 11) : Car le prophète et le prêtre sont souillés, et dans ma maison j'ai trouvé leur mal, dit le Seigneur.

Deuxième partie, (Sermon du soir)

[La méthode des faux prophètes]
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Message  Lucie Mer 24 Mar 2010, 7:09 pm

Je n'ai pas encore travaillé la deuxième partie du sermon de st Thomas pour mettre les traductions de l'Abbé Glaire mais il va falloir que je m'y mette.
Ci-dessous, je mets des documents qui m'ont paru corrects sur les révélations privées mais il faut que j'en rajoute d'autres que je connais, et il faut absolument trouver des documents relativement à la reconnaissance d'un miracle, pour bien montrer ce qu'est véritablement un miracle.

Manuscrit du Purgatoire :

Il ne faut pas s'étonner si le démon et ses suppôts donnent quelquefois des connaissances sur l'avenir qui se réalisent. Le diable, c'est un esprit ; par conséquent, il a bien plus de ruses et de connaissances que n'importe quelle personne de la terre, excepté quelques Saints que le bon Dieu éclaire de sa lumière. Il rôde partout, cherchant à faire mal ; il voit ce qui se passe par le monde et, d'après sa sagacité, il peut prévoir bien des choses qui se réalisent : voilà la seule explication. Malheur à ceux qui se rendent ses esclaves en le consultant ; c'est un péché qui déplaît bien au bon Dieu.

http://www.spiritualite-chretienne.com/ciel/purgatoire-05.html

Vous le savez bien, je suis convaincue que le démon est un menteur et je ne le crains pas plus, qu'il soit légion ou seul ; je sais bien qu'il est puissant, qu'il a une immense expérience et que moi, je ne suis que faiblesse ; mais je sais aussi que mon Maître est le Seigneur tout-puissant, que ma Mère est la Sainte Vierge Marie et qu'elle tient la tête du démon sous ses pieds.

THERESA-HELENA HIGGINSON ou LA VIE MERVEILLEUSE D’UNE INSTITUTRICE LIBRE ANGLAISE, Écrite par Lady Cécil Kerr et traduite de l’anglais par l’Abbé V. Billé, Éditions TEQUI, 1971.

33. Je ne doute point que les esprits forts et critiques de ce temps, qui liront les histoires de ce petit traité, ne les révoqueront en doute, comme ils ont toujours fait, quoique je n'aie fait autre chose que les transcrire de très bons auteurs contemporains et en partie dans un livre nouvellement composé par le Révérend Père Antonin Thomas, de l'ordre des frères prêcheurs, intitulé: "Le Rosier mystique". Tout le monde sait qu'il y a trois sorte de foi aux histoires différentes. Nous devons aux histoires de l'Ecriture sainte une foi divine; aux histoires profanes qui ne répugnent point à la raison et écrites par de bons auteurs, une foi humaine; et aux histoires pieuses rapportées par de bons auteurs et nullement contraires à la raison, à la foi ni aux bonnes moeurs, quoiqu'elles soient quelquefois extraordinaires, une foi pieuse; j'avoue qu'il ne faut être ni trop crédule ni trop critique, et qu'il faut tenir le milieu en tout pour trouver le point de la vérité et de la vertu; mais aussi je sais que, comme la charité croit facilement tout ce qui n'est point contraire à la foi ni aux bonnes moeurs: Charitas omnia credit, de même l'orgueil porte à nier presque toutes les histoires bien avérées, sous prétexte qu'elles ne sont point dans l'Ecriture sainte. C'est le piège de Satan, où les hérétiques qui nient la tradition sont tombés, et où les critiques du temps tombent insensiblement, ne croyant pas ce qu'ils ne comprennent pas, ou ce qui ne leur revient pas, sans aucune autre raison que l'orgueil et la suffisance de leur propre esprit.

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Montfort/rosaire.html

Dom Vital Lehodey, le directeur spirituel de soeur Marie-Angélique Millet, une mystique, et qui a reçu les éloges de st Pie X selon le manuscrit du Purgatoire ("les hommes éclairés rendent un juste hommage à votre science et à votre expérience, lettre du 13 décembre 1908"), ce théologien mystique disait dans le Saint Abandon, où il reprend la doctrine de ste Thérèse de l'Enfant-Jésus :

Qui ne sait avec quelle insistance saint Jean de la Croix porte ses lecteurs à se défier des visions, révélations et paroles intérieures, à y résister, à s'en dépouiller ? Sainte Thérèse exprime un avis plus modéré : « il y a toujours sujet de craindre en semblables choses, jusqu'à ce que l'on soit assuré qu'elles procèdent de l'esprit de Dieu; c'est pourquoi je dis que, dans les commencements, le meilleur est toujours de les combattre. Si c'est Dieu qui agit, cette humilité de l'âme à se défendre de ses faveurs ne fera que la mieux disposer à les recevoir, et plus elle les mettra à l'épreuve, plus elles augmenteront. Mais il faut se garder de trop contraindre et d'inquiéter ces personnes ». En parlant des apparitions de Notre-Seigneur, elle dit encore: « Ne lui demandez jamais et ne souhaitez jamais qu'il vous conduise par la même voie. Cette voie est bonne sans doute, et vous devez en faire grande estime et la respecter beaucoup; mais il ne convient ni de la demander ni de la désirer ». La Sainte complète sa pensée en portant l'âme au saint abandon : « On ignore, dit-elle, si l'on ne trouvera pas une perte, là où l'on croit rencontrer un profit. Il y a une étrange témérité à vouloir soi-même choisir son chemin sans savoir s'il est le plus sûr, au lieu de s'abandonner à la conduite de Notre-Seigneur qui nous connaît mieux que nous ne nous connaissons, afin qu'il nous mène par la voie qui nous convient et qu'ainsi sa sainte volonté se fasse en toutes choses » . Et donc, prudente réserve et filial abandon : cette conclusion de sainte Thérèse sera la nôtre; aucune ne s'harmonise mieux avec le précepte de l'Esprit-Saint : « Ne méprisez pas les prophéties; examinez bien toutes choses, gardez (seulement) ce qui est bon » .

D'ailleurs, il ne faut jamais l'oublier, l'essentiel n'est pas que notre oraison soit active ou passive, que notre contemplation soit silencieuse ou priante, savoureuse ou aride, obscure ou distincte, mais que notre prière nous donne des fruits abondants d'abnégation. d'humilité, d'obéissance, qu'elle nous fasse grandir en toute vertu, spécialement dans l'amour, la confiance et le saint abandon. Et précisément ces vicissitudes dont nous parlons ici sont très propres à rendre l'âme souple et docile entre les mains de Dieu, tout en lui conservant le trésor de son humilité.

On objecte assez volontiers les dangers de ces voies plus élevées et moins connues. Mais « si la contemplation mystique offre des périls qu'il ne faut pas exagérer, l'oraison commune a les siens (qui ne sont pas moins réels et) qu'il ne convient pas d'oublier. La crainte des dangers n'empêche pas qu'on ne s'adonne à la.. méditation à cause de .ses avantages; elle n'est donc pas une raison suffisante de mettre la contemplation en suspicion. Les oraisons mystiques sont une mine d'or, exploitons-la; elles offrent des périls, veillons à notre sécurité; suivons docilement l'attrait divin, tout en évitant les pièges de l'ennemi. D'ailleurs, l'expérience nous aura vite appris que ces oraisons conviennent aux âmes généreuses prêtes à tout souffrir pour s'unir à Dieu, et non pas à celles qui seraient avides de jouir et de s'élever; le contemplatif participera plus souvent au crucifiement du Calvaire qu'à la gloire et aux joies du Thabor; s'il a besoin d'être éprouvé et humilié, il a plus besoin encore d'être réconforté » .

