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Message  Roger Boivin le Lun 22 Juil 2019, 6:58 pm



« Catalogue des principales sectes hérétiques ou schismatiques.. »  

Extrait  pages 522 et suivantes, de ce volume :

« Catalogue des principales sectes hérétiques ou schismatiques.. » Bub_gb36
https://archive.org/details/bub_gb_62hxkorwvOsC/page/n557


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§ 10. Catalogue des principales sectes hérétiques ou schismatiques, qui ont combattu contre l'Eglise jusqu'au temps présent, avec les noms des conciles qui les ont condamnées, et des saints Pères qui les ont réfutées.

On ne lira pas publiquement à l'église ce catalogue d'hérésies, soit au prône, soit à la prière du soir.

D. Quelles sont les sectes qui ont jusqu'ici combattu contre l'Eglise par leur hérésie ou par leur schisme ?

R. Il serait trop long de les marquer toutes en détail ; il y en a eu de fort obscures. Nous nous contenterons de rapporter, siècle par siècle, les plus considérables, et leurs principales erreurs, avec le nom de ceux dont Dieu s'est servi pour les réfuter.

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Message  Roger Boivin le Lun 22 Juil 2019, 10:38 pm



PREMIER SIÈCLE.


Il s'éleva, du temps même des apôtres, plusieurs hérétiques.

Les principaux sont Simon le magicien, Méandre, les nicolaïtes, les cérinthiens et les ébionites.

Simon le magicien fut le premier. Sa première erreur a été de croire qu'on pouvait acheter, à prix d'argent, la puissance de donner le Saint-Esprit ; et de là vient le nom de simoniaque donné à tous ceux qui veulent vendre ou acheter les choses saintes. Ce misérable homme voulut se faire reconnaître pour Dieu ; il voulut faire rejeter l'autorité de l'ancien Testament, prétendant que Dieu n'en était pas l'auteur. Il niait la résurrection des corps ; il enseignait et pratiquait toutes sortes d'infamies. Il fut confondu par saint Pierre, qui le terrassa par ses prières (1).

Simon eut plusieurs sectateurs ; les plus célèbres furent Ménandre, qui voulait passer pour le Sauveur envoyé aux hommes, et qui donnait un faux baptême, auquel il attribuait des effets merveilleux : par exemple, de préserver ceux qui le recevraient, de la mort et de la vieillesse (2).

Les nicolaïtes, dont il est parlé dans te chapitre second de l'Apocalypse, furent aussi les sectateurs des impiétés de Simon. Plusieurs ont cru qu'ils avaient eu pour chef Nicolas, l'un des sept premiers diacres (3).


Cérinthe et les ébionites, parmi plusieurs autres erreurs, furent les premiers qui osèrent soutenir que Jésus-Christ n'était point Dieu. Et c'est pour les réfuter que saint Jean écrivit son Evangile, au rapport de saint Jérôme (4).

Tous ces hérétiques ont été réfutés par les apôtres et par les hommes apostoliques.


_______


(1) Voy. Arnobe, liv. 2, contre les gentils, à la fin de la page 50, édit. de Leyde, de l'an 1651 ;
Eusèbe, liv. 2 de l'Hist. eccl. ch. 13 ;
S. Epiph. hér. 21, liv. 1, n. 5 ;
S. Aug. liv. des hér. n. 1 ;
Théodoret, liv. 1 des fables hérétique , ch. 1, etç.

(2) Voy. sur cela l'apol. 2 de S. Justin, n. 73, p. 9 de l'édit. de Morel, de 1615, et Tert. liv. de l'âme, ch. 50.

(3) Voy. S. Jérôme, épit. 1, à Hliiodore, et le P. Alex. dissert. sur l'Hîst. eccl. du 1. siècle.

(4) Liv. des écriv. ecclésiast. sur S. Jean, ch. 19.


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Message  Roger Boivin le Mar 23 Juil 2019, 5:42 pm



SECOND SIÈCLE.


Le second siècle produisit un plus grand nombre d'hérétiques. Les principaux sont les disciples de Saturnin et de Basilides, les gnostiques et les valentiniens, les marcionites, les montanistes et les encratites.

Les disciples de Saturnin et de Basilides étaient eux-mêmes disciples de Simon le magicien et de Ménandre ; ils ajoutèrent plusieurs extravagances à celles de leurs maîtres.

Saturnin fut le premier qui condamna les noces et le mariage.

Basilides osa le premier soutenir que Jésus-Christ n'avait eu qu'un corps fantastique, et qu'il n'avait pas été véritablement crucifié. Ces hérétiques ont été puissamment réfutés par saint Irénée, dans ses livres contre les hérésies ; par saint clément, prêtre d'Alexandrie, dans ses stromates ou tapisseries, et par les autres Pères qui vivaient alors.

Les gnostigues suivaient la plupart des erreurs des hérétiques précédents. Ils disaient que Jésus-Christ était un pur homme ; ils Joignirent à cela des pratiques abominables, que les païens attribuaient par prévention, ou par calomnie, à tout le corps des chrétiens, pour avoir un prétexte spécieux de les persécuter. Ces hérétiques ont été réfutés par les mêmes auteurs (1).

Ce serait un détail ennuyeux, que de mettre ici le catalogue des erreurs des valentlniens, des serdoniens, des marcionites. Tous ces hérétiques étaient des rejetons des hérésies précédentes, auxquelles ils ne faisaient qu'ajouter de nouvelles imaginations, plus extravagantes les unes que les autres. Ils ne laissaient pas d'avoir un grand nombre de sectateurs ; et les Pères de l'Eglise étaient obligés de les combattre très-sérieusement, c'est ce qu'ont fait Tertullien, saint Irénée, saint Justin, saint Epiphane, saint Clément d'Alexandrie, et plusieurs autres.

Les montanistes, ou cataphrygiens, eurent pour auteur Montan, phrygien de nation, qui voulut passer pour le Saint-Esprit, le Paraclet, et qui faisait regarder comme prophétesses deux femmes de mauvaise vie qu'il menait avec lui.

Il prétendait que les secondes noces étaient détendues. Il voulait obliger les fidèles à observer trois carêmes, au lieu qu'ils n'en observaient qu'un, selon la tradition des apôtres. Il prétendait qu'il y avait un grand nombre de péchés dont l'Eglise n'avait pas le pouvoir d'accorder l'absolution. On lui attribue plusieurs autres erreurs, à lui où à ses disciples. Tertullien, qui était une des plus éclatantes lumières du second et du troisième siècle, eut le malheur de tomber dans l'hérésie des montanistes, lui qui avait si solidement écrit contre tes hérésies, et qui avait établi dans son livre intitulé : Les prescriptions contre les hérétiques, des principes pour réfuter invinciblement toutes les erreurs de Montan : exemple terrible des excès où peut tomber l'esprit le plus éclairé, quand, en punition de son orgueil, Dieu l'abandonne à ses propres lumières. Preuves convaincantes de la nécessité de se soumettre humblement â l'autorité de l'Eglise. Eusèbe, au cinquième livre de son histoire ecclésiastique, rapporte le nom des auteurs qui ont écrit contre cette hérésie.

Tatien et ses disciples, nommés les encratites, condamnaient le mariage ; ils disaient qu'il n'était pas permis de manger de la chair des animaux, ni de boire du vin. A cause de ces erreurs ils furent nommés encratites, mot grec qui veut dire continents. L'horreur qu'ils avaient pour le vin, faisait qu'ils n'offraient que de l'eau au saint sacrifice de la messe ; ils niaient qu'Adam fût sauvé ; ils ont été réfutés par saint Clément d'Alexandrie, saint Irénée, Origène, saint Epiphane et plusieurs autres.


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(I) On peut lire aussi Minutius Félix, qui répond fortement, dans son livre intitulé : Octavius, aux calomnies des gentils contre les chrétiens.

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Message  Roger Boivin le Mer 24 Juil 2019, 6:58 pm



TROISIÈME SIÈCLE.


Les sectes les plus célèbres de ce siècle, sont celles des novatiens, des sabelliens, des paulianistes, des manichéens et des origénistes.

Les novatiens commencèrent par être schismatiques, et furent ensuite hérétiques. Le schisme vint de ce que Novatien voulut se faire élire pape à la place de saint Corneille, qui avait été canoniquement élu. Saint Cyprien s'opposa fortement à ce schisme, comme il parait par ses lettres adressées au pape saint Corneille : et c'est à cette occasion qu'il écrivit le livre admirable de l'unité de l'Eglise, livre capable de renverser seul tous les schismes et toutes les hérésies qui se sont élevées et qui pourront s'élever (1).

L'hérésie des novatiens consistait principalement en ce qu'ils prétendaient que l'Eglise n'avait pas le pouvoir de remettre les grands crimes commis après le Baptême. Saint Cyprien, saint Pacien, évêque de Barcelone, saint Ambroise, saint Basile, sont les principaux qui ont écrit contre cette hérésie, qui a été condamnée dans plusieurs conciles tenus en Italie et en Afrique ; et enfin par le concile général de Nicée.

Les sabelliens, disciples de Praxéas, de Noétus et de Sabellius, prétendaient, comme le font encore aujourd'hui les impies sociniens, que Dieu ne subsiste pas en trois personnes ; mais que le nom de Père, de Fils et de Saint-Esprit, sont différents noms qui conviennent à une même personne.

Cette hérésie donna lieu à celle de Paul de Samosates, évêque d'Antioche, homme très-vain et de mœurs très-corrompues, infecté des principes de Sabellius et des hérétiques anciens, réfutés par saint Jean l'évangéliste. Il nia la divinité de Jésus-Christ, et fut condamné dans deux célèbres conciles d'Antioche (2). Ces hérésies ont été combattues avec succès par saint Denis d'Alexandrie, saint Athanase, saint Basile, et par les autres pères de la fin du troisième siècle et commencement du quatrième. Elles ont été condamnées dans les conciles d'Antioche dont on vient de parler, et dans le premier concile général de Nicée.

Les manichéens renouvelèrent dans ce siècle la plupart des erreurs des hérétiques du premier et du second siècle : ils admettaient deux principes, l'un bon, et l'autre mauvais : ils attribuaient à chaque homme deux âmes, l'une bonne et l'autre mauvaise : ils interdisaient et condamnaient le mariage : ils disaient que Jésus-Christ n'avait eu qu'un corps fantastique : ils niaient la liberté de l'homme, le péché originel, la nécessité du Baptême et de la foi : ils rejetaient, par conséquent, l'autorité de l'ancien Testament et du nouveau, prétendant que Dieu n'en était pas l'auteur. Ils avaient plusieurs antres imaginations pernicieuses, qu'on peut lire dans saint Augustin. Ce saint docteur connaissait mieux qu'un autre leurs dogmes et leur corruption, parce qu'il avait eu le malheur de s'engager dans leur secte avant son baptême : mais il la quitta après avoir connu à fond l'extravagance de leurs sentiments ; et Dieu se servit de son ministère pour confondre ces hérétiques (3). Plusieurs autres Pères ont aussi écrit contre ces hérétiques. Leur hérésie est prédite et condamnée en termes formels par saint Paul (4).

La secte des origénistes était composée de ceux qui soutenaient les erreurs dont on a accusé Origène, l'homme le plus savant et le plus renommé de son temps, et dont il est écrit que jamais homme n'a mieux écrit ou parlé que lui, quand il a bien parlé, ni jamais homme n'a plus mal écrit ou parlé que lui, quand il l'a mal fait : Ubi benè, nemo meliùs ; ubi malè, nemo pejùs. On l'a accusé, lui ou ses disciples, d'un grand nombre d'erreurs. Voici les principales : Que l'âme de Jésus-Christ avait été unie au Verbe éternel avant l'incarnation ; que l'âme de chaque homme subsistait avant son corps, et n'était mise dans le corps que comme dans une prison, en punition de ses anciens péchés ; que Jésus-Christ était mort, non-seulement pour les hommes, mais aussi pour les démons, et que les peines de l'enfer ne seraient pas éternelles. On l'a accusé aussi d'avoir été l'avant-coureur des pélagiens, sur le péché originel et sur la grâce de Jésus-Christ.

Quelques théologiens ont cru qu'Origène n'avait point enseigné ces erreurs ; mais que ses disciples ou d'autres hérétiques en avaient rempli ses écrits, pour leur donner plus de vogue par le nom de ce grand homme, qui était l'admiration de son siècle (5). Saint Jérôme et saint Epiphane sont ceux des saints Pères qui se sont opposés le plus fortement aux origénistes, lesquels ont été condamnés dans plusieurs conciles généraux et particuliers, tenus en orient et en occident, surtout dans le cinquième concile général, tenu à Constantinople, sous le pape Vigile, Justinien étant empereur, l'an 552.


________


(I) Voy. aussi la lettre de S. Corneille à Fabius d'Antioche, dont plusieurs fragments sont reportés par Eusèbe, liv. 6 de l'Histoire eccl. ch. 43.

(2) Tenus, l'an 266 et 272 ; voy. le 7. liv. de l'Hist. eccl. d'Eusèbe, ch. 8.

(3) Les ouvrages de S. Aug. contre les manichéens, sont renfermés dans le 8. tome de ses œuvres de la dernière édit. sans compter plusieurs lett. et serm. écrits contre eux.

