L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  Roger Boivin le Mar 12 Mar 2019, 7:31 am



NON, NON, VOTRE VIE N'EST PAS INUTILE

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Se dévouer sans jamais voir de succès... quelle dure épreuve !
Une âme apôtre prie, travaille, souffre dans l'ombre... Malgré elle, une angoisse la torture : « A quoi tout cela sert-il ? Est-ce que je fais vraiment du bien ? Est-ce que le Christ est content de moi ? Est-ce qu'Il se sert de mon effort pour les Causes élevées qui lui tiennent au Cœur ? Je prie si mal... Je suis si au-dessous de mon idéal. »
Troublant mystère... qui tend à paralyser le zèle...
Et puis, tout se ligue pour éprouver cette âme de bonne volonté... qui est peut-être « une âme consacrée ».
Elle parle de Dieu à un indifférent qu'elle rencontre ; il oppose la contradiction... Elle invite un parent à une cérémonie religieuse ; il lui répond par un refus... Elle travaille pendant des années au salut d'un pécheur, celui-ci meurt sans les sacrements... Le Ciel se ferme obstinément...
Sans doute, le bien se fait autour d'elle, mais elle n'ose jamais dire : « J'y ai contribué... Mes souffrances ont servi... Dieu a utilisé ma prière... Je suis entré pour quelque chose dans le ministère des prêtres qui travaillent... mes larmes fécondent les semences qu'ils jettent dans les sillons. »
Non, jamais cette âme sincère et dévouée n'ose dire qu'elle a un peu d'influence... Si elle pouvait croire !... elle serait soulevée vers les cimes... elle donnerait plus encore... elle harcèlerait sans fin le Cœur du Christ... elle Lui donnerait tout... elle mettrait dans sa tâche une perfection plus grande... elle se dirait : « Faisons bien... faisons beau... Je sais que je vais Lui enfanter des élus... Lui donner des prêtres... continuer dans l'Eglise son œuvre passionnante du salut du Monde ».
Elle n'ose raisonner ainsi... Elle craint de s'illusionner... Elle a peur d'agir par orgueil...
Alors, elle porte sa croix en se traînant... avec le sentiment douloureux, obsédant d'être « une inutile ».

***

Pauvre âme découragée... si tu savais le prix de ta vie... si tu savais le bien que le Christ réalise par toi...
Ecoute-moi...
- D'abord, si Dieu a mis dans ton être un tel désir « de faire quelque chose » ici-bas... une telle passion de bien employer les heures brèves qu'Il t'a données... c'est qu'Il veut se servir de toi... Il t'a visiblement « choisie, prédestinée »... Tu es « marquée »... pour étendre son règne... pour Lui conquérir des esprits... Ces esprits, tu ne les connais pas... N'importe... ; tu les atteins... tu les atteins sûrement... C'est l'essentiel... Cela doit suffire à ton bonheur.
Tu ne sais pas le chemin que prennent tes prières, tes immolations secrètes, tes appels fervents devant un autel, dans l'ombre de ton foyer, de ton usine, de ton cloître... Cela n'a aucune importance... Cette incertitude double ton mérite... décuple ton influence... mais cette influence est réelle... Rien ne se perd ici-bas... Un cri jeté dans « un micro » peut faire tressaillir toute l'humanité qui l'écoute... Et celui qui pousse ce cri ne connaît pas les visages tendus qui le suivent...
Un acte d'amour jeté dans l'Eglise par un inconnu... par toi... provoque des grâces... des ondes célestes qui bouleversent des cœurs...
Dieu l'a voulu ainsi... Nous ne faisons « qu'un » dans le Christ. Nous sommes reliés au reste du Monde... à l'Eglise universelle. [Quoique tous ne sont pas dans cette Arche de Salut, tels les Apostats, les hérétiques, les païens... Note de Roger.]
Les âmes se touchent et s'influencent au travers de l'espace.
C'est notre admirable « Communion des Saints ».

