La Samaritaine : Qui est-elle ?

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Message  Louis le Ven 09 Aoû 2019, 6:44 am

La Samaritaine

I

Voici, sans contestation, une des plus belles pages de l'Évangile et une des actions les plus touchantes de Notre-Seigneur. On voit en présence, d'une part, le Créateur des mondes, le Roi éternel des anges et des hommes, descendre sur la terre, cachant sa majesté sous l'enveloppe de notre nature, prenant, à l'égard des hommes, le nom de berger et en faisant les fonctions ; d'autre part, une brebis égarée, que les touches intérieures de la grâce ont amenée, sans qu'elle s'en doute, sur le passage du divin Berger ; d'une part, Fin-finie miséricorde ; d'autre part, la profonde misère ; d'une part, la brebis se débattant pour ne pas se laisser arrêter par le divin Berger; d'autre part, le divin Berger l'attirant à lui pas à pas, avec une sagesse et une douceur divines, jusqu'à ce qu'elle arrive entre ses bras.

II

Telle est la scène à laquelle nous allons assister : scène unique, qui par le contraste qu'elle présente, et par la manière dont elle est conduite, ravit le cœur, épuise l'imagination et éclipse tout ce qu'il y a et tout ce qu'il y aura jamais de plus poétique dans les livres des hommes : afin d'en bien jouir, décrivons d'abord les circonstances qui l'amenèrent et le lieu qui en fut le théâtre. Nous ferons connaître ensuite l'heureuse brebis qui en a été l'objet.

III

Sur les accusations des pharisiens jaloux de sa gloire, saint Jean-Baptiste venait d'être mis en prison par Hérode : c'était au mois de mai, seconde année de la vie publique de Notre-Seigneur. L'emprisonnement de son précurseur détermina le divin Maître à quitter la Judée et à se retirer en Galilée. Il agit de la sorte, non par crainte, mais afin que ses ennemis n'attentassent pas à sa vie avant l'heure fixée par son Père.

IV

Pour se rendre de la Judée dans la Galilée, il fallait traverser la Samarie, une des trois provinces qui composaient la Palestine. Notre-Seigneur se mit donc en chemin accompagné de ses disciples. Il voyageait à pied; la chaleur était excessive. Vers midi, il arriva près du puits de Jacob, éloigné d'un quart de lieue de la ville de Sichar, ancienne capitale de la Samarie : c'était dans cette ville que passaient ordinairement la première nuit les Galiléens qui retournaient dans leur pays après les fêtes. Comme c'était l'heure où les anciens avaient coutume de prendre leur repas, il envoya ses disciples acheter des vivres dans la ville. Lui-même, se sentant fatigué, s'assit près du puits, attendant leur retour.

Avant d'aller plus loin, connaissons les lieux qui viennent…

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Message  Louis le Sam 10 Aoû 2019, 7:28 am

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V


Avant d'aller plus loin, connaissons les lieux qui viennent d'être nommés. Dans le partage de la Palestine par Josué, le pays qui prit le nom de Samarie échut à la tribu d'Ephraïm et à la demi-tribu de Manassé. Il fut ensuite habité par les tribus schismatiques et devint une partie du royaume d'Israël. Son nom lui vint de sa capitale, appelée Samarie, de la montagne de Semer, sur laquelle la ville fut bâtie.

VI

Sichar ou Sichem, près de laquelle Notre-Seigneur s'arrêta, était une ville d'environ 8000 âmes, dont les vainqueurs de la Palestine ont changé le nom en celui de Naplouse, qu'elle porte encore aujourd'hui. Sichem et les alentours sont célèbres dans l'histoire. C'est en ces lieux qu'Abraham, venant de la Mésopotamie, s'arrêta d'abord, éleva un autel au Seigneur et reçut la promesse de la terre de Chanaan pour sa postérité. C'est là encore que son petit-fils Jacob, à son retour de chez Laban, fixa ses tentes et acheta pour sa sépulture un champ des fils d'Hemor. C'est là enfin, non loin du puits creusé par Jacob, son père, que Joseph fut élevé; de là qu'il partit à la recherche de ses frères, et où il vint reposer après sa mort. Après trente-cinq siècles son tombeau est encore connu et vénéré, comme celui de sa mère Rachel près de Bethléem, tant sont profondes les racines que ces familles patriarcales ont jetées dans cette terre antique et dans le souvenir reconnaissant des nations.