(4) 1. Thimoth. IV, 1 et suiv. S. Léon, serm. 15, qui est le 5. sur le jeûne du dixième mois, ch. 4, 5 et 6, et serm. 67, qui est le 18. sur la Passion du Sauveur, ch. 5.

(5) Ceux qui veulent approfondir cette question peuvent consulter M. de Tiliémont, le P. Alexandre, M. Dupin ; M. Huet, évêque d'Avranches, dans sa préf. sur les œuvres d'Origène ; le P. Halloix, et les autres auteurs qui ont écrit sur cette matière.

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Message  Roger Boivin le Jeu 25 Juil 2019, 7:24 pm



QUATRIÈME SIÈCLE.


Les principales sectes du quatrième siècle sont celles des donatistes, des ariens, des macédoniens, des anoméens, des aériens, des photiniens, des messaliens, des lucifériens, des apollinaristes, des prisciliianistes, des jovinianistes, des collyridiens, etc.

Les donatistes furent premièrement schismatiques, ensuite hérétiques.

Leur schisme vint de ce qu'un certain Donat, évêque de Cases-Noires, en Afrique, eut la témérité d'ordonner Majorin évêque de Carthage, au préjudice de Cécilien, évêque légitime, qui avait canoniquement succédé à Mensurius. L'occasion de ce schisme fut que, du vivant de Mensurius, Cécilien, qui était alors archidiacre de Carthage, avait repris une femme de qualité très-riche, nommée Lucile, de ce qu'avant la réception du corps de Jésus-Christ au saint sacrifice de la messe, elle honorait publiquement les reliques d'un martyr qui n'avait pas encore été reconnu par l'Eglise. Lucile ne pardonna jamais cet affront prétendu : et Cécilien ayant été ordonné évêque de Carthage, après la mort de Mensurius, elle fit une brigue contre lui, et eut assez de crédit pour faire élever autel contre autel, par l'ordination de Majorin. Après la mort de Majorin, les schismatiques élurent un autre évêque nommé Donat. Celui-ci donna le nom au schisme des donatistes qui eut de longues et fâcheuses suites (1).

Les donatistes joignirent bientôt l'hérésie au schisme ; leurs principales erreurs étaient que le Baptême et les autres sacrements donnés hors de l'Eglise, étaient nuls ; qu'il fallait rebaptiser tous les hérétiques ; que l'Eglise était périe [détruite, anéantie] par toute la terre, et qu'elle ne subsistait que dans leur société. En conséquence de ces erreurs, ils ordonnèrent des évêques et des prêtres pour tous les lieux d'Afrique où leur schisme était répandu, prétendant que toutes les ordinations faites par les évêques catholiques étaient nulles, et que les pasteurs catholiques étaient déchus de tout droit au ministère. Il n'y a point de violence, d'excès, de sacrilèges, qu'ils ne commissent dans les églises dont ils pouvaient se rendre les maîtres. Ils profanaient la très-sainte Eucharistie ; et il arriva que les chiens auxquels ils l'avaient jetée, se jetèrent avec fureur sur ces sacrilèges, ils foulaient aux pieds les saintes huiles. Ils brisaient les autels, ils rompaient les vases sacrés, ils obligèrent les vierges sacrées à renouveler leurs vœux de virginité, comme si les premiers, faits dans l'Eglise, eussent été nuls. Ils exerçaient mille violences contre les catholiques. Ils se divisèrent entre eux en plusieurs sectes opposées, mais réunies contre l'Eglise, à l'exemple de tous les hérétiques ; ainsi que Tertullien l'avait remarqué plus d'un siècle auparavant (2), et que l'expérience de tous les siècles l'a fait remarquer dans la suite.

Les donatistes furent condamnés dans un concile de Rome, l'an 313, et dans un autre tenu à Arles, l'an 314. Ils persistèrent dans leur hérésie et dans leur schisme jusqu'au siècle suivant. Pour les obliger à rentrer dans l'Eglise, l'empereur Honorius prescrivit une conférence réglée entre les évêques catholiques et ceux du parti des donatistes. La conférence fut tenue à Carthage, l'an 411. Les évêques catholiques s'y trouvèrent au nombre de 280, et les donatistes au nombre de 159. Ceux-ci furent solennellement confondus par saint Augustin, auquel ses collègues avaient déféré le principal honneur de la dispute. On vit alors un exemple célèbre de la générosité épiscopale. Les évêques catholiques offrirent presque tout d'une voix de partager leurs sièges avec les évêques donatistes, et même de les leur céder absolument, pourvu qu'ils renonçassent au schisme ; mais ces évêques schismatiques demeurèrent presque tous endurcis. Cependant leur secte diminua visiblement après cette conférence, où la vérité remporta un triomphe solennel ; et insensiblement cette hérésie s'anéantit. Saint Optat, évêque de Milève, et saint Augustin, sont ceux qui ont le plus écrit, et le plus fortement, contre les donatistes. Optât en a fait l'histoire. Rien n'est plus capable de ramener à l'Eglise les protestants qui sont de bonne foi, que ces écrits de saint Augustin. Il semble que ce grand docteur ait eu en vue les hérétiques de notre temps, tant il réfute avec force leurs mauvais principes (3).


_______


(1) Voy. ce qu'en a écrit M. Dupin, dans sa nouvelle édit. de S. Optat.

(2) Tert. liv. des prescript. ch. 41.

(3) Ces traités sont ramassés au 9. tome de la dernière édition.



[Quatrième siècle, à suivre]
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Message  Roger Boivin le Ven 26 Juil 2019, 11:02 pm


[Suite, quatrième siècle]


Les ariens sont assez connus par le bruit et le ravage que leur secte a causés (1). La principale erreur d'Arius, prêtre d'Alexandrie, a été celle de Paul de Samosates sur la Trinité. Il insistait principalement sur la personne du Fils de Dieu, et prétendait que le verbe n'était pas coéternel ni consubstantiel à Dieu son père, et que, par conséquent, Jésus-Christ n'était pas véritablement Dieu, nous avons vu renaître cette hérésie de nos jours sous une nouvelle forme, par l'impiété des sociniens. Les ariens, comme les autres hérétiques, se divisèrent bientôt en plusieurs partis réunis seulement contre l'Eglise. Ils trouvèrent moyen, par leurs artifices, d'attirer à eux les puissances du siècle ; et par là ils firent en peu de temps de grands progrès, et suscitèrent de cruelles persécutions contre les catholiques ; mais enfin ils furent confondus, et la vérité triompha.

Les plus zélés défenseurs de la foi contre les ariens, ont été saint Alexandre, évêque d'Alexandrie ; le grand saint Athanase, si célèbre par ses écrits, et par les persécutions qu'il a souffertes pour la cause de Dieu ; saint Hilaire, évêque de Poitiers ; saint Phaebadius, évêque d'Agen, autre lumière de l'Eglise de France ; saint Crégoire de Nazianze, saint Basile, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Augustin, saint Fulgence, tous distingués par leur caractère, par leur sainteté, par leur doctrine, par leurs travaux. Il s'est tenu contre les ariens un grand nombre de conciles ; le plus célèbre est le grand concile de Nicée, qui est le premier des conciles généraux, assemblés l'an 325.

Macédonius, arien de profession, s'empara du siège de Constantinople par la faction des hérétiques ; et, en ayant été chassé, il publia une nouvelle hérésie, dont les sectateurs ont été appelés macédoniens. Elle consistait à nier la divinité du saint-Esprit, comme celle d'Arius consistait à nier la divinité du verbe. Saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Epiphane, saint Ambroise, saint Augustin, sont ceux qui ont le plus écrit contre cette hérésie. Elle a été condamnée par le premier concile de Constantinople, qui est le second concile générai, tenu l'an 381, et par plusieurs autres.

Les anomèens ou eunomiens, eurent pour chef Eunomius, évèque de Cyzique, disciple d'Aétius, diacre d'Antioche, surnommé l'Athée. Il joignit beaucoup d'impiété à celles d'Arius et de Macédonius. Il prétendait que la nature de Dieu n'était pas incompréhensible, et qu'il connaissait Dieu aussi parfaitement que Dieu se connaissait lui-même. Il méprisait les reliques des martyrs, et appelait prestiges les miracles que Dieu opérait à leurs tombeaux. Il changeait la forme du Baptême, et ne voulait pas qu'on le conférât au nom de la Trinité, malgré la parole formelle de Jésus-christ. Il rebaptisait les catholiques, et même les ariens qui embrassaient sa secte. Il ne faisait point de cas de l'autorité des prophètes et des apôtres. Pourvu qu'on embrassât ses opinions et qu'on reçût son Baptême, il prétendait que les plus grands crimes n'empêchaient pas qu'on ne fût sauvé. II suffisait, disait-il, d'avoir la foi de laquelle il faisait profession. Il est aisé de juger combien ce principe pernicieux devait lui attirer de sectateurs, et quelle devait être la corruption de leur vie. Saint Basile et saint Grégoire de Nysse, son frère, s'opposèrent fortement à cette hérésie par leurs savants écrits, aussi bien que saint Jean Chrysostome, saint Epiphane, saint Augustin et Théodoret. L'empereur Théodose fit des lois très-sévères pour empêcher cette secte de se répandre.


_______


(1) On peut lire ce qu'ont écrit M. Hermant, dans la vie de S. Athanase ; M. Dupin, dans la biblioth. des auteurs ecclés. ; les auteurs de l'Hist. du 1. concile de Nicée, imprim. à Paris chez Hortmels en 1691 ; et M. de Tillémont, dans ses mémoires sur l'Hist. des 4. et 5. siècles, sans parler des autres histoires de l'arianisme, qui sont très-connues.



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Message  Roger Boivin le Dim 28 Juil 2019, 4:05 pm

[ Quatrième siècle, suite ]


Aérius, prêtre de l'Eglise de Sébaste, attaché aux opinions d'Arius, inventa plusieurs erreurs qui ont été renouvelées par les calvinistes. II prétendait que les prêtres étaient égaux aux évêques ; il condamnait les prières pour les morts, les jeûnes et les abstinences de l'Eglise : il affectait de faire meilleure chère pendant le carême, et les mercredis et vendredis, qui étaient alors destinés toutes les semaines au jeûne et à l'abstinence. S'il jeûnait quelquefois, il choisissait les dimanches, jours auxquels l'Eglise défendait de jeûner. Il empêchait qu'on ne célébrât le jour de Pâques comme un jour de fête. Saint Epiphane et saint Augustin sont les Pères qui ont le plus écrit contre cette hérésie, dont les dogmes particuliers sont condamnés dans presque tous les conciles tenus avant et depuis ce temps-là.

Photin poussait son impiété et ses blasphèmes encore plus loin que l'impie Arius. Ses erreurs avaient plus de rapport avec celles de Paul de Samosates et des sociniens, qu'avec celles des ariens. Il prétendait que Jésus-Christ était un pur homme, et qu'il n'avait rien qui subsistât avant sa naissance temporelle. Au lieu qu'Arius disait que le verbe subsistait avant tous les siècles, quoiqu'il prétendit, par un blasphème horrible, qu'à proprement parler, le verbe n'était point Dieu, et qu'il avait été créé et tiré du néant. Les saints Pères qui ont réfuté Arius, ont aussi réfuté Photin ; et les anathèmes de l'Eglise ont été lancés contre l'un et l'autre de ces hérésiarques, dans une infinité de conciles.

Les messaliens, autrement nommés euchites, c'est-à-dire, prieurs et enthousiastes, étaient une espèce de fanatiques, qui avaient rapport en plusieurs choses avec les quiétistes, condamnés de nos jours. Leurs dogmes étaient, que le Baptême ne sert de rien ; que l'oraison seule est capable d'effacer entièrement les péchés, et de chasser le démon des âmes. Ils croyaient que la prière devait tenir lieu de tout. Pour tout exercice, ils priaient et dormaient presque tout le jour. Ils prétendaient être favorisés d'un grand nombre de révélations et se donnaient pour gens fort spirituels ; mais ils négligeaient la mortification, et vivaient dans un horrible libertinage. Ils n'ont pas fait, à proprement parler, de secte à part dans l'Eglise, parce qu'ils cachaient avec grand soin leurs erreurs, et les niaient même quand ils étaient découverts. Nous apprenons toutes ces choses de saint Epiphane et de Théodoret, qui les ont réfutés. Ces hérétiques ont été condamnés dans le concile d'Ephèse, qui est le troisième général (1).

Lucifer, évêque de Cagliari en Sardaigne, par une sévérité excessive, se sépara de la communion des évêques catholiques, parce que ceux-ci recevaient en leur communion les évêques ariens, lorsqu'ils revenaient à l'Eglise catholique, et ceux qui, ayant abandonné la foi pendant la persécution des ariens, se repentaient de leur faute (2).

On appela Lucifértens ceux qui persistèrent dans ce schisme : et plusieurs d'entre eux joignirent l'hérésie au schisme, prétendant qu'il fallait rebaptiser les ariens qui revenaient à l'Eglise. C'est ce que nous apprend saint Jérôme dans son dialogue contre les lucifériens. Saint Augustin a aussi écrit contre eux (3), et il dit (4) qu'on les accusait d'enseigner que nos âmes, étaient corporelles, et qu'elles étaient engendrées comme les corps.


