LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

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Message  Monique le Dim 29 Sep 2019, 10:26 am

Le chemin mystique n'est donc pas le seul qui
puisse conduire à une haute perfection,
mais
il faut convenir qu'il y conduit plus vite et plus
facilement. Dans les Voies de la Prière Mentale

"nous avons manifesté les puissants résultats
des purifications passives, dans lesquelles Dieu
Lui-même, voulant purifier l'âme et simplifier,
travaille avec une sagesse exquise qui connaît le
mal et le remède, appliquant Sa main puissante,
qui continue Son œuvre malgré notre lâcheté et
nos faiblesses.''
 Nous avons dit que les prières
mystiques, surtout les plus hautes, sont dotées
d'une force incomparable pour éclairer l'esprit,
émouvoir le cœur, traîner la volonté, et transformer
notre vie. La contemplation infusée n'est
certainement ni la perfection ni les moyens
nécessaires pour l'atteindre, mais c'est un
merveilleux instrument de sanctification, "l'école
des vertus héroïques, le chemin le plus court et le
véhicule le plus rapide de la perfection, une perle
précieuse parmi toutes ; un trésor si souhaitable
qu'un marchand avisé n'hésite pas à vendre tous
ses biens pour l'acquérir.''



Les dangers de ces routes plus hautes et moins
communes sont facilement contestés; mais, "si
la contemplation mystique offre des dangers qui
ne doivent pas être exagérés, la prière ordinaire
a ses propres dangers, qui ne sont pas moins
réels, et qui ne doivent pas être oubliés ; et
puisque la peur des dangers n'empêche pas les
âmes de se consacrer à la méditation attirée par
ses avantages, il n'y a pas suffisamment de
raisons pour soupçonner une contemplation.
Les prières mystiques sont une mine d'or,
exploitons-les ;
il est vrai qu'elles offrent des
dangers, mais veillons à notre sécurité, suivons
avec docilité l'inspiration divine, évitons avec le
plus grand soin les embuscades de l'ennemi.

D'autre part, l'expérience nous montrera bientôt
que ces prières conviennent aux âmes
généreuses qui sont prêtes à tout souffrir pour
s'unir à Dieu, et non à ceux qui sont désireux de
s'amuser et de s'élever. Le contemplatif
participera plus souvent à la crucifixion du
Calvaire qu'aux joies du Thabor, et s'il a besoin
d'être éprouvé et humilié, il a encore plus besoin
d'être réconforté" Le contemplatif participera
plus souvent à la crucifixion du Calvaire que dans
les joies du Thabor, et si besoin d'être jugé et
humilié, il doit encore plus être consolé. ''



Une autre objection est le danger des lectures
mystiques.
Ce sera la seule ?Ne devrions-nous
pas craindre beaucoup plus d'ignorance, de
préventions, une sorte d'idée préconçue, qui
fermerait la porte à l'Esprit-Saint ?

Nous supposons, à juste titre, que le livre est de
la sainte doctrine et qu'il répond aux besoins de
l'âme. Et c'est avec joie que nous saisissons cette
occasion pour dire que sur les chemins de la
prière, un directeur sage est particulièrement
nécessaire, qui est responsable du choix des
lectures. Alors, ce danger ne viendrait pas du
livre, mais de l'âme elle-même, trop désireuse
de se réjouir et de s'élever. Dans ces dispositions
tout sera dangereux pour elle, non seulement
les lectures mystiques, mais aussi les livres
ascétiques, les consolations de la prière ordinaire,
et même la Sainte Communion. C'est cette
regrettable disposition qui doit être condamnée.

A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 06 Oct 2019, 4:23 pm

La contemplation mystique dépend avant tout de
l'approbation divine. Dieu n'est pas obligé, dit
sainte Thérèse, de nous distribuer en ce monde
ces grâces sans lesquelles nous pouvons être
sauvés. Il distribue ses faveurs quand il le désire :
Distributeur de ses biens, il peut donc les
communiquer sans offense à personne." Il y en a
de parfaits, -dit Álvarez de Paz- à qui Dieu refuse
ce don, à cause de leur tempérament peu propice
à la contemplation... d'autres pour les humilier,
au risque de s'estimer et de s'enorgueillir de ces
brillantes faveurs ; d'autres, enfin, pour faire des
dispositions secrètes de leur Providence, qu'on ne
nous fait pas connaître."
Cependant, il ne faut pas
exagérer la portée de cette observation, parce
que, dans le sentiment de sainte Thérèse, "Dieu ne
désire rien au point de trouver quelqu'un à donner,
et ses dons ne diminuent pas sa richesse".
Au
contraire, plus il donne, plus il s'enrichit ;
n'est-ce
pas pour lui le meilleur moyen de se faire connaître,
aimer et servir ?