VII

Le puits auprès duquel Notre-Seigneur se reposa est un peu à droite du chemin, à vingt minutes de Naplouse. On ne saurait le voir à une certaine distance, parce que son orifice est aujourd'hui à fleur de terre, et qu'alentour rien n'est resté debout. Au rapport des anciens voyageurs, il avait cent pieds de profondeur et neuf de largeur. Ce qui justifie la parole de la Samaritaine à Notre-Seigneur : Le puits est profond. Il faut qu'il ait été comblé en partie, car il n'a plus cette profondeur aujourd'hui. Les chrétiens avaient élevé une église au-dessus de ce puits; elle était bâtie en forme de croix. Il y avait aussi un couvent de religieuses. Aujourd'hui, hélas ! église et couvent, tout a disparu, le puits n'a plus d'eau et le sol est couvert de ruines.

VIII

Elle était cependant belle et sainte, la pensée qui avait confié à des vierges chrétiennes la garde du lieu où Notre-Seigneur a autorisé par son exemple les relations immédiates que les femmes devaient avoir avec l'Église. La femme a été affranchie, d'abord dans la personne de la sainte Vierge, puis dans celle des saintes femmes qui ont suivi le Sauveur et reçu de sa bouche la doctrine simple, sublime et pure qui va si bien au cœur de la femme dans les trois principales situations de sa vie: dans l'innocence du premier âge, dans la chasteté virginale et la dignité de mère chrétienne.

Écoutons maintenant le disciple bien-aimé, témoin de la scène qu'il raconte : …

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Message  Louis le Dim 11 Aoû 2019, 5:43 am

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IX

Écoutons maintenant le disciple bien-aimé, témoin de la scène qu'il raconte : « Jésus quitta la Judée et s'en alla de nouveau en Galilée. Or, il fallait qu'il passât à travers la Samarie. Il vint donc en une ville de Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à Joseph son fils. Là était la fontaine de Jacob (1). Jésus donc, fatigué du chemin, s'assit sur le bord du puits (1) : c'était vers la sixième heure. Une femme Samaritaine vint puiser de l'eau ; Jésus lui dit : Donnez-moi à boire; car ses disciples s'en étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. »

X

Notre-Seigneur le premier adresse la parole à la Samaritaine, afin d'avoir occasion d'entrer en conversation avec elle. Il savait qu'elle-même n'aurait pas commencé; qu'elle ne l'aurait même pas regardé, tant était grande l'aversion des Samaritains pour les Juifs, et des Juifs pour les Samaritains, tenus par eux pour des païens. En effet, c'était une loi chez les Juifs que personne ne devait avoir pour ami un Samaritain, ni manger, ni boire avec lui; autrement il méritait l'exil. On ne pouvait pas même recevoir de lui gratuitement un verre d'eau. Qui n'admirera l'infinie condescendance du Fils de Dieu, qui, malgré ces défenses, daigne entrer en conversation avec une pauvre pécheresse samaritaine, afin de la convertir, et avec elle toute la ville de Sichar !

