LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

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Message  Monique le Sam 09 Mai 2020, 7:56 am

« Voilà, dit le P. Rodriguez, tout le secret du calme parfait et de la joie
inaltérable, qui transpiraient sur le visage, dans les paroles et dans
les actions des Saints des siècles passés, tels qu'un saint Antoine, un
saint Dominique, un saint François d'Assise.
Le même privilège fut,
assure-t-on, accordé à saint Ignace, et il distingue ordinairement tous
les vrais serviteurs de Dieu. Mais, dira-t-on, ces grands Saints étaient
peut-être exempts de toutes les misères de la vie; peut-être
n'étaient-ils point sujets aux infirmités corporelles; peut-être
n'avaient-ils aucune tentation à combattre, aucune peine à supporter;
peut-être, enfin, Dieu éloignait-il de la voie de ces zélés serviteurs
toute cause d'affliction et de chute ? Erreur. La croix des Saints est plus
pesante que celle des autres hommes; les tribulations, les mépris et
les souffrances sont leur partage ici-bas, et leur couronne est tressée
d'épines. Dieu réserve les plus rudes épreuves aux âmes qu'il aime le
plus.
Mais ces hommes étaient parvenus à conformer entièrement leur
volonté à celle de Dieu. Les peines, les mortifications, les tentations
même, tout devenait pour eux une cause de joie et de consolation,
parce qu'ils savaient que tout était l'œuvre de la volonté divine, dans
laquelle ils avaient mis toute leur félicité » .
Ils étaient ingénieux à
trouver mille saintes raisons pour approuver Dieu jusque dans ses
rigueurs, et pour s'animer à une confiante et joyeuse soumission.


Écoutons le bienheureux curé d'Ars : « C'est la croix qui a donné la paix
au monde, c'est elle qui doit la porter dans nos cœurs. Toutes nos
misères viennent de ce que nous ne l'aimons pas. C'est la crainte des
croix qui augmente les croix. Une croix portée simplement n'est plus
une souffrance . Rien ne nous rend plus semblables à Notre-Seigneur
que de porter sa croix.
Toutes les peines sont douces, quand on souffre
en union avec lui. Je ne comprends pas comment un chrétien peut ne
pas aimer la croix, et la fuir ! N'est-ce pas fuir en même temps Celui
qui a bien voulu y être attaché et y mourir pour nous ? Les contradictions
nous mettent au pied de la croix, et la croix à la porte du Ciel. Pour y
arriver, il faut qu'on nous marche dessus, que nous soyons vilipendés,
méprisés, broyés. Souffrir ! qu'importe ? Ce n'est qu'un moment. Si nous
pouvions aller passer huit jours dans le ciel, nous comprendrions le prix
de ce moment de souffrance; nous ne trouverions pas de croix assez
lourde, pas d'épreuve assez amère. La croix est le don que Dieu fait à ses
amis.
Il faut demander l'amour des croix, alors elles deviennent douces.
J'en ai fait l'expérience pendant quatre ou cinq ans. J'ai été bien calomnié,
bien contredit, bien bousculé. Oh!  j'avais des croix, j'en avais presque
plus que je n'en pouvais porter ! Je me mis à demander l'amour des croix;
alors je fus heureux; je me dis : Vraiment, il n'y a de bonheur que là ! Il ne
faut jamais regarder d'où viennent les croix : elles viennent de Dieu.

C'est toujours Dieu qui nous donne ce moyen de lui prouver notre amour. Oh!
quand viendra le jour du jugement, que nous serons heureux de nos
malheurs, fiers de nos humiliations, et riches de nos sacrifices »  ! .


A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 10 Mai 2020, 6:40 am

Pour Gemma Galgani, une journée sans souffrance était une
journée perdue. « II y a eu des jours, disait-elle en se
lamentant, où je n'ai rien eu le soir à offrir à Jésus. Oh! que
j'étais malheureuse »!
Au cours d'une longue tribulation qui
durait encore, Notre-Seigneur lui ayant demandé si elle avait
bien souffert : « Avec vous, lui répondit-elle, il fait si bon souffrir »  !
« Je viens de réciter mon chapelet, écrivait une religieuse à son
directeur, pour remercier le bon Dieu de m'avoir jetée dans le
creuset des souffrances. Ce matin après la Communion, j'ai
entonné le Magnificat. Je n'ai plus de consolation que de souffrir
avec Jésus et pour Jésus, s'il veut bien accepter mes souffrances.
Souffrir, encore souffrir, et souffrir davantage; c'est là ma prière
continue ».


Minée par la maladie, tourmentée par la fièvre, Sœur Élisabeth de la
Trinité écrivait dans ses derniers jours : « C'est la route du Calvaire
qui s'est ouverte pour moi, et je suis tout heureuse d'y marcher,
comme une épouse à côté du divin Crucifié. Oh ! si vous saviez les
jours divins qui s'écoulent pour moi ! Je m'affaiblis et sens que le divin
Maître ne tardera plus à venir me chercher. Je goûte, j'expérimente
des joies inconnues; les joies de la douleur, qu'elles sont suaves et
douces ! Je me crois déjà un peu au ciel, en cette petite cellule, seule
avec Dieu seul, portant ma croix avec mon Maître bien-aimé; mon
bonheur grandit à proportion de ma souffrance. Si vous saviez quelle
saveur on trouve au fond du calice préparé par le Père des Cieux »  !


