Hérode Agrippa l’Ancien : Qui est-il ?

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Message  Louis le Mar 05 Nov 2019, 6:24 am

Hérode Agrippa l’Ancien

I

« En ce même temps, disent les Actes des Apôtres, le roi Hérode commença à persécuter quelques-uns de l'Église. Il fit mourir par le glaive Jacques, frère de Jean. Et voyant qu'il plaisait aux juifs, il fit arrêter Pierre. C'étaient les jours des azymes. Quand il l'eut arrêté, il le jeta en prison, le confiant à la garde de quatre bandes de quatre soldats chacune, voulant le faire mourir publiquement après la Pâque. Pierre était donc gardé dans la prison, et les prières de l'Église s'élevaient sans cesse à Dieu pour lui.

II

« Or, la nuit avant le jour où Hérode devait le faire mourir, Pierre dormait entre deux soldats, lié de deux chaînes ; et des gardes placés devant la porte gardaient la prison. Et voilà qu'un ange du Seigneur parut ; et la lumière brilla dans la prison, et l'ange, frappant Pierre au côté, l'éveilla et lui dit : « Levez-vous promptement, » et les chaînes tombèrent de ses mains. Et l'ange lui dit : « Prenez votre ceinture, et mettez votre chaussure à vos pieds. » Il fit ainsi et l'ange lui dit : « Prenez votre vêtement et suivez-moi. »

III

« Et Pierre sortant le suivait, ne sachant pas que ce qui s'était fait par l'ange fût réel; car il croyait avoir une vision. Or, après qu'ils eurent passé la première et la seconde garde, ils vinrent à la porte de fer qui conduit à la ville, et elle s'ouvrit elle-même devant eux; et, sortant, ils s'avancèrent jusqu'à l'extrémité de la rue, et l'ange s'éloigna de lui.

« Pierre revenant à soi, dit : « Maintenant, je vois que le Seigneur a envoyé son ange, et qu'il m'a délivré de la main d'Hérode et de tout ce qu'attendait le peuple juif. » Et réfléchissant, il vint à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où plusieurs étaient assemblés, et priant. » Dans la crainte d'être surpris, saint Pierre ne fit qu'y passer.

« Le jour venu, un grand trouble s'éleva parmi les soldats pour savoir ce que Pierre……

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Message  Louis le Mer 06 Nov 2019, 6:55 am

Hérode Agrippa l’Ancien

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IV

« Le jour venu, un grand trouble s'éleva parmi les soldats pour savoir ce que Pierre était devenu. Hérode l'ayant fait chercher ne put le trouver, et après avoir soumis les soldats à la question, il ordonna qu'on les menât au supplice, et il descendit de Judée à Césarée, où il demeura.

V

« Hérode était irrité contre les Tyriens et les Sidoniens, mais eux d'un commun accord vinrent vers lui, et Blastus, chambellan du roi, ayant été gagné, ils demandèrent la paix, parce que leur pays tirait sa subsistance des terres du roi. Or. au jour marqué, Hérode revêtu de ses habits royaux s'assit sur son trône et les harangua. Et, le peuple s'écriait :

« C'est la voix d'un dieu et non pas d'un homme ! » En ce moment, un ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait pas rendu gloire à Dieu, et il mourut dévoré par les vers (1). »

VI

Hérode Agrippa, surnommé l'Ancien, Senior, était fils d'Aristobule et petit-fils d'Hérode Ier. Sa mère était Bérénice, fille de Salomé, sœur d'Hérode Ier. Aristobule avait un frère nommé Alexandre. Accusés l'un et l'autre d'avoir conspiré contre leur père, ils furent par lui-même traduits au tribunal d'Auguste. Ce prince ne voulut pas les condamner, mais il permit à Hérode de les faire juger par d'autres.

VII

Revenu de Rome, Hérode fit saisir ses deux fils et, ayant formé à Béryte, aujourd'hui Bayrout, un tribunal où siégeaient plusieurs Romains de distinction, entre autres Saturninus et Volumnius, il se fit l'accusateur de ses enfants et demanda leur tête. Elle lui fut refusée; mais il la voulait à tout prix.

N'écoutant que sa fureur et son ambition de régner seul et sans compétiteur, il ordonna de conduire ses deux fils à Samarie, où il les fit étrangler. Pendant la nuit, leurs corps furent portés à Alexandrion, où était le tombeau de leur famille.

