Bérénice : Qui est-elle ?

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Message  Louis le Lun 02 Déc 2019, 9:20 am

Note de Louis : Dans le fil qui débute à l’instant, si vous voulez des informations supplémentaires sur les personnages énumérés ci-dessous, n’hésitez pas à cliquer sur les liens bleus suivants :

Bien à vous.  

Hérode Ier
Festus
Hérode Agrippa l’Ancien
Hérode Agrippa le Jeune


Bérénice

I

Dans la Biographie précédente, les Actes des Apôtres nous ont dit que le roi Agrippa et Bérénice descendirent à Césarée, pour saluer Festus (1). »

L'histoire purement profane, mentionne plusieurs Bérénices.

La plus célèbre est Bérénice, fille de Ptolémée Philadelphe, roi d’Égypte, et épouse de Ptolémée Évergète. On dit que ce roi étant sur le point de faire la guerre à Séleucus, roi de Syrie, Bérénice, pour obtenir la victoire à son mari, voua sa chevelure à Vénus et la déposa dans le temple de cette déesse.

Le lendemain on ne la trouva plus, et un astronome assura qu'elle avait été enlevés au ciel et mise au nombre des constellations. Aujourd'hui encore elle occupe une place dans le langage astronomique, sous le nom de « chevelure de Bérénice», coma Berenices.


II

Ce nom, assez commun en Orient, est devenu vénérable parmi les chrétiens. Il leur rappelle la sainte femme, dont le voile essuya la face adorable du sauveur montant au Calvaire (1).

Dans la famille des Hérodes, il fut celui de deux femmes : la première fille d'Hérode Ier: la seconde, dont nous allons parler, fille d'Hérode Agrippa l'Ancien, et sœur d'Hérode Agrippa le Jeune.

III

Cette princesse, née l'an 28 de Notre-Seigneur, avait seize ans lorsque son frère, devenu roi des Juifs, la maria à son oncle Hérode, roi de Chalcide, petite province enclavée dans le proconsulat de Syrie, et voisine du mont Liban.

Après la mort assez prompte de son mari, elle s'attacha à son frère, avec qui la voix publique, chez les païens non moins que chez les juifs, l'accusa d'entretenir un commerce criminel.

IV

« Comme gage de son infamie, écrit Juvénal, elle reçut une bague en diamant, devenue célèbre, de son frère Agrippa, prince d'un pays où les rois solennisent le sabbat pieds nus, et où une loi traditionnelle ordonne d'épargner les vieux porcs (2). »

L'historien Josèphe confirme ces mauvais bruits, et saint Chrysostome, qui n'y va pas par quatre chemins, l'appelle femme d'Agrippa, uxorem Agrippæ.

Afin de mettre un terme à ces fâcheuses rumeurs...
_________________________________________________________________________

(1) Act., xxv, 13.

(1)  « Quinta (Berenice) fuit S. Veronica haud enim in Chron. S. Sixt. e ab aliis vocatur Berenices quæ Xto cunti ad crucem sudarium dedit ad sudorem extergendum cui et vuItum suum impressit quod Roma in Basiliea S. Petri magna veneratione servatur et quot aunis in  Coene  Coene Domini ostenditure.

(2) Deinde adamas notissimus, et Berenices
In digito  factus,pactiosor : hunc dedit olim
Barbaras; incestæ dedit hunc Agrippa Sorori :
Observant ubi festa mero pede Sabbatha reges
Et vetus indulget penibus clementia porcis.
(SATYR, VI.)

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Message  Louis le Mar 03 Déc 2019, 6:55 am

Bérénice

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V

Afin de mettre un terme à ces fâcheuses rumeurs, Bérénice persuada à Polémon, roi de Cilicie, de l'épouser. Séduit par l'appât des richesses, ce prince consentit, pour obtenir sa main, à se faire juif. Ce mariage dura peu. Le libertinage de Bérénice le rompit et Polémon retourna au paganisme.

VI

Sous le gouvernement de Festus, l'an 58 de Notre-Seigneur, nous retrouvons Bérénice avec Agrippa. Elle était assise, en grande toilette, à côté de lui, lorsque saint Paul plaida sa cause à Césarée, devant le magistrat romain.

Jamais le grand Apôtre n'avait été plus éloquent. Nous mettons au défi les classiques les plus intrépides de trouver dans les auteurs païens un discours qui remue aussi puissamment toutes les fibres de l'âme.

VII

S'adressant nommément à Agrippa, qu'il savait instruit de la religion juive et croyant aux prophéties, l'Apôtre le presse d'être conséquent avec lui-même et de l'imiter, lui, Paul, qui de juif fanatique était devenu Apôtre, terrassé par la puissance de la vérité et par l'éclat des miracles.

Le trait fut lancé avec tant de force qu'Agrippa lui dit, peut-être en se moquant : « Encore un peu, vous me persuaderez de me faire chrétien. — C'est tout mon désir, » reprend l'Apôtre. Mais Agrippa craint la vérité. Il se lève avec le gouverneur et sa sœur, et s'en va.

