Le MEMORARE et le Vénérable Claude Bernard.

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Message  Louis le Sam 25 Jan 2020, 6:33 am

Bonjour à tous,

Ce qui suit sera tiré de VIE DES SAINTS, d’après Lipoman, Surius, Ribadeneira et Autres Auteurs, PAR LE R. P. FRANCOIS GIRY, religieux de l’Ordre des Minimes, [ÉDITION REVUE & AUGMENTÉE par une Société d'écrivains ecclésiastiques sous la direction de M. l'abbé P.G.] tome IV, PARIS, BAR-LE-DUC,1860, col, 522-528 .


Dès publication sur TE DEUM, nous insérerons des liens pour faciliter la lecture.

Bien à vous.

LE VÉNÉRABLE CLAUDE BERNARD,

SURNOMMÉ LE PAUVRE PRÊTRE.

* Sa jeunesse et ses études. — * Sa vie dans le monde. — * Il accompagne M. de Bellegarde à la cour. — * Moyens de sa conversion : * 1º Vision de son père;  * 2° Mort de l'un de ses amis; * 3° Rebut du monde. — * Assistance de la Sainte Vierge. — * Notre vénérable reçoit les Ordres sacrés. — * Il sert les malades à l'Hôtel-Dieu. — * Il se consacre à l'hôpital de la Charité. — * Il assiste les criminels dans les cachots et sur les échafauds. — * Sa grande charité pour les forçats. — * Son ardeur pour le salut des âmes. — * Abord des personnes de qualité chez lui. — * Son aversion contre les blasphémateurs. — * Il se fait pauvre prêtre contre ses inclinations. — * Il prédit la naissance de Louis XIV et de son frère. — * Sa franchise avec les cardinaux de Richelieu et de La Villette. — * Ses extases. — * Sa dévotion envers la Sainte Vierge. — * Effets merveilleux du Memorare.* Sa préparation à bien mourir. — * Son décès.— * Ses obsèques.


Dernière édition par Louis le Jeu 20 Fév 2020, 6:23 am, édité 27 fois

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Message  Louis le Sam 25 Jan 2020, 6:36 am

Le Memorare

DIJON, ancienne capitale du duché de Bourgogne , vit sortir de son sein ce grand serviteur de Dieu, le 16 décembre de l'année 1588. Et quelques années après, Paris, la capitale de toute la France, ouvrit le sien pour le recevoir et pour servir de théâtre aux actions éclatantes de vertu qu'il y devait pratiquer. Il eut pour père Étienne Bernard, lieutenant-général de Chalon-sur-Saône, gentilhomme fort noble et l'un des plus éloquents hommes de son siècle, mais qui était encore plus recommandable pour sa piété. Sa mère fut Marguerite Paradin, qui avait aussi joint une grande vertu à une naissance considérable. On le nomma Claude au baptême, par un heureux présage qu'il serait quelque jour le parfait imitateur des admirables vertus de saint Claude, l'ornement de la comté de Bourgogne : comme son surnom de Bernard faisait aussi espérer qu'il imiterait celles de saint Bernard, abbé de Clairvaux, et la gloire du duché.

Quand il eut l'âge d'étudier, il fut mis en pension au collège des jésuites à Dôle, afin qu'il y apprît en même temps la piété et les lettres. Son génie parut particulièrement dans les déclamations et les tragédies; car il y représentait avec tant de grâce tous les personnages qu'on lui donnait, qu'il n'y avait point d'acteur qu'il ne surpassât.

Qui eût dit que la divine Providence le disposait par là à paraître un jour avec assurance sur les échafauds de la Grève et des autres places publiques de Paris, tout couvert du sang des criminels, pour solliciter ces misérables par ses gestes, ses exclamations, ses prières, ses menaces et ses discours pathétiques, à se procurer une heureuse éternité par une sainte et véritable conversion?

Comme il avait l'esprit vif…

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Message  Louis le Dim 26 Jan 2020, 6:27 am

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Comme il avait l'esprit vif et l'imagination forte et pénétrante, il excellait en toutes es autres choses qu'il voulait entreprendre; ce qui le rendit si agréable aux gens du monde, que, dès qu'il fut sorti du collège, c'était à qui l'aurait dans les belles compagnies, où son humeur badine et enjouée charmait tous ceux qui s'y rencontraient.

Il passait ainsi le temps en festins, en comédies et en mascarades, lorsque Jean-Pierre Camus, évêque de Bellay, vint à Dijon pour quelques affaires importantes de son diocèse. Pendant deux mois de séjour qu'il y fit, il eut divers entretiens avec notre jeune homme; et, ayant découvert en lui de belles dispositions à une haute vertu, il lui parla de se faire ecclésiastique, et lui fit présent des Confessions de saint Augustin, où il avait marqué les endroits les plus propres à sa conversion.

Cette précieuse semence tomba à la vérité sur une bonne terre, mais…

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Message  Louis le Lun 27 Jan 2020, 5:57 am

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Cette précieuse semence tomba à la vérité sur une bonne terre, mais elle ne rendit des fruits que longtemps après; car, Bernard, qui n'était pas encore assez éclairé ni touché, aimant mieux rouler dans le monde sous le titre de pauvre gentilhomme, que sous celui de pauvre prêtre ( c'est l'expression dont il se servait), se donna pour domestique d'honneur de M. de Bellegarde, lieutenant du roi au duché de Bourgogne et gouverneur de la ville de Dijon. Ce seigneur, qui le chérissait comme s'il eût été son fils, étant appelé à la cour, l'emmena avec lui, résolu de lui procurer tout le bien qu'il pourrait auprès de Sa Majesté.