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(1) Act. 7, part. 2 ; voy. S, Epiph. hœres. 80 ; Théodoret, liv. 4 des fables hérétiques, ch. 11.

(2) Voy.S.Aug. lett. 185 ou 50, à Boniface, chap. 10, n. 49 ; liv. du combat chrétien the agno christiano, ch. 30, n. 32, et sur le ps. 67, n. 39.

(3) Dans les endroits cités ci-dessus.

(4) Dans son livre des hérésies, ch. 8.



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Message  Roger Boivin le Lun 29 Juil 2019, 6:16 pm


[ Suite et fin du quatrième siècle ]



Les apollinaristes furent les disciples d'Apollinaire, prêtre de l'Eglise de Laodicée. Ils prétendaient que Jésus-Christ n'avait point d'âme humaine, mais que le Verbe de Dieu animait son corps ; que du Verbe et du corps de Jésus-Christ, il s'était fait une seule et même substance ; en sorte que le Verbe avait souffert et était véritablement mort sur la croix ; que la chair de Jésus-Christ n'avait point été formée du corps de la sainte Vierge, mais qu'elle était venue du ciel ; que c'était la substance même du Verbe éternel qui s'était changée en corps ; que le Saint-Esprit était moins grand que le Fils et le Fils moins grand que le Père. Ils renouvelaient l'erreur des millénaires, à laquelle la simplicité de Papias, disciple de saint Jean l'évangéliste, avait donné lieu, au rapport d'Eusèbe et de saint Jérôme. Saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, Théodoret, saint Ambroise et saint Fulgence, sont ceux qui ont le plus combattu les apollinaristes. Ils ont été condamnés dans les conciles d'Alexandrie, de l'an 362 ; de Rome, de l'an 373 ; d'Antioche, de l'an 378 ; et enfin au second concile général, qui est le premier de Constantinople, l'an 381.

Les priscillianisles, disciples de Prisçillien, homme de qualité, de Saragosse en Espagne, formèrent une secte composée des erreurs des gnostiques, des manichéens et des sabelliens. Ils avaient grand soin de se cacher, et, pour le faire plus sûrement, ils enseignaient qu'il était permis de mentir et de se parjurer. Sulpice Sévère parle fort de ces hérétiques au second livre de son histoire ; et c'est à leur occasion que saint Augustin a écrit ses livres contre le mensonge. Ces hérétiques furent condamnés dans plusieurs conciles ; dans celui de Saragosse, l'an 380 ; dans le premier de Tolède, l'an 400 ; dans deux autres conciles d'Espagne, dont on ne sait pas la date ; et dans le second concile de Prague, l'an 569.

Les jovinianistes eurent pour chef Jovinien, moine de Milan, dont les erreurs étaient, que l'état du mariage était aussi parfait devant Dieu, que celui de la virginité ou de la viduité ; que c'était une dévotion mal entendue que de jeûner et de s'abstenir en certains jours de certaines viandes, par principe de pénitence ; que l'homme, après le Baptême, était impeccable ; que parmi les bienheureux il n'y en avait pas qui fussent plus récompensés les uns que les autres ; que tous les péchés étaient égaux, et que la division des péchés en mortels et véniels était chimérique ; que Jésus-Christ n'était pas né d'une vierge. Saint Jérôme, saint Ambroise et saint Augustin, sont ceux qui ont le plus combattu ces erreurs. Le pape saint Sirice les condamna dans un concile tenu à Rome, l'an 390. Après quoi l'empereur Théodose fit contre eux des lois très-sévères. Ces erreurs ont presque toutes été condamnées de nouveau par le concile de Trente, en la personne des protestants qui les ont soutenues, sans respecter l'autorité de noms aussi vénérables que ceux de saint Jérôme, de saint Ambroise, de saint Augustin, et contre des condamnations si anciennes et si authentiques. Et néanmoins les protestants osent encore soutenir qu'ils n'enseignent que ce qu'enseignait l'Eglise dans les six premiers siècles. Quelle hardiesse !

Les collyridiens étaient une secte d'ignorants, née en Arabie, et presque toute composée de femmes, qui adoraient la sainte Vierge comme une divinité. Cette secte n'a pas eu grand nombre de sectateurs. Elle a été réfutée par saint Epiphane.

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Message  Roger Boivin le Mar 30 Juil 2019, 10:52 pm



CINQUIÈME SIÈCLE.


Les principales hérésies de ce siècle sont celles de Vigilance, des pélagiens, des semipélagiens, des nestoriens, des eutychiens.

Vigilance, prêtre de Barcelone, combattit la vénération des reliques, l'intercession et l'invocation des saints. Il décriait les miracles qui se faisaient aux tombeaux des martyrs, et traitait de culte superstitieux, d'y faire brûler des cierges. Il soutenait qu'il n'était pas permis de choisir l'état de virginité ou du célibat, et que cet état n'était pas préférable au mariage. Ces erreurs, déjà condamnées en la personne de Jovinien, et renouvelées de nos Jours par les protestants, ont été fortement réfutées par saint Jérôme, avoué en cela par toute l'Eglise dans tous les temps.

Pelage et Celestius ont été les chefs de l'hérésie des pélagiens, de laquelle Origène, Théodore, évêque de Mopsueste, et Rufin, prêtre d'Aquilée, passent pour avoir été les précurseurs. Pélage était un moine anglais ; Célestius était aussi moine de profession. Les principaux points de leur hérésie étaient qu'Adam avait été créé pour mourir, soit qu'il péchât, soit qu'il ne péchât pas ; que son péché n'avait nui qu'à lui seul ; que les enfants ne naissaient coupables d'aucun péché originel ; que, par conséquent, le Baptême n'était pas nécessaire pour le salut ; que la concupiscence n'avait rien de mauvais ; que l'ignorance et l'oubli ne pouvaient jamais être un péché ; que la mort et les autres misères de cette vie ne sont pas une peine du péché ; que les enfants qui meurent sans Baptême, jouissent, hors du ciel, de la vie éternelle, quoiqu'ils ne puissent en jouir dans le ciel sans avoir reçu le Baptême, que la liberté de l'homme était aussi saine et aussi entière présentement, qu'elle l'était avant le péché d'Adam ; qu'il dépendait de l'homme, s'il voulait, d'être sans passions et sans aucun mouvement désordonné ; que les vertus n'étaient pas des dons de Dieu, mais des effets purement naturels de notre liberté. S'ils admettaient le nom de grâce et sa nécessité, ils entendaient par ce mot les dons de Dieu purement naturels, ou les grâces extérieures, comme sont les bons exemples, les miracles, les instructions, ou les grâces qui éclairent intérieurement l'esprit, sans qu'elles agissent sur la volonté. Tout au plus, selon ces hérétiques, la grâce intérieure était utile, mais non pas nécessaire ; elle pouvait être méritée par le bon usage que l'homme peut faire de sa liberté, disaient-ils, indépendamment des grâces extérieures qui touchent le cœur.

Saint Jérôme a écrit plusieurs traités contre les pélagiens. Saint Germain, évêque d'Auxerre, et saint Loup, de Troyes, ont souffert de grands travaux pour détruire cette hérésie en Angleterre, du vivant même de Pélage ; mais il n'y a personne qui ait plus travaillé contre cette secte que le grand saint Augustin. L'Eglise a reconnu qu'il avait été principalement suscité de Dieu pour confondre cette orgueilleuse hérésie : et la doctrine de ce saint évêque sur les dogmes de la grâce, opposée aux erreurs des pélagiens, a été adoptée par les souverains pontifes, comme la doctrine de l'Eglise romaine.

Plusieurs conciles et plusieurs papes ont condamné les pélagiens. Le premier concile qui les condamna, fut celui de Carthage, de l'an 412 ; le concile de Diospolis en Palestine, l'an 415 ; un autre concile tenu à Carthage, l'an 416 ; le concile de Milève, la même année ; Innocent Ier, l'an 417. Et après cette condamnation, saint Augustin regarda l'affaire comme terminée. Ce pape mourut quelque temps après, et eut pour successeur Zozim, qui, trompé par les artifices de Célestius et de Pélage, écrivit en leur faveur aux évêques de l'Eglise d'Afrique. Ceux-ci tinrent un concile, l'an 417, où ils condamnèrent de nouveau les pélagiens, et donnèrent avis au pape Zozime de l'artifice des hérétiques. Ils en tinrent un autre en 418, où les pélagiens furent pareillement condamnés. Zozim, après un examen très-exact, condamna Célestius et Pélage avec leurs sectateurs, et envoya des lettres circulaires à toute l'Eglise, pour faire part de son jugement, qui fut reçu avec respect et avec acclamation. Il se tint plusieurs autres conciles en divers pays contre les pélagiens. Le Pape Célestin Ier confirma les décisions de ses prédécesseurs, et le concile général d'Ephèse, tenu l'an 431, acheva de confirmer toutes ces condamnations par deux canons solennels, frappant d'anathème ceux qui enseigneraient les erreurs de Célestius.

Les semipélagiens s'élevèrent sur les ruines des pélagiens. Ils admettaient, avec les catholiques, le péché originel, et la nécessité d'une grâce intérieure pour parvenir au salut ; mais ils croyaient que l'homme pouvait, par ses propres forces, mériter la foi et la première grâce nécessaire pour le salut. Ainsi, selon leur opinion, le commencement du salut vient de la volonté de l'homme, au lieu que la doctrine de l'Eglise est qu'il vient de la grâce de Dieu. Ils avaient d'autres erreurs qui étaient une suite de celle-là, et dont on peut voir la réfutation dans les livres de la prédestination des saints, et du don de la persévérance, composés par saint Augustin.

Saint Augustin mourut en réfutant ces hérétiques ; et après lui saint Prosper, saint Fulgence, saint Césaire d'Arles, soutinrent contre eux la doctrine de l'Eglise, qui fut très-fortement établie par le pape Céiestin Ier, successeur de Zozim, dans une lettre écrite aux évêques de France, l'an 423. L'an 494, le pape Gélase condamna les livres de Cassien et de Fauste semi-pélagiens, et autorisa ceux de saint Augustin : Hormisdas, son successeur, fit la même chose. Le second concile d'Orange, de l'an 529, et le concile de Valence en Dauphiné, tenu quelque temps après, condamnèrent aussi les erreurs des semipélagiens, et se servirent, pour les condamner, des propres paroles de saint Augustin, dont ils formèrent leurs canons. Ces conciles furent confirmés par le pape Boniface II, dont toute l'Eglise a suivi la décision.


[ A suivre, pour le cinquième siècle ]
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Message  Roger Boivin le Jeu 01 Aoû 2019, 7:54 am


[ Suite et fin pour le cinquième siècle ]



Nestorius, patriarche de Constantinople, a été le chef et l'auteur de l'hérésie des nestoriens, qui a tant fait de ravages dans l'Eglise, et qui subsiste encore dans plusieurs endroits de l'orient. Son hérésie consistait principalement en deux chefs :

1.o Il prétendait qu'il y avait deux personnes en Jésus-Christ, et que le Fils de Dieu n'était pas uni, comme parle l'Eglise, hypostatiquement, mais seulement accidentellement au Fils de l'homme ; en sorte que Jésus-Christ n'était Fils de Dieu que par adoption.

2.o Il prétendait, par une suite nécessaire de ce premier blasphème, que la sainte Vierge n'était pas mère de Dieu, puisque le fils qu'elle avait mis au monde n'était pas Dieu en sa propre personne, comme il osait le soutenir par un horrible blasphème. Il a été combattu très-fortement par saint Proclus, évêque de Cyzique ; par saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie : et condamné par le pape Célestin Ier, dont le jugement fut reçu avec acclamation, et ratifié par le concile général d'Ephèse, convoqué exprès pour exterminer cette hérésie, l'an 431. C'est le troisième concile général.

Eutychès, prêtre et abbé d'au monastère célèbre de Constantinople, fut l'auteur de l'hérésie des eutychiens , qui subsiste encore en orient, et qui était diamétralement opposée à celle des nestoriens. Car au lieu que Nestorius prétendait qu'il y a deux personnes en Jésus-Christ, comme il y a deux natures ; Eutychès prétendait, au contraire, qu'il n'y avait qu'une nature en Jésus-Christ, parce que l'Eglise avait décidé, contre Nestorius, qu'il n'y a qu'une personne. Il renouvelait en quelque chose l'hérésie d'Apollinaire, dont nous avons parlé ci-dessus. Je dis en quelque chose, et non pas en tout : car Apollinaire prétendait que la nature humaine avait été absorbée par la nature même du Fils de Dieu, et que le corps de Jésus-Christ n'avait pas été formé du corps de la sainte Vierge, au lieu qu'Eutychès reconnaissait que le corps de Jésus-Christ avait été véritablement formé du corps de la sainte Vierge ; mais il prétendait que la nature humaine et la nature divine étant unies en la personne de Jésus-Christ, sans aucune division, il ne résultait de cette union qu'une seule nature ; au lieu que l'Eglise a toujours cru que l'union des deux natures en la personne du Fils de Dieu, n'empêche pas que chacune de ces natures ne subsiste sans confusion. Nous l'avons expliqué en parlant de l'incarnation du Fils de Dieu (1). cette hérésie se répandit par le crédit de l'impie Dioscore, patriarche d'Alexandrie, qui s'en déclara le protecteur.