VIII

Aristobule laissait un fils appelé Hérode Aristobule, du nom de ses pères, et Agrippa, en souvenir du gendre d'Auguste, à qui les Hérodes devaient en grande partie leur élévation au trône de Judée.

Peu de temps après la mort d'Hérode, son grand-père, Aristobule, que nous nommerons désormais Hérode Agrippa, vint à Rome avec sa mère Bérénice. La mère se lia d'amitié avec Antonia, mère de Drusus, et le fils avec Drusus, fils de Tibère. L'affection dépravée dont il passe pour avoir été l'objet de la part de cet empereur, l'a fait connaître d'une manière peu favorable. Sa jeunesse fut livrée aux débauches de toute espèce.

Bérénice étant morte, Hérode continua de se livrer à de folles prodigalités…
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(1) Actes, XII, 1-23.

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Message  Louis le Jeu 07 Nov 2019, 7:04 am

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IX

Bérénice étant morte, Hérode continua de se livrer à de folles prodigalités. Son ami Drusus étant mort aussi, Tibère ne voulut plus voir les compagnons de son fils, dont la présence renouvelait sa douleur. Dénué de ressources et d'appuis, Hérode se vit obligé de revenir en Judée. Son oncle, Hérode, le tétrarque de Galilée, meurtrier de saint Jean-Baptiste et moqueur de Notre-Seigneur, lui donna un emploi dans la ville de Tibériade, avec une forte somme d'argent. On sait de quelle manière il en témoigna sa reconnaissance.


X

Bientôt tout fut dissipé et Agrippa tomba dans l'indigence. Afin d'échapper à ses créanciers, il ne trouva rien de mieux que de se rendre à Rome avec de l'argent emprunté ou plutôt escroqué. Il aborde à Pouzzoles, passe à Caprée, où il est reçu par Tibère.

Dès le lendemain arrive une lettre de Herrenius Capito, procurateur romain à Samnie, qui accuse Agrippa d'avoir soustrait une somme considérable au fisc impérial. En conséquence, Tibère lui fait défendre de reparaître devant lui. Agrippa s'adresse à Antonia, l'amie de sa mère, qui lui prête de quoi rembourser le fisc, ce qui le fait rentrer dans les bonnes grâces de Tibère.

XI

Peu de temps après, Agrippa étant en voiture avec Caligula, manifesta l'espoir que Tibère mourrait bientôt et laisserait l'empire à Caligula. Le propos fut entendu par le cocher d'Agrippa, nommé Eutychus. Celui-ci étant plus tard impliqué dans une affaire de vol, déclara qu'il avait quelque chose d'important à dire à l'empereur.

Tibère ne voulut pas d'abord écouter cet homme, mais, à la fin, il se rendit aux instances d'Agrippa même. Le délateur entendu, Tibère ordonne d'arrêter immédiatement Agrippa. Il est saisi au milieu du cirque, en présence de cent mille spectateurs, chargé de chaînes et conduit en prison.

En vain, il rappelle à Tibère leur ancienne affection et l'amitié de Caligula. L'ordre est exécuté dans toute sa rigueur. Agrippa demeure en prison jusqu'à la mort de Tibère, arrivée six mois plus tard, l'an 38 de Notre-Seigneur.

Cet événement changea complètement la position d'Agrippa…

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Message  Louis le Ven 08 Nov 2019, 7:37 am

Hérode Agrippa l’Ancien

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XII

Cet événement changea complètement la position d'Agrippa : de prisonnier il devint roi, un des premiers soins de Caligula, devenu empereur, fut de délivrer son ami. Il le fait venir au palais; lui fait changer de costume, lui met le diadème sur la tête, lui donne les deux tétrarchies de Philippe et de Lysanias (l), et le proclame roi. En souvenir de sa captivité, il lui fait présent d'une chaîne d'or, du même poids que la chaîne de fer qu'il avait portée en prison.

XIII

La seconde année du règne de Caligula, c'est-à-dire l'an 40 de Notre-Seigneur, Hérode Agrippa vint prendre possession de son royaume. Mais pour les ambitieux tout n'est pas rose : Hérode ne tarda pas à en avoir une nouvelle preuve.

