LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

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Message  Monique le Mer 28 Nov 2018, 9:48 am

La volonté de Dieu est donc la sanctification des âmes.

Il n'y a pas une seule seconde où, à n'importe quel point
de l'univers, vous pourriez être surpris par autre chose.
Voilà la raison de tous ces grands et petits événements
qui secouent les nations, les familles et la vie privée de
différentes manières. C'est pourquoi Dieu me veut
aujourd'hui malade, contredit, humilié, oublié, pourquoi
Il me veut m'offre cette heureuse rencontre, m'offre
cette difficulté, me fait m'écraser contre cette pierre et
me livre à cette tentation. Toutes ces procédures sont
déterminées par son amour, son désir pour mon plus
grand bien. Avec quelle confiance et docilité ne devrions-
nous pas nous laisser faire et de réciprocité si nous
comprenons mieux ses voies miséricordieuses ? D'autant
plus qu'il se met constamment au service de son père la
bonté, le pouvoir infini, la sagesse irréprochable. En fait,
il connaît le but particulier de chaque âme, le degré de
gloire auquel il la destine dans le ciel, la mesure de
sainteté qu'il lui a préparée. Pour atteindre la fin et la
perfection sait ce que quelles épreuves il doit traverser,
quelles humiliations il doit subir. Dans ces mille
événements dont se formera l'intrigue de son existence,
c'est la Providence qui a le fil conducteur et qui dirige tout
vers la fin proposée. Du côté de Dieu qui en dispose, il n'y
a que la lumière, la sagesse, la grâce, l'amour et le salut.
Parce qu'étant infiniment puissant, il peut faire tout ce
qu'il veut. Il est le propriétaire, a dans son pouvoir la vie et
la mort, conduit aux portes de la tombe et puise en elle.
Il y a des ombres et des lumières en nous, un temps de paix
et un temps d'affliction ; il y a des biens et des maux ;
tout vient de Lui, il n'y a absolument rien que Sa volonté ne
possède souverainement.  Il fait tout selon son libre conseil,
et s'il a décrété de sauver Israël, il n'y a personne qui puisse
s'opposer à sa volonté, personne qui puisse lui faire changer
ses desseins ; contre le Seigneur il n'y a ni sagesse, ni
prudence, ni profondeur du conseil.

Il est vrai qu'il dispose d'êtres rationnels respectant leur libre
arbitre. Ils peuvent donc s'opposer à leur propre volonté, et
ils semblent l'avoir sous contrôle. Mais en réalité, la
résistance des uns et l'obéissance des autres lui sont
connues de toute éternité, et il en a tenu compte dans ses
plans ; trouve dans les ressources infinies de sa Sagesse
omnipotente la plus grande facilité pour transformer les
obstacles en moyens, afin de faire servir notre bien les
machinations que l'enfer et les hommes veulent nous faire
perdre. «Ce que j'ai résolu, dit le Seigneur en Isaïe,
restera stable, ma volonté s'accomplira en toutes choses.»

Faites ce que vous voulez ; la volonté de Dieu doit être
faite ; Il vous laissera agir selon votre libre arbitre, en vous
réservant de donner à chacun selon ses œuvres ; mais tous
les moyens que vous pouvez utiliser pour éviter ses desseins,
Il saura les faire servir pour l'accomplissement de ceux-ci.
«Alors, que pouvons-nous craindre, que ne pouvons-nous
pas espérer, enfants d'un Père si riche de bonté pour nous
aimer et de volonté pour nous sauver, si sage pour nous
donner les moyens appropriés à cette fin et si modéré pour
les appliquer, si bon pour vouloir, si perspicace pour
commander, si prudent pour exécuter ?»

A SUIVRE...

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Message  Monique le Jeu 29 Nov 2018, 8:54 am

RÉPONSE À CERTAINES OBJECTIONS

«Les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres; comme les
cieux s'élèvent au-dessus de la terre, ainsi les voies du
Seigneur dépassent nos voies».
 De là surgit une myriade
de mauvaises intelligences entre la Providence et l'homme
qui n'est pas très riche en foi et en abnégation. Nous en
indiquerons quatre.

1º La Providence est gardée dans l'ombre pour donner place
à notre foi, et nous voudrions voir. Dieu se cache derrière
des causes secondaires, et plus elles apparaissent, plus il se
cache. Sans Lui, ils ne pourraient rien être ; ils n'existeraient
même pas ; nous le savons, et pourtant, au lieu de nous
élever à Lui, nous commettons l'injustice de nous tenir sur le
fait extérieur, agréable ou gênant, plus ou moins enveloppé
de mystère. Elle évite de nous montrer le but particulier
qu'elle poursuit, les chemins qu'elle nous mène et ceux que
nous avons déjà parcourus. Au lieu d'avoir une confiance
aveugle en Dieu, nous aimerions savoir, nous oserions
presque lui demander des explications. Est-ce qu'un enfant
s'inquiète de savoir où sa mère le conduit, pourquoi il choisit
cette voie plutôt que l'autre ? Par chance, le patient ne confie
-t-il même pas sa santé, sa vie, l'intégrité de ses membres au
médecin, au chirurgien ? C'est un homme comme nous, et
pourtant on a confiance en lui à cause de son abnégation, de
sa science et de ses capacités. Ne devrions-nous pas avoir
infiniment plus confiance en Dieu, médecin omnipotent,
Sauveur incomparable ? Au moins, quand tout est sombre
autour de nous et que nous ne savons même pas où nous
sommes, nous aimerions un rayon de lumière. Oh, si nous
pouvions même réaliser que la grâce est celle qui travaille et
que tout va bien ! Mais d'ordinaire, on ne remarquera pas le
travail du décorateur divin avant qu'il ne soit terminé. Dieu
veut que nous nous contentions d'une foi simple et que nous
Lui fassions confiance, avec un cœur tranquille, dans les
ténèbres. Première cause de douleur !

A SUIVRE...

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Message  Monique le Ven 30 Nov 2018, 8:16 am

2º La Providence a des vues différentes des nôtres, soit
sur la fin qui est proposée, soit sur les moyens destinés à
l'atteindre. Tant que nous ne nous serons pas complètement
dépouillés de l'amour désordonné des choses sur terre, nous
aimerions trouver le ciel ici-bas, ou du moins y aller par les
roses. C'est la raison pour laquelle, plus que de raison, ils
aiment les bonnes gens, l'affection des leurs, le confort de
la piété, la tranquillité intérieure, etc. et pourquoi ils goûtent si
peu l'humiliation, les revers, la maladie, l'épreuve sous toutes
ses formes. Les consolations et le succès nous sont présentés
plus ou moins comme la récompense de la vertu, la sécheresse
et l'adversité comme la punition du vice ; nous nous
émerveillons de voir souvent les méchants prospérer et souffrir
les justes ici-bas. Dieu, d'autre part, n'a pas l'intention de nous
donner le paradis sur terre, mais de nous le rendre aussi
parfait que possible. Si le pécheur est obstiné à se perdre, il
faut qu'il reçoive à temps la récompense du peu qu'il fait bien.
Quant aux élus ils auront leur salaire au ciel ; l'essentiel,
pendant que les élus viennent, c'est qu'ils se purifient, qu'ils
deviennent riches en mérites. Le test est tellement bon à cet
effet! Ne pas écouter mais son amour austère et sage, Dieu
travaillera à reproduire Jésus-Christ en nous afin de nous faire
régner avec Jésus glorifié. Qui d'autre ne connaît pas les
béatitudes annoncées par le Divin Maître ? Ainsi, la croix sera
le présent qu'il offrira volontiers à ses amis. «Considère ma
vie pleine de souffrances, dit-il à Sainte Thérèse, persuade-toi
qu'il est le plus aimé de mon Père qui reçoit de grandes croix ;
la mesure de son amour est aussi la mesure des croix qu'il
envoie. Comment pourrais-je mieux démontrer ma prédilection
que de désirer pour vous ce que je désirais pour moi-même ?»