***

Ame découragée, si tu savais le bien que le Christ réalise par toi !...
Ecoute...
- As-tu jamais approfondi certaines paroles de l'Evangile : « Ce que vous aurez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à Moi que vous l'aurez fait. » - « Un verre d'eau donné à un pauvre ne restera pas sans récompense. »
Un verre d'eau ! Ce n'est rien. On le prend... on l'emplit... on le donne. C'est l'affaire d'un instant. Cela ne demande pas beaucoup de travail.
Et pourtant ! Ce geste a une valeur... une immense valeur... une stupéfiante valeur... la valeur qu'il aurait eue, si ici-bas tu l'avais fait pour le Sauveur... qui t'aurait dit : « J'ai soif »...
Imagine la scène... le regard, le sourire que t'aurait donnés le Maître... l'allégresse qu'Il aurait fait sourdre dans ton cœur... le merci qu'Il t'aurait donné... Il t'aurait payé royalement... divinement !
Eh bien ! ce regard... ce sourire... cette bénédiction... « ce centuple », le Maître te les donne quand tu Lui offres, non plus quelques gouttes d'eau, mais un travail compliqué, une tentation humiliante, un échec douloureux, une prière, une messe, une meurtrissure...
Va ! Une goutte de sang c'est plus qu'une goutte d'eau... Et les gouttes de sang... elles perlent à chaque instant à nos fronts chargés d'épines...
Ose dire maintenant, en face du Christ que j'évoque et qui t'a promis « le centuple »... oui, ose dire que « ta vie ne sert à rien ».
Commences-tu à voir clair ?
- « Inutile ta vie offerte chaque matin à la Messe ?...
Non, non... Tu juges mal. Si c'était si peu « une vie humaine », est-ce que Jésus Lui-même l'aurait embrassée dans toute sa plénitude ?
Songe donc !...
Ce que tu fais, Il l'a fait, Lui... ton Seigneur et ton Dieu. Et ce fut « son moyen » de glorifier son Père... de guérir les pauvres pécheurs... Oui, s'Il a éveillé des multitudes d'hommes à la sainteté... s'Il leur a obtenu les hautes faveurs de croire... d'espérer... le privilège insigne d'être prêtres, religieux ou religieuses, apôtres dans la foule... s'Il a amassé des abîmes de grâces... que versent ses sacrements... s'Il a mis l'humanité sur un plan supérieur et jamais égalé... C'est parce qu'Il a vécu comme toi.
Il circulait dans son atelier, dans les rues, sur les routes... comme toi,... jetant à tous les vents du Ciel une prière qu'Il t'a enseignée... que tu répète... comme Lui, avec Lui : « Notre Père qui êtes aux Cieux »...
Il peinait sur sa besogne ingrate... comme toi.
Il était ignoré... critiqué... incompris... sali... comme toi. Pourquoi t'insurges-tu ?... Tu devrais Le bénir quand tu n'es pas aimée de tous... N'est-ce donc rien que de Lui ressembler ?...
Enfin, Il est mort... comme tu mourras... ou plutôt infiniment plus douloureusement.
Il voulut ne rien ignorer de ta pauvre condition mortelle... Il t'aimait tant !... Il avait tant de joie à prendre ta croix... à t'en montrer le prix... à te devancer sur le chemin... à t'encourager dans ton martyre secret.
Comment pourrais-tu dire maintenant, que ton existence est trop modeste pour avoir de la valeur... de l'efficacité...
Elle a une puissance incommensurable...
Elle porte en elle des forces mystérieuses que tu déchaînes... et dont les effets ne t'appartiennent plus... Les échos d'une vie cachée peuvent retentir même après la mort...
Thérèse de Lisieux dort dans son tombeau... Les pétales de roses tombent encore sur la terre... Par ta vie... tu peux agir dans tous les milieux... entrer dans toutes les grandes œuvres... travailler dans tous les beaux champs d'action ouverts par l'Eglise... ramener au Christ des créatures innombrables... que tu ne connais pas... que tu connaîtra au Ciel... oui, au Ciel... où elles seront « tes Filles »... les Filles de ton amour et de ton sang...
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Message  Roger Boivin le Mer 13 Mar 2019, 7:22 am



