LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Jeu 11 Oct 2018, 8:34 am

8. EFFORTS DANS L'ABANDON

Ce serait une grosse erreur pratique de regarder
l'abandon comme une vertu purement passive,
et de croire que l'âme n'a qu'à s'endormir dans
les bras de Dieu qui la porte. Ce serait oublier ce
principe de Léon XIII, «non, il ne peut y avoir de
vertu purement passive».
De plus, cela impliquerait
un faux concept du bon plaisir divin.

Lorsqu'une mère prend son petit enfant et le
pose où elle veut, Il y est mis sans avoir fait sa part
mais pour se laisser manipuler; pour que Dieu puisse
être avec nous ; pourrait nous élever au degré de
vertu qui lui plaît, de modifier soudainement un vice
obstiné et rebelle, pour nous préserver à jamais de
certaines tentations, etc... ; et parfois il le fait ; car
enfin, ces élévations soudaines et ces transformations
soudaines ne sont pas des choses qui dépassent son
pouvoir. Cependant, ils continueront à être l'exception,
car ils gâcheraient leurs sages plans s'ils étaient trop
fréquents. C'est normal qu'un enfant soit porté, parce
qu'il ne peut pas marcher ; mais Dieu nous a dotés du
libre arbitre et ne veut pas nous sanctifier sans nous.
Il aura donc la chance de tempérer son action de telle
sorte que notre progrès soit justement l'œuvre de sa
grâce et de notre libre coopération.  Ainsi, dans les
événements qui nous déclarent son bon plaisir divin,
l'intervention de Dieu se limitera généralement à nous
saisir de sa main souveraine et à nous placer dans la
situation qu'Il nous a donné Lui-même, sans consulter
nos prétentions et nos goûts et même sans les
contredire à quelques reprises ; nous mettra dans la
santé ou dans la maladie, dans la consolation ou dans
les peines intérieures, dans la paix ou dans le combat,
dans le calme ou dans l'agitation, etc. Il y aura des
moments où, par joie ou par malheur, nous avons
nous-mêmes préparé ces états, et bien d'autres fois,
nous n'y participons pas ; mais quoi qu'il en soit, la
vérité est que Dieu est celui qui dispose de nous et que,
pour la même raison, une fois placé en de telles
situations, nous devrons faire notre devoir en comptant
sur la grâce de Dieu ; le devoir, soit dit en passant, est
très complexe.

Pour que l'abandon soit possible, l'âme devait s'installer
au préalable dans la sainte indifférence ; Il lui reste à y
persister à travers la pratique ardue de la mortification
chrétienne, qui est l'œuvre de toute une vie.

Avant les événements l'âme est mise entre les mains de
Dieu par une attente simple et générale, sans exclure la
prudence; pour cette cause, qu'est-ce qu'il y a à faire
, pour exemple, dans la direction d'une maison ; dans
l'exécution d'un fardeau pour éviter les surprises et les
déceptions ; dans le gouvernement de notre âme pour
prévenir les fautes, les tentations, l'aridité ! Toutes ces
providences appartiennent à la volonté de Dieu signifiée
et ne doivent pas être omises sous prétexte d'abandon,
car nous ne pouvons laisser à Dieu le soin de faire ce qu'Il
nous a commandé d'accomplir nous-mêmes.

A SUIVRE...

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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Ven 12 Oct 2018, 11:31 am

Pendant les événements, il faut d'abord se soumettre.
Dans le Saint Abandon, appelons cela une adhésion
confiante, filiale et aimante au bon plaisir de Dieu.
Vous devrez peut-être vous battre un peu pour atteindre
cette hauteur et y rester ; plus encore, même quand la
soumission est aussi prompte et facile qu'elle est pleine et
affectueuse, et aussi simple que soit notre volonté de nous
soumettre à la volonté de Dieu, il y a toujours un acte ou
une disposition volontaire en cela. Dans le Saint Abandon,
la charité est ce qui est en exercice et ce qui met en jeu
d'autres vertus. Y dit Bossuet : «C'est un mélange et un
composé d'actes de la foi la plus parfaite, de l'espérance
entière et confiante, de l'amour le plus pur et le plus fidèle».