« Depuis que je ne me recherche jamais, disait Sœur Thérèse de
l'Enfant-Jésus, je mène la vie la plus heureuse qu'on puisse voir ».
Et,
de fait, la souffrance était devenue son ciel sur la terre; elle lui souriait
comme nous sourions au bonheur. « Quand je souffre beaucoup,
disait-elle, quand il m'arrive des choses pénibles, au lieu de prendre un
air triste, j'y réponds par un sourire. Au début, je ne réussissais pas
toujours; mais maintenant j'en suis venue à ne plus pouvoir souffrir,
parce que toute souffrance m'est douce ».
Pourquoi êtes-vous si gaie ce
matin ? C’est parce que j’ai eu deux petites peines; rien ne me donne
de petites joies comme les petites peines ». « Vous avez eu bien des
épreuves aujourd'hui ? Oui, mais puisque je les aime ! J'aime tout ce
que le bon Dieu me donne. Mon cœur est plein de la volonté de Jésus » .


A SUIVRE...

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Message  Monique le Lun 11 Mai 2020, 7:29 am

Écoutons maintenant Tauler, dans son fameux Dialogue du théologien
et du mendiant . « Un théologien (c'était Tauler lui-même) pria Dieu,
huit années durant, de lui faire voir un homme qui lui montrât la voie
de la vérité. Un jour qu'il brûlait de ce désir plus ardemment que
jamais, une voix du Ciel se fit entendre et lui dit : Sors et va sur les
marches de l'église, tu y trouveras l'homme qui t'enseignera la voie de
la vérité. Il sort donc, et trouve un mendiant, dont les pieds étaient
blessés, nus et boueux, et dont les vêtements ne valaient pas trois
oboles. Il le salua en disant : Que Dieu vous accorde un bon jour. Le
mendiant lui répond: Je ne me souviens pas d'avoir jamais eu un
mauvais jour. Que Dieu vous rende heureux, reprend le Maître. Et le
pauvre de lui repartir : Mais je n'ai jamais été malheureux. Dieu vous
bénisse, répliqua le théologien; mais parlez plus clairement, car je ne
comprends pas ce que vous dites. Je le ferai volontiers, dit le pauvre.
Vous m'avez souhaité d'avoir un bon jour, je vous ai répondu que je ne
me souviens pas d’en avoir jamais eu un mauvais; en effet, quand la
faim me presse, je loue Dieu; si je souffre du froid, si la grêle, la neige
ou la pluie tombent, si le temps est au calme ou à la tempête, je loue
Dieu; lorsque je suis dans le besoin, dans les rebuts et les mépris, je
loue Dieu encore; et, par suite, il ne m'arrive jamais un mauvais jour.

Vous m'avez souhaité ensuite une bonne et heureuse vie, et je vous ai
répondu que je n'avais jamais été malheureux; et cela est vrai, parce
que je sais vivre avec Dieu, et je suis certain que tout ce qu'il fait ne
peut être que très bon. C'est pourquoi, quelque chose que je reçoive
de Dieu, ou qu'Il permette que je reçoive d'ailleurs, prospérité ou
adversité, douceur ou amertume, je le regarde comme une heureuse
fortune, et je l'accepte avec joie de sa main. Du reste, je suis bien
décidé à ne m'attacher qu'à la seule volonté de Dieu, et j'ai tellement
fondu ma volonté dans la sienne, que tout ce qu'il veut, je le veux aussi.
En conséquence, je n'ai jamais été malheureux. Mais que diriez-vous,
je vous prie, si Dieu voulait vous jeter au fond de l'abîme ? Me jeter au
fond de l'abîme ? Si Dieu voulait en venir là, j'ai deux bras, dont je le
tiendrais étroitement enlacé : du bras gauche qui est la vraie humilité,
je prends sa très sainte Humanité et m'y attache; du bras droit qui est
l'amour, je saisis sa Divinité, et la tiens étroitement enserrée; de sorte
que s'il voulait me précipiter dans l’enfer, il faudrait qu'il y vînt avec moi,
et j'aimerais beaucoup mieux être en enfer avec lui qu'au Ciel sans lui.

Par là, le théologien comprit que la vraie résignation jointe à une
profonde humilité est le chemin le plus court pour aller à Dieu. D'où
venez-vous ? dit encore le théologien. Je viens de Dieu. Où l'avez-vous
trouvé ? Je l'ai trouvé là où j'ai laissé toutes les créatures. Où fait-il sa
résidence ? -Dans les cœurs purs et les hommes de bonne volonté. Qui
êtes-vous donc ? Je suis roi. Où, est votre royaume ? Il est dans mon
âme, parce que j'ai appris à gouverner mes sens extérieurs et intérieurs,
de manière que toutes les affections et toutes les puissances de mon âme
me soient soumises; et cette royauté, personne n'en doutera, vaut mieux
que toutes celles de la terre. Qu'est-ce donc qui vous a fait atteindre cette
sublime perfection ? Mon silence, de profondes méditations, et l'union à
Dieu. Je n'ai pu prendre aucun repos en tout ce qui n'est pas lui; et
maintenant j'ai trouvé mon Dieu, et je possède en lui un parfait repos et
une paix inaltérable ». « Telle fut la conversation de Tauler avec ce
mendiant, qui, par la conformité entière de sa volonté avec celle de Dieu,
était plus riche dans sa pauvreté que les monarques, et plus heureux dans
ses souffrances que ceux pour le contentement desquels les éléments et
la nature entière travaillent ».


A SUIVRE... ARTICLE V. Sainte mort et puissance auprès de Dieu.

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Message  Monique le Mar 12 Mai 2020, 7:06 am

 ARTICLE V. Sainte mort et puissance auprès de Dieu.

