Les Aventuriers de DIEU - DANIEL-ROPS de l'académie française

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Les Aventuriers de DIEU - DANIEL-ROPS de l'académie française - Page 2 Empty Re: Les Aventuriers de DIEU - DANIEL-ROPS de l'académie française

Message  Monique le Jeu 21 Mai 2020, 7:36 am

Evêque, être évêque d'une cité comme Tours, ce n'était pas une sinécure! L'Empire romain était en décadence. Les Germains s'infiltraient déjà partout, avant que leurs frères se jettent à l'assaut des riches provinces, un peu plus tard. Les fonctionnaires sachant combien le gouvernement était faible, ne s'occupaient guère qu'à pressurer les populations pour emplir leurs coffres personnels. Dans le désordre général, l'évêque, élu presque toujours par la voix unanime du peuple, jouait un rôle de premier plan. Non seulement il présidait aux cérémonies liturgiques, prêchait en personne dans sa cathédrale, dirigeait le clergé placé sous ses ordres, mais sans cesse, il avait à intervenir dans les affaires publiques, défendant ses fidèles contre les exactions du fisc, surveillant les écoles, entretenant les miséreux et les infirmes; l'évêque, c'était le véritable chef de la cité.

Pour assurer toutes ces tâches, il fallait beaucoup d'intelligence et de science. Quand Martin fut élu évêque de Tours, ce fut, chez les autres évêques des alentours, un bel accès de rire. Etrange apprentissage de grand administrateur que d'avoir lancé le javelot et ferraillé de la lance! Et quant aux relations qu'un évêque devait nécessairement entretenir avec les fonctionnaires impériaux, comment s'en tirerait-il, ce moine hirsute, vêtu de bure velue, et qui sentait le haillon ? Les rieurs durent vite baisser caquet. Non seulement Martin, en rien de temps, s'adapta aux tâches difficiles qui étaient les siennes, mais il fut évident qu'il dépassait de toutes façons les évêques de la région. Quand l'Esprit-Saint est sur un homme, quel génie pourrait s'égaler à lui ?


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Message  Monique le Ven 22 Mai 2020, 8:17 am

Celui qu'on voyait, aux jours des plus grandes cérémonies, s'avancer dans le chœur vêtu de son humble robe de solitaire et ne portant pour crosse qu'un bâton recourbé, dès l'instant qu'il parlait, subjuguait son auditoire : on l'écoutait volontiers, des heures, traiter aussi bien des choses familières, des préoccupations que chacun portait au cœur, que des plus hautes questions touchant la foi et la doctrine.

En outre, sa charité se montrait inépuisable : il était bien resté l'homme qui, pour Dieu, avait partagé son manteau avec un miséreux, et l'on racontait même que, recommençant son geste, il lui arrivait souvent de distribuer aux pauvres ses vêtements, y compris ceux qui eussent dû servir aux offices! Grand bâtisseur aussi, toujours en chemin à travers toute la région qui lui était confiée, il n'avait cesse ni trêve qu'il n'eût bâti des églises en tout lieu où une communauté chrétienne existait.

Sa réputation grandit vite. De toutes les Gaules, on prit l'habitude de le consulter en des cas difficiles, où il devait rendre des jugements à la manière de Salomon. Comme il était patent que le Seigneur lui avait accordé de grands pouvoirs de thaumaturge, on lui amenait des malades ou bien l'on venait le supplier d'accourir à leur chevet pour leur imposer les mains. Qu'il guérît les infirmes, c'était chose certaine, mais on transportait aussi, de bouche en bouche, de bien plus étonnantes histoires.


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Message  Monique Hier à 7:45 am

Par exemple que, durant un pèlerinage, un ours ayant dévoré l'âne du saint, celui-ci ordonna au fauve de tendre le dos pour recevoir la charge et la porter désormais : ce qui fut aussitôt fait (et c'est pourquoi les ours de nos petites filles s'appellent Martin en souvenir de Tours du saint). Ou bien — plus admirable encore — étant arrivé trop tard auprès d'un malade et l'ayant trouvé mort depuis trois jours, il suffit au grand saint de s'étendre sur le cadavre, bouche à bouche, et de lui souffler de son haleine pour que le sang se reprît à battre dans les membres inanimés.

On imagine assez quel prestige valaient au saint de tels prodiges! Des brigands, l'ayant arrêté sur la route comme un quelconque voyageur, se prosternaient au seul énoncé de son nom et, fermement morigénés par lui, acceptaient de devenir honnêtes. Les grands de la terre, aussi bien, venaient écoûter ses leçons et comme, bien souvent, ils n'étaient pas, eux-mêmes, beaucoup plus sages que les brigands, Martin, équitablement, leur infligeait semblables semonces et pénitences.

L'Empereur lui-même désirait l'entendre et le saint, s'étant rendu à Trêves, la capitale d'alors, ne lui cachait pas qu'il pensait de la façon dont il s'était emparé du trône, a grands renforts de traîtrise et d'assassinats : ce que l'Empereur écouta, n'osant braver la puissance de Dieu que cet homme possédait si visiblement.


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Message  Monique Aujourd'hui à 8:24 am

Une telle gloire, de son vivant, ne troublait pas Martin; il ne perdait pas de vue son but, son unique but, servir Dieu dans le renoncement et la pénitence. Le Seigneur avait voulu qu'il quittât Ligugé pour assumer les devoirs d'un évêque; mais il ne lui avait pas interdit, tout en étant évêque, de vivre comme un moine!

Aussi, à peu de distance de Tours, il avait fondé un couvent, Marmoutiers, où bientôt avaient afflué les âmes saintes. Chaque soir, sa lourde journée terminée, il y rentrait, pour passer la veillée en prière au milieu de ses frères et dormir la nuit à côté d'eux. L'office le voyait fidèle et enthousiaste, mêlant sa voix à celles des chantres. La sainte maison n'avait pas tardé à devenir trop petite et il avait fallu créer des abbayes-filles où des vocations, intarissablement, se présentaient. Quand Martin mourut, plus de deux mille moines, accourus de ces divers couvents, vinrent prier à ses funérailles : admirable rayonnement de la sainteté vécue, dans sa sublime simplicité!


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