XI

Au langage du Sauveur et à ses vêtements, la Samaritaine l'avait reconnu pour Juif. Étonnée de sa demande, elle lui dit : « Comment, vous qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine ? les Juifs ne communiquent point avec les Samaritains. Jésus lui répondit : Si vous saviez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, vous lui en auriez peut-être demandé, et il vous aurait donné de l'eau vive. Cette femme lui dit : Maître, vous n'avez rien pour puiser, et le puits est profond : d'où auriez-vous donc cette eau vive? Êtes-vous plus grand que Jacob notre père, qui nous a donné le puits où il fut désaltéré, ainsi que ses enfants et ses troupeaux? »

Suivant sa coutume, Notre-Seigneur rattachait à l'objet présent sous ses yeux des questions d'un ordre plus élevé, et préparait ainsi la Samaritaine à comprendre de quelle eau il voulait parler. De plus, il évite de la blesser, en lui disant qu'il était plus grand que Jacob ; mais il le lui fait entendre, car il ajoute : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif. Mais l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine d'eau jaillissante jusqu'à la vie éternelle. »             ,

Les paroles du Sauveur deviennent de plus en plus transparentes : …
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(1) Les Hébreux appellent ainsi les sources d'eau vive, celles mêmes qui sont au fond d'un puits.
(1) Parmi les reliques non parfaitement authentiques, Rome conserve dans une chambre réservée de l'église de Saint-Jean de Latran la margelle du puits de Jacob, sur laquelle s'assit Notre-Seigneur.

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Message  Louis le Lun 12 Aoû 2019, 6:44 am

La Samaritaine

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XII

Les paroles du Sauveur deviennent de plus en plus transparentes : on voit clairement qu'il parle de l'eau de la grâce. Eau divine qui étanche la soif des passions et qui, descendue du ciel, y remonte avec les âmes qu'elle sanctifie. Eau surnaturelle qui obéit à la même loi que les eaux naturelles. On sait que les eaux des fontaines remontent jusqu'à la hauteur de leur source.

XIII

La Samaritaine ne comprend pas encore, ou affecte de ne pas comprendre. Elle dit : « Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus en puiser ici. » C'était, en effet, une grande fatigue pour elle, car la source était à vingt minutes des portes de la ville.

Pour lui dessiller les yeux, et couper court à tout subterfuge,  Jésus lui dit : « Allez, appelez votre mari, et revenez. La femme lui répondit : Je n'ai point de mari. Jésus lui dit : Vous avez bien dit : Je n'ai point de mari, car vous en avez eu cinq ; et celui que vous avez maintenant n'est point votre mari ; et en cela vous dites vrai. »

Le Sauveur ne lui dit pas un mot de son inconduite ; mais il loue sa sincérité. Excellent moyen de ne pas effaroucher la pauvre brebis et même de gagner sa confiance! Au reste, suivant saint Augustin, les cinq premiers maris de la Samaritaine avaient pu être légitimes. Chez les Samaritains le mariage était dissous très facilement, et avec la même facilité on formait d'autres liens. Il en est encore de même chez différents peuples.

XIV

Le regard du divin Maître avait plongé jusqu'au fond du cœur de la Samaritaine. Le coup était porté : en révélant des choses cachées, Jésus se montrait plus qu'un homme ordinaire ; mais la brebis se débattait encore. Elle cherche donc à donner un autre tour à la conversation, en l'amenant sur les questions qui divisaient les Samaritains et les Juifs. « Maître, dit-elle, je vois que vous êtes un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous dites que Jérusalem est le lieu où il faut adorer : qui a raison ? Jésus lui dit : Femme, croyez-moi, l'heure vient où l'on n'adorera le Père ni sur cette montagne ni dans Jérusalem. »

XV

La montagne dont il s'agit est le mont Garizim, sommet le plus élevé des montagnes de la tribu d'Éphraïm. Car Sichem est située au milieu d'une vallée, entre le mont Garizim au sud, et le mont Hébal au nord. Sur le Garizim, un prêtre schismatique, nommé Manassès, avait bâti un temple superbe. Mais au temps de Notre-Seigneur, ce temple n'existait plus depuis deux cents ans. Toutefois les Samaritains continuaient de prier et de faire leurs offrandes au même lieu, en plein air.