LE BEAU VISAGE DE LA MORT

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Ce visage, combien ne savent pas le voir, même parmi les chrétiens... La mort les épouvante... comme si elle était un désastre irréparable.
Ils s'obstinent à ne voir en eux que le corps, cette pauvre guenille qui use. Ils oublient « le grand Personnage » caché sous la guenille. Ils oublient « l'âme », la pensée, la conscience, l'amour qui ne peuvent pourrir.
Ils oublient que cette « âme » baptisée, touchée par le sang du Christ, devenue la « maison où habite la gloire de Dieu », a une destinée immortelle. « Celui qui croit en Moi ne mourra pas pour toujours. »

La mort a un beau visage.
Convenons d'abord qu'elle est « un sacrifice ». Mais, dans ce sacrifice, il y a une « vraie douceur »... Il nous permet, en effet, de racheter nos fautes...
Grâce à Lui, nous pouvons dire à Dieu : « Père, j'ai péché contre le Ciel et contre Vous ; j'ai souillé mon corps qui était votre demeure ; j'ai sali mon cœur que votre Cœur avait consacré par l'Eucharistie ; je ne suis plus digne d'être appelé votre enfant... Laissez-moi me racheter... Laissez-moi me cacher sous la pierre du tombeau... me mettre comme un coupable dans un coin... dans un coin de cimetière... Je veux faire le sacrifice de ne pas vous voir tout de suite... Je l'ai mérité. »

Le beau visage de la mort !
Elle n'est pour ainsi dire « qu'un sommeil ». Nos bien-aimés ne sont pas morts tout entier... Ils se réveilleront. Leur insensibilité n'est qu'apparente.
En Dieu, leur âme sait, voit, nous assiste, prie, nous attend.
Jadis, le soir, avant d'aller se reposer, ils nous disaient : « bonsoir ». Nous les retrouvions le lendemain. «nous n'étions pas inquiets...
Ne soyons pas inquiets maintenant. Ayons la patience d'attendre le réveil... Il viendra. Jésus l'a dit si nettement... Lui, qui a dormi trois jours dans un tombeau...
Rappelez-vous. Quand Il est entré dans la maison de Jaïre, tout le monde disait : « Sa petite fille est morte ».
- Non, dit le Sauveur, elle n'est qu,endormie « non est mortua puella sed dormit »... Et Il lui prit la main... Il l'a fait sortir de la mort comme d'un songe...
Et quand Marthe et marie pleuraient Lazare, Jésus a dit : « Notre ami sommeille... » « Amicus noster dormit »... Et Il l'a réveillé...
Et Il nous réveillera de même. comme Il réveille la nature après l'hiver. Il refait un printemps. Il redonne des feuilles, des fleurs, des fruits.
L'hiver qu'est la mort sera suivi d'un éternel printemps... Nous ne serons pas moins bien traités que la nature qui s'évade de son linceul de neige et reprend sa vie et sa beauté.

Le beau visage de la mort !
Jésus l'a définie : « Un retour à la Maison du Père des Cieux... » « Vado ad Patrem ! »
Quelle lumière dans ces mots !... Ici-bas, nous sommes « des orphelins »... Nous vivons en exil... Nous sommes dépaysés... C'est pourquoi notre cœur est si malheureux, si inquiet... L'air est irrespirable...
Grâce à la mort libératrice, notre exil prendra fin... nous reviendrons « chez nous »... à la maison... L'âme orpheline retrouvera « son Père bien-aimé »... et le Père retrouvera son enfant...
Toute vie devrait donc finir non dans une crainte et un sanglot, mais dans un cantique... « Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi... J'ai de la joie plein le cœur... Je rentre à la Maison »...