Saint Flavien, patriarche de Constantinople, s'opposa fortement aux commencements de cette secte. Il tint, pour l'étouffer, un concile à Constantinople, l'an 449, où Eutychès fut condamné. Dioscore, appuyé par l'empereur Théodose-le-Jeune, dont les hérétiques avaient surpris la religion, tint un faux concile à Ephèse, où il ne voulut admettre ni les légats du pape saint Léon, ni saint Flavien. Là, Eutychès fut absous, et les légats du Pape et saint Flavien furent traités de la manière du monde la plus indigne. Saint Flavien mourut des blessures qu'il reçut ; en sorte qu'il eut le bonheur d'être couronné du martyre par la fureur des hérétiques. Ces attentats ont fait que l'antiquité a donné à ce faux concile le nom de brigandage d'Ephèse, latrocinium ephesinum. Saint Léon défendit avec beaucoup de lumière et de vigueur la foi de l'Eglise. Et l'empereur Marcien, qui succéda à Théodose-le-Jeune, donna des preuves de sa piété dans le concile de Chalcédoine. Ce concile, qui fut le quatrième général, se tint l'an 451. Eutychès et son hérésie furent condamnés : l'impie Dioscore fut déposé ; tout ce que saint Léon avait écrit contre cette hérésie, fut reçu avec de grands applaudissements ; on y reconnut la doctrine perpétuelle de l'Eglise, et l'on ratifia ce qu'il avait déjà décidé, après la décision particulière de saint Flavien.

Les ennemis du concile de Chalcédoine formèrent diverses sectes : la plus célèbre fut celle des acéphales, ainsi nommés parce qu'ils n'eurent d'abord aucun chef, et qu'ils se séparèrent également du parti de l'Eglise catholique et de celui de Pierre Mongus, faux patrarche d'Alexandrie, qui favorisait les eutychiens.

les acéphales furent aussi nommés sévériens, parce que Sévère, après s'être emparé du siège patriarcal de l'Eglise d'Antioche, se mit à la tête de ces hérétiques.

Il y a quelque difficulté au sujet de secte des prédestinatiens. L'opinion la mieux fondée, assure qu'elle se forma, en ce siècle, d'un petit nombre de personnes qui, tirant de fausses conséquences des principes de saint Augustin sur la prédestination et sur la grâce, enseignait que Dieu ne voulait pas le salut de tous les hommes ; qu'il prédestinait les réprouvés au mal et à la damnation éternelle, sans aucun mérite précédent ; que la prédestination et la grâce imposaient à l'homme une nécessité d'agir, incompatible avec la liberté ; que Fauste, évêque de Riez, s'étant aperçu qu'un prêtre nommé Lucide était dans ces erreurs, lui avait écrit pour l'en détourner, et que deux conciles tenus, l'an 475, l'un à Arles, l'autre à Lyon, avaient condamné les erreurs des prédestinatiens (2).


_______


(1) 1. part. sect.2, chap. 1, § 2.

(2) Ceux qui veulent approfondir ces questions, peuvent lire le card. Baronius, Sponde, le P. Sirmond, le P. Alex.

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Message  Roger Boivin le Jeu 01 Aoû 2019, 7:18 pm



SIXIÈME SIÈCLE.


Les agnoètes, les trithèites, les acémètes et les défenseurs des trois chapitres, furent les principaux qui troublèrent l'Église en ce siècle.

Les agnoètes eurent pour chef Thémistius, diacre d'Alexandrie, infecté de l'hérésie des eutychiens. Leur erreur consistait en ce qu'ils attribuaient à Jésus-Christ l'ignorance de plusieurs choses. Ils ont été réfutés par Euloge, patriarche d'Alexandrie, dont les écrits sur cette matière ont été approuvés par le pape saint Crégoire-le-Grand (1).

Les trithèites eurent pour auteur Jean le grammairien, nommé Philopone, infecté aussi d'eutychianisme. Il enseigna qu'il y avait trois natures divines, comme il y a trois personnes. Il niait, outre cela, la résurrection des corps. Les eutychiens réfutèrent eux-mêmes très-vivement cette hérésie, qui fut bientôt éteinte.

Les acémètes, ainsi appelés d'un mot grec qui signifie gens gui ne dorment point, étaient des moines qui, divisés en trois bandes, se succédaient continuellement jour et nuit, pour chanter les louanges de Dieu. Leur erreur consista en ce qu'ils nièrent qu'il fût vrai de dire qu'une personne de la très-sainte Trinité se fût incarnée, qu'elle fût née d'une vierge, qu'elle eût souffert. Ils furent condamnés comme nestoriens par le pape Jean II ; et ayant persisté avec opiniâtreté dans leur erreur, ils furent retranchés de l'Eglise.

Les trois chapitres ont eu trois espèces de défenseurs. Il y en a eu d'hérétiques, il y en a eu de schismatiques seulement, il y en a eu de catholiques. C'est ce qu'il faut bien distinguer. Mais, avant toutes choses, il faut expliquer ce que c'est que les trois chapitres.

On nomma ainsi trois fameux écrits qui furent déférés au jugement de l'Eglise, comme remplis des blasphèmes de Nestorius, savoir :
1.° les écrits de Théodore, évêque de Mopsueste, qui avait été le maître de Nestorius ;
2.° la lettre d'Ibas, évêque d'Edesse, à un Persan nommé Maris ;
3.° les écrits de Théodoret , évôquo de Cyr, faits pour réfuter les douze anathématismes de saint Cyrille d'Alexandrie contre Nestorius.

Le second concile de Constantinople, qui est le cinquième général, condamna solennellement ces trois écrits, et il joignit à leur condamnation celle de la personne de l'impie Théodore de Mopsueste, lequel, quoique mort, fut anathématisé comme blasphémateur et nestorien. Pour ce qui est d'Ibas et de Théodoret, ce concile se contenta de condamner leurs deux écrits, sans toucher à leur personne.

La raison de cette différence fut que Théodore de Mopsueste était mort dans son impiété, sans avoir rétracté ses écrits, au lieu que Théodoret et Ibas avaient toujours vécu et étaient morts dans la communion de l'Eglise. Véritablement ils furent suspects d'avoir favorisé Nestorius, ayant écrit pour sa défense ; mais ils condamnèrent solennellement cet hérésiarque dans le concile de Chalcédoine, et, par l'anathème qu'ils prononcèrent distinctement contre lui, ils furent regardés comme ayant rétracté ou expliqué ce qu'ils avaient écrit de favorable à cet hérétique ; et en conséquence le concile ne fit aucune difficulté de les recevoir comme orthodoxes, et de leur donner séance dans l'assemblée.

La condamnation des trois chapitres fut fort contredite, non-seulement par les hérétiques, mais aussi par un grand nombre d'Eglises, dont plusieurs firent un schisme à celte occasion. C'est ce qui fait que j'ai dit que, parmi les défenseurs des trois chapitres, il y en a eu d'hérétiques, il y en a eu de schismatiques, il y en a eu de catholiques. Je vais démêler tout cela.

_______


(1) S. Grégoire, lett. 12 du liv. 8.


[A suivre, pour le sixième siècle ]
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Message  Roger Boivin le Ven 02 Aoû 2019, 6:12 pm


[ Suite et fin du sixième siècle ]


Les défenseurs hérétiques des trois çhapitres furent ceux qui, demeurant d'accord que ces trois écrits étaient infectés des opinions de Nestorius, ne laissaient pas de les défendre comme orthodoxes ; et comme ils n'osaient prendre ouvertement le parti de Nestorius, qui avait été si solennellement condamné par toute l'Eglise, pour pouvoir, avec quelque couleur, soutenir les sentiments de cet hérésiarque, ils prétendaient que ces sentiments avaient été approuvés par le concile de Chalcédoine ; car, disaient-ils, la lettre d'Ibas, dans laquelle la doctrine de Nestorius est enseignée, et où se trouve l'éloge de Théodore de Mopsueste, a été lue dans ce concile, et n'a point été relevée comme hérétique ; au contraire, Ibas a été reçu comme orthodoxe : donc le concile, par son silence, a approuvé tout ce que cette lettre contenait. Ce concile, continuaient-ils, a reçu aussi Théodoret, sans exiger de lui aucune rétractation par rapport à ses écrits contre saint Cyrille ; il a donc approuvé ces écrits. Ces hérétiques abusaient ainsi de l'autorité du concile de Chalcédoine, pour soutenir le nestorianisme, qui avait été si solennellement proscrit.

Les défenseurs schismatiques des trois chapitres furent les évêques d'Istrie et de quelques provinces voisines, et ceux d'Hibernie ou Irlande. Ces évêques condamnaient Nestorius et ses blasphèmes, et ils étaient pareillement orthodoxes sur tout le reste ; mais s'étant imaginés, par un préjugé dont il ne fut pas possible de les faire revenir, que le second concile de Constantinople était opposé, dans la condamnation des trois chapitres, au concile de Chalcédoine, non-seulement ils prétendaient qu'il fallait donner un sens catholique aux expressions dures qui se trouvent dans ces trois écrits ; mais ils rejetaient aussi le concile de Constantinople comme schismatique, et se séparèrent de la communion des papes et des orientaux qui avaient reçu et approuvé ce 5.e concile. Les papes Pélage II (1) et saint Grégoire-le-Grand, travaillèrent beaucoup à l'extinction de ce schisme ; et saint Grégoire eut le bonheur de faire revenir à la communion de l'Eglise, la plupart des schismatiques.

Les défenseurs catholiques des trois chapitres sont ceux qui donnaient un sens catholique à toutes les expressions nestoriennes qui sont dans ces trois écrits. Quelques-uns persévérèrent dans ce sentiment, après la tenue du 5.e concile, qui n'avait pas été général et œcuménique, n'ayant été célébré que par une partie des Eglises d'orient ; mais ils ne se séparèrent point de la communion du Saint-Siège ni des autres Eglises : cette dispute fut terminée par l'acceptation de la censure des trois chapitres. Toutes les Eglises, tant de l'occident que de l'orient, ont enfin concouru à recevoir le cinquième concile comme œcuménique, et à condamner les trois chapitres. Cela paraît clairement ; car toutes ces Eglises ont reçu comme œcuménique le sixième concile tenu à Constantinople, contre les monotélites, sans aucune contradiction ni exception. Or, ce sixième concile confirma tout ce qui avait été fait dans les cinq conciles précédents ; et il ne se contenta pas d'une confirmation générale de la condamnation des hérésies et des écrits qui y avaient été condamnés, mais il entra dans le détail de chacune de ces hérésies, de chacun de ces écrits, et prononça anathème contre leurs défenseurs. La condamnation des trois chapitres faite au 5.e concile, y est renouvelée expressément, et dans le détail, comme les autres (2) ; et nous ne voyons pas qu'aucune Eglise se soit opposée, depuis ce temps-là, à la condamnation des trois chapitres.


______



(1) Voy. les lett. de Pélage II aux évêques d'Istrie, et de S. Grég. aux évêques d'Hibernie, tome 5 des conc. du P. Labbe.

(2) Conc. 6. général, art. 680 et 681, act. 18, tome 6 des conciles.

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Message  Roger Boivin le Sam 03 Aoû 2019, 6:22 pm



SEPTIÈME SIÈCLE.


Les monotélites et les pauliciens sont les principaux hérétiques qui ont paru en ce siècle.

Les monotélites prétendaient que, quoiqu'il y eût deux natures en Jésus-christ, il n'y avait cependant qu'une action et qu'une volonté, qui était l'action et la volonté divine ; et c'est pour cela qu'ils furent appelés monotélites, mot grec qui signifie secte de gens qui n'admettent qu'une volonté en Jésus-Christ.

Les chefs de cette hérésie, qui s'éleva sous l'empire d'Héraclius, furent Sergius, syrien de nation, patriarche de Constantinople, et Cyrus, patriarche d'Alexandrie. Pyrrhus, Paul et Pierre qui, après Sergius, tinrent successivement le siège de Constantinople, furent les principaux appuis de cette secte. Macaire, patriarche d'Antioche, en était aussi le défenseur du temps du sixième concile ; et cette secte persévère encore en plusieurs endroits de l'orient.

Les principaux défenseurs de la foi contre ces hérétiques, furent saint Jean l'aumônier, patriarche d'Alexandrie ; Sophronius, patriarche de Jérusalem ; Arcadius, archevêque de Cypre ; saint Maxime, célèbre abbé, qui fut martyrisé pour la défense de la foi contre les monotélites. Les papes Sévérin, Jean IV, Théodore, saint Martin I, Agaton, condamnèrent cette hérésie ; et ce fut pour achever de la détruire, que le sixième concile général fut assemblé à Constantinople l'an 680, sous le pontificat du pape Agaton, dont la décision fut reçue avec applaudissement dans ce concile.

Les pauliciens étaient des manichéens qui parurent sous ce nouveau nom, et avec de nouvelles extravagances, vers l'an 653. Ils eurent pour chef un misérable nommé Paul, de Samosates en Arménie ; ils se plongeaient dans toutes sortes d'abominations : ils firent une secte puissante (1).