Encore aujourd'hui, les derniers restes du peuple samaritain, réduits à peu près à cent cinquante têtes, adorent Dieu sur les hauteurs de Naplouse, le visage tourné vers la sainte montagne, quoiqu'ils ne célèbrent plus aucun service divin. Craignant que leur vieille souche ne disparaisse entièrement, ils interrogent douloureusement le pèlerin solitaire, pour apprendre de lui quel est sur la terre le lieu où habitent leurs frères, et leur faire dire de revenir en hâte, afin de garder à leur place les tombeaux de leurs pères, et de ne pas laisser la sainte montagne sans adorateurs.

Pourquoi ce mont Garizim a-t-il toujours été et continue-t-il d'être…

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Message  Louis le Mar 13 Aoû 2019, 7:53 am

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XVI

Pourquoi ce mont Garizim a-t-il toujours été et continue-t-il d'être si sacré pour les Samaritains? Répondre à cette question, c'est satisfaire à une légitime curiosité et montrer une fois de plus que l'Orient est le pays par excellence des traditions. La vénération pour le Garizim vient, entre autres causes, de ce qu'il fut le théâtre d'un événement à jamais solennel dans l'histoire des Hébreux.

Après la conquête de la Terre promise, Josué reçut ordre de Dieu de faire renouveler l'alliance qu'il avait faite avec ce peuple dans la personne d'Abraham. « Vous conduirez, dit-il, les douze tribus d'Israël dans la vallée de Sichem. Six monteront sur le mont Garizim, et les six autres sur le mont Hébal: entre elles, au fond de la vallée, sera l'Arche d'alliance entourée des prêtres et des lévites. »

Les deux montagnes, d'égale hauteur, 2,500 pieds, ne sont éloignées l'une de l'autre que de douze cents pas. Nul endroit ne saurait être mieux choisi pour l'imposante action qui allait avoir lieu.

XVII

Les tribus ayant pris place, Josué, debout auprès de l'Arche, éleva la voix et prononça les bénédictions promises à Israël, s'il demeurait fidèle à l'alliance du Seigneur. A chaque bénédiction, les six tribus qui étaient sur le Garizim répondaient : Amen. Et cet Amen crié par trois cent mille hommes ébranlait tous les échos d'alentour. Voici quelques-unes de ces bénédictions :

« Si tu écoutes la voix de Jéhovah ton Dieu, tu seras béni dans la ville et dans les champs : Amen..

« Béni sera le fruit de tes entrailles, et le fruit de ta terre, et Je fruit de tes bestiaux : Amen..

« Bénie sera ta corbeille et ta huche : Amen..

« Tu seras béni à ton entrée et béni à ta sortie : Amen..

« Jéhovah enverra sa bénédiction sur tes guerriers et sur toutes tes entreprises : Amen..

« Il t'ouvrira le trésor de ses biens, le ciel, pour répandre sur la terre la pluie en son temps, et pour bénir tous les travaux de tes mains : Amen..

« Il te rendra victorieux de tous tes ennemis; s'ils viennent t'attaquer par un chemin, ils en prendront sept pour s'enfuir : Amen..

« Tu seras à la tête des nations et non à la queue, toujours au-dessus et jamais au dessous : Amen..

« Voilà ce qui t'est promis si tu demeures fidèle aux commandements de Jéhovah ton Dieu. »

XVIII

Josué, se tournant alors vers le mont Hébal, appela les malédictions sur les violateurs de la Loi. A chaque malédiction, les six tribus placées sur la montagne répondaient : Amen. Et cet Amen crié par trois cent mille hommes ébranlait tous les échos d'alentour.

« Si tu n'obéis pas à la voix de Jéhovah ton Dieu, tu seras maudit dans la ville et dans les champs : Amen.

« Maudit sera le fruit de tes entrailles, et le fruit de tes terres, et les petits de tes vaches et ceux de tes brebis : Amen.

« Tu seras maudit à ton entrée et maudit à ta sortie : Amen.

« Jéhovah enverra sur toi la malédiction, et le trouble, et la ruine sur toutes tes entreprises, jusqu'à ce que tu sois exterminé: Amen.

