Le singe de Dieu

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Message  gabrielle Lun 23 Nov 2009, 10:21 am

XVIII. Le singe de Dieu

Observons maintenant le démon dans son comportement comme imitateur de Jésus-Christ. Le démon est jaloux de Notre Sauveur à qui il reproche de lui avoir ravi la première place dans la création. Et comme tous les êtres jaloux il ne quitte pas des yeux celui qui est l'objet de sa jalousie.

Mais par ailleurs Satan ne peut rien innover puisque Notre Seigneur conserve en tout l'initiative. Sa jalousie va donc faire de lui l'imitateur de Jésus-Christ. Nous allons voir dans quelles conditions.

Le démon, nous l'avons vu, travaille à édifier sur la terre son pouvoir et sa religion. Il a évidemment le choix entre deux tactiques.
Il peut édifier les organes de sa principauté en toute indépendance : créer ses hauts-lieux, ses dynasties dévouées, ses sanctuaires ; il peut établir ses propres cycles chronologiques, ses rites d'offrande, son symbolisme, ses voies méditatives et cela en face de l'édifice du Christ et pour le braver et le narguer. C'est même la tactique qui convient le mieux à un être aussi pénétré de "propre esprit" et aussi actif.

Malheureusement les hommes possèdent une religiosité naturelle et un respect naturel de l'autorité qui sont faits pour Dieu et pour ses envoyés.Ils se plieront donc difficilement à des organes indépendants construits sur un autre modèle, en vue d'une autre finalité, et pour le compte d'un autre maitre.

Sans abandonner totalement la tactique indépendante à laquelle il aime certes revenir, Satan va donc suivre une tactique d'imitation qui lui facilitera singulièrement la tâche. Il va pénétrer, couvert d'une peau de brebis, dans les institutions faites pour Dieu et dans lesquelles il va se faire passer pour Dieu grâce à ce pouvoir de travestissement que nous venons d'examiner.

En somme, il va généraliser la stratégie par laquelle il a réussi à détrôner Adam, quand il s'est montré dans l'arbre planté par Dieu. Toutes les autorités viennent de Dieu. Le démon va les usurper toutes successivement. Il va concrétiser progressivement ses droits virtuels de Prince de ce Monde.

Il agira de même avec la religion primordiale révélée par Dieu. Il la morcellera et en pénétrera les morceaux. Et quand il aura pénétré toutes les autorités et toutes les institutions divines, il dira : « La maison est à moi c'est à Dieu d'en sortir.»

La nécessité de cette stratégie parasitaire appa-rait surtout en matière de religion. Il ne fait aucun doute que Dieu a établi la nature humaine en vue de lui communiquer la Révélation. Il a tout coordonné, dans les facultés humaines pour que, le moment venu, l'homme accueille, sans difficulté, la Religion du Vrai Dieu. On a donné, à cet ensemble de facultés natives, le nom de religiosité naturelle. Les théologiens parlent, dans le même sens, de la "vertu naturelle de religion ".

Bien plus, Dieu a établi l'homme dans un univers qui, lui aussi, suggère à l'esprit la notion d'un Maître devant lequel il convient de se prosterner. Il serait très intéressant d'étudier toutes les propensions religieuses de la nature humaine. Nous ne pouvons ici qu'en énumérer quelques-unes. On observe partout, par exemple, le sens de la génuflexion ou de l'inclination par lesquels, pour honorer quelqu'un de grand, l'homme se rapetisse. Le goût de la prosternation est déjà un simulacre d'anéantissement devant celui qui nous a tiré du néant ; simulacre d'anéantissement poussé encore plus loin par le sacrifice d'une victime : "sacrifice" signifie "dévotion" au sens étymologique. On note aussi l'attrait pour les hauts-lieux de la nature, surtout lorsqu'un épisode sacré s'y est déjà déroulé. De même le sens de respecter les temps forts qui reviennent sur le cycle annuel. On observe aussi la propension générale à la contemplation naturelle avec sa phase préparatoire nécessaire : la mortification des sens.

Ces inclinations spontanées de la religiosité naturelle sont faites pour aboutir à la Vraie Religion du Dieu qui se fait d'abord désirer et qui se révèle ensuite.

C'est dans cette religiosité là que le démon veut pénétrer. Or elle n'est pas faite pour lui. Il faudra donc, pour s'y introduire, qu'il se travestisse en celui pour qui la religiosité est faite. Écoutons Bos-suet parler de cette substitution : « Le démon abolit la connaissance de Dieu, et par toute l'étendue de la terre, il se fait adorer à sa place... Il a toujours affecté de faire ce que Dieu faisait, comme un sujet rebelle qui affecte la même pompe que son souverain... N'a-t-il pas eu ses autels et ses temples, ses mystères et ses sacrifices, et les ministres de ses impures cérémonies qu'il a rendues, autant qu'il a pu, semblables à celles de Dieu ; parce qu'il est jaloux de Dieu et veut paraître en tout son égal.» [ Bossuet. Premier sermon sur les démons ]

Le paroxysme de cette substitution du dragon à Dieu, dans la religion, est réalisé dans les circonstances que Notre Seigneur laisse prévoir à ses apôtres de tous les temps : « Bien plus, l'heure vient où quiconque vous fera mourir s'imaginera rendre un culte à Dieu.» [ Jean XVI - 2 ]

Les fausses religions mettent en œuvre la religiosité naturelle commune à tous les hommes de sorte que leurs adeptes croyent sincèrement rendre un culte à Dieu qui est le centre normal de cette religiosité. Mais en réalité ils sont placés sous l'influence spirituelle de Lucifer. C'est ainsi que derrière chaque idole païenne se cache un démon. Quand arrive un apôtre de Notre Seigneur et qu'il s'approche de trop près, le démon inspirateur suggère de le mettre à mort. Et les adeptes le tuent, s'imaginant rendre un culte à Dieu.

Abrégé de démonologie
Jean Vaquié
Éditions Sainte Jeanne d'Arc
pages 72-75
gabrielle
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