Ce fut aussi dans ce siècle que l'impie Mahomet, Cyrénéen de nation, aidé, comme on le croit, par Sergius, moine nestorien, forma la secte des mahométans, dont les dogmes sont un composé monstrueux du judaïsme, du christianisme, des hérésies anciennes, et de mille imaginations extravagantes. Selon la doctrine de l'alcoran, Dieu est auteur du mal comme du bien ; l'homme n'est pas libre dans ses œuvres ; il n'y a qu'une personne en Dieu ; Jésus-Christ n'est qu'une pure créature et un prophète. Jésus-Christ n'a été crucifié qu'en apparence, il a été enlevé au ciel ; il doit mourir et ressusciter avec tous les hommes ; les diables seront sauvés ; le paradis consiste dans les voluptés charnelles ; les plaisirs de la chair ne sont pas des péchés ; un homme peut avoir plusieurs femmes, et il lui est permis de les répudier ; la circoncision est nécessaire au salut ; le baptême est inutile ; l'Eucharistie est une idolâtrie ; il est défendu de boire du vin. Les mahométans ont encore d'autres erreurs également ridicules. Cependant on sait combien cette malheureuse et ridicule secte s'est étendue par la force des armes ; Dieu le permettant, en punition des crimes des chrétiens, dont l'impiété était montée à son comble, surtout en orient et en Afrique.


_______


(1) On peut en voir l'Hist. dans Cédrénus, dans l'abrégé de ses Hist. tom. 1, p. 432 de l'édit. du Louvre, in-fol. 1647, et tome 2, page 480 et 541, et dans M. Bossuet, évêque de Meaux, Hist. des variations, liv. 11, n. 13.

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Message  Roger Boivin le Dim 04 Aoû 2019, 8:17 pm



HUITIÈME SIÈCLE.


Les hérésies les plus célèbres du huitième siècle sont celle des iconoclastes et celle de Félix et d'Elipandus.

Les iconoclastes, ainsi appelés parce qu'ils brisaient les images, se déclarèrent contre l'honneur que l'Eglise catholique, selon l'ancienne tradition, rendait à la croix et aux images de Jésus-Christ et des saints. Ce fut l'empereur Léon, surnommé Isaurien, qui, excité par un évêque nommé Constantin, fut le principal appui de cette hérésie. Constanlin-Copronyme, fils de Léon, et Léon, fils de Constantin, qui régnèrent successivement, favorisèrent la même impiété, et firent de grands ravages dans l'Eglise.

Les papes Grégoire II et ses successeurs s'opposèrent fortement à cette secte, aussi bien que saint Germain, patriarche de Constantinople, saint Jean de Damas, et plusieurs autres. Le second concile de Nicée, qui fut le septième général, condamna cette hérésie, sous l'empire de la pieuse impératrice Irène, et de Constantin, son fils, l'an 787.

Félix, évêque d'Urgel en Espagne, et Elipandus, évêque de Tolède, enseignèrent, vers la fin de ce siècle, que Jésus-Christ n'était fils de Dieu que par adoption, et qu'il était esclave du Père éternel. Cette hérésie, qui tendait à renouveler celle de Nestorius, fût fortement combattue par Etérius, évêque d'Osme, auquel se joignit un saint prêtre, nommé Béatus ; par Alcuin ; par Paulin, patriarche d'Aquilée ; par le célèbre saint Benoit, fondateur et premier abbé d'Aniane au diocèse de Montpellier, et restaurateur de l'ordre monastique en occident, sous l'empire de Charlemagne et de Louis-le-Débonnaire ; par Agobard et par plusieurs autres : on peut voir leurs écrits dans la bibliothèque des Pères. Les principaux conciles qui ont condamné cette hérésie, sont ceux de Ratisbonne, tenu l'an 792 ; de Francfort, l'an 794 ; et de Rome, sous Léon III, l'an 799.

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Message  Roger Boivin le Lun 05 Aoû 2019, 6:08 pm



NEUVIÈME SIÈCLE.


Sergius et Baanes, Claude de Turin (GotesCalck, selon plusieurs), Photius et Jean Scot, furent les principaux qui troublèrent en ce siècle l'Eglise par leurs erreurs.

Sergius et Baanes firent revivre, en orient, l'hérésie des pauliciens, nouveaux manichéens dont nous avons parlé ci-dessus, y ajoutant de nouvelles impiétés, ou donnant un autre tour à quelques-unes des anciennes.

Claude, évêque de Turin, renouvela les erreurs de Vigilance et d'Aérius, sur les reliques et sur l'invocation des saints, et celles des iconoclastes sur les images. Il fut réfuté principalement par Jonas, évêque d'Orléans, et par un saint diacre du diocèse de Paris, nommé Dungale, moine de la célèbre abbaye de Saint-Denis en France.

Gotescalck, moine de l'abbaye d'Orbai au diocèse de Soissons en France, fut accusé d'enseigner les erreurs attribuées, dans le cinquième siècle, à ceux qu'on nomme prédestinatiens, desquelles nous avons parlé ci-dessus. Raban Maure, archevêque de Mayence, et Hincmar, archevêque de Reims, se déclarèrent avec éclat contre ce moine, et écrivirent contre lui. Hincmar le punit sévèrement ; et les erreurs dont il fut accusé, furent condamnées par le concile de Mayence de l'an 848, et par ceux de Cressi, pour mieux dire, Querci, Carisiacum, des années 849 et 853.

Photius était neveu de saint Tharasius, patriarche de Constantinople, sous qui fut célébré le septième concile général. C'était un des plus savants hommes et un des plus beaux esprits de son temps, comme il parait par les écrits que nous avons de lui, dont le plus célèbre est sa bibliothèque, où l'on voit l'extrait et la critique des livres qu'il avait lus. Etant encore laïque, il fut intrus sur le siège de Constantinople, à la place de saint Ignace, patriarche légitime, qui fut chassé de son siège par l'impie Bardas, neveu de l'empereur Michel III, et régent de l'empire. La sainte liberté d'Ignace lui attira ce traitement ; il avait refusé la communion à Bardas, lequel scandalisait tout l'empire par un inceste public avec sa belle-fille.

Photius, homme d'une ambition démesurée, se fît ordonner en six jours, de laïque qu'il était, patriarche de Constantinople, par Grégoire de Syracuse, évêque excommunié et déposé, et par d'autres évêques pareillement excommuniés. Le pape Nicolas I, après une mûre discussion, excommunia Photius et ses adhérents. Photius, méprisant l'excommunication, eut encore l'insolence de vouloir excommunier le pape, dans un faux concile qu'il assembla. Alors il commença à écrire contre l'Eglise romaine, et enseigna que le Saint-Esprit ne procède point du Fils ; erreur opposée à la doctrine perpétuelle de l'Eglise, dont les Pères grecs les plus anciens, saint Basile, saint Athanase, etc., aussi bien que les Pères latins, ont été les dépositaires dans tous les siècles.

L'impie Bardas ne tarda pas long-temps à éprouver la vengeance de Dieu ; l'empereur Michel le fit mourir, et son corps fut déchiré en pièces après sa mort. Michel lui-même, qui avait appuyé Bardas dans la déposition de saint Ignace, fut aussi tué. L'empereur Basite-le-Macédonien, lui ayant succédé, fit assembler le huitième concile général à Constantinople, l'an 869. Saint Ignace fut remis sur son siège dans ce concile : Photius fut déposé et excommunié, après quoi l'empereur l'exila. Mais dix ans après, saint Ignace étant mort, Photius eut assez d'adresse pour se faire rétablir dans le siège de Constantinople, par le crédit du même empereur, dans les bonnes grâces duquel il était rentré. Il fit confirmer son élection par le pape Jean vin, qui eut la faiblesse d'y consentir enfin, pour empêcher un plus grand mal. Photius fut alors patriarche légitime.

Se voyant paisible, il assembla un faux concile, qu'il osa appeler le 8.e général. Il y fit annuler tout ce qui avait été fait contre lui dans le huitième concile, et se déclara de nouveau contre l'Eglise romaine. Le pape prononça contre lui une sentence de déposition, et confirma tout ce qui avait été fait contre Photius dans le 8.e concile. Marin, successeur de Jean VIII, renouvela la déposition de Photius ; après lui, Adrien III et son successeur, Etienne V, firent la même chose. Photius persista dans son schisme, appuyé par l'empereur Basile. Mais celui-ci étant mort, Léon-le-Sage, fils et successeur de Basile, chassa Photius du siège de Constantinople, le fit enfermer dans un monastère où il mourut, et fit élire un patriarche orthodoxe, qui fut lié de communion avec l'Eglise romaine. Le schisme de Photius n'eut point alors de plus fâcheuses suites, jusqu'au temps dont nous parlerons bientôt.

Jean Scot, du temps de l'empereur Charles-le-Chauve, enseigna plusieurs erreurs sur la prédestination et sur la sainte Eucharistie. Ce fut de ses écrits que Bérenger tira depuis les principes de son hérésie sur le Saint-Sacrement de l'autel.

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Message  Roger Boivin le Mar 06 Aoû 2019, 6:27 pm



DIXIÈME SIÈCLE.


Ce siècle n'a produit aucune nouvelle secte considérable.

Il parut en Italie quelques antropomorphites, c'est-à-dire, des gens qui attribuaient à Dieu une forme corporelle. Ils furent réfutés par Ratérius, évêque de Vérone. En peu de temps cette secte fut assoupie, si néanmoins c'était une secte, y ayant lieu de croire que ce n'était qu'une opinion de gens grossiers et ignorants.

En Languedoc parut Watafrid, homme obscur, qui eut la hardiesse de nier l'immortalité de l'âme, et de répandre ce dogme impie. Il fut efficacement réfuté par Durand, abbé de Castres en Languedoc, abbaye de l'ordre de saint Benoît, érigée depuis ce temps-là en évêché par Jean XXII.






ONZIÈME SIÈCLE.


Les nouveaux manichéens, Bérenger et Michel Cérulaire troublèrent l'Eglise par leurs erreurs dans ce siècle.

Ces nouveaux manichéens parurent en France, dans la ville d'Orléans, sous le règne du roi Robert. Ils eurent pour chefs deux chanoines de cette ville, qui, ayant été découverts, furent condamnés dans un concile et dégradés.

Bérenger, archidiacre d'Angers, fit parler de lui vers le commencement de ce siècle. Il est le premier, après Jean Scot dont nous avons parlé, qui ait osé enseigner que le corps de Jésus-Christ n'est contenu qu'en figure dans le Saint-Sacrement de l'autel. Toute l'Eglise se souleva contre lui, comme contre un novateur et un hérétique, opposé à la doctrine de l'Eglise enseignée partout depuis les apôtres. Hugues, évêque de Langres ; Lanfranc, archevêque de Cantorbéry ; Durand, abbé de Troarn ; Guimon, évêque d'Aversano, près de Naples ; et Alger, diacre de Liège, et ensuite moine de Cluny, homme recommandable par sa sainteté et par sa science, furent ceux qui écrivirent le plus contre Bérenger. Il fut condamné dans le concile tenu à Rome sous Léon IX, l'an 1050 ; par ceux de verceil et de Paris, tenus la môme année ; par celui de Florence, sous Victor II, l'an I055, et de Tours la même année ; de Rome, sous Nicolas II, 1059 ; de Rouen, 1063 ; de Poitiers, 1075 ; de Rome, sous Grégoire VIII, 1078 ; autre de Rome, 1079. Bérenger rétracta son erreur, et mourut en pénitence dans le sein de l'Eglise catholique.

Michel Cérulaire, patriarche de Constantinople, l'an 1043, écrivit contre l'Eglise latine. Les principaux chefs de ses accusations, étaient, l.° que les Latins consacraient avec du pain sans levain ; 2.° qu'ils mangeaient des viandes suffoquées ; 3.° qu'ils se rasaient la barbe ; 4.° qu'ils Jeûnaient le samedi ; 5.° qu'ils mangeaient de la viande pendant toute la semaine de la Quinquagésime ; 6.° qu'ils avaient ajouté au symbole de Nicée, ce mot Filioque, pour faire entendre que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils ; ce qu'il taxait d'erreur ; 7.° que deux frères avaient le pouvoir, dans l'Eglise latine, d'épouser deux sœurs ; 8.° qu'on se donnait le baiser de paix à la messe, avant la communion; 9.° qu'on ne chantait pas l'Alléluia en carême. 10.° il accusait l'Eglise latine de ne pas honorer les reliques des saints, ni les images. Il formait quelques autres semblables accusations, ou fausses, ou frivoles. Ce sont ces articles qui ont servi de prétexte au schisme de l'Eglise grecque.

Le pape Léon IX fit ce qu'il put pour ramener Michel Cérulaire de ses erreurs et de ses préventions. Il envoya à Constantinople, pour procurer la paix, trois légats, à la tète desquels était le savant cardinal Humbert, évêque de Blanche-Selve, Silvœ Candidœ. Ils furent reçus avec honneur par l'empereur Constantin, surnommé Monomachus : ils conférèrent souvent avec le patriarche ; mais n'ayant pu le faire revenir, ils l'excommunièrent dans l'Eglise de Sainte-Sophie. Michel, de son côté, osa déclarer les légats et le pape lui-même excommuniés. L'empereur chassa Michel Cérulaire du siège de Constantinople ; ce qui n'empêcha pas que le schisme ne fit de grands progrès dans l'orient, quoique la plupart des Eglises grecques communiquassent encore avec l'Eglise romaine dans le siècle suivant.