Si, même après s'être soumis à la décision finale, il est jugé
opportun de demander dès le début à Dieu de retirer ce
calice, comme c'est le droit de le faire, cela constitue de la
même manière un acte ou une série d'actes.

Après les événements, on peut craindre des conséquences
désagréable pour les autres ou pour nous-mêmes dans le
temporel ou dans le spirituel, comme cela arrive dans les
calamités publiques, dans la persécution, dans la ruine de
la fortune, dans les calomnies, etc. S'il est en notre pouvoir
de mettre de côté ces éventualités ou de les atténuer, nous
ferons ce qui dépend de nous, sans attendre une action
directe de la Providence, parce que Dieu se réserve
habituellement le droit d'agir pour ces secondes causes, et
il se peut qu'il compte sur nous précisément dans cette
circonstance, qui nous imposera souvent des devoirs à
remplir.

Après les événements, parce qu'ils sont des manifestations
du bon plaisir de Dieu, il est aussi nécessaire d'en faire
ressortir les fruits que Dieu lui-même attend pour sa gloire et
pour notre bien : si événements heureux, action de grâce,
confiance, amour ; si malheureux, pénitence, patience,
abnégation, humilité, etc.. ; quel qu'en soit le résultat, une
augmentation dans la vie de la grâce, et donc une
augmentation dans la gloire éternelle.

La volonté de Dieu signifiée ne perd pas ses droits et, sauf
exceptions et dispenses légitimes, il faut continuer à la
garder ; les devoirs qu'elle nous impose constituent le tissu
de notre vie spirituelle, la base sur laquelle le saint abandon
vient appliquer la richesse et la variété de ses broderies. De
plus, cette conformité amoureuse et filiale n'empêche pas
l'initiative de pratiquer les vertus : les Règles et la Providence
lui offrent mille occasions chaque jour ; et qui nous empêche
de provoquer beaucoup d'autres, surtout dans nos relations
intimes avec Dieu ? La vérité est que nous ne sommes pas trop
riches pour dédaigner ce moyen de passer de la vertu à la
vertu : le salaire de notre tâche ordinaire, aussi opulente soit-il,
ne doit pas nous faire mépriser l'augmentation magnifique des
profits qu'une telle attitude peut nous mériter.

A SUIVRE...
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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Sam 13 Oct 2018, 7:54 am

Nous sommes donc loin d'une passivité pure, dans laquelle Dieu
ferait tout et l'âme se limiterait à recevoir. D'autre part, nous
dirons que cette passivité se retrouve à des degrés divers dans
les chemins mystiques, auquel cas il faut soutenir l'action divine
et veiller à ne pas s'y opposer. Mais même sur ces chemins
mystiques, la passivité est une exception très rare. Aussi peu
que l'on comprenne l'économie du plan divin et aussi peu que l'on
ait d'expérience des âmes, il faut admettre que l'abandon n'est
pas une attente oiseuse, ni un oubli de la prudence, ni une inertie
paresseuse. L'âme y maintient une pleine activité pour tout ce qui
se réfère à la volonté de Dieu signifiée ; et quant aux événements
qui dépendent de la bénédiction divine, elle prévoit tout ce qu'elle
peut prévoir, elle fait tout ce qui en dépend. Mais dans le soin
qu'elle prend, elle se conforme à la volonté de Dieu, s'adapte aux
mouvements de la grâce, travaille sous la dépendance et la
soumission à la Providence. Dieu étant le propriétaire du succès
concédant ou du succès l'âme accepte à l'avance et avec amour
tout ce qu'elle décide, et reste donc joyeuse et calme avant et
après l'événement. Sortez alors, la passivité indolente des
quiétistes, qui dédaignent les efforts méthodiques, diminue l'esprit
d'initiative et affaiblit l'énergie sainte de l'âme.