Le beau visage de la mort !
Elle sera aussi » une Vision »... la Vision de Jésus...
Enfin, enfin nous Le verrons... Nous saurons tout ce qu'Il a fait pour nous... « Ecce Agnus Dei... » L'Agneau éternel viendra jusqu'à nous...
Il nous dira : « Il est grand temps de nous revoir... Voilà longtemps que je te désire »...
- Et ce sera un rendez-vous d'amour : « Zachée, dépêche-toi de descendre au tombeau... car aujourd'hui il faut que tu viennes dans ma Maison... dans mon Ciel »...
- Et ce sera l'apparition, comme à Madeleine en extase, au matin de Pâques... « Marie ! - Mon bon Maître ! »
- Ce sera aussi « la Vision de la Vierge notre Mère »...
Aussitôt que nos yeux seront clos, la porte là-haut, s'ouvrira... Et notre âme apercevra un Visage... un ravissant Visage : celui de la Vierge Marie... Nous ne pouvons pas en douter...
Et nous entendrons une voix céleste : la Voix de notre Mère... Et cette Voix dira : « Mon Enfant »... Et nous dirons « Maman »... Nous ne serons plus orphelins... Elle ne sera plus priée de nous... Nous aurons ce que Bernadette a vu à la Grotte... Nous verrons l'Immaculée...
L'humble bergère volait vers le gave. Elle avait faim et soif de revoir sa Mère du Ciel...
Nous devrions désirer la mort... y courir comme à une fête...
Ah ! si nous savions ce que nous trouverons là-haut !...
Pourquoi avoir peur ? Il y a des grâces pour affronter les derniers moments.
Lisez ce beau récit. Il est raconté par l'académicien Henry Bordeaux.
Il s'agit d'un officier blessé à Verdun.
« Il gisait sur le terrain, la poitrine ouverte ; son ordonnance, qui ne le quittait pas, avait été blessé lui aussi. Tous deux croyants, ils avaient communié le matin ensemble avant de partir pour l'assaut. Nous étions là, côte à côte, raconta-t-il plus tard, après sa guérison. Je pensais que j'allais mourir et j'étais dans un état de joie infinie. Mon amour pour ma femme et mon fils que je devais quitter n'en était nullement altéré. Rien ne me pesait plus et de mes plus chers sentiments je me sentais délivré. Comment rencontrerais-je jamais pareille occasion de mourir ? Tout en moi, autour de moi, était léger, facile comme un vol d'oiseau. Je ne souffrais plus. Dans ma difficulté à respirer même, je trouvais une sorte de béatitude. Je me sentais soulevé vers Dieu, comme une feuille par le vent. Alors, j'ai dit à mon ordonnance : « Tu va t'en aller. Toi, tu n'es pas gravement touché. Moi, je resterai ici, j'y suis très bien pour mourir. »

.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..

« J'y suis très bien pour mourir »...

Le voyez-vous, enfin, le beau Visage de la mort ?...

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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  Roger Boivin le Mer 13 Mar 2019, 9:20 pm



L'ÉTERNEL SOUVENIR DE L'ÉGLISE SUR NOTRE TOMBE

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Avez-vous vu, dans les cimetières, des tombes abandonnées ? Jamais personne ne vient s'agenouiller près d'elles, ni placer une fleur, ni jeter une prière. L'herbe pousse... le nom est effacé sur la pierre.
Il n'y a rien de plus triste. Ces morts sont oubliés... Ils n'existent plus pour personne. Ils ont deux linceuls : celui qui enveloppe leur corps et celui qui enveloppe leur mémoire... C'est fini, c'est à jamais fini...
Et nous serons tous un jour des  oubliés »... Notre nom s'usera au fond des cœurs... Personne ne pensera plus à nous.
Quelle leçon pour ceux qui sacrifie tout au monde,... pour ceux qui veulent être connus, aimés, glorifiés ici-bas !... Ils seront bien mal payés par les créatures qu'ils auront mises au-dessus de Dieu.
Oubliés !... vous le serez donc par les hommes... Mais (et cela va vous consoler) vous ne le serez jamais par L'Eglise qui est une mère... par le Christ qui est un Ami...

- D'abord, aussitôt que votre cœur aura cessé de battre, les cloches de votre église élèveront la voix. [C'était le bon temps !] Elles parleront de vous... elles diront à vos frères : « Il est mort. N'oubliez pas son âme... Vite, mettez-vous en prière... Assistez-la dans son martyre du purgatoire... »
Car c'est cela qu'il faut faire quand il y a un décès autour de vous. Il faut que votre pensée prenne le deuil. Il faut que votre prière s'élève sous la forme du chapelet, de la messe entendue. Il faut, dans votre communion prochaine, parler de votre Frère, plaider sa cause, faire tomber sur lui le Sang du Christ.
Il n'y a rien de plus touchant, quand un corps est déposé dans une église le matin, que de voir les fidèles s'arrêter... jeter l'eau sainte... murmurer un « De profundis »... faire œuvre de fraternité spontanée.