Il y en a plusieurs encore aujourd'hui qui sont dans notre communion ; mais il faut avouer qu'elles sont en petit nombre, en comparaison de celles qui sont séparées de l'Eglise romaine, soit par l'hérésie des nestoriens, soit par celle des eutychiens, soit par celle des monotélites, soit par le schisme de Michel Cérulaire.

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Message  Roger Boivin le Mer 07 Aoû 2019, 7:12 pm



DOUXIÈME SIÈCLE


Tanchelin (Pierre de Bruis et Henri, moine apostat, chef des albigeois, nouvelle espèce de manichéens), Arnaud de Bresse, Pierre Abaillard, Gilbert de la Porrée, Eon de l'Etoile, les apostoliques et les vaudois, furent les principaux qui troublèrent l'Eglise en ce siècle par leurs erreurs.

Tanchelin était un très-méchant homme, qui, vers le commencement du douzième siècle, osa enseigner, à Anvers, que Jésus-Christ n'avait pas institué le ministère des évêques et des prêtres, et que la participation à la sainte Eucharistie ne servait de rien pour le salut. Il joignit à cela une vie pleine d'infamies. Anvers n'était point encore une ville épiscopale : il n'y avait alors qu'un seul prêtre, et ce prêtre était de mœurs très-corrompues. Tanchelin prit ce temps-là pour ravager ce troupeau destitué de pasteur ; et il fit de si grands progrès, que tout le monde le suivit comme un grand prophète. Dieu eut pitié de ce peuple. II suscita saint Norbert, fondateur de l'ordre des prémontrés, et ensuite évêque de Magdebourg, qui, s'étant transporté à Anvers, combattit cette hérésie avec un tel succès, qu'elle fut bientôt éteinte et dissipée.

Pierre de Bruis, du lieu de Saint-Gilles, dans le diocèse de Nîmes, renouvela les erreurs des manichéens, auxquelles il joignit plusieurs nouveautés, lesquelles ont été embrassées aux siècles suivants par les luthériens et par les calvinistes. Ayant été arrêté, il fut condamné au feu par les magistrats, dont le jugement fut exécuté à Saint-Cilles. Ses sectateurs furent nommés Pétrobusiens. Ils furent aussi nommés Henriciens, parce qu'après la mort de Pierre de Bruis, ils eurent pour chef un de ses disciples, nommé Henri, moine apostat, qui répandit beaucoup les erreurs de son maître, et en ajouta de nouvelles. De là vint la secte des albigeois (1), dont nous parlerons au siècle suivant. Les pétrobusiens et les henriciens ont été réfutés par le grand saint Bernard, premier abbé de Clairvaux ; par saint Pierre-le-vénérable, abbé de Cluny, et par plusieurs autres. Ils ont été condamnés par le second concile général de Latran, tenu l'an 1039, sous innocent II : c'est le dixième des conciles généraux.

Arnaud de Bresse en Italie fut d'abord clerc, ensuite religieux, puis apostat. Il enseigna plusieurs erreurs sur l'Eucharistie, sur le baptême des enfants, sur l'état ecclésiastique et sur l'état religieux. Il suivit en plusieurs choses les erreurs des pétrobusiens : il fut réfuté par saint Bernard, et condamné par le concile général de Latran, tenu sous Innocent II, l'an 1139.

Pierre Aballlard, né dans le territoire de Nantes en Bretagne, s'acquit une grande réputation dans l'université de Paris, où il enseigna publiquement la philosophie. Mais sa mauvaise dialectique le fit tomber dans plusieurs erreurs sur la Trinité et sur d'autres matières. Elles sont rapportées par saint Bernard, qui les combattit avec beaucoup de zèle et de succès ; et il n'est pas nécessaire d'en faire ici le détail, d'autant plus qu'elles n'ont point eu de suite, ni formé aucune secte ; il fut condamné dans le concile de Soissons, de l'an 1120, et de Sens, de l'an 1140. Ces condamnations furent confirmées par le pape Innocent II. Abailhard rétracta ses erreurs ; il vécut avec piété dans l'abbaye de Cluny, où il avait été admis par Pierre-le-Vénérable ; il se réconcilia avec saint Bernard ; et il mourut d'une manière édifiante dans un monastère de cette congrégation (2).

Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers, voulant trop subtiliser sur la Trinité, enseigna des erreurs qui furent réfutées par saint Bernard, et condamnées au concile de Reims, l'an 1148, où il se rétracta.

Eon de l'Etoile, gentilhomme breton, fut un fanatique fort ignorant, qui, se déchaînant avec force contre les ecclésiastiques et les religieux, attira après lui un grand nombre de sectateurs d'entre le petit peuple : il imagina plusieurs extravagantes opinions, et en vint enfin jusque un tel excès, qu'il osa publier que c'était lui qui devait un jour venir juger les vivants et les morts ; il appuyait cette extravagante pensée sur les exorcismes de l'Eglise qui finissent ainsi : Per eum qui venturus est judicare vivos et mortuos ; on prononçait alors ce mot Eum, comme si l'on eût écrit Eon ; et il abusait de cette prononciation, pour faire entendre au peuple que c'était lui qui était désigné par ce mot ; que c'était par la vertu de son nom que les démons étaient exorcisés ; et que ce serait lui, Eon, qui viendrait juger les vivants et les morts à la fin du monde. Ce fanatique fut condamné à une prison perpétuelle par le concile de Reims, tenu l'an 1148. Il eut plusieurs disciples qui furent bientôt dissipés par la vigilance des magistrats, lesquels condamnèrent au feu tous ceux qui purent être découverts.

Les apostoliques étaient des manichéens qui s'étaient répandus vers le pays de Cologne : ils étaient à peu près dans les mêmes erreurs que les albigeois (3).

Les vaudois doivent leur origine à un marchand de Lyon nommé Valdo. On les nomme autrement les pauvres de Lyon, parce qu'ils faisaient ostentation d'une grande pauvreté. Ils se mêlèrent d'enseigner sans mission ; car ils étaient tous laïques. Etant repris, ils ne se soumirent pas, et ils enseignèrent plusieurs erreurs dont quelques-unes étaient semblables à celles qu'ont depuis ce temps-là enseignées les protestants ; car ils différaient d'eux sur quantité d'articles très-importants, on peut voir leur histoire et leurs erreurs dans le livre onzième de l'histoire des variations, écrite par M. Bossuet, évêque de Meaux ; et dans Reinérus, qui, ayant été vaudois, se convertit, se fit dominicain, et écrivit contre ces hérétiques qui ont été condamnés dans plusieurs conciles : dans celui de Lombès, l'an 1163 ; de Toulouse, l'an 1178 ; dans le troisième de Latran, qui fut le onzième des généraux, célébré sous le pontificat d'Alexandre III, l'an 1179 ; et enfin dans le quatrième de Latran, tenu sous Innocent III, l'an 1215, qui fut le douzième des conciles généraux.


_______


(1) On peut le voir en détail dans l'Hist. des variations de M. Bossuet, évêque de Meaux, liv. XI.

(2) Ce fut dans le prieuré de Saint-Marcel, de Cbâton-sur-Saône, où il avait été envoyé pour recouvrer sa santé, par saint Pierre-le-Vénérable, abbé de Cluny, qui fait de grands éloges de la vie édifiante qu'il mena dans l'ordre de Cluny jusqu'à la mort.

(3) S. Bernard en parle dans ses sermons, serm. 64, sur les Cant. n. 8 ; serm. 65, n. 1, 2, 4, 6 et 7 ; serm. 66, n. 8 et 12, et lett. 365 ou 323, à Henri, archev. de Mayence, n. 2 ; et M. Bossuet, évêque de Meaux, en son Hist. des variations, liv. XI.

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Message  Roger Boivin le Jeu 08 Aoû 2019, 7:53 pm



TREIZIÈME SIÈCLE.


Les albigeois, les disciples d'Amalric ou d'Aiméri, ceux qui se dirent les disciples de l'abbé Joachim, les circoncellions d'Allemagne, les flagellants, les fratricelles, les béguards et les béguines, troublèrent l'Eglise en ce siècle.

Les albigeois, hérétiques ainsi nommés parce qu'ils se répandirent principalement dans le diocèse d'Albi et dans tout le Haut-Languedoc, firent profession des erreurs des manichéens, des pétrobusiens, des arnaldistes et des vaudois, desquelles ils avaient fait un composé monstrueux. Il n'y a sortes d'infamies dans lesquelles ils ne se plongeassent. Je n'ose les rapporter : ce sont néanmoins les Pères dont les calvinistes se glorifient. Ils furent réfutés par Arnaud, abbé de Cîteaux ; par le bienheureux Pierre de Castelnau, qui, de religieux de l'abbaye de Fond-Froide, ordre de Citeaux, diocèse de Narbonne, fut élevé par son mérite à la dignité de légat du Saint-Siège, et fut martyrisé par la fureur des albigeois. Saint Dominique travailla beaucoup aussi pour détruire cette hérésie, tant par lui-même que par l'ordre religieux dont il fut l'instituteur. On publia une croisade contre ces hérétiques. On tint contre eux plusieurs conciles dans la Gaule-Narbonnaise et ailleurs : celui d'Avignon, l'an 1210 ; celui de Lavaur, l'an 1243 ; celui de Saint-Gilles, en la même année ; celui de Montpellier, l'an 1214. Le quatrième concile général de Latran, tenu l'an 1215, les condamna solennellement. On tint encore après cela contre eux plusieurs conciles ; celui de la province de Sens, à Paris, l'an 1223 ; celui de Toulouse, l'an 1229 ; celui de Narbonne, l'an 1235 ; celui de Béziers, l'an 1256.

Amalric ou Aiméri, clerc du diocèse de Chartres, écolier de philosophie, et ensuite de théologie dans l'université de Paris, enseigna plusieurs erreurs, et eut un grand nombre de disciples. Il fut, en plusieurs chefs, le précurseur des calvinistes. Il niait, outre cela, la résurrection des corps : il disait que le paradis et l'enfer étaient une chimère ; qu'on portait le paradis en soi-même, quand on était occupé de Dieu ; qu'on portait l'enfer en soi, quand on était en péché mortel ; que la parole de Dieu ne se trouvait pas davantage dans les écrits des saints Pères que dans les fictions des poètes. Il ajoutait à cela plusieurs autres rêveries pareilles. Cet hérétique fut condamné dans un concile de Paris, l'an 1209, et dans le quatrième concile général de Latran, l'an 1215.

L'abbé Joachim, abbé d'un monastère de l'ordre de Citeaux dans la Calabre, s'acquit une grande réputation par sa vertu. Il tomba, par simplicité, dans une erreur sur le mystère de la très-sainte Trinité, voulant distinguer la nature divine des personnes et admettre une quaternité, pour ainsi dire, plutôt qu'une trinité. Cette erreur, qui était une pure imagination sophistique, a été réfutée par saint Thomas d'Aquin, et condamnée par le concile général de Latran, tenu, sous Innocent III, en 1215(1). Quelques fanatiques, prenant l'abbé Joachim pour un prophète, s'attachèrent à lui outre mesure ; et l'un d'entre eux composa un livre sous ce titre : L'Evangile éternel, rempli de mille extravagances. Il détruisait l'autorité du nouveau Testament, pour mettre à la place celle de l'abbé Joachim. Ce livre et ses défenseurs furent condamnés dans un concile tenu à Arles en 1260.

Les circoncellions furent une secte d'hérétiques qui parurent en Allemagne vers l'an 1268, et qui renouvelèrent l'erreur des donatistes du quatrième siècle, dont quelques-uns furent nommés, en ce temps-là, circoncellions. Ils prétendirent, avec ces anciens hérétiques, que les pécheurs ne pouvaient conférer validement aucun sacrement, ni avoir aucun droit au ministère, dont ils étaient privés dès-lors qu'ils étaient pécheurs ; que par conséquent il n'y avait plus dans l'Eglise aucun évêque ni aucun prêtre qui eût le pouvoir de lier et de délier, parce que, disaient-ils, le pape et tous les évêques et les prêtres étaient hérétiques, simoniaques et pécheurs. Mais ils s'attribuèrent avec insolence, à eux, ce pouvoir, dont ils prétendaient que les prêtres et les évêques de l'Eglise étaient déchus. Nous avons déjà vu ces erreurs condamnées depuis long-temps, et dès le quatrième siècle de l'Eglise, en la personne des donatistes.

La secte des flagellants commença par une dévotion populaire, et dégénéra en hérésie, l'an 1260. Plusieurs personnes s'attroupèrent en Italie, et marchant en procession par les rues, nus jusqu'à la ceinture, ils se donnaient la discipline jusqu'au sang. Ce spectacle produisit d'abord la conversion de plusieurs pécheurs ; mais ils poussèrent ensuite les choses jusqu'à dire qu'on ne pouvait recevoir la rémission de ses péchés, si l'on n'entrait dans cette confrérie ; et ils prirent la liberté de se confesser et de s'absoudre sacramentellement les uns les autres, quoique laïques. La secte passa d'Italie en Allemagne et en Hongrie, où elle fut renouvelée le siècle suivant, l'an 1349. La faculté de théologie de Paris s'opposa fortement à cette secte. Et le fameux Gerson, chancelier de l'universlté de Paris, la réfuta dans le quinzième siècle.