Ce qui arrive avec les dons mystiques, c'est ce qui
arrive avec toute autre grâce ; Dieu l'accorde
généreusement, mais "comme Il veut et selon la
disposition et la coopération de chacun".
Il ne doit à
personne une grâce aussi inestimable, aussi bien
préparé soit-il. D'ordinaire, il espère que l'âme sera
suffisamment purifiée et déjà riche en vertus, sans être
encore complètement parfaite. Quand elle est
complètement ouverte par une préparation généreuse
et une correspondance fidèle, la lumière et l'amour s'y
précipitent en grandes vagues, entrant avec moins
d'abondance si l'âme n'est qu'à moitié ouverte. Par
conséquent, la contemplation étant en toute chose une
grâce, elle dépend en grande partie du zèle qui se
déploie pour se disposer et lui correspondre :
Plus loin,
nous dirons que Dieu Lui-même vient de disposer l'âme
quand Il le veut par des purifications passives. La
préparation dont nous parlons ici vient de notre initiative,
par l'aide ordinaire de la grâce.
Elle consiste, comme
nous l'avons dit ailleurs : à éliminer les obstacles, à
renforcer la quadruple pureté de conscience, d'esprit, de
cœur et de volonté si nécessaire à toute prière ; en
disposant positivement l'âme, en en faisant un sanctuaire
silencieux et recueilli, embaumé de toutes les vertus. Il a
besoin de vivre la foi, la confiance et l'amour ; et cela ne
peut être réalisé sans une mesure proportionnée de
renoncement, d'obéissance et d'humilité. Et naturellement,
il faut être plus avancé dans ces vertus de contemplation
que dans la prière ordinaire.


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Message  Monique le Mer 09 Oct 2019, 7:19 am

C'est la doctrine que notre Père Saint Bernard
ne cesse de nous inculquer. Citons seulement
le passage dans lequel il explique ces paroles
du Cantique des Cantiques : "Lectulus noster
floridus. "
Vous désirez peut-être aussi, dit-il,
ce repos de contemplation, et vous faites bien;
seulement vous ne devez pas oublier les
fleurs qui ornent le lit de l'Époux. L'exercice
des vertus doit précéder le saint repos, comme
la fleur doit précéder le fruit.
Abrégez votre
propre volonté, car si votre âme est couverte de
la pruche et des orties de la désobéissance, tout
peut vous être donné, à vous qui avez aimé
l'obéissance au point de mourir plutôt que de ne
pas obéir ?
 Je ne comprends pas certains d'entre
nous : nous avons été troublés par leur singularité,
irrités par leur impatience, méprisés par leur
entêtement : ils dérangent leurs frères sans cesse
et blessent l'harmonie, mais ils ont encore
l'"impudeur" d'inviter le Dieu de toute pureté avec
des supplications incessantes à se reposer dans
son âme souillée. " Votre lit n'est pas fleuri, il sent
mauvais. Commencez par purifier votre conscience
de tout levain de colère et de conflit, de murmure
et d'envie. Hâtez-vous de jeter de votre cœur tout
ce que vous savez contraire à la paix avec vos
frères, à l'obéissance à vos supérieurs. Entourez-
vous immédiatement de fleurs de toutes sortes de
bonnes actions, de bons désirs, parfumés des
douces odeurs des vertus.  Pensez, pratiquez tout
ce qui est vrai, tout ce qui est chaste, tout ce qui
est juste, saint, bon, de bonne réputation, tout ce
qui est vertu et discipline. Alors vous pouvez
appeler l'Époux avec confiance et lui dire en toute
vérité : "Notre lit est en fleurs, car il ne respire
que piété, paix, douceur, justice, obéissance,
sainte joie et humilité.''
Par conséquent, ceux
qui sont encore novices dans la vie spirituelle
doivent "embrasser les pieds du Sauveur", les
arroser avec les larmes de leur repentance. Ceux
qui travaillent dur dans l'acquisition des vertus
doivent "embrasser les mains du bon Maître", et
l'appeler humblement à l'aide ; il faut qu'ils
adorent encore trembler, qu'ils deviennent tout
petits, et le Maître infiniment sage veillera à les
humilier avant de les élever, et à les humilier
même après les avoir élevés. "Car il est
nécessaire que celui qui aspire à de si précieuses
faveurs ait des sentiments bas envers lui-même...
Quand vous voyez qu'il vous humilie, c'est la
preuve de la proximité de la grâce... si vous
savez tout souffrir en silence et avec joie pour
Dieu."

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Message  Monique le Dim 13 Oct 2019, 8:00 am

La contemplation mystique, selon sainte Thérèse,
est une invitation générale à laquelle le Seigneur
nous invite tous. Elle est donc offerte et promise
aux âmes de bonne volonté ; elle sera donnée à
ceux qui s'y préparent par détachement total, par
parfaite humilité et par la pratique des autres
vertus, et à ceux qui, loin de s'arrêter en chemin,
vont avec une ardeur toujours nouvelle vers la fin
heureuse de leurs désirs. La sainte exige avant
tout "l'humilité, l'humilité, car par
elle le Seigneur se laisse vaincre et cède à tous nos
désirs".
Sans aucun doute, cette prière est
surnaturelle, et Dieu, toujours propriétaire de ses
biens, ne nous conduit pas tous sur le même chemin.
Cependant, "que l'âme soit humble et détachée de
toute chose, mais qu'elle soit vraie, et non pas pure
imagination, qui souvent trompe, et le Divin Maître
lui accordera sans doute non seulement cette grâce,
mais aussi bien d'autres qui dépassent ses désirs".