Le langage divin et le plus sage, mais combien peu le
comprennent ! Et c'est la deuxième cause d'erreurs.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Sam 01 Déc 2018, 8:51 am

3º La Providence secoue les coups durs et la nature
se lamente. Nos passions bouillonnent, notre fierté nous
réduit, notre volonté se laisse entraîner. Profondément
blessé par le péché, nous ressemblons à un homme malade
avec un membre gangrené. Nous sommes convaincus qu'il
n'y a pas de remède pour nous, sauf l'amputation, mais
nous n'avons pas le courage de le faire de nos propres mains.
Dieu, dont l'amour ne connaît aucune faiblesse, se prête à
nous rendre ce service douloureux. Par conséquent, il nous
enverra des contradictions imprévues, des abandons, des
mépris, des humiliations, la perte de nos biens, une maladie
qui nous mine : autant d'instruments avec lesquels le membre
gangrené se lie et se serre, blesse la partie la plus commode,
coupe et s'approfondit bien à l'intérieur jusqu'à ce qu'il atteigne
le vivant. La nature crie ; mais Dieu ne l'écoute pas, parce que
ce traitement brutal est guérison, c'est la vie. Ces maux qu
nous viennent de l'extérieur sont envoyés pour faire tomber ce
qui monte à l'intérieur, pour limiter notre liberté qui s'égare et
pour freiner nos passions qui s'emballent. C'est pourquoi Dieu
permet que des obstacles s'élèvent partout à nos desseins, que
nos œuvres aient tant d'épines, que nous ne jouissions jamais
de la tranquillité tant désirée et que nos supérieurs fassent
souvent le contraire de nos désirs. C'est pourquoi la nature a
tant de maladies, d'affaires, tant de péchés, d'hommes,
d'injustices, et leur caractère, tant d'inégalités inopportunes. A
droite et à gauche, nous sommes confrontés à mille oppositions
différentes, afin que notre volonté, trop libre, donc éprouvée,
rétrécie et fatiguée partout, puisse se désinvestir à la fin d'elle-
même et ne chercher que la volonté de Dieu. Mais elle résiste à
la mort, et c'est la troisième cause de mécontentement.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 02 Déc 2018, 1:22 pm

4º La Providence emploie parfois des moyens déconcertants.
"Ses jugements sont incompréhensibles" ; nous ne
saurions pas pénétrer ses motivations, ou s'engager dans
les voies qu'il choisit pour les mettre en œuvre. "Dieu
commence par réduire au néant ceux à qui il commande
quelque entreprise, et la mort est le chemin ordinaire par
lequel il mène à la vie ; personne ne sait où il passe,''
et,
d'autre part, comment son action contribuera-t-elle au bien
de ses fidèles ? Nous ne le voyons pas et nous croyons
même souvent voir le contraire. Mais adorons la divine
Sagesse qui a parfaitement combiné toutes choses, soyons
bien persuadés que les mêmes obstacles serviront de
moyens et qu'elle réussira toujours à extraire des maux
permis par le bien invariable qu'elle propose, à savoir le
progrès de l'Église et des âmes pour la gloire de son Père.

Par conséquent, si nous considérons les choses à la lumière
de Dieu, nous arriverons à la conclusion que bien souvent
les maux de ce monde ne sont pas des maux, les biens ne
sont pas des biens, il y a des malheurs qui sont des coups
de la Providence et des succès qui sont une punition.

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Message  Monique le Lun 03 Déc 2018, 10:35 am

Citons quelques exemples parmi mille, pour mettre ces
vérités dans toute leur splendeur. Dieu s'engage à faire
d'Abraham le père d'un grand peuple, à bénir toutes les nations
de sa race, et voici qu'il lui commande de sacrifier l'enfant des
promesses. Avez-vous oublié le mot donné ? Certainement non:
mais il veut éprouver la foi de son serviteur, et avec le temps il
arrêtera son bras. Il propose de soumette Joseph au pays des
pharaons, et commence par l'abandonner à la malice de ses
frères ; le pauvre jeune homme est jeté dans une citerne,
emmené en Égypte, vendu comme esclave, puis passé des
années en prison, tout semble perdu, et pourtant c'est là que
Dieu le conduit vers ses glorieuses destinées. Gédéon est
miraculeusement choisi pour délivrer son peuple du joug des
Madianites, improvisent des soldats qui ne seront qu'un contre
quatre. Au lieu d'augmenter leur nombre, le Seigneur rejette la
plus grande partie, ne conservant que trois cents et, les armant
de trompettes, de lampes, de cruches d'argile, les conduit où,
dirons-nous, au combat ou au massacre ?  Et avec cette armée
improbable, c'est par elle qu'il assure à son peuple une victoire
surprenante et certaine. Mais quittons l'Ancien Testament.

Après les ovations et des bouquets, Notre-Seigneur est trahi,
saisi, abandonné, nié, jugé, condamné, giflé, fouetté, crucifié, et
perd sa réputation. Est-ce ainsi que Dieu le Père assure à son
Fils l'héritage des nations ? L'enfer triomphe et tout semble
perdu, cependant, le salut vient à nous juste là. Pour confondre
ce qui est fort, Jésus choisit ce qui est faible. Avec douze
pêcheurs ignorants et peu prestigieux, il se lance dans la
conquête du monde ; ils ne sont rien, mais Il est avec eux. Il
laisse la persécution durer trois siècles et, selon sa parole
prophétique, elle ne doit pas cesser ; il renouvelle l'Église au lieu
de la détruire, et le sang des martyrs est encore aujourd'hui le
jour des semences des chrétiens. L'impiété des philosophes, les
astuces des hérésiarques se préparent à l'assaut pour éteindre les
étoiles du ciel ; et avec cela précisément la foi devient plus
explicite et plus lumineuse. Les rois et les peuples rugiront contre
le Seigneur et contre son Christ, qui est pourtant leur véritable
soutien, mais le temps est venu qu'Il a choisi, «le Fils du
charpentier, le Galiléen»
, toujours victorieux, il enfermera ses
persécuteurs dans un cercueil et les convoquera à sa cour. Tandis
que la terre s'agite dans des révolutions sans fin, la croix reste
debout, indestructible et lumineuse sur les ruines des trônes
et des nationalités.

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Message  Monique le Mar 04 Déc 2018, 8:14 am

Qu'il ait ses propres moyens, des moyens improbables, que
Dieu choisira pour sauver un peuple, pour déplacer les
foules, pour fonder des familles religieuses.

Il fut un temps où le royaume de France était pitoyable ;
pour le soustraire à une perte totale et imminente, Dieu va
lever non pas des armes puissantes, mais une fille innocente,
un pauvre petit berger de moutons, et avec cet instrument
faible il libère Orléans et conduit triomphalement le roi à
Reims pour être consacré. De nos jours, des pays entiers sont
émus par la voix du Curé d'Ars, le plus humble prêtre rural,
et à l'exception de la sainteté, un homme dont la valeur
diminue. Dieu a voulu notre Ordre : il élève trois saints pour le
fonder et lui prépare les bénédictions les plus abondantes, et
pourtant la persécution qui est tombée sur nos Pères à Molisme
les a suivis à Cister. Saint Robert est forcé par obéissance de
laisser son travail inachevé. Saint Albéric pendant son
gouvernement et Saint Étienne pendant quelques années
reçoivent à peine des novices. La mort fait ses vides et une
épidémie arrache la moitié de la petite Communauté. Les
survivants se demandent, non sans anxiété, s'ils auront des
successeurs ou si leur travail va disparaître avec eux.
La Divine Providence voudra-t-elle détruire ses desseins pieux ?
Au contraire, il veut les sécuriser de cette façon, mais à sa
manière ; il entend sanctifier les fondateurs, il met en pratique
tous les points de la Règle, il établit solidement l'observance et
la vie intérieure. Une fois la ruche prête, elle attirera les abeilles
par essaims.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Mer 05 Déc 2018, 1:42 pm

Dieu révèle à la vénérable Maria Postel qu'elle doit de fonder,
au milieu de nombreuses tribulations, une Communauté qui
sera la plus grande du diocèse de Coutances. Pendant trente
ans, elle sera conduite sur des chemins obscurs, soumise à
toutes sortes d'épreuves, contredites par les événements,
prouvées par des échecs répétés : le Seigneur oublie-t-il sa
promesse ? Au contraire, c'est ainsi qu'elle assure son
parfait accomplissement, élevant la fondatrice à la sainteté
la plus élevée, impressionnant la Congrégation l'esprit qui
devrait toujours l'animer. Alphonse Liguori, illustre
Fondateur des Rédemptoristes, fut dans ses dernières
années accusé avec indignation par deux de ses propres
personnes devant le Souverain Pontife ; il fut condamné,
privé de sa charge de Supérieur général et même exclu de
l'Institut qui lui devait son existence. Animez-vous en lisant
la vie de saint Joseph Calasanz, le Fondateur des Écoles
Pieuses, qui, comme lui, a été persécuté, expulsé de son
Ordre et dont l'Institut était supprimé, puis rétabli par le
Saint-Siège. Mais Saint Alphonse prédit : que Dieu, qui a
voulu la Congrégation dans le royaume de Naples, saura la
garder en lui, et que, suivant l'exemple de Lazare, elle
sortira du tombeau pleine de vie, quand il n'existera plus.
"Dieu a permis la résignation, dit-il, pour multiplier les
maisons dans les États pontificaux."
Et en effet, quand le
vieux saint aura pressé la coupe des humiliations et des
peines jusqu'aux fèces, quand il aura souffert son martyre
avec une patience inaltérable, le schisme, cause de ce
martyre, cessera comme par exaltation ; la Congrégation,
plus florissante que jamais, étendra ses branches à tous les
pays. Ainsi, cette horrible tempête qui semblait annihiler
l'Institut fut le moyen choisi par Dieu pour le répandre dans
le monde entier, tout en consommant la sainteté du
Fondateur.  Et le jour vint où les persécuteurs du Saint
furent les plus déterminés, selon sa prédiction, à demander
la fin du schisme, à tel point que le succès momentané de
leurs machinations les imprégna et remplit leurs vies de
déceptions et de remords !

Quand il s'agit de la sanctification individuelle, Dieu suit les
mêmes chemins, toujours austères et parfois déconcertants.