Les quiétistes prétendent compter sur Saint François de Sales,
mais faussement. J'ai besoin de couper ici et là dans les écrits
des mots et des phrases pieux du Docteur, de les isoler du
contexte et d'en modifier le sens.

On ne peut pas le citer dans son intégralité. Il nous compare à la
Très Sainte Vierge, allant parfois au temple dans les bras de ses
parents, d'autres marchent sur leurs propres pieds :
«Ainsi, dit-il, la Bonté  divine veut nous conduire sur notre
chemin, mais elle veut aussi que nous fassions nos pas,
c'est-à-dire que nous fassions en notre nom ce que nous pouvons
avec sa grâce».
Comme un enfant se casse pour marcher
quand sa mère le met au sol pour marcher, et qu'il se laisse porter
quand elle veut le porter dans ses bras, «autrement l'âme qui
aime la bénédiction divine ne se laisse pas porter et marche en
faisant avec grand soin ce qui est appelé la volonté de Dieu
signifié».
Cet homme si plein de saint abandon a écrit à Sainte
Jeanne de Chantal, qui n'était pas moins: «Notre Dame n'aime
que les lieux approfondis par l'humilité, ennoblis par la simplicité,
agrandis par la charité ; est très confortable au pied de la crèche
et de la croix... Marchons dans ces vallées profondes d'humbles et
petites vertus ; là nous verrons la charité qui brille parmi les
affections, parmi les lys de pureté et parmi les violettes de
mortification. Je peux dire de moi-même que j'aime ces trois
vertus: la douceur du cœur, la pauvreté de l'esprit, la simplicité de
la vie ... Nous ne sommes pas dans ce monde, mais pour recevoir
et porter le doux Jésus, sur notre langue, en l'annonçant au monde ;
dans nos bras, en pratiquant de bonnes œuvres ; sur notre dos,
portant son joug, ses sécheresses, ses stérilités.»
Est-ce le
langage de la passivité indolente? N'est-ce pas plutôt une activité
spirituelle complète?

«Moi, dit sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, je voudrais un
ascenseur qui m'élèverait jusqu'à Jésus, car je suis trop petite pour
gravir l'escalier rugueux de la perfection. L'ascenseur qui m'élèvera
au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus !»


Mais ne pressez pas les quiétistes pour célébrer leur triomphe. C'est
l'expression de l'amour , de la confiance et surtout de l'humilité, parce
que la sainte n'a nullement l'intention de rester dans une passivité
indolente, jusqu'à ce que le Seigneur vienne la prendre et la conduire
dans ses bras ; elle travaille plutôt avec une grande activité. «C'est
pourquoi, ajoute-t-elle, je n'ai pas besoin de grandir, je dois rester et
devenir de plus en plus petite.»
Et en effet, avec grâce, elle sculptera
une humilité inconnue au milieu des dons, une obéissance d'enfant,
un merveilleux abandon au milieu des épreuves, la charité d'un ange
de paix et comme la fin de tout, un amour incomparable pour Dieu,
mais un amour «qui sait tout profiter», un amour qui, croyant dans
son humilité qu'il ne peut rien faire de grand, ne veut «lâcher aucun
sacrifice, aucun regard, aucune parole, et veut profiter des moindres
actions et les faire par amour pour souffrir par amour et même pour
se réjouir par amour».


Faudra-t-il ajouter que toutes les âmes vraiment saintes, au lieu
d'attendre que Dieu les porte, eux et leur tâche, se donnent mille
tours pour augmenter leur activité spirituelle et tirer leur propre
avantage de tous les événements? Nous en avons un exemple
palpable et évident dans la vie de Sœur Elisabeth de la Trinité.
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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Dim 14 Oct 2018, 8:37 am