- Grâce à l'Eglise catholique vous ne serez jamais « oubliés »...
On conduira votre dépouille près de l'autel... tout près du Cœur même de Jésus qui entourera votre dépouille. On allumera des flambeaux symboliques... On répandra de l'encens... Les prêtres honoreront ainsi votre corps, comme Madeleine a honoré le corps de Jésus...
Alors, autour de votre cercueil placé au centre du temple, un office splendide se déroulera. Et cet office sera pour vous... Le chant sera pour vous... L'orgue extériorisera pour vous la douleur et la supplication des âmes...
La Messe sera pour vous... Le prêtre revêtira des vêtements de deuil... Il chantera... pour vous. Il dira devant la Trinité... devant les Anges ces splendides paroles chargées de puissance :

« Seigneur, donnez-lui le repos éternel. »
« O Dieu... nous vous implorons pour l'âme de votre serviteur à qui vous avez commandé de quitter aujourd'hui le siècle présent... Ordonnez à vos saints Anges de la recevoir et de l'introduire dans la céleste Patrie... »
Ainsi, pendant que vos amis se dérangeront à peine, causeront dans le cortège, auront la pensée loin de vous,... l'Eglise, elle, rassemblera autour de votre dépouille toutes les ressources de l'art et de l'amour... et elle vous donnera tout cela... Elle appellera même sur la terre le propre Fils de Dieu... Et Il viendra à l'Elévation. Il présidera vos obsèques avec ses Saints, avec ses Anges... Le Ciel entier sera en mouvement à cause de vous.
Quand vous ne serez plus « rien » pour le monde, vous serez « tout » pour Dieu et pour vos Frères de l'au-delà descendus sur la terre... et pour les Anges... qui viendront chercher votre âme sanctifiée par tant de prières... Ils la conduiront triomphalement en Paradis « In paradisum delucant te Angeli ». [Pour ceux qui sont morts en "état de grâce" ; et pour beaucoup, après un séjour en purgatoire. Note de Roger]

Et toute la Cité là-haut sera en fête... Un tressaillement de joie secouera toutes les âmes bienheureuses.
Ah ! si les catholiques étudiaient leur liturgie... se faisaient une idée personnelle des gerbes d'espoir déposées par la foi sur leur dépouille,... ils n'auraient plus peur de mourir...
Ils ne redouteraient plus l'oubli.
Vous n'irez pas vers le néant quand Jésus vous appellera, vous irez vers la vie... vers la joie... vers la gloire...

- L'Eglise ne vous oubliera jamais quand vous serez « morts ».
Ecoutez plutôt :
Tous les jours, sur notre terre ou les tombes se multiplient, des prêtres célèbrent le divin sacrifice de l'Autel... Il ne s'interrompt jamais... Il y a quatre cent mille messes dites entre deux aurores. Et dans chacune, il y aura « un souvenir » pour vous, quand vous aurez quitté ce monde... Jésus prononcera « votre nom » devant son Père... Il plaidera votre cause... Il essuiera une à une toutes les souillures de votre vie... Il y mettra le temps nécessaire... sa tendresse ne se lassera jamais de dire à l'Offertoire : « Je me donne pour tous les défunts »...
Et tandis que le Christ évoquera ainsi votre souvenir... les prêtres, les religieux, les moines, dans leur Bréviaire, diront « Et fidelium animae per misericordiam Dei requiescant in pace »... Ils feront monter jusqu'à la fin des temps vers votre « âme-sœur » l'encens d'une continuelle prière...

Ainsi, pas d'oubli dans la Religion... C'est la fidélité éternel... Il n'y a pas besoin, « chez nous », de ranimer la flamme du souvenir... Cette flamme ne s'éteint jamais...
Sous les arceaux de nos temples... sous l'arc de triomphe des âmes d'oraison.... l'amour brûle et monte vers les Disparus...
Les morts sont au nombre des vivants. Sur eux, jamais l'Eglise ne mettra de pierre tombale... Elles les portera perpétuellement dans sa pensée, dans sa liturgie sainte qui cessera son imploration qu'au dernier soir du monde.
Grâce à elle, l'oubli ne descendra jamais sur vous... non, jamais...