Saint Jean de la Croix a une façon de penser
identique.



En fait, aussi peu que l'on parcourt les Exordes de
Cister, notre Ménélogie et les Sermons de notre Père
Saint Bernard, on en vient bientôt à la conviction
que le mysticisme s'est magnifiquement développé
dans notre Ordre depuis de nombreuses années et
siècles. La même chose s'est produite chez les
enfants du pauvre homme d'Assise, au Carmel, à la
Visitation et dans toutes les familles religieuses, tout
en conservant leur ferveur primitive, surtout dans les
familles contemplatives et cloîtrées.
Sainte
Thérèse affirme qu'il n'y avait pas une religieuse dans
ses maisons qui marcherait sur les chemins de la
méditation ; les autres sont toutes élevées à la
contemplation parfaite. Sainte Jeanne de Chantal
déclare que "l'attrait presque général des Filles de la
Visitation est par une présence très simple de Dieu
et un abandon total" ;
ce qui n'est plus une prière
ordinaire, et ce n'est pas surprenant, puisque
l'environnement était idéal. Mais Scaramelli déclare
après trente ans de mission, "qu'il a trouvé partout
des âmes que Dieu a conduites par ces voies
mystiques à une grande sainteté".
De nos jours,
comme au cours des siècles passés, l'expérience
montre que Dieu ne s'est pas réservé quelques âmes
qu'il a favorisées avec ses dons les plus précieux ; il
y en a même dans le monde, et dans les
communautés religieuses. La majorité des âmes n'y
parviendra pas ; la foule restera toujours dans la
vallée, un bon nombre montera les premières pentes,
et seule une partie choisie gagnera les sommets. La
prière mystique sera donc très rare dans ses classes
supérieures, mais dans ses premiers pas, il a été est
bien inférieur à ce que l'on croit généralement.
Tellement plus que ça, parce que beaucoup d'âmes
sont contemplatives sans savoir leur confesseur, et
même sans méfiance eux-mêmes : "Ce sont eux,
d'après l'expression de Bossuet, les merveilleux jeux
de l'histoire des Sagesse qui cache aux âmes ce
qu'elle leur donne, et qui leur donne cherche la
contemplation qu'ils possèdent déjà."


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Message  Monique le Lun 21 Oct 2019, 3:06 pm

Cependant, l'état mystique devrait être beaucoup
plus fréquent.
Il y a beaucoup d'âmes que Dieu
aimerait y conduire et elles restent au milieu du
chemin.
Certains pourraient dire avec le malade
de l'Évangile : "Hominem non habeo" ; je n'ai
personne pour me mettre dans la piscine, et je
trouve même ceux qui m'empêchent d'y entrer.
D'autres sont freinés par la fatigue, l'agitation,
les scrupules ; mais la plupart n'apprécient pas
cette perle précieuse dans sa valeur, ils n'ont pas
fait le nécessaire pour l'obtenir, ils n'ont pas
suffisamment cultivé l'abnégation, l'obéissance,
l'humilité. C'est la raison principale pour laquelle
il n'y a plus de contemplatives. Sainte Catherine
de Bologne disait à juste titre : "S'il y avait
aujourd'hui une Madeleine qui aimait Dieu avec
plus d'ardeur que l'Évangile, Dieu lui
correspondrait aussi avec plus d'amour et lui
accorderait des dons plus excellents ; s'il y avait
un François qui l'embrassait de plus de
souffrances que saint François d'Assise, il le
remplirait de plus nombreuses et précieuses
faveurs ; si une Claire était plus agréable à Dieu
que sainte Claire, il y enrichirait avec des grâces
plus précieuses".




Les conclusions suivantes peuvent être tirées de
cette présentation :


Nous ne sommes pas obligés de désirer l'état
mystique, et Dieu n'est pas obligé de nous le
donner, parce qu'il ne constitue pas la perfection
et qu'il n'est pas le seul moyen de l'atteindre.


Nous avons le droit légitime de le désirer et de le
demander, même dans certains cas, à cause de
la surabondance de lumière et d'amour, à cause
de l'augmentation de la force qu'il nous donne. Il
est très bon de l'avoir en vue, même si ce n'est
qu'un idéal lointain, car ce serait un puissant
stimulant de notre activité spirituelle.


Nous l'avons à notre disposition parce que,
finalement, la préparation qui dépend de nous
n'est rien d'autre que l'accomplissement fidèle
des devoirs quotidiens et la pratique de la
mortification chrétienne ; et cela s'impose à
toute âme attentive à son avancement spirituel.