9. LE SENTIMENT DE LA SOUFFRANCE DANS L'ABANDON

La sensation de tristesse et de souffrance est quelque chose qui,
plus ou moins, doit nécessairement exister dans la résignation
simple et même dans l'abandon parfait. En fait, nos facultés
organiques ne peuvent manquer d'être impressionnées par le
mal sensible, tout comme nos facultés supérieures ne seront
pas privées de leur part de fatigue, qu'elles auront à souffrir et
à ressentir volontairement ou par force. Parce qu'il est vrai que
nous sommes dans un état de décadence où coexistent l'attrait
du fruit défendu et l'aversion pour le devoir douloureux, et en
conséquence, la tension et la douleur de la lutte. Supposons que
Dieu exige de nous le sacrifice d'un goût ou la souffrance d'une
tribulation à cause de Lui ; on verra bientôt que, malgré
l'adhésion totale et résolue de notre volonté à la volonté divine,
il est fort possible que la partie inférieure sente l'amertume du
sacrifice. Cela doit se produire à chaque étape ; car Dieu,
pleinement occupé à nous purifier, à nous détacher et à nous
enrichir, veut en particulier guérir notre orgueil d'humiliation et
notre sensualité de privation et de douleur ; et, parce que le mal
est tenace, le remède devra nous être appliqué pendant
longtemps et souvent.

Il est vrai que nous pouvons compter sur l'onction de la grâce et
sur la vertu acquise, qui adoucira et renforcera respectivement
la douleur et la volonté, comme le proclame justement Saint
Augustin quand il dit que Il est vrai que nous pourrons compter
sur l'onction de la grâce et sur la vertu acquise, qui adoucira et
renforcera respectivement la douleur et la volonté, comme le
proclame à juste titre saint Augustin quand il dit que «là où
règne l'amour, il n'y a pas de douleur, et s'il y a une, on aime».

Il est donc possible que l'œuvre subsiste dans la sensibilité :
malgré les dispositions les plus élevées de la volonté. Cependant,
il n'y a pas de règle fixe, et dès que nous serons enivrés par
l'abondance des consolations et la force de l'amour nous
transportera et la sensibilité de la douleur se perdra parmi les
joies, tout comme la générosité, signe du véritable amour, sera
voilée et brouillée, et la paix s'estompera en se repliant au
sommet de l'âme : avec quel mal être, ennui, envahira l'âme et
la réduira en tristesse mortelle. Parfois aussi, après avoir enduré
les épreuves les plus dures avec une admirable sérénité, il faut
aller de bien en bien pendant un moment et m'arracher ces pailles.
Qu'est-ce que vous voulez dire ? C'est que la coupe débordait et
qu'une seule goutte suffisait à la faire déborder, ou que Dieu,
désireux de nous maintenir humbles quand nous avons obtenu
d'importantes victoires, nous fait connaître alors notre faiblesse
dans une simple escarmouche. Cependant, l'observance filiale est
le fruit de la vertu, et non de l'insensibilité, puisque le paradis ne
peut être permanent ici-bas, pas même pour les saints.

De même, le pieux évêque de Genève disait à ses filles : «Ne
remarquons pas ce que nous ressentons ou cessons de ressentir,
de même que nous ne croyons pas qu'en ce qui concerne les vertus
de l'indifférence et de l'abandon nous n'aurons jamais de désirs
contraires à ceux de la volonté de Dieu, ni que notre nature ne sera
jamais répugnée dans les événements du plaisir divin ; car cela
pourrait très bien arriver. Ces vertus ont leur place dans la région
supérieure de l'âme, et généralement rien n'est compris en elles par
l'inférieur ; par conséquent, il ne faut pas marcher en contemplation,
et sans prêter attention à ce qu'il veut, nous devons embrasser et
nous unir à la volonté divine, le mal qui pèse sur nous.»
D'autre
part, le pieux Docteur a toujours considéré comme une chimère
l'insensibilité imaginaire de ceux qui ne veulent pas souffrir pour être
des hommes ; il faut d'abord rendre hommage à cette partie
inférieure et ensuite donner ce qui est dû à la partie supérieure, où
l'esprit de foi se pose comme sur son trône, qui est de nous consoler
dans nos souffrances et pour nos souffrances.

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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Lun 15 Oct 2018, 11:54 am

C'est ainsi qu'il l'a pratiquée lui-même : «J'étais en route pour
cette visite bénie, où je vois à chaque instant des croix de
toutes sortes».