Notre Père Saint Bernard aime avec passion sa solitude
pleine de Dieu, "sa solitude bénie est sa seule béatitude".
Une seule chose demande au Seigneur : la grâce d'y passer
le reste de ses jours, mais le divin l'arrachera encore et
encore aux pieux exercices du cloître, le jettera au milieu
d'un monde qu'il abhorre, dans l'agitation des affaires de
mille autres peuples à sa perfection, contrairement à ses
goûts du repos en Dieu.

Il ne peut pas être tout pour son Bien-Aimé, pour son âme,
pour ses frères, et donc, il est anxieux. ''Ma vie, dit-il, est
monstrueuse et ma conscience est tourmentée. Je suis la
chimère du siècle, ni en tant que pasteur, ni en tant que laïc.
Bien que je sois moine à cause de l'habitude que je porte,
je n'ai pas vécu comme tel depuis longtemps. Ah, Seigneur !
Il vaudrait mieux mourir, mais parmi mes frères."
Dieu ne
l'écoute pas, du moins en ce sens, et il faut le bénir pour cela.
Parce que le saint "conseille les papes, pacifie les rois,
convertit les peuples, met fin au schisme, abolit l'hérésie,
prêche la croisade".
Et au milieu de tant de prodiges et de
triomphes, il reste humble, il sait devenir une solitude
intérieure, il conserve toutes les vertus d'un moine parfait et
ne retourne pas dans son cloître mais accompagné par une
multitude de disciples. Ce n'est pas la chimère, c'est la
merveille de son siècle.

A SUIVRE...  

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Message  Monique le Jeu 06 Déc 2018, 7:21 am

Dépassé par le poids des affaires, Saint Pierre Célestin
soupire de sa solitude bien-aimée et abdique le Pontificat
suprême pour la retrouver. Dieu le lui accorde, mais d'une
manière totalement contraire à ce qu'il avait pensé, parce qu'il
a été mis en prison. "Pierre, se dit-il alors en lui-même, tu
as ce que tu désires depuis si longtemps, la solitude, le silence,
la cellule, la clôture, l'obscurité dans cette prison étroite et
bénie. Bénissez Dieu sans cesse, car Il a satisfait les désirs de
votre âme d'une manière plus sûre et plus agréable à ses yeux
que celle que vous avez projetée. Dieu veut être servi à sa
manière, pas à la vôtre."
Le chevalier de Loyola, blessé
devant les murs de Pampelune, pouvait envisager son futur
coulé, mais là Dieu l'attendait pour le conduire à travers cet
accident mille fois heureux à la merveilleuse conversion dont la
Compagnie de Jésus devait naître.

N'est-ce pas comme cela que, jour après jour, la main de Dieu
nous fait mal pour nous sauver nous-mêmes ? La mort met en
évidence dans nos rangs et nous enlève les personnes avec
lesquelles nous comptions ; les relations inexplicables
dénaturent nos intentions et nos actes ; nous sommes ainsi
enlevés, au moins en partie, la confiance de nos supérieurs,
nos peines intérieures abondent, notre santé disparaît, les
difficultés se multiplient à l'intérieur et à l'extérieur, la menace
se suspend toujours sur nos têtes. Nous invoquons le Seigneur,
et nous faisons bien. Peut-être lui demandons-nous de mettre
de côté l'épreuve ; et comme un père aimant et tendre, mais
infiniment plus sage que nous, il n'a pas la compassion cruelle
d'écouter nos supplications s'il les trouve en contradiction avec
nos véritables intérêts, préférant nous garder sur la croix et
nous aider à mourir plus complètement pour nous mêmes, et à
en tirer une nouvelle sève de foi, d'amour, d'abandon ; de vraie
sainteté.

Bref, ne remettons jamais en question l'amour de Dieu pour nous.
Croyons sans hésitation en la sagesse, en la puissance de notre
Père qui est aux cieux. Peu importe les difficultés, peu importe
les événements menaçants, prions, faisons ce que la Providence
nous demande, acceptons l'épreuve à l'avance si Dieu le veut,
abandonnons-nous confiés à notre bon Maître, et avec une telle
conduite, tout, absolument tout, deviendra le bien de notre âme.
L'obstacle des obstacles, le seul qui peut faire échouer les
desseins d'amour de Dieu sur nous, serait notre manque de
confiance et de soumission, car Il ne veut pas violer notre
volonté. Si par notre résistance nous faisons échouer ses plans
de miséricorde, sa volonté sera en tout cas le dernier mot au
temps de sa justice, et finalement il trouvera sa gloire. Dès que
pour nous, nous aurons perdu cette augmentation du bien qu'Il
voulait nous faire.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Ven 07 Déc 2018, 10:27 am

4. L'AMOUR DE DIEU

Puisque le Saint Abandon est parfait, aimant et conforme à la
filiation, il ne peut être qu'un effet de charité ; il est son fruit
naturel, de sorte qu'une âme qui est venue à vivre par amour
vivra aussi par abandon. Il est propre d'aimer, en effet, d'unir
étroitement l'homme à Dieu, la volonté humaine avec le bon
plaisir divin. D'autre part, cette perfection du conformisme
présuppose une plénitude de détachement, de foi, de
confiance, et seul l'abandon sacré nous élève à de tels
sommets et nous y conduit aussi naturellement.

L'amour dispose à l'abandon par un détachement parfait.
L'exercice habituel de l'abandon exige une vraie mort à
nous-mêmes. D'autres causes pourront le commencer, mais
elles n'auront pas la délicatesse ou la force nécessaire pour
le mener à son terme, pour lequel "un amour fort comme la
mort"
sera nécessaire. Mais l'amour réussira, parce qu'il
convient qu'il oublie tout, qu'il se donne sans réserve et qu'il
n'admet pas la division : ni veut voir mais le Bien-Aimé, ne
cherche pas mais le Bien-Aimé, aime tout  combien il plaît au
Bien-Aimé. "L'amour de Jésus-Christ, dit saint Alphonse, nous
met dans l'indifférence totale ; ce qui est doux, ce qui est
amer, tout devient pareil ; on ne veut rien de ce qui nous plaît,
on veut tout ce qui plaît à Dieu ; on veut tout ce qui plaît à
Dieu avec la même satisfaction dans les petites choses que
dans les grandes, dans ce qui est agréable et dans ce qui ne
l'est pas ; tant qu'il plaît à Dieu, tout est bon. Telle est la force
de l'amour quand il est parfait, dit Sainte Thérèse-, il oublie
tout avantage et tout plaisir personnel, pour ne pas penser
mais pour satisfaire Celui qui aime"
. Et Saint François de
Sales d'ajouter, avec son langage gracieux : "Si ce n'est que
mon Sauveur que j'aime, pourquoi n'aimerais-je pas le Calvaire
autant que Thabor, puisqu'il se trouve aussi bien dans l'un que
dans l'autre ? J'aime le Sauveur en Égypte, sans aimer l’Égypte,
pourquoi ne l'aimerais-je pas dans le banquet de Simon le
lépreux sans aimer le banquet ? Et si je l'aime parmi les
blasphèmes qu'ils lui lancent, sans aimer de tels blasphèmes,
pourquoi ne l'aimerai-je pas parfumé du précieux parfum de la
Madeleine, sans aimer ni le parfum, ni l'onguent"
Et comme
il le dit, ainsi le pratique-t-il.


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Message  Monique le Sam 08 Déc 2018, 11:02 am

Jésus est certainement le Sauveur du monde. Il élève des
cœurs généreux, qu'il associe à son œuvre de Rédemption et,
par conséquent, à son sacrifice, suscitant en eux un zèle ardent
pour les âmes perdues et pour l'Aimé si mal servi et si offensé.
Se plaindre à Gemma Galgani de malice, d'ingratitude et
d'indifférence générale. On l'oublie comme s'il n'avait jamais aimé,
jamais souffert, comme s'il était inconnue de tous. Les pécheurs
sont obstinés dans le mal, les tièdes ne deviennent pas violence,
les affligés tombent dans le découragement. Il est laissé presque
seul dans les églises et son cœur déborde continuellement de
tristesse. Il a besoin d'une immense expiation, principalement pour
les péchés et les sacrilèges dont il est scandalisé par les âmes
choisies parmi mille. Gemma accepte avec un cœur magnanime
sa mission d'amour et d'expiation : "Je suis une victime, dit-elle,
et Jésus est le sacrificateur. Souffrir, souffrir, mais sans aucune
consolation, sans le moindre soulagement, ne souffrir que par
amour. Il me suffit d'être victime de Jésus, d'expier mes
innombrables péchés et, si possible, ceux du monde entier."

C'est comme ça que parle cette jeune femme innocente.

Toutes les grandes âmes que l'auguste Victime associe d'une
manière particulière à son œuvre de Rédemption sont
marquées du sceau de la croix. Selon l'heureuse expression de
Sœur Elisabeth de la Trinité, "Il devient en eux une humanité
supplémentaire, dans laquelle il peut encore souffrir pour la
gloire de son Père et les besoins de son Église et perpétuer ici-
bas sa vie de réparation de sacrifice, louange et adoration.''