VIII

Trois fois saint Paul obtint le même résultat de ses magnifiques discours. Devant le gouverneur Félix, il parle de chasteté et du Jugement. Et Félix effrayé l'arrête en disant: « C'est assez! je t'appellerai quand il sera temps. »

Devant l'Aréopage, il prêche la résurrection des morts, et les vieux sophistes d'Athènes lui coupent la parole en disant : « Sur cela nous l'écouterons une autre fois. »

Devant Agrippa, il parle de la foi. Et Agrippa s'éloigne pour ne pas l'entendre,

Tous ces gens-là avaient un prédécesseur dans Pilate. La vérité en personne lui parle, et il demande d'un air indifférent et distrait : « Qu'est-ce que la vérité ? » Sans attendre la réponse, il s'en va.

En retournant la question de Pilate : Quid est veritas? Notre-Seigneur aurait pu lui répondre : « C'est l'homme qui est ici présent : est vir qui adest » En fait d'anagrammes, connaissez-vous rien de plus frappant?

Dix ans après la célèbre séance dont nous venons de parler, Bérénice …

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Message  Louis le Mer 04 Déc 2019, 6:21 am

Bérénice

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IX

Dix ans après la célèbre séance dont nous venons de parler, Bérénice reparaît à Jérusalem. Elle avait quarante ans : c'était l'an 68 de Notre-Seigneur. Poussés à bout par la tyrannie de Florus, gouverneur de la Judée, les habitants de Jérusalem s'étaient mis en pleine révolte. Le sang inondait les rues et les places.

Dociles aux ordres de l'impitoyable Florus, les soldats romains massacraient sans distinction les innocents et les coupables. À cette occasion, l'histoire rapporte une action de Bérénice qui lui fait honneur. Elle se trouvait à Jérusalem, où elle était venue pour accomplir un vœu. C'était la coutume chez les juifs, lorsqu'on avait fait un vœu dans l'intention d'obtenir une guérison ou quelque faveur signalée, de prier pendant trente jours, avant d'offrir les victimes; de s'abstenir de vin et de se couper les cheveux.

X

L'émeute surprit Bérénice dans l'accomplissement des prescriptions d'usage, préparatoires à l'immolation des victimes. Pour ajouter à son attitude de suppliante, elle se présente nu-pieds au tribunal de Florus, et le conjure d'arrêter l'effusion du sang.

Ni les prières, ni les larmes de cette reine humiliée ne touchent l'âme du gouverneur. Sous les yeux mêmes de Bérénice, le carnage continue. Dans leur aveugle rage, les soldats vont jusqu'à méconnaître la princesse, qui peut à peine s'échapper de leurs mains et se réfugier au palais de sou frère, où elle passe la nuit dans des inquiétudes mortelles.

Tant de cruautés, de pillages et d'iniquités de tout genre amenèrent la guerre des Romains et des Juifs…

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Message  Louis le Jeu 05 Déc 2019, 6:57 am

Bérénice

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XI

Tant de cruautés, de pillages et d'iniquités de tout genre amenèrent la guerre des Romains et des Juifs. Quand elle fut déclarée, Bérénice passa avec son frère du côté des Romains. Bientôt elle eut gagné les faveurs des généraux de Vespasien, Flavius et Titus : Flavius par de riches présents ; Titus, par sa beauté.

Après la prise de Jérusalem, Bérénice se retira à Rome avec son frère Agrippa. Elle continua d'y jouir des faveurs de Titus. Il fut même question de son mariage avec ce prince, dont les mœurs étaient ce qu'étaient les mœurs de ses contemporains.

Cependant, sur le point de parvenir à l'empire, Titus, voyant que les Romains murmuraient de son amour pour une étrangère, renvoya malgré lui Bérénice.

Tombée du faite des grandeurs, Bérénice mourut dans la misère, vers l'an 73 de Notre-Seigneur.

XII

( Note de Louis: Ne pas oublier que le paragraphe suivant est la situation de l’Église catholique au XIXe siècle : situation qui est n’est même pas proche, qu’on pourrait dire, de la situation apocalyptique (le mot n’est pas trop fort, nous croyons) de l’Infâme Trahison que nous vivons depuis la mort de Pie XII.)

Ce qu'étaient les mœurs publiques chez les nations païennes d'autrefois, notamment chez les Grecs et les Romains, l'admiration des collèges, elles le sont encore chez les peuples idolâtres d'aujourd'hui. Grâce aux Apôtres, à leurs travaux, à leurs souffrances, à leur sang, le monde païen sortit du cloaque infect dans lequel il pourrissait. Grâce à nos modernes apôtres, les nations modernes, plongées dans les honteuses ténèbres de l'idolâtrie, se régénèrent et du rang des bêtes s'élèvent au niveau de l'humanité régénérée.

Et en lisant les privations, les souffrances, les persécutions de nos missionnaires, il est des hommes qui demandent pourquoi ils se dévouent à tant de sacrifices? Malheureux! Et si saint Paul, saint Pierre et les autres Apôtres ne s'étaient pas sacrifiés pour sauver le monde, où en serions-nous encore?

Voir : Joseph., Antiq. jud.,XX, 3, 5; S. Chrysost., in Act. App., XXV, 13; Cor. a Lapid., Ibid., XXVI. ; Joseph., De Bell.jud.,II, 15; Hegesip., II, 9; Baron., an. 58, n. 162; an. 68, n. 41; an. 73, n. 8; an. 58, n. 64. Tacit., Hist., II, 81; Xiphil., in Vespas.; Sueton., in Tit. c. 7 ; Noldius, De vita Herodum : Berenice, etc.

FIN.

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