On objecte aussi le danger des lectures mystiques. Est-ce le seul ? N'y aurait-il pas à craindre, beaucoup plus, l'ignorance, les préventions, une sorte de parti pris, qui fermeraient la porte à l'Esprit-Saint ? Nous supposons, bien entendu, que le livre est d'une bonne doctrine, et qu'il répond aux besoins de l'âme. Nous sommes heureux de redire, à cette occasion, qu'un sage directeur est spécialement nécessaire dans les voies de l'oraison, il est le guide indiqué pour le choix des lectures. Alors, il n'y a rien à craindre; ou bien, le danger viendrait non du livre, mais de l'âme elle-même, trop jalouse de jouir ou de s'élever. Dans ces dispositions, tout sera danger pour elle, non seulement les lectures mystiques, mais les livres ascétiques, les consolations de l'oraison commune, et même la sainte communion. C'est cette triste disposition qu'il faut mettre, à l'index.

http://voiemystique.free.fr/vital_lehodey_tab.htm
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Message  Eric Mer 24 Mar 2010, 8:40 pm

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:Chaque fois que j'entends parler de révélation privée, je pense aussitôt à notre ami Nicolianor qui s'est autoproclamé Pape suite à une de ses soi-disantes révélations privées ... bounce
Quoi ... ???
Nicolianor serait un farceur ??? ... !!! pale

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Message  Via Crucis Jeu 25 Mar 2010, 7:14 am

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:Chaque fois que j'entends parler de révélation privée, je pense aussitôt à notre ami Nicolianor qui s'est autoproclamé Pape suite à une de ses soi-disantes révélations privées ... bounce

Je ne sais pas qui est cet ami que vous nommez mais j'en ai trouvé un sur le web qui débite des choses telles que : "Dieu a choisi la France..." et qui ressemble apparemment au vôtre ! Et naturellement il en débite sur Gloria TV !!! Il me semble qu'il est Canadien à cause de son accent, mais je ne saurais trop l'affirmer car je l'ai écouté une fois et ensuite je l'ai mis bien sûr au placard Very Happy !!! Mais rassurez-vous pas parce qu'il est Canadien !!! Mais parce qu'il fait partie de ceux qui ont des "solutions" imparables affraid pour "résoudre" la crise actuelle !!!! Very Happy
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Jeu 25 Mar 2010, 9:02 am

Via Crucis a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:Chaque fois que j'entends parler de révélation privée, je pense aussitôt à notre ami Nicolianor qui s'est autoproclamé Pape suite à une de ses soi-disantes révélations privées ... bounce

Je ne sais pas qui est cet ami que vous nommez mais j'en ai trouvé un sur le web qui débite des choses telles que : "Dieu a choisi la France..." et qui ressemble apparemment au vôtre ! Et naturellement il en débite sur Gloria TV !!! Il me semble qu'il est Canadien à cause de son accent, mais je ne saurais trop l'affirmer car je l'ai écouté une fois et ensuite je l'ai mis bien sûr au placard Very Happy !!! Mais rassurez-vous pas parce qu'il est Canadien !!! Mais parce qu'il fait partie de ceux qui ont des "solutions" imparables affraid pour "résoudre" la crise actuelle !!!! Very Happy

Oui !! c'est lui !!

C'est mon punching bag ... Laughing

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Message  gabrielle Jeu 25 Mar 2010, 9:03 am

Pour Via, oui, Nicolanior est canadien, il vient de la secte de Saint Jovite et s'est auto-proclamé pape. Ce gars est complètement en dehors de la réalité.

Merci Lucie, pour ce travail.

Le problème, de nos jours, est quand l'absence d'autorité, les gens court beaucoup les révélations privées, et même si ces révélations privées contredisent la doctrine de l'Église, les gens embarquent dedans tête baissée et rien n'arrive à leur faire entendre raison.

Il est évident, si on regarde l'histoire de l'Église, que Dieu s'est toujours manifesté à des âmes... on ne peut pas rejeter ce fait sans rejeter une immense partie de l'histoire de l'Église.


Mais, il faut rester très prudent... jamais une apparition ne doit prendre le pas sur la doctrine de l'Église, de plus nous ne devons pas baser notre postion par rapport à des révélations privées... il faut se baser sur le Roc de la Doctrine.

J'en ai connu des gens dans le temps... Garabandal, Bayside, Palmar, San Damiano, Laedira etc... et jamais même avec des preuves venant du Magistère, je n'ai réussi a faire comprendre les erreurs doctrinales que ces apparitions véhiculaient... ça fait peur. affraid
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Message  Invité Jeu 25 Mar 2010, 9:30 am

La plus part des 'sédévacacs" ce basent en partie sur l'apparition de La Salette pour étayer la thèse de la vacance du trône de Saint Pierre.

Mais bon étant reconnu par l'Église il ne s'agit plus d'une révélation privée .

Cependant somme nous toujours libre de ne pas y croire?

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Message  gabrielle Jeu 25 Mar 2010, 9:37 am

Tonino a écrit:La plus part des 'sédévacacs" ce basent en partie sur l'apparition de La Salette pour étayer la thèse de la vacance du trône de Saint Pierre.

Mais bon étant reconnu par l'Église il ne s'agit plus d'une révélation privée .

Cependant somme nous toujours libre de ne pas y croire?

Bien que l'Église est reconnu Notre-Dame de la Salette, cette apparitin reste de foi humaine, elle ne fait pas partie de la Révélation.

Nous sommes libres d'y croire, mais si nous n'y croyons pas, il nous faut respecter la décision de l'Église.

Cette liberté de croire, provient du fait, que nous sommes tenus de croire à la Révélation divine..seulement ( ce qui inclus naturellement, décisions du Magistère, Tradtion, etc)
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Message  Invité Jeu 25 Mar 2010, 9:55 am

Oui mais si la doctrine de l'Église est infaillible comment ferions nous a ne pas croire ce que la Divine institution a reconnut comme étant véridique?

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Message  gabrielle Jeu 25 Mar 2010, 10:17 am

Tonino a écrit:Oui mais si la doctrine de l'Église est infaillible comment ferions nous a ne pas croire ce que la Divine institution a reconnut comme étant véridique?

Je ne pense pas que le fait d'approuvé une apparition relève de l'infaillibilité pontificale, toutefois, l'Église étant très prudente dans ce domaine, avant de donner une approbation, il y de nombreuses enquêtes , donc il va de soi qu'un fils de l'Église fait confiance à sa Mère.


Il na faut pas oublier, non plus, que de nombreuses révélations privées, ont reçues une approbation de l'évêque du lieu seulement,

Dans les écrits, l'Église dit: il n'y a rien de contraire à la foi, moeurs, cela peut favoriser la piété etc... mais jamais Elle ne place aucune locutions privées, sur un pied d'égalité avec la Révélation. La Révélation divine qui s'est terminer avec la mort du dernier Apôtre, est la seule nécessaire au salut et la seule que nous devons croire pour obtenir la vie éternelle
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Message  Invité Jeu 25 Mar 2010, 10:19 am

OK merci beaucoup Gabrielle. Smile

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Message  Rosalmonte Jeu 25 Mar 2010, 11:42 am

gabrielle a écrit:
Tonino a écrit:Oui mais si la doctrine de l'Église est infaillible comment ferions nous a ne pas croire ce que la Divine institution a reconnut comme étant véridique?