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Roger Boivin
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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  Roger Boivin le Jeu 14 Mar 2019, 7:26 pm



CONCLUSION

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I. Règlement de vie.

Combien d'âmes auraient une existence plus harmonieuse, plus pleine d’œuvres et de mérites, plus agréable à Dieu, plus riche de joie, si elles avaient un règlement de vie.
Voici un essai. On pourra le modifier et l'adapter.

Réveil. - Un signe de croix.
Un cri d'âme : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit. »
Une offrande : « Mon Dieu, je vous consacre toutes mes pensées, mes paroles, mes actions et mes peines. »
Une résolution : Celle de passer la journée bravement (il y aura des luttes) et dans la joie.

Lever. - A une heure fixe et y tenir.

Prière. - Ardente. Qu'elle soit une véritable louange. Dieu est si grand ! Il nous a tant aimés et veut tant nous donner !

Lecture. - Courte. Prendre une pensée forte pour maintenir notre esprit en haut et ne pas perdre de vue notre destinée.

Messe et communion. - Le plus souvent possible. Elles renferment d'immenses trésors d'énergie pour le devoir. Elles sont une joie pour le Christ qui aime se donner à notre âme.

Dans la journée. - Faire tout avec calme, pour Dieu qui voit nos actes et les juge... Ces actes, nous les retrouverons un jour avec la valeur que nous leur aurons donnée.
Ayons horreur du médiocre.
Faisons grand et beau.
Nous faisons la volonté de Dieu.

Le soir. - Courte visite à l'église. On raconte au Christ sa journée très simplement... Un peu le chapelet... N'oublions pas « notre Maman » du ciel.

Avant le repos. - Prière fervente.
Merci ému pour toutes les grâces reçues.
Acte de contrition profond.


II. Résolution.

D'abord, être fidèle à mon règlement de vie et le réaliser coûte que coûte. C'est la part à Dieu. N'y jamais toucher.
Maintenir profonde ma volonté de tout faire pour Dieu et ma confiance absolue en la Vierge Marie ma Mère.
Rester sous le regard de Jésus. Etre sûr de son amour pour moi. Attendre tout de Lui, de sa grâce.
Reconnaître derrière tous les événements sa Volonté qui se manifeste et avoir de la joie à l'accomplir, surtout quand elle est difficile. Avoir un cœur magnanime. Etre heureux de travailler pour mon Maître et pour les âmes.
Croire à la valeur des toutes petites choses. Elles ont des répercussions éternelles. Telles nous les faisons, telles nous les retrouverons là-haut. Songer qu'elles passent toutes sous le regard de Dieu. Les faire avec un grand « élan de volonté » en disant avec la Vierge : « Je suis la servante du Seigneur. »
Entretenir en moi un vrai foyer de joie, en songeant que la Trinité vit dans mon âme ; que le Ciel est en moi ; que je suis l'enfant de Dieu ; que je puis tout dire, tout confier à mon Père des Cieux, à mon Jésus, à ma Mère Marie, à mes Frères les Anges et les saints.
Toute une famille céleste m'entoure et m'assiste.
Je n'ai donc pas le droit d'être triste et de me décourager. Je dois aimer ma vie et en faire une réalisation magnifique.
Songer que l'heure de la Vision de Dieu et du bonheur infini, éternel devient sans cesse plus proche... Le rideau va se lever. Jésus va venir bientôt. Quelle douceur d'y penser et de se préparer.
Enfin, répéter souvent, à tout propos, ces mots tombés des lèvres de notre Mère du Ciel :
« Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur parce qu'Il a fait en moi de grandes choses. »


III. Pensées profondes.

Dieu vous donne une nouvelle journée. Quelle valeur aura-t-elle ? Cela dépend de vous. Mais n'oubliez pas que tout s'inscrit là-haut. C'est le côté tragique de la vie.
La grande tâche : c'est de vous « perfectionner » dans le milieu où vous a mis la Providence.
Ne songez pas seulement à votre corps : il est poussière. Songez à votre âme : elle est immortelle. Arrachez-la sans cesse à l'emprise des bagatelles, des vils plaisirs, des défauts qui la défigurent. Il y a en elle d'immenses richesses qui viennent de vos confessions, de vos communions. Il faut les développer par l'effort, par la prière, surtout par la méditation. Malheur à ceux qui ne rentrent jamais en eux-mêmes, qui ne réfléchissent pas, qui n'ont jamais de tête-à-tête avec la Majesté divine !