«Ma chair tremble, mais mon cœur les adore.... Oui, je vous
salue, grandes et petites croix, et je baise vos pieds, comme
indignes d'être honorés «de votre ombre». A la mort de sa
mère et de sa jeune sœur, il éprouve, comme il l'avoue
lui-même, «un très grand sentiment de séparation, mais un
sentiment à la fois vivant, calme... ; la bénédiction divine -
ajoute-t-il - est toujours sainte et ses dispositions très
aimables». ; bref, le Saint Docteur embrassera sans cesse le
parti de la divine Providence. Mais, si dans ses grandes
épreuves il a rapporté de brillantes victoires, d'autre part,
une affaire sans importance lui a fait perdre son calme au
point de passer deux heures d'insomnie ; il a ri de sa
faiblesse, et n'a cessé de voir que c'était une agitation
enfantine et, néanmoins, il était impossible pour lui de
l'ignorer. «Dieu voulait que je comprenne que si les grands
coups ne me dérangent pas, ce n'est pas moi qui fais cela,
mais la grâce de mon Sauveur.»

Jeanne de Chantal est une sainte qui se distingue par son
énergie d'esprit et son saint abandon, et pourtant elle a
besoin de son pieux directeur pour la soutenir sans cesse et
la consoler sans cesse au milieu de ses peines intérieures.
Il montre la mort de la sienne la douleur la plus intense.
Lorsqu'il perd sa fille aînée, il a le courage de l'assister
pieusement jusqu'au dernier souffle; puis s'évanouit et, en
soi, reste de longues heures aplaties. A la mort de saint
François de Sales, il n'a cessé de pleurer jusqu'au lendemain,
mais s'il «savait que ses larmes seraient désagréables pour
Dieu, il n'en verserait pas une seule». La violence a été faite
au point de les rendre malades, de les arrêter ; et par
obéissance, de les laisser fuir à nouveau. Le coup est dur ! Il
dit, "mais comme est douce et paternelle la main qui l'a
donnée ; je l'embrasse et je l'aime de toute mon âme,
baissant la tête et abandonnant tout mon cœur sous sa très
sainte volonté que j'adore et révère de toutes mes forces".

De cette façon, nous pourrions citer une multitude
d'exemples, mais laissons les serviteurs et venons vers le
Maitre.

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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Mar 16 Oct 2018, 8:25 am

Dès son entrée dans le monde, Notre-Seigneur s'offre à son
Père éternel pour être la victime universelle. Toute sa vie
sera croix et martyre. Ils apparaissent à peine dans Les
Larmes assez pour montrer la tendresse de son cœur, assez
d'indignation pour inspirer aux coupables une peur saine. De
plus, il garde toujours une merveilleuse sérénité ; il aspire au
baptême du sang dans lequel il doit laver le monde. Mais
voici que le temps est venu de reléguer les joies de la vision
béatifique à la partie supérieure de son âme, il s'abandonne
volontairement à toutes ses facultés, son corps même à la
plus terrible agonie, et par libre choix, il s'abandonne à la
peur, à l'ennui, au déplaisir ; son âme est triste jusqu'à la mort.
Il contemple la montagne de nos péchés, son Père
indignement inconnu, les âmes qui courent à l'abîme, les
tortures et l'ingratitude qui l'attendent, et il est plongé dans un
océan d'amertume. Trois fois, il implore la compassion de son
Père. "Si possible, passez-moi ce calice." Il accepte qu'un ange
du ciel vienne le consoler, une sueur de sang l'inonde, puis il
prie plus intensément : "Père, que ta volonté soit faite, et non
la mienne".


Face à un tel spectacle inouï, l'homme de foi timide est troublé
et perplexe, mais le vrai fidèle adore, admire, remercie.
Notre-Seigneur, en effet, sera-t-il capable de faire rien de plus
utile aux âmes, en tant que Sauveur, en tant que Consolateur
et Maître ? En tant que Sauveur, il convenait qu'Il prenne
toutes nos faiblesses et même nos plus grands abattements,
à l'exception du péché. Or, pourrait-il y avoir pour Dieu une
humiliation comparable à celle-ci? C'est pourquoi il l'a choisie
avec une volonté complète.