Je ne pense pas que le fait d'approuvé une apparition relève de l'infaillibilité pontificale, toutefois, l'Église étant très prudente dans ce domaine, avant de donner une approbation, il y de nombreuses enquêtes , donc il va de soi qu'un fils de l'Église fait confiance à sa Mère.


Il na faut pas oublier, non plus, que de nombreuses révélations privées, ont reçues une approbation de l'évêque du lieu seulement,

Dans les écrits, l'Église dit: il n'y a rien de contraire à la foi, moeurs, cela peut favoriser la piété etc... mais jamais Elle ne place aucune locutions privées, sur un pied d'égalité avec la Révélation. La Révélation divine qui s'est terminer avec la mort du dernier Apôtre, est la seule nécessaire au salut et la seule que nous devons croire pour obtenir la vie éternelle

Est-ce que cela revient à dire que même si l'Eglise reconnait telle ou telle révélation privée comme étant véridique, elle ne l'impose pas comme étant de Foi?
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Message  gabrielle Jeu 25 Mar 2010, 11:47 am

C'est cela cher Rosalmonte.
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Message  Rosalmonte Jeu 25 Mar 2010, 11:52 am

Mais alors, si de Foi je crois au dogme de l'Immaculée Conception, comment ne puis-je pas de la même Foi croire en la révélation de S. Bernadette?

Ou, dit autrement, est-il possible de croire en l'Immaculée Conception, mais de ne pas croire la révélation de la Sainte-Vierge à S. Bernadette?
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Message  gabrielle Jeu 25 Mar 2010, 12:05 pm

Rosalmonte a écrit:Mais alors, si de Foi je crois au dogme de l'Immaculée Conception, comment ne puis-je pas de la même Foi croire en la révélation de S. Bernadette?

Ou, dit autrement, est-il possible de croire en l'Immaculée Conception, mais de ne pas croire la révélation de la Sainte-Vierge à S. Bernadette?

Le dogme de l'Immaculée Conception n'a rien a voir avec les apparitions de Lourdes.

Le Dogme définit en 1854 , soit 4 avant l'apparition de Lourdes.

Donc,, je suis obligé de croire de foi divine à ce Dogme, c'est -à-dire que la Vierge est immaculée dans sa conception, mais je ne suis pas tenu de croire qu'elle est apparue à Sainte Bernadette Soubirous, cependant, je me dois de respecter ( aucune critique, aucun livre allant dans le sens opposé) l'approbation de l'Église.


I
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Message  Rosalmonte Jeu 25 Mar 2010, 12:14 pm

Merci chère Gaby, j'en ai appris un bonne!

Excusez-moi, je croyais que cette apparition avait "aidé" pour la promulgation de ce dogme si merveilleux.
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Message  gabrielle Jeu 25 Mar 2010, 12:18 pm

Rosalmonte a écrit:Merci chère Gaby, j'en ai appris un bonne!

Excusez-moi, je croyais que cette apparition avait "aidé" pour la promulgation de ce dogme si merveilleux.

Au début, nous faisons tous cette méprise, car on mélange les dates. Wink
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Message  Roger Boivin Jeu 04 Déc 2014, 11:41 am

"Il faut savoir que l'approbation donnée par l'Eglise à une révélation privée n'est pas autre chose que la permission accordée, après un examen attentif, de faire connaître cette révélation pour l'instruction et le bien des fidèles.

A de telles révélations, même approuvées par l'Eglise, on ne doit pas et on ne peut pas accorder un assentiment de foi ; il faut seulement, selon les lois de la prudence, leur donner l'assentiment de la croyance humaine, pour autant que de telles révélations soient probables et croyables pour la piété. [...] En conséquence, on peut ne pas accorder son assentiment à de telles révélations et s'en détourner, pourvu qu'on le fasse avec la modestie convenable, pour de bonnes raisons et sans intention de mépris."
Benoît XV, "De servorum Dei beatificatione", livre II, chap.XXXII, n°11.


"Les apparitions ou révélations ne sont ni approuvées ni condamnées par le Saint Siège, mais seulement permises comme pouvant être crues pieusement et de foi humaine selon les données et la valeur des témoignages."
Congrégation des Rites - Réponse à l'Archevêque de Santiago du Chili, 6 février 1875.


"En cette matière l'Eglise use d'une telle prudence qu'elle ne permet point que l'on relate ces traditions dans des écrits publics, sinon avec de grandes précautions et après insertion de la déclaration imposée par Urbain VIII. Encore ne se porte-t-elle pas garante, même dans ce cas, de la vérité du fait. Simplement elle n'empêche pas de croire des choses auxquelles les motifs de foi humaine ne font pas défaut."
Pie X, Encyclique "Pascendi", 8 septembre 1907


https://messe.forumactif.org/t6132p45-bilan#112290
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Message  Roger Boivin Lun 01 Juin 2020, 3:06 pm

Révélations privées Bub_gb10

https://archive.org/details/bub_gb_QdqrTb1QHPYC/page/n1/mode/2up
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Message  Roger Boivin Lun 01 Juin 2020, 4:52 pm

Lucie a écrit:Pour éviter de se tromper en la matière.

Père Toulemont :

Le texte suivant du Révérend Père est tiré de La Vie et les Oeuvres de Marie Lataste, publiées par M. l'Abbé Pascal Darbins, Troisième Edition, avec l'Approbation de Mgr l'Evêque d'Aire :
Spoiler:

LES REVELATIONS PRIVES. PRINCIPES ET NOTIONS SOMMAIRES.

I.

Dans l'ordre de la grâce, comme dans l'ordre de la nature, il est vrai de dire que Dieu a tout fait avec nombre, poids, et mesure. En un sens très réel et très exact, l'on peut affirmer que le monde surnaturel est régi, lui aussi, par des lois générales et constantes. Au sein de cette économie divine, pas de mobilité capricieuse, pas d'arbitraire, pas d'irrégularités ni de dissonances choquantes ; mais toujours la sagesse, l'unité, l'harmonie ; une harmonie qui, pour être plus variée, plus souple, en quelque sorte, que celle du monde physique, n'en est que plus belle, plus excellente et plus parfaite.

Voyez, par exemple, comment se conserve et se distribue dans l'Église la vérité révélée. Jésus-Christ par lui-même et par son Église dépose sa révélation entre les mains du corps apostolique pour la transmettre intégralement au corps des pasteurs qui doivent lui succéder. Dès lors, voilà cette divine révélation fixée, arrêtée une fois pour toutes. Elle subira bien une certaine évolution par suite de l'œuvre d'élaboration successive des intelligences ; l'humanité se l'assimilera d'une manière plus complète, elle en acquerra à travers les âges une conscience plus distincte, une conception plus explicite et plus scientifique ; mais le céleste dépôt ne souffrira aucune altération ni aucun développement essentiel ; le dogme reste et restera substantiellement identique dans sa divine immobilité : Veritas Domini manet in aeternum. Pareillement, les voies normales établies par Jésus-Christ pour la transmission de sa doctrine demeureront à jamais immuables : toujours il faudra que les âmes s'adressent pour la recevoir à l'autorité que l'Homme-Dieu a fondée, autorité dont la plénitude réside dans le chef de l'Église et par lui se communique sans se diviser à tous les rangs de la hiérarchie, à tous les degrés du sacerdoce. Ainsi se trouve réalisée au sein de l'Église l'unité de l'enseignement et de la foi ; ainsi la divine vérité se transmet "des supérieurs aux inférieurs", comme parle saint Thomas (1), et toujours par des moyens extérieurs, humains, sociaux ; en sorte que tous les anneaux, pour ainsi dire, de l'humanité catholique se trouvent rattachés et reliés les uns aux autres par une loi de dépendance mutuelle, semblable à celle qui fait mouvoir ensemble toutes les sphères célestes.