A mesure que l'âme avançait dans le saint abandon, elle a
progressé de même dans le détachement de toutes choses
pour ne s'attacher qu’à Dieu seul; la foi, la confiance,
l'amour et toutes les vertus ont pris en elle de vastes
proportions; l'union de sa volonté à celle de Dieu est allée
se resserrant de jour en jour. Elle marche à grands pas dans
les voies de la perfection. Une sainte vie prépare une sainte
mort, et la rend pour ainsi dire assurée. La persévérance
finale est toujours la grâce des grâces, le don gratuit par
excellence. Mais il n'y a rien de comparable au saint abandon,
pour incliner notre Père des Cieux à nous accorder cette grâce
décisive. Il poursuit le pécheur; pourrait-il rejeter une âme qui
ne vit que d'amour et de filiale soumission ? Qu'elle se
maintienne dans cette voie jusqu'à la fin, et la voilà sauvée,
mais sauvée à la façon des Saints. Même en parlant des
chrétiens ordinaires, le pieux Evêque de Genève avait coutume
de dire : « Il est impossible au Dieu tout-puissant de perdre
une âme qui, en sortant de son corps, a sa volonté soumise à
la volonté divine. Telle que notre volonté se trouve à l'heure de
notre trépas, elle demeure éternellement. Comme l'arbre tombe,
il reste. Aussi, quand il assistait un mourant, il bandait tous ses
efforts pour faire qu'il soumit entièrement sa volonté à celle de
Dieu, et ne lui parlait presque pas d'autre chose » .


La mort nous prendra nos biens et notre situation, nos proches
et même notre corps. Autant de séparations cruellement
déchirantes pour les âmes attachées; on ne les ressent pas de
même, quand on est bien affermi dans l'abandon. Celui-ci nous
a rendus indifférents par vertu à tout ce que la mort nous ôtera
par force; elle peut venir quand elle voudra, le sacrifice est déjà
fait dans le cœur, on ne tient plus à rien de ce qu'elle nous enlève;
on ne veut que Dieu seul, et précisément elle va nous le donner
pour toujours.


Elle arrive avec un terrible cortège de souffrances et de tentations.
C'est le combat suprême et l'épreuve douloureuse entre toutes.
Mais rien n'y prépare comme le saint abandon, parce qu'il nous a
formés à tout recevoir de la main de Dieu avec amour et confiance,
et à faire bravement notre devoir jusque sous la paix de la croix,
en nous appuyant sur la puissance et la bonté de Dieu. Voilà
pourquoi Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus a pu dire avec une légitime
assurance : « Je n'ai nullement peur des derniers combats, ni des
souffrances de la maladie, si grandes soient-elles. Le bon Dieu m'a
toujours secourue : il m'a aidée et conduite par la main dès ma plus
tendre enfance... je compte sur lui. La souffrance pourra atteindre
les limites extrêmes, mais je suis sûre qu'il ne m'abandonnera jamais » .


A SUIVRE...

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Message  Monique le Mer 13 Mai 2020, 7:28 am

Même pour les plus saintes âmes, c'est une chose souverainement
impressionnante, que le passage du temps à l'éternité. « Comme
l'heure à laquelle je me trouve est solennelle ! disait alors Sœur
Élisabeth de la Trinité. L'au-delà est saisissant; il me semblait
l'habiter déjà depuis longtemps, et cependant c'est l'inconnu...
J'éprouve un sentiment indéfinissable, quelque chose de la justice,
de la sainteté de Dieu. Je me trouve si petite, si dépourvue de
mérites ! Comme il faut porter les agonisants à la confiance » !


« Oh! comme il faut prier pour les agonisants! Si l'on savait ! »
disait aussi Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus; et de fait, après une
vie si pure et si sainte, elle entendait une voix maudite lui
chuchoter : « Es-tu sûre d'être aimée de Dieu ? Est-il venu te le
dire »
? Et elle demeura plusieurs jours dans une angoisse
inexprimable .


« 0 mon Père, disait à son confesseur sainte Jeanne de Chantal
mourante, mais je vous assure que les jugements de Dieu sont
effroyables » !
 Il lui demanda si elle avait peur. « Non pas,
dit-elle; mais je vous assure que les jugements de Dieu sont
terribles » !
C'est le cri de la nature aux abois; c'est le
saisissement de ce moment décisif, infiniment solennel; c'est
l'angoisse d'une conscience délicate, alarmée par son humilité
même. Une âme qui vit du saint abandon triomphera mieux de cette
crainte. Elle ne néglige aucun moyen de parfaire sa préparation ;
mais surtout elle pense qu'elle va voir enfin son Père, son Ami, le
Bien-Aimé, Celui en qui elle a mis toutes ses complaisances, le Dieu
de son cœur auquel elle n'a cessé de donner sa vie goutte à goutte;
elle repasse avec une douce émotion les preuves sans nombre de
son amour, ses miséricordes, ses tendresses ineffables; elle sent
qu'elle, l'aime du fond de son âme et qu'elle en est encore, plus
chérie. Oh! qu'elle est heureuse de lui dire, avec le Psalmiste, à
cette heure si grave et si décisive: « C'est vous qui êtes mon Dieu,
et mon sort est entre vos mains » !
Bref, elle a vécu d'amour et de
confiance, elle meurt dans l'amour et la confiance. Après une vie si
remplie de peines intérieures, sainte Jeanne de Chantal et saint
Alphonse de Liguori font la mort la plus douce. Peut-être Dieu
voudra-t-il nous garder sur la croix jusqu'au bout.