En tant que consolateur, c'était bien qu'il connaisse toutes nos
douleurs. S'il s'était montré inaccessible à la peur, au dégoût,
à notre plus grand déplaisir, aurions-nous osé manifester nos
misères? Il s'est volontairement rendu comme nous, comme
un père devient un enfant avec ses enfants. Cette humble
condescendance nous affirme, nous encourage et met du
baume sur nos blessures. En même temps, l'excès de sa
douleur et son découragement volontaire transpercent l'âme
généreuse et donnent naissance au désir, et pour ainsi dire à
la nécessité de rendre à cet Ami incomparable la souffrance
pour la souffrance. "Une nuit, dit sœur Isabelle de la Trinité-
mes douleurs étaient accablantes, j'avais l'impression que la
nature me dominait, mais en regardant Jésus à l'agonie, je lui
ai offert ces douleurs pour le consoler et je me sentais fortifié.
C'est ce que je fais toujours dans ma vie. à chaque épreuve,
grande ou petite, je regarde ce que notre Seigneur a souffert
d'analogue, pour perdre ma souffrance dans la sienne et me
perdre en lui. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus dit à son tour :
"Quand le divin Sauveur demande le sacrifice de tout ce qui
est dans le monde le plus aimé, il est impossible, sans une
grâce bien particulière, de ne pas s'exclamer avec Lui dans le
Jardin de l'Agonie : "Mon Père, enlevez-moi ce calice." Mais
ajoutons aussitôt : "Que ta volonté soit faite et non la mienne.
Il est très réconfortant de penser que Jésus, le Dieu Puissant,
a traversé toutes nos faiblesses, qu'il a tremblé à la vue de
ce calice amer qu'il avait si ardemment désiré. Il y aura
toujours des heures d'agitation, puis nous dirons nous aussi,
je m'efforcerai d'imiter la générosité de Notre-Seigneur, en
répétant : "Père, délivre-moi de cette heure terrible" et en
surmontant immédiatement cette peur momentanée, nous
dirons encore :  ''Mais non'', c'est pour ça que je suis venu
au monde."

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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Jeu 18 Oct 2018, 12:26 pm

En tant que Maître, Notre Seigneur nous offre ici trois
enseignements précieux : 1ª Ce n'est pas une faute, ni même
une imperfection, de ressentir le sentiment de souffrance,
d'ennui, de dégoût et de déplaisir, tant que nous ne cessons de
dire avec détermination : Que cela soit fait, non comme je veux,
mais comme vous le Voulez. Notre Seigneur n'est ni moins
parfait ni moins grand dans le jardin de Gethsémanie que dans
le Tabor, ou à la droite de son père; penser autrement serait un
blasphème; Pour cette raison, il n’est pas anodin que l’âme,
dépourvue de toute aide sensée, au milieu de la confusion et des
revers, reste si constamment fidèle à la volonté de Dieu.

2ª Il ne manque pas non plus d'imperfection pour se plaindre à
Dieu avec une soumission aimante, de la manière dont un enfant
blessé se réfugie auprès de sa mère et lui montre sa blessure et
son chagrin ; «l'amour permet de se plaindre et de dire toutes
les lamentations de Job et Jérémie, mais à condition que le saint
consentement soit toujours conservé au fond de l'âme, dans la
partie supérieure de l'âme.»
Ainsi parle le doux évêque de
Genève, mais il nous condamne aussi quand nous ne cessons de
nous lamenter et que nous ne trouvons pas, semble-t-il, des
gens à qui nous nous plaignons et comptons souvent nos peines.
Il n'y a pas d'autre façon de parler de saint Alphonse : «Il est
certainement plus parfait dans la maladie de ne pas se plaindre
des douleurs que vous éprouvez ; mais quand nous sommes
affligés de véhémence, il n'est pas nécessaire de les
communiquer à nos amis, ni même de demander au Seigneur
de nous en libérer. Je n'ai pas affaire ici à une grande douleur,
parce qu'autrement faire très mal ces gens qui se lamentent
chaque fois qu'ils ressentent une douleur ou le moindre
malaise.»
Ces saints docteurs admettent donc comme
légitimes les plaintes modérées et soumises; ils ne condamnent
que les excès.