« Jéhovah y joindra la peste, jusqu'à ce qu'il t'ait consumé dans la terre en la possession de laquelle tu vas entrer : Amen.

« Un peuple que tu ignores dévorera les fruits de ta terre et tous tes travaux, et tu seras opprimé et brisé tous les jours de ta vie: Amen(1). »

C'est en vain qu'on chercherait dans l'histoire un serment prêté avec une pareille solennité.
Seigneur, vous avez été aussi fidèle dans vos menaces que dans vos promesses : voilà ce que nous apprend l'histoire passée et présente du peuple juif et de la Palestine.

La Samaritaine avouait que Notre-Seigneur était…
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(1) Deutér., c. XXVII, 11 et suiv.; ibid., c. XXVIII, 3 et suiv.; Josué, c. VIII,31.

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Message  Louis le Mer 14 Aoû 2019, 6:44 am

La Samaritaine

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XIX

La Samaritaine avouait que Notre-Seigneur était un prophète : ce n'était pas assez. Sa conversion demandait qu'elle le reconnût pour le Messie, attendu des Samaritains comme des Juifs. Le Sauveur lui fait entendre que c'est lui-même, en lui annonçant l'établissement d'un culte nouveau, qui sera son ouvrage, et qui ne sera plus circonscrit dans les temps et les lieux, ou particulier à un peuple; mais sera de tous les temps, de tous les lieux et le même pour tous les peuples.

Pressée de plus en plus de faire l'aveu qui doit la sauver, la Samaritaine essaie un nouveau détour : « Je sais, dit-elle, que le Messie, qui est appelé Christ, doit venir; quand il sera venu il nous annoncera toutes choses. » Ce qui signifie : En attendant, je reste Samaritaine. Mais elle oublie qu'elle vient de faire sa profession de foi au futur Messie. Jésus la prend par cet aveu, et lui dit : « C'est moi, qui vous parle, qui suis le Christ. »

XX

Comme l'éclair déchire la nue et illumine instantanément l'horizon, le mot divin : Je suis le Christ, déchire les voiles qui couvraient l'œil intérieur de la Samaritaine, l'illumine d'un rayon surnaturel et fait évanouir tous les retardements. Subitement convertie par un mot du Sauveur, comme saint Pierre le fut par un de ses regards, elle oublie ce qu'elle est venue faire, laisse sa cruche et court à la ville annoncer la grande nouvelle. « Venez voir, s'écrie-t-elle, un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-ce point le Messie? » Elle ne doute pas, mais elle veut engager doucement ses compatriotes à venir le voir.

XXI

Apôtre aussitôt que néophyte, la Samaritaine eut la consolation de voir sa prédication couronnée d'un grand succès. « Les habitants de Sichar sortirent donc de la ville et vinrent à Jésus ; plusieurs crurent en lui à cause de la parole de cette femme, qui avait rendu ce témoignage : Il m'a dit tout ce que j'ai fait. Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le prièrent de demeurer avec eux, et il y demeura deux jours. Et un beaucoup plus grand nombre crurent en lui à cause de ses discours, et ils disaient à la femme: Ce n'est déjà plus pour ta parole que nous croyons, car nous l'avons entendu, et nous savons qu'il est véritablement le Sauveur du monde. »

XXII

L'apostolat que l'heureuse Samaritaine venait de commencer auprès de ses compatriotes, elle continua toute sa vie de l'exercer sur elle-même, sur sa famille, sur ses enfants et sur bien d'autres. Sur elle-même; elle est devenue une grande sainte, dont la tradition de l'Orient et de l'Occident nous a révélé le nom : elle s'appelait Photina. C'est sous ce nom béni qu'elle est placée au Martyrologe romain dont voici les paroles : « Le même jour (20 mars), les saints Photina, la Samaritaine, Joseph et Victor, ses fils; et aussi Sébastien, général, Anatolius, Photius ; ainsi que Photidis, Parascévès et Cyriaque, ses sœurs, qui tous ayant confessé Jésus-Christ obtinrent la palme du martyre (1). »