Toutefois, Celui qui a établi cet ordre admirable se réserve, quand il lui plaît, d'y déroger partiellement. Il ne faut pas l'oublier, en effet, si Dieu a placé l'Église extérieure et visible comme intermédiaire entre les hommes et lui, il a gardé aussi ses communications directes, immédiates et personnelles avec les âmes. Et même, à bien considérer les choses, la société visible des hommes entre eux n'est qu'une condition un mode d'initiation pour établir précisément cette société intime et ineffable des âmes avec Dieu. Là est, en effet, la vie propre de l'Église, son élément surnaturel et divin ; le reste est comme l'écorce, le revêtement et l'enveloppe corporelle.

Or, bien qu'en ces relations intimes mystérieuses, Dieu suive encore habituellement une manière d'agir régulière _ c'est ce qu'on appelle le cours ordinaire de la Providence ; _ néanmoins, toujours maître de ses dons, il les répartit selon sa sagesse, et parfois dans une mesure qui devient tout exceptionnelle et proprement miraculeuse. C'est ainsi, par exemple, qu'il éclaire certaines âmes d'une façon merveilleuse, en les initiant à ses secrets réservés, en leur dévoilant le secret caché de ses mystères _ tout cela par lui-même ou par ses anges, sans se servir du ministère des hommes, ni de son Église, si ce n'est toutefois pour surveiller, contrôler et vérifier au besoin ces divines communications, de peur qu'il ne vienne à s'y mêler quelque alliage d'erreur ou d'illusion. Notons en passant que par là, ces dérogations miraculeuses, tout comme les missions extraordinaires quelles qu'elles soient, se rattachent et se subordonnent d'une certaine façon à l'ensemble des lois générales ; car le mot que nous répétons si souvent : l'exception confirme la règle, ne trouve nulle part une application plus haute et plus éclatante que dans l'harmonie providentiel.

Les illuminations privilégiées dont nous venons de parler constituent ce que nous nommons révélations particulières ou privées pour les distinguer de la grande révélation universelle qui se transmet par l'organe de l'Église enseignante. Celle-là, au contraire, sont purement exceptionnelles et surérogatoires, elles n'ont qu'un caractère relatif et officieux, et, en aucun cas, elles ne peuvent devenir la règle de la foi catholique.

Qu'il y ait eu fréquemment dans l'Église des révélations de cette sorte, rien n'est plus certain. Il semblerait même, à première vue, qu'aux temps apostoliques, l'exception se soit presque confondue avec la règle et le privilège avec le droit commun. Nous voyons, en effet, les premiers fidèles recevoir le don de prophétie, le don des langues et d'autres semblables, comme un effet ordinaire des sacrements de baptême et de confirmation. C'est que l'on était alors à la période de formation. Il fallait, selon la comparaison de saint Augustin, il fallait qu'à la divine plante tendre et délicate encore, le céleste jardinier prodiguât les arrosements, en attendant que, grandie et fortifiée, elle pût se contenter de la pluie du ciel.

L'effusion des dons extraordinaires devint donc peu à peu moins fréquente, mais sans jamais cesser entièrement. Au second siècle, saint Irénée atteste qu'il existait de son temps des personnes favorisées de visions célestes. Saint Justin rend le même témoignage, et il considérait la vérité de ces grâces miraculeuses comme étant tellement constante et certaine qu'il ne craignait pas de les opposer aux païens comme une preuve de la divinité du christianisme. Origène à son tour assure de la manière la plus expresse, dans son livre contre Celse, que plusieurs s'étaient fait chrétiens, éclairés par des visions divines, sur la foi desquelles ils couraient d'eux-mêmes au martyre.

Un grand nombre de saints Pères, tels que saint Cyprien, saint Ambroise, saint Augustin, constatent aussi en termes non moins exprès, et parfois d'après leur expérience personnelle, l'existence des révélations privées (2).

Du reste, toutes les histoires ecclésiastiques nous offrent à cet égard les témoignages les plus irréfragables. Il n'est presque point de saint dont on ne raconte qu'il a reçu, à quelque degré et dans une certaine mesure, des visions ou des révélations du ciel. Qu'on veuille bien se rappeler les Actes des martyrs, notamment ceux de sainte Perpétue, ou encore la vie si extraordinaire des Pères du désert, ainsi que la vie des grands fondateurs d'ordre et de tant d'autres.

Mais une chose très digne de remarque, c'est que les révélations privées les plus nombreuses et celles qui justifient le mieux ce nom ont été plus fréquemment accordées à des femmes qu'à des hommes En quoi il ne faudrait point voir une dérogation à la parole de saint Paul qui défend aux femmes d'enseigner dans l'Église ; car cette défense confirmée et expliquée par la tradition tout entière ne doit s'entendre que d'un enseignement public et revêtu d'un caractère d'autorité officielle. Quant à l'enseignement privé officieux, la divine Providence, bien loin d'en exclure les femmes, semble au contraire le leur avoir confié d'une manière spéciale. N'est-ce pas des lèvres vénérées de nos mères que nous avons tous reçu les premiers germes de la foi ? N'est-ce pas le zèle de quelques pieuses princesses, parfois de simples esclaves chrétiennes, qui a servi d'instruments à la conversion de plusieurs peuples entiers ? Les révélations privées, nous l'avons déjà fait remarquer, n'appartiennent nullement au ministère doctrinal de l'Église. Rien donc ne s'oppose à ce que des femmes soient admises à la participation de ces grâces extraordinaires. Plusieurs théologiens même ont expliqué par des raisons de convenance comment un tel privilège pouvait leur être communiqué d'une manière plus abondante et comme de préférence.

Quelles que soient d'ailleurs les explications ou les raisons du fait que nous constatons, sa réalité ne saurait être révoquée en doute. Il suffit de nommer sainte Hildegarde, sainte Gertrude, sainte Brigitte, sainte Catherine de Sienne, sainte Françoise Romaine, sainte Catherine de Bologne, sainte Thérèse, sainte Rose de Lima, sainte Madeleine de Pazzi, sainte Catherine de Ricci et la bienheureuse Marguerite-Marie ; sans parler de beaucoup d'autres plus récentes dont les révélations, bien que moins assurées et moins autorisées, présentent pourtant, quant à leur ensemble, des signes non équivoques d'une origine divine.

Nous pouvons donc affirmer qu'il a existé depuis les premiers siècles une série non interrompue de révélations privées. Tous les théologiens catholiques sont unanimes sur ce point. Il y a plus, les mêmes auteurs, voyant ces communications divines se renouveler à toutes les époques, ont conclu sans hésiter qu'elles devaient aussi se reproduire plus ou moins fréquemment au temps où ils vivaient. A notre tour, il nous est permis d'appliquer la même conclusion à l'époque actuelle ; car le bras de Dieu n'est jamais raccourci. Mille faits authentiques constatés dans tous les procès de béatification, après avoir passé au crible de la critique la plus sévère qui soit au monde, celle de la Congrégation des Rites, prouvent surabondamment que les miracles se renouvellent tous les jours. Or, la source des révélations particulières ne saurait être plus épuisée que celle des autres grâces extraordinaires que Dieu a promises à son Église. Ce serait donc incontestablement un acte téméraire, un excès très blâmable que de nier absolument, de rejeter en bloc et de parti pris toutes les communications surnaturelles de ce genre qui auraient eu lieu dans ces derniers temps. Une telle disposition dénoterait des tendances rationalistes, à coup sûr fort éloignées du véritable esprit du christianisme.