On rapporte même qu'en présence des compagnies souveraines qui le vinrent complimenter avant son départ, il  dit , ayant la main sur l'épaule de Bernard : Vous voyez, Messieurs, ce gentilhomme ; je veux qu'on parle bientôt de lui par toute la France. Ces paroles flattèrent merveilleusement la vanité de notre homme ; il ne s'occupait dans tout le chemin que de ces belles promesses; il ne remplissait son esprit que des libertés qu'il se donnerait à la cour; et il a même avoué qu'il se préparait à se plonger dans toutes sortes de vices et d'ordures.

Mais Dieu, qui est admirable dans la conquête des pécheurs, le voyant dans le dessein de se perdre , lui fit connaître que ce n'était pas là le moyen de s'élever à une haute fortune ; et qu'au contraire, s'il venait à passer pour un libertin et un débauché, étant ruine de réputation, il ne serait plus propre à rien ; ainsi, renonçant à ces détestables projets de débauches, il aima mieux avoir accès chez les personnes de condition par sa belle humeur, que de vivre parmi les libertins, et, par ce moyen, il se fit rechercher par les meilleures compagnies de Paris.

Il était plongé dans ce grand monde quand Dieu…

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Message  Louis le Mar 28 Jan 2020, 6:47 am

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Il était plongé dans ce grand monde quand Dieu entreprit de le convertir entièrement et de l'attacher à son service. Les apparitions de son père, la perte d'un de ses amis, les rebuts qu'il reçut dans le siècle et la dévotion envers la Sainte Vierge, furent les moyens que sa Providence employa pour opérer ce grand ouvrage.

Un jour…

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Message  Louis le Mer 29 Jan 2020, 7:37 am

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Un jour, quelques rieurs désirant le faire prêcher, bien qu'il ne fût pas du métier, le prièrent de se trouver à une exhortation que l'on devait faire, disaient-ils, l'après-diner aux Ursulines, l'assurant que celui qui prêcherait était un abbé de grand mérite, et dont l'éloquence le charmerait; mais, quand ils furent arrivés à l'église, où il y avait beaucoup de monde, parce que plusieurs personnes s'y étaient rendues pour avoir entendu sonner le sermon en un jour extraordinaire, ils lui déclarèrent qu'il n'y avait point d'autre abbé ni d'autre prédicateur que lui. Bernard, qui ne refusait rien, s'accorda de prêcher, demandant seulement une demi-heure de temps pour se préparer.

Mais, comme il avait pris la soutane, le surplis et le bonnet carré et qu'il était prêt à sortir de la chambre en cet équipage, son père lui apparut et, le regardant avec un visage sévère et plein de majesté, lui dit : Prends bien garde à ce que tu vas faire. Cela devait l'épouvanter; néanmoins, comme il était intrépide, il monta en chaire, et, ayant pris pour thème ce passage de l'Écriture : Sic Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret ; c'est-à-dire, Dieu a aimé le monde avec tant de tendresse, qu'il a donné son fils unique pour le racheter : il traita si éloquemment et si dévotement cette matière, que ceux qui étaient venus à dessein de rire, ne purent s'empêcher de pleurer ; et lui, qui voulait persuader aux autres l'obligation qu'ils avaient à Dieu d'un si grand bienfait, s'en pénétra si vivement l'esprit, que,  depuis, cette vérité alluma dans son cœur un grand brasier de l'amour divin.

Une autre fois qu'il avait défié les meilleurs danseurs de Paris, étant sur le point d'entrer dans le bal, son père lui apparut encore, et, l'arrêtant par le bras, lui dit: Veux-tu me faire cet affront? Retire-toi. Ce qui l'étonna tellement, qu'à peine eut-il le courage de monter à sa chambre pour faire réflexion sur ce qu'il venait de voir.

M. de Bellegarde, qui voulait l'avancer par son crédit dans quelque bon bénéfice, se servit de cette conjoncture pour lui faire prendre la soutane et l'obliger d'étudier en théologie. Bernard s'y soumit; mais, comme il conservait toujours sa belle humeur dans les compagnies du monde, le monde continuait aussi toujours à le rechercher; de sorte que l'an 1619, une personne de condition l'ayant mené à la campagne, il y passa le temps à représenter des comédies : en quoi il mettait son plus grand divertissement.

Ce fut en ce lieu qu'ayant eu avis que l'évêché de Mâcon était vacant par la mort de Gaspard Dinet, de l'Ordre des Minimes, il lui vint dans l'esprit d'employer le crédit de M. de Bellegarde pour l'obtenir.

Dans cette pensée, il sort du théâtre, quitte sa compagnie et prend la poste pour aller trouver la cour à Compiègne. Mais étant près de cette ville, il fut surpris dans la forêt d'une pluie si violente et si extraordinaire, qu'à peine pouvait-il conduire son cheval; et Dieu, qui fait tout servir à ses desseins, l'ayant arrêté par cet orage, lui parla efficacement au fond du cœur, et lui fit connaître si clairement la vanité insupportable de ses prétentions, de vouloir passer du théâtre sur le trône épiscopal, qu'il ne songea plus qu'à s'en retourner sur ses pas pour travailler sérieusement à sa conversion.

La mort d'un de ses intimes amis…

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Message  Louis le Jeu 30 Jan 2020, 6:45 am

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La mort d'un de ses intimes amis fut une nouvelle grâce pour lui, qui le confirma dans le dessein de changer de vie ; car cet ami ayant été blessé dans un duel où il avait été pris pour second, et ayant été porté chez un prince pour éviter la rigueur des édits contre les duellistes, Bernard, qui fut averti de ce malheur, l'y alla trouver et n'en sortit point qu'il ne lui eût fermé les yeux.

Ce fut alors qu'il commença à pratiquer ce qu'il a continué de faire depuis sa conversion, l'assistant à la mort et lui faisant des remontrances, qui le mirent en état de paraître devant Dieu. Quelque impression que fit sur son esprit cette mort inopinée, elle ne le réduisit pourtant pas entièrement, il fallut le prendre au point d'honneur pour achever de lui faire renoncer aux vanités du monde.