- Lisez, approfondissez l'Evangile. Regardez comment Jésus a pensé et agi. Imitez-Le.
Et n'oubliez jamais qu'Il est toujours sur la terre. C'est la « grande Merveille ». - Vous entrez dans une église : c'est Lui. Tant que vous n'aurez pas goûté ce Mystère, vous n'aurez qu'une vie médiocre. Vous aurez l'idée du bien, vous ne le réaliserez jamais pleinement.
Au fond, il faudrait arriver à la « Communion fréquente ». Les Saints ont eu une vie prodigieuse, féconde en grandes œuvres humaines. Pourquoi ? Le Christ vivait en eux. Ils s'approchaient sans cesse de ce Foyer, de cette Source, de ce Cœur. Faites comme eux.
Venez chercher le Seigneur dans les messes matinales. Emportez-Le avec vous dans le travail. Jetez vers Lui des cris d'adoration. Il vous parle par vos devoirs. Ecoutez-Le.
Faites votre tâche à la perfection, avec allégresse, sous son Regard. Confiez-Lui vos soucis d'avenir. Parlez-Lui souvent de la grande foule qui vous entoure et qui n'a pas votre Idéal.

Alors votre vie s'illuminera pour se changer en apothéose un jour... au Ciel.


______


[FIN]



.. a-t-on écrit en 1939-40.
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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  Monique le Ven 15 Mar 2019, 10:26 am

Merci Roger, pour cette merveilleuse lecture très édifiante, tellement vraie et qui fait réfléchir,
si nous voulons parvenir au bonheur éternel. Là, est l'accomplissement de ce que Dieu
[veut], et non ce que nous voulons.
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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  ROBERT. le Ven 15 Mar 2019, 11:22 am

Roger Boivin a écrit:


CONCLUSION

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III. Pensées profondes.

...Et n'oubliez jamais qu'Il est toujours sur la terre. C'est la « grande Merveille ». - Vous entrez dans une église : c'est Lui. Tant que vous n'aurez pas goûté ce Mystère, vous n'aurez qu'une vie médiocre. Vous aurez l'idée du bien, vous ne le réaliserez jamais pleinement. (...) Alors votre vie s'illuminera pour se changer en apothéose un jour... au Ciel.
______


[FIN]

.. a-t-on écrit en 1939-40.

Voilà le grand châtiment pour nos péchés: privation des sacrements, privation de nos églises...
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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  ROBERT. le Dim 17 Mar 2019, 12:08 pm

Roger Boivin a écrit:
Spoiler:



CONCLUSION

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III. Pensées profondes.

...Et n'oubliez jamais qu'Il est toujours sur la terre. C'est la « grande Merveille ». - Vous entrez dans une église : c'est Lui. Tant que vous n'aurez pas goûté ce Mystère, vous n'aurez qu'une vie médiocre. Vous aurez l'idée du bien, vous ne le réaliserez jamais pleinement. (...) Alors votre vie s'illuminera pour se changer en apothéose un jour... au Ciel.
______


[FIN]
.. a-t-on écrit en 1939-40.

Bonjour Roger. Votre 1939-40, m'a fait penser à l'apostasie prédite 1938 par le Père Lacouture:

http://messe.forumactif.org/t4845-apostasie-predite-en-1938#92018
ROBERT.
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Re: L'ÉLITE « Beaucoup d'appelés » - Par l'Abbé Paul Marc - 1940.

Message  Roger Boivin le Dim 17 Mar 2019, 4:51 pm


Au plaisir Monique !

En effet Robert, c'est quasi en même temps que le Père Lacouture.
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