Le Dimanche : Qu'en est-il ?

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Message  Louis le Dim 02 Fév 2020, 5:37 pm

Bonjour à tous,

Ce qui suit est tiré des PETITS BOLLANDISTES, tome XVI, pages 115-119. PARIS, 1876.

Il est à noter que le texte qui suit a été préalablement écrit vers le XVIIe siècle: temps qui n’est même pas proche, je dirais même qui est à des années-lumière de la situation apocalyptique (le mot n’est pas trop fort, nous croyons) de l’Infâme Trahison que nous vivons depuis la mort de Pie XII.

Bonne édification.

Bien à vous.

L'HISTOIRE DU DIMANCHE

Le dimanche est le premier jour de la semaine, que les Grecs et les Romains appelaient le jour du soleil, dies Solis, depuis qu'ils eurent donné à chaque jour le nom d'une des sept planètes, et que les chrétiens ont toujours appelé par excellence le jour du Seigneur, dies Dominica, parce que c'est le jour auquel s'est accompli le grand mystère de notre rédemption, par la triomphante résurrection du Sauveur, arrivée le premier jour de la semaine : in prima Sabbati, c'est-à-dire, le premier jour après le samedi. C'est pour cela que les Grecs appellent le dimanche Anastasime, qui signifie jour de la résurrection; aussi chaque dimanche en est l'octave continuelle. Comme ce grand mystère est le plus solide fondement de notre foi et de notre espérance, et la base, pour ainsi dire, de toute la religion, Dieu a voulu que tous les huit jours nous en renouvelassions la mémoire.

Saint Jean a remarqué que ce fut le huitième jour après Pâques que les Apôtres étaient assemblés pour la prière, lorsque le Sauveur se présenta à eux et convainquit l'Apôtre incrédule de la vérité de sa résurrection en lui montrant ses plaies. Le Fils de Dieu voulut sans doute apprendre à ses Apôtres par son exemple, avant que de les instruire par ses paroles, que ce premier jour de la semaine devait être désormais un jour solennel parmi les chrétiens, jour consacré au culte divin, jour auquel il répandait sur les fidèles assemblés les trésors de ses miséricordes et ses plus signalées faveurs, s'ils étaient exacts à sanctifier ce jour par les exercices de religion et singulièrement par la prière.

Il n'y a point de doute que le Sauveur, après sa résurrection, instruisant ses Apôtres sur tous les points de religion, et formant son Eglise durant cet espace de temps, fut encore visiblement avec eux sur la terre; il leur déclara que le dimanche devait succéder à la solennité du Sabbat, comme la nouvelle loi succédait à l'ancienne ; que les cérémonies légales étant abolies, il allait renouveler toutes choses dans le nouveau système de religion, et que comme le septième jour de la semaine avait été fêté jusqu'alors par les Juifs, en mémoire de ce que Dieu se reposa le septième jour après l'ouvrage de la création, il voulait que désormais le premier jour de la semaine fût religieusement fêté par les chrétiens, en mémoire de ce que le Sauveur du monde s'était reposé, pour ainsi dire, ce jour-là, après avoir accompli le grand ouvrage de la rédemption de tous les hommes.

On ne peut disconvenir que le nom de dimanche ou de jour dominical…

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Message  Louis le Lun 03 Fév 2020, 7:11 am

Le Dimanche

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On ne peut disconvenir que le nom de dimanche ou de jour dominical, ne soit presque aussi ancien que l'Eglise, puisqu'il se trouve employé dans l'Apocalypse comme d'un usage déjà tout commun parmi les fidèles. Ce fut le jour du dimanche, dit saint Jean, que le Seigneur me révéla les mystères les plus cachés : Fui in Spiritu in Dominica die. Saint Paul passant par Troade en Phrygie pour aller à Jérusalem, ne manqua pas de se trouver le premier jour de la semaine, c'est-à-dire le dimanche, dans l'assemblée des fidèles. Il y prêcha, il y fit ses prières, il y offrit le divin sacrifice, et donna la communion à tous. Comme nous nous étions assemblés le premier jour de la semaine pour la fraction du pain, disent les Actes des Apôtres, Una Sabbati cura convenissemus ad frangendum panem, Paul, qui devait partir le lendemain, entretint les disciples et poussa le discours jusqu'à minuit. Erant lampades copiosœ, protraxitque sermonem usque in mediam noctem. Personne n'ignore que par la fraction du pain, on entend toujours dans l'Ecriture, la divine Eucharistie; et ce fut en la donnant aux pèlerins d'Emmaüs que le Sauveur se fit connaître à eux : Cognoverunt eum in fractions panis.

L'assemblée des fidèles en ce premier jour de la semaine, dans un lieu orné et éclairé par quantité de lampes, pour y assister aux divins mystères, pour y communier et pour y entendre la parole de Dieu, marque assez quels étaient dès lors les pieux exercices de ces premiers chrétiens pour la célébration du saint jour du dimanche.