(NDR : Mystici Corporis, S. S. Pie XII :

Mais il ne faudrait nullement s'imaginer que cette structure bien ordonnée ou, comme on dit, « organique », du corps de l'Église, s'achève et se circonscrive dans les seuls degrés de la hiérarchie ; ou, comme le veut une opinion opposée, qu'elle soit formée uniquement

29 juin 1896. Cf. A. S. S., 28, p. 710.

des « charismatiques », ces hommes doués de dons merveilleux dont par ailleurs la présence ne fera jamais défaut dans l'Église. Sans doute, il faut absolument maintenir que ceux qui dans ce corps sont en possession des pouvoirs sacrés, en constituent les membres premiers et principaux, car c'est par eux que se perpétuent, selon le mandat du divin Rédempteur, les fonctions du Christ, docteur, roi et prêtre.

http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/bx2.htm#cm )

II.

Mais hâtons-nous de le dire, s'il est indubitable qu'il existe des révélations privées qui viennent vraiment de Dieu, il n'est pas moins certain qu'il y en beaucoup d'autres qui sont purement humaines ou diaboliques. Tout le monde connaît cette longue histoire des mensonges ou des illusions données comme inspirations surnaturelles depuis les apocalypses ou les évangiles apocryphes jusqu'aux jongleries des Mormons ou des spirites contemporains, en passant à travers les innombrables sectes d'illuminés, de visionnaires, de faux mystiques, de prétendus extatiques, qu'on a vu pulluler dans tous les siècles : les Montan et les Priscille, les Palamites ou les moines du mont Athos, les Béguards et les Béguines, pour ne citer que quelques exemples entre mille. En ceci comme en presque toutes les choses où se mêlent l'humanité, les erreurs, les contrefaçons, les abus de tous genres, le mal sous toutes ses formes, sont venus se dresser à côté de la vérité et du bien. Faut-il le dire ? Chez les âmes même qui font profession de pratiquer la plus haute vertu, il n'est point rare de rencontrer les plus déplorables illusions en matière de communications surnaturelles, et saint Alphonse de Liguori n'a pas craint de dire que les révélations fausses sont beaucoup plus communes que les véritables.(3)

Voilà pourquoi l'apôtre Jean, témoin des abus ou des désordres que les fausses révélations suscitaient de son temps dans l'Église, écrivait aux fidèles : "Gardez-vous de croire à tout esprit ; mais examinez si les esprits sont de Dieu, car beaucoup de prophètes menteurs ont fait entrée dans le monde. (Joan., IV, 1)." Saint Paul adressait la même recommandation aux Thessaloniciens, car après avoir dit : "Ne méprisez point les prophéties", il ajoute immédiatement : "Examinez soigneusement toutes choses et n'admettez que ce qui est bon. (Thess., V, XX, 21.)" ; par où il donne clairement à entendre que tout ce qui tient aux dons extraordinaires doit être l'objet d'un discernement sévère.

Mais comment discerner le vrai du faux, ce qui est l'oeuvre de Dieu de ce qui ne l'est point ? C'est là une question singulièrement épineuse, sinon dans les généralités de la théorie, du moins dans les applications particulières de la pratique. Essayons pourtant de l'éclaircir autant qu'il est possible, en réduisant à leurs termes les plus simples les règles données par les théologiens et les maîtres de la vie spirituelle. (4)

En premier lieu, l'on doit tenir pour absolument fausses toutes les prétendues révélations qui sont en contradiction avec la foi, celles qui blessent la morale ou qui présentent tout autre caractère excluant manifestement l'intervention divine. _ En conséquence, il est superflu de procéder à un examen ultérieur, une fois qu'on a clairement reconnu des choses contraires aux saintes Ecritures, aux vérités définies par l'Eglise, à l'enseignement unanime des saints Pères et des docteurs. Il faut également répudier comme de pures fictions tout ce qui tendrait à prêter à Dieu des actes ou des desseins ridicules et indignes de sa souveraine sagesse. Aucun doute non plus n'est possible sur les révélations, lorsqu'elles suggèrent ou commandent la violation des lois naturelles ou divines, quand elles renferment quelque chose d'indécent et surtout de charnel, quand enfin elles produisent la présomption, l'orgueil ou bien un certain trouble qui énerve l'âme, la dégoûte et la jette dans le relâchement. Tous ces signes sont infaillibles, et chaque fois qu'on a découvert un seul d'entre eux, on peut dire à coup sûr : la main de Dieu n'est pas là ! A peine est-il besoin d'ajouter qu'il n'y a aucun compte à tenir des révélations particulières qui auraient eu pour organes des personnes impatientes, bavardes, menteuses ou entêtées dans leurs jugements : ce sont précisément là les traits caractéristiques auxquels se reconnaît l'imposture.

En second lieu, l'on doit regarder comme plus ou moins douteuses et suspectes les révélations qui renferment des assertions nouvelles, singulières, et celles qui ont pour objet des choses curieuses ou inutiles, et enfin celles qui sont faites à des personnes dont la vie, le caractère et les dispositions n'offrent que de médiocres garanties. _ Nous appelons ici nouveau et singulier tout ce qui n'a aucun fondement, soit dans l'Ecriture, soit dans la tradition, et qui s'éloigne du sentiment communément reçu parmi les Pères et les théologiens. L'on peut en dire autant de toute assertion qui donnerait comme révélées certaines opinions controversées, telles que la question de savoir si le Verbe se serait incarné dans l'hypothèse où Adam n'eût point péché. Or, quoiqu'en aient dit certains auteurs(5), les révélations privées ne sauraient être absolument rejetées par le seul fait qu'elles contiennent des propositions de cette nature. Ne serait-ce pas resserrer arbitrairement le cercle de l'intervention divine que de vouloir lui faire connaître, par une disposition spéciale, la solution de telle ou telle question jusqu'ici librement débattue ? Et qu'est-ce qui s'oppose aussi à ce que le Sauveur des hommes manifeste à quelques âmes, sur ce qui concerne sa vie ou celle de la Sainte Vierge, certains détails, certaines circonstances propres à exciter la piété ; ou bien d'autres choses encore restées entièrement inconnues aux saints Pères et aux docteurs, ou même contraire à leur sentiment commun ? Car enfin, l'opinion commune _ je ne dis pas unanime _ n'est pas pour cela certaine ; et parfois même, l'on peut trouver à l'encontre de graves et imposantes raisons. Nous le répétons donc, il ne faudrait pas rejeter unanimement et exclusivement de ce chef telles ou telles révélations particulières. Disons toutefois, avec Benoît XIV, qu'il y a lieu de craindre qu'elles ne soient pas pures de tout mélange. L'âme qui croit les avoir reçues du ciel peut bien n'avoir fait autre chose que combiner et transformer des souvenirs ou des opinions préconçues, forger des conjectures et des raisonnements plus ou moins vraisemblables. Le mieux donc, en pareil cas, c'est de réserver son jugement, de douter, à moins que les motifs de suspicion ne soient abondamment compensés par des motifs contraires d'un poids tout exceptionnel.