Mais il n'est pas rare de voir les âmes d'abandon trépasser sans
aucune frayeur, et s'en aller dans leur éternité, tranquilles et
joyeuses, comme un enfant qui rentre au foyer paternel, comme
le religieux qui va chanter le saint office. Telle fut la fin de la
bienheureuse Marie-Madeleine Postel : « Il n'y aura dans sa
mort aucune faiblesse, aucune frayeur. Après avoir été si
parfaitement soumise à la volonté divine d'un bout à l'autre de
sa longue carrière, elle ne pouvait cesser de l'être au jour décisif.
Ses dernières heures seront donc pleines de calme, de confiance
et d'abandon. Le chapelain l'invite à offrir le sacrifice de sa vie :
« Rien ne me coûte, dit-elle; que la: volonté « du bon Dieu soit
faite en toutes choses » !
Ses Filles, ravies de son calme et de sa
paix, lui demandent si elle est heureuse. « Ah ! si je suis heureuse » !
Et son visage était tout rajeuni; elle paraissait radieuse, comme
une âme qui s'envole au ciel; elle ne cessait point de s'unir à son
Bien-Aimé par des actes de foi et par, d'amoureuses aspirations » .


A SUIVRE...

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Message  Monique le Jeu 14 Mai 2020, 7:51 am

A cette heure décisive, on ne se trouvera jamais ni assez pur, ni
assez riche de mérites. C'est vrai. Mais rien ne vaut le saint
abandon pour rendre pleinement fructueuse la suprême épreuve.
Oh! combien l'on gagne, en supportant avec une amoureuse
patience le dur travail de la destruction, en recevant de la main
de Dieu, avec une filiale confiance, le coup de la mort ! C'est une
magnifique gerbe de mérites, après tant d'autres, et ce sera la
plus chargée de bon grain. C'est encore une offrande très agréable
à la justice divine, et peut-être une satisfaction suffisante pour
nos péchés. Au dire de saint Alphonse, « accepter la mort que
Dieu nous présente, pour nous conformer à sa volonté, c'est mériter
une récompense semblable à celle des martyrs: ils ne sont estimés
tels que parce qu'ils ont accepté les tourments et la mort pour
plaire à Dieu. Celui qui meurt en se conformant à la divine volonté
fait une mort sainte; et celui qui meurt dans une plus grande
conformité fait une mort plus sainte. Le P. Louis de Blois assure
qu'à la mort, un alite de parfaite conformité nous préserve, non
seulement de l'enfer, mais encore du purgatoire »


Au moins; n'est-ce pas un sujet d'angoisse, d'abandonner, dans
l'exil, le danger, le besoin peut-être, tout ce qu'on a le plus aimé
après Dieu : sa famille naturelle, sa Communauté, des êtres
chéris qui se reposaient sur nous? La bienheureuse
Marie-Madeleine laisse une Congrégation à peine fondée et dans
le plus grand dénuement; mais elle « n'avait été pendant sa vie
que l'instrument de la Providence, elle meurt sans préoccupation
au sujet de sa Communauté; n'ayant jamais compté sur un bras
de chair, à ses derniers moments, elle ne compte encore que sur
le Seigneur » .
Tous ceux qu'on aimait selon Dieu, on ne cesse pas
de les aimer au Ciel; bien loin de là : l'affection devient plus forte
et plus éclairée; on est mieux placé pour veiller sur eux, et pour
prendre en mains leurs intérêts véritables. N'est-ce pas Dieu qui
est le Souverain Maître de leur sort ? Et qui donc est puissant près
de lui, comme une âme qui n'a vécu que de son amour, dans une
constante fidélité à accomplir toutes ses volontés signifiées dans un
parfait abandon à son bon plaisir ? Il nous a déclaré lui-même « qu'il
fera la volonté de ceux qui le craignent, et qu'il exaucera leur prière » .

Aucune parole n'est plus encourageante que celle-là : faisons la
volonté de Dieu, il fera la nôtre; faisons tout ce qu'il veut, il fera tout
ce que nous voudrons, C'est de là que vient la puissance d'intercession
des âmes qui vivent dans une amoureuse et parfaite conformité :
elles
ne refusent rien à Dieu, Dieu ne leur refusera rien. La puissance de leur
prière, sur la terre et au ciel, sera toujours en rapport avec leur degré
d'amour, d'obéissance et d'abandon; et, s'il plaît à Dieu de glorifier
quelques âmes parmi les meilleures, ne cherchons pas ailleurs
l'explication de son choix.


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Message  Monique le Ven 15 Mai 2020, 8:07 am

Voilà pourquoi Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus est la grande
thaumaturge de nos jours. A la fin de sa vie, elle semble
avoir conscience de sa mission, elle en révèle plus d'une fois
les secrets : « Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la
terre, Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses, Je
sens que ma mission va commencer, ma mission de faire
aimer le bon Dieu comme je l’aime, de donner ma petite voie
aux âmes ». « Quelle petite voie voulez-vous donc enseigner »?
« C'est la voie de l'enfance spirituelle, c'est le chemin de la
confiance et du total abandon ».
Écoutons maintenant la raison
qu’elle met en avant : « Je n'ai donné au bon Dieu que de
l'amour, il me rendra de l'amour. Il fera toutes mes volontés au
Ciel, parce que je n'ai jamais fait ma volonté sur la terre » .


Terminons par un trait qu'on trouve partout, mais qui nous
appartient spécialement : le héros est, en effet, un frère
convers de notre Ordre, le bienheureux Aignan d'Éberbach, et
le narrateur est aussi l'un des nôtres, le bienheureux Césaire,
prieur d'Heisterbach. Dans le monastère d'Eberbach vivait un
saint frère, qui se distinguait surtout par l'obéissance et la
simplicité. Dieu lui accorda si abondamment le don des
miracles, qu'au seul attouchement de sa ceinture ou de ses
habits les malades étaient guéris de toutes leurs infirmités.
Étonné d'une faveur aussi singulière, et ne voyant en ce frère
aucune marque particulière de sainteté, son Abbé lui demanda
un jour, comment il s'expliquait à lui-même que Dieu opérât
tant de merveilles par son entremise.

