TOME II - LE TROISIÈME SIÈCLE DIOCLÉTIEN par le R. P. DOM H. LECLERCQ

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Message  Monique le Dim 05 Juil 2020, 7:37 am

Quelques jours plus tard, le proconsul rentra à Smyrne. Il fit comparaître Pione :

« Ton nom ?

Pione.

Sacrifie.

Non.

* Ta secte ?


Catholique.

Catholique, quoi ?

Prêtre de l'Eglise catholique.

Tu étais le maître de ceux-ci ?

J'enseignais.

Docteur en sottise.

En piété.

Quelle piété ?

Piété envers Dieu qui a fait le ciel, la terre et la mer.

Allons, sacrifie.

J'ai appris à adorer le Dieu vivant.

Nous adorons tous les dieux, le ciel et ses habitants.

Qu'as-tu à regarder en l'air ? Mais sacrifie donc:

Je ne regarde pas l'air, mais bien Dieu qui a fait, l'air.

Qui cela ?

C'est un secret.

Tu dois convenir que c'est Jupiter qui est au ciel, avec lequel règnent les dieux et déesses. Sacrifie donc à celui qui règne sur tous les dieux du ciel. »


Pione ne répondit plus ; voyant cela, le proconsul le fit étendre sur le chevalet, comptant tirer par la souffrance l'aveu qu'on lui refusait.

On commença la torture.

Le proconsul dit : « Sacrifie.

Non.

Beaucoup l'ont fait, ils ont évité les tourments, ils vivent. Sacrifie.

Non.

Sacrifie.

Non.

Ton dernier mot ?

Non.

Fanatique, va ; courir ainsi à la mort ! Obéis.


Je ne suis pas fanatique ; je crains le Dieu éternel.

Qu'as-tu dit ? Sacrifie.

Tu as entendu je crains le Dieu vivant

Sacrifie.

Impossible. »


Le proconsul délibéra longtemps avec son assesseur, puis se tournant de nouveau vers Pione :

Tu y tiens ? tu ne te repens pas ?

Non.

Je vais te laisser du temps, autant que tu en voudras, pour réfléchir et te décider ?

Non.

Puisque tu es pressé de mourir, tu seras brûlé vif. »
Et il fit lire la sentence :

« Nous ordonnons que Pione, sacrilège, chrétien avéré, soit brûlé vif, afin d'inspirer la terreur aux hommes et satisfaire la vengeance des dieux. »


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Message  Monique le Lun 06 Juil 2020, 6:24 am

Le vieux martyr, exemple des chrétiens dans l'avenir, ne ressemblait pas aux condamnés ordinaires qui traînent les pieds, dont les jambes flageolent et le corps se glace. Il était calme, rien ne le retardait, plus ; il marchait d'un bon pas. Quand il arriva sur la place, avant que le gardien l'en eût prévenu, il enleva son vêtement et voyant son corps demeuré pur et chaste, il leva les yeux au ciel, et rendit grâces à Dieu de l'avoir conservé tel.

On le hissa sur le bûcher que le peuple venait d'élever; il se prêta à ce qu'on clouât ses membres au poteau. Quand le peuple le vit en cette posture, il fut pris de compassion « Pione, cria-t-on, repens-toi, promets d'obéir, on te détachera.

Je suis cloué, dit-il, j'ai bien senti cela » ; et après une pause « J'ai voulu mourir, afin que tout le peuple comprît qu'il y a une résurrection après la mort ».

On dressa les poteaux où Pione et Métrodore (le prêtre marcionite) étaient attachés. Pione avait à sa gauche Métrodore ; il tenait ses yeux et son âme fixés au ciel. On apporta les mèches, et la flamme s'élança avec un joyeux crépitement. Pione avait fermé les yeux, il priait en silence pour reposer dans le bonheur. Peu après, son visage s'éclaira d'une vive joie il dit amen et rendit l'âme comme un léger souffle; recommandant son esprit à celui de qui il attendait sa récompense, et qui a promis de faire justice lui-même aux âmes injustement condamnées, il dit : « Seigneur, recevez mon. âme ».

Telle fut la mort du bienheureux Pione; tel fut le martyre de cet homme dont la vie fut sans reproche et sans péché, dont la simplicité avait toujours été pure, la foi inébranlable et l'innocence constante. Son cœur avait été fermé au vice, parce qu'il l'avait tenu ouvert à son Dieu. Ainsi, à travers les ténèbres, il a couru à la lumière ; par la porte étroite, il a gagné, d'un pas rapide, les vastes plaines de la gloire. Le Dieu tout-puissant voulut même nous donner quelques signes de la beauté de sa couronne. Tous ceux en effet que la compassion ou la curiosité avaient amenés au lieu du supplice virent tout à coup le corps de Pione tel, qu'on eût pu croire que tous ses membres avaient été renouvelés. Ses oreilles étaient dressées sans roideur, sa chevelure plus belle, sa barbe mieux fournie, tout son corps offrant l'apparence d'une agréable jeunesse. Ainsi ces membres rajeunis par le feu attestaient la vertu du martyr, et donnaient l'idée de la résurrection. Son visage semblait sourire avec une grâce toute céleste; on y découvrait un reflet de la beauté des anges ; et tout ce spectacle inspirait aux chrétiens la confiance et aux gentils la terreur.

Ceci se passa sous le proconsulat de Jules en Asie, Proculus et Quintilianus étant magistrats ; sous le troisième consulat de l'empereur Dèce et le second de Gratus; selon les Romains, le quatre des ides de mars; selon les Asiatiques, le douze du sixième mois ; enfin, selon notre manière de compter, un samedi, à 10 heures, sous le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui soit honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.


A SUIVRE... ACTES DU PROCÈS DE SAINT ACACE, ÉVÊQUE DANTIOCHE DE PISIDIE, EN 250.
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Message  Monique le Mar 07 Juil 2020, 7:21 am

ACTES DU PROCÈS DE SAINT ACACE, ÉVÊQUE DANTIOCHE DE PISIDIE, EN 250.



Ce personnage fut très probablement évêque d'Antioche de Pisidie, colonie romaine. La pièce originale a dû être en langue grecque ; mais on ne la possède que dans la traduction, laquelle présente d'ailleurs de solides garanties d'authenticité. Le procès de saint Acace est très remarquable parce qu'il est clos par une grâce impériale.



BOLL. Act. SS. 31/III. Mort, III, 903-905.  RUINART, Acta sinc., p. 139.  EDM. LE BLANT, Recherches sur l'accusation de magie dirigée contre les premiers chrétiens (1869).  La sexe, Note sur les bases juridiques des procès dirigés contre les première chrétiens (1866), p. 8-13.  P. ALLLARD, Hist. des perséc., t. II, p. 412 suiv.




A SUIVRE... ACTES DU PROCÈS DE SAINT AGACE, ÉVÊQUE ET MARTYR.
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Message  Monique le Mer 08 Juil 2020, 9:05 am

ACTES DU PROCÈS DE SAINT AGACE, ÉVÊQUE ET MARTYR.


Chaque fois que nous rappelons les actions illustres des. serviteurs de Dieu, nous rendons grâces à Celui qui protège le patient dans la souffrance et qui couronne le vainqueur dans la gloire. Martianus, consulaire, ennemi de la loi chrétienne, se fit amener Acace que l'on lui avait signalé comme le refuge et le bouclier des chrétiens d'Antioche.

Quand Acace eut été introduit, Martianus dit : « Puisque tu vis sous les lois romaines, tu dois aimer nos princes ».

Acace répondit : « Eh qui a plus à coeur de le faire et qui aime mieux l'empereur que les chrétiens? Nous prions assidûment pour lui, demandant à Dieu de lui donner une longue vie, un gouvernement juste, un règne paisible ; nous prions pour le salut de l'armée, la conservation de l'empire et du monde.

Je te félicite pour ces sentiments, mais afin que l'empereur en reconnaisse la sincérité, offre-lui avec nous un sacrifice.

Je prie mon Seigneur, le grand et vrai Dieu, pour le salut du prince ; mais celui-ci n'a pas le droit d'exiger de nous un sacrifice, ni nous n'avons le droit de lui en offrir. Qui donc peut adresser son culte à un homme ?