Non moins belle sont les paroles d'une âme brûlante de désir de
voir Dieu : "Au temps de la persécution, dit-il, à l'heure où les
femmes de Jésus sont appelées au Calvaire, ce n'est pas mon
rêve de mourir, je veux aller au Golgotha avec Jésus , je veux
souffrir avec Lui et pour Lui, et quand l'heure de Son triomphe
sera venue, ah, alors je serai heureux de Le rejoindre. Pour Vous,
mon Jésus, je veux mourir, mourir sans aucune consolation,
mais d'abord je veux que Vous vivez caché, ignoré et méprisé.
Pour vous consoler, mon Jésus, et pour vous gagner des âmes,
je veux m'oublier moi-même, me renier, m'immoler. Je n'aime
pas la souffrance, Vous le savez bien ; quand elle vient, la nature
se rebelle souvent, mais dans le fond de pouvoir souffrir quelque
chose pour Vous. Ô Jésus, mon cœur est trop petit pour vous
aimer, donnez-moi le cœur de tous les hommes qui ne vous
aiment pas, pour que je les consacre à l'amour pur."

A SUIVRE...

LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey) - Page 3 Abrazo62


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LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey) - Page 3 Empty Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Dim 09 Déc 2018, 9:20 am

La sainte angélique Thérèse de l'Enfant-Jésus aurait voulu
être prêtre pour porter Jésus dans ses mains, pour le
donner aux âmes ; elle aurait voulu éclairer le monde ;
comme des médecins pour annoncer l’Évangile à toute la
terre et en tous temps ; J'aurais voulu avant tout le
martyre, avec toutes sortes de tortures. "Comme vous,
mari adoré, voudrait être fouetté, crucifié ; voudrait
mourir écorché comme Saint  Bartholomé ; comme Saint
Jean aimerait être immergé dans l'huile bouillante ; le
désir, comme Saint Ignace d'Antioche, d'être écrasés par
les dents des bêtes, pour devenir du pain. digne de Dieu ;
avec Sainte Agnès et Sainte Cécile, je voudrais vous offrir
mon cou à l'épée du bourreau, et comme Jeanne d'Arc, sur
un feu de joie ardent prononcent le doux nom de Jésus."

Mais comme Dieu l'a disposée d'une autre manière, sa
vocation sera l'amour, et elle le prouvera en jetant des fleurs,
c'est-à-dire qu'elle ne laissera passer aucun sacrifice aussi
petit soit-il, aucun regard, aucune parole, et profitera des
moindres actions pour les faire par amour, elle souffrira et se
réjouira, même par amour.

Que Dieu accorde que de tels sentiments si élevés nous
guident toujours dans la pratique du Saint Abandon ! Les
grandes âmes que nous nous réjouissons de citer, s'étaient
offertes comme victimes et demandaient parfois de la
souffrance ; nos pensées sur cette façon de procéder se sont
déjà manifestées.

A SUIVRE...

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LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey) - Page 3 Empty Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Lun 10 Déc 2018, 9:44 am

6. L'EXEMPLE DE NOTRE-SEIGNEUR

Pour une âme qui se sent captivée par l'amour de Dieu,
rien ne la conduit autant à l'abandon que l'exemple de
son Maître bien-aimé. Il plaît souverainement à l'âme,
et elle à son tour ne veut que lui plaire, et s'efforce
donc de l'imiter en toutes choses. Maintenant, toute sa
vie n'a été qu'obéissance et abandon.

Il fait son entrée dans le monde, et "il vient d'abord
et avant tout, dit Monseigneur Gay, pour son Père". Lui,
son Père, est l'objet de toute sa religion et la fin du
sacrifice.''
Il lui parle et dit : "Voici, je viens pour
faire votre volonté."
Ben, quoi ! Ne vient-il pas
prêcher, travailler, mourir, souffrir, surmonter l'enfer, et
pour sauver le monde avec sa croix ?

"C'est son œuvre, comme il le sait bien, car ses yeux à
peine ouverts ont déjà tout vu et son cœur l'a
immédiatement embrassé. Il veut tout accomplir,
jusqu'au dernier degré, et il le veut sincèrement et avec
une volonté pleine d'amour et d'efficacité... mais il veut
tout cela, parce que la volonté éternelle de son Père est
telle et seule cette volonté le touche et le décide. Mais
voyant tout le reste, il ne regarde que cela ; il n'en
parle qu'en parlant et il ne veut qu'en dépendre. Cette
volonté divine est tout : commencement, fin, raison,
lumière, soutien, manoir, nourriture, récompense. En
elle, donc, elle est soutenue, réduite à elle, affirmée en
elle, et puis exécutant tant de choses, et si hautes et si
inédites et si surhumaines, elle ne fera jamais rien
d'autre que cette chose simple, où nos enfants
sont capables de l'imiter : il fera la volonté de son Père
et à elle il se rendra sans réserve et vivra complètement
abandonné."


Cette obéissance et cet abandon trouvent leur origine
dans son amour pour le Père ; c'est la plénitude de
l'abandon, parce que c'est la plénitude de l'amour ;
amour filial, confiant, désintéressé, généreux, sans
réserve ; amour débordant de reconnaissance pour
les biens reçus dans l'humanité sainte; amour plein de
zèle, d'abnégation et d'humilité ; Victime de tous les
péchés du monde, estime tous les châtiments, car
aucune souffrance n'est excessive pour réparer la gloire
de son Père et lui rendre des enfants lointains et
pourtant si tendrement aimés.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Mar 11 Déc 2018, 8:37 am

L'amour filial, et en même temps l'amour enfantin.
''Car quoi d'autre, dit Mgr Gay, Notre-Seigneur-Jésus,
le Fils du Père Éternel, vrai Dieu et vrai Homme,
selon son Humanité, n'a-t-il été qu'un enfant ? Pour
nous, c'est l'état dans lequel il voulait apparaître ;
mais pour son Père, aux yeux de la Divinité, de sa
propre Divinité, il n'a jamais cessé et ne cessera
jamais d'être un enfant. Cette humanité gouverne
tous les êtres ; les séraphins embrassent ses pieds
et la saluent comme leur maîtresse et souveraine ;
leurs sujets sont les rois ; les peuples, leur héritage ;
les anges, leurs messagers. Elle est reine dans la
manière dont Dieu est Roi, et pourtant, je le répète,
ce n'est certainement pas un enfant, un enfant d'un
jour et d'une heure, qui n'a ni pensée, ni parole, ni
mouvement, ni vie de lui-même ou d'elle-même ;
un petit enfant caché dans le sein, porté dans les
bras, consacré à ses droits, ses volontés, ses
bénédictions, ses habitudes, son sourire d'enfant,
ses caresses sans pareil, cet amour infini du Divin
que sont le père et la mère.  Tout cela copie l'âme
abandonnée, car étant Dieu notre Père, quel est
notre âge, notre stature et notre attitude à son
égard ? Même si nous étions un Saint Pierre, ou
un Saint Paul, ou un de ces géants en sainteté
serions-nous jamais grands devant Dieu ?"


Si nous pouvions suivre la vie de Notre-Seigneur
Jésus-Christ même dans ses propres actes, nous
trouverions partout l'amour, la confiance, la
docilité, l'abandon enfantin d'un enfant. Citons
quelques exemples de Saint François de Sales.

"Voici le pauvre Enfant dans la grotte, qui reçoit
la pauvreté, la nudité, la compagnie des animaux,
toutes les intempéries, le froid et tout ce que son
Père laisse venir à lui. Il n'est pas écrit qu'il a
étendu les mains à la recherche du sein de sa
Mère, mais il ne refuse pas les petits soulagements
qu'Elle lui donne.  Il reçoit les services de Saint
Joseph, les adorations des rois et des bergers, et
tout cela avec la même égalité d'esprit. Donc, rien
ne devrait nous faire désirer ni rien à refuser, mais
à souffrir et à recevoir avec égalité d'esprit tout ce
que la Providence nous permet de faire."


"Si l'on avait demandé au doux enfant Jésus, porté
dans les bras de sa Mère, où allait-il, n'aurait-il pas
eu raison de répondre : Je n'irai pas, c'est ma Mère
qui va pour moi ? et à qui j'aurais demandé : Mais
au moins, n'allez-vous pas avec votre Mère ? j'aurais
pu dire à juste titre : Non ; je n'irai d'aucune façon,
ou si je vais où ma Mère me conduit, ce n'est pas
par mes propres pas, c'est par les pas de ma Mère
que je vais. La façon dont ma mère m'aime, c'est
ce qu'Elle veut pour moi et je vous laisse aussi bien
le soin d'y aller que celui de vouloir. Sa volonté est
suffisante pour Elle et pour moi, sans que j'aie envie
d'aller ou de venir ; je me moque qu'elle marche vite
ou lentement, qu'elle aille par ici ou par là ; je ne suis
pas contre son désir d'aller ici ou là et je suis content
de toujours être dans ses bras et de rester étroitement
attaché à son cou amoureux.''

A SUIVRE...

