DIEU SEUL ou Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu - M. Henri-Marie Boudon

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Message  Monique le Dim 04 Oct 2020, 10:45 am

DIEU SEUL  ou  Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu - M. Henri-Marie Boudon Esclav10


Introduction


*


À LA VIERGE FIDÈLE


*


Souveraine reine des anges et des hommes, abîmé dans mon néant, et me reconnaissant entièrement indigne de paraître en votre sainte présence, j'ose néanmoins, appuyé sur vos maternelles bontés, le sujet ordinaire de mes plus douces espérances, vous consacrer cet ouvrage qui ne respire que votre honneur et votre gloire, pour la seule gloire et le seul honneur de Dieu seul, qui est l'unique chose que je désire, et que je veux rechercher en toutes choses. L'oblation entière et irrévocable que je vous ai faite il y a longtemps de tout ce que je suis en l'être et en l'ordre de la nature, et de la grâce et de tout ce qui en dépend, de toutes les actions naturelles, indifférentes et bonnes que j'opérerai à jamais, m'ôte tout le pouvoir d'en user autrement. Ma vie, tant intérieure qu'extérieure, et généralement tout ce qui est mien, est plus à vous qu'à moi-même, et même, ô ma divine princesse ! n'ayant plus rien à moi, tout ce que j'ai vous appartient par mon état et condition de servitude, et je veux et désire de tout mon cœur aujourd'hui, dans un jour tout dédié en l'honneur du glorieux archange saint Michel et de tous les anges, en présence de tous ces esprits bienheureux que j'invoque avec les soumissions les plus respectueuses à mon secours, vous parlant avec l'un de vos plus véritables esclaves, et m'unissant à la sainteté de ses intentions, que vous ayez une puissance spéciale sur mon âme, sur mon état, sur ma vie, sur mes actions, comme sur des choses qui vous appartiennent tout de nouveau par un droit particulier, en vertu de l'élection que je renouvelle de dépendre entièrement de votre maternité et souveraineté, m'abandonnant à tous vos vouloirs, me livrant à tous vos pouvoirs et à tous les effets de votre souveraineté.


A suivre...
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Message  Monique le Lun 05 Oct 2020, 8:10 am

Tout mon regret est de n'avoir qu'un cœur et une vie pour vous donner. Mais, s'il m'est permis de donner quelque liberté à mes désirs, je voudrais avoir autant de cœurs et de vies qu'il y a d'étoiles au ciel, de gouttes d'eau dans la mer, d'étincelles au feu, de brins d'herbes sur la terre, pour vous les donner, pour vous les consacrer dans l'ordre de votre Fils bien-aimé et pour sa pure gloire. Mais au moins, puisque cela n'est pas en mon pouvoir, je ferai tout et je n'oublierai rien en la vertu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils adorable, pour vous gagner des cœurs et vous acquérir des esclaves.


Aimable Vierge, il est vrai que mon cœur se sent plus pressé que jamais de vous aimer, et, si je l'ose dire, il me semble qu'il vous aime, et il me paraît qu'il voudrait disputer avec tous les cœurs de votre amour. Mais, hélas ! que peut faire un misérable et chétif cœur comme il est ? Il appelle donc à son secours tous les neuf chœurs des anges, tous les cœurs des saints, et veut vous aimer par tous leurs amours ; et, comme tout cela ne le contente pas, il veut vous aimer par le divin cœur de Jésus. Je conjure ce cœur très aimable d'anéantir, par sa puissance et miséricorde, tout ce qui est contraire dans tous les cœurs à l'établissement de son règne, toutes les oppositions que les hommes y forment, tous les obstacles qu'ils y apportent, toute la force et les ruses des démons qui le combattent, pour y établir l'empire de son amour, afin que les hommes étant parfaitement assujettis à ses lois, vivant dans un état de servitude perpétuelle, ils soient, ô glorieuse Vierge, ses véritables esclaves et les vôtres.

A suivre...
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Message  Monique le Mar 06 Oct 2020, 8:57 am

Bénissez donc, ô Mère de bonté, cet ouvrage qui tend uniquement à cette fin, qui n'a point d'autre but que de vous donner des esclaves en l'honneur de l'état et forme de serviteur que le Verbe éternel a prise, s'anéantissant dans vos pures entrailles, et se rendant votre sujet. Bénissez-le de vos plus amoureuses bénédictions, afin qu'il serve efficacement à votre gloire. Mais que tous les esprits du ciel et de la terre vous bénissent, vous louent, vous aiment, vous remercient pour toutes vos grandes et innombrables miséricordes sur ma très chétive âme, pour les soins charitables qu'il vous a plu de prendre par l'excès d'une bonté incroyable de tout ce qui me regarde, par la très douce, très miséricordieuse et continuelle protection que vous m'avez donnée durant tout le cours de ma vie.


Votre très aimable cœur, ciel de gloire et de triomphe, image très accomplie du divin cœur de Jésus, trésor presque immense de toutes sortes de biens, m'a toujours été une source inépuisable de faveurs et de bénédictions. Ce cœur tout d'amour m'a toujours servi d'un doux asile dans toutes mes misères, dans tous les périls où j'ai été, dans tous les dangers où je me suis trouvé. Votre précieux cœur, ô Mère de la belle dilection, a été la douceur de ma vie, ma joie et ma consolation.


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Message  Monique le Mer 07 Oct 2020, 8:56 am

Votre saint nom, comme la tour de David d'où pendent mille boucliers et toute l'armure des plus forts, m'a servi de forteresse contre tous mes ennemis, et de lieu de retraite assurée pour y vivre dans une profonde paix parmi la guerre des hommes et des démons ; et de quelque côté que je me tourne, en quelque manière que je me regarde, je ne vois rien de bon en moi, je ne remarque aucune grâce qui ne vienne de vos libérales mains. Je vous ai, ma divine princesse, autant d'obligations que j'ai vécu de moments, il n'y a pas un seul instant de ma vie qui ne soit marqué de vos faveurs. En quelque lieu que j'aille, vos miséricordes me suivent, elles me préviennent, elles m'accompagnent ; et en quelque état que je puisse être, quelque chose qui m'arrive, vous me faites ressentir les aimables secours de votre puissante protection.

Ah ! que ma langue s'attache plutôt au palais de ma bouche, que de cesser jamais de publier partout les infinies et incroyables obligations que j'ai à vos amoureuses bontés. Que je m'oublie plutôt de ma droite, que d'en perdre le souvenir. Tant que j'aurai une langue, je dirai partout que vous êtes la Vierge fidèle, et je voudrais que tous les membres de mon corps fussent changés en autant de bouches et de langues pour le dire plus à mon aise. Ah ! Que vive l'aimable ciel, qui me donnera lieu de le dire sans distraction, durant toute la bienheureuse éternité, à jamais, à jamais.