On devait faire aux Augustins la cérémonie de…

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Message  Louis le Ven 31 Jan 2020, 7:09 am

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On devait faire aux Augustins la cérémonie de Chevaliers du Saint-Esprit; Bernard y conduisit une dame à laquelle il rendait depuis quelque temps de grandes assiduités, et qui y avait été invitée par le capitaine des gardes du quartier. Cet officier reçut la dame avec honneur, mais il repoussa Bernard; soit qu'il ne le reconnût pas dans la presse, soit qu'il le fît à dessein , et, sur l'instance qu'il fit qu'il était de la compagnie de cette dame, il leva le bâton sur lui sans néanmoins le frapper. La dame, qui vit cela, fit semblant de ne le pas connaître et ne dit pas un seul mot en sa faveur.

Bernard fut si outré de cette ingratitude, qu'il se retira tout confus: et, rentrant en lui-même, il considéra sa folie d'avoir tant employé de temps à rendre de bons offices à une ingrate qui l'avait fait passer pour un homme de néant. Étant tout transporté de colère et de chagrin, il rencontra le P. Arnoul, confesseur du roi, qui lui dit : Quoi, Monsieur Bernard, serez-vous seul dans Paris qui n'assisterez pas à la cérémonie? Notre homme tâche aussitôt de se contrefaire et de cacher son déplaisir, feignant d'avoir quelques affaires qui l'en empêchaient; mais, nonobstant sa réponse, le P. Arnoul le fait monter en carrosse, le mène aux Augustins et le met entre les mains du capitaine des gardes.

Chose étrange! ce capitaine, qui peu auparavant l'avait méprisé, lui fait civilité : au lieu de le repousser, le reçoit à bras ouverts, et emploie le même bâton qu'il avait élevé contre lui pour lui faire donner une des meilleures places de l'assemblée. Ce soudain changement le dégoûta extrêmement du monde, et lui fit souhaiter plus que jamais de ne servir plus d'autre maître que Jésus-Christ.

Mais…

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Message  Louis le Sam 01 Fév 2020, 6:19 am

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Mais le démon, qui s'efforce d'étouffer nos bons desseins dans leur naissance, lui tendit encore un piège, dont il fut délivré par l'assistance de la Sainte Vierge.

Une dame de qualité, dont la maison fut attaquée de peste, s'avisa de demander à Bernard une chambre chez lui, en attendant qu'elle eût trouvé un logement plus commode. Bernard, qui s'était logé dans l'Université comme dans une solitude, pour y étudier et penser aux choses de son salut, surpris de cette proposition, dont il prévoyait les conséquences, ne savait à qui s'adresser pour détourner cet embarras.

Dans cette inquiétude, il se rencontra vis-à-vis de l'église de Saint-Étienne-des-Grecs. Y étant entré, il se prosterne devant une image de la Sainte Vierge qui est en ce lieu, lui présente ses prières, et lui promet que, si elle rompt le dessein de la dame, il se consacrera au service de Jésus-Christ. A peine eut-il fait son oraison qu'il sentit dans son cœur des assurances qu'il avait été exaucé.  En effet, étant de retour chez lui, il apprit que tout était contremandé.

Cette dernière faveur du ciel acheva de le toucher; car, effrayé par les visions de son père, rempli de l'image de la mort arrivée à son ami, rebuté des choses du monde, échappé des dangereux liens des femmes par l'intercession de la Sainte Vierge, et pressé par la pesanteur des péchés de sa vie passée   il résolut tout de bon de se convertir.

Il ne fallait plus, après tant de combats et de délais, que venir à l'exécution d'une si généreuse entreprise.

Voici comme la chose arriva…

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Message  Louis le Dim 02 Fév 2020, 6:28 am

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Voici comme la chose arriva, au rapport du P. Amelot, en la vie de M. de Condren, qui assure l'avoir appris de la bouche même de Bernard : Comme il était un jour à la table du duc de Bellegarde , on mît sur le tapis une question de controverse, à laquelle il tâcha de répondre selon l'impétuosité de son esprit: mais un huguenot, auprès duquel il était assis, lui ayant fait quelques objections artificieuses, Bernard demeura tout court et eût eu la confusion tout entière, s'il ne se fût servi de la raillerie qui lui était encore familière pour se débarrasser de la difficulté.

Quoiqu'il se fût tiré d'affaire par ce moyen, il ne put, néanmoins, s'ôter de l'esprit le chagrin qui lui restait de n'avoir pas bien répondu. Résolu donc d'user de représailles envers l'hérétique, qui devait revenir trois jours après, il s'en va à l'Oratoire demander le plus habile homme de la maison. M. de Condren fut celui que l'on fit descendre, mais, comme il paraissait encore assez jeune, Bernard querella le portier de le lui avoir amené ; et, s'adressant à ce saint prêtre, il lui dit brusquement : Mon père, c'est le plus capable de céans que je cherche, M. de Condren, qui était souverainement modeste, pria là-dessus le frère d'en appeler un autre; et, en attendant, il l'entretint et lui parla avec tant d'onction, que Bernard, touché de ses discours, et sentant qu'il avait trouvé ce qu'il souhaitait, lui conta sa peine et lui demanda l'éclaircissement de sa difficulté.

Non-seulement M. de Condren lui donna des armes pour combattre l'hérétique, mais il lui parla de Dieu avec tant de lumière et tant de force, qu'à l'instant même tout le zèle que notre homme avait contre son adversaire se convertit contre lui-même.