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Message  Monique le Ven 14 Déc 2018, 2:56 pm

Dans sa fuite vers l’Égypte, Notre-Seigneur, qui est la
Sagesse éternelle, et qui a joui de l'usage parfait de
la raison, n'avertit pas Saint Joseph ou sa très douce
Mère de ce qui allait leur arriver. Il ne voulait
entreprendre rien d'autre que la mission de l'ange
Gabriel qui avait été chargé par le Père d'annoncer le
mystère de l'Incarnation, pour être dès lors l'économe
général de la Sainte Famille, pour s'en occuper dans les
différents événements. Cet Enfant Tout-Puissant, mais
doux et humble de cœur, se laissa conduire où ils
voulaient et par qui il voulait l'emmener, fut laissé
docilement entre les mains de l'ange même s'il n'avait
ni science, ni sagesse qui puisse être comparée à Sa
divine Majesté.

"Certains contemplatifs ont supposé que Notre-
Seigneur en Égypte, dans l'atelier de Saint Joseph et
pendant les trente ans de son adorable vie cachée,
s'occupait parfois de faire des croix",
et les offrit
à ses amis - une méthode qui n'a pas changé. Dévoré
de zèle pour la gloire de son Père, de l'Église et pour
les âmes, "il avait mille faiblesses d'amour ; il a vu le
temps d'être baptisé de son propre sang et langui en
soupirant pendant que cela arrivait, afin de nous voir
libres, par sa mort, de la mort éternelle."
Et
pourtant, lorsqu'il entre au Jardin des Oliviers, il se
soumet aux terribles assauts de la peur et de la
répugnance, "les souffrant volontiers à cause de nous,
pouvant en être délivrés. La douleur lui cause l'angoisse
de la mort, et l'amour lui cause un ardent désir, une
cruelle agonie entre le désir et l'horreur de la mort,
jusqu'à l'effusion abondante de son sang qui coule
comme d'une fontaine et arrose la terre".
Mais il ne
cesse de répéter avec amour et abandon : "Mon Père,
que ta volonté soit faite et non la mienne". Par
conséquent, "laissez-vous prendre, lier et conduire au
gré de ceux qui veulent vous crucifier, avec un
admirable abandon de votre corps et de votre vie, en les
mettant entre vos mains. De la même manière, ils vont
abandonner leur âme et leur volonté pour une parfaite
indifférence dans les mains de leur Père Éternel".


Mais avant, une douleur suprême et la plus terrible de
toutes l'attend "sur la croix", quand après avoir tout
quitté pour l'amour et l'obéissance de son Père, il fut
comme abandonné et abandonné par Lui ; et poussé
son bateau à la désolation par le torrent des passions,
l sentit à peine le compas de sa vie qui, cependant,
non seulement regarda son Père, mais lui était
inséparablement uni ; que la partie inférieure ne
connaissait ni ne remarquait, une répétition que la Divine
Providence n'a jamais faite ni ne fera jamais en aucune
autre âme, car elle ne pouvait la supporter. Pour nous
montrer ce que nous pouvons et devons faire quand nos
peines atteignent leur apogée, il se plaint à son Père
d'une manière filiale : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi
m'as-tu abandonné ?"
Mais hâtez-vous d'ajouter de
toutes vos forces et avec la plus tendre soumission :
"Mon Père, entre vos mains je remets mon esprit",
donnant ainsi à votre Père et à nous le témoignage
suprême de votre amour, "mourant dans l'amour, par
l'amour, pour l'amour et l'amour".  En même temps,
elle nous enseigne - "quand nos maux sont à leur
apogée, et que les convulsions des douleurs spirituelles
nous enlèvent tout autre soulagement et moyen de
résistance - à mettre notre esprit entre les mains de
Celui qui est notre vrai Père, et, abaissant la tête de
notre acquiescement à sa bénédiction, à lui donner
tout notre vouloir".


Cette négligence continue à l'égard du jeune enfant
a été Notre Seigneur a eu la dignité de l'étendre à
toutes sortes de roches et d'épreuves, car "Il a été
affligé dans sa vie civile, condamné comme un
criminel de la lèse majesté divine et humaine et
tourmenté d'une ignominie extraordinaire ; dans sa
vie naturelle, mourant parmi les tourments les plus
cruels et les plus sensibles qu'on puisse imaginer ;
dans sa vie spirituelle, souffrant de douleurs, de
peurs, de craintes, de frissons, d'angoisses,
d'abandon et d'afflictions intérieures, qui ne se
ressembleront jamais" ;
le tout avec toute sa
volonté soumise. "Car bien que la partie supérieure
de son âme ait été souverainement joyeux de gloire
éternelle, l'amour a empêché cette gloire de répandre
ses délices et ses sentiments, tant dans l'imagination
que dans la partie inférieure, laissant ainsi le cœur à
la merci de la tristesse et de l'angoisse".


Il nous donne ainsi un exemple pour que nous
acceptions un cœur magnanime et que nous ne
rejetions jamais ces mille preuves de l'ordre naturel
ou spirituel, dont nous devons encore faire une rapide
exposition.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Sam 15 Déc 2018, 9:05 am

L'Enfant-Jésus, pour ne parler que de Lui, a la main aussi forte
qu'elle est douce, et est assez sage pour ne pas nuire à ses
amis. Un jour, "pendant la Sainte Messe, une moniale se voit
offrir une multitude de croix dans les mains. Il y en avait de
toutes les tailles, mais surtout petites, et elles étaient si
nombreuses qu'elle pouvait à peine les tenir, et elle l'a dit avec
grâce : Vous voulez que je fasse ma cour ? (Sa cour était les
croix.) Oh, oui, Enfant aimable et gracieux -dit-elle-, je vous
aime de toute votre cour. Venez, je vous souhaite la bienvenue".


Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus s'était offerte à sa douce amie,
"pour ne pas être son petit jouet de valeur que les enfants se
contentent de regarder, sans oser le toucher, mais comme une
petite boule de peu de prix, qui pouvait être jetée à terre,
poussée avec le pied, déchirée, coincée ou serrée contre son
cœur, si tel était son goût".
En un mot, elle voulait amuser
l'Enfant-Jésus et se donner à ses caprices infantiles. Elle a
écouté sa demande et a vite brisé le petit jouet, "voulant sans
doute voir ce qu'il contenait. Impossible de décrire en des
termes plus gracieux une rude crucifixion, une vraie mort pour
elle-même, la douce main de l'Enfant-Jésus suffit pour ce travail
forcé.

La Passion est l'attraction la plus générale ; c'était celle de Notre
Père Saint Bernard. "Dès le début de ma conversion, dit-il, pour
compenser les mérites qui me manquaient, j'ai mis sur mon
cœur un petit morceau de myrrhe, formé de toutes les angoisses
et les amertumes de mon Sauveur. 'ai placé en lui les privations
de son enfance, les œuvres de sa prédication, les difficultés de
ses voyages, ses veillées de prière, ses tentations et ses jeûnes,
ses larmes de compassion, les liens étirés à ses paroles, les
trahisons du faux Frères, les clameurs, les gifles, les sarcasmes,
les insultes, les clous, tous les tourments que l’Évangile raconte
et qu'il a tant souffert pour notre salut... Personne ne peut
m'enlever cette petite action, que je garderai toujours sur mon
cœur. Je suis persuadé et en cela j'ai compté la perfection de la
justice, la plénitude de la connaissance, la richesse du salut,
l'abondance des mérites. C'est de là que vient la douce onction
de consolation. C'est ce qui m'élève dans l'adversité, ce qui me
soutient dans la prospérité, ce qui dans les joies et les peines de
la vie me conduit en toute sécurité sur le chemin royal, et ce qui
met de côté les maux qui me menacent des deux côtés... Pour
cette raison, j'ai souvent ces choses dans ma bouche, et vous le
savez ; Dieu sait que je les ai toujours dans mon cœur, il est
évident que mes écrits en sont remplis. Il n'y a pas pour moi de
philosophie plus sublime ici-bas que celle de connaître Jésus et
Jésus-Crucifié."

A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 16 Déc 2018, 1:54 pm

Un jour Notre-Seigneur montre à Gemma Galgani ses cinq plaies
ouvertes lui dit : "Regarde, ma fille, et apprends à aimer ; vois-
tu cette croix, ces épines et ces clous, cette chair livide, ces
blessures et ces plaies ? Tout est l'œuvre de l'amour et de
l'amour infini. Jusque-là, je t'aimais. Tu veux que je t'aime ? Tu
m'aimes vraiment ? Apprends d'abord à souffrir ; c'est la
souffrance qui enseigne à aimer."
Cette vue du Rédempteur,
couvert de blessures et baigné de sang, enflamma dans le cœur
de la Servante de Dieu le sentiment de l'amour jusqu'au sacrifice,
et le désir vivant de souffrir quelque chose pour Celui qui a tant
souffert pour elle. Il s'est dépouillé de tous ses bijoux : "Les seuls
joyaux qui embellissent la femme d'un roi crucifié sont les épines
et la croix." Elle veut souffrir pour ressembler à son Bien-Aimé :
"Je veux souffrir avec Jésus, s'exclame-t-elle, je veux être comme
Jésus, souffrir tant qu'il vit".
Votre ange gardien vous présente une
couronne d'épines ou une couronne de lis :