Je n'en sais rien, lui répondit ce frère; je ne prie, je ne veille,
je ne travaille, je ne jeûne pas plus que mes frères; tout ce que
je sais, c'est qu'en chaque rencontre, triste ou heureuse, j'adore
la volonté du bon Dieu. J'ai toujours eu grand soin de vouloir en
toutes choses ce que Dieu voulait, et il m'a fait la grâce de tenir
ma volonté totalement abandonnée à la sienne. La prospérité ne
m'élève point, je ne suis pas abattu dans l'adversité; car je prends
tout indifféremment comme de la main de Dieu, et l'unique fin de
mes oraisons, c'est que sa sainte volonté s'accomplisse
parfaitement en moi et dans toutes les créatures. Mais, reprit l'Abbé,
n'avez-vous pas senti l'autre jour un peu d'émotion, lorsqu'une
main malveillante a mis le feu à la grange, et détruit nos moyens de
subsistance ? Non, mon Père; j'en ai même rendu grâces à Dieu,
comme j'ai coutume de faire en pareil cas, persuadé que le Seigneur
ne fait ou ne permet rien qui ne soit pour sa gloire et pour notre
plus grand bien; ainsi, quoiqu'il arrive, je suis toujours content.
Après cette réponse, qui montre une conformité si parfaite à la
volonté de Dieu, l'Abbé ne fut plus étonné de voir que son religieux
opérait tant de prodiges .


A SUIVRE... CONCLUSION

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Message  Monique le Sam 16 Mai 2020, 7:44 am

CONCLUSION

Résumons brièvement ce long travail, afin de mettre en relief
les conclusions pratiques. La volonté divine est la règle
suprême de notre vie, la norme du bien, du mieux, du parfait;
plus on s'y conforme, plus on se sanctifie. Il y a la volonté de
Dieu signifiée à laquelle répond l'obéissance. Pour nous
religieux, son principal signe est la sainte Règle avec les ordres
des Supérieurs. C'est, du côté de Dieu, la direction stable et
permanente, et, pour nous, le travail normal et de tous les jours.
L'obéissance sera donc le grand moyen de sanctification.

Il y a aussi le bon plaisir divin, auquel répond la conformité de
notre volonté. Il se déclare par les événements: il nous apparaît,
comme eux, variable, imprévu, quelquefois déconcertant; au fond,
c'est un vouloir de Dieu, toujours sage et paternel. La Règle est
faite en vue de la Communauté; le bon plaisir divin répond
davantage à nos besoins personnels. Loin de supplanter la Règle,
il surajoute à l'action de celle-ci la sienne propre, toujours
bienfaisante, souvent très efficace, parfois décisive. Le vrai spirituel
s'attache avec amour à toute volonté de Dieu, qu'elle soit de signe
ou de bon plaisir, de manière à cueillir tous les fruits de sainteté
qu'elle peut lui donner.

La conformité née de la crainte, ou la simple résignation, produit des
effets déjà salutaires; il n'est personne qui ne puisse et doive la
pratiquer. La conformité, fruit de l'espérance, est plus élevée dans son
motif et plus féconde dans ses résultats; elle est accessible à toutes
les âmes pieuses. La conformité que produit l'amour divin est, sans
comparaison, la plus noble, la plus méritoire et la plus heureuse; quand
elle est passée en habitude, c'est la voie des âmes avancées. C'est
cette conformité parfaite, amoureuse et filiale, que nous avons étudiée
sous le nom d'abandon.


A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 17 Mai 2020, 7:37 am

Le saint abandon achève en nous, avec autant de force que de
suavité, le détachement universel, l'amour divin, toutes les
vertus. C'est la chaîne la plus puissante et la plus douce, pour
captiver notre volonté sous celle de Dieu, dans une union du
cœur pleine d'une humble confiance et d'une affectueuse intimité.
C'est l'abandon qui a, par excellence, le secret d'assurer la liberté
de l'âme, l'égalité de l'esprit, la paix et la joie du cœur. Il nous
procure un délicieux repos en Dieu; et, ce qui vaut mieux encore,
il est pour nous l'artisan des plus hautes vertus, le meilleur maître
de la sainteté.

Nous tenant par la main, de concert avec l'obéissance, il nous guide
sûrement dans les voies de la perfection, nous prépare une mort
bienheureuse, et nous mène à grands pas vers les sommets du
paradis. C'est le véritable idéal de la vie intérieure. Quelle âme
éclairée n'y aspirerait de toutes ses forces ? Si l'on savait mieux ce
qu'il vaut, pourrait-on ne pas s'efforcer d'y tendre, de s'en rapprocher,
de s'y établir fermement, d'y faire toujours de nouveaux progrès ?
Assurément, on ne l'obtiendra pas sans y mettre le prix; mais une
fois en notre possession, un pareil trésor ne paie-t-il pas
surabondamment notre peine ? Que ferons-nous donc pour l'acquérir ?

Le saint abandon, nous l'avons vu, demande trois conditions préalables :
le détachement universel, une foi vive, une confiance absolue en la
Providence. Nous cultiverons avec soin la mortification intérieure, et
tâcherons de nous faire indifférents par vertu aux biens et aux maux, à la
santé et à la maladie, aux consolations et à la sécheresse, à tout ce qui
n'est pas Dieu et sa volonté sainte, afin qu'il puisse disposer de nous selon
son gré, sans résistance de notre part. Et parce que c'est dans l'orgueil et
l'indépendance que la nature a ses racines les plus profondes, c'est à
l'obéissance et à l'humilité que nous apporterons le meilleur de nos soins.