Dis-nous alors à quel Dieu tu offres tes prières, afin que nous aussi nous l'honorions.

Je te souhaite de connaître mon Dieu qui est le Dieu véritable.

Comment se nomme-t-il ?

Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob.

Sont-ce là les noms de ces dieux ?

Ce n'est pas eux qui sont Dieu, mais celui qui leur a parlé ; et c'est lui que nous devons craindre.



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Message  Monique le Jeu 09 Juil 2020, 6:40 am

Quel est-il ?

Adonaï, le Très-Haut, qui est assis sur les chérubins et les séraphins.

Qui est-ce séraphin ?

C'est le ministre du Très-Haut et le plus rapproché du trône sublime.

Cette fausse philosophie t'a fourvoyé. Méprise les choses invisibles et reconnais Ies dieux véritables qui sont sous tes yeux.

Quels sont ces dieux auxquels larve= me faire sacrifier ?

C'est Apollon, notre bienfaiteur, celui qui, repousse loin de nous la peste et la famine, et par qui le monde entier est gouverné et conservé.


Ah ! oui, un dieu que l'on a tué, car c'est bien ce que vous dites de lui ; un dieu qui, épris d'une fille, poursuivait l'aventure, ignorant qu'il perdrait la proie avant de l'avoir saisie. Un tel ignorant, c'est clair, n'était pas dieu ; l'était-il plus quand une autre fille le trompa ? Il en eut bien d'autres à souffrir, la fortune lui réservait de plus cuisants chagrins. Il aimait les petits garçons: Épris d'un certain Hyacinthe, il brûlait d'amour pour cet enfant; et le pauvre dieu qui ne savait pas l'avenir, tua d'un coup de disque celui qu'il vulait posséder. Un dieu, lui, qui, au temps jadis, se fit maçon avec Neptune, et ensuite garda les troupeaux d'autrui, est-ce a lui que je dois sacrifier? Ou bien tu préfères peut-être Esculape qui mourut foudroyé, ou bien encore Vénus, une adultère, ou les autres monstres. Ainsi ma vie est en jeu si je n'adore pas des coquins que je me garderai bien d'imiter, et je les méprise, et je les accuse, et ils me font horreur ; si quelqu'un les imitait, on le mettrait en prison ? Vous adorez ici ce que vous condamnez là. »

Martianus dit : « Les chrétiens n'en font pas d'autres, il leur faut déblatérer sur nos dieux. C'est entendu. Maintenant je t'ordonne de venir avec mai au temple de Jupiter et de Junon, nous y ferons un bon 'souper et nous rendrons aux immortels l'honneur qui leur est dû ».

Acace dit : « Je ne puis cependant pas faire un sacrifice à un individu qui est enterré dans l'île de Crète. Ah çà, est-il ressuscité » ?

Martianus dit : « Sacrifie ou meurs ».

Acace reprit : « Moeurs de Dalmate.


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Message  Monique le Ven 10 Juil 2020, 7:19 am

En ce pays-là, il y a des brigands qui font métier de voler, ils s'embusquent le long d'un chemin détourné et tombent sur les voyageurs. Vient-il un passant, on l'arrête: la bourse ou la vie. Nul ne demande de raison, mais considère la force de l'agresseur. Tu leur ressembles. Tu commandes le mal, ou tu menaces de mort. Je ne crains rien, je n'ai pas peur. Le droit public se charge de punir la débauche, l'adultère, le vol, la sodomie, les maléfices et l'homicide. Si je suis coupable de, ces crimes, je suis le premier à me condamner ; si, au contraire, j'adore le Dieu véritable et qu'on me tue, ce n'est plus la justice, c'est l'arbitraire.. Le prophète a raison de s'écrier : « Il n'y a personne qui fasse le bien, tous se sont relâchés, ils se sont rendus inutiles ». Ainsi tu ne saurais faire autre chose que ce que tu fais. Nous lisons dans nos livres : « Comme tu auras jugé, tu seras jugé toi-même », et ailleurs : « Comme tu auras agi, l'on agira envers toi ».

Martianus : « Je n'ai pas été envoyé pour juger, mais pour contraindre : si tu méprises le commandement, tu seras châtié ».

Acace : « Et mon commandement à moi est de ne pas renier mon Dieu. Si tu sers un homme chétif et charnel que la mort atteindra bientôt et qui, tu le sais, deviendra la pâture des vers, combien plus dois-je obéir à Dieu dont la toute-puissance est éternelle, et qui a dit de lui-même : « Celui qui m'aura renié devant les hommes, je le renierai devant mon Père céleste, quand je serai venu dans ma gloire et ma force juger les vivants et les morts » !


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Message  Monique le Sam 11 Juil 2020, 7:01 am

Martianus : « Tu viens de déclarer l'erreur de votre doctrine que j'étais, depuis longtemps, avide d'entendre. Tu viens de dire, n'est-ce pas, nue Dieu a un fils ?

Oui.

Et quel est ce fils de Dieu ?

Le Verbe de grâce et de vérité.

Est-ce là son nom ?Actes du procès de saint Acace

Tu ne me parlais pas de son nom, mais de sa puissance.

Eh bien, son nom, maintenant ?

Jésus-Christ.

Qui fut sa mère ?

Dieu n'a pas engendré son fils, ainsi que font les hommes, de l'union avec une femme, mais il a formé de ses mains le premier Adam, car il ne faut pas croire que la majesté divine ait eu des rapports avec une femme mortelle. Dieu donc a fait de terre le corps du premier homme et là où il a déjà mis sa parfaite image, il ajouta l'âme et l'esprit. De même, le Fils de Dieu, le Verbe de vérité sort du coeur de Dieu, ainsi qu'il est écrit : Mon coeur a proféré une parole parfaite.

Alors c'est un Dieu qui a un corps?

Lui seul connaît la forme invisible que nous ignorons, mais nous adorons sa force et sa puissante.

S'il n'a pas de corps, il n'a pas de coeur, car le sens exige l'organe.

La sagesse ne naît pas avec des organes, elle est donnée par Dieu. Quel rapport y a-t-il entre le sens et l'organe ?

Vois les Cataphryges ; leur religion est ancienne, cependant ils l'ont abandonnée pour la nôtre, aujourd'hui ils sacrifient aux dieux. Fais comme eux. Rassemble tous les catholiques et suis avec eux la religion de l'empereur. Ton peuple, je le sais, se laisse conduire, par toi.

C'est à Dieu, non à moi, qu'obéissent les chrétiens. Ils m'écouteront si je leur enseigne la justice, ils me mépriseront si je leur conseille le mal.

Donne-moi leurs noms à tous ?

Leurs noms sont écrits au livre de vie. Comment des yeux mortels pourront-ils déchiffrer ce que la puissance du Dieu immortel et invisible a écrit ?


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Message  Monique le Dim 12 Juil 2020, 7:38 am

Où sont les magiciens qui t'aident dans tes artifices, ou ceux qui t'ont enseigné tes prestiges ?

Nous avons tout reçu de Dieu, et la magie nous fait horreur.

Vous êtes des magiciens, puisque vous avez inventé une religion.

Nous détruisons les dieux créés par vous et dont vous avez peur. Quand l'ouvrier manque de pierre ou que l'on manque d'ouvriers, vous n'avez plus de dieux. Le Dieu que nous craignons, nous, n'est pas de notre fabrication, c'est nous qui sommes créés par lui, car il est le Maître ; nous sommes aimés de lui, car il est le Père, et comme un tendre pasteur il nous a arrachés à la mort éternelle.

Allons, les noms, ou tu meurs !

Je suis devant ton tribunal et tu' demandes des noms? Crois-tu donc venir à bout des autres, alors que tu te laisses vaincre par moi seul? Mais, tiens, tu veux des noms, eh bien, je m'appelle Acace et on m'a surnommé le « Bon Ange ». Fais ce que tu voudras. »

Martien dit : « Tu seras ramené en prison, les pièces du procès seront transmises à l'empereur. Il décidera de ton sort. »


Dèce, ayant lu toute la procédure, s'intéressa à cette controverse, et même il ne put s'empêcher de sourire en la lisant. Peu de temps après il donna à Martianus la légation de Pamphylie. Quant à Acace, qu'il admira fort, il lui fit grâce.