"Puis, avec une impatience aimante, elle prend la couronne d'épines,
la couvre de baisers et la serre contre son cœur. "Je ne veux pas les
consolations de Jésus ; Jésus est l'homme des douleurs, je veux aussi
être la fille des douleurs."
Au cours d'une longue tribulation, elle dit
à Notre-Seigneur : "Avec vous, il est bon de souffrir ! "Une autre âme
généreuse, Sœur Elisabeth de la Trinité, se déclare "entièrement
heureuse de pouvoir suivre le chemin du Calvaire, comme une épouse
conduisant le divin Crucifié".
Une religieuse croit entendre Notre-
Seigneur lui dire : "Veux-tu m'aimer dans la souffrance, dans
l'immolation, dans le mépris ?" Elle l'accepte avec un courage acharné,
mais quand la douleur se présente sous une forme ou une autre, le
premier mouvement est un mouvement de répulsion, et le divin Maître
ajoute : " Laisse-toi écorcher, immolé. . puisque tu es la femme d'un
Dieu crucifié, tu dois souffrir.... Buvons, ma fille, dans le même calice la
tristesse, l'angoisse et la douleur." Après les plus grandes faveurs, on
pense qu'elle est encore moins à l'abri de la douleur :  "Maintenant nous
devons boire le Christ et moi dans la même coupe, marcher de la même
façon, mourir sur la même croix."
Mais le bon Maître lui montre "que
l'on aime dans la mesure où l'on est généreux",
il lui apprend
sourire toujours à la douleur" ; elle accepte "de ne pas se consoler, de
consoler le divin et grand Affligé".
"Je veux t'aimer, grand Abandonné,
mais dans la souffrance, dans l'oubli de moi-même et des créatures.
Comment pourrais-je encore penser à moi ?"
 Ainsi, elle ne veut plus
jouir d'être proche de l'Aimé, mais de souffrir pour trouver ses délices
auprès des âmes religieuses et sacerdotales, pour mourir afin de vivre
dans tous les cœurs.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Lun 17 Déc 2018, 9:40 am

6. L'EXEMPLE DE NOTRE-SEIGNEUR

Pour une âme qui se sent captivée par l'amour de Dieu,
rien ne la conduit autant à l'abandon que l'exemple de
son Maître bien-aimé. Il plaît souverainement à l'âme,
et elle à son tour ne veut que lui plaire, et s'efforce
donc de l'imiter en toutes choses. Maintenant, toute sa
vie n'a été qu'obéissance et abandon.

Il fait son entrée dans le monde, et "il vient d'abord
et avant tout, dit Monseigneur Gay, pour son Père". Lui,
son Père, est l'objet de toute sa religion et la fin du
sacrifice.''
Il lui parle et dit : "Voici, je viens pour
faire votre volonté."
Ben, quoi ! Ne vient-il pas
prêcher, travailler, mourir, souffrir, surmonter l'enfer, et
pour sauver le monde avec sa croix ?

"C'est son œuvre, comme il le sait bien, car ses yeux à
peine ouverts ont déjà tout vu et son cœur l'a
immédiatement embrassé. Il veut tout accomplir,
jusqu'au dernier degré, et il le veut sincèrement et avec
une volonté pleine d'amour et d'efficacité... mais il veut
tout cela, parce que la volonté éternelle de son Père est
telle et seule cette volonté le touche et le décide. Mais
voyant tout le reste, il ne regarde que cela ; il n'en
parle qu'en parlant et il ne veut qu'en dépendre. Cette
volonté divine est tout : commencement, fin, raison,
lumière, soutien, manoir, nourriture, récompense. En
elle, donc, elle est soutenue, réduite à elle, affirmée en
elle, et puis exécutant tant de choses, et si hautes et si
inédites et si surhumaines, elle ne fera jamais rien
d'autre que cette chose simple, où nos enfants
sont capables de l'imiter : il fera la volonté de son Père
et à elle il se rendra sans réserve et vivra complètement
abandonné."


Cette obéissance et cet abandon trouvent leur origine
dans son amour pour le Père ; c'est la plénitude de
l'abandon, parce que c'est la plénitude de l'amour ;
amour filial, confiant, désintéressé, généreux, sans
réserve ; amour débordant de reconnaissance pour
les biens reçus dans l'humanité sainte; amour plein de
zèle, d'abnégation et d'humilité ; Victime de tous les
péchés du monde, estime tous les châtiments, car
aucune souffrance n'est excessive pour réparer la gloire
de son Père et lui rendre des enfants lointains et
pourtant si tendrement aimés.

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Message  Monique le Ven 21 Déc 2018, 12:29 pm

L'amour filial, et en même temps l'amour enfantin.
Alors qu'est-ce que notre Seigneur, Jésus, le Fils du
Père Éternel, vrai Dieu et vrai Homme, a été d'autre,"
dit Monseigneur Gay, selon son Humanité, mais un
enfant ? Pour nous, c'est l'état dans lequel il voulait
apparaître ; mais pour son Père, aux yeux de la
Divinité, de sa propre Divinité, il n'a jamais cessé e
ne cessera jamais d'être un enfant. Cette humanité
gouverne tous les êtres ; les séraphins embrassent
ses pieds, et le monde entier la salue à juste titre
comme son maître et sa souveraine ; ses sujets sont
les rois ; les peuples, son héritage ; les anges, ses
messagers. C'est une reine dans la manière dont Dieu
est Roi, et pourtant, je vous le répète, ce n'est
certainement pas un enfant, un enfant d'un jour et
d'une heure, qui n'a ni pensée, ni parole, ni
mouvement, ni vie de lui-même ou d'elle-même ; un
petit enfant caché dans le sein, porté dans les bras,
consacré aux droits, aux testaments, aux bénédictions
, aux coutumes, aux sourires infantiles, aux caresses
inimitables, à l'amour infini de la Divinité qui est son
père et sa mère. Tout cela copie l'âme abandonnée, car
étant Dieu notre Père, quel est notre âge, notre stature
et notre attitude à son égard ? Même si nous étions un
Saint Pierre, ou un Saint Paul, ou un de ces géants en
sainteté, serions-nous jamais grands devant Dieu ?"


Si nous pouvions suivre la vie de Notre-Seigneur Jésus-
Christ même dans ses propres actes, nous trouverions
partout l'amour, la confiance, la docilité, l'abandon
infantile d'un enfant. Citons quelques exemples de Saint
François de Sales.

"Voici le pauvre Enfant dans la grotte, qui reçoit la
pauvreté, la nudité, la compagnie des animaux, toutes
les intempéries, le froid et tout ce que son Père laisse
venir à lui. Il n'est pas écrit qu'il a étendu les mains à la
recherche du sein de sa Mère, mais il ne refuse pas les
petits réconfort  qu'Elle lui donne. Il reçoit les services
de Saint Joseph, les adorations des rois et des bergers,
et tout cela avec la même égalité d'esprit. De cette
manière, nous ne devons ni désirer ni refuser, mais
souffrir et recevoir avec égalité d'esprit tout ce que la
Providence permet que cela nous arrive. "


"Si l'on avait demandé au doux Enfant-Jésus, porté dans
les bras de sa Mère, où allait-il, n'aurait-il pas eu raison
de répondre : je ne vais pas, est-ce que ma mère est celle
qui va pour moi?, Et à qui j'aurais demandé: Mais au moins,
vous n'allez  pas avec votre mère? J'aurais pu dire à juste
titre:  Non, je n'y vais d'aucune façon, ou si je vais où ma
Mère m'emmène, ce n'est pas par mes propres pas, c'est
par ceux de ma Mère que je vais. Le chemin que ma Mère
prend pour moi, alors Elle veut pour moi et je la laisse tout
aussi attentive à aller comme vouloir. Sa volonté est
suffisante pour Elle et pour moi, sans que j'aie envie d'aller
ou de venir ; je me moque qu'elle marche vite ou lentement,
qu'elle aille par ici ou par là ; je ne suis pas contre son désir
d'aller ici ou là et je suis content de toujours être dans ses
bras et de rester étroitement attaché à son cou amoureux.''

A SUIVRE...

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Message  Monique le Sam 22 Déc 2018, 7:22 am

3. Exercice du Saint Abandon

1. OBJET D'ABANDON GÉNÉRAL


Il serait bon de se rappeler la distinction entre la volonté
de Dieu signifiée et sa volonté de bon plaisir, puisque
c'est là le nœud du problème.

Pour le premier, Dieu signifie clairement pour nous, avant
et une fois pour toutes, "les vérités que nous devons
croire, les biens que nous devons attendre, les peines que
nous devons craindre, les choses que nous devons aimer,
les commandements que nous devons observer et les
conseils que nous devons suivre.''
Les signes invariables de
sa volonté sont les préceptes de Dieu et de l'Église, les
conseils évangéliques, les vœux et les Règles, les
inspirations de la grâce. A ces quatre signes s'ajoute la
doctrine des vertus, les exemples de Notre-Seigneur et des
saints.