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Message  Monique le Jeu 08 Oct 2020, 8:34 am

AU GRAND SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE

*

ENTRE LES APOTRES LE TRÈS AIMANT,

ENTRE LES DISCIPLES LE BIEN-AIMÉ,

ENTRE LES SAINTS LE TOUT AIMABLE


*


Grand apôtre de la dilection, cher favori de l'adorable Jésus, le Fils bien-aimé de l'admirable mère de Dieu, le chérubin de la loi nouvelle, le séraphin du christianisme, la merveille et le prodige de l'Évangile, après m'être prosterné aux pieds de la Souveraine des anges et des hommes, je viens me jeter aux vôtres, et vous présenter ce petit ouvrage, tout consacré à la gloire de cette auguste impératrice du ciel et de la terre : car à qui pourrais-je mieux le confier qu'à celui à qui la divine princesse qui en a fait le sujet, a été si amoureusement confiée par les soins de l'aimable Jésus, à celui qui l'a reçue pour mère de la propre bouche de Dieu même, à celui qui lui a été substitué en qualité d'enfant à la place de son bon maître, qui lui était comme un autre Jésus, qui a été son ange visible, pour la servir dans tous ses besoins, qui en a pris des soins si amoureux durant tout le cours de sa très sainte vie, soit pour les choses corporelles, soit pour les spirituelles, selon les ordres que notre débonnaire Sauveur lui en avait donnés ?

Cet amour non pareil, grand saint, que vous avez eu pour cette mère du bel amour, engage indispensablement les esclaves de cette incomparable reine à être les vôtres ; et il n'est pas possible de n'être pas tout dévoué au service de celui qui a servi avec une fidélité si inviolable celle qui mérite tous les respects des créatures du ciel et de la terre. Un cœur qui aimera véritablement la divine Marie, ne pourra jamais, ô disciple de l'amour, se défendre de vous aimer. La liaison ineffable que le Dieu de toute charité a mise entre votre cœur virginal et le cœur très pur de la très sacrée Vierge, ne permet pas que l'on ait du zèle pour la Mère de Dieu, qu'à même temps l'on n'en conçoive pour la gloire de son cher favori.


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Message  Monique le Ven 09 Oct 2020, 8:23 am

Il est vrai que toutes sortes de motifs pressent fortement les fidèles de vous honorer d'une manière particulière. L'amour que Jésus, notre Dieu, a eu pour vous, nous impose une nécessité entière de vous aimer, et la grande faveur que vous avez eue auprès de cet aimable Roi de nos âmes, nous invite puissamment à vous rendre tous les respects possibles. Vous avez donné un spectacle d'amour au monde, aux anges et aux hommes. Les séraphins ont trouvé de quoi s'étonner dans l'ardeur de vos flammes, et la pureté des feux sacrés qui a consommé si divinement votre sainte vie, fait l'admiration des âmes les plus éclairées. Les effusions du cœur de Jésus sur votre sainte personne sont ineffables ; aussi êtes-vous par excellence le disciple bien-aimé. Partout où l'on prêchera l'Évangile, cette vérité sera publiée, et aucun fidèle ne la pourra révoquer en doute. L'amour d'un Dieu-Homme pour vous était si grand et si extraordinaire que vous étiez connu par la qualité du disciple de l'amour ; et l'on pouvait dire que l'amour était votre nom, vos possessions, votre honneur, votre gloire, vos plaisirs et votre grâce. Mais si vous pouviez dire certainement, mon bien-aimé est tout à moi, vous pouviez ajouter avec vérité, je suis tout à lui. Si vous étiez très aimé, vous étiez très aimant : aussi dans le temps que votre cher Maître expirait ignominieusement sur une croix, vous paraissiez debout sur le Calvaire, donnant des preuves de l'amour le plus constant qui fut jamais.

Tous les autres apôtres quittent ce divin Sauveur, et vous lui demeurez fidèle. L'infamie du supplice honteux où il est exposé, les blasphèmes des Juifs, les ris et les moqueries des peuples, la cruauté et la confusion de ses peines, la honte de son supplice et l'arrêt de sa mort, sont des eaux qui ne peuvent éteindre les ardeurs de vos flammes. Vous aimez, lorsque ceux qui sont destinés pour tenir le premier rang dans son amour cessent d'aimer, et cet amour qui est plus fort que la mort, vous fera mépriser mille morts, vous fera souffrir pour votre bien-aimé jusqu'au dernier soupir de votre précieuse vie, les bannissements, les exils, les fouets, les chaudières d'huile bouillante, et tous ces grands travaux inséparables des fonctions et de la vie apostolique.


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Message  Monique le Sam 10 Oct 2020, 8:48 am

Mais si une âme n'est grande que par la grandeur de l'amour qui l'enflamme, à quel point de gloire, incomparable saint, avez-vous été élevé, puisque l'amour qui vous a animé a été si admirable ? Cet amour que vous aviez puisé dans le propre cœur de celui qui est le prince et le Dieu de l'amour et qui est l'amour même, avait rempli votre charitable cœur de tant de tendresses pour tous les hommes, qu'il n'y a point de paroles qui le puissent expliquer.

Il me semble qu'il était devenu tout charité, s'ouvrant par des profusions inconcevables à toutes sortes de personnes. Vous étiez la lumière des personnes les plus éclairées, le guide des parfaits, l'exemplaire des plus saints, la règle des hommes apostoliques, le docteur des peuples, le prédicateur aussi bien que l'écrivain de l'Évangile. Votre voix comme un tonnerre se faisait entendre par toute la terre, publiant les amours de votre bien-aimé, et il en sortait des éclairs si puissants, des clartés si touchantes qui en faisaient voir les divines beautés, et qui les apprenaient aux hommes, que les cœurs ne pourraient pas s'empêcher de les aimer. Vous étiez le soutien des faibles, la consolation des affligés, l'espérance des plus désespérés. Les plus malheureux trouvaient en vous un accès favorable pour être secourus dans tous leurs besoins, pour être assistés dans toutes leurs misères. Vous faisiez des miracles étonnants pour les soulager, vous préveniez les plus misérables par vos soins, vous alliez chercher les âmes les plus perdues jusque dans les forêts et les bois, vous couriez après les plus infâmes et les plus cruels, vous étiez tout à tous, à vos amis, à vos ennemis, aux personnes connues, aux inconnues, aux domestiques et aux étrangers ; c'était la charité qui vous inspirait toutes vos pensées, qui formait toutes vos paroles, qui pressait vos pas, et qui animait toutes vos actions.

C'était la charité qui faisait l'unique sujet de vos sermons apostoliques, vous en parliez à tout le monde, vous en parliez toujours, et vous en avez parlé jusqu'au dernier soupir de votre vie. Vous alliez avec ferveur aux assemblées des fidèles pour leur publier les excellences de cette vertu, et ne pouvant plus marcher, vous vous faisiez porter entre les bras de vos disciples pour exhorter les Chrétiens à s'entr'aimer les uns les autres, selon le grand commandement que notre divin Maître en a fait.


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Message  Monique le Dim 11 Oct 2020, 9:53 am

Les siècles qui ont suivi ont fait voir une suite continuelle de vos admirables bontés : où est celui qui a eu recours à vos charitables intercessions, qui n'en ait ressenti les effets ? Vous avez fait voir en vos fidèles dévots, que le ciel n'a rien de réservé pour ceux qui vous appartiennent ; et il est doux et si avantageux d'avoir quelque part en votre faveur, que non seulement vos amis, mais les personnes qui les touchent en quelque manière, sont dans une heureuse expérience de votre protection.