Quant aux révélations qui sembleraient avoir pour but de satisfaire la curiosité, il est évident qu'elles sont plus suspectes encore. On ne devrait même pas hésiter à les tenir pour de pures inventions, s'il était démontré qu'elles n'ont aucune utilité réelle, car ce serait faire injure à Dieu que de lui attribuer un acte quelconque qui n'aurait point sa raison suffisante, comme parle la philosophie. Cependant, il y a en ceci un péril à éviter. Les conseils et les voies de Dieu ne sauraient se mesurer à nos conceptions si bornées. Telles révélations pourraient fort bien nous paraître inutiles, sans but sérieux, et pourtant avoir leur raison d'être dans les secrets impénétrables de la politique du ciel, pour employer un mot de Bossuet. Voilà pourquoi Benoît XVI n'a garde de condamner du premier coup les révélations qui semblent inutiles et simplement curieuses. Il pense seulement que ce caractère les rend douteuses, suspectes, et qu'on doit procéder avec beaucoup plus de discrétion avant de se prononcer sur elles. Ce sentiment si judicieux et si sensé nous semble être la seule règle qu'on puisse fixer ici d'une manière générale.

Du côté des personnes mêmes qui se donnent comme favorisées de révélations, il existe des motifs de suspicion plus ou moins graves, quand ces personnes sont encore novices dans la vie spirituelle ; quand elles n'éprouvent aucune impulsion intérieure vers la mortification ; quand elles ont de l'éloignement pour les voies communes, avec une certaine curiosité qui les porte à désirer des communications extraordinaires, si surtout elles aiment ensuite à les divulguer. Notons que ces dernières dispositions deviennent même quelquefois des indices certains d'hallucinations ou de mensonge.

Pareillement, tous les hommes prudents se défieront beaucoup des personnes d'un tempérament morbide et anormal, comme aussi de celles qui ont l'imagination très vive et la sensibilité très développée. Il est certain que l'imagination a joué le principal rôle dans les illusions des visionnaires et des illuminés les plus célèbres. L'expérience, d'ailleurs, fait bien voir tous les jours les effets, parfois très étranges, que produit cette capricieuse faculté. C'est en grande partie pour cette raison que les auteurs s'accordent à regarder les visions ou les révélations des femmes comme étant généralement fausses ou très suspectes.(6) En cela, il ne contredisent en rien le fait que nous signalions plus haut, à savoir que les révélations vraiment surnaturelles ont été accordées plus souvent aux femmes qu'aux hommes ; mais ils constatent un autre fait moins indubitable c'est que les femmes sont aussi beaucoup plus sujettes aux erreurs et aux illusions en pareille matière. L'histoire mystique l'atteste par d'innombrables exemples, qui sont plus que suffisants pour commander la plus grande défiance à l'égard de ces personnes, toutes les fois qu'elles n'offrent pas d'ailleurs les garanties les plus certaines.

En troisième lieu, pour reconnaître la vérité des révélations privées, on ne peut généralement se fier à aucun signe pris isolément ; mais l'on doit considérer attentivement toutes les circonstances qui regardent la personne, la manière dont les révélations se sont faites et les effets qui les ont suivies.

Voici comment le cardinal Bona procède à cet égard(7). On peut, selon lui, prendre pour types et modèles les révélations de sainte Thérèse, lesquelles, en effet, sont revêtues d'une autorité toute spéciale, au jugement des homme les plus accrédités(Cool. Or, continue le docte cardinal, quels sont les signes principaux qui nous rendent certains de l'origine surnaturelle des visions et des révélations reçues par cette sainte ? "Elle craignait toujours les illusions du démon, et pour cela elle ne demanda ni ne désira jamais avoir des visions, mais plutôt elle priait Dieu de la conduire par la voie ordinaire, ne désirant qu'une seule chose, c'est-à-dire que la volonté divine s'accomplît en elle. _ Comme le démon a coutume de suggérer le silence et le secret aux âmes qu'il veut tromper, sainte Thérèse était souvent invitée par l'esprit qui lui parlait à s'ouvrir à des hommes doctes, et elle se soumit, en effet, à l'examen des personnages illustres qui se distinguaient alors en Espagne par leur renom de science et de sainteté, tels que saint Pierre d'Alcantara, saint François de Borgia, Jean d'Avila, Balthasar Alvarez, Dominique Bannès et autres. _ Elle obéissait très exactement à ses directeurs et, à la suite de ses visions, elle avançait dans la charité et l'humilité. _ Elle recherchait de préférence les personnes qui lui témoignaient le moins de confiance, et elle aimait davantage ceux dont elle avait à souffrir des persécutions. _ Son âme éprouvait une très grande tranquillité et un contentement extrême; son zèle pour le salut des âmes était très vif, ses pensées très pures, sa candeur très grande et on désir de la perfection très ardent. _ Si elle avait des imperfections, des défauts, elle en était toujours réprimandée par celui qui lui parlait intérieurement. _ il lui fut dit que toutes les choses justes qu'elles demanderaient à Dieu lui seraient indubitablement accordées, et, de fait, ayant souvent demandé, elle fut toujours exaucée. _ Toutes les personnes qui se trouvaient en relation avec elle étaient excitées par son commerce à la modestie, à la piété et à l'amour de Dieu ; à moins que leurs mauvaises dispositions n'y fussent un obstacle. _ Ses visions avaient ordinairement lieu après une oraison longue et fervente, ou après la sainte communion, et elles produisaient dans son âme un très ardent désir de souffrir pour Dieu. _ Elle châtiait son corps par des jeûnes, des flagellations, des cilices, et se réjouissait au milieu des tribulations, des murmures et des maladies. _ Elle affectionnait la solitude, fuyant le commerce des hommes et se détachant absolument de toute affection aux choses terrestres. _ Elle affectionnait la solitude, fuyant le commerce des hommes et se détachant absolument de toute affection aux choses terrestres. _ Elle conservait la même attitude et la même tranquillité d'âme dans la prospérité comme dans l'adversité. _ Enfin les hommes doctes n'ont jamais rien observé dans ses révélations ou dans leurs circonstances qui s'éloignât des règles de la foi ou de la perfection chrétienne, ou qui fût répréhensible de quelque manière."

Après avoir énuméré tous ces signes, le cardinal Bona conclut en ces termes : "Toutes les fois que de semblables conditions sont réunies dans une personne, l'on ne peut douter que ces révélations soient de Dieu." C'est qu'en effet cet ensemble de règles est tellement combiné qu'il exclut jusqu'à la possibilité d'une illusion et d'une erreur, je veux dire une illusion grave et d'une erreur de quelque importance. S'il en était autrement, il semblerait que la divine Providence aurait failli à ses promesses. Quand surtout il est bien constant que les révélations sont précédées, accompagnées et suivies des sentiments d'une humilité vraie, d'une humilité à l'épreuve, le doute n'a plus de fondement raisonnable. L'humilité, disent les meilleurs auteurs(9), c'est la marque la plus sûre, la pierre de touche par excellence, pour discerner toutes les opérations divines : mouvements intérieurs, miracles, révélations, visions, extases ou ravissements.