Les fratricelles, les béguards et les béguines, eurent pour chefs quelques religieux apostats, lesquels, sous prétexte de spiritualité, menaient une vie fainéante, vagabonde et fort débordée. Leurs erreurs, empruntées en partie des manichéens et des albigeois, avaient beaucoup de rapport avec ce qu'ont enseigné depuis ce temps-là les quiétistes condamnés de nos jours. Ces erreurs ont été condamnées par l'Eglise, dans le concile général de Vienne, tenu sous Clément V, l'an 1311. c'est le treizième des conciles généraux .


_______


(1) Voy. S. Thomas, opusc. 24, tom. 17, édit. Antuerp, ann. 1612, et le ch. Firmiter, extr. de summâ Trinit.

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Message  Roger Boivin le Ven 09 Aoû 2019, 11:14 pm



QUATORZIÈME SIÈCLE.


Les turluplns, Raimond-Lulle et Wiclef, sont les principaux qui troublèrent l'Eglise en ce siècle.

Les turlupins étaient des abominables, qui, sous le pontificat de Grégoire onzième, parurent en Dauphiné et en Savoie. Ils suivaient les erreurs des béguards, et soutenaient que la prière mentale était la seule bonne et utile. Ils marchaient nus en public, et faisaient trophée des plus grandes infamies. Cette secte infâme fut bientôt dissipée par l'autorité des magistrats, qui condamnèrent au feu ceux qui purent être surpris (1).

Il y a eu deux Raimond-Lulle, que plusieurs confondent sans fondement. Le premier était de l'ile de Majorque. Ayant été d'abord marchand, on croit qu'il entra dans le tiers-ordre de saint François. Il composa un grand nombre d'ouvrages qui furent déférés au pape Grégoire XI, comme contenant plus de cent erreurs sur la nature et les attributs de Dieu, sur la Trinité, et sur plusieurs autres matières. Le pape les condamna. On ne peut pas dire pour cela que Raimond-Lulle ait été hérétique ; car il soumit ses ouvrages au jugement de l'Eglise. On prétend même qu'il mourut martyr en Afrique.

On appela lullistes ceux qui ont soutenu avec opiniâtreté les erreurs de Raimond-Lulle, condamnées avec justice par le Saint-Siège : ceux-là ne peuvent être excusés.

Le second Raimond-Lulle avait été Juif et rabbin ; s'étant fait chrétien, il fut surnommé le Néophite. Il a écrit plusieurs livres de chimie et de magie, remplis de mille sortes d'erreurs et d'extravagance anciennes et nouvelles. Ceux qui ont assez peu de sens pour chercher la pierre philosophale, ou qui donnent dans ce qu'on appelle la cabale, regardent ce Raimond-Lulle comme un maître d'une grande autorité.

Jean Wiclef, anglais, prêtre et curé dans le diocèse de Lincoln, enseigna plusieurs erreurs contre Dieu, contre Jésus-Christ, contre l'Eglise, contre les sacrements. Il renouvela les erreurs des donatistes, et en plusieurs choses il a été le précurseur de Calvin. Je dis en plusieurs choses, et non pas en tout : car il ne rejetait pas le sacrement de Confirmation, ni celui de Pénitence, ni l'Extrême-Onction, ni la Messe, ni l'invocation des saints, ni l'honneur qu'on rend aux reliques et aux images.

La faculté de théologie de Paris s'opposa aux erreurs de Wiclef, qui furent condamnées dans plusieurs conciles, en Angleterre et ailleurs, et enfin dans le concile général de Constance, commencé l'an 1414.


________


(1) Voy. sur cette secte, Guaguin, liv. 9 de ses Hist. et Belleforest, liv. 5, ch. 40.

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Message  Roger Boivin le Sam 10 Aoû 2019, 7:23 pm



QUINZIÈME SIÈCLE.


L'hérésie des hussites fut la seule considérable en ce siècle : elle est ainsi appelée à cause de son chef Jean Hus, prêtre de Bohème et recteur de l'université de Prague, qui enseigna publiquement les erreurs de Wiclef, et en inventa de nouvelles. Les luthériens et les calvinistes le regardent comme un de leurs héros, et le traitent même de martyr. Cependant c'est un fait constant, prouvé par le ministre la Roque (1), que Jean Hus a toujours enseigné et cru la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, et la transsubstantiation, le purgatoire, l'invocation et le culte des saints, les sept sacrements de l'Eglise, l'honneur dû aux reliques et aux images.

Il fut condamné, comme Wiclef, au concile général de constance, où, n'ayant pas voulu abjurer ses erreurs, il fut livré au bras séculier, et, par sentence du juge laïque, brûlé vif, comme hérésiarque obstiné.

Jérôme de Prague, laïque, fut le disciple de Jean Hus. Il eut le même sort que son maître. Les hérétiques ont publié bien des calomnies au sujet de cette double exécution, et ont accusé le concile de Constance de mauvaise foi. Mais la vérité est que ces hérétiques manquèrent à leur parole, et que les magistrats agirent d'une manière juridique (2)


______



(1) En son Histoire de l'Eucharistie.

(2) Voy. AEneas Sylvius, ch. 26 de l'Histoire 4e Bohême, et le P. Alex, dissert. 7 sur l'Histoire ecclés. des 15. et 10. siècle.

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Message  Roger Boivin le Dim 11 Aoû 2019, 6:03 pm


Le catalogue des sectes s'arrête au le XVIe siècle ; on y insiste sur Quesnel :



SEIZIÈME SIÈCLE.


Le seizième siècle a été fertile en hérétiques, Luther, Carlostade, Zuingle, OEcolampade, Mélanchton, Bucer, Osiandre, Brentius, les anabaptistes, Calvin, les antitrinitaires, les sociniens, et plusieurs autres, dont les disciples divisés présentement en plus de quarante sectes différentes, toutes opposées, se réunissent néanmoins, à l'exemple des anciens hérétiques, contre l'Eglise. Tous ces hérétiques assez connus, et dont il serait à souhaiter que les noms et les écrits fussent ensevelis dans un éternel oubli, ont été condamnés par le Saint-Siège, et par le concile général tenu à Trente, depuis l'an 1545 jusqu'à l'an 1563.

Nous ne parlons pas des erreurs enseignées ou renouvelées dans le dix-septième siècle : la mémoire en est trop récente.

D. Dites-nous au moins quelque chose sur les cinq fameuses propositions de Jansénius, dont on parle depuis si long-temps, et sur quoi on répand tous les jours un si grand nombre d'écrits.

R. Jansénius, docteur et professeur de l'Ecriture sainte en la faculté de théologie de Louvain, et ensuite évêque d'Ypres, composa plusieurs ouvrages qu'il soumit au Saint-Siège par son testament. Après sa mort parut l'ouvrage qu'il avait composé sur la grâce, intitulé : Augustinus. Ce livre n'eut pas plus tôt été rendu public, qu'il s'éleva de grands troubles à l'occasion de cet ouvrage, dans lequel la plupart des théologiens scolastiques sont fort maltraités. Quatre-vingt-cinq évêques de France écrivirent sur cela au pape Innocent X, et lui demandèrent son jugement sur cinq dogmes ou propositions de ce livre, qui étaient la matière des plus vives contestations, voici ces propositions :

l.o Quelques commandements de Dieu sont impossibles aux hommes justes, lors même qu'ils veulent et s'efforcent de les accomplir selon les forces qu'ils ont présentes ; et la grâce qui les leur rendrait possibles leur manque.

2.o Dans l'état de la nature corrompue, on ne résiste jamais à la grâce intérieure.

3.o Pour mériter et démériter dans l'état de la nature corrompue, la liberté qui exclut la nécessité n'est pas requise en l'homme ; mais la liberté qui exclut la contrainte suffit.

4.o Les semi-pélagiens admettaient la nécessité de la grâce intérieure prévenante pour toutes les actions en particulier, même pour le commencement de la foi ; et ils étaient hérétiques, en ce qu'ils voulaient que cette grâce fût telle que la volonté humaine pût lui résister ou lui obéir.

5.o C'est donner dans l'erreur des semi-pélagiens, que de dire que Jésus-Christ est mort, ou qu'il a répandu son sang généralement pour tous les hommes.

Le pape ayant examiné cette affaire, après avoir fait tenir sur cela un grand nombre de congrégations, rendit enfin une constitution, le dernier du mois de mai, l'an 1653, par laquelle il qualifie ainsi chacune de ces propositions.

Nous déclarons la première, Quelques commandements, etc., téméraire, impie, blasphématoire, condamnée d'anathème et hérétique, et, comme telle, nous la condamnons.

Nous déclarons la seconde, Dans l'état, etc., hérétique, et, comme telle, nous la condamnons.

Nous déclarons la troisième, Pour mériter, etc., hérétique, et, comme telle, nous la condamnons.

Nous déclarons la quatrième, Les semi-pélagiens, etc., fausse et hérétique, et, comme telle, nous la condamnons.

Nous déclarons la cinquième, C'est donner, etc., fausse, téméraire, scandaleuse ; et en ce sens, que Jésus-Christ soit mort pour le salut seulement des prédestinés, nous la déclarons impie, blasphématoire, outrageante à la bonté de Dieu, et hérétique, et, comme telle, nous la condamnons.

Ce pape ajoute qu'il ne prétend pas approuver les autres opinions du livre de Jansénius.

Alexandre VII, successeur d'Innocent X, donna une nouvelle constitution le 16 octobre 1656, par laquelle, en confirmant celle de son prédécesseur, il déclara que les cinq propositions étaient tirées du livre de Jansénius, intitulé : Augustinus, et qu'elles avaient été condamnées dans Je sens de l'auteur ; et il défendit la lecture de ce livre. Par une autre constitution, du 15 février 1664, il ordonna la signature d'un formulaire qu'il dressa sur cette matière.

Comme par ce formulaire on était obligé de déclarer que l'on condamnait les cinq propositions dans le sens du livre de Jansénius, ses disciples firent difficulté d'y souscrire purement et simplement. Ils prétendirent n'être obligés de le signer qu'avec la distinction du droit et du fait, c'est-à-dire, qu'ils voulaient bien condamner les cinq propositions en elles-mêmes, mais ils ne voulaient pas reconnaître que ces propositions fussent hérétiques dans le sens qu'elles avaient dans le livre de Jansénius ; et ils continuaient de soutenir que la doctrine du livre de Jansénius était orthodoxe. Dans la suite, étant pressés de signer ce formulaire, ils enseignèrent qu'on n'était pas obligé de se soumettre intérieurement à la condamnation du livre de Jansénius ; qu'il suffisait de garder un silence respectueux sur cette condamnation : ils soutinrent même qu'on pouvait signer le formulaire, sans être persuadé que la doctrine du livre de Jansénius fût hérétique.



XVIe siècle, à suivre.
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Message  Roger Boivin le Mar 13 Aoû 2019, 6:00 am


Suite du XVIe siècle.


Pour finir les derniers troubles excités en France, Clément XI à publié une constitution nouvelle, le 16 juillet 1705, dans laquelle il rappelle tout ce qui d été décidé sur cette matière par ses prédécesseurs, dont il insère les constitutions dans la sienne : Il les confirme et renouvelle, et déclare de plus, que par le silence respectueux on ne satisfait point à l'obéissance gui est due aux constitutions apostoliques susdites ; mais que le sens de Jansénius, condamné dans les cinq propositions, et que les termes dont elles sont composées portent d'eux-mêmes, doit être, non-seulement de bouche, mais aussi de cœur, rejeté et condamné comme hérétique, par tous les fidèles chrétiens : et qu'on ne peut licitement signer le formulaire dans un autre esprit, dans une autre disposition, ou dans un autre sentiment ; de manière que ceux qui penseront, tiendront, prêcheront, enseigneront ou assureront, soit de vive voix, soit par écrit, le contraire sur toutes ces choses, ou sur quelques unes d'entre elles, seront soumis, comme transgresseurs des susdites constitutions apostoliques, à toutes et chacune des peines qui y sont portées.

Le clergé de France à accepté solennellement toutes ces constitutions du Saint-Siège, et il n'y a point aujourd'hui d'évêque en France, ni dans aucun autre royaume catholique, qui ne soit soumis à ces décisions. Tous les fidèles sont par conséquent obligés à s'y soumettre de cœur et de bouche, en condamnant sincèrement les cinq propositions dans le sens du livre de Jansénius.

Après cette dernière constitution, il s est élevé, dans l'Eglise de France, des contestations au sujet de la doctrine du livre des réflexions morales sur le nouveau Testament. Ce livre avait été composé par le Père Quesnel, qui, ayant refusé de se soumettre aux constitutions apostoliques, était sorti du royaume. Il fut poursuivi, pour sa désobéissance auxdites constitutions, par l'archevêque de Malines. Avant été constitué prisonnier, il força les prisons de l'officialité, et se retira en Hollande parmi les protestants. Cependant il fut dénoncé, excommunié par sentence de l'archevêque de Malines, de l'an 1704 ; et il est mort frappé de cet anathème, sans même en avoir appelé a aucun tribunal ecclésiastique. Pour terminer les disputes nées à l'occasion de son livre, Clément XI publia, le huit septembre 1713, la constitution Unigentus. Par cette bulle, Il condamna cent et une propositions extraites de ce livre. Elle fut aussitôt acceptée par une assemblée de quarante évêques de France. Cette acceptation a été confirmée par sept autres assemblées du clergé de l'Eglise gallicane. Les papes Innocent XIII, Benoît XIII. Clément XII et Benoit XIV, ont confirmé la condamnation portée par Clément XII, qui a été reçue depuis avec acclamation par les conciles de Rome, d'Avignon et d'Embrun. Tous les évêques catholiques des Eglises étrangères s'y sont soumis. Quelques évêques de France s'étaient d'abord opposés à l'acceptation de cette bulle, et en avaient interjeté appel au futur concile. Mais presque tous ont révoqué leur appel ou sont morts, et ont été remplacés par des évêques qui ont accepté le décret du pape. Ainsi cette constitution acceptée par l'Eglise, est un jugement dogmatique irréformable, et tous les fidèles sont obligés de s'y soumettre de cœur et de bouche en condamnant le livre des réflexions morales et les cent et une propositions, de la même manière que le pape les a condamnées.