Telle fut la conduite du consulaire Martianus, sous le règne de Dèce, le quatre des calendes d'avril.


A SUIVRE... ACTES DE SAINT MAXIME, A ÈPHÈSE OU A LAMPSAQUE, L'AN 250.
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Message  Monique le Lun 13 Juil 2020, 9:23 am

ACTES DE SAINT MAXIME, A ÈPHÈSE OU A LAMPSAQUE, L'AN 250.



Le martyr Maxime s'était livré lui-même ; mais on ne sait pas au juste dans quelle ville il fut mis à mort. Le proconsul d'Asie, Optimus, paraît être arrivé à Ephèse, capitale de la province, en avril 250. Presque aussitôt après, il entreprit dans sa province un voyage d'inspection, au cours duquel il visita Lampsaque; et las indications fournies par les actes ne présentent rien qui puisse trancher le litige entre l'une ou l'autre ville.

Les Actes ont une authenticité absolue.


BOLL. Act. SS. 31/III, Mart. III, 903-9055. RUINART, Act. sinc., p. 143 et suiv. BARONIUS, ad. ann. 254, n. 24 et suiv. « Les actes de saint Maxime disent seulement qu'il souffrit apud Asiam, mais indiquent le 14 mai comme la date de son martyre. Or, à la même date, les saints Pierre, André et Denise fuient mis à mort à Lampsaque. (RUINART, p. 149.) A moins de sup. poser une erreur, soit dans la Passion de ces derniers martyrs soit dans celle de saint Maxime, il faut admettre que celui-ci souffrit dans la même ville. Cependant plusieurs anciens martyrologes mettent au 30 avril la fête de saint Maxime. Si cette date est celle de son martyre, il peut avoir eu lieu quand le proconsul était encore à Ephèse. » P. ALLARD, Hist. des perséc., t. II, p. 393 et suiv. KRÜGER, Gesch. der Altchr. Litteratur, dans Grundriss der Theologischen Wissenschaften, IX» partie, p. 242, propose Ephèse.


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Message  Monique le Mar 14 Juil 2020, 7:42 am

LES ACTES DE SAINT MAXIME.


L'empereur Dèce résolut d'opprimer et d'écraser la loi chrétienne. Il décréta que, dans l'univers eSntier, tous les chrétiens abandonneraient le Dieu vivant et véritable et sacrifieraient aux démons ; ceux qui s'y refuseraient seraient torturés. A cette époque, un serviteur de Dieu, d'une vraie sainteté, nommé Maxime, vint se livrer lui-même. C'était un homme du peuple qui gérait un commerce. Il fut donc arrêté et traduit devant le proconsul d'Asie.


« Comment t'appelles-tu ?

Maxime.

Quelle est ta condition ?

Né libre, mais esclave du Christ.

Quelle est ta profession ?

Homme du peuple, vivant de mon négoce.

Tu es chrétien ?

Oui, quoique pécheur.

N'as-tu pas connu les décrets récents des invincibles empereurs ?

Lesquels ?

Ceux qui ordonnent à tous les chrétiens d'abandonner leur vaine superstition, de reconnaître le vrai prince à qui tout est soumis, et d'adorer ses dieux.

J'ai connu l'ordonnance impie portée par le roi de ce siècle, c'est pourquoi je me suis livré.

Sacrifie aux dieux.

Je ne sacrifie qu'à un seul Dieu, à qui je suis heureux d'avoir sacrifié dès l'enfance.

Sacrifie, et tu seras sauvé ; si tu refuses, je te ferai périr dans les tourments.

Je l'ai toujours désiré : c'est pourquoi je me suis livré afin d'échanger cette vie misérable et courte contre la vie éternelle. »


Le proconsul le fit battre de verges.

Pendant ce supplice, il dit : « Sacrifie, Maxime, et tu seras délivré de ces tortures.

Ce qu'on souffre pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ n'est pas torture mais plaisir. Si je m'éloignais des préceptes de mon Seigneur, que j'ai appris dans son évangile, je n'éviterais pas des tortures, véritables celles-là, et perpétuelles. »

Le proconsul le fit suspendre au chevalet.

Pendant ce supplice, il dit : « Reviens, malheureux, de ta folie, et sacrifie afin de sauver ta vie.

Je me sauve la vie si je ne sacrifie pas; si je sacrifie, je la perds. Ni les verges, ni les ongles de fer, ni le feu, ne me font souffrir parce que la grâce de Dieu,qui sera môn salut éternel, demeure en moi ; et cela grâce à l'intercession de tous les saints qui, combattant un pareil combat, ont triomphé de vos inepties, et nous ont laissé les exemples des vertus. »

Le proconsul dit alors : « Puisque Maxime a refusé d'obéir aux lois et de sacrifier à la grande Diane, la divine clémence a ordonné qu'il serait lapidé, afin de servir d'exemple aux autres chrétiens ».

Les valets de Satan s'emparèrent de l'athlète du Christ, tandis qu'il rendait grâces au Dieu et Père par son Fils Jésus-Christ, qui l'avait jugé digne de vaincre le diable. On le conduisit hors de la ville, et il rendit l'âme, tué à coups de pierres.

Maxime, serviteur de Dieu, a été martyrisé dans la province d'Asie, le deuxième des ides de mai, sous le règne de l'empereur Dèce et le proconsulat d'Optimus Notre-Seigneur Jésus-Christ règne ; à Lui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen.


A SUIVRE... PASSION DES SAINTS LUCIEN ET MARCIEN, A NICOMÉDIE, PENDANT L'HIVER DE L'AN 2550-251.
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Message  Monique le Mer 15 Juil 2020, 9:04 am

PASSION DES SAINTS LUCIEN ET MARCIEN, A NICOMÉDIE, PENDANT L'HIVER DE L'AN 2550-251.



Il faut faire deux parts dans les actes qui vont suivre. La première est de peu d'autorité: c'est une élucubration pieuse, et n'a, au point de vue de la vérité historique, que la valeur douteuse de ce genre de compositions. La deuxième partie est d'une authenticité certaine et paraît empruntée à une source originale. Il y a peu de fondement à faire sur les noms que cette pièce donne au proconsul, car la liberté des rédacteurs de seconde main allait, sur ce point, jusqu'à l'invention pure et simple.

Nous résumons la première partie des Actes afin de ne pas mélanger dans ce recueil la légende avec l'histoire. Lucien et Marcien étaient deux spirites dont on ne comptait plus les opérations criminelles. S'étant épris d'une jeune fille chrétienne, ils tentèrent d'user de maléfices pour l'attirer à eux. Ce fut en vain, et ils apprirent, dans une évocation des esprits, que leur entreprise ne pouvait avoir de succès, à cause de la fidélité de cette personne à Jésus-Christ. Les deux compères paraissent, à l'aide d'un raisonnement tout à fait logique, s'être convertis peu après, et ils y mirent quelque ostentation. Ils menaient depuis lors une vie toute de pénitence et d'apostolat lorsque le peuple, scandalisé de ce revirement, les arrêta un jour et les livra au proconsul.




BOLL. 26/X, Oct. XI, 804-819. RUINART, p. 150. P. ALLARD, Hist. des perséc. II, p. 406 suiv. ASSÉMANI, Act. SS. Orient et Occident (1748), 47.54. Bibl. gesch. deutsch. Nat. Liter. (1852) A. XXXII, 25-52. FLOREZ, Espana sagrada (1774), XXVIII, 209-27. LUCHINI, Att. sinc. II, 183-187. TILLEMONT, Mém. III, 338.


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Message  Monique le Jeu 16 Juil 2020, 7:57 am

ACTES DU MARTYRE DES SAINTS LUCIEN ET MARCIEN.



Le proconsul Sabines dit à Lucien : « Ton nom ?

Lucien.

Ta condition ?

Jadis persécuteur de la vérité sainte, aujourd'hui, quoique indigne, prédicateur de cette vérité.

A quel titre, prédicateur ?

Chacun a qualité pour arracher son frère à l'erreur, afin de lui procurer la grâce et de le délivrer de la servitude du diable. »

Le proconsuls à Marcien « Ton nom ?

Marcien.

Ta condition ?

Homme libre, adorateur des sacrements divins.