En effet, dès ce temps toutes ses railleries se changèrent en un grand sérieux et en une profonde méditation des vérités éternelles, et il quitta tous les désordres de sa vie passée pour commencer une vie pure et parfaite. Ce saint ecclésiastique, après avoir entendu sa confession générale et l'avoir conduit quelque temps, lui conseilla de prendre un père jésuite pour directeur.

Le P. Amelot donne deux raisons de ce conseil : l'une, parce que, Bernard demeurant à la porte Saint-Michel et le P. de Condren à la maison Saint-Honoré , ils étaient trop éloignés pour se voir commodément ; l'autre, parce que, le P. de Condren reconnaissant par une lumière divine que Bernard était appelé à une vie extraordinaire qui serait censurée et traitée de folie par les personnes du monde, son humilité lui fit croire qu'il n'était pas assez estimé pour le soutenir dans des états si pleins de contradictions, et il se persuada qu'un directeur de la Compagnie de Jésus le ferait beaucoup mieux, à cause de la haute réputation de sagesse et de prudence que cette Compagnie s'était acquise. Bernard tomba heureusement entre les mains du P. Marnat, très-expérimenté dans la conduite des âmes, et il reçut de lui les instructions nécessaires pour mener une vie nouvelle.

Quelque temps après, ce prudent directeur lui conseilla…

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Message  Louis le Lun 03 Fév 2020, 6:38 am

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Quelque temps après, ce prudent directeur lui conseilla d'approcher des saints autels et de prendre les Ordres sacrés. Il eut bien de la peine à s'y résoudre, s'en jugeant très-indigne, à cause de sa vie passée; mais Dieu lui ayant fait connaître que c'était sa volonté, il y acquiesça et reçut l'Ordre de la prêtrise, au noviciat des Jésuites, des mains de l'évêque de Bellay. Cette ordination était légitimement due à cet illustre prélat, puisque c'était lui qui avait donné les premières atteintes au cœur de Bernard, et qu'il y avait sept ans qu'il demandait à Dieu cette conversion.

Il célébra sa première messe à l'Hôtel-Dieu de Paris…

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Message  Louis le Mar 04 Fév 2020, 5:36 am

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Il célébra sa première messe à l'Hôtel-Dieu de Paris, où il assembla un grand nombre de pauvres au lieu de ses parents, afin de contracter solennellement avec eux l'obligation de les servir toute sa vie et de les aimer comme ses frères. Après sa messe, il leur baisa les pieds et leur distribua ce que ses moyens lui purent alors permettre de donner. Il continua ensuite de leur rendre toutes sortes de services; en quoi nous devons admirer la force et l'efficacité de la grâce qui cause des changements si surprenants dans les cœurs.

Auparavant, Bernard ne haïssait rien tant que l'odeur des hôpitaux, et il se détournait quelquefois de deux rues pour n'en pas approcher; la qualité de pauvre prêtre lui était en horreur. Mais quand la grâce eut opéré dans son âme, ces mêmes hôpitaux devinrent pour lui les lieux de ses délices où il passait les jours et les nuits à traiter les malades, à les servir, à les consoler, à baiser leurs plaies à ensevelir leurs corps et à leur rendre toutes les assistances imaginables, et il n'avait rien de plus cher que la qualité de pauvre prêtre.

Après qu'il eut exerce ces œuvres de piété l'espace de vingt ans…

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Message  Louis le Mer 05 Fév 2020, 6:29 am

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Après qu'il eut exercé ces œuvres de piété l'espace de vingt ans avec une ferveur incroyable dans ce grand hôpital, Dieu lui inspira d'aller à celui de la Charité, au faubourg Saint-Germain, pour y consacrer ses soins et ses services à l'assistance des pauvres que l'on y pansait.

Il les visitait ordinairement le mercredi et le vendredi de chaque semaine, quoiqu'étant appelé à d'autres fonctions dans la ville, il ait été contraint d'en retrancher un jour.

Il accompagnait les services qu'il leur rendait de paroles si touchantes et d'instructions si pieuses, que les malades oubliaient leurs douleurs pour écouter attentivement les vérités qu'il leur enseignait.

Il commençait d'abord ses exhortations au bout de la table où l'on disposait les viandes, puis il les continuait auprès des lits. Mais la foule au monde, qui venait l'écouter comme un oracle, augmentant toujours, on le poussait enfin jusqu'aux degrés de l'autel, où il achevait son discours.

Comme il était naturellement éloquent et pathétique, et qu'il parlait le langage des Saints, ses entretiens avaient tant de succès et faisaient une si merveilleuse impression sur les cœurs, que les plus endurcis, et ceux même qui y venaient pour en faire des railleries, se trouvaient souvent tout changés. Il est vrai qu'il lui fallut auparavant souffrir une infinité d'affronts et soutenir les contradictions de cent personnes qui le condamnaient ouvertement. On lui disait tout net qu'il n'était qu'un ignorant et qu'il lui fallait défendre de parler en public.

Quelques  personnes vertueuses furent le trouver chez lui…

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Message  Louis le Jeu 06 Fév 2020, 7:01 am

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Quelques  personnes vertueuses [furent] le trouver chez lui pour lui remontrer qu'il ne devait plus continuer cet exercice, dont il était, disaient-ils, incapable. Ceux même qui étaient le plus de ses amis firent ce qu'ils purent pour le lui persuader, lui rapportant les contes ridicules qu'on faisait de lui et de ses exhortations, qu'on disait être extravagantes. Il y en eut aussi qui s'avisèrent d'écrire à son directeur, afin qu'il lui défendît de s'en mêler davantage.

Cependant le zélé Bernard demeura fidèle et inébranlable dans son ministère, sans se mettre en peine de la censure des mondains ; et, par sa persévérance, le lieu de sa mortification devint pour lui le lieu de sa gloire ; du mépris on passa à une estime générale, de la moquerie aux louanges; et encore maintenant, où tant de fois on s'était assemblé pour se rire de ses prédications, c'est là même que toute la France va lui offrir ses vœux et ses prières.