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Message  Monique le Lun 18 Mai 2020, 8:17 am

Nous tâcherons de grandir de jour en jour dans la foi et la
confiance envers la Providence. Le hasard n'est qu'un mot.
C'est Dieu qui dirige les grands événements du monde, et
les moindres incidents de notre vie. Il fait appel aux causes
secondes, mais elles n'ont d'action que par lui. Les méchants,
comme les bons, sont des instruments dans sa main, qu'ils
le veuillent ou non; il se réserve de récompenser les uns, de
punir les autres; mais il veut faire servir leurs vertus et leurs
défauts à notre avancement spirituel; les péchés même ne
sauraient entraver ses desseins; il les a prévus et les a fait
entrer dans ses plans.

Or celui qui a tout combiné et qui est le Maître souverain des
hommes et des événements, c’est notre Père infiniment sage
et bon; c'est notre Sauveur qui a donné sa vie pour nous; c'est
l'Esprit d'amour, tout occupé de notre sanctification. Il se
propose assurément sa gloire; mais il la met à nous rendre bons
et heureux. Il cherchera donc en toutes choses le bien de son
Église et celui de nos âmes. Il pense surtout à notre éternité.

Il nous aime à sa manière qui est la vraie. Il ne crucifie le vieil
homme en nous, que pour donner la vie à l'enfant de Dieu;
même quand il frappe un peu fort, son amour dirige sa main, sa
sagesse mesure les coups. Hélas ! nous ne comprenons pas
toujours, et parfois la conduite de la Providence nous rebute et
nous déconcerte.

Le bon Maître pourrait nous dire alors comme à sainte Gertrude :
« Je voudrais bien que mes amis me jugeassent moins
cruel. Ils devraient me faire l'honneur de penser que
je n'use de sévérité que pour leur bien et leur plus grand
bien. Je le fais par amour; et, s'il ne le fallait pour les guérir
ou pour accroître leur gloire éternelle, je ne permettrais
même pas qu'un souffle du vent les contrariât ».

Jésus, instruisant sa fidèle épouse, « lui fit comprendre
peu à peu que tout vient aux justes de la main de Dieu; que
les souffrances, les humiliations, ont un prix incomparable
et sont les plus précieux dons de sa Providence; que les
infirmités spirituelles, les tentations, les fautes même
deviennent, par sa grâce, de puissants instruments de
sanctification. Jésus lui montra comment il exauce les
prières de ses amis, alors que souvent ils, se croient
oubliés ou rebutés; comment, à ses yeux, l'intention
donne la valeur aux actes; comment (dans les insuccès)
les bons désirs sont comptés pour des œuvres. Il lui révéla
la souveraine perfection d'un abandon complet au bon
plaisir divin, la joie que trouve son Cœur à voir une âme
se remettre aveuglément aux soins de sa Providence et
de son amour » .


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Message  Monique le Mar 19 Mai 2020, 7:09 am

Sainte Gertrude comprit ces divins enseignements; elle les
grava si bien dans son cœur, qu'elle sut redire en toute
occasion, avec notre bon Maître : « Oui, mon Père, puisque
c'est votre bon plaisir » .
Si nous voulons, nous aussi,
chanter sans cesse l'hymne de l'abandon, nous devons nous
pénétrer de ces vérités salutaires, nous en nourrir à satiété
dans l'oraison et les pieuses lectures, de manière à nous
faire ainsi peu à peu un état d'esprit conforme à l'Évangile.

Encore faudra-t-il, dans l'occasion, ne pas fermer les yeux à
cette lumière de la foi, pour ne regarder que le côté fâcheux
des événements. Cette remarque est de la plus haute
importance. Car la nature, orgueilleuse et sensuelle, n'aime
pas à être contrariée, humiliée, gênée dans ses aises, sevrée
de jouissances et saturée de souffrances. Elle regimbe alors :
toute au sentiment de sa douleur, elle murmure contre
l'épreuve et contre ceux par qui celle-ci arrive, elle oublie
Dieu qui nous l'envoie, elle ne pense pas aux fruits de sainteté
qu'il en attend. De là tant de trouble, d'inquiétude et
d'amertume. Cette agitation malsaine devrait nous faire
comprendre que nos yeux s'égarent et que la volonté fléchit.

Oh! l'heureuse sagesse de voir la
main de notre Père des Cieux dans tous les
événements, agréables ou fâcheux, et de ne
les regarder qu'à-la lumière de l'éternité !


Si le détachement universel, la foi vive et la confiance en la
Providence nous préparent admirablement au saint abandon,
c'est l'amour de Dieu qui l'opère en nous. Il n'appartient qu'à
lui de fondre notre volonté en celle de Dieu, et de donner à
cette union si étroite le caractère d'amoureuse intimité, et de
filiale confiance, qui signale le saint abandon.
Mais cette
métamorphose de notre volonté, ce don total de nous-mêmes,
l'amour divin l'opère comme naturellement; c'est sa tendance,
il en éprouve le besoin, il n'est satisfait qu'à ce prix; en donnant
le cœur, il donne la volonté, il se livre tout entier et ne se
réserve rien. Du moins, il en est ainsi quand l'amour a déjà pris
des forces. Par conséquent, la science de l'abandon n'est pas
autre chose que la science du saint amour; et pour progresser
dans cette parfaite conformité, il faut s'appliquer à croître dans
l'amour, non pas dans cet amour mêlé d'alliage où se cache
encore une secrète recherche de nous-mêmes, mais dans cet
amour parfaitement pur qui s'oublie sagement pour se donner
tout à Dieu.