Son ami Caligula, prince à moitié fou, s'était mis en tête de se faire reconnaître, dans tout l'empire, pour Jupiter. Déjà les principaux temples de l'Occident et de l'Orient lui étaient dédiés. Il ne restait que le temple de Jérusalem. A tout prix il voulait qu'il renfermât sa statue et portât sur le frontispice l'inscription suivante : TEMPLUM NOVI JOVI ILLUSTRIS CAII : Temple du nouveau Jupiter, l'illustre Caïus.

XIV

Pour empêcher une pareille profanation et les sanglants conflits qui en seraient les suites inévitables, une députation de juifs partit pour Rome, ayant à sa tête Hérode lui-même.

Caligula la reçoit à Baïes et l'écoute distrait et indifférent: mais ne dit pas un mot à Hérode. Celui-ci remarque seulement le regard courroucé de l'empereur. Il en tombe malade, et il faut lire dans Philon les transes que ce prince, si despote à l'égard de ses inférieurs, éprouve en face de son maître.

La mort de Caligula, arrivée peu de temps après, leva la difficulté…
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(1) Il y ajouta plus tard celle d'Hérode Antipas, par conséquent toute la Galilée et les pays au delà du Jourdain, avec les biens personnels d'Hérodiade.

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Message  Louis le Sam 09 Nov 2019, 6:55 am

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XV

La mort de Caligula, arrivée peu de temps après, leva la difficulté. Hérode, revenu en Judée, régna sept ans, qu'il employa, en partie, à persécuter l'Église naissante. Avant d'entrer dans le détail de ses actes sanguinaires, rappelons un fait qui montre une fois de plus combien l'histoire évangélique est mêlée à l'histoire profane de ce temps.

Caligula meurt assassiné, après trois ans de règne. A cette nouvelle, Agrippa se rend à Rome, persuade à Claude d'accepter l'empire, et, de ses conseils, l'aide à s'affermir sur le trône. En récompense, il reçoit de Claude toutes les provinces qui avaient composé l'empire du premier Hérode. La donation se fait solennellement au milieu du Forum.

XVI

L'an 42 de notre ère, Hérode Agrippa reprend le chemin de la Judée, précédé des lettres de Claude qui ordonnent à tous les gouverneurs de province de recevoir le roi des Juifs, avec tous les honneurs dus à sa dignité. Ces détails font connaître l'exactitude des écrivains sacrés qui donnent invariablement le nom de roi et non pas alternativement, comme pour Hérode Antipas, celui de roi et de tétrarque.

Arrivé à Jérusalem, Agrippa suspend dans le temple la chaîne d'or que lui avait donnée Caligula; il fait et défait les grands prêtres et entreprend de fortifier Jérusalem ; mais il en est empêché par Claude, sur le rapport de Marsus, gouverneur de Syrie.

XVII

Hérode régnait depuis environ trois ans, comme roi de toute la Judée, lorsque, pour se rendre populaire, il se mit à persécuter les chrétiens de Jérusalem, vers la fête de Pâques de l'an 44 de Notre-Seigneur. Il envoie saisir l'apôtre saint Jacques, frère de saint Jean, et lui fait trancher la tête. Ce genre de mort était inconnu des anciens juifs. Mais, depuis la domination romaine, on le voit employé par Hérode Antipas et par Hérode Agrippa : le premier, à l'égard de saint Jean-Baptiste; le second, à l'égard de saint Jacques.

Remarquons en passant que saint Jacques fut le premier Apôtre martyrisé et saint Jean le dernier…

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Message  Louis le Dim 10 Nov 2019, 6:48 am

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XVIII

Remarquons en passant que saint Jacques fut le premier Apôtre martyrisé et saint Jean le dernier. Ouvrant et fermant la voie douloureuse, ils sont, sous le rapport du martyre, comme l'alpha et l'oméga du collège apostolique. Il semble que leur parenté avec N.-S. le roi des Martyrs, sa prédilection pour eux et la promesse qu'il leur fit de les abreuver à son calice, méritait cette glorieuse prérogative : Noblesse oblige.

XIX

L'abime appelle l'abîme; le sang demande du sang. Hérode, voyant que la mort de saint Jacques avait plu aux juifs, voulut leur trouver un nouveau plaisir du même genre. Quelques jours après le martyre de saint Jacques, il fait arrêter saint Pierre.

Pourquoi saint Pierre plutôt qu'un autre membre du collège apostolique? Parce que Pierre avait toujours paru le premier, qu'il était de tous les Apôtres, à cause de ses discours et de ses miracles, le plus connu dans Jérusalem, et qu'étant le chef de l'Église sa mort entraînait la ruine de l'Eglise elle-même.

XX

On touchait aux fêtes de Pâques. Soit afin de ne pas les souiller par l'effusion du sang, soit afin de couronner ces jours solennels par un spectacle désiré des juifs, Hérode retint saint Pierre en prison, avec l'intention de le faire mourir aussitôt après les Azymes. Seize soldats, divisés en quatre pelotons, furent chargés de la garde du prisonnier, afin qu'il y en eût toujours quatre de faction, pendant les trois veilles de la nuit.

XXI

Cette précaution ne suffit pas à Hérode. Comme il était notoire dans la ville que Pierre faisait des miracles et qu'une fois déjà il était sorti mystérieusement de prison, il le fît attacher avec deux chaînes fixées, suivant l'usage des Romains, aux bras des gardiens. Ainsi le prisonnier ne pouvait faire le moindre mouvement qui ne fût aperçu.

De plus, au lieu d'envoyer l'Apôtre dans la prison de la ville…

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Message  Louis le Lun 11 Nov 2019, 6:07 am

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XXII

De plus, au lieu d'envoyer l'Apôtre dans la prison de la ville, Hérode le fit enfermer dans les cachots de son palais. Ces cachots étaient situés sous la plate-forme qui environnait le palais et où se tenaient les gardes du prince. Plusieurs portes les séparaient d'une première porte en fer qui ouvrait sur une place de la ville. Dans l'intervalle étaient échelonnés deux corps de garde. Quatre obstacles semblaient donc rendre l'évasion impossible : la prison, les corps de garde, les chaînes, les gardiens. Ainsi le voulait la Providence, afin de faire briller, de tout son éclat, le miracle qui allait mettre l'Apôtre en liberté.

XXIII

Éveillé par l'ange, qui frappe de léthargie les gardiens et les soldats, comme  autrefois de cécité les habitants de Sodome, Pierre arrive à la porte de la maison de Marie, mère de Marc, où il savait que des fidèles veillaient et priaient (1) pour obtenir sa délivrance. Il frappe pour se faire ouvrir, et il frappe encore. Il entre, mais ne fait que passer.

XXIV

Soit par crainte d'être découvert, soit par tout autre motif, il va chercher ailleurs un asile, en recommandant d'avertir de sa miraculeuse délivrance saint Jacques, évêque de Jérusalem. Tout cela s'était passé dans la nuit qui précédait le jour où le chef de l'Église devait être mis à mort.

XXV

A leur réveil les soldats ne trouvent pas leur prisonnier. Toutes les portes sont fermées; les deux chaînes qui liaient l'Apôtre demeurent encore attachées aux bras des deux soldats de garde. On peut juger du trouble qui régnait dans la prison : plus grand encore était celui qui remplissait le palais. Apprenant la fuite de son prisonnier, Hérode entre en fureur. Il ordonne de le rechercher activement : vains efforts. Dans son désespoir, il s'en prend aux soldats ; ordonne de les mettre à la question et finit par les faire étrangler.


Dignes émules, dans leur effusion pour les Apôtres…
___________________________________________________________________

(1) Ici se présente une remarque qui n'est pas sans importance. Plusieurs fois les Apôtres ont été mis en prison, et jamais on ne voit toute l'Église prier pour leur délivrance. La raison de cette conduite est dans la primauté reconnue de saint Pierre.

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Message  Louis le Mar 12 Nov 2019, 6:01 am

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XXVI

Dignes émules, dans leur effusion pour les Apôtres, des futurs chrétiens de Rome, les fidèles de Jérusalem trouvèrent le moyen d'obtenir les chaînes de leur bien-aimé Père. Précieusement conservées à Jérusalem, jusqu'au Ve siècle, elles furent, à cette époque, données par le patriarche Juvénal à l'impératrice Eudoxie, fille de Théodore le Jeune, venue en pèlerinage à Jérusalem. La pieuse impératrice partagea cet inestimable trésor. Une des deux chaînes fut gardée à Constantinople ; elle envoya l'autre à Rome, à sa fille Eudoxie, femme de l'empereur Valentinien. Digne par la piété de son auguste mère, la jeune impératrice fit bâtir, au mont Esquilin, une superbe basilique pour y déposer la vénérable chaîne du Vicaire de Jésus-Christ.

XXVII

Comme elle la montrait au Pape, celui-ci, à son tour, lui montra la chaîne dont saint Pierre avait été chargé, à Rome, par ordre de Néron. À peine approchées l'une de l'autre, les deux chaînes s'unirent miraculeusement, et se soudèrent ensemble de manière à n'en faire qu'une. Chaîne plus précieuse que les colliers des rois, objet toujours nouveau de la vénération des siècles, arrosée des larmes et couverte des baisers brûlants de tant de millions de pèlerins, jamais nous n'oublierons qu'il nous a été donné, après tant d'autres, de vous prendre entre nos mains et de vous mettre à notre cou!

XXVIII

Après sa délivrance, saint Pierre quitta Jérusalem, et des Sidoniens qui n'avaient pas arrêté son prisonnier.

Lui-même ne tarda pas à quitter Jérusalem pour se rendre à Césarée de Palestine, où il séjourna jusqu'à la septième et dernière année de son règne. Sur la proposition et en partie aux frais d'Élionée, nouveau grand prêtre de sa création, il résolut de donner des jeux publics à Césarée, pour la conservation de l'empereur.

XXIX

Disons en passant que beaucoup ont pris le change sur le caractère des spectacles publics chez les païens. Les courses du cirque, les combats de gladiateurs, les hécatombes humaines de l'amphithéâtre étaient des fêtes religieuses, des ex-voto offerts à des dieux buveurs de sang, soit comme supplication ou expiation, soit comme tribut de reconnaissance. Une preuve entre mille, c'est qu'on appelait les dieux à les présider. Solennellement descendues des temples, les statues étaient couchées sur la spina du cirque, dans des lits d'ivoire et de pourpre et y restaient pendant toute la durée des jeux.

Pour assister à ceux d'Hérode, toute la Judée était venue à Césarée…

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Message  Louis le Mer 13 Nov 2019, 6:08 am

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XXX

Pour assister à ceux d'Hérode, toute la Judée était venue à Césarée. Les préparatifs surpassaient en magnificence tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. Le second jour, Hérode sort du palais de bonne heure, afin de recevoir en audience solennelle et haranguer les habitants de Tyr et de Sidon, qui étaient venus lui faire leur soumission. Hérode portait une toge tissue d'argent d'un travail admirable. Frappé des premiers rayons du soleil, le vêtement royal éblouissait les spectateurs, dont Hérode excitait l'enthousiasme par son discours.

XXXI

Aussitôt les milliers de flatteurs de s'écrier : « C'est un Dieu qui parle et non pas un homme : Dei voces et non hominis; sois-nous propice! Jusqu'ici nous l'avons respecté comme un homme, désormais nous l'honorerons comme un être surhumain (1). » C'était le temps où l'homme faisait les dieux. Au lieu de repousser cette apothéose sacrilège, Hérode s'y complaît. A l'instant même il est frappé de la main d'un ange, et se sent pris de douleurs atroces occasionnées par une fourmilière de vers qui lui sortent de tout le corps et qui le rongent tout vivant. Il n'a que le temps de s'écrier : « Voilà votre dieu qui meurt (2) ! »

XXXII

Ainsi mourut, à l'âge de quarante-cinq ans, le premier roi persécuteur du premier Pape. Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que se vérifie le mot rajeuni ces années dernières : Il a mangé du Pape, il en crèvera. On a remarqué, en particulier, que de cette maladie pédiculaire, honteuse et cruelle entres toutes, sont morts un grand nombre de blasphémateurs, d'iconoclastes, de persécuteurs de l'Église, et surtout d'orgueilleux assez osés pour ambitionner les honneurs divins : Tels furent, aux jours anciens, Hérode Agrippa et Antiochus Épiphane.

Au châtiment divin se joignit la vengeance des hommes…
_____________________________________________________________________________________

(1) Deum appelantes dicentesque ; propitius nobis esto, et licet hactenus te veluti hominem reveriti sumus, in posterum vero se eum mortali sorte majorem habituros. Joseph, Ant. Jud., XIX, 8.
(2) Ecce Deus ego vester cogor nunc e vita discedere. Ibid.

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Message  Louis le Mer 13 Nov 2019, 6:17 am


Hérode Agrippa l’Ancien

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XXXIII

Au châtiment divin se joignit la vengeance des hommes. A peine les habitants de Césarée et de Samarie eurent-ils appris la mort du prétendu dieu, qu'ils se livrèrent à toutes sortes de manifestations injurieuses contre lui et contre ses enfants. Réunis à des tables servies dans les rues, ils vociféraient leurs railleries, se portaient des toasts joyeux et buvaient à la santé de Charon, qui était venu prendre Hérode sur sa barque, pour le transporter aux enfers.

XXXIV

Afin qu'on vît clairement la main de Dieu sur cette triste famille, Hérode Agrippa avait, de son vivant, subi un traitement analogue à celui que son oncle Hérode Antipas avait infligé à Notre-Seigneur, qu'il avait, pendant sa Passion, traité en roi de théâtre.

Comme il venait prendre possession de son royaume, il voulut débarquer à Alexandrie. Flaccus, gouverneur de l'Égypte, le vit avec peine étaler son faste royal dans sa province. Les juifs d'Alexandrie profitèrent de cette disposition de Flaccus pour ridiculiser Agrippa.

XXXV

Il y avait dans leur ville un idiot, appelé Carrabas, assez doux de caractère et qui était le jouet des enfants. Ils le prirent, le conduisirent au gymnase, le placèrent sur une éminence, d'où il pouvait être vu de tout le monde. Sur la tête, ils lui mettent une couronne de papier; à la main un roseau en guise de sceptre; sur les épaules un manteau de jonc.

Ainsi transformé en roi de théâtre, des jeunes gens, armés de bâtons, se rangent autour de lui en façon de gardes du corps. La foule approche; les uns mettent genou en terre et le saluent; les autres viennent le prier de leur rendre justice ; ceux-là le consultent sur les affaires publiques.

La cérémonie dérisoire se termine par des acclamations unanimes. Tous les assistants s'écrient : Marim ! Marim ! mot syriaque qui signifie « seigneur et roi ». En l'employant ils faisaient une allusion directe à Hérode, né en Syrie et roi d'une partie de ce pays.

Flaccus était témoin de cette scène, dont il connaissait le but. Son devoir était de faire enfermer Carrabas : c'était le moyen d'empêcher les injurieuses démonstrations du peuple, adressées à un roi ami de César et honoré par le Sénat romain des insignes de préteur. Il n'en fît rien.

Ainsi Hérode Agrippa dut boire jusqu'à la lie et sans adoucissement l'amer calice que son oncle avait préparé au Fils de Dieu. Pour que rien ne manque au rapprochement, Carrabas est probablement le même nom que Barrabas : le B changé en C, comme cela se voit souvent dans les langues anciennes, et même dans plusieurs langues modernes. Voilà donc Hérode, le dernier roi des juifs, moqué par les juifs dans la personne de Carrabas, comme Notre-Seigneur, leur vrai roi, l'avait été dans la personne de Barrabas : peine du talion.

XXXVII

Note de Louis: Ne pas oublier que le Pape dont nous parlons dans le paragraphe suivant est le Pape  Pie IX, au XIXe s : situation qui est n’est même pas proche, qu’on pourrait dire, de la situation apocalyptique (le mot n’est pas trop fort, nous croyons) de l’Infâme Trahison que nous vivons depuis la mort de Pie XII.

En lisant cette biographie, un rapprochement se présente à l'esprit. Comme saint Pierre, le Pape est en prison. Les chrétiens de la primitive Église priaient jour et nuit, sine intermissione pour la délivrance de saint Pierre : et ils l'obtinrent. Imitons nos pères dans la foi. Prions, prions bien, prions beaucoup et nous serons exaucés. Le Pape rendu à la liberté c'est l'ordre social restauré, autrement attendons-nous à marcher de révolutions en révolutions et de précipices en précipices.

Voir : Cor. a Lap., in Act.,XII, 1-13 ; Ad. Apost., V, 19 : Adrichom., Theatr. Terr. Sanctæ Jerusalem ; Joseph, Antiq. Jud., XVIII, 6, 7; Philo, in Flaccum, p. 151, Legat, ad Caium; Joseph, Ant., XIX, 4 et 8 ; Bar., an. 40 et seqq. ; Metaphrast., 29 junii; Annales de phil. chrét. Sur les chaînes de saint Pierre, an. 1876. Nous avons suivi la tradition commune.
FIN.

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