Suite..
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Message  Roger Boivin le Mar 13 Aoû 2019, 10:06 pm


Suite et fin du XVIe siècle ..et du catalogue.

Pour finir avec le XVIe siècle, on rapporte ici  en abrégé les erreurs proscrites par cette constitution du pape Clément XI publiée le 16 juillet 1705 :


Comme il est important que les fidèles connaissent quelles sont les erreurs proscrites par cette constitution, afin de les rejeter, et de croire les vérités opposées, on va les rapporter en abrégé ; et en même temps on indiquera les propositions dans lesquelles elles sont enseignées, et on verra qu'il n'y en a aucune qui ne renferme une ou plusieurs erreurs.

Selon la doctrine de cet auteur, tonte volonté de Dieu, pour le salut des hommes, a toujours son effet (1), encore que Dieu ne veuille sauver aucun autre que les élus. En conséquence de cette volonté de Dieu, Jésus- Christ n'est mort pour le salut d'aucun autre que les élus (2). Ainsi il n'est pas mort pour tous les fidèles, et aucun des fidèles ne peut être assuré, par la foi, que Jésus-Christ ait offert son sang pour lui mériter le ciel (3)

Cet auteur enseigne que dans l'état présent de la nature humaine, la volonté ne peut, sans la grâce, faire aucune bonne action, même naturelle ; et que toutes actions faites sans le secours de la grâce, sont des péchés (4).

On trouve dans plusieurs de ces propositions, que les commandements de Dieu sont inutiles et impossibles à celui qui n'a pas la grâce efficace (5), et par conséquent ils sont inutiles et impossibles à tous ceux qui pèchent. Il va même jusqu'à dire que sans cette grâce efficace, les exhortations et toutes les grâces extérieures ne servent qu'à endurcir le cœur (6).

La différence des deux alliances, selon cet auteur, consiste en ce que, dans l'ancienne alliance, Dieu ne donnait pas aux Israélites la grâce nécessaire pour pouvoir accomplir sa loi. Au contraire, dans la nouvelle alliance, il donne toujours la grâce efficace qui opère l'obéissance à ses commandements (7).

L'auteur inculque, en plusieurs propositions, que la grâce de Jésus-Christ est toujours efficace ; qu'elle produit toujours l'effet pour lequel Dieu la donne (8 ) : et même que l'homme ne peut jamais y résister (9), parce que cette grâce n'est autre chose que la volonté toute-puissante de Dieu (10). Selon lui, l'efficace de cette grâce est telle, qu'elle produit son effet dans la volonté, de la même manière que la création, guérison miraculeuse des corps, l'incarnation et la résurrection de Jésus-Christ (11) ; c'est-à-dire, qu'elle opère en nous le bien sans la coopération du libre arbitre.

De ce principe suit nécessairement ce qu'enseigne l'auteur, que l'homme ne mérite point l'accroissement de la grâce ni la gloire, et que c'est toujours par une pure libéralité que Dieu nous les accorde (12).

Suivant la doctrine de cet auteur, la grâce que Dieu avait donnée à Adam, dans l'état d'innocence, était purement naturelle, elle lui était due, et ne produisait que des mérites naturels (13).

Le même Quesnel met cette différence entre la grâce d'Adam et la grâce chrétienne, que la première avait été donnée à Adam même, au lieu que les chrétiens ne reçoivent point la grâce en leurs propres personnes : elle ne leur est donnée et ne les sanctifie qu'en la personne de Jésus-Christ (14) ; en sorte qu'ils n'ont pas en eux-mêmes la grâce sanctifiante, mais seulement en Jésus-Christ dont la sainteté leur est imputée. Cependant il enseigne que l'effet de la grâce du Baptême est de nous rendre impeccables (15).

Si l'on en croit cet auteur, l'homme, dans l'état de péché mortel, est privé de toute grâce (16) ; il n'a ni la fol, ni l'espérance (17) ; il est incapable de toute bonne action, soit naturelle, soit surnaturelle (18) : il n'a pas droit d'assister au sacrifice de la messe avant d'être réconcilié (19). Toute prière des impies est un nouveau péché (20). Quand le pécheur perd l'espérance, il ne conserve jamais la foi (21),

A l'égard des infidèles, Quesnel décide que Dieu ne leur donne jamais aucune grâce avant la foi, et que toutes leurs actions sont des péchés (22). Selon lui, non-seulement les infidèles, mais même tous ceux qui ne sont pas membres de l'Eglise, sont privés de toute grâce (23).

Le Père Quesnel, sous prétexte d'exalter la charité, anéantit toutes les autres vertus ; car, selon lui, toutes nos actions qui n'ont pas la charité pour principe, n'honorent point Dieu (24), et sont inutiles pour le salut (25) ; même la prière (26) et la foi (27), quand elles ne sont pas animées par la charité. Cet auteur va encore plus loin ; car, selon lui, tous les actes de notre volonté naissent de la charité ou de la cupidité, et tous ceux qui ne viennent pas de la charité sont de véritables péchés (28).

Le Père Quesnel maltraite encore plus la crainte des peines éternelles que les autres vertus. Selon lui, ce n'est pas un mouvement du Saint-Esprit, mais un mouvement des bêtes (29) : elle ne nous représente Dieu que comme un maître injuste (30) : elle conduit l'homme au désespoir (31) : elle n'empêche que l'action extérieure du péché, et ne détruit point l'attachement du cœur pour le crime (32). Celui qui obéit à la loi, ou qui s'abstient du péché par le seul motif de la crainte,  est coupable devant Dieu (33). Il est sous la malédiction de la loi comme les Juifs, c'est-à-dire, qu'il n'est pas véritablement chrétien (34). Enfin, les prophètes et les ministres de l'ancienne loi n'ont inspiré que la crainte seule, et ils n'ont pas donné de véritables enfants à Dieu (35).

Cet auteur, qui pèche ordinairement par un rigorisme outré, est cependant tombé dans un relâchement excessif : il enseigne que l'homme peut, sans recourir à l'autorité des supérieurs, se dispenser lui-même de toute loi que Dieu a faite pour son utilité (36), et que le chrétien n'est obligé qu'à la foi et à la prière, qui renferment toute la voie du salut (37).

L'Eglise avait toujours cru que Dieu envole quelquefois aux justes des souffrances qu'ils n'ont pas méritées, soit pour les éprouver, soit pour leur fournir une matière de mérite. Mais Quesnel décide que jamais Dieu n'afflige les innocents (38).

Cet auteur est tombé en plusieurs excès sur la lecture de l'Ecriture. Il enseigne quelle est utile (39) à tout chrétien sans distinction ; qu'elle est même d'obligation (40) pour tous les fidèles ; qu'elle leur est nécessaire (41) ; que sans cette lecture on ne peut sanctifier le dimanche (42) ; et que l'Eglise ne peut défendre la lecture des livres sacrés en langue vulgaire, à aucun fidèle, pas même aux femmes, qui doivent acquérir par cette voie la connaissance de nos mystères (43).

Le même auteur condamne l'usage où est l'Eglise de ne pas célébrer le service divin en langue vulgaire, et d'en réciter une partie à voix basse (44).

Selon la doctrine de Quesnel, c'est une conduite sage et charitable de différer l'absolution à tout pécheur, jusqu'à ce qu'il ait au moins commencé de satisfaire à Dieu (45) ; et il n'est permis à aucun pénitent de désirer plus tôt sa réconciliation (46). Ainsi tout confesseur qui absout un pénitent sans lui avoir différé l'absolution, agit contre les règles de la sagesse et de la charité.

Cet auteur a renouvelé le dogme des protestants, que l'Eglise de Jésus-Christ n'est composée que des justes, et que les pécheurs ne sont point ses membres (47) : et il va jusqu'à soutenir que les pécheurs n'appartiennent pas plus à l'Eglise que les infidèles (48). Il favorise aussi l'erreur des protestants sur l'infaillibilité de l'Eglise. Selon lui, elle est actuellement dans un tel état de vieillesse, que les vérités y sont inconnues (49) ; toutes les puissances temporelles et spirituelles sont contraires aux prédicateurs de la vérité (50) : les ministres de la religion persécutent la vérité et ses disciples (51). Ils traitent souvent les âmes pieuses et les membres les plus sains, comme des membres pourris, ou comme des impies ; et ils sacrifient souvent au diable les serviteurs de Dieu (52). Selon le même Quesnel, les premiers pasteurs entretiennent dans l'Eglise des divisions, pour les choses qui n'intéressent ni la foi ni les mœurs. Ils dominent sur la foi des fidèles (53). Ils condamnent tous les jours par obstination, par prévention, sans examen, les bons livres, les saintes instructions et les bons exemples (54). Enfin, selon cet auteur, ceux qui gouvernent l'Eglise donnent occasion aux parjures, en multipliant les serments, contre l'esprit de Jésus-Christ (55).

Le Père Quesnel, justement excommunié, s'est attaché à énerver la force de cette censure. En effet, Il enseigne que le pouvoir d'excommunier réside, non dans le corps des seuls pasteurs, mais dans le corps de l'Eglise, en tant qu'il comprend les fidèles (56) ; en sorte que les pasteurs ne peuvent exercer ce pouvoir que du consentement de tous les fidèles. Il décide hardiment que la crainte d'une excommunication injuste ne doit jamais nous faire changer de conduite, et que nous devons toujours remplir les mêmes devoirs auxquels nous étions tenus auparavant, sans aucune exception (57).

Enfin, le Père Quesnel, qui n'a jamais travaillé à se faire relever de son excommunication, prononce qu'il est toujours louable, et conforme à l'exemple de saint Paul, de souffrir en paix l'anathème, plutôt que de trahir la vérité (58) ; et par conséquent, qu'on n'est pas obligé de faire des efforts pour être rétabli dans la communion de l'Eglise, même soit qu'on le puisse : et il a imaginé que Jésus-Christ, par lui-même et sans le ministère des pasteurs, rétablit quelquefois dans la communion de l'Eglise, ceux qui en ont été retranchés par un zèle inconsidéré (59).

Ce n'est pas ici le lieu de réfuter ces erreurs, dont le venin se fait assez sentir ; Il suffit de les avoir fait connaître, afin que les fidèles sachent ce qu'ils doivent condamner et croire sur ces matières. C'est une règle générale, qu'en rejetant les erreurs censurées par l'Eglise, on doit croire et professer les vérités contradictoires.


_____


(1) Propositions 12, 13, 30. — (2) Prop. 31, 32. — (3) Prop. 33. — (4) Prop. 2, 38, 39, 40, 41, 42. — (5) Prop. 2, 3, 4, 9. — (6) Prop. 5. — (7) Prop. 6, 7, 8. — (8 ) Prop. 9, 11, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 20. — (9) Prop. 10, 21, 22, 23, 24, 25. — (10) Prop. 11, 19. — (11) Prop. 21, 22, 23, 24, 25.— (12) Prop. 22, 29. — (13) Prop. 34, 35. — (14) Prop. 36, 37. — (15) Prop. 43. — (16) Prop. 1, 28. — (18) Prop. 1, 47, 48, 58, — (19) Prop. 1. — (20) Prop. 89. — (21) Prop, 59. — (22) Prop. 57. — (23) Prop. 26, 27, 42. — (24) Prop. 29. — (25) Prop. 56. — (26) Prop. 52, 53, 55, 56. — (27) Prop. 50, 54. — (28) Prop. 51, 52. — (29) Prop. 44, 45, 46, 47, 48, 49. — (30) Prop. 66. — (31) Prop, 67. — (32) Prop. 60. — (33) Prop. 61. — (34) Prop. 62, 63, 64, 65.— (35) Prop. 63, 64. — (36) Prop. 65. — (37) Prop. 71. — (38) Prop. 68. — (39) Prop. 70. — (40) Prop. 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85. — (41) Prop. 81, 82, 83. — (42) Prop. 79, 83, 84, 85. — (43) Prop. 82. — (44) Prop. 82, 83, 84, 85. — (45) Prop. 86.— (46) Prop. 87, 88. — (47) Prop. 88.— (6) Prop. 72, 73, 71, 75, 76, 77, 78. — (48) Prop. 78. — (49) Prop. 95. — (50) Prop. 96. — (51) Prop. 100. — (52) Prop. 97, 98, 100. —  (53) Prop. 84.— (54) Prop, 99. — (55) Prop. 101. — (56) Prop. 90. — (57) Prop. 91. — (58) Prop. 92. — (59) Prop. 93.

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