Riches de foi, de confiance et d'amour, nous sommes en
excellentes dispositions pour recevoir, avec respect et soumission,
tous les événements du bon plaisir divin, à mesure qu'ils se
produisent, ou pour les attendre avec une douce tranquillité d'esprit
et dans une paix pleine de confiance. Tout en faisant la volonté de
Dieu signifiée, et sans omettre la prévoyance et les efforts que
requiert la prudence, on bannit facilement le trouble et l'inquiétude,
on se repose entre les bras de la Providence, à la façon d'un enfant
sur le sein de sa mère.


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Message  Monique le Mer 20 Mai 2020, 7:44 am

Mais le saint abandon, comme les autres vertus, s'acquiert par
la répétition des actes. Et d'abord dans la prière. Le
détachement universel, la foi, la confiance et l'amour, ne sont
possibles qu'avec la grâce; il la faut même en très grande
abondance, pour les obtenir au degré élevé que requiert le saint
abandon. Par conséquent, la prière s'impose. Saint Alphonse
nous recommande de « n'oublier pas qu'il faut prier, en quelque
état que l'on se trouve », même dans les consolations, le calme
et la prospérité; à plus forte raison, sous les coups de l'adversité,
parmi les tentations, les ténèbres et les épreuves de tout genre.
Il nous enseigne à crier vers Dieu : Seigneur, conduisez-moi par
telle voie qu'il vous plaît, faites que j'accomplisse votre volonté;
je ne veux pas autre chose ».


Assurément, nous avons le droit de demander que le Seigneur
nous allège le fardeau. Mais saint Alphonse nous indique une
voie plus généreuse : « Épouse bénie de Jésus, dit-il à sa
Religieuse sanctifiée, prenez l'habitude de vous offrir sans cesse
à Dieu dans l'oraison; protestez que, par amour pur le Bien-Aimé,
vous voulez souffrir n'importe quelle peine d'esprit ou de corps,
n'importe quelle désolation, n'importe quelle infirmité, affront ou
persécution; attention aussi à prier pour avoir la force de faire
en tout cela sa sainte volonté ».
Cependant, nous ne conseillons
pas, pour l'ordinaire, de demander à Dieu des épreuves; nous
pensons aussi, qu'au lieu d'envisager les croix trop en particulier,
il sera plus prudent d'accepter en général celles que Dieu nous
destine, en nous confiant dans sa bonté et sa discrétion. « Retenez
également, continue saint Alphonse, ce grand avis donné par les
maîtres de la vie spirituelle : quand Il survient quelque forte
adversité, rien de mieux que de prendre précisément cette
adversité pour sujet d'oraison, et par conséquent pour objet de
nos actes répétés de résignation. Les Saints n'eurent pas de plus
cher exercice que l'union incessante de leur volonté à celle de Dieu.
Saint Pierre d'Alcantara le pratiquait jusque dans son sommeil.
Sainte Gertrude disait trois cents fois par jour :
« Mon Jésus, que
votre volonté se fasse, et non pas la mienne » .


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Message  Monique le Jeu 21 Mai 2020, 7:32 am

Saint François de Sales demandait à sainte Jeanne de Chantal «
de faire un exercice particulier de vouloir et d'aimer la volonté, de
Dieu plus vigoureusement, plus tendrement, plus amoureusement
que nulle autre chose du monde; et cela non seulement en
occurrences supportables, mais aux plus insupportables. Jetez les
yeux sur la volonté générale de Dieu, par laquelle il veut toutes les
œuvres de sa miséricorde et de sa justice, au ciel, en terre, sous
terre; et, avec une profonde humilité, approuvez, louez, puis aimez
cette volonté souveraine, toute sainte, tout équitable, toute belle.
Jetez les yeux sur la volonté de Dieu spéciale, par laquelle il aime les
siens; considérez la variété des consolations, mais surtout des
tribulations que les bons souffrent; puis, avec grande humilité,
approuvez, louez, et aimez toute cette volonté. Considérez cette
volonté en votre particulière personne, en tout ce qui vous arrive et
peut vous arriver de bien et de mal, hors le péché;
puis approuvez,
louez et aimez tout cela, protestant que vous voulez à jamais honorer,
chérir, adorer cette souveraine volonté, exposant à sa merci votre
personne et tous les vôtres, et j'en suis. Enfin concluez par une
grande confiance que cette volonté fera tout bien pour nous et pour
notre bonheur. Ayant fait deux ou trois fois cet exercice en cette façon,
vous pourrez l'accourcir, le diversifier, et l'accommoder comme vous le
trouverez mieux; car il le faut souvent ficher au cœur par manière
d'élancements » .


Madame Élisabeth, dans sa prison d'où elle ne devait sortir que pour
aller à l'échafaud, redisait tous les matins cette prière : « Que
m'arrivera-t-il aujourd'hui, mon Dieu ? Je n'en sais rien. Tout ce que je
sais, c'est qu'il ne m'arrivera rien que vous n'ayez prévu, réglé et
ordonné de toute éternité. Cela me suffit, mon Dieu, cela me suffit :
j'adore vos desseins impénétrables, et je m'y soumets de tout mon
cœur pour l'amour de vous. Je veux tout, j'accepte tout, je vous fais
un sacrifice de tout, et j'unis ce sacrifice à celui de Jésus-Christ, mon
divin Sauveur. Je vous demande en son nom, et par ses mérites infinis,
la patience dans mes peines, et la parfaite soumission qui vous est due
pour tout ce que vous voulez et permettez. Ainsi soit-il ».