Après cet exercice, il en faisait un autre bien plus agréable aux anges qu'aux hommes, qui y trouvaient à redire comme à ses prédications. Il allait à ses pauvres, qui ne manquaient pas de s'assembler à la Charité quand il y était, leur baisait à tous les pieds, excepté aux femmes, et leur donnait deux doubles à chacun.

Je l'ai vu, dit l'historien de sa vie, en suite de cette action, le visage tout bouffi et tout rouge à force de se baisser, la bouche noire comme de l'encre et toute couverte de boue. Il en faisait autant à toutes les églises où il allait : ce qu'il a continué jusqu'au vendredi avant le jour qu'il tomba malade à la mort. Il avait coutume aussi, lorsque les frères de la Charité allaient chez lui à l'aumône, de ne la leur donner qu'à la charge de leur baiser les pieds.

La charité, qui n'avait point de bornes dans le cœur de notre Bernard…

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Message  Louis le Ven 07 Fév 2020, 7:06 am

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[SUITE]

La charité, qui n'avait point de bornes dans le cœur de notre Bernard, le porta à prêcher aux villages aussi bien qu'à la ville ; des hôpitaux, elle le confina dans les prisons ; des églises, elle le fit entrer dans les cachots, et enfin elle lui fit quitter les meilleures compagnies pour monter sur les échafauds et en haut des potences, afin d'y assister les criminels et de les résoudre à bien mourir.

Le lundi il allait au grand Châtelet, le mardi au petit, le mercredi à la Conciergerie et le samedi au Fort-l'Évêque, qui étaient les quatre grandes prisons de Paris; pour les autres petites, qui étaient au nombre de dix ou douze, il les visitait pendant la semaine, selon le loisir qu'il en avait et le quartier où il se rencontrait.

Le jeudi il allait aux Galériens, et le vendredi il passait à la Charité de la manière que nous avons déjà dit.

Dès qu'il entrait en ces lieux, les prisonniers s'assemblaient dans la chapelle, où l'on chantait le Veni Creator, puis il leur faisait l'exhortation, après laquelle il leur distribuait quelque aumône; de là il descendait aux cachots, pour y consoler les criminels. Il leur baisait les pieds et se faisait instruire de leur affaire, afin de les assister auprès des juges, qui ne désapprouvaient pas son zèle.

Un jour, sortant d'une prison avec un mal de cœur, il y rentra aussitôt pour se surmonter; et, allant au cachot le plus infect, où il y avait un pauvre corps à demi-corrompu, il le baisa plus de vingt fois et remua la paille, ou plutôt le fumier sur lequel il était, jusqu'à ce qu'il eût perdu son mal de cœur, dont depuis il ne fut plus incommodé.

Il distribuait par toutes les prisons un nombre infini de chapelets et de Memorare (c'est une oraison que saint Bernard a composée en l'honneur de la Sainte Vierge) et disposait ces malheureux à se bien confesser.

Il procurait quelquefois leur liberté : il payait assez souvent pour eux et excitait ceux qui le suivaient à ouvrir leurs bourses pour les aire sortir.

Mais sa plus pénible fonction, et celle…

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Message  Louis le Sam 08 Fév 2020, 6:24 am

Memorare

[SUITE]

Mais sa plus pénible fonction, et celle qui l'affligeait davantage, c'était lorsqu'il y avait quelque criminel condamné à la mort : la charité lui ayant fait prendre une si étroite liaison avec ces pauvres gens, que, quand ils eussent été ses propres frères, il n'en eût pas été plus affligé. Aussi, est-ce en cette fonction que Dieu s'est principalement servi des talents de son esprit et de son grand zèle pour convertir des personnes désespérées. Il entrait avec tant d'adresse dans leur esprit, qu'enfin il les gagnait entièrement.

Combien de fois a-t-on vu sur les échafauds même, et à la potence, des changements admirables et contre toutes les apparences?

Combien de gens, qui ne voulaient point entendre parler de la mort, ni de leur salut, ont fait une fin précieuse devant Dieu par les assistances de Bernard; on a vu, dans ces occasions, des choses surprenantes de son oraison Memorare, lorsqu'il la récitait à l'intention des condamnés, ou qu'il la leur faisait réciter. Tout Paris a été témoin de ces sortes de conversions.

Il prenait le soin de faire enterrer leurs corps quand la justice n'en ordonnait pas autrement, et, le lendemain de l'exécution, il ne manquait pas de dire la messe pour le repos de leur âme. Après la mort des patients, il prenait son temps de prêcher au peuple assemblé, et il poussait sa voix avec tant de force, qu'il se faisait entendre dans les plus grandes places de Paris, sans se soucier du tort qu'il faisait à sa santé, et ses exhortations étaient si pressantes et si efficaces, que tout le monde fondait en larmes.

Il faudrait autant d'histoires qu'il y a eu de prisonniers criminels pour rapporter les merveilles de l'assistance qu'il leur a rendue.

Il avait une telle tendresse pour eux, qu'il les appelait ses enfants, parce que, les engendrant à Notre-Seigneur dans leur captivité, il les aimait avec autant d'affection que s'il eût été leur père selon la chair. Les plus proches désavouent souvent pour leurs parents des misérables atteints de quelque crime; mais Bernard les adoptait pour ses enfants, et leur procurait lui seul plus de secours que ne pouvaient faire tous leurs alliés ensemble. Il se trouvait partout pour eux.

Entre une grande quantité de lettres qu'il a écrites, il ne s'en voit presque point où il ne recommande ses pauvres criminels. C'était pour leur soulagement qu'il entretenait l'amitié des princes et des grands du monde, afin de pouvoir présenter plus librement des requêtes en leur faveur.