Qui vous a persuadé de quitter les dieux antiques et véritables qui vous ont été si secourables, et vous ont procuré la faveur populaire, et de vous tourner vers un dieu mort et crucifié, qui n'a pas pu se sauver lui-même?»


Marcien : « C'est sa grâce qui a agi, comme pour saint Paul, qui, de persécuteur des églises, en devint, par cette même grâce, le héraut.

Le proconsul : « Réfléchissez et revenez à votre ancienne piété, afin de vous rendre favorables les dieux antiques et, les princes invincibles, et de sauver votre vie. »

Lucien : « Tu parles comme un fou; quant à nous, nous rendons grâces à Dieu qui, après nous avoir tirés des ténèbres et de l'ombre de la mort, a daigné nous conduire à cette gloire.

C'est ainsi qu'il vous garde , en vous livrant entre mes mains ? Pourquoi n'est-il pas là pour vous sauver de la mort ? Je sais qu'au temps où vous aviez votre bon sens, vous vous rendiez secourables à beaucoup de personnes. »


Marcien : « C'est la gloire des chrétiens, que perdant ce temps que tu crois être la vie, ils obtiennent par leur persévérance la vie véritable et sans fin. Dieu t'accorde cette grâce et cette lumière afin que tu apprennes ce qu'il est et ce qu'il donne à ses fidèles. »

Le proconsul : « Mais on le voit bien ce qu'il leur donne, puisque, comme je l'ai déjà remarqué, il vous livre à moi ».

Lucien : « Je te le répète, la gloire des chrétiens et la promesse de Dieu consistent en ceci, que celui qui aura méprisé les biens de ce monde et qui aura fidèlement combattu contre le diable, commencera une vie qui n'aura plus de fin ».

Le proconsul dit : « Commérages que tout cela ! Écoutez-moi et sacrifiez, obéissez aux édits, et craignez que, justement irrité, je ne vous condamne à d'atroces souffrances ».

Marcien : « Tant qu'il te plaira, nous sommes tout prêts à supporter tous les tourments que tu voudras nous infliger plutôt que de nous jeter, par la négation du Dieu vivant et véritable, dans les ténèbres extérieures et dans le feu éternel que Dieu a préparés au diable et à ses suppôts ».  Voyant leur attitude, le proconsul prononça la sentence :

« Lucien et Marcien, transgresseurs de nos divines lois pour passer à la loi ridicule des chrétiens, après avoir été exhortés par nous à sacrifier afin d'avoir la vie sauve, ont méprisé nos instances.

« Nous ordonnons qu'ils soient brûlés vifs. »

On les mena au lieu des exécutions et pendant la route leurs deux voix se confondaient en une seule action de grâces:

« A Toi, Seigneur Jésus, nos louanges imparfaites, à Toi, qui nous as tirés, vils et scélérats,de l'erreur des païens, et qui as daigné nous conduire à ce supplice glorieux afin que nous rendions gloire à ton nom, et que nous entrions dans la compagnie de tes saints.

« A Toi la gloire, à Toi la louange, à Toi notre corps et notre âme. »


Dès qu'ils eurent fini, les valets du bourreau mirent le feu, et ce fut ainsi que les saints, achevant leur combat, méritèrent de participer aux mérites de la passion du Christ.

Lucien et Marcien ont souffert le 7 des calendes de novembre, sous le règne de Dèce et le proconsulat de Sabinus. Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui revient l'honneur, la gloire, la force, la puissance dans tous les siècles, règne glorieusement.


A SUIVRE... LES ACTES DE SAINT CYPRIEN, ÉVÊQUE, A CARTHAGE, L'AN 258.
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Message  Monique le Ven 17 Juil 2020, 8:14 am

LES ACTES DE SAINT CYPRIEN, ÉVÊQUE, A CARTHAGE, L'AN 258.



Pendant les cinq ou six siècles de son existence, l'Eglise d'Afrique n'eut pas de plus grands hommes que Tertullien, saint Cyprien et saint Augustin ; et l'on peut dire que la postérité n'a rien ajouté à la renommée dont ils ont joui en leur temps. Ce fut cette renommée qui désigna saint Cyprien aux persécuteurs. Valérien rendit, l'an 257, un édit d'après lequel, pour la première fois, la communauté chrétienne était traitée en association illicite. D'après divers indices, on constate que la question religieuse est au second plan, car la nature de la peine infligée à ceux qui refusent de sacrifier est l'exil. L'édit réserve ses sévérités pour ceux qui feront revivre l'association dissoute. Conformément à cette législation, Cyprien, ayant refusé de sacrifier, fut envoyé à Curube; mais il est probable que l'édit fut insuffisant, car on l'aggrava l'année suivante. L'édit de 258 déclarait que tous les évêques, prêtres ou diacres, qui refuseraient d'abjurer, seraient sur-le-champ mis à mort. Ce fut donc comme sacrilège, conspirateur et fauteur d'association illicite, que Cyprien fut condamné.

Le procès-verbal de la comparution est une pièce d'une valeur inestimable.



BOLL. Act. Sanct. Sept. 14. IV, 191-348. RUINART, Acta sinc., 243-264. HARTEL, Opp. Cypr., p. CX-CXIV. SAMUEL BASNAGE, Annales politico-ecclesiastici (Rotterdam, 1706), t. II, p. 392, et GORRES, Christenverfolgungen, dans Kraus, Real Encyklopcedie der christl. Alterthümer, t. I, 289, a disent que la pièce que nous possédons, bien que composée de matériaux antiques, n'est pas la relation originale; mais ils n'apportent point de preuve sérieuse à l'appui de cette assertion ». P. ALLARD, Hist. des perséc., t. II, p. 56 et suiv., 112 et suiv. DODWELL, Dissertationes Cyprianicae (1682). Voy. CHEVALIER, Répertoire, FOTHAST, et les travaux généraux sur l'Afrique, SCHELSTRATE, MORCELLI, CAHIER, etc. Enfin P. MONCEAUX a donné dans la Revue archéologique (1900) une étude de la Vita et des Acta proconsularia dont plusieurs conclusions sont définitives. Cfr. D. CABROL., Dictionn. de liturgie et d'archéol. Paris, 1902. Fascicule 1er, au mot : Actes des Martyrs.


A SUIVRE... LES ACTES PROCONSULAIRES DU MARTYRE DE THASCIUS CAECILIUS CYPRIEN.
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Message  Monique le Sam 18 Juil 2020, 8:20 am

LES ACTES PROCONSULAIRES DU MARTYRE DE THASCIUS CAECILIUS CYPRIEN.



L'empereur Valérien était consul pour la quatrième fois et Gallien pour la troisième. Le 3 des calendes de septembre (30 août), à Carthage, dans son cabinet, Paterne dit à Cyprien : a Les très saints empereurs Valérien et Gallien ont daigné m'adresser des lettres par lesquelles; ils ordonnent à ceux qui ne suivent pas la religion romaine d'en reconnaître désormais les cérémonies. C'est pour cette raison que je t'ai fait citer : que réponds-tu ?

Cyprien : « Je suis chrétien et évêque. Je ne connais pas de dieux, si ce n'est le seul et vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent. C'est ce Dieu que nous, chrétiens, nous servons; c'est lui que nous prions jour et nuit, pour nous et pour tous les hommes, et pour le salut des empereurs eux-mêmes.

Tu persévères dans cette volonté?


Une volonté bonne, qui connaît Dieu, ne peut être changée.

Pourras-tu donc, suivant les ordres de Valérien et, de Gallien, partir en exil pour la ville de Curube?

Je pars.

Ils ont daigné m'écrire au sujet non seulement des, évêques, mais aussi des prêtres.. Je veux donc savoir de toi les noms des prêtres qui demeurent dans cette ville.

Vous avez très utilement défendu la délation par vos lois. Aussi ne puis-je les révéler et les trahir. On les trouvera dans leurs ville
s.

Je les ferai rechercher, et dès aujourd'hui, dans cette ville.

Notre discipline défend de s'offrir de soi-même, et cela contrarie tes calculs, mais si tu les fais rechercher, tu les trouveras.