3° Ce n'est pas un manque, ni même une imperfection, de
demander à Dieu dans les grandes épreuves de nous retirer, si
possible, la coupe de la souffrance et même de la demander avec
une certaine insistance, puisque notre Seigneur l'a fait; mais,
«après avoir prié le Père de vous réconforter, s'il ne veut pas le
faire, dirigez vos efforts pour accomplir l'oeuvre de votre salut sur
la croix, comme si vous ne deviez jamais en descendre. Voyez
Notre-Seigneur dans le Jardin des Oliviers après avoir demandé
consolation à son Père et sachant qu'il ne voulait pas l'accorder, ne
pense plus à lui, ne s'inquiète plus, ne le cherche plus, comme s'il
ne l'avait jamais obtenu, et exécute courageusement l'œuvre de la
Rédemption».
C'est l'adresse que Saint François de Sales a
donnée à Sainte Jeanne de Chantal.

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Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique Hier à 10:31 am

Avant de comparer ces deux choses, il vaut la peine de
répéter en quelques mots l'idée de l'abandon sacré.
C'est une conformité à l'approbation divine, mais une
conformité née de l'amour et portée à un degré élevé.
Ce n'est pas par insensibilité, mais par vertu que l'âme
est établie dans une sainte indifférence à tout ce qui
n'est pas Dieu et à son adorable volonté. Avant
l'événement qui est de montrer la bénédiction divine,
gardez-la simple et générale dans l'attente, en
accomplissant fidèlement la volonté de Dieu signifiée.
Soyez prudents dans les choses qu'il vous appartient de
décider, mais dans celles qui dépendent du plaisir divin,
peu importe combien vous avez le droit de formuler
des désirs et des demandes, vous préférez en général
laisser à votre Père céleste le soin de vouloir et de tout
disposer à son gré ; tant est grande votre confiance en
Lui et tant sont grandes vos aspirations à ne faire que la
volonté divine ! Dès que cette volonté vous a été
manifestée par un événement, qu'elle se conforme à
l'amour, non pas à la manière d'une machine qui se
laisse émouvoir, mais en utilisant toute son intelligence
et sa volonté pour s'adapter et s'uniformiser à la
bénédiction divine et pour en tirer le meilleur parti. Son
amour et la sincérité de l'abandon ne l'empêchent pas
d'éprouver de la tristesse, mais elle n'en est pas agitée ;
il lui suffit d'être capable de faire la volonté de Dieu.
Voici, dans son ensemble, le saint abandon tel que nous
l'avons décrit selon la doctrine de Saint François de Sales,
que l'on pourrait résumer dans la formule suivante :
 «Mon Dieu, je ne veux rien d'autre au monde que vous
et votre très sainte volonté. Mon plus grand désir est de
grandir dans l'amour et dans toutes les vertus, et c'est
pourquoi je désire accomplir fidèlement votre sainte
volonté significative. Car combien dépend de Vous et non
de moi, je me confie en vos mains et je serai prêt à tout
ce que vous voudrez dans une attente simple et filiale. Je
ne veux rien, je ne vous demande rien et je ne refuse rien.
Je ne crains pas la douleur, puisque vous la conditionnerez
à ma faiblesse ; la seule chose que je souhaite faire est de
me laisser conduire à votre goût et de me contenter
d'amour à votre bon plaisir.»


Il est évident que cette façon de considérer l'abandon
n'offre aucun danger et n'est rien de présomptueux,
puisqu'il ne s'agit que d'une soumission filiale, pleine de
confiance et d'amour ;et on pourrait bien conseiller comme
idéal toute âme avancée.

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