Notre désir ne doit pas être angoissé ou
chimérique, car tout doit venir en temps voulu ;
nous devons affronter les dures batailles de la
voie purgative et les travaux prolongés de la
voie lumineuse avant de goûter le reste de la
voie unitive. Ce serait une illusion déplorable
que de négliger la lutte et le progrès,
caressant l'idée d'arriver à la contemplation
sans exécuter avec zèle et sans retard ce qui
constitue sa préparation nécessaire.


Aussi légitime que soit notre désir, il doit être
régulé par l'humilité et l'abandon. Une âme
humble se juge indigne d'une telle faveur
exaltée ; elle ne sera pas blessée en en étant
privée pour longtemps, ni en en étant privée
pour toujours. Avec l'abandon, il devient
indifférent par la vertu, même pour une chose
aussi désirable que la contemplation ; il ne la
prétend pas mais comme Dieu le veut pour
nous, et ainsi il la garde en ordre et en paix,
et en cas d'échec il évite la tristesse et le
découragement.


Désirons le progrès dans la prière, car c'est un
moyen puissant. Désirons un progrès encore
plus sincère de la vertu, car c'est la fin.
Mettons notre sollicitude et notre effort à
embellir notre demeure intérieure, à la parer
de toutes les vertus, à y vivre avec Dieu dans
le silence et la vie de prière ; et, même s'il
refuse de nous sanctifier d'une autre manière,
il nous restera toujours comme récompense
pour nos efforts une riche augmentation en
grâce et gloire. N'est-ce pas l'essentiel ?

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Message  Monique le Mer 30 Oct 2019, 9:40 am

Article 2º - Les variétés de contemplation mystique


Supposons maintenant que Dieu nous ouvre le chemin
de la contemplation. Il y a une grande variété de
chemins, et Dieu se réserve le choix des nôtres.


La contemplation sera toujours une prière de simple
regard d'amour à Dieu et aux choses de Dieu. Toute
son essence est cryptée dans ces deux mots :
regarder et aimer.  Il y a cependant en elle un temps
de transition, où l'on médite la prière, où l'on
contemple la prière. Il y a aussi la contemplation
active et passive : dans la première, on dirait que
l'âme a quitté le discours et simplifié ses affections
par son libre choix ; dans la seconde, elle réalise avec
évidence que la lumière et l'amour ne viennent pas
de ses efforts, mais qu'elle les reçoit, et c'est Dieu qui
les répand. Mais le Seigneur les distribue comme Il
veut : Il donnera plus de lumière que d'amour, et la
prière sera chérubique ; Il infusera plus d'amour que
de lumière, et la prière sera séraphique. Il en destine
quelques-uns à contempler ses attributs divins, ou
l'adorable Trinité ; pour la plupart à contempler la
Sainte Humanité, Jésus-Enfant, la Passion, le
Sacré-Cœur de Jésus, le Saint Sacrement, etc. Dieu
est le Propriétaire, et c'est à Lui qu'il appartient de
rappeler à chaque âme sa mission et son service.

Tantôt l'action mystique produira un silence admiratif
plein d'amour, tantôt des paroles de tendresse ou des
transports impétueux. Dès qu'il répandra la lumière
en torrents comme avec mesure, et même goutte à
goutte, selon les dispositions de l'âme, et selon la
proposition de Dieu, il la brûlera ou la purifiera. En
un mot, pour de nombreuses raisons, la
contemplation prendra des formes diverses et des
changements fréquents, qui exigeront de notre part
un sacrifice quotidien et un abandon filial.


Arrêtons-nous pour examiner de plus près l'une des
variations les plus dures, à savoir que la
contemplation est parfois savoureuse et
habituellement aride ou sans grande consolation.



Pour mieux comprendre cette doctrine, notons avec
le père Gaudier, "qu'il y a des actes essentiels à la
contemplation, à savoir : dans l'intelligence, un
simple regard qui cesse tout discours ; dans la
volonté, l'amour de l'amitié, le plus excellent de
tous, source, forme et fin de la contemplation. Mais
il y a d'autres actes qui, pour ainsi dire, la
complètent, comme l'admiration, la dévotion unie à
une délectation ineffable.''
Sans aucun doute,
ces derniers actes sont une prière mystique parfaite,
lui apportant une certaine splendeur de beauté,
une douceur plus douce, et même un supplément de
force. Mais même sans tout cela, la contemplation
conserve ses éléments essentiels, et puisque Dieu
nous gouverne avec autant de sagesse que d'amour,
qu'il fasse usage d'une contemplation savoureuse,
ainsi que d'une contemplation aride et purifiante,
selon l'effet de grâce qu'il veut produire en nous.