Oui, je les trouverai, et il ajouta : Les empereurs ont aussi défendu de tenir aucune réunion et d'entrer dans les cimetières. Celui qui n'observera pas ce précepte bienfaisant encourra la peine capitale.

Fais ton devoir.


Alors le proconsul Paterne ordonna que le bienheureux Cyprien, évêque, fût exilé.

Il demeurait depuis longtemps déjà dans son exil, lorsque le proconsul Galère Maxime succéda à Aspase Paterne.Il rappela Cyprien du lieu de son exil et ordonna qu'on le fît comparaître devant lui. Cyprien, le saint martyr choisi de Dieu, revint donc de Curube où l'avait exilé Paterne; il demeurait, conformément, à l'ordre donné, dans ses terres, où il espérait chaque jour voir arriver ceux qui devaient l'arrêter, comme un songe l'en avait averti.

Il s'y trouvait donc lorsque soudainement, le jour des ides de septembre (le 13), sous le consulat de Tuscus et de Bassus, deux employés du proconsul, l'un écuyer de l'officium de Galère Maxime, l'autre palefrenier du même officium, vinrent le prendre ; ils le firent monter en voiture, se mirent à ses côtés et le conduisirent à Serti, où Galère s'était retiré en convalescence. Celui-ci remit la cause au lendemain.


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Message  Monique le Dim 19 Juil 2020, 7:45 am

On ramena Cyprien à Carthage dans la maison du directeur de l'office, laquelle était située au quartier de Saturne, entre la rue de Vénus et la rue Salutaire. Tout ce qu'il y avait de fidèles s'y porta ; mais le saint, l'ayant su, ordonna de faire retirer les jeunes filles; le reste de la foule stationna devant la parte de la maison.

Le lendemain matin, dix-huitième jour des calendes d'octobre, dès le matin, la foule immense,sachant l'ajournement prononcé la veille par Galère Maxime, se transporta à Sexti.

Le proconsul dit à Cyprien « Tu es Thascius Cyprien ?

Je le suis.

Tu t'es fait le pape de ces hommes sacrilèges ?

Oui.

Les très saints empereurs ont ordonné que tu sacrifies.

Je ne le fais pas.

Réfléchis.

Fais ce qui t'a été commandé. Dans une chose aussi juste, il n'y a pas matière à réflexion. »


Galère, ayant pris l'avis de son conseil, rendit à regret cette sentence : « Tu as longtemps vécu en sacrilège, tu as réuni autour de toi beaucoup de complices de ta coupable conspiration, tu t'es fait l'ennemi des dieux de Rome et de ses lois saintes ; nos pieux et très sacrés empereurs, Valérien et Gallien, Augustes, et Valérien, très noble César, n'ont pu te ramener à la pratique de leur culte. C'est pourquoi, fauteur de grands crimes, porte-étendard de ta secte, tu serviras d'exemple à ceux que tu as associés à ta scélératesse : ton sang sera la sanction des lois. »

Ensuite il lut sur une tablette l'arrêt suivant : « Nous ordonnons que Thascius Cyprien soit mis à mort par le glaive ».

Cyprien, dit : « Grâces à Dieu ».


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Message  Monique le Lun 20 Juil 2020, 7:26 am

Dès que l'arrêt fut prononcé, la foule des chrétiens se mit à crier. « Qu'on nous coupe la tête avec lui ». Ce fut ensuite un désordre indescriptible ; la foule cependant suivit le condamné jusqu'à la plaine de Sexti. Cyprien, étant arrivé sur le lieu de l'exécution, détacha son manteau, s'agenouilla et pria Dieu, la face contre terre. Puis il enleva son vêtement, qui était une tunique à la .mode dalmate, et le remit aux diacres. Vêtu d'une chemise de lin,il attendit le bourreau. A l'arrivée de celui-ci, l'évêque donna ordre qu'on comptât à cet homme vingt-cinq pièces d'or. Pendant ces apprêts, les fidèles étendaient des draps et des serviettes autour du martyr.

Cyprien se banda lui-même les yeux. Comme il ne pouvait se lier les mains, le prêtre Julien et un sous-diacre, portant, lui aussi, le nom de Julien lui rendirent ce service.

En cette posture, Cyprien reçut la mort. Son corps fut transporté à quelque distance, loin des regards curieux des païens. Le soir, les frères, munis de cierges et de torches, transportèrent le cadavre dans le domaine funéraire du procurateur Macrobe Candide, sur la route de Mappala, près des réservoirs de Carthage.

Quelques jours plus tard Galère mourut.

Le bienheureux martyr Cyprien mourut le dix-huitième jour des calendes d'octobre, sous le règne des empereurs Valérien et Gallien. Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire et honneur, règne dans les siècles des siècles. Amen.


Ce deuxième récit, qui complète les actes proconsulaires sur plusieurs points, est l'ouvrage de Ponce, diacre de saint Cyprien. L'authenticité de cette pièce est hors de question. On ne donne ici que ce qui a trait au martyre de l'évêque de Carthage. Cfr. P. MoNcarua, loc. sup. cit.


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Message  Monique le Mar 21 Juil 2020, 7:42 am

Le premier jour que nous passâmes à Curube (car la tendresse de sa charité avait daigné me choisir, entre ceux qui composaient sa maison, pour partager volontairement avec lui son exil ; et plût à Dieu; que j'eusse pu partager aussi son martyre !) : « Je n'étais pas encore tout à fait endormi, me dit-il, lorsque m'apparut un jeune homme d'une taille extraordinaire; il me conduisit au prétoire, et me présenta au proconsul, qui était assis sur son tribunal. Celui-ci m'eut à peine vu qu'il se. mit aussitôt à tracer sur une tablette une sentence que je ne pouvais connaître ; car il ne m'avait pas fait subir l'interrogatoire accoutumé. Mais le jeune homme, qui se tenait debout derrière lui, par une indiscrète curiosité, lut tout ce qui avait été écrit et parce que de la place où il était il ne pouvait me parler, il m'en expliqua le contenu: par signes. En effet, étendant la main et figurant la lame d'un glaive, il imita le coup ordinaire du bourreau sur sa victime. Ainsi il m'indiquait, comme s'il me l'eût dit, ce qu'il voulait me faire entendre. Je compris que la sentence de mon martyre allait s'exécuter. Aussitôt je m'adressai au proconsul et lui demandai un jour de sursis, pour mettre ordre à mes affaires. Je répétai longtemps ma prière ; enfin, il se mit à écrire de nouveau sur sa tablette, mais sans que je pusse savoir ce que c'était ; cependant il me sembla, au calme de son visage, que, touché de la justice de ma requête, il y avait fait droit. Le jeune homme qui, tout à l'heure, par son geste, mieux que. par la parole, m'avait révélé mon martyre, se hâta. de replie les doigts les uns sur les autres, et de répéter plusieurs fois ce signe pour m'apprendre que l'on m'accordait le délai que j'avais demandé jusqu'au lendemain. Quoique la sentence n'eût pas été prononcée, le sursis me causait un véritable plaisir ; cependant je tremblais d'avoir mai . interprété le geste de mon compagnon ; un reste, d'épouvante précipitait encore les battements de mon cœur, que la crainte avait un moment dominé tout entier. »

Quoi de plus clair que cette révélation? quoi de plus heureux que cette faveur ? Devant lui s'était déroulé tout . ce qui devait plus tard s'accomplir ; car. rien n'a été changé aux paroles de Dieu, et les saintes promesses n'ont été en aucune manière amoindries. Reconnaissez vous-mêmes dans l'événement le détail de toutes les circonstances telles qu'elles ont été prédites. Certain de la sentence qui a décrété son martyre, il a demandé un sursis jusqu'au lendemain, pour régler ses dernières dispositions. Mais ce lendemain qu'il demandait, pour Dieu qui le lui accorda, fut une année que le bienheureux évêque devait encore passer sur la terre, depuis le jour de cette vision ; c'est-à-dire, pour expliquer ma pensée d'une manière plus précise, que l'année qui suivit cette vision, à pareil jour, Cyprien reçut la couronne du martyre. Il est bien vrai que, dans les Livres saints, le jour du Seigneur ne désigne pas précisément une année ; mais nous savons qu'il signifie le terme des promesses divines.

