THOMSSEN - (Trois poèmes.)

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THOMSSEN - (Trois poèmes.)

Message  Roger Boivin le Ven 01 Fév 2019, 8:29 pm



ESPÉRONS !


Le ciel se couvre au loin d'épais et froids nuages ;
Aucun astre ne brille au sombre firmament ;
Partout à l'horizon s'amassent des orages :
Mais l'aube d'un beau jour reluit à l'Orient !

Enfants dégénérés, le doute nous dévore ;
L'or et la volupté se disputent nos jours :
Mais, dans les airs émus, la croix s'élève encore,
Sur les autels du Christ, l'encens fume toujours !

Sans guide et sans pudeur, la foule indifférente
Regarde avec dédain les temples ébranlés :
Mais il est des cœurs purs, et leur prière ardente,
Comme un tribut d'amour, s'élève des cités !

L'édifice sacré sur ses bases chancelle :
Mais le Verbe divin se répand en tout lieu,
La foi brise les monts, l'Église est éternelle,
Et, comme au Golgotha, Jésus est toujours Dieu !

Du sage, ivre d'orgueil, la parole insultante
Lance un arrêt de mort à ses adorateurs :
Mais, depuis deux mille ans, l'église triomphante
A béni les cercueils de ses blasphémateurs !

La sombre impiété, fière de ses misères,
Marche, de jour en jour, vers des succès nouveaux :
Mais l'arbre de la foi, des tombes de nos pères,
Étend sur l'avenir de vigoureux rameaux !

Comme, aux jours de Tibère, un peuple déicide
Couvrait son front d'épine et ses lèvres de fiel,
La multitude aveugle, en son ardeur perfide,
Ose vouer sa haine au Fils de l'Éternel !

Mais aussi, comme alors, les célestes phalanges
Déposent leur couronne à ses pieds radieux :
Un seul de ses regards fait voler les archanges,
Un souffle de sa voix fait tressaillir les cieux !

Celui qui marche en paix sous sa divine égide
Peut braver les enfers et la foule en courroux :
Quand son bras triomphant nous protège et nous guide,
Qui peut courber nos fronts ou lutter contre nous ?







SUR L'ALBUM D'UNE JEUNE ORPHELINE.


Enfant, tu vas quitter l'asile salutaire,
Où, sous l'œil maternel, tu grandis sans regrets,
Comme, loin des regards, la rose solitaire
S'élève, blanche et pure, à l'ombre des forêts.

Comme un trésor divin, dans ton cœur jeune et tendre,
Garde la foi du Christ et ses saintes terreurs !
Dans les vieilles cités, où tu vas redescendre,
Plus d'un reptile impur s'abrite sous les fleurs !!

Faible roseau jeté sur la vague orageuse,
Au gré des aquilons entraîné loin du port,
Élève tes regards vers la croix radieuse
Où le Sauveur pour toi souffrit jusqu'à la mort !

Et si ton jeune front sous la douleur s'incline,
Si ton regard d'azur doit se voiler de pleurs,
Un ange, messager de la bonté divine,
Te montrera du doigt les célestes splendeurs :

" Vois, dira-t-il, là haut, le séjour de la gloire !
" Si la vie est amère et le destin cruel,
" Invoque le Seigneur qui donne la victoire,
" Espère avec amour en ton Père éternel!

" Heureux celui qui souffre en ce vallon des larmes,
" Soumis au Créateur, attentif à sa voix :
" Heureux l'homme accablé sous le poids des alarmes,
" Qui suit sans murmurer Jésus portant sa croix ! "





SUR LES VACANCES.


Le laurier triomphant qui couronne vos têtes,
Amis, n'est qu'un prélude à de plus douces fêtes :
Après d'heureux succès toujours vient le bonheur
Comme le fruit après la fleur.

Ainsi, sur les pas de l'Aurore
Dont la lumière au loin colore
Les monts de son reflet vermeil,
On voit, de l'onde étincelante,
Comme un guerrier couvert d'une armure éclatante
Qui d'un seul bond franchit sa tente,
S'élancer le soleil.

Espérons : l'Espérance illumine la vie
Et nous la fait moins sombre au sein de nos labeurs ;
Tel, au milieu des nuits vers la vague assombrie
Descend un blanc rayon sur un nuage en pleurs.

L'Espérance pour nous est semblable au mirage
Qui déploie au désert ses prismes enchanteurs :
Elle apparaît comme un rivage
Où le printemps sur son passage
A secoué sa corbeille de fleurs.

Dans notre course au désert de la vie,
Quand de l'adversité les sombres ouragans
Ébranlent nos sentiers déjà trop chancelants,
D'un souffle ranimant notre âme évanouie,
L'Espérance découvre à sa vue éblouie
Ses plus riches palais, ses dons les plus brillants.

À nous qu'en ce jour on couronne,
À nous, jeunes cœurs généreux,
Au milieu des soucis que le travail nous donne,
À nous l'espoir de jours heureux !

La voyez-vous, cette sainte Espérance
À nos efforts sourire avec amour,
Et tresser avec complaisance
Les palmes dont nos fronts rayonneront un jour ?

Mais au voyageur qui chemine
Vers le but où l'attend la gloire et le bonheur,
Il faut un doux repos pour retremper son cœur,
Pour relever son front que la fatigue Incline.

Quand l'aimable Printemps ramène les beaux jours,
Fuyant d'autres climats, l'hirondelle légère
Vers la chaumière
Hospitalière
Revient sur l'aile des amours.

Heureux amis, partons comme elle !
Le bonheur radieux
Luit enfin à nos yeux
Ramenant les plaisirs au visage joyeux
Avec la liberté sa compagne fidèle,
Heureux amis, partons ainsi que l'hirondelle :

Pour nous enfin se lèvent les beaux jours !
Parlons, ainsi que l'hirondelle :
Vers la demeure paternelle
Volons sur l'aile des amours !


Page 413 et suivantes :

Revue catholique : recueil religieux, philosophique, scientifique, historique et littéraire - 1847 :

https://books.google.ca/books?id=w1wTAAAAQAAJ&pg=PA718&lpg=PA718&dq=pages+d%C3%A9tach%C3%A9es+par+BENOIT+QUINET&source=bl&ots=ETZG4NZGKa&sig=ACfU3U2o3NX6GLM-aIiiXcYakos6oJxfAw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiMwrD4sZvgAhVDs1kKHbKEBdkQ6AEwCHoECAIQAQ#v=onepage&q=pages%20d%C3%A9tach%C3%A9es%20par%20BENOIT%20QUINET&f=false
Roger Boivin
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