Or, le bon plaisir de Dieu n'est pas connu à l'avance, et en
règle générale, il est hors du domaine de nos calculs, et il
déroute même souvent nos plans. Elle ne nous sera
manifestée que par les événements, puisque les éléments
qui en constituent l'objet ne dépendent pas de nous mais
de Dieu, qui s'est réservé sa décision. Par exemple, dans un
certain temps, serons-nous en bonne santé ou malades, dans
la prospérité ou dans l'adversité, dans la paix ou au combat,
dans la sécheresse ou dans la consolation ? En fait, qui peut
nous assurer que nous vivrons ? Nous ne saurons ce que
Dieu attend de nous que lorsque les événements se
dérouleront.

Rien n'est plus utile à la volonté du plaisir divin que le saint
abandon, car tout est basé sur une attente douce et
confiante, dans la mesure où la volonté de Dieu nous est
manifestée, et dans l'acquiescement aimant, dès qu'elle est
connue. Elle présuppose aussi, comme condition préalable,
l'indifférence par la vertu, car rien n'est plus nécessaire que
cette indifférence universelle, si l'on veut se préparer à tout
événement. D'autre part, tant que la bénédiction divine n'a
pas été déclarée, nous ne pouvons qu'espérer avec confiance
et filialité, car c'est Notre Père céleste, Sagesse et Bonté par
essence, qui doit disposer de nous. Et à partir du moment
où les événements ne sont pas en notre pouvoir, une attente
paisible et soumise n'a rien de quiétiste et s'impose même,
sauf ce que nous avons dit ailleurs sur la prudence, la prière et
les efforts d'abandon.

La diversité doit être notre attitude devant la volonté de Dieu
signifiée. Il nous a clairement manifesté "que telle ou telle
chose puisse être crue, attendue et craint, aimée et pratiquée".

Nous le savons, et pour la même raison nous n'avons plus le
droit de rester indifférents à les vouloir ou ne pas les vouloir.
Comme il nous a manifesté sa volonté à l'avance une fois pour
toutes, il n'y a aucune raison d'attendre qu'il nous l'explique à
nouveau dans chaque cas particulier. Les choses en question
dépendent de notre agence, et il nous incombe de travailler avec
grâce par notre propre détermination. Avant que la volonté de
Dieu ne soit signifiée, nous n'avons d'autre choix que de nous
soumettre à sa volonté, au moins dans tout ce qui est
obligatoire, "croyant en conformité avec sa doctrine, attendant
ses promesses, craignant ses menaces, aimant et vivant selon
ses ordres".


Il y aura des cas où les événements ne seront pas complètement
retirés de notre action, et peuvent être prévus et prévus d'une
manière ou d'une autre, et dans ce cas la prudence et les efforts
personnels devraient être ajoutés à l'abandon, parce qu'à la fin,
de tels événements seront un mélange de la volonté de Dieu
signifiée et sa bénédiction.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 23 Déc 2018, 10:14 am

Par conséquent, il n'y a pas de place pour l'abandon en
ce qui concerne le salut ou la condamnation, en ce qui
concerne les moyens qu'il nous a été prescrit ou
conseillé de prendre pour assurer les deux, tels que le
respect des commandements de Dieu et de l'Église, la
fuite du péché, la pratique des vertus, la fidélité à nos
voeux et règles, l'obéissance aux supérieurs et la
docilité à l'inspiration de la grâce. Dieu nous a
manifesté sa volonté sur toutes choses, et pour assurer
son exécution fidèle, il a fait des promesses et lancé
des menaces, il a envoyé son Fils, établi l'Église, le
sacerdoce, les sacrements, l'aide extérieure multipliée,
la grâce intérieure prodiguée. Évidemment,
l'indifférence n'a plus aucune raison d'être ; l'obéissance
est requise dans les choses obligatoires et en matière de
conseil, il faut au moins les estimer et ne pas en séparer
les âmes généreuses.

''Si l'indifférence chrétienne, dit Bossuet, est exclue par
rapport aux choses qui font l'objet de la volonté signifiée,
il est nécessaire, comme le fait Saint François de Sales,
de la limiter à certains événements qui sont réglementés
par la volonté du bon plaisir, dont les ordres souverains
déterminent ce qui se passe quotidiennement dans la vie.''


"Elle doit être pratiquée dans ce qui concerne la vie
naturelle : la santé, la maladie, la beauté, la laideur, la
faiblesse et la force ; dans les choses de la vie civile, les
honneurs, les dignités, les richesses ; dans les situations
de la vie spirituelle, comme la sécheresse, la consolation,
le goût, l'aridité ; dans les actions, dans la souffrance et
finalement dans toutes sortes de faits.''
En ce qui
concerne le plaisir divin, cette indifférence s'étend "au
passé, au présent, à l'avenir ; au corps et à tous ses états,
à l'âme et à toutes ses misères et qualités, aux biens et
aux maux, aux vicissitudes du monde matériel et aux
révolutions du monde moral, de la vie à la mort, au temps
et à l'éternité".
Mais Dieu modifie son action en
conformité avec les sujets : "S'il s'agit du monde, il les
prive des honneurs, des biens temporels et des délices de
la vie. S'il s'agit d'une question de sagesse, il permet
d'abaisser son érudition, son esprit, sa science, sa
littérature. Quant aux saints, elle les afflige en ce qui
concerne leur vie spirituelle et l'exercice des vertus.''


Faut-il indiquer que, la joie et la tribulation étant l'objet
de l'abandon, ce dernier offrira-t-il plus souvent l'occasion
de s'exercer ? Nous savons tous par expérience
douloureuse que la terre est une vallée de larmes et que nos
joies sont rares et fugaces.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Mar 25 Déc 2018, 11:25 am


Soulignons ici deux illusions possibles :

1ª Certaines âmes forment de grands projets de
service de Dieu par des actions et des
souffrances extraordinaires dont l'occasion ne se
présente jamais, et tout en embrassant avec
imagination des croix qui n'existent pas, elles
rejettent avec détermination celles que la
Providence leur envoie en ce moment, et qui,
pourtant, sont mineures. N'est-ce pas une
tentation déplorable que d'être si courageux dans
l'esprit et si faible dans la réalité ? Délivrez-nous,
Dieu, de ces ardeurs imaginaires, qui favorisent
souvent l'estime secrète de soi ! Au lieu de nous
nourrir de chimères, restons dans notre abandon,
en mettant tous nos soins à sanctifier pleinement
l'épreuve réelle, c'est-à-dire celle du moment
présent.

2ª Ce serait une illusion très nuisible de mépriser
ou d'avoir en peu nos croix quotidiennes, parce
qu'elles sont petites. Tous sont certes très
insignifiants, mais comme ils le sont, pour ainsi
dire, à chaque instant, par leur nombre même, ils
apportent à l'âme fidèle une énorme mine de
sacrifices et de mérites. D'une part, rien ne nous
empêche de les accueillir avec beaucoup de foi,
d'amour et de générosité ; et ainsi la bonté de nos
dispositions leur donnera une valeur inestimable
aux yeux de Dieu. Certes, les grandes croix,
portées avec beaucoup d'amour aussi, nous
apporteraient plus de mérite et de récompense,
mais elles sont rares. L'orgueil et l'égoïsme s'y
glissent plus facilement et "habituellement ces
actions éminentes se font avec moins de charité"
,
tandis que l'amour et les autres dispositions saintes
sont celles qui "donnent prix et valeur à toutes nos
œuvres.''
Ayons donc de l'estime pour les grandes
croix, mais ne sous-estimons pas les épreuves
vulgaires et ordinaires, car nous devons en profiter
davantage. ''Pratiquons la conformité à la volonté
de Dieu, dit le père Dosda, dans tous ses détails,
par exemple sur l'humiliation causée par l'oubli ou
la maladresse, sur une mouche inopportune, sur un
chien qui aboie, sur une lumière qui sort, sur une
robe qui casse.''
Pratiquons-le surtout avec les
différences de caractère, les revers, les humiliations
et les milliers de petits incidents dans lesquels la vie
communautaire abonde. Sans le sembler, c'est un
moyen puissant de mourir à soi-même et de tout
vivre pour Dieu.

Après avoir soigneusement exposé la nature, les
motifs et l'objet général du Saint Abandon, nous
aurions pu laisser le lecteur prendre soin de défaire
les applications pratiques. Mais, comme les tests
sont très divers, nous avons cru faire un travail utile
en étudiant les principaux, afin de pouvoir, selon la
nature de chacun, indiquer les motifs particuliers de
patience et de soumission, de résoudre certaines
difficultés, de préciser ce qui concerne la prière, la
prudence et les efforts personnels. Nous voyagerons
successivement à travers les épreuves de l'ordre
temporel, celles de l'ordre spirituel dans leurs
chemins communs et celles des chemins mystiques.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Mer 26 Déc 2018, 9:18 am

2. L'ABANDON DANS LES CHOSES TEMPORAIRES, EN GÉNÉRAL

Il y a des biens et des maux temporels : des biens
comme la science, la santé, la richesse
, la prospérité, les honneurs ; des maux comme la
maladie, la pauvreté, les malheurs. Telles sont les
choses que le monde considère comme importantes
en premier lieu et dont il se préoccupe avant tout,
et certainement à tort, en premier lieu. Les choses ci
-dessous doivent être appréciées à la lumière de
l'éternité.