Au jour du dimanche, que vous appelez le jour du soleil, dit saint Justin martyr…

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Message  Louis le Mar 04 Fév 2020, 5:59 am

Le Dimanche

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Au jour du dimanche, que vous appelez le jour du soleil, dit saint Justin martyr, qui vivait dans le second siècle, tous ceux qui demeurent dans les villes ou à la campagne s'assemblent en un même lieu. On y lit les écrits des Apôtres, ou les livres des Prophètes, autant que le temps le permet : Die solis urbanorum ac rusticorum cœtus fiunt, ubi Apostolorum prophetarumque litteræ quoad fieri potest, perleguntur. Le lecteur ayant fini, le prêtre ou l'évêque qui préside prend la parole, et fait une exhortation pour animer les assistants à pratiquer ce qu'ils ont entendu : Verba facit adhortatoria ad imitationem. Nous nous levons ensuite pour prier tous ensemble. La prière finie, on offre le pain, le vin et l'eau : Quibus finitis profertur panis, vinum et aqua. Après la consécration, le prêtre donne la communion à ceux qui sont présents; et les diacres portent à ceux qui n'ont pas pu y assister la divine Eucharistie. Inde consecratæ distribuuntur singulis, et absentibus mittuntur per diaconos. Enfin, avant que de se séparer, ajoute le même Père, ceux qui ont de quoi contribuent selon leur volonté au soulagement des pauvres et à la délivrance des prisonniers. Ditiores, si libeat, pro sua quisque voluntate conferunt pupillis, viduis, vinctis, peregrinis.

Telle était la célébration du saint jour du dimanche dès ces premiers jours de l'Eglise : on se rendait en foule de toutes parts à l'église, on y assistait à la messe; tous y communiaient, on y entendait la prédication; on y faisait de grandes charités : on y passait le jour à la lecture des livres de piété et à la prière. La loi de sanctifier ainsi le dimanche n'a pas vieilli, le précepte est encore dans toute sa vigueur. Les chrétiens de nos jours sanctifient-ils ainsi le dimanche ?

Mes frères, écrivait saint Ignace, martyr, disciple des Apôtres, aux Magnésiens, vous n'êtes plus obligés d'observer le jour du Sabbat, mais vous êtes indispensablement obligés d'observer et de sanctifier par les actes de religion les plus parfaits le saint jour du dimanche. Saint Denis de Corinthe, saint Clément d'Alexandrie, Tertullien, saint Cyprien, et les autres saints Pères de l'Eglise primitive, sont tous autant de témoins de cette tradition apostolique et de sa religieuse observation, de la ferveur, du zèle, de la tendre dévotion avec lesquels le dimanche était sanctifié et célébré par les fidèles.

La sanctification du dimanche était si religieusement observée…

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Message  Louis le Mer 05 Fév 2020, 6:37 am

Le Dimanche

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La sanctification du dimanche était si religieusement observée par les premiers fidèles, qu'elle semblait faire leur caractère dans l'esprit des païens ; aussi les magistrats demandaient-ils souvent aux chrétiens s'ils s'étaient trouvés à l'église le dimanche, comme si toute la religion chrétienne eût été enfermée dans ce seul acte de la religion.

« Oui, je suis chrétienne », s'écriait la généreuse Thelica; « et c'est parce que je suis chrétienne que j'ai observé le saint jour du dimanche, que je me suis trouvée dans l'assemblée des enfants de Dieu ; que j'ai assisté à la célébration de nos divins mystères : In collecta fui, et Dominicum cum fratribus celebravi, quia christiana sum ». Nous ne craignons point de célébrer le saint jour du dimanche, parce qu'on ne peut s'en dispenser sans péché. Securi Dominicum celebravimus, quia non potest Dominicum intermitti. La loi de Dieu l'ordonne ; et cette même loi nous apprend comme nous devons l'observer: Lex sic jubet, lex sic docet ; et nous en dût-il coûter la vie, nous observerons, nous sanctifierons ce saint jour.

« Ignorez-vous, Seigneur », disait Félix au proconsul Anulin, « que c'est dans la célébration des sacrés mystères, et dans la religieuse observation du dimanche, que le chrétien fait une profession solennelle de sa religion, et que cette religieuse observation est une preuve éclatante de la foi des fidèles? An nescis in Dominico christianum, et in christiano Dominicum constitutum ? — Je ne te demande pas si tu es chrétien, disait, ce juge au saint martyr, mais si tu as observé le dimanche ».

En bonne foi, la manière si irréligieuse, on peut même dire si scandaleuse, dont la plupart des chrétiens observent aujourd'hui ce saint jour, pourrait-elle être une preuve de la pureté de leur foi et de la sainteté de leur conduite ?