Saint Jean Chrysostôme nous fournit encore un autre principe très important pour vérifier les révélations privées quand il dit : "Toutes les fois qu'il s'accomplit une chose au-dessus de la nature et bien au-dessus de la nature, de telle façon qu'elle soit distinguée par sa convenance et son utilité, il est clair qu'elle se fait par une force et une vertu divines.(10)" Ainsi, par exemple, lorsqu'une personne découvre des mystères et des secrets qui n'ont évidemment aucune proportion avec sa science acquise et sa portée d'esprit, il est certain d'abord que ces connaissances n'ont pu lui venir que du démon ou de Dieu. De plus, il est également certain qu'elles ne viennent point du démon, si, dans leur objet, leurs circonstances et leurs effets, elles ne renferment rien qui ne soit vrai, irrépréhensible, plein d'édification, propre à procurer la gloire de Dieu et le bien des âmes.

Cette preuve a une valeur incontestable, parfois même décisive. Remarquons cependant que l'esprit du mal voulant perdre plus sûrement une âme commence souvent par lui suggérer les choses les plus belles et les plus saintes. On se tromperait donc grossièrement si l'on attribuait toujours à Dieu toutes les pieuses révélations prises isolément et sans égard aux autres signes. C'est pour cela que nous avons dit qu'on ne doit se fier à aucun signe en particulier.

L'on aurait tort également d'accorder une valeur absolue à telles ou telles circonstances merveilleuses qui ont pu accompagner les révélations que l'on veut juger, comme des extases avec élévation du corps au-dessus du sol, manifestations de certains secrets, prédictions accomplies, visions sublimes(11), mouvements de ferveur extraordinaire, desseins et résolutions héroïques. Rigoureusement parlant, ces choses peuvent être l'oeuvre du démon, et quelques-unes même pourraient n'être que des phénomènes naturels.

Enfin, il importe souverainement de remarquer ceci, si sainte, si humble et si expérimentée que soit une personne, l'on ne saurait jamais conclure à coup sûr que parmi ses révélations les plus certaines, les plus indiscutables quant à leur substance et leur ensemble, il ne s'est point glissé, dans les détails, une part plus ou moins considérable d'invention personnelle. Ce principe capital exige quelques développements. Toute la question de l'autorité des révélations privées est là.

III.

Bien qu'il soit très difficile de comprendre, et plus encore d'expliquer ce qui se passe dans les extases, les visions et les révélations divines, une chose est cependant certaine, c'est qu'en accordant à une âme ces faveurs extraordinaires, Dieu ne lui communique pas pour cela le don d'infaillibilité, ni cette assistance spéciale, qui sont le privilège des auteurs inspirés ou de l'Eglise enseignante. d'ordinaire, et à part peut-être certains intervalles plus ou moins courts, l'âme élevée à l'état surnaturel le plus sublime conserve jusqu'à un certain point l'usage de sa liberté, de son imagination et de sa faculté de raisonner. Dès lors, il n'est point douteux qu'elle ne puisse, même à son insu, mêler à l'opération divine quelques effets émanant exclusivement de son autorité propre, et par conséquent modifier et transformer à un certain degré la nature même de cette opération.

D'ailleurs, il n'y a pas seulement à considérer le moment précis où Dieu se communique à l'âme, il faut aussi avoir en vue le temps qui vient immédiatement après. L'âme alors se sent encore toute échauffée, et comme frémissante et vibrante par suite du contact reçu. C'est surtout en cette période de transition que les illusions sont à craindre, car, selon la pensée de saint Ignace dans ses admirables règles de discernement des esprits, il arrive assez fréquemment que, soit habitude ou raisonnement, ou jugement propre, soit impulsion du bon ou du mauvais esprit, l'âme éprouve des sentiments, forme des délibérations qui n'émanent point de Dieu directement et qui exigent une discussion très exacte avant qu'on y puisse donner son assentiment(12).

De plus, il faut noter que les personnes qui ont reçu des communications divines sont exposées à de nouvelles erreurs lorsqu'elles les racontent de vive voix ou par écrit. Tantôt ce sont les termes qui leur font défaut pour exprimer exactement leur pensée(13) ; tantôt ce sont leurs souvenirs qui ont perdu leur fidélité. Supposons en effet, qu'un temps plus ou moins considérable se soit écoulé depuis que les révélations ont eu lieu : on conçoit sans peine que dans cet intervalle les différentes facultés aient pu modifier en quelque manière les notions ou les impressions reçues, en les amoindrissant, et surtout en y ajoutant des circonstances étrangères.

On le voit, les erreurs, les inexactitudes, les illusions peuvent se glisser de différentes façons dans les révélations priées. Dieu le permet ainsi pour l'instruction des âmes qu'il a favorisé de ces grâces privilégiées. il veut leur apprendre à se tenir toujours sur leurs gardes afin d'éviter l'orgueil et la présomption. Il veut aussi enseigner à tous les chrétiens qui seraient peut-être tentés de se fier outre mesure à ces manifestations extraordinaires, que son Eglise seule demeure l'organe authentique de sa parole, l'interprète infaillible de sa loi et le guide toujours assuré de nos consciences.

En fait, quand on examine de près les révélations de plusieurs saints personnages, de ceux même que l'Eglise a placés sur les autels, on y trouve bien des choses pour le moins douteuses et quelquefois très fausses. Il n'est pas rare, en effet, que ces révélations soient en contradiction les unes avec les autres, et qu'elles renferment des prophéties non accomplies(14) ou divers signes d'hallucination. Le vaillant bollandiste Papebroch, après avoir discuté certaines révélations du bienheureux Herman-Joseph, n'a pas hésité à dire catégoriquement : "Je souffrirai tout ce qu'on voudra plutôt que d'admettre de telles choses comme des communications célestes. " Les Bollandistes rejettent pareillement beaucoup d'autres révélations, entre autres celles de sainte Elisabeth de Shönau sur le martyre de sainte Ursule et de ses compagnes(15). Plusieurs savants critiques ont également soulevé de graves objections contre telles ou telles révélations que l'Eglise a jusqu'à un certain point approuvées, comme celles de sainte Hildegarde, de sainte Brigitte et de sainte Catherine de Sienne(16).

Et qu'on ne dise pas qu'émettre un doute ou un dissentiment en pareil cas, c'est manquer de respect à la mémoire de ces âmes saintes. Le respect demeure parfaitement intact tant qu'on ne témoigne aucun sentiment de mépris et qu'on n'exprime point son opinion témérairement et sans quelque motif raisonnable. Dans ces limites, l'Eglise nous laisse toujours une grande liberté d'appréciation au sujet des révélations privées. "Peu lui importe, dit Melchior Cano, que l'on croie ou que l'on ne croie pas aux visions de sainte Brigitte ou aux autres : ces choses ne se rapportent nullement à la foi(17)."

Il est vrai que la personne même à laquelle ces révélations sont communiquées par le ciel peut et doit y croire d'une foi surnaturelle, pourvu qu'elle ait, non pas une simple probabilité, mais une vraie certitude de leur origine divine(18). Mais quant aux autres fidèles, il est certain qu'ils ne sont nullement obligés d'y donner leur adhésion. En approuvant spécialement quelques révélations,  l'Eglise 'entend en aucune sorte les imposer à notre croyance. Elle déclare seulement qu'elle n'y trouve rien qui soit directement contraire  la foi ou bonnes moeurs, et qu'on peut les lire avec profit ou sans danger, du moins en certains pays(19). Du reste, elle ne se porte pas garant de la vérité de chaque proposition en particulier et elle permet pleinement d'y contredire à la seule condition de ne pas outre-passer les limites que nous indiquions tout à l'heure.