Dans sa Bibliothèque, à l'article Samaritana, le célèbre…
________________________________________________________________________________________________

(1) « Eodem die Sanctorum Photinæ Samaritanæ, Joseph et Victoris filiorum ; itemque Sebastiani ducis, Anatolii, Photii, Photidis, Parasceves et Cyriacæ germanarum : qui omnes Christum confessi martyrium sunt assecuti. »

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Message  Louis le Jeu 15 Aoû 2019, 6:30 am

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XXIII

Dans sa Bibliothèque, à l'article Samaritana, le célèbre Ferraris parle comme le martyrologe romain : « La Samaritaine qui trouva Notre-Seigneur auprès du puits du patriarche Jacob, et qu'il y convertit, est communément appelée Photina. C'est sous ce nom qu'elle est honorée par l'Église, comme une vraie martyre, avec ses deux fils et d'autres martyrs (1). »

XXIV

Sur l'identité de la Samaritaine, l'Église grecque est d'accord avec l'Église latine. « Au vingt mars, écrit Baronius, les Ménologes des Grecs disent que la sainte honorée en ce jour est bien la Samaritaine dont parle saint Jean au quatrième chapitre de son Évangile ; ce qu'affirme aussi l'ancien Martyrologe du mont Cassin (2). »

Apôtre pour elle même, Photina le fut aussi pour sa famille. Il est plus que probable que ses deux fils et ses sœurs, tous martyrs, lui furent redevables de leur foi, de leur courage et de leur bonheur éternel (3).

XXV

Les ménologes ou martyrologes de l'Église grecque, entre autres un ménologe publié au dixième siècle par ordre de l'empereur Basile ; puis un autre traduit du grec, en 1580, par Jérémie, patriarche de Constantinople, et aussi par le cardinal Sirlet, nous font connaître les travaux apostoliques de la courageuse Samaritaine, ceux de ses enfants et leur glorieux martyre. Nous allons en donner un abrégé, tiré d'un très ancien manuscrit grec, conservé au collège de Clermont (aujourd'hui Louis-le-Grand, à Paris) des pères jésuites, dont le texte est préféré par les Bollandistes….
__________________________________________________________________________________________

(1)  « Samaritana, quæ Christum ad puteum Jacob patriarchæ excepit et ibi a Christo ipso conversa fuit, Photina communiter nuncupatur, et ab Ecclesia sub tali nomine, ut vera martyr, una cum duobus filiis suis, et aliis martyribus colitur, die vigesima Martis, utcanit martyrologium romanum. » — Que la Samaritaine ait été appelée Photina,  il n'y a rien d'étonnant. Qui ne sait que longtemps avant Notre-Seigneur, par suite des relations des Juifs avec les Grecs, un certain nombre de noms grecs étaient portés par les habitants de la Palestine ? La preuve en est, entre autres, dans les livres des Machabées.

 (2)  « Agunt de ea item græci hac die in menologio, feruntque eamdem fuisse mulierem Samaritanam de qua Joannes, c. IV. In veteri Martyrologio Cassinensi, de eadem agitur ; eamdemque fuisse affirmatur. » Annot. ad martyrol. 20 mart.

(3)   « Videtur ergo Samaritana hæc suos filios, item fratres ac sorores ad Christum convertisse, ac cum iis martyrii palmam accepisse. » Cor. à Lap., in Joan. IV, 29.

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Message  Louis le Ven 16 Aoû 2019, 6:55 am

La Samaritaine

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XXV

...Nous allons en donner un abrégé, tiré d'un très ancien manuscrit grec, conservé au collège de Clermont (aujourd'hui Louis-le-Grand, à Paris) des pères jésuites, dont le texte est préféré par les Bollandistes.