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Message  Monique le Ven 22 Mai 2020, 7:27 am

Nous pourrons dire de temps en temps avec le P. Saint-Jure:
« O mon Seigneur et mon Dieu, je veux et j'agrée tout ce
que vous voudrez, quand vous le voudrez, comme vous le
voudrez, et dans les fins que vous vous proposez, pour le
froid, le chaud, la pluie, la neige, les tempêtes, la gelée, les
famines, les pestes, et tous les désordres des éléments, pour
la faim, la soif, la pauvreté, les infamies, les outrages, les
dégoûts, les ennuis et toutes les autres misères.

Je m'abandonne à vous avec un cœur soumis, afin que vous
disposiez de moi, en cela et en tout, selon votre bon plaisir.
Quant aux maladies, vous savez celles que vous avez résolu
de m'envoyer. Je les veux, et, dès ce moment, je les accepte
et les embrasse en esprit, m'immolant à votre divine et
adorable volonté.
 

Je veux celles-là, et je n'en veux pas d'autres, parce que ce
sont celles-là que vous voulez; je les reçois avec une parfaite
conformité à votre volonté, comme vous les avez ordonnées,
et pour le temps de leur venue, et pour le temps de leur
durée, et pour leurs qualités. Je ne les veux ni plus fortes ni
plus légères, ni plus courtes ni plus longues, ni plus douces ni
plus aiguës, mais seulement comme elles doivent être d'après
votre volonté ».

Pour toutes choses, « Ô mon Seigneur et mon Dieu, je
m'abandonne et me remets entièrement à vous; je vous livre
mon corps, mon âme, mes biens, mes honneurs, ma vie, ma
mort. J'adore tous les desseins que vous avez sur moi, et je
vous demande de tout mon cœur que tout ce que vous avez
résolu de moi, soit pour le temps, soit pour l'éternité,
s'accomplisse au plus haut degré de perfection possible ».


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Message  Monique le Sam 23 Mai 2020, 7:31 am

Il est facile de produire ces actes, tant que l'épreuve ne se fait pas sentir.
Mais il faut les répéter surtout lorsque la croix est venue s'abattre sur
nous. « Au lieu de perdre le temps à vous plaindre des hommes ou de la
fortune, dit le P. de la Colombière, allez vous jeter promptement aux
pieds du bon Maître, pour lui demander la grâce de la porter avec
constance. Un homme qui a reçu une plaie mortelle, s'il est sage, ne court
point après celui qui l'a blessé, il s'en va tout droit au médecin qui peut
le guérir. D'ailleurs, si vous cherchez l'auteur de vos maux, c'est encore à
Dieu qu'il faudrait aller, puisqu'il n'y a que lui qui puisse en être la cause
. Allez donc à Dieu, mais allez-y promptement, allez-y sur l'heure, que ce
soit le premier de vos soins. Allez lui rapporter, pour ainsi dire, le trait
qu'il vous a lancé, le fléau dont il s'est servi pour vous battre. Baisez mille
fois les mains de votre crucifix, ces mains qui vous ont frappé, qui ont fait
tout le mal qui vous afflige. Dites-lui souvent ces belles paroles qu'il disait
lui-même à son Père en sa cruelle agonie : Seigneur, que votre volonté soit
faite, et non pas la mienne. Je vous bénis de tout mon cœur; je vous
remercie de ce que vos ordres s'accomplissent sur moi, et, quand il serait
en mon pouvoir d'y résister, je ne laisserais pas de m'y soumettre. J'agrée
cette calamité en elle-même et dans toutes ses circonstances. Je ne me
plains ni du mal que je souffre, ni des personnes qui me le causent, ni de la
manière qu'il m'est arrivé, ni du temps ni du lieu où il m'a surpris. Je suis
assuré que vous avez voulu toutes ces choses, et j'aimerais mieux mourir
que de m'opposer en rien à votre très sainte volonté. Oui, mon Dieu, tout
ce que vous voudrez en moi et en tous les hommes, aujourd'hui et en tout
temps, dans le ciel et sur la terre; qu'elle se fasse votre volonté, mais
qu'elle se fasse sur la terre comme elle s'accomplit au ciel » .


Cette sainte et adorable volonté, de signe ou de bon plaisir, si nous savions
la voir toujours, l'approuver toujours, nous y attacher toujours, l'accomplir
de tout notre cœur, avec amour et fidélité, comme les Anges et les Saints
la font au ciel, cette volonté divine aurait vite transformé la face du monde :
la sainteté fleurirait partout; partout régneraient la joie dans les cœurs, la
charité parmi les hommes, la paix dans les familles et les nations. Malgré
les épreuves, la vie s'écoulerait douce et heureuse, embaumée de confiance
et d'amour, chargée de vertus et de mérites. Volontiers, le moment venu,
nous quitterions l'exil pour la patrie, et, loin de craindre en Dieu le juge,
nous aurions hâte d'aller près de notre Père. La terre deviendrait donc le
vestibule du ciel, et le paradis serait pour nous merveilleusement riche de
gloire et de félicité. Oh! qu'ils doivent bénir le Seigneur, ceux qui ont appris
à l'aimer et à le suivre avec amour et confiance, partout où il les conduit !
Qu'ils se trompent misérablement ceux qui sont esclaves de leur propre
volonté, et qui n'ont pas assez de confiance en Dieu, leur Père, leur Sauveur,
l'Ami véritable, pour lui permettre de les sanctifier et de les rendre heureux !
Nous, du moins, aimons notre doux Maître, si sage et si bon; faisons de
grand cœur tout ce qu'il veut; acceptons avec confiance tout ce qu'il fait :
c'est là tout l'homme, tout le chrétien, tout le religieux; c'est le chemin des
hautes vertus, le secret du bonheur pour le temps et pour l'éternité.


FIN
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