C'est pourquoi il importe peu qu'un jour ait été donné ici pour une année, parce que plus le temps est long, plus est admirable l'accomplissement de la prédiction. D'ailleurs le délai a été figuré par le geste et non exprimé par la parole ; le fait, mais le fait accompli seulement, devait avoir son expression dans le langage ; comme il arrive d'ordinaire pour les prophéties, la parole humaine les explique quand les signes qui les annonçaient sont accomplis. Aussi personne ne connut le sujet de cette apparition, que lorsque le saint évêque eut été couronné plus tard, au jour même où il l'avait eue. Dans l'intervalle néanmoins, tous tenaient pour certain que son martyre n'était pas éloigné ; mais le jour, personne ne le déterminait, parce que Dieu avait voulu le laisser ignorer.


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Message  Monique le Mer 22 Juil 2020, 8:09 am

Je trouve dans l'Écriture un fait analogue à celui-ci. Le prêtre Zacharie, pour n'avoir pas cru à la parole de l'Ange qui lui promettait un fils, était demeuré muet. Lorsqu'il fallut donner un nom à son fils, il demanda ses tablettes, afin de représenter ce nom par les signes de l'écriture, ne le pouvant faire par la parole. De même, le messager céleste eut recours de préférence au geste, pour annoncer à notre pontife la mort qui le menaçait; par là, il fortifia son courage, sans lui ôter le mérite de la foi. Cyprien avait donc demandé un sursis, pour mettre ordre à ses affaires et régler ses dernières volontés Qu avait-il à régler en ce moment suprême, sinon les affaires de lÉglise? Il n'accepta le sursis que pour prendre en faveur des pauvres tous les soins d'une tendre charité. Et je ne doute point que ce n'ait été là le motif le plus puissant, le seul même qui ait engagé à céder à sa demande les juges mêmes qui l'avaient banni, et qui se préparaient à l'égorger. Ils savaient qu'au milieu de ses pauvres il les soulagerait par une dernière largesse ; disons mieux, qu'il leur léguerait tout ce qu'il possédait. Enfin, il avait terminé ses pieuses dispositions et réglé tout par les inspirations de sa charité : ce lendemain, qu'avait annoncé la vision approchait.

Déjà un message venu de Rome avait annoncé le martyre du pape Sixte, si bon et si doux. On attendait dd moment en moment l'arrivée du bourreau qui devait frapper la très sainte victime dévouée depuis longtemps à la mort. Aussi peut-on dire que chacun de ces jours, renouvelant sans cesse le sacrifice d'une mort toujours présente, ajoutait à la couronne de Cyprien le mérite d'un nouveau martyre. Un grand nombre de personnages distingués dans le monde par l'éclat du rang et de la naissance vinrent le trouver ; au nom d'une ancienne amitié, ils le conjurèrent de se cacher ; et, pour que leurs paroles ne fussent point un conseil stérile, ils lui offrirent une retraite sûre. Mais le saint évêque, dont l'âme était tout entière attachée au ciel, n'écoutait ni le monde, ni ses flatteuses insinuations. Un ordre seul de la volonté divine aurait pu le faire céder aux instances des fidèles et de ses nombreux amis.

De plus, ce grand homme déploya dans ces circonstances une vertu sublime, dont nous ne pouvons taire la gloire. Déjà l'on sentait grandir les fureurs du monde, qui, enhardi par ses princes, ne respirait que l'anéantissement du nom chrétien. Cyprien, au milieu de ces dangers, saisissait toutes les occasions de fortifier les serviteurs de Dieu, en leur rappelant les paroles du Seigneur; il les animait à fouler aux pieds les tribulations de cette vie par la contemplation de la gloire qui les attendait. En un mot, tel était son zèle pour la parole sainte, que son vœu le plus ardent eût été de recevoir le coup de la mort en parlant de Dieu et dans l'exercice même de ses prédications.


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Message  Monique le Jeu 23 Juil 2020, 7:39 am

C'était par ces actes chaque jour répétés que le bienheureux pontife préparait à Dieu une victime d'une agréable odeur. Il était dans ses terres (car, quoiqu'il les eût vendues au commencement de sa conversion, Dieu avait permis qu'elles lui fussent rendues; et la crainte de l'envie l'avait empêché de les vendre une seconde fois au profit des pauvres) lorsque, par l'ordre du proconsul, un officier avec une troupe de soldats vint tout à coup le surprendre, ou plutôt se flatta de l'avoir surpris. Quelle attaque en effet peut être une surprise pour un cœur toujours prêt? Il s'avança donc, bien sûr cette fois de ne pas échapper au coup depuis si longtemps suspendu sur sa tête, et se présenta donc; la joie peinte dans ses traits exprimait la noblesse de son âme et la fermeté de son courage. Son interrogatoire ayant été remis au lendemain, il fut transféré du prétoire à la maison de l'officier qui l'avait arrêté.

Le bruit se répandit tout à coup dans Carthage que Thascius Cyprien avait comparu devant le tribunal. Tous connaissaient l'éclat de sa gloire, mais surtout personne n'avait oublié sa sublime abnégation durant la peste. Toute la ville accourut donc pour être témoin d'un spectacle que le dévouement de la foi du martyr rendait glorieux pour nous, et qui arrachait des larmes aux païens eux-mêmes. Cependant Cyprien était arrivé dues la maison de l'officier, et il y passa la nuit, entouré de tous les égards ; à tel point qu'il nous fut permis, à nous ses amis, de rester auprès de lui et de partager sa table homme de coutume. Mais la multitude, qui craignait qu'on ne profitât de la nuit pour disposer à son insu de la vie du saint évêque, veillait devant la maison de l'officier. Ainsi la divine Providence lui accordait un honneur dont il n'était vraiment digne ; le peuple de Dieu faisait veillé durant la passion de son évêque. Peut-être demandera-t-on pourquoi il avait été transféré du prétoire à la maison de l'officier ? On prétend, quelques-uns du moins, que ce fut que caprice du proconsul, qui ne voulut pas l'interroger alors. Mais à Dieu ne plaise que, dans les événements réglés par la volonté divine, j'accuse les lenteurs ou les dédains de l'autorité. Non, une conscience chrétienne ne se chargera pas d'un jugement qui serait téméraire : comice si lés caprices d'un homme avaient pu prononcer sur la vie du bienheureux martyr. Mais enfin ce lendemain que la miséricorde divine avait annoncé, il y avait un an, c'était bien le lendemain de cette nuit.


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Message  Monique le Sam 25 Juil 2020, 8:54 am

Enfin le jour promis s'est levé, le jour marqué par les décrets divins; le tyran n'aurait pu le différer plus longtemps, quand même son caprice l'eût voulu; c'est un jour de joie pour le futur martyr, jour qui s'est levé sur, le monde dans toute la splendeur d'un soleil radieux, Sans ombre et sans nuage. Cyprien quitta donc la maison du ministre du proconsul, lui le ministre du Christ sois Dieu, et il fut aussitôt environné comme d'un rempart par les flots pressés d'une multitude de fidèles: On eût dit une immense armée qui voulait avec lui marcher au , combat, pour détruire la mort. Dans le trajet, il fallut traverser le stade : il était convenable en effet qu'il parcourût l'arène des combats, celui qui courait par la lutte sanglante du martyre à la couronne de justice; le rapprochement était si naturel, qu'on pouvait croire qu'il avait été ménagé à dessein. Arrivé au prétoire, comme le proconsul ne paraissait pas encore , on permit à Cyprien d'attendre dans un lieu plus à l'écart de la foule. Là, comme il était inondé de sueur à cause du chemin qu'il venait de faire, il s'assit; or, il y avait par hasard en ce lieu un siège recouvert d'une tenture, comme si le martyr eût dû jouir des honneurs de l'épiscopat jusque sous le coup du bourreau. Un. soldat du corps des Tesserarii, et qui avait été autrefois chrétien, sous prétexte que les vêtement de l'évêque étaient tout humides de sueur, lui offrit les siens qui étaient plus secs;, il n'avait pas d'autre pensée, en faisant cette. offre, que de recueillir les sueurs déjà sanglantes d'un martyr sur le point de s'envoler vers Dieu. L'évêque remercia en disant : « Ce serait vouloir appliquer un remède à des maux qui aujourd'hui même ne seront plus. » Mais dois-je m'étonner qu'il se montrât supérieur à la fatigue, lui qui méprisait la mort? Achevons. On annonce l'évêque au proconsul; il est introduit, on le place devant le tribunal, on l'interroge : il déclare son nom. Puis il se tait.