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Message  Monique le Lun 04 Nov 2019, 10:54 am

Avez-vous l'intention de détacher l'âme de la terre et de
l'attirer fortement vers elle-même? Il aime de tout son
cœur sans manifester son amour, car c'est le silence qui
parle encore plus fort, et son âme se révèle entière par
le feu de ses yeux, par ses larmes, son attitude, les
dispositions de son cœur, l'immobilité, la conséquence
de son recueillement. Ou bien, si le mouvement de la
grâce l'attire, il s'étend dans des colloques d'amour,
dans des effusions de tendresse sans violence ni éclats ;
et dans la plus délicieuse intimité. Parfois l'amour et la
joie atteignent un tel excès que l'âme ne peut les
contenir ; fou alors d'amour et de bonheur, dans une
sainte ivresse de Dieu, il éclate en transports pieux, il se
laisse aux entrailles de sa tendreté, à la impétuosité de
son cœur ; il déborde en véritables vagues de sentiments
ardents, de délires, de folies,
mais cherche toujours à
masquer le secret du roi à touts les regards indiscrets.

Parce que Dieu ne descend pas une seule fois et comme
s'il passait par notre petitesse et nous élevait à ses
privations divines, mais il prend cette âme dans ses bras,
la caresse assise sur ses genoux, la rétrécit contre son
cœur comme le fils de son amour, à plusieurs reprises et
pendant longtemps.


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Message  Monique le Mer 20 Nov 2019, 9:33 am

Est-ce que cette âme a besoin de beaucoup d'arguments
pour se convaincre qu'elle aime et qu'elle est encore plus
aimée, et que Dieu est infiniment bon et veut tout ce qui
est bon pour elle ? n'avez-vous pas compris la tendresse
de ces étreintes ? Maintenant, par une douce expérience,
elle connaît le cœur de son tendre Père, de son épouse
adorée, et elle lui fait confiance sans difficulté et sans
effort ; elle abandonne tout ce qui lui est cher : sa vie,
sa mort et son éternité ; elle le supplie de saisir son
cœur et sa volonté pour qu'elle les garde et les gouverne
à jamais ; que ne ferait-elle alors ! C'est le temps du
soleil radieux et de la riche moisson. Prenez soin de l'âme
pour suivre avec docilité l'action de Dieu dans la prière,
pour le payer en juste retour avec l'augmentation de sa
fidélité, pour ne pas lui refuser tout ce qu'il lui demande,
car c'est pour elle le moment de se dépasser avec moins
de difficulté et plus d'énergie ; le sacrifice rend facile et il
y a même en lui un vrai charme. N'oubliez pas de
chercher plus le Dieu des consolations que les
consolations de Dieu, et de vous enfoncer dans le
sentiment de votre misère comme Dieu vous élève par
Sa miséricorde. En temps de prospérité, préparez-vous à
l'adversité, car la contemplation ne produira pas toujours
cette admiration vivante qui suspend l'esprit dans
l'émerveillement, ni le feu de l'amour qui fait jaillir de
lui-même la volonté, ni la joie qui envahit l'âme et les sens.
Rarement l'action mystique atteindra ce maximum
d'intensité, étant la chose la plus ordinaire qui reste
moyenne ou faible ; et alors la prière se déroulera dans un
état qui n'est ni consolation ni sécheresse, ou peut-être
aussi dans une aridité monotone et désolante.



Pourquoi ces variations incessantes ? Parce que l'âme
n'est pas encore entièrement purifiée, ni complètement
détachée des sens. Il a besoin de se détacher plus
complètement de toutes choses, et ainsi devenir moins
sujet à ses opérations sensibles, ce qu'il obtiendra par la
pratique de la mortification chrétienne, mais il est
nécessaire que Dieu y mette sa main puissante. Faites-le
par l'ardeur de la consolation savoureuse, et même cela ne
suffit pas. Sous le torrent de lumière et d'amour, nous
serait-il possible de découvrir notre misère et notre
pauvreté ? Peut-être que l'orgueil et le besoin de se réjouir
y trouveront leur plus délicieux morceau, et le vieil homme
ne mourra pas. Mais Dieu va le réduire par l'alimentation,
et même si nécessaire par la faim. Retirez de cette âme
bien-aimée ses méditations habituelles, l'abondance des
pensées, la variété des affections, la douceur des caresses
divines, et donnez-lui plutôt un peu de contemplation, mais
une contemplation aride et purifiante, dans laquelle elle
déverse la lumière et l'amour goutte à goutte avec une
parcimonie désespérée. Il renverse assez pour que l'âme
se tourne vers Dieu, pour le chercher et seulement près de
Lui pour trouver le repos, mais pas assez pour qu'Il le
trouve dans un sentiment délicieux. C'est une véritable
contemplation mystique, mais elle se réalise dans une
recherche anxieuse, un besoin douloureux, une faim
insatiable. De temps en temps, Dieu se laisse entrevoir, et
l'âme aime immédiatement l'ardeur sainte et les joies de la
contemplation savoureuse. Très vite, et peut-être pour
longtemps, elle le remet dans cette nuit monotone et
désolée des sens, dans laquelle elle le plonge dans la satiété ;

et, pour qu'il finisse par mourir à lui-même, elle réserve la
nuit de l'esprit, beaucoup plus douloureuse encore.