Mais enfin, vous êtes le saint tout aimable par les rares qualités dont votre divin Maître vous a favorisé. Plusieurs âmes ont amassé des richesses, mais les trésors que vous possédez sont incomparables. Il semble que toutes les grâces ont fait choix de votre cœur virginal, pour y faire leur bienheureuse demeure ; et tous les dons que l'esprit de Dieu communique avec tant de différence à ses saints, se trouvent tous ramassés en votre seule personne, qui est comme l'abrégé de toutes les merveilles de la grâce. Vous êtes patriarche, prophète, apôtre, évangéliste, martyr, docteur, confesseur, vierge, anachorète, et vous possédez toutes ces glorieuses qualités dans un degré très éminent ; c'est ce qui fait que toutes sortes de personnes doivent vous prendre pour leur patron, et fidèle protecteur, et vous avoir une dévotion singulière. Ceux qui sont dans la vie active, ceux qui sont dans la vie contemplative, ceux qui vivent dans les villes, ceux qui sont retirés dans les déserts. Les personnes engagées dans le monde, celles qui en sont heureusement séparées. Les hommes apostoliques, les pontifes, les prêtres, les religieux, les vierges, les veuves, les personnes mariées. Les parfaits, les imparfaits, les pécheurs les plus abandonnés et les plus misérables : les riches, les pauvres, les grands, les petits, les princes, les magistrats, les artisans : mais particulièrement les personnes qui vivent dans la persécution et dans la souffrance : puisque vous êtes le disciple de la croix, aussi bien que de l'amour.


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Message  Monique le Lun 12 Oct 2020, 8:26 am

Mais que chacun porte ses dévotions où il voudra, pour moi, aimable saint vous serez toujours le grand saint de ma dévotion. Les grandes obligations que je vous ai, m'obligent indispensablement à vous aimer : à peine ai-je commencé à connaitre les choses que les bienfaits que j'ai reçus de vous, m'ont donné lieu de reconnaître que vous étiez le saint non pareil en bonté. J'ai commencé presque aussitôt à ressentir les effets de votre douce protection, que j'ai commencé de vivre ; et je n'ai point de termes pour expliquer les biens que vous m'avez procurés durant tout le cours de ma vie. Je vois bien que je demeure comme opprimé sous leur grandeur, et qu'il ne m'est pas possible de produire des remercîments qui leur soient convenables, mais au moins je veux vous louer et vous bénir de toute la force de mon cœur, et que jamais les actions de grâces n'y tarissent. Je veux dire partout les obligations incroyables que j'ai à vos charitables bontés, et publier de toute l'étendue de ma voix qu'entre les saints vous êtes le très aimant, le très aimé et le tout aimable.

Ah ! que je prends de plaisir de savoir que vous êtes le cher favori de Jésus et de Marie ! et que les grâces que vous en avez reçues sont inestimables ! Que je suis content de votre gloire, et que je prends de part à tous les honneurs qui vous sont rendus ! Que le ciel puisse tous les jours accroître le nombre de vos fidèles serviteurs, et les combler de ses plus saintes bénédictions ! Je ne puis assez bénir mon Dieu, quand je pense qu'il y a un ordre saint dans l'Église, qui est tout dédié pour honorer la qualité de mère, que la très pure Vierge a eue en votre endroit, et la qualité d'enfant que vous avez portée à son égard. Que le Seigneur bénisse de la sainte Sion cet ordre sacré et qu'il ne se lasse jamais de le favoriser de ses plus pures grâces ! Qu'il répande de plus en plus dans son Église un instinct général d'amour et de révérence pour vos bontés et excellentes perfections ; qu'il les fasse connaître jusqu'aux extrémités de la terre. Que toutes les nations sachent les amours que Jésus et Marie ont eus pour vous ; et que votre nom soit grand parmi tous les peuples et depuis un bout du monde jusqu'à l'autre. Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul.


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Message  Monique le Mar 13 Oct 2020, 7:17 am

PREMIER TRAITÉ

**

CHAPITRE PREMIER


De la dévotion de la très sainte Vierge en général,

et en particulier de la dévotion de son saint esclavage

****


L'incomparable évêque de nos jours, le grand saint de la dévotion de ces derniers siècles, que nous pouvons dire avoir été choisi de Dieu pour l'établir et la réveiller dans les cœurs des fidèles, dans l'excellent livre qu'il a composé de l'Introduction à la vie dévote, dont toutes les paroles, animées de l'esprit de Dieu qui les a dictées, portent une onction sacrée dans les âmes, enseigne que la véritable dévotion ne présuppose pas seulement l'amour de Dieu, mais que même elle n'est autre chose que l'amour de Dieu, qui s'appelle dévotion, lorsqu'il nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement ; et que, comme il appartient à la charité de nous faire faire généralement et universellement tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de nous les faire faire promptement et diligemment. C'est pourquoi celui qui n'observe pas tous les commandements de Dieu, ne peut être estimé bon ni dévot, puisque, pour être bon et dévot, il faut avoir, outre la charité, une grande vivacité et promptitude aux actions charitables. La charité donc, selon le témoignage de ce grand saint, étant un feu spirituel, quand elle est fort enflammée, elle s'appelle dévotion.


Mais, comme il n'est pas possible d'aimer Dieu véritablement, sans avoir de l'amour pour celle qu'il a choisie pour sa très digne Mère, de même il est nécessaire d'avoir de la dévotion pour la très sacrée Vierge, si l'on est véritablement dévot à Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est donc en lui, par lui et pour lui, qui est notre unique tout en toutes choses, que nous devons aimer la plus aimée, la plus aimante et la plus aimable des pures créatures ; et puisque la dévotion est un amour qui fait que nous servons avec une volonté prompte et affectionnée, il faut avoir une promptitude et une affection spéciale d'aimer la glorieuse Mère de Dieu, et de lui rendre service, et généralement de faire tout ce que nous reconnaissons lui être agréable.


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Message  Monique le Mer 14 Oct 2020, 10:34 am

Et d'autant que l'amour suppose la connaissance, ne pouvant pas aimer ce que nous ignorons, chacun doit être persuadé par la foi des excellences et des grandeurs de l'admirable Vierge Marie, qui la rendent digne de tout l'honneur et de toute la vénération que peut mériter la plus noble et la plus parfaite des créatures ; c'est pourquoi l'âme dévote de cette auguste Souveraine du ciel et de la terre a une très haute estime de ses excellences et grandeurs, de l'éminence de sa grâce et de sa gloire, et elle n'en parle qu'avec admiration et étonnement ; et, après en avoir pensé et dit tout ce qu'elle peut concevoir de grand et de plus glorieux, elle sait que les merveilles que le Dieu tout-puissant a opérées en elle surpassent incomparablement toutes ses pensées, aussi bien que toutes les expressions qu'elle en pourrait faire. Elle ne la voit que comme un abîme de grandeurs, où il faut que tout esprit se perde, avouant qu'elle ne peut être connue parfaitement que de celui-là seul qui l'a créée et enrichie de tant de dons et de grâces ; c'est ce qui produit en elle des respects extraordinaires pour sa personne sacrée, et pour tout ce qui regarde son service, un désir pressant de lui plaire, une confiance amoureuse en sa miséricorde et bonté, un zèle très ardent qu'elle soit connue, honorée, invoquée et aimée, et elle n'oublie rien, et fait tout pour procurer par tous les moyens possibles l'établissement de sa dévotion en toutes sortes de lieux et de personnes.