Il voulait, par un excès de charité, s'offrir de payer dans un certain temps la somme de 4,000 livres pour un homme qui courait risque de demeurer toute sa vie en prison, avec obligation de prendre sa place s'il ne payait pas; ce qu'il eût exécuté si son directeur, sans le consentement duquel il ne faisait jamais rien, ne l'en eût empêché.

Il était le procureur des pauvres galériens, qu'il appelait sa famille; il levait l'extrait de leur jugement; il sollicitait leur liberté ; et, quand il ne pouvait pas les aller voir, il leur rendait compte par lettres de ses négociations.

C'était le zèle ardent qu'il avait…

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Message  Louis le Dim 09 Fév 2020, 6:31 am

Memorare

[SUITE]

C'était le zèle ardent qu'il avait du salut des âmes qui l'animait dans toutes ces fonctions ; il ne négligeait rien quand il s'agissait de faire quelque conquête à Jésus-Christ. Les personnes les plus déterminées étaient le plus tendre objet de sa charité; c'était pour elles qu'il prenait le plus de peine, elles qu'il s'appliquait avec plus de ferveur à ramener à leur devoir;  et cette grande patience, qu'il avait en travaillant à leur conversion, était si agréable à Dieu, que, pour la récompenser, il le faisait venir à bout de ses desseins, lorsque tout paraissait désespéré, et donnait des sentiments de pénitence à ceux qui, étant près de la mort, semblaient, par leur impénitence, avoir déjà un pied dans les enfers.

Rien n'était difficile à Bernard quand il était question d'assister le prochain, de le secourir dans ses nécessités, de le consoler dans ses afflictions, de le soulager clans ses misères, de le tirer d'une mauvaise affaire; toutes ses courses, toutes ses peines et tous ses travaux ne tendaient que là ; il quittait tout, et il n'y avait point d'heure indue quand il fallait aller.

Souvent, quand il était prêt à se mettre à table, ou bien le soir, qu'il revenait de ses exercices, tout las et fatigué, on venait le chercher de la part de quelque malade ; la nature, le mauvais temps, la lassitude répugnaient à tous ces emplois charitables; mais son courage et l'amour qu'il avait pour le Sauveur des âmes le faisaient passer sur toutes sortes de considérations.

C'était à lui que l'on avait recours pour apaiser les désordres et les divisions des familles; les pauvres filles prêtes à se perdre venaient implorer sa charité, et souvent il les a garanties du naufrage.

En un mot, il était le refuge de tous les malheureux et de tous les affligés.

Quelques jours avant sa dernière maladie, faisant réflexion qu'il y avait peu de personnes qui, en un temps de peste, assistassent ceux qui en étaient frappés, prit la résolution de faire un vœu exprès de s'y opposer, et d'y finir ses jours en assistant de ses soins, tant pour le corps que pour l'âme, ces pauvres malades ordinairement abandonnés de tout le monde; mais Dieu se contenta de sa bonne volonté, l'appelant à lui sans lui donner le temps de l'exécuter.

Il mangeait rarement ailleurs que chez lui…


Dernière édition par Louis le Sam 15 Fév 2020, 3:53 pm, édité 1 fois (Raison : Orthographe.)

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Message  Louis le Lun 10 Fév 2020, 7:12 am

Memorare

[SUITE]

Il mangeait rarement ailleurs que chez lui, et il fallait être bien de ses amis pour l'avoir à sa table, mais quand cela lui arrivait ce n'était pas pour faire meilleure chère; étant en compagnie, il suivait son inclination naturelle, qui était de divertir les autres par ses entretiens agréables et charmants. Sa franchise, sa belle conversation et la réputation qu'il avait d'homme de bien, firent prendre le train à plusieurs personnes de condition,  même aux princes et aux ambassadeurs, qui ne pouvaient  l'avoir chez eux, d'aller manger chez lui; et la charité, qui embrasse tout pour tâcher de profiter des occasions, l'obligea d'agréer ce petit commerce.

Il s'y est trouvé quelquefois jusqu'à cinq chevaliers de l'Ordre et six ou sept évêques. Il est incroyable combien il est arrivé de fruit de ces sortes d'assemblées et de petites récréations où l'on ne s'entretenait que de Dieu et des moyens de mieux le servir. Ceux qui étaient avancés dans la dévotion y étaient confirmés, et ceux qui ne savaient encore ce que c'était que de servir Dieu, y étaient excités par de secrètes inspirations et invités par l'exemple des autres.

Il portait un très-grand respect aux prêtres. Il ne voulait jamais passer devant eux, quoiqu'ils fussent plus jeunes que lui. En ayant rencontré un dans une prison, il lui promit qu'il engagerait plutôt tout son bien que de le laisser plus longtemps dans un lieu si peu convenable à son caractère. Il disait qu'il eût fallu que chaque maison en eût un pour lui servir d'ange visible, afin que sa seule présence détournât les occasions du mal qui se rencontrent dans le tracas des familles. Sa maison était le rendez-vous des ecclésiastiques. Il mettait souvent la première soutane sur le dos à ceux qui embrassaient cet état. Il avait coutume, après avoir dit la messe, d'en servir une par dévotion ; et, les jours de fêtes. il en servait quelquefois, à Notre-Dame, jusqu'à cinq ou six.

On ne peut pas exprimer l'aversion qu'il avait…

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Message  Louis le Mar 11 Fév 2020, 7:11 am

Memorare

[SUITE]

On ne peut pas exprimer l'aversion qu'il avait conçu contre les blasphémateurs du nom de Dieu ; quand il entendait jurer par les rues, il se sentait si extraordinairement animé de l'amour de son Maître, qu'il prenait le blasphémateur par les cheveux et l'enlevait de terre.