En conséquence, le juge lit sur les tablettes la sentence, cette même sentence qui n'avait point été lue dans la vision. Elle était telle qu'on peut dire sans témérité que l'Esprit de Dieu l'avait dictée ; sur cette sentence, vraiment glorieuse et digne d'un tel évêque, d'un si illustre témoin de Jésus-Christ, il était appelé le porte-étendard de la secte, l'ennemi des dieux; on y disait que sa mort serait pour les siens une leçon, et que son sang serait la première sanction donnée à la loi. L'éloge était complet, et rien ne pouvait être plus vrai que cet arrêt ; aussi faut-il reconnaître que, quoique sorti d'une bouche infidèle, Dieu même l'avait inspiré. Du reste, cela ne doit pas surprendre, puisque nous savons que les pontifes ont coutume de prophétiser sur la Passion. Oui, notre bienheureux martyr était un porte-étendard, puisqu'il nous apprenait à. arborer l'étendard du Christ; il était l'ennemi des dieux, dont il ordonnait de renverser les idoles il fut pour les siens une leçon,; car, entré le premier dans une carrière où il devait avoir de nombreux imitateurs, il consacra dans cette province les prémices du martyre. Enfin son sang a vraiment sanctionné la loi, mais la loi des martyrs : car, jaloux d'imiter leur maître et de partager sa gloire, ils ont donné eux-mêmes leur sang, comme une , sanction de, la loi. que ce grand exemple leur imposait.


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Message  Monique le Lun 27 Juil 2020, 8:47 am

Lorsque l'évêque sortit du prétoire, une. garde nombreuse l'accompagna, et pour que rien ne manquât à son martyre, des centurions et des tribuns marchaient à ses côtés. Le lieu choisi pour son supplice était une vaste plaine entourée de tous côtés d'arbres touffus qui offraient un superbe coup d’œil. La distance était trop grande pour que tous, dans cette confuse multitude, pussent contempler le spectacle; c'est pourquoi beaucoup de pieux fidèles montèrent sur les branches des arbres; pour ajouter à la vie de Cyprien ce nouveau trait de ressemblance avec le divin Maître, que Zachée contempla du haut d'un arbre. Déjà le bienheureux pontife s'était bandé les yeux de ses propres mains il hâtait les lenteurs du bourreau chargé de l'exécution et dont les doigts tremblants, la main défaillante, soutenaient avec peine le glaive. Enfin arriva l'heure où la mort devait ouvrir le séjour de la gloire à ce grand homme; une vigueur descendue d'en haut raffermit le bras du centurion, qui déchargea de toutes ses forces le coup mortel. Heureuse l'Église, heureux le peuple fidèle qui s'est, uni aux souffrances de sou illustre évêque par les yeux, par le cœur, et, ce qui est plus généreux, par l'expression publique de ses sentiments ! Aussi, selon la promesse que lui en avait souvent faite le saint pontife, ils en ont reçu la récompense au jugement de Dieu. Car, quoique les vœux que tous formaient n'aient pu être exaucés, et qu'il n'ait pas été donné à tout ce peuple de s'associer au triomphe de son évêque, quiconque, sous les yeux du Christ témoin de ce glorieux spectacle, a fait entendre au martyr le désir sincère de souffrir avec lui, doit être sûr que ses désirs, recueillis par une oreille amie, auront trouvé un digne interprète auprès de Dieu.

Ainsi se consomma le sacrifice; et Cyprien, qui avait été le modèle de toutes les vertus, fut encore le premier Sui, en Afrique, teignit de son sang les couronnes épiscopales; car avant lui personne, depuis les apôtres, n'avait eu cet honneur. Dans cette suite d'évêques qui avaient siégé à Carthage, quoique beaucoup eussent déployé de rares vertus, jusqu'à lui on n'en cite aucun qui soit mort martyr. Il est vrai que l'obéissance et le dévouement à Dieu, dans des hommes consacrés à son service, a droit d'être regardé comme un long martyre; pour Cyprien cependant la couronne fut plus complète, Dieu ayant voulu consommer son sacrifice, afin que, dans la cité. même où il avait vécu d'une manière si sainte et accompli le premier tant de grandes et nobles choses, le premier aussi il embellît, de la pourpre glorieuse de son sang, les ornements sacrés d'un ministère tout céleste. Et maintenant que dirai-je de moi-même? Partagé entre la joie de son sacrifice et la douleur de lui survivre, mon cœur est trop étroit pour suffire à ce double sentiment, et mon âme est accablée sous le poids de ces deux impressions qui se la partagent. M'attristerai-je de n'avoir pas été son compagnon? Mais sa victoire doit être pour moi un sujet de triomphe. D'un autre côté, puis-je triompher de sa victoire, quand je pleure de l'avoir vu partir sans moi?

Toutefois, je vous l'avouerai avec simplicité (mais vous connaissez déjà toutes mes pensées), sa gloire m'inonde de joie, d'une joie trop grande peut-être ; et cependant la douleur d'être resté seul l'emporte encore.


A SUIVRE... LE MARTYRE DE SAINT FRUCTUEUX, ÉVÊQUE A TARRAGONE, LE 21 JANVIER DE L'ANNÉE 259.
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Message  Monique le Mar 28 Juil 2020, 11:07 am

LE MARTYRE DE SAINT FRUCTUEUX, ÉVÊQUE A TARRAGONE, LE 21 JANVIER DE L'ANNÉE 259.


Tarragone était, pour la province dont elle était la capitale, le centre du culte de Rome et d'Auguste. C'est dans cette ville que ce culte avait pris naissance, et la population s'y montrait très assidue. Néanmoins le christianisme s'était implanté à Tarragone et y rencontrait une bienveillante tolérance. La communauté chrétienne était dirigée par l'évêque Fructueux, à qui tous sans exception accordaient un respect affectueux. Il avait eu l'occasion de signaler son zèle pendant la terrible peste qui ravageait encore à cette époque les provinces de l'empire.

Les Actes de saint Fructueux et de ses compagnons sont certainement antérieurs au quatrième siècle, car on les trouve reproduits dans une hymne de Prudence (qui en donne le calque, à la fois très exact et très poétique, Peri Stephanôn, VI), et l'Eglise d'Afrique les lisait publiquement au temps de saint Augustin, qui les cite lui-même en deux de ses sermons (Serm. 213, 2, et 273, 3). Rien n'empêche de les croire à peu près contemporains des faits qu'ils racontent. Tout y respire le parfum des temps antiques. La simplicité et la gravité du langage, certaines expressions comme fraternitas pour désigner l'ensemble des chrétiens, in mente habere pour « se souvenir », dénotent le troisième siècle de préférence à tout autre : on se sent transporté au temps où écrivait saint Cyprien (cf.Ep. 40), où les vieux pèlerins gravaient les premiers proscynémes sur les murailles de la crypte papale au cimetière de Calliste. Le début des Actes montre plus clairement encore leur authenticité. Ils commencent ainsi : Valérien et Gallien étaient empereurs, Emilianus et Bassus étaient consuls. « Le dix-sept des calendes de février, un dimanche, furent arrêtés Fructuosus, évêque, Augurius et Eulogius, diacres ». Or, pendant tout le règne de Valérien, le dix-sept des calendes de: février tomba une seule fois le dimanche, et ce fut précisément l'année 259, où Emilianus et Bassus étaient, consuls. Cette note chronologique paraît d'une trop grande précision pour avoir été imaginée, un contemporain l'écrivit certainement. » (P. Allard )



BOLL. Act. SS. 21/I Janv. n, 339-341. RUINART 220. P. ALLARD, Hist. des perséc. t. III, p. 98 et suiv. TAMAYO. Martyr. Hisp., vol. I, 21 Janv. FLOREZ, Espana sagrata, XXV GAMS, Kischengesch. von Spanien, t. I, p. 265 et suiv. (Cf. LESLEY, Pref. in Missale mixtum , n° 210, et GAMS, ouvr. cité, 275.) TILLEMONT, Mém. IV, 198-208, 645-6.