Or, la dévotion de l'esclavage consiste non-seulement en une volonté prompte et affectionnée à servir la Mère de Dieu, mais elle engage absolument à son service, elle ne lui rend pas quelques honneurs en de certains temps, mais elle l'honore en tous temps, non-seulement par quelques actions, mais par toutes ses actions, dont elle lui cède le droit ; en sorte que la personne, non-seulement est à la très sainte Vierge, mais elle y est autant qu'on le peut être, sans autres bornes ou limites que celles que prescrit le Dieu d'infinie majesté, qui est le seul saint en ses saints, le seul grand en toutes leurs grandeurs, le seul aimable en toutes les grâces qui les rendent dignes d'amour ; toutes les créatures, en sa divine présence, n'étant rien, et n'étant ce qu'elles sont qu'en lui seul ; et on ne les doit aimer et honorer que pour son seul amour et sa seule gloire.


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Message  Monique le Sam 17 Oct 2020, 8:51 am

CHAPITRE II

Ce que c'est que la dévotion du saint esclavage

de la Mère de Dieu



****


Pour bien concevoir ce que c'est que la dévotion d'esclavage dont nous traitons, il est nécessaire de remarquer ce que c'est que la condition d'esclave : or, la condition d'esclave consiste en ce que l'esclave n'a plus rien à soi, et même n'est plus à soi, mais à son seigneur ou maître ; c'est pourquoi tous les biens que les esclaves peuvent avoir, tout ce qu'ils peuvent gagner, tous leurs travaux, toute leur industrie, et même leurs enfants, tout cela appartient à leurs maîtres, qui estiment leur faire grâce, que de leur laisser la vie, et quand ils leur ôtent, ils ne pensent pas commettre d'injustice. Il n'y a rien parmi les hommes qui nous fasse plus être à un autre que l'esclavage. Ceci supposé, il est facile d'entendre ce que c'est que la dévotion de l'esclavage de la Souveraine des anges et des hommes ; qui n'est pas seulement de porter des chaînettes, de faire écrire son nom dans les livres de l'association, de réciter quelques prières, de donner quelques aumônes ou faire quelques présents aux églises, de pratiquer quelques mortifications, ou prendre la qualité d'esclave de la sainte Vierge ; mais c'est une sainte transaction que l'on fait avec la Reine du ciel et de la terre, par laquelle on lui consacre sa liberté pour passer au nombre de ses esclaves, la faisant la maîtresse absolue de son cœur, lui cédant le droit que l'on a en toutes les bonnes actions, se dévouant entièrement au service de sa grandeur, et en faisant une haute protestation.

Tous les biens donc que possède celui qui est véritablement esclave de la glorieuse Vierge ne sont plus à lui ; tous ses biens de fortune, de corps et d'esprit, mais à sa bonne Maîtresse, en sorte qu'il n'en peut disposer contre sa sainte volonté. Jean, patricien de Rome, et sa femme, du temps du Pape Libérius, possédant de grands biens, ils voulurent choisir pour leur héritière la très sainte Mère de Dieu ; et l'ayant priée avec instance d'accepter l'offre qu'ils lui en faisaient, cette mère de miséricorde s'étant de nuit apparue à tous les deux, leur témoigna qu'elle avait reçu leur offrande, et qu'elle désirait que de leurs biens ils en fissent édifier une église en son honneur en la ville de Rome, sur une colline qui se trouverait le matin suivant couverte de neige. Le Pape ayant eu la même vision, désigna le lieu de l'église, qui fut appelée au commencement Notre-Dame des Neiges, ensuite l'église de Sainte-Marie-Majeure. C'était bien, à la vérité, donner à la Reine du paradis ses biens temporels, mais non pas lui céder tout le droit que l'on peut avoir en d'autres biens qui sont plus considérables, et c'est ce que fait notre dévotion, qui donne tout et ne réserve rien.


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Message  Monique le Dim 18 Oct 2020, 7:49 am

Or, il faut remarquer, pour l'éclaircissement du sujet que nous traitons : premièrement, que l'on peut honorer la sainte Vierge par ses bonnes actions, sans lui en donner la valeur, par exemple, on jeûne en son honneur, cela ne lui donne pas le droit que l'on a en cette action du jeûne ; ainsi se sont deux choses distinctes d'honorer la sainte Vierge par quelque bonne œuvre, ou lui en donner la valeur. Secondement, quand on dit que l'on donne la valeur de ses bonnes actions, on n'entend pas par là le mérite, car il n'y a eu que Jésus-Christ seul qui l'ait pu faire, tellement que, lorsque l'on dit communément que l'on se fait part les uns aux autres des mérites, cela n'est pas vrai, si l'on prend le terme de mérite en rigueur ; ce n'est qu'en tant que nos actions sont satisfactoires ou impératoires, que l'on peut en donner la valeur ; et c'est en ce sens que le terme de mérite étant pris, on dit qu'il y en a communication.

La dévotion de l'esclavage, ne se réservant rien, donne tout, ainsi le dessein qu'elle inspire, est de ne passer pas un moment de la vie, soit que l'on veille, soit que l'on dorme, soit que l'on agisse, soit que l'on souffre, qui ne soit tout consacré à Notre-Dame et Maîtresse, et de lui dédier de telle sorte tout le droit que l'on peut avoir en toutes ses bonnes actions, qu'elle en dispose pleinement, selon son bon plaisir, le donnant à qui elle le voudra, comme une chose qui est entièrement à elle, par la qualité d'esclave que l'on prend, dont le propre est de n'être plus à soi, de n'avoir rien à soi, mais d'être tout absolument à son maître.

C'est ici que l'on peut remarquer la différence des serviteurs de la Mère de Dieu, et de ses esclaves. Le serviteur a de certains moments où il se repose, où il n'agit pas pour son maître, où il peut travailler pour lui : l'esclave agit en toute sorte de temps et de choses pour son seigneur. Le serviteur peut changer de condition, l'esclave y demeure toujours engagé. Le serviteur peut acquérir du bien de ses gages ; tout l'argent de l'esclave, tous les intérêts qu'il en peut tirer, tout ce qu'il en peut acheter est à son maître. Si le serviteur a des enfants, il en peut disposer : les enfants de l'esclave sont au pouvoir du maître, et sa propre vie même. Ces différences font assez voir qu'il n'y a point de dévotion qui nous engage au service de la Mère de Dieu comme celle de l'esclavage, puisque de toutes les servitudes, il n'y a que l'esclavage qui ôte la liberté ; et elles donnent beaucoup de lumières de la condition des personnes qui sont véritablement esclaves de la reine du ciel, et qui le sont par état et non-seulement par paroles, ou par quelques marques extérieures.