Théophile d'Alexandrie marque la solennité avec laquelle on est obligé de célébrer ce saint jour …

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Message  Louis le Jeu 06 Fév 2020, 7:03 am

Le Dimanche

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Théophile d'Alexandrie marque la solennité avec laquelle on est obligé de célébrer ce saint jour : Et consuetudo, dit-il, et officii ratio postulat ut diem Dominicum honoremus, eumque festum habeamus ». La loi, l'usage, la solennité de l'office du jour, tout demande que nous honorions le dimanche comme le jour du Seigneur, et que nous le célébrions comme une fête solennelle : c'est le même esprit qui a fait dire au sixième concile de Paris, en 829, que ce jour est plus solennel et plus vénérable que tous les autres : Hunc diem cæteris diebus celebriorem et venerabiliorem.

Aussi une des premières lois que publia l'empereur Constantin après sa conversion, fut d'ordonner que le dimanche serait célébré par tout l'empire romain avec une ponctualité et une célébrité singulière ; déchargeant tous les soldats chrétiens, ce jour-là, de toutes fonctions militaires; ordonnant même par un second édit que les soldats païens sortissent en pleine campagne ce jour-là, pour faire tous ensemble au seul vrai Dieu la prière qui leur était marquée, voulant que le dimanche fût révéré et religieusement observé par tous les peuples qui lui étaient soumis : Cunctis sub imperio romano degentibus præcepit ut Dominico die feriarentur. Le pieux empereur crut que la loi du prince par la crainte du châtiment corporel servirait à faire garder avec encore plus d'exactitude la loi de Dieu sur l'observation du dimanche.

A la vérité, la solennité du saint jour du dimanche…

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Message  Louis le Ven 07 Fév 2020, 7:11 am

Le Dimanche

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A la vérité, la solennité du saint jour du dimanche a toujours été regardée comme un devoir de religion des plus essentiels, comme une loi sacrée respectable à tous les fidèles. Dieu, souverain maître, pouvait exiger que tous les jours de la semaine fussent uniquement consacrés au culte divin ; il ne s'est réservé qu'un seul jour, mais il veut que tout ce jour se passe à son service. Non-seulement toute œuvre servile est interdite sous peine de péché ; mais il veut encore que tout ce jour soit sanctifié par les exercices de religion et par la pratique des bonnes œuvres.

Saint Théodore de Cantorbéry dit qu'au jour du dimanche on ne se mettait point en mer, on ne montait point à cheval, on n'écrivait point pour le public, on ne voiturait point, si ce n'est pour mener à l'église ceux qui ne pouvaient y aller à pied ; on ne cuisait point de pain, et on ne faisait point de voyage. L'obligation de chômer le dimanche est aussi ancienne que la subrogation de la fête à celle du sabbat. Durant un fort long temps la solennité du dimanche, et par conséquent la cessation de toute œuvre servile, durait depuis les Vêpres du samedi jusqu'aux secondes Vêpres du dimanche, à l'exemple des Juifs, à qui Dieu avait ordonné d'observer le sabbat, depuis le soir de la veille jusqu'au soir du lendemain : A vespere usque ad vesperam celebrabitis sabbata  vestra.

Jamais les Juifs n'ont paru si exacts à observer ce commandement envers le sabbat, que l'ont été les chrétiens envers le saint jour du dimanche : Dies dominica a vespera usque in vesperam servetur, dit le concile de Francfort en 794. Dès les Vêpres du samedi, qui sont les premières Vêpres du dimanche, toute plaidoirie et toute œuvre servile cessaient. Les magistrats de police, conformément aux saints canons et aux ordonnances des princes, étaient si attentifs à faire observer cette loi, qu'au dernier coup des Vêpres du samedi on voyait fermer les boutiques. L'office du dimanche, commençant par Vêpres, continuait alors par celui de la nuit que l'on passait souvent tout entière dans l'église; c'est ainsi que l'on satisfaisait à la sanctification du dimanche, jusqu'à ce que cessant de veiller la nuit, et l'Eglise pour de bonnes raisons interdisant les assemblées nocturnes, a transporté la fête du dimanche au jour civil qui est d'un minuit à l'autre; elle a pourtant conservé toujours l'ancien usage dans l'office divin, qui commence toujours par les premières Vêpres, qui sont toujours la partie la plus solennelle de l'office, lequel finit par les Vêpres et les Compiles du lendemain.