Dans ces rencontres, Dieu lui augmentait ses forces et imprimait un si grand respect pour lui à ceux même qu'il traitait de la sorte, qu'ils se jetaient à ses pieds pour lui demander pardon, et alors il disait avec sa douceur ordinaire : Mon enfant, il n'y a que moi dans Paris qui châtie les blasphémateurs ; voilà comme je les traite ; quand tous les démons seraient ensemble, ils ne pourraient pas me résister !

Pour arrêter les jureurs, il lit revivre une ordonnance faite contre eux, qui fut vérifiée en parlement : il en portait toujours des copies sur lui, soit pour les afficher aux coins des rues, soit pour servir de condamnation à ceux qu'il entendait jurer.

Notre Serviteur de Dieu ne se contenta point du simple titre de…

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Message  Louis le Mer 12 Fév 2020, 6:54 am

Memorare

[SUITE]

Notre Serviteur de Dieu ne se contenta point du simple titre de pauvre prêtre, mais il voulut effectivement pratiquer la sainte pauvreté. Que la grâce est admirable dans ses opérations! Bernard avant sa conversion en avait tant d'horreur, que c'était pour s'en exempter qu'il ne voulait pas se faire ecclésiastique; mais, depuis sa conversion, c'était la vertu qu'il chérissait le plus. Il aimait à converser avec les pauvres, à les baiser, à les caresser, à les instruire partout où il les rencontrait, à les voir à sa table et à leur distribuer le peu de biens qu'il avait.

Il ne prêchait que la pauvreté, il a voulu mourir dans la pauvreté, et enfin il a demandé d'être enterré avec les pauvres. C'est par cet esprit de pauvreté qu'il n'avait pas même une chemise à lui, mais qu'il se contentait de celle qu'on lui donnait toutes les semaines à la Charité, après y avoir prêché.

Souvent, dans les plus grandes chaleurs de l'été, elle lui demeurait collée sur le dos, sans en pouvoir changer. Quelquefois il la donnait à des gueux et se revêtait de la leur toute déchirée et pleine de vermine. Il ne portait que de pauvres habits et de vieilles soutanes que lui fournissaient certains prélats. On ne put jamais l'obliger à accepter un bénéfice auquel le cardinal de Richelieu l'avait fait nommer par Sa Majesté, et il ne fit pas moins d'efforts pour en faire agréer son refus au roi, que d'autres ecclésiastiques n'en font pour se faire nommer aux meilleurs bénéfices. Le vendredi il demandait par humilité un morceau de pain, pour l'amour de Dieu, au collège de Cluny.

Un jour, se voyant réduit à la nécessité, il prit la résolution de demander l'aumône; mais, avant de le faire, il alla trouver son directeur pour le consulter s'il ne devait pas plutôt en cette extrémité s'adresser à un homme qui, depuis dix ou douze ans, lui était redevable de cent francs. Le père lui répondit qu'il ne fit plus d'état de cette somme, parce qu'il savait de bonne part que cet homme en avait encore plus besoin que lui; mais qu'il se confiât en Dieu qui ne lui manquerait pas. En effet, dès l'après-dîner même, et peut-être dans le moment qu'ils s'entretenaient ensemble, un de ses amis se sentit extraordinairement poussé de lui apporter une pareille somme : ce qui est arrivé par quatre ou cinq fois, lorsqu'il n'avait point d'argent, la divine Providence récompensant abondamment la confiance qu'il avait en elle dans ses plus grands besoins.

Jamais il n'allait à la cour ni chez les grands, qu'on ne l'eût mandé auparavant…


Dernière édition par Louis le Sam 15 Fév 2020, 4:17 pm, édité 1 fois (Raison : Orthographe)

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Message  Louis le Jeu 13 Fév 2020, 7:04 am

Memorare

[SUITE]

Jamais il n'allait à la cour ni chez les grands, qu'on ne l'eût mandé auparavant, ou qu'il n'y fût porté par quelque inspiration divine; comme lorsqu’il alla deux fois parler à la reine pour lui annoncer ses grossesses, dont il avait eu révélation. Quand il y était, il disait hardiment la vérité aux uns et aux autres, et inspirait plus de dévotion en un quart d'heure, par sa manière d'agir libre et franche, que les autres prédicateurs en un an avec toute leur éloquence.

Il reprenait particulièrement les dames qui avaient la gorge découverte, leur disant que ce qu'elles estimaient tant serait un jour la pâture des vers ; que si elles la découvraient pour la faire voir, c'était une immodestie insupportable ; et si elles le faisaient pour leur commodité, c'était une sensualité qui déplaisait à Dieu et dont les suites étaient funestes au prochain ; et il leur faisait ces remontrances avec tant de grâce, qu'elles ne s'en fâchaient point.

Il prenait une merveilleuse liberté de dire de bouche et par écrit…


Dernière édition par Louis le Sam 15 Fév 2020, 4:19 pm, édité 1 fois

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Message  Louis le Ven 14 Fév 2020, 6:19 am

Memorare

[SUITE]

Il prenait une merveilleuse liberté de dire de bouche et par écrit ses sentiments au cardinal de Richelieu ; ce qu'il a fait en plusieurs rencontres sans aucun respect humain: et ce ministre d'État, dont l'esprit était très-élevé, prenait un si grand plaisir à l’entendre, qu'il lui a donné quelquefois des audiences de plusieurs heures.

La franchise de Bernard était si grande, que l'on dit qu'un jour se rencontrant entre Son Eminence et le cardinal de La Valette, il leur dit en leur mettant la main sur l'épaule : « Mes enfants, vous avez bon temps en ce monde, rien ne manque à vos plaisirs ; mais nous verrons en l'autre qui sera le plus grand de vous ou du pauvre prêtre. »

Son oraison était …


Dernière édition par Louis le Lun 17 Fév 2020, 5:18 am, édité 2 fois (Raison : Orthographe.)