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Message  Monique le Mer 27 Nov 2019, 8:14 am

L'âme peut-elle se plaindre ? Non, pas au fait. C'est une grâce
austère et crucifiante et combien nécessaire, à en juger par la
conduite ordinaire de la Providence ! Que l'âme s'efforce de
comprendre les vues de Dieu et de s'y conformer avec
générosité et confiance, car ce dédain n'est qu'apparent.
Abandonnée dans le vide de l'esprit, dans la sécheresse du
cœur, et souvent dans la tentation, forcée de sentir de ses
propres mains son impuissance et sa misère, elle devient
petite à ses propres yeux, et finira par devenir humble et
soumis devant Dieu et les hommes. Privée de la douceur
continuelle à laquelle elle avait été excessivement attachée,
elle apprend à passer sans eux, à servir le bon Maître avec
désintéressement : l'amour divin s'élève au-dessus de
l'amour-propre et les vertus augmentent, produisant de cette
même aridité une augmentation en force, mérite et splendeur,
car quand Dieu cache son amour et montre seulement ses
rigueur, c'est quand on croit, attend, aime, obéit, abandonne.

Il y a donc là une mine d'or à faire exploser pour la
purification de l'âme et le progrès des vertus, à condition de
persévérer courageusement dans la prière et de ne pas se
laisser déconcentrer par l'épreuve.



En un mot, la contemplation aride et la contemplation
savoureuse ont chacune leur mission providentielle, et elles
procurent à l'âme fidèle de précieux avantages : l'une a la
fin directe de nous faire mourir, et l'autre nous fait vivre en
Dieu ; on possède une vertu merveilleuse pour éteindre
l'amour-propre. Mais le manque d'effort peut être un
obstacle pour le premier, et pour le second un manque
d'humilité et d'abnégation, qu'est-ce qui est le plus
nécessaire pour nous : ferons-nous bon ou mauvais usage
des deux ? Il est vrai que nous sommes libres d'avoir un
désir et de le manifester filialement à Dieu ; mais, exposés
comme nous le sommes à nous tromper dans une telle
chose, nous sommes libres d'avoir un désir et de le
manifester filialement à Dieu ; mais exposés comme nous
le sommes à nous tromper dans une telle chose. N'est-il
pas plus prudent de placer le choix entre les mains de Dieu,
et d'être prêt à faire notre devoir, en acceptant d'avance sa
décision, quelle qu'elle soit ?


A suivre...

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LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)  - Page 10 Empty Re: LE SAINT ABANDON (Dom Vital Lehodey)

Message  Monique le Lun 02 Déc 2019, 9:53 am

Les saints eux-mêmes n'ont pas tous suivi les mêmes
chemins de prière,
mais tous ont pratiqué cet
abandon filial, et ont suivi docilement l'action de la
grâce.




Écoutons sainte Jeanne de Chantal parler de son
bienheureux Père : "Il m'a dit un jour qu'il ne se rendait
pas compte s'il était dans la consolation ou la désolation ;
et que lorsque le Seigneur lui donnait de bons sentiments,
il les recevait avec simplicité, mais qu'il ne pensait pas à
eux s'il ne les lui donnait pas à lui-même. Mais il est vrai
qu'il jouissait habituellement d'une grande douceur
intérieure, comme le montrait son visage. Il y a quelque
temps, il m'a dit qu'il n'avait pas de goût sensible pour la
prière, et que tout ce que Dieu travaillait en lui, il le faisait
à cause de la clarté et des sentiments insensibles qu'il
répandait dans la partie intellectuelle de son âme, sans
que la partie inférieure y prenne part. Recevez-le
simplement avec la plus profonde humilité et révérence,
car sa devise était de rester très humble, petit et abattu
en présence de son Dieu, et plein d'une vénération et
d'une confiance singulière comme un enfant d'amour.''

Sainte Jeanne de Chantal avait une prière passive de
simple abandon à Dieu, d'abandon total, et consistait en
un "fiat voluntas tua" sans interruption.
Elle y restait dans la simple vue de son Dieu et de son
néant, complètement abandonnée au plaisir divin, et
sans prendre le moindre soin à faire des actes de
compréhension ou de volonté, tels que des actes
méthodiques, discursifs ou sensibles. C'est le Seigneur
qui a pris soin d'éveiller dans son âme les sentiments
dont elle avait besoin, et là il l'illumina parfaitement pour
tout, et mille fois mieux qu'elle n'aurait pu le faire par
ses propres discours et imaginations. Cependant, elle a
souffert dans un état si simple et passif, à cause de sa
brûlure naturelle et de la nouveauté du chemin,
transformant tout en difficulté et source d'inquiétude.
Mais son bienheureux Père l'a rassurée en lui enseignant :
"que le calme dans lequel la volonté agit, poussée par
un simple acquiescement au plaisir divin, est un calme
très excellent, pour la même raison qu'il est exempt de
tout intérêt".


A SUIVRE...