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Message  Monique le Lun 19 Oct 2020, 8:35 am

Écoutez donc, dit le Saint-Esprit en l'Ecclésiastique (VI, 24-26), écoutez, mon fils, un sage conseil que je veux vous donner, et ne cessez jamais d'en faire état, mettez-vous ses fers aux pieds et son collier au cou, et n'ayez point de difficulté à porter ses chaînes. Ce Dieu d'amour désire que nous lui soyons attachés sans réserve ; c'est pourquoi il veut que nous en portions les marques aux principales parties de notre corps, afin qu'il n'y ait rien en nous qui ne soit à son service.

Faisons-lui servir notre tête, l'inclinant dévotement, ou la découvrant à la rencontre de ses images ; les cheveux, en retranchant le soin que la vanité en donne ; les oreilles, les fermant aux entretiens peu honnêtes ; aux paroles équivoques, aux chansons mondaines, aux discours inutiles ; les yeux, en les détournant des objets sensuels ; les lèvres, en baisant avec respect ses saintes images ; la langue et la bouche, en s'abstenant, et mortifiant le goût, et parlant de ses grandeurs ; les bras et les mains, en travaillant pour elle, donnant l'aumône, ornant ses temples et chapelles, ne les souillant par aucune impureté ; les genoux par des révérences et génuflexions ; les pieds, allant visiter les lieux dédiés à Dieu en son honneur. Il est bien juste que nous servions cette grande reine en toutes les manières possibles, non seulement parce que ses grandeurs l'exigent, mais encore à raison de ses bontés incomparables, qui l'ont obligée amoureusement de nous rendre des services, qui feront l'étonnement de toute l'éternité bienheureuse. Elle nous a servis de toute son âme par l'abondance de ses grâces, dont ayant été plus que pleine, dit le dévot saint Bernard, elle a regorgé heureusement sur tous les fidèles ; de son corps en ayant donné la matière au Verbe incréé en l'incarnation ; de son cœur précieux par la foi, ce qui a donné le commencement à notre salut ; de sa tête, l'ayant tant de fois inclinée devant la majesté de Dieu pour nous en obtenir les miséricordes ; de ses cheveux dont elle a blessé le cœur du divin Époux pour l'attirer en notre terre ; de ses oreilles, obéissant à la voix de l'ange, ce qui a été la cause de tout notre bonheur ; des yeux par les larmes pour nous impétrer le pardon de nos crimes ; de ses lèvres par les chastes baisers qu'elle a donnés à son divin enfant, pour le réconcilier avec les hommes ; de sa bouche et de sa langue, nous servant d'avocate ; de son cœur sacré, y portant celui qui soutient toute la machine du monde, et lui ôtant les armes des mains, et les foudres qu'il devait lancer sur nos têtes criminelles ; de ses mains et ses bras, en servant notre débonnaire Sauveur, pour nous acquérir la glorieuse qualité de ses serviteurs ; de ses chastes mamelles allaitant celui qui nous nourrit de sa grâce et de son précieux corps et sang ; de son ventre sacré, qui l'a porté pour nous délivrer de l'enfer ; de ses pieds par les voyages qu'elle a faits de sa maison aux montagnes de Judée, de Nazareth en Bethléem, de la Palestine en Égypte, accompagnant son Fils bien-aimé pendant les jours de sa conversation avec les hommes, visitant après sa mort les lieux saints, et suivant saint Jean l'Évangéliste son fils adoptif en Éphèse, et tout cela pour nous obtenir tant de dons et de grâces dont le ciel nous favorise continuellement.


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Message  Monique le Mar 20 Oct 2020, 8:51 am

CHAPITRE III

De l'origine et progrès de la dévotion de l'esclavage

de la sainte Mère de Dieu



***


L'auteur du petit livre De la dévotion de l'esclavage, qui sans se nommer fait assez connaître la grandeur de sa piété, parlant de l'origine de cette dévotion, après avoir dit qu'elle est fondée sur l'exemple de Jésus-Christ, qui, pour nous obliger à reconnaître la sainte Vierge pour notre maîtresse, a voulu lui-même se soumettre à elle, et ne nous a laissé pour mémoire de ses actions pendant les trente premières années de sa vie, que ces paroles : Erat subditus illis (Luc. II, 51), il vivait pendant ce temps-là sous l'obéissance de Marie et de Joseph, assure ensuite que cette dévotion est si ancienne, que l'on ne saurait bonnement en trouver les commencements : qu'il est constant néanmoins, que depuis plus de sept cents ans l'on en trouve des marques dans l'Église ; que saint Odilon abbé de Cluny, qui vivait il y a bien des siècles, a été un des premiers qui l'a pratiquée, s'étant offert à la sainte Vierge la corde au cou, pour être son esclave le reste de ses jours. Ainsi la France a été un des premiers royaumes qui a commencé de pratiquer une si belle dévotion. Il ajoute que les Pères Théatins au commencement de ce siècle ont étendu cette dévotion par toute l'Italie, la Sicile et la Savoie, qu'ils en ont établi de saintes associations au royaume de Naples, à Palerme dans l'église de Saint-Joseph, où les esclaves ont leur chapelle ; que l'on a vu à Turin le zèle de ces Pères triompher, lorsque Charles-Emmanuel duc de Savoie avec tous ses enfants et le cardinal Maurice ont pris solennellement ces glorieuses chaînes, donnant un merveilleux exemple à tous leurs sujets.

Le cardinal Pierre Damien rapporte que son frère le B. Marin, se fit esclave de l'heureuse Mère de Dieu en présence d'un prêtre, qui était son père spirituel, qui témoigna que, s'étant dépouillé et mis la corde au cou, il se fit discipliner comme un mauvais serviteur ; qu'ensuite il mit une somme d'argent au pied de l'autel pour marque de sa servitude, et qu'il continua le reste de sa vie à payer ce tribut tous les ans avec une grande fidélité, ce qui lui fut une source des plus grandes bénédictions du ciel, celle qui en est la grande reine l'étant venue visiter et consoler à sa mort et lui ayant promis le paradis.

Césarius nous donne un autre exempte bien illustre en la personne de Vaultier de Birbak, proche parent des ducs de Louvain, et un des plus généreux cavaliers de son temps, qui s'étant offert à la Mère de Dieu en qualité d'esclave, en fut favorisé de quantité de dons extraordinaires et de grâces miraculeuses.


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Message  Monique le Mer 21 Oct 2020, 8:34 am

Le P. Simon de Roias de l'ordre de la Sainte-Trinité, dit de la Rédemption des captifs, prédicateur du roi catholique Philippe III, confesseur de la reine Marguerite, et vicaire général en son ordre, a mis en vogue la dévotion d'esclavage par toute l'Espagne et l'Allemagne. Ce saint homme, dont Dieu a voulu approuver le zèle ardent pour sa très pure Mère, l'honorant de plusieurs miracles après sa mort, avait une singulière dévotion à prononcer ces premières paroles de la Salutation Angélique, Ave, Maria. Il les disait en toutes sortes d'occasions, il les mettait au commencement de toutes ses lettres, il s'en servait toutes les fois qu'il saluait quelqu'un ; ce qu'il faisait avec tant de grâce et de bénédiction, qu'une si sainte coutume s'établit en la cour d'Espagne, les princes et princesses se disent dans les rencontres Ave, Maria, à l'exemple de la reine Marguerite qui saluait de la sorte Philippe III.