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Message  Louis le Sam 15 Fév 2020, 6:13 am

Memorare

[SUITE]

Son oraison était une continuelle présence de Dieu, que ses grands emplois, bien que très-différents, ne lui faisaient jamais perdre. Il n'entreprenait rien qu'après en avoir eu quelque douce émotion du Saint-Esprit, qui lui inspirait ce qu'il voulait qu'il entreprit, lui donnait les moyens de l'exécuter et lui en facilitait le succès. Cet état intérieur le disposa aux fréquentes extases qu'il eut depuis sa conversion.

Un jour de sainte Thérèse, disant la messe aux Carmes déchaussés, il fut tellement ravi après la communion, qu'il fallut l'enlever de l'autel et le porter sur un lit, où il demeura trois heures entières en ravissement. Une autre fois, la même chose lui arriva dans l'église des Carmélites, et il n'y a presque point d'église dans Paris où il n'ait eu quelque extase. Il était si confus de ces faveurs divines, qu'un jour, revenant à lui, il s'écria doucement: O mon Dieu, est-il possible que vous fassiez tant de faveurs à un si grand pécheur! Mon Sauveur, ce n'est pas à moi que ces caresses doivent se faire; vous savez que mes péchés me rendent indigne de ces douceurs dont vous honorez vos amis.

Ces grâces, qui lui furent fort fréquentes au commencement de sa conversion, l'obligèrent de ne plus dire la messe en public. Il était si prompt à concevoir de l'amour pour Jésus-Christ, que souvent son serviteur, qui pendant le repas lui faisait la lecture de la Vie des Saints, était contraint de tout quitter et de le divertir par quelque autre discours, afin qu'il put prendre la nourriture dont il avait besoin pour subsister dans les fonctions pénibles qu'il entreprenait pour le prochain.

Au reste, toutes ces grâces extraordinaires ne produisaient en lui qu'un grand mépris de soi-même, une obéissance exacte à son directeur, un ardent désir de souffrir, un courage invincible aux exercices de la charité, un zèle infatigable pour la gloire de Dieu et une soif insatiable pour le salut des âmes.

Il avait une singulière dévotion au très-saint Sacrement de l'autel [Note de Louis : il ne faut pas oublier que ce texte a été écrit au XVIIe siècle (R.P. François Giry, (1635-1688), col. xxxix...); situation qui est n’est même pas proche, qu’on pourrait dire, de la situation apocalyptique (le mot n’est pas trop fort, nous croyons) de l’Infâme Trahison que nous vivons depuis la mort de Pie XII.]

Il composa plusieurs ouvrages de poésie sur cet auguste mystère. Il honorait aussi  spécialement le saint Nom de Jésus, qu'il ne prononçait jamais qu'avec des onctions que l'on ne peut exprimer qu'en les expérimentant soi-même.

On trouva parmi ses papiers…


Note de Louis a écrit:
Pour ceux qui sont en mode invité et qui veulent voir le texte du XVIIe siècle, vous n'avez qu'à copier le lien suivant dans un nouvel onglet de votre navigateur. Bien à vous.

https://books.google.ca/books?id=V7PrUXwEOXgC&pg=PR1&dq=V%C3%A9nerable+Claude+Bernard+(par+R.P.+Giry)&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiowq_Bwc7nAhXoSt8KHbvhB_8Q6AEIOTAC#v=onepage&q=V%C3%A9nerable%20Claude%20Bernard%20(par%20R.P.%20Giry)&f=false]

R.P. François Giry, (1635-1688), col. xxxix et suivantes...


Dernière édition par Louis le Lun 17 Fév 2020, 5:20 am, édité 2 fois (Raison : Correction dans la note et orthographe.)

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Message  Louis le Dim 16 Fév 2020, 5:26 am

Memorare

[SUITE]

On trouva parmi ses papiers plusieurs choses fort pieuses sur ce sujet mais sa dévotion envers la Sainte Vierge a éclaté d'une manière admirable. Il n'avait point de plus grand plaisir que de parler d'elle. Il invitait tous ceux de sa connaissance à lui porter honneur et à la prendre pour leur avocate ; il racontait souvent les grâces qu'il en recevait et ce qu'il apprenait être arrivé aux autres par le mérite de son intercession.


Enfin, il a contribué autant qu'il a pu à répandre par tout Paris, par toute la France et par toute la terre l'affection à son service. C'est ce qui lui a fait imprimer en français. en italien, en espagnol, en allemand, en flamand, en anglais, en suisse et en grec cette belle oraison de saint Bernard, qui commence par Memorare, afin de la faire courir par toute l'Europe et d'inspirer à tout le monde une entière confiance en la Sainte Vierge. Il en a à lui seul distribué plus de deux cent mille exemplaires pendant sa vie.

C'est par le moyen de cette prière…


Dernière édition par Louis le Lun 17 Fév 2020, 10:28 am, édité 1 fois (Raison : Orthographe.)

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Message  Louis le Lun 17 Fév 2020, 5:25 am

Memorare

[SUITE]

C'est par le moyen de cette prière qu'il a obtenu du Ciel une infinité de grâces;

c'est par elle qu'il venait à bout des affaires, lorsque tout semblait être désespéré ;

qu'il a fait un grand nombre de conversions miraculeuses,

qu'il a obtenu la guérison de quantité de personnes malades et

qu'il a été préservé de ses ennemis visibles et invisibles.

Nous pourrions faire un détail de toutes ces merveilles; mais, comme ce serait passer les bornes d'un abrégé, nous finirons cette vie, si agréable aux yeux des anges et des hommes, par le récit de sa mort très-précieuse devant la majesté de Dieu.

Le samedi 16 mars 1641…

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