Le Bien souverain, le seul nécessaire, est Dieu, et
donc, comme l'enseigne Saint Thomas, les
principaux biens suprêmes pour nous sont la
béatitude et ce qui nous en a rendus dignes. Il ne
peut y avoir d'abus dans ces biens, ni de mauvaise
fin. C'est pourquoi les saints les demandent de
manière absolue, selon ces paroles du Psaume :

" Montrez-nous votre visage, et nous serons
sauvés,"
voici la béatitude ; "conduisez-nous
dans les sentiers de vos commandements,"
voici le
chemin qui mène à elle. Quant aux biens temporels,
ajoute le Saint Docteur, il arrive trop souvent qu'ils
soient mal utilisés et puissent avoir un mauvais
résultat : alors que la richesse et les honneurs ont
causé la perte d'un grand nombre de personnes.

Ils ne sont donc pas les biens temporels principaux
et définitifs, mais des biens secondaires et passagers,
des aides qui nous aident à marcher vers la félicité,
dans la mesure où ils préservent la vie temporelle et
nous servent d'instruments pour pratiquer la vertu.
Tant que nous les considérons comme un objet
secondaire et non comme l'objet principal de notre
sollicitude, il est parfaitement légitime de les désirer,
de les demander dans la prière, de les rechercher
avec une application modérée, de penser même à
l'avenir, dans la mesure du nécessaire et au moment
opportun. Mais notre sollicitude est excessive et
coupable, si au lieu d'utiliser ces biens selon les
besoins, nous allons jusqu'à les considérer comme
notre fin ; si nous prenons soin du temporel au point
de négliger le spirituel, si nous craignons de manquer
de ce qui est nécessaire, voire de faire ce que nous
devons, car dans ce cas, nous devons compter sur la
Providence. La nourriture, la boisson, les vêtements,
sont des choses de première nécessité, et en ce qui
les concerne. Notre Seigneur ne condamne d'aucune
façon le soin modéré qui induit le travail, mais Il
bannit la sollicitude excessive qui va jusqu'à l'agitation;
Il termine en nous disant de chercher d'abord les
biens spirituels, avec la ferme assurance que les biens
temporels nous seront donnés en plus et selon les
besoins, si nous faisons ce qui est de notre côté.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Ven 28 Déc 2018, 12:23 pm

"Même s'il nous est interdit de nous préoccuper des
biens temporels tels que les païens, parce que Notre
Père céleste sait ce dont nous avons besoin, Notre-
Seigneur ajoute expressément : "Cherchez d'abord
le royaume de Dieu.''
Par cela, le Divin Maître veut
exciter en nous les bons désirs pour lesquels nous
ressentons de la lourdeur, et amortir les désirs des
sens pour lesquels nous sommes sensibles pour les
autres. Il veut aussi nous apprendre à faire la
distinction entre les biens qui doivent être
demandés de manière absolue, comme "le royaume
de Dieu et sa justice",
et ceux qui ne doivent être
demandés que sous condition et si Dieu les veut.

"De plus, Jésus-Christ lui-même nous a appris à dire :
Notre pain, des paroles qui, entre autres
significations, ont toujours signifié la demande de biens
temporels. (L'Église a fait la même chose dans sa liturgie
.) Le parfait spirituel n'exclut pas cette demande du
nombre des sept de la prière du Seigneur du Notre-Père,
et s'il est dit qu'il ne demande rien de temporel, il est
entendu qu'il ne le demande pas comme un bien absolu,
ni absolument, mais dans l'ordre du salut et sous la
volonté de Dieu.''


En fait, dit Saint Alphonse, "la promesse divine
(d'écouter nos prières) ne se réfère pas aux faveurs
temporelles, telles que la santé, la richesse, la dignité
et les autres richesses de ce genre. Souvent, Dieu les
renie à juste titre, parce qu'il voit qu'ils compromettraient
le salut de notre âme. Quant aux biens spirituels, il faut
les demander inconditionnellement, de manière absolue
et avec la certitude de les obtenir".


Nous devons aussi considérer les maux temporels avec
les yeux de la foi et à la lumière de l'éternité. Le péché,
et surtout la mort dans le péché, avec sa sanction
éternelle qui est le naufrage de notre destinée et le
désastre irrémédiable, est le mal du mal. Nous devons
demander à Dieu avec insistance et de manière absolue
de nous préserver de lui à tout prix. Mais la pauvreté,
les infirmités, les maladies, les autres afflictions de ce
genre, la mort elle-même ne sont que des maux relatifs.
Dans les desseins de la Providence, nous devons donc les
considérer, ou plutôt les dire, comme des grâces précises
et parfois très nécessaires, comme le paiement de nos
fautes, le remède de nos maladies spirituelles, l'origine
de grandes vertus et de mérites indicibles, pourvu que
nous coopérions à l'action de Dieu avec humble
soumission.  Au contraire, l'impatience et le manque de
foi dans le procès transformeraient le remède en poison,
nous feraient contracter la maladie, la mort peut-être là
où la Providence avait préparé notre vie. Ceci étant vrai,
nous avons le droit parfait de prier Dieu de "nous
délivrer du mal, d'éloigner de nous la guerre, la peste, la
famine"
et autres calamités publiques ou privées.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Lun 31 Déc 2018, 11:12 am

Le Seigneur nous le fait répéter dans la prière
dominicale et l'Église dans sa liturgie. Mais
Dieu n'a pas toujours promis d'écouter ce
genre de demandes, et nous ne pouvons les
formuler que sous la condition que telle est la
volonté divine. Même si nous craignions de
perdre patience, il nous suffirait de manifester
à Dieu cette alternative, ou que le fardeau
diminue, ou que la force augmente. Ce que
nous devrions toujours et absolument
demander, c'est l'esprit de foi, de patience et
d'autres dispositions qui conviennent au moment
de l'épreuve, et tant qu'il dure, Dieu veut sans
doute que nous pratiquions ces vertus, car c'est
précisément la fin qui nous est proposée en nous
l'envoyant.

Les biens et les maux temporaires ne
sont donc pas des biens ou des maux relatifs.
Serons-nous si judicieux que nous les utiliserons
pour nous détacher de la terre et n'aimerons que
les biens du ciel ? "Allons-nous passer par les
biens temporels pour ne pas perdre l'éternel ?".
Ne deviendrons-nous pas le nombre des insensés
qui oublient Dieu dans la fortune prospère et le
murmure de Dieu dans l'adversité ? Nous ne
pouvons être sûrs de rien, car Dieu seul le sait. Au
sujet des biens et du mal le premier sera toujours
la conformité à la volonté de Dieu. Que Dieu nous
accorde d'être, non pas une simple résignation,
mais un Saint Abandon, c'est-à-dire une totale
indifférence de vertu, une attente générale et
pacifique devant les événements, et dès que la
bénédiction divine a été déclarée, une soumission
aimant, confiant et filial. Nous jetterons un coup
d'œil rapide sur les situations communes à tous les
hommes, que ce soit dans le cloître ou dans le monde.
Néanmoins, les conseils que nous donnerons pour
certains cas, chacun pourra les étendre à d'autres
analogues, selon les devoirs de son état. Et pour
mettre un peu d'ordre dans une affaire aussi
complexe, nous examinerons un à un les biens et les
maux de l'ordre temporel qui sont hors de nous,
ceux qui ont leur place en nous, dans le corps ou dans
l'esprit, et ceux qui dépendent de l'opinion des autres.
Tout d'abord, cependant, nous devons dire un mot sur
les biens et les maux naturels qui ne nous
appartiennent ni à nous ni à personne d'autre,
et qui doivent être soufferts volontairement ou par la
force. Donnons la parole au P. Saint-Jure : "Nous devons
conformer notre volonté à celle de Dieu dans les choses
naturelles qui nous entourent : la chaleur, le froid, la
pluie, la grêle, les tempêtes, le tonnerre, la foudre, la
peste, la famine et enfin toutes les influences de l'air et
le désordre des éléments. Nous devons accepter toutes
les fois que Dieu nous envoie, et ne pas les endurer avec
impatience et colère, comme il est d'usage quand elles
nous sont contraires. Il n'est pas commode de dire : Quel
mal désespéré et malheureux, et d'utiliser des expressions
qui manifestent la contradiction et le mécontentement
de nos esprits. Nous devons vouloir le temps tel qu'il est,
puisque Dieu l'a fait, et dire dans cet inconfort, avec les
trois garçons de la fournaise de Babylone : "Froid,
chaleur, glace et neige, foudre et nuages, bénissez le
Seigneur, louez-le et élevez-le toujours.''
Ces
créatures le font sans cesse, obéissant à Dieu et
accomplissant sa très sainte volonté, car avec elles nous
devons le bénir et le glorifier par les mêmes moyens. Nous
devrions penser, afin de noyer ces mouvements injustes et
ces expressions désordonnées, que si ce temps est
inconfortable pour nous, il est confortable pour les autres ;
que s'il n'est pas bon pour la partie, il est utile à l'ensemble ;
que s'il entrave nos plans, il favorisera ceux du prochain ; et
s'il ne l'est pas, ne nous suffit-il pas qu'il soit toujours bon
pour la gloire de Dieu, car il est selon sa volonté et en lui Il
a ses complaisances ?

A SUIVRE...

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