Une dévotion si exemplaire de cette grande reine, fut bien récompensée de la mère de miséricorde ; car étant tombée dans une apoplexie, le P. de Roias l'en fit revenir miraculeusement en prononçant ces sacrées paroles, Ave, Maria : ce qui toucha tellement Philippe III, qu'en reconnaissance de ce miracle il promit au saint homme de lui accorder tout ce qu'il lui demanderait. Mais l'homme de Dieu s'oubliant de ses propres intérêts, et même de ceux de son ordre, et ne pensant qu'aux intérêts de sa bonne mère, qu'il aimait plus que lui-même, le pria seulement d'obtenir des indulgences de Grégoire XV, pour les esclaves de Notre-Dame, dont il avait érigé une dévote assemblée par la permission de Paul V, sous le titre du doux nom de Marie. Ensuite il entreprit d'étendre cette dévotion partout, et il en écrivit des lettres si remplies d'amour, de ferveur et de zèle, qu'on ne les peut lire sans être sensiblement touché.


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Message  Monique le Jeu 22 Oct 2020, 9:52 am

Le P. Barthélemy de los Rios de l'ordre de Saint-Augustin, prédicateur du roi catholique Philippe IV, de l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas, et ensuite du cardinal infant, écrivit plusieurs petits traités, qui furent bientôt traduits en différentes langues touchant la dévotion du saint esclavage de la reine du ciel. Et enfin, il composa un gros volume dans lequel il traite avec autant de piété que de force, de l'antiquité, de l'excellence et de la solidité de cette dévotion.

Il serait ici bien difficile d'exprimer les soins incroyables, que ce fidèle serviteur de Notre-Dame a pris pour l'établissement de la dévotion de son esclavage ; les grands travaux qu'il a soufferts, les périls où il s'est exposé, les voyages où il s'est engagé, les contradictions qu'il a portées de la part des hommes et des démons, son courage invincible contre leur rage et leurs persécutions ; aumônes qu'il a procurées ; le zèle extraordinaire qui l'a pressé d'en parler aux rois de la terre, et aux autres puissances, d'en présenter des requêtes au Saint-Siège, aux archevêques et évêques ; les discours tout de feu qu'il en a faits en public ; et en particulier les saintes industries dont il s'est servi pour tant de fêtes célèbres, de processions solennelles, qui se sont faites ; pour tant de chapelles magnifiques qui ont été bâties ; tant d'ornements somptueux, tant de belles images qui ont été données au sujet des associations de l'esclavage qu'il a établies de tous côtés. Mais l'on peut dire en un mot que l'usage commun de cette dévotion lui est dû : que son zèle pour les intérêts de Mère de Dieu, est digne de la louange des anges et des hommes, et que ce bien-aimé de Dieu mérite que sa mémoire soit en bénédiction des siècles des siècles.


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Message  Monique le Ven 23 Oct 2020, 8:16 am

L'auteur du petit livre que nous avons cité remarque très bien que la dévotion d'esclavage a éclaté extraordinairement en notre siècle. L'Église, qui se plaît à nourrir toujours les fidèles dans de profonds respects et de tendres sentiments envers Notre-Dame s'étant déclarée sur cette pratique, et la ferveur s'augmentant, a poussé les fidèles et libres esclaves à faire gloire de leurs fers, et en porter la marque sensible pour se faire reconnaître parmi les autres. Cette glorieuse livrée a fait éclater par tout le monde ce que l'on ne pouvait auparavant reconnaître, et l'on a commencé à savoir que Marie avait partout ses esclaves.


Ladislas, roi de Pologne, s'étant engagé dans cette servitude, voulut en faire part à tous ses sujets. Il choisit pour cela le P. Stanislas Thanicius, de la compagnie de Jésus, qui, par ses doctes prédications et par le zèle de tous ceux de son ordre qui s'y intéressèrent, comme ils le font toujours quand il s'agit de la gloire de la très pure Vierge, avait merveilleusement cette dévotion dans tout le royaume.


Notre saint Père le Pape Alexandre VII a expédié une bulle tout récemment, l'an 1658, par laquelle, outre les indulgences qu'avait accordées Urbain VIII aux esclaves de Notre Dame, il leur en donne d'autres très considérables, à l'occasion de l'association de l'esclavage établie à Marseille chez les Pères Augustins déchaussés.


Enfin cette dévotion, présentement, est répandue en Italie, en France, en Espagne, en Flandre, en Allemagne, en Pologne, en Angleterre, parmi les fidèles qui y sont, et est passée jusqu'aux extrémités du monde ; et l'esprit de Dieu presse si fortement toute sorte de personnes de l'embrasser, que quelquefois, comme il arriva à Bruxelles l'an 1626, à peine les ouvriers peuvent suffire à faire les chaînes dont se chargent ces glorieux captifs.


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Message  Monique le Sam 24 Oct 2020, 9:36 am

CHAPITRE IV

Dieu seul est le fondement de l'esclavage

de la sainte Vierge


Saint Augustin nous apprend, conformément aux divines Écritures, que toutes choses sont et ne sont pas : elles sont, à raison de l'être qu'elles ont reçu du créateur ; elles ne sont pas, parce qu'elles n'ont pas cet être d'elles-mêmes, parce qu'elles ne peuvent pas le conserver, et sont dans une si étroite dépendance de celui de qui elles l'ont reçu, que s'il cessait un moment de les soutenir, elles retomberaient en ce moment même dans le rien d'où elles ont été tirées. Disons, de plus, qu'en la présence de l'être infini de Dieu, toutes les créatures non-seulement sont bien abjectes et très-petites, mais elles ne sont rien. Job, à la vérité, dit que tout l'univers devant Dieu n'est que comme une goutte d'eau, mais le prophète Isaïe assure que ce n'est qu'un néant. Lorsque la créature parait encore grande aux yeux de l'âme, c'est une marque qu'elle connaît peu Dieu ; car il est très vrai que cet Être suradorable de Dieu d'infinie Majesté commence un peu à se découvrir, en même temps les créatures se retirent, et à proportion qu'il se manifeste, les créatures se cachent et on ne les voit plus dans le plein midi de sa divine lumière.