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Message  Monique le Ven 06 Déc 2019, 10:13 am

Et parce que le Saint suivait sans crainte le mouvement
de la grâce, "se contentant de ne pas avoir d'autre
satisfaction que de manquer de toute joie par amour et
de plaire à Dieu, encouragez-le par la célèbre parabole :
si un sculpteur avait placé dans la galerie d'un prince
une statue dotée de compréhension, sachant parler et
courir, et lui demanda : Dis-moi, belle statue, pourquoi
es-tu ici, je répondrais : car mon maître me place ici.
Et si on lui répondait : "Mais qu'est-ce que tu fais là sans
rien faire, je dirais : parce que mon maître veut que je
sois immobile ici. Et si je l'exhortais de nouveau, en
disant : " Mais à quoi bon être comme ça ?  Oh, mon
Dieu, je répondrais : je ne suis pas ici pour mon service,
mais pour servir et obéir à la volonté de mon maître. -
Mais vous ne Le voyez pas. - Non, elle répondrait, mais
il me voit et aime que je sois là où il m'a mis. - Et
n'aimerait-tu pas avoir du mouvement pour te rapprocher
de lui ? - Non, même s'il me l'a envoyé. - Alors tu ne veux
rien. - Non, parce que je suis là où mon maître m'a placé,
et sa volonté est la seule satisfaction de mon être. -
Quelle bonne prière, ma fille, pour se maintenir dans la
volonté de Dieu et dans son bon plaisir !"

Pourtant, "dans cet état passif, Sainte Jeanne de Chantal
n'a pas cessé d'agir à certains moments, lorsque Dieu a
retiré son opération ou l'y a excitée ; mais ses actions
ont toujours été courtes, humbles et aimantes
.
Cette
direction était très prudente, et cette occupation était
très profitable, "parce qu'après un ou deux ans de prière
passive, la Mère Chantal était immédiatement vue avec
des lumières pour elle jusque là inconnues, avec des
sentiments de profondeur admirable sur Dieu, sur
elle-même, sur les créatures ; avec un zèle ardent, un
abandon à la volonté divine, avec un dédain pour ce
qui se trouvait ici bas,  avec je ne sais quelle soif
d'humiliations qui a étonné tout le monde ''.


A SUIVRE...

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Message  Monique le Mer 11 Déc 2019, 10:37 am

Un jour, Notre Seigneur dit à sainte Marguerite Marie :
"Sache, ma fille, que la prière de soumission et de
sacrifice me plaît plus que la contemplation".
Et cette
digne fille de sainte Jeanne de Chantal "disait que les
douleurs reçus avec amour, étaient comme un feu
qui consomme insensiblement l'âme et tout ce qui s'y
trouve qui déplaît à l'Époux divin. Les âmes qui en ont
fait l'expérience déclarent qu'elles ont fait de grands
progrès dans ces douleurs sans s'en rendre compte,
de sorte que si le choix de la consolation ou de la
souffrance était libre, l'âme fidèle n'hésiterait pas, mais
embrasserait la croix de notre divin Maître, même si
cela ne nous donnait pas un autre avantage que nous
faisons en conformité avec notre Épouse crucifiée".



Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, parlant de sa retraite
de profession, dit : "Au lieu de jouir de consolation,
l'aridité la plus complète était mon patrimoine, Jésus
dormait comme d'habitude dans mon petit vaisseau...
Apparemment, il ne se réveillera pas avant la grande
retraite de l'éternité ; mais cela, loin de me causer du
chagrin, m'a fait grand plaisir. Je devais attribuer ma
sécheresse à ma petite ferveur et à ma fidélité, je
devais me sentir désolée de dormir trop souvent
pendant mes prières et mes actions de grâce. Eh bien,
ce n'est pas pour cela que j'ai cédé au découragement,
car je pensais plutôt que les enfants plaisent autant à
leurs parents quand ils dorment que quand ils sont
éveillés.''



C'est sa confiance et son humilité enfantines qui lui ont
donné tant de tranquillité d'esprit. Cependant, en toute
fidélité, elle a utilisé les moyens pour réaliser sa prière,
qui est devenue continue. Puis elle évoque la terrible
épreuve par laquelle Dieu l'a fait passer : "J'ai dû vous
paraître inondée de consolations, une fille pour qui le
voile de la foi avait presque été déchiré ! Cependant, ce
n'est pas un voile, mais un mur qui s'élève jusqu'aux
cieux et recouvre le firmament étoilé. Quand je chante
la joie du ciel, je n'éprouve aucune joie en elle, mais je
chante simplement ce que je veux croire... Le Seigneur
ne m'a envoyé cette lourde Croix qu'au moment où je
pouvais la porter ; à un autre âge, je suis persuadé que
je me serais découragé. Maintenant, il ne produit qu'une
seule chose pour moi : m'enlever tout sentiment de
satisfaction naturelle dans mon aspiration à la patrie
céleste.''