(NDR : Benoit XIV nous dit à propos des Révélations de sainte Brigitte : "Ces Révélations, quoique ne méritant pas la même foi que les vérités de la religion, ne sauraient être rejetées sans imprudence, car elles reposent sur des motifs suffisants pour qu'on les croit pieusement."
Selon l'auteur du Petit Manuel du Chrétien, dans sa "petite vie des saintes offerte aux jeunes filles en lectures pour chaque dimanche",Imprimerie F. Wattelier et Cie, livre du 19ème.)

Quelle est donc en dernière analyse l'autorité des révélations privées ? Elles ont la valeur du témoignage de la personne qui les rapporte, ni plus ni moins. Or, cette personne n'est jamais infaillible (NDR : sauf peut-être le Pape, comme le montre l'histoire du Scapulaire du Mont-Carmel ? quand Notre-Dame apparut à S. S. Jean XXII et lui fit la promesse que ceux qui porteraient le Scapulaire sortirait du Purgatoire le samedi suivant leur décès, ce qui fait qu'il publia la Bulle Sabbatine.) ; il est donc manifeste que les choses qu'elle atteste ne sont jamais absolument certaines _ sauf le cas seul d'un miracle directement opéré en faveur de cette attestation. Pour tout dire en un mot, les révélations privées n'ont qu'une autorité humaine et probable.

De là il résulte qu'on ne peut, généralement parlant, les alléguer pour trancher une question théologique controversée, encore moins pour résoudre un point de philosophie, d'histoire ou de science quelconque.

Ce serait un abus, à part certains cas très exceptionnels, de mentionner les révélations privées dans la chaire chrétienne. Tout au plus est-il permis, dans les exhortations adressées à quelques personnes pieuses , de les leur offrir comme aliment d'édification spirituelle ; encore faut-il éviter à tout prix que ces personnes ne prennent le change et ne s'exagèrent l'estime qu'elles doivent en faire. Il importe à l'honneur et à la dignité d'une religion divine, que ses disciples ne soient pas des âmes crédules et qu'ils sachent assez estimer leur foi pour la placer toujours infiniment au-dessus de tout ce qui n'est pas elle.

Quant aux directeurs de conscience chargés de conduire les âmes favorisées de grâces extraordinaires, plus que les autres, ils doivent s'appliquer le précepte de l'apôtre : Nolite omni spiritui credere. Quiconque accueillerait faclement les visions et révélations ferait preuve d'une imprudence inqualifiale, dont les conséquences ne sauraient manquer d'être profondément funestes. Examiner les choses longtemps et sous toutes ses faces, se retrancher dans une défiance qui ne saurait jamais être trop grande pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à l'incrédulité tout à fait systématique : voilà la seule ligne de conduite que dicte le bon sens le plus vulgaire. Et certes, elle est bien justifiée par toute la doctrine que nous avons exposé plus haut, en traçant les règles pour discerner les vraies et fausses révélations. car s'il est une conclusion qui ressorte clairement de ces principes, c'est assurément que l'appréciation des faits surnaturels de ce genre est d'une extrême difficulté, d'une difficulté telle que parfois elle dépasse les forces de toute la science et la pénétration humaine.

Il nous reste à dire, en terminant, un mot sur les dispositions avec lesquelles il convient de lire les écrits renfermant des visions ou des révélations particulières. Nous ne parlons pas, bien entendu, de ceux qui n'auraient pas été examinés par des hommes compétents et qui ne seraient revêtus d'aucune approbation ecclésiastique : ceux-là ne méritent aucune confiance et les fidèles doivent s'en interdire la lecture. Il s'agit exclusivement de deux catégories de livres : les premiers depuis longtemps signalés par la haute sainteté de leurs auteurs et par l'approbation qu'ils ont reçue du Saint-Siège ; les seconds émanant de personnes d'une piété reconnue et déjà approuvée par un ou plusieurs évêques, après mûr examen de quelques hommes sûrs constatant que la doctrine en est saine et profitable.

Or, bien qu'il soit juste de mettre une grande différence entre ces deux sortes d'écrits, on peut néanmoins affirmer que les uns et les autres que les fidèles puissent les lire avec fruit. Les livres de révélations particulières se font parfois remarquer par un singulier parfum de piété, par une limpidité de doctrine, par une onction pénétrante que l'on demanderait vainement à la plupart des ouvrages ordinaires de spiritualité. Une âme droite et sincère y trouvera incontestablement les plus précieux éléments d'édification, en les méditant dans un esprit de simplicité modeste et intelligente, sans parti pris hostile, sans prétention de critique exagérée, comme aussi sans crédulité puérile et sans estime excessive pour les faits merveilleux : deux excès qu'il importe également d'éviter en matière de révélations privées.

P. TOULEMONT.

NOTES :

(1) "Revelatio divina ordine quodam ad inferiores pervenit per superiores, sicut ad homines per angelos et ad inferiores angelos per superiores." (2. 2. q. II. a. 6.).
(2) Voir les textes de ces saints Pères et de plusieurs autres dans Gravina, Lapis Lydius ad discernendas revelationes.
(3) Praxis confess.
(4) Nous avons principalement consulté : 1° les Bollandistes, Acta Sanctorum, passim ; 2° Benoît XIV, de Servorum Dei beatificatione et canonizatione, lib. III, c. 45-54 ; 3° le cardinal Bona, de Discretione spirituum ; 4° Amort, de Revelationibus, visionibus et apparitionibus privatis, Regulae tutae ex scriptura, conciliis, SS. Patribus, aliisque optimis authoribus collectae, explicatae et exemplis illustrate, 1744.
(5) Voir leurs opinions dans Benoît XIV, ouvrage cité, C. LIV, n.7.
(6) Voir Amort, ouvrage cité, p. 43 et suiv. et alibi passim.
(7) De Discr. Spir., cap. XX.
(Cool On peut voir dans la Vie de Sainte Thérèse par les Bollandistes, les témoignages exeptionnels rendus à sa doctrine. Cependant les savants critiques réfutent l'opinion de certains auteurs qui ont prétendu mettre cette sainte au rang des docteurs de l'Eglise.
(9) Voir les nombreux témoignages cités par Benoît XIV, loc. cit., cap. LI, §3.
(10) Hom. 3, in 1 Cor.
(11) La plupart des auteurs font cependant remarquer, et avec raison, ce semble, que les visions ou révélations purement intellectuelles sont toujours l'oeuvre de Dieu. En tous cas il est certain qu'elles sont infiniment moins sujettes à l'illusion que les visions qui sont présentées à l'imagination ou aux sens extérieurs.
(12) Exercit. spir. ; Reg. VIII, de Discr. Spir., pro 2a hebd.
(13) On doit conclure de là que certaines expressions inexactes dans un livre de révélations ne suffiraient pas pour déclarer ces révélations fausses. Il y a quelquefois lieu d'appliquer à ces xpressions une interprétation bénigne.
(14) On sait toutefois que certaines prophéties vraies peuvent bien se réaliser, parce qu'elles sont souvent conditionnelles.
(15) Voir les Actes de sainte Ursule, par le savant P. de Buck (Acta  SS., t. IX octobris).
(16) Amort, op. cit.
(17) De locis theol. lib. XII, cap. III. _ Cf Ben. XIV, op. cit., lib. III, cap. ult., n.15.
(18) Ben. XIX, loc. cit. n. 12 et 13.
(19) On sait que certains livres de révélations ne sont pas approuvés pour tel ou tel pays.

En voici l'ouvrage en trois tomes :

I - https://archive.org/details/lavieetlesoeuvre01lata

II - https://archive.org/details/lavieetlesoeuvre02lata

III - https://archive.org/details/lavieetlesoeuvre03lata

Roger Boivin
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