Il est bien aisé, comme l'enseigne saint François de Sales en son excellent livre de l'Amour divin, de voir la lune et les étoiles pendant la nuit ; leurs beautés paraissent aimables, leurs clartés douces et grandes ; mais depuis que le soleil paraît sur notre horizon, tous ces astres disparaissent. Mais que sont devenues toutes leurs lumières ? Assurément ils ne les ont pas perdues, mais celles du soleil les cachent. Or, de même, pendant que l'âme demeure dans l'obscurité de ses ténèbres, elle voit le monde, qui lui semble être quelque chose de grand, elle y trouve de la gloire, des biens et du plaisir ; mais aussitôt que le soleil de justice, par sa divine lumière, dissipe les nuages qui environnent ses yeux, il n'y a plus de monde pour elle, plus de joie, de plaisir et de grandeurs du monde, plus de terre ni de créatures de la terre. Comme quelque effort que nous fassions pour apercevoir les étoiles en plein jour, il ne nous est pas possible d'en voir aucune, de même l'âme qui peut dire avec ce grand saint et grand archidiacre de l'Église romaine saint Laurent, ma nuit n'a plus d'obscurité, cette âme n'estime plus rien que Dieu seul ; tous les objets que le monde peut présenter ne lui sont rien ; de quelque côté qu'elle jette la vue, elle ne voit qu'une seule chose en toutes choses, Dieu seul. Pour lors, en cet état, elle proteste, avec l'Apôtre, qu'elle ne connaît plus personne ; mais c'est par une vie mortifiée, par les mépris, par la douleur et dans le fidèle exercice de l'oraison, que l'on apprend ces vérités divines dans le rayon de lumière qui y est communiqué. C'est une science que l'on n'acquiert pas dans les écoles des hommes, que ne donne pas l'étude des belles lettres ; elle ne se puise qu'aux pieds de l'adorable crucifix.

Oh ! Combien d'âmes gémissent dans leurs ténèbres et demeurent malheureusement attachées aux créatures, au monde et aux choses du monde, leur volonté ne pouvant s'en dégager, parce que leur esprit est tout plein de l'estime des choses créées ; et ce qui est bien déplorable, c'est de voir des ecclésiastiques, des prédicateurs, des directeurs, qui doivent être la lumière du monde, et qui, par leur vie peu mortifiée, par le peu d'exercice d'oraison en sont les ténèbres ; ce sont des aveugles qui conduisent d'autres aveugles, dit notre Maitre. Oh ! Qu'il est vrai qu'il y a peu de personnes qui n'estiment et n'aiment que Jésus seul en toutes choses !


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Message  Monique le Dim 25 Oct 2020, 6:36 am

Cependant il est très certain que toutes choses n'étant rien en elles-mêmes, elles ne sont que ce qu'elles sont en Dieu seul. C'est pourquoi, comme selon la doctrine de saint Thomas, le serviteur a un rapport nécessaire au maître, et que la servitude est d'autant plus grande, que le maître et Seigneur a plus de pouvoir, il est assuré que Dieu étant le Seigneur des seigneurs, la servitude qui lui est due ne peut souffrir de comparaison : et comme c'est Dieu qui a fait toutes choses, et que lui seul a un empire absolu et indépendant sur tout ce qui est créé, et que tous les seigneurs et maîtres ne le sont qu'à raison de la communication qu'il leur fait de son pouvoir, l'on doit dire (à proprement parler) que toute la dépendance que nous avons à l'égard des autres n'a point d'autre cause que la dépendance de ce seigneur souverain et infini, qui, selon le langage de l'Écriture et de l'Église, est le seul Seigneur.


Dieu seul donc est le fondement de l'esclavage de la sainte Vierge, qui n'est appuyé que sur le pouvoir qu'il lui a donné : et ce pouvoir est si grand, et la communication qui lui a été accordée de son souverain domaine, si extraordinaire, qu'il en suit une obligation très spéciale de dépendance et de servitude.


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Message  Monique le Lun 26 Oct 2020, 9:51 am

Le grand cardinal de Bérulle, qui a excellé en la dévotion de la sainte Vierge, et l'un de ses plus fidèles esclaves, avait une estime si haute de la grâce qui nous lie à cette aimable princesse d'une manière spéciale, qu'étant supérieur du saint ordre des religieuses Carmélites de France, de la réforme de sainte Thérèse, il donna ordre que le très saint sacrement de l'autel fût exposé une fois tous les mois en l'église, du grand couvent du faubourg Saint-Jacques, en action de grâces de la faveur particulière que possède cet ordre, d'avoir pour mère et pour dame, la Mère de Dieu et la dame des anges : dévotion qui se continue encore à présent en cette sainte maison avec plus de ferveur et de zèle que jamais. Cet homme plus éminent par sa rare piété envers la très pure Vierge, que par la pourpre dont il était orné, en l'un de ses écrits, déclare qu'il la contemple et révère comme la personne la plus haute, la plus sainte, et la plus digne d'amour qui sera jamais, et comme celle qui surpasse en hautesse, dignité et sainteté toutes les personnes humaines et angéliques, même considérées ensemble : qu'elle a été faite uniquement pour la très sainte Trinité ; qu'elle est comme un monde et un paradis à part, monde de grandeurs et paradis de délices pour le nouvel homme ; qu'elle est un ciel nouveau et une terre nouvelle, terre qui ne porte que l'Homme-Dieu, et ciel qui ne contient que lui, ne tourne qu'à l'entour de lui, n'agit que pour lui ; qu'elle est dans l'univers comme un autre univers, et dans l'empire de Dieu comme un autre empire, univers qui a son centre et ses mouvements différents, empire qui a ses lois et son État à part. Il dit de plus, qu'elle fait un nouvel ordre dans tous les ordres de la puissance et sagesse de Dieu, ordre suréminent à tous les ordres de la grâce et de la gloire, ordre tout singulier qui fait et porte un nouvel empire sur les ordres de Dieu, ordre conjoint à l'ordre et à l'état de l'union hypostatique. Mais c'est tout dire, qu'elle est la digne Mère de son créateur, et l'on ne peut rien avancer de plus grand pour marquer sa souveraineté, que de faire voir que Dieu le souverain de toutes choses lui a été sujet. Ces grandeurs, qui renferment, selon le Docteur angélique, une dignité presque infinie, méritent les services de toutes les créatures : mais c'est Dieu seul qui en est la source et l'unique cause, et elles se doivent terminer à son honneur et à sa gloire.


Le cardinal Pierre Damien, qui ne respirait que l'honneur et l'amour de la Mère de Dieu, assure que le précieux et incomparable cœur de la divine Marie est le lieu des plus chastes et innocents plaisirs du sacré époux ; que c'est dans ce cœur très heureux qu'il a fait comme un amas de tous les plaisirs et délices dont le Saint-Esprit parle avec admiration, qu'il est le lieu de son repos. Puis il demande si le Très-Haut a trouvé son plaisir dans les anges, et il répond qu'il y a rencontré des défauts. Pensez-vous, poursuit-il, que ce soit parmi les astres, dont les uns seront changés en sang, et les autres tomberont du ciel, ou bien dans l'élément du feu, ou au milieu des airs et des vents ? Non, réplique-t-il, parce qu'il est écrit que le Seigneur n'habite pas dans le bruit et les habitations de ces choses. Ce n'est pas non plus dans les eaux qui sont sujettes aux tempêtes, ni en une terre qui porte la malédiction d'Adam : il n'y a que le divin cœur de la très chaste Vierge, où Dieu repose sans y trouver la moindre chose qui lui déplaise, parce que ce très pur cœur n'a jamais été ouvert qu'à Dieu seul, et a toujours été fermé à toutes les créatures. Dieu seul, Dieu seul est le fondement unique de toutes ses élévations les plus glorieuses, et de toutes ses grandeurs presque infinies.