Ce que nous venons de dire s'applique à la contemplation
sombre et générale. Il y en a un autre qui est différent et
particulier, et qui s'exerce surtout dans les visions, les
révélations, les paroles intérieures, etc. C'est en elle,
avant tout, qu'il faut pratiquer la sainte indifférence,
allant jusqu'à désirer que Dieu nous mènera d'une autre
façon.


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Message  Monique le Mer 18 Déc 2019, 8:02 am

De telles faveurs ne sont pas de la sainteté : Balaam
a prophétisé, Saül a prophétisé, Judas a prophétisé
et même fait des miracles. Il y a eu des enfants qui
ont eu des visions, par exemple à La Salette, à
Lourdes, à Pontmain, et au contraire beaucoup de
saints ne semblent pas avoir été favorisés avec des
grâces semblables. De nos jours, il les a prodigués à
Gemma Galgani et à beaucoup d'autres, tandis que
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Sœur Elisabeth de
la Trinité, Sœur Céline de la Présentation n'en ont
reçu aucune ou presque. Ces grâces ne sont donc ni
sainteté, ni signe de sainteté, pour lesquelles sainte
Thérèse affirme à juste titre que "pour en recevoir
beaucoup, elle ne mérite pas plus de gloire... dans ce
qui est plus digne, le Seigneur ne nous l'enlève pas,
car il est entre nos mains ; et ainsi il y a beaucoup
de saints qui ne savaient pas ce que c'était de
recevoir une de ces grâces et ceux qui ne le sont pas,
qui les reçoivent".



Ils ne constituent donc pas les moyens nécessaires
pour atteindre la perfection. Cependant, sainte
Thérèse, qui en était remplie, fait l'éloge le plus
enthousiaste de l'efficacité de leur bienfaiteur. "Ces
dons, dit-elle, doivent être tenus en grande estime.
J'ai à peine eu des visions qui ne m'ont plus laissé
de vertu, et un seul mot de celles-ci que j'entends
habituellement, une vision, un souvenir qui dure à
peine un Ave Maria, qui met mon âme en paix
parfaite, qui ramène mon corps en santé, qui remplit
mon intelligence de lumière et qui me redonne la
force et les désirs que j'ai normalement. Je me
souviens de ce que c'était, je sais que j'étais sur un
chemin de perdition, et je vois qu'en si peu de temps
ces faveurs divines m'ont changé au point que je me
reconnais à peine.


Ce serait donc une erreur de rejeter intentionnellement
et systématiquement toutes les grâces de ce genre ;
et dans la supposition que l'Esprit-Saint veut nous
conduire sur le chemin de la sainteté, ce serait Lui
fermer le chemin.


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Message  Monique le Mar 24 Déc 2019, 11:08 am

Mais s'il y a des faveurs qui sont bonnes et excellentes
parce qu'elles viennent de Dieu, il y a des
phénomènes analogues qui seraient nuisibles, car ils
pourraient être une ruse du diable ou un jeu de
l'imagination. En cela, plus qu'en toute autre matière,
les illusions sont faciles, et même les saints eux-mêmes
n'ont pas su s'en préserver ; comme cela est arrivé à
sainte Catherine de Bologne, qui, au début de sa vie
religieuse, s'est laissée tromper pendant cinq ans par
une apparition du diable dans la figure de Jésus crucifié,
ou de la Sainte Vierge ; -nous devons cependant
confesser qu'elle avait suscité de tels événements par
sa présomption-. Sainte Thérèse nous avertit que
lorsqu'on a l'audace de désirer des faveurs de cette
nature, "on vit déjà dans la tromperie, ou dans le danger
imminent de l'être, parce que la moindre ouverture
suffit au diable pour nous tendre mille liens, et parce
qu'un désir violent entraîne avec lui l'imagination,
imaginant que l'on voit et entend ce que l'on ne voit ni
n'entend".
Au contraire, "tant qu'une âme ne veut
pas être trompée et qu'elle marche dans l'humilité et
la simplicité, je ne crois pas, dit le Saint, que cette âme
puisse être trompée". Dans ce cas plus que dans tout
autre il convient de prier, de réfléchir, de consulter et de
suivre toutes les lois d'une sévère prudence.



Qui ignore l'insistance avec laquelle saint Jean de la Croix
empêche ses lecteurs de se méfier de ses visions, de ses
révélations et de ses paroles intérieures, de leur résister,
de s'en détacher ? Sainte Thérèse, pour sa part, exprime
un sentiment plus modéré : " Il y a toujours des raisons
de craindre de telles choses, jusqu'à faire en sorte
qu'elles viennent de l'esprit de Dieu ; c'est pourquoi je
dis qu'au début, c'est toujours la meilleure chose à faire
pour les combattre. Si c'est Dieu qui travaille, cette
humilité de l'âme en rejetant ses faveurs ne fera que la
rendre mieux disposée à les recevoir, et elles
augmenteront comme elle les met à l'épreuve. Il faut
cependant veiller à déranger et déranger trop ces
personnes. ''
Parlant des apparitions de Notre-Seigneur,
il ajoute:


"Ne lui demandez jamais, ni ne souhaitez jamais qu