A SUIVRE... ACTES DES SAINTS MARTYRS FRUCTUEUX, ÉVÊQUE DE TARRAGONE, AUGURE ET EULOGE, DIACRES.
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Message  Monique le Mer 29 Juil 2020, 7:42 am

ACTES DES SAINTS MARTYRS FRUCTUEUX, ÉVÊQUE DE TARRAGONE, AUGURE ET EULOGE, DIACRES.


Sous le règne de Valérien et de Gallien, sous le consulat d'Emilius et de Bassus, le 17 des calendes de février, un dimanche, Fructueux, évêque, Augure et Euloge, diacres, furent arrêtés. Fructueux venait de se mettre au lit,, quand des soldats arrivèrent chez lui. Ils se nommaient Aurelius Festucius, Aelius, Pollentius,Donatiuset Maximus. L'évêque, ayant entendu le bruit de leurs pas, sauta à bas du lit et vint jusque sur le seuil de la porte.

Les soldats lui dirent : Viens, le gouverneur te fait appeler avec tes diacres.

Fructueux répondit : « Partons. Voulez-vous me permettre de me chausser? Comme tu voudras.» On les conduisit en prison. Fructueux exultait à la pensée de la couronne qui lui était offerte, sa prière était continuelle. Toute la communauté venait le voir, on lui apportait des vivres et on se recommandait à son souvenir.

Un des jours qui suivit l'incarcération, il baptisa un catéchumène, qui prit le nom de Rogatien. Les accusés demeurèrent six jours en prison. Le septième jour, XIIe des calendes de février, un vendredi, ils comparurent.

Le gouverneur Émilien dit « Introduisez Fructueux, évêque, Augure et Euloge ».

Les huissiers : « Les voici. »

Emilien dit à Fructueux : « Tu sais les ordres des empereurs ?

Non, mais je suis chrétien.

Ils ont donné ordre d'adorer les dieux.

J'adore un seul Dieu, qui a fait le ciel et la terre, la mer et toutes choses.

Sais-tu qu'il y a des dieux?

Je n'en sais rien.

Tu l'apprendras. »


Fructueux leva les yeux au ciel et pria en silence. Émilien : « Qui donc sera obéi, craint, honoré, si l'on refuse le culte aux dieux et l'adoration aux empereurs » ?

Émilien dit à Augure, le diacre : « N'écoute pas ce que dit Fructueux.

J'adore le Dieu tout-puissant. »

Émilien à Euloge, le diacre « Adores-tu Fructueux ?

Je n'adore pas Fructueux, mais j'adore le Dieu que Fructueux adore. »

Émilien à Fructueux : « Tu es évêque ?

Je le suis.

Tu l'as été »;
et il ordonna que tous trois fussent brûlés vifs.


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Message  Monique le Jeu 30 Juil 2020, 7:48 am

Pendant le trajet jusqu'à l'amphithéâtre, le peuple s'apitoyait sur Fructueux, car tous, chrétiens et païens, l'aimaient. C'était le type accompli de l'évêque tel que l'avait représenté le Saint-Esprit par la main du vase d'élection, du docteur des Gentils. Les frères, qui songeaient à la gloire qui l'attendait, étaient plus enclins à la joie qu'à la tristesse.

Plusieurs d'entre eux, présentèrent à ceux qui allaient mourir une coupe de vin aromatisé. « L'heure de rompre le jeûne n'a pas encore sonné », dit Fructueux. Il était dix heures du matin. Les martyrs avaient célébré solennellement en prison le jour de « station » le mercredi précédent, et ils s'avançaient joyeux et calmes, afin d'achever la station de ce jour-là, vendredi, avec les martyrs et les prophètes dans le paradis que Dieu a préparé à ceux qu'il aime.

Au moment où on arrivait à l'amphithéâtre, un. homme s'approcha rapidement de l'évêque. C'était son lecteur, Augustalis, qui, les larmes aux yeux, lui demanda la permission de lui dénouer les souliers. « Retire-toi, mon enfant, je me déchausserai moi-même », dit le martyr, tranquille, joyeux et assuré d'obtenir la promesse du Seigneur. Quand ce fut fait, l'un des nôtres, Félix, prit la main droite de l'évêque, le priant de se souvenir de lui. Le vieillard dit alors d'une voix forte : « Il faut que je pense à l'Église catholique , répandue de l'Orient à l'Occident. »

Comme le moment approchait où le martyr, allait marcher à la gloire plutôt qu'a la souffrance, en présence des frères, sous le regard attentif des soldats qui purent entendre ces paroles dictées par le Saint-Esprit, Fructueux dit : « Vous ne serez pas privés de pasteur, la bonté et la promesse du Seigneur ne vous manqueront pas, et maintenant ni dans l'avenir. Ce que vous voyez. est la misère d'une heure. »

Ayant réconforté les frères, les martyrs s'avancent vers le lieu qui doit être leur salut,graves et radieux au moment d'obtenir le fruit que promettent les Écritures. Semblables aux trois Hébreux, ils faisaient ressouvenir de la Trinité. Au milieu de la flamme, le Père ne les abandonnait pas, le Fils les secourait et l'Esprit-Saint se tenait au milieu de ce brasier. Quand les cordelettes qui leur liaient les mains furent brûlées, libres de leurs mouvements, ils s'agenouillèrent, dans l'attitude ordinaire de la prière, assurés de ressusciter, et rappelant par, leur attitude le trophée du Christ ; ils ne cessèrent de prier jusqu'au moment où ils rendirent l'âme.


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Message  Monique le Ven 31 Juil 2020, 9:30 am

Les prodiges divins se manifestèrent alors; le ciel s'entr'ouvrit, et deux de nos frères, Babylas et Mydonius, appartenant à la maison du préfet, et la fille même de ce fonctionnaire, virent Fructueux et ses diacres, le front couronné, entrant dans le ciel, tandis que leurs cadavres étaient encore attachés au pilori. Ils appelèrent Émilien: « Viens, regarde tes condamnés ; vois comme, suivant leur espérance,tu leur ouvrais le ciel. » Émilien accourut, mais il fut indigne de jouir de ce spectacle.

La communauté était dans la tristesse, comme un troupeau privé de son pasteur; l'inquiétude oppressait tout le monde, non que l'on plaignît Fructueux, on l'enviait au contraire. A la nuit tombante, les fidèles se rendirent en hâte à l'amphithéâtre ; ils emportaient du vin destiné à éteindre les ossements à demi carbonisés dans le brasier. Cela fait, chacun prit pour soi quelque portion des reliques en cendres. Un autre prodige vint exalter la foi des frères et servir de leçon aux plus jeunes. Il fallait que Fructueux témoignât dans sa mort, et la résurrection de, sa chair, et la vérité de ce que, en ce monde, lorsqu'il enseignait par la miséricorde de Dieu, il avait promis dans Notre-Seigneur et Sauveur. Il arriva donc qu'après son martyre il apparut aux frères et les avertit de restituer sans retard ce que chacun, par dévotion, avait emporté de ses cendres, afin qu'elles fussent rassemblées en un même lieu.

Il apparut encore à Émilien; il était accompagné de ses diacres et tous portaient le vêtement de la gloire ; il gourmanda rudement le juge, lui montrant l'inutilité de ce qu'il avait fait, car ceux qu'il voyait dans cette gloire étaient ceux-là mêmes qu'il croyait dans la terre.


O saints martyrs, éprouvés par le feu. comme l'or précieux, couverts de la cuirasse de la foi et du casque du salut, pour prix de votre victoire sur diable dont vous avez broyé la tête, vous avez reçu un diadème et une couronne impérissables !

O saints martyrs, qui avez mérité une demeure au ciel, vous vous tenez à la droite du Christ, bénissant le l'ère tout-puissant, et son Fils, Notre-Seigneur, Jésus-Christ !

Dieu a reçu ses martyrs dans la paix pour leur fidèle confession. Gloire et honneur à lui toujours. Amen.


A SUIVRE.. PASSION DES SAINTS JACQUES, MARIEN ET PLUSIEURS AUTRES, A CONSTANTINE, LE 6 MAI DE L'AN 269.
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