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Message  Monique le Mar 27 Oct 2020, 6:58 am

CHAPITRE V

De l'excellence de la dévotion du saint esclavage

de la sainte Vierge


On ne peut concevoir rien de plus grand en ce monde que la qualité de serviteurs de Dieu : les plus méchants hommes du monde n'ont pas assez d'impiété pour ne pas révérer une qualité si glorieuse : les chaînes, les servitudes, la pauvreté, les tourments, et toutes les choses les plus horribles, quand elles arrivent pour le service de Dieu, ont une image d'honneur et de beauté qui les fait souhaiter, et qui est capable de donner quelque envie aux bienheureux. Les saints ont toujours pensé que la souveraine gloire est d'être dans l'infamie pour la gloire de Dieu : et il est bien certain que l'honneur du service de Dieu est un honneur extrême, puisqu'il rend illustres et glorieuses les choses les plus honteuses et les plus infâmes qui soient au monde, comme les prisons et les fers. Servir à Dieu, c'est être roi, même c'est être plus que roi : aussi voyons-nous que les rois respectent l'ombre des serviteurs de Dieu, ils honorent leurs cendres, et se tiennent heureux d'avoir la moindre part en leurs prières.

La grâce du service de Dieu est le présent le plus magnifique dont le ciel nous puisse faire part, les couronnes et les empires se donnent souvent à ceux que Dieu déteste, et qui seront damnés, mais cette grâce ne s'accorde qu'à ceux pour qui un Dieu en mourant a eu de plus douces et de plus fortes inclinations d’amour. Tous ces empereurs des Turcs avec toutes leurs grandeurs serviront, pour parler le langage de l'Écriture, d'escabeau aux pieds de ceux qui ont été au service de Dieu, quoiqu'en ce monde ils aient paru comme l'ordure et la balayure de la terre ; et ces gens qui passaient pour des fous et insensés aux yeux des prudents et des sages du siècle, jugeront les nations, commanderont aux peuples, et auront un empire qui ne finira jamais.

Dieu se plaît même quelquefois à faire paraître leur gloire dès cette vie, en leur donnant des pouvoirs sur des choses qui ne reconnaissent en rien l'autorité des puissances du monde, comme les maladies, les éléments.


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Message  Monique le Mer 28 Oct 2020, 6:35 am

Un saint François de Paule commande à toute la nature, il touche les charbons ardents comme des fleurs, il marche sur les eaux avec autant de fermeté que sur la terre : et pendant que les plus grands princes admirent ce pauvre ermite, un des plus grands rois de notre France est obligé de le prier de l'assister dans ses maux. Les armes, les soldats, et les gardes de ce roi ne peuvent lui ôter la peur, tous les plus célèbres médecins ne le soulagent pas en ses maladies ; tous les divertissements que ce royaume si florissant peut donner, ne le délivrent pas de ses inquiétudes : ce prince ne s'assure et n'espère qu'aux prières et mérites d'un solitaire, qui dans la privation de tout ce que le monde recherche, jouit d'un repos que rien ne peut troubler, et possède un bonheur qui surpasse toute l'expression que l'on en pourrait faire.


Un chétif laboureur d'Espagne, saint Isidore, parce qu'il a servi Dieu, voit les rois catholiques prosternés devant ses images avec tous leurs sujets. Et une petite bergère, sainte Geneviève, fait toute la gloire de la fameuse ville de Paris. L'on peut remarquer ici en passant combien Dieu prend plaisir à élever les choses les plus humbles : Clovis, le premier roi chrétien de France, est enterré dans le lieu calme où reposent les reliques de sainte Geneviève ; sainte Clotilde reine y a son tombeau ; et pendant qu'on laisse le tombeau de Clovis, et que le sépulcre même de sainte Clotilde est peu fréquenté, tous les peuples accourent en foule à celui d’une simple bergère. Paris la prend pour sa patronne, et ses cendres sont dans l'or et au milieu des pierreries, et tous nos rois et toutes nos reines tiennent à honneur d'y venir rendre leurs respects.


N'est-ce pas une chose admirable de voir les images glorieuses du bienheureux Jean de Dieu placées dans les lieux les plus honorables de nos temples, et d'entendre retentir les chaires les plus augustes de nos églises, des louanges et des grandeurs d'un homme qui a vécu comme un insensé, se jetant dans la boue et la fange des rues, et faisant courir la populace après lui, servant de jouet et de sujet de railleries aux peuples ?


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DIEU SEUL  ou  Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu - M. Henri-Marie Boudon Empty Re: DIEU SEUL ou Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu - M. Henri-Marie Boudon

Message  Monique Hier à 8:55 am

Il bien difficile de méditer attentivement ces vérités sans concevoir un grand mépris du monde, et sans prendre de généreuses résolutions de se consacrer au service d'un Dieu, qui sait si bien récompenser les personnes qui sont à sa divine majesté. Ô mon Dieu ! Que les hommes ne savent-ils ce que c'est que de vous servir ! Il n'en va pas ici de même que dans le service des hommes, pour les serviteurs qui servent le moins sont plus considérables : tout au contraire la créature est d'autant plus glorieuse, qu'elle est plus au service de Dieu. Les bêtes et les choses insensibles sont moins estimables que les hommes, parce qu'elles sont moins capables du service du Créateur : d'autant moins que nous sommes à nous, et que nous n'avons rien, d'autant plus avons-nous de gloire, parce que le néant et le péché étant notre apanage dans l'état de corruption, nous ne pouvons être quelque chose qu'en Dieu, et ce qui n'y est pas, quelque élevé qu'il paraisse, est bien méprisable. Ô Seigneur, dit la reine Esther, ne livrez pas votre sceptre à ceux qui ne sont pas.

C'est ainsi que le Saint-Esprit par sa bouche qualifie ceux qui servent Dieu, qu'il les appelle son sceptre et sa couronne : c'est de la sorte qu'il fait voir le néant de ceux qui ne le servent pas ; lorsqu'il ne se contente pas de dire qu'ils sont vils et abjects, mais qu'il déclare qu'ils ne sont rien du tout. Il y aurait ici à répandre des larmes de sang sur l'aveuglement de la plupart des Chrétiens, et (ce qui est encore plus déplorable) de plusieurs dont l'état du sacerdoce ou du cloître les sépare du monde, qui sont tout plongés dans l'estime des biens temporels, des qualités naturelles, de la condition, de heur naissance, du bel esprit, des sciences, de la faveur des grands, de l'amitié des créatures, tout cela n'étant rien du tout qu'en tant qu'il contribue au service de notre souverain : cependant c'est ce qui occupe presque tous les esprits. Quand on dit de quelqu'un, dit le saint livre de l'Imitation de Jésus-Christ, l'on demande s'il est riche, s'il est noble, s'il est savant, et choses semblables ; mais bien peu se mettent en peine s'il est pauvre d'esprit, s'il est humble, et s'il est dans la pratique des vertus chrétiennes. Si l'on veut être véritablement grand, on ne le peut devenir que par l'union avec Dieu, et par la participation de ses grandeurs. Or, pour être uni à Dieu, il le faut servir.


A suivre...
Monique
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Date d'inscription : 26/01/2009

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