Ce n'est pas dans la seule cessation des œuvres serviles que l'Eglise fait consister la célébration du dimanche…

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Message  Louis le Sam 08 Fév 2020, 6:29 am

Le Dimanche

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Ce n'est pas dans la seule cessation des œuvres serviles que l'Eglise fait consister la célébration du dimanche ; elle nous oblige à sanctifier ce jour privilégié par les plus saints exercices de religion, et par la pratique exacte de toutes les vertus chrétiennes. L'observation de la loi ne se réduit pas toute à entendre la sainte messe. Peu de fidèles anciennement qui ne participassent par la communion, ce jour-là, aux sacrés mystères ; nul ne se dispensait d'entendre la parole de Dieu. La prière, la lecture des livres de piété, la méditation, les bonnes œuvres, sont les seules occupations qui conviennent au saint jour du dimanche. C'est encore pour marquer la solennité de ce jour, et pour le distinguer de tous les autres de l'année, que l'Eglise a ordonné qu'on ne jeûnerait point ce jour-là, et qu'on suspendrait même les autres exercices extérieurs de la pénitence.

Comme le dimanche est la mémoire et l'octave continuelle du jour de la résurrection, l'Eglise ne veut pas que rien trouble la joie de ce mystère. L'usage de prier debout le jour de Pâques et tout le temps pascal est mystérieux, l'Eglise voulant nous faire entendre par cette posture, qu'étant ressuscités avec Jésus-Christ, nous ne devons plus tenir à la terre : Si consurrexistis cum Christo, quœ sursum sunt quærite quæ sursum sunt sapite, non quœ super terram. Et c'est encore l'usage que garde l'Eglise le dimanche en priant debout, singulièrement en disant l' Angelus et les antiennes de la sainte Vierge qu'on dit après Complies.

Quel fonds de réflexions ne fournit point tout ce qu'on vient de dire de…

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Message  Louis le Dim 09 Fév 2020, 6:36 am

Le Dimanche

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Quel fonds de réflexions ne fournit point tout ce qu'on vient de dire de l'institution, de la solennité, de la sainteté du dimanche !

Le célèbre-t-on aujourd'hui dans le même esprit de religion, avec les mêmes sentiments de piété, avec la même vénération, la même exactitude ? Le sanctifie-t-on par les exercices de dévotion et par la prière ?

Hélas ! peu de jours, ce semble, sont plus profanés ! Combien de gens n'emploient le dimanche qu'à des occupations, qu'à des divertissements, qu'à des exercices profanes? Pourvu qu'on ait assisté rapidement, et plutôt en païen qu'en chrétien, au redoutable sacrifice de l'autel, on croit avoir suffisamment satisfait à l'étroite obligation de sanctifier le dimanche. Une messe entendue sans dévotion, sans respect, on pourrait dire sans sentiments de religion, tient lieu à bien des gens de toutes les pratiques de piété enjointes indispensablement à tous les fidèles.

S'il y a une partie de plaisir, une partie de campagne, un repas somptueux à donner, en un mot, tout ce qu'il y a de moins chrétien, pour ne pas dire de plus païen, est renvoyé au saint jour du dimanche. Peut-on, en bonne foi, l'appeler aujourd'hui le jour du Seigneur ? Hélas ! le Seigneur n'y a presque plus de part ; n'aurait-on pas plus de sujet de l'appeler le jour de l'homme, puisque c'est le jour de débauche, de jeu, de divertissements ; puisqu'il n'est employé qu'à ce qui favorise, qui nourrit l'amour-propre, les penchants, les passions de l'homme; et l'on s'étonne après cela si le Seigneur est irrité, si le ciel n'exauce plus nos vœux, si la corruption du cœur et l'erreur de l'esprit inondent presque partout ; on s'étonne si la foi s'éteint, si le nombre des élus est si petit, s'il se trouve partout si peu de vrais fidèles. On peut dire que la profanation du saint jour du dimanche est la source de tous les malheurs.

Quoique tous les dimanches de l'année soient solennels, l'Eglise les distingue en deux classes ; ceux de la première classe dont la célébrité et l'office ne s'omettent jamais, sont le premier dimanche de l'Avent, le premier dimanche du Carême, le dimanche de la Passion, celui des Rameaux, celui de Pâques, le dimanche suivant, qu'on appelle de Quasimodo, la Pentecôte, et le dimanche de la Trinité.

Ceux de la deuxième classe, qui ne cèdent leur office et leur solennité qu'à la fête du patron, du titulaire d'une église, ou de sa dédicace, sont le second, le troisième et le quatrième dimanche de l'Avent et du Carême ; ceux de la Septuagésime, de la Sexagésime, et de la Quinquagésime, qui sont tous les dimanches privilégiés : les autres dimanches sont tous d'une solennité ordinaire.

Le Père Croiset.

Note de Louis : Je tiens à préciser, quitte à me répéter, et pour renforcer la mise en garde faite au début de cet exposé;  je tiens à préciser, dis-je, que l’auteur du texte ci-haut, le Père Croiset
wikipedia a écrit: né à Marseille le 28 août 1656 et mort à Avignon le 31 janvier 1738, est un prêtre jésuite, professeur, théologien et homme de lettres français.  
FIN.

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