XXVI

« Le vingtième de mars, combat de sainte Photine, la Samaritaine avec laquelle s'entretint Notre-Seigneur auprès du puits, et de ses compagnons : Joseph et Victor, ses fils; Sébastien, général, et Anatolius et Photius; ainsi que les sœurs de la Samaritaine : Photidis, Parascévès et Cyriaque. Au temps de Néron et après la mort de saint Pierre et de saint Paul, Photina, accompagnée de son fils Joseph, vint à Carthage, ville d'Afrique, et y prêchait Jésus-Christ.

« Son fils Victor fit courageusement la guerre contre les Avares, peuple féroce qui habitait au delà du Danube. Sa valeur lui valut le commandement de l'armée ; mais il reçut en même temps l'ordre de passer dans les Gaules et d'y massacrer tous les chrétiens. Il n'en fît rien. Au contraire il portait tout le monde à embrasser la foi. Entre tous, il convertit un de ses collègues, Sébastien, général comme lui.

XXVII

« Néron en étant informé le fit arrêter et conduire à Rome chargé de chaînes. De plus, ayant appris que sa mère et son frère avaient abandonné leur religion et prêchaient le Christ à Carthage, il ordonna de les saisir et de les amener à Rome en sa présence. Quand ils furent tous réunis, il les soumit à d'affreux tourments. Aux uns il fit arracher les yeux ; d'autres furent jetés dans un cachot rempli de bêtes venimeuses. Mais Notre-Seigneur et les bienheureux apôtres leur apparurent et les comblèrent de consolations.

XXVIII

« Après trois ans, on les tira de prison et on les suspendit par la tête sur un foyer, tandis que les licteurs leur arrachaient la peau. Après avoir écorché sainte Photide, ils l'attachèrent à deux arbres pliés l'un contre l'autre, qui en se séparant la partagèrent en deux. Tous les autres périrent par le glaive, excepté la bienheureuse Photina, qui, après être restée longtemps en prison, et ayant rendu grâce à Dieu, s'endormit dans le Seigneur. »

XXIX

Quelques-unes de ses reliques, précieusement recueillies, furent remises par l'empereur Rodolphe II à saint François de Borgia, qui, en 1587, les donna à la maison professe des jésuites, à Lisbonne. Rome a gardé sa tête. « La tête de la Samaritaine, dit Baronius, est gardée à Rome, dans la basilique de Saint-Paul, par les bénédictins du mont Cassin (1). »

Ainsi parlent le martyrologe du mont Cassin, Octave Pancirole dans son Trésor caché de la ville de Rome , et les Bollandistes au 20 mars, p. 81, édit. anc. : Venerandum etiam caput S. Photinæ asservari Romæ apud S. Paulum a monachis cassinensibus.

Terminons par le témoignage de Cornélius à Lapide : « Cette sainte femme, brûlant d'amour pour son Sauveur, appela ses compatriotes afin qu'ils reconnussent le Messie, qu'elle-même avait reconnu. C'est pourquoi sa tête est religieusement conservée à Rome dans la basilique de Saint-Paul, où elle m'a été montrée parmi d'autres saintes reliques (1). »

L'ineffable bonté du Sauveur Jésus, la reconnaissance de la Samaritaine, son amour et son zèle à toute épreuve pour la gloire de son bienfaiteur sont autant de leçons pour nous qui brillent d'un éclat incomparable dans cette divine histoire.
___________________________________________________________________

(1) « Ejus caput Romæ apud Sanctum Paulum, a monachis cassinensibus servatur. » Annot. ad martyrol., 20 mart.
(1) Cor. a Lap., in Joan. IV, 29.

Voir Bar., Martyrol. Rom., 20 mart. ; id., an. 31, n. 50; Cor. a Lapid., in Joan, IV, 29; Mgr Mislin, les Lieux Saints, t. II, c. XXXIV; Sepp, Vie de N.- S. J.- C., t. I, c. XI; Bolland., Acta SS., 20 mart.; Deuter., XXVII, et XXVIII ; Josué, VIII, 31: Octav. Pancirol., in Thesauro abscondito urbis Romæ; Reg. XI ; Eccles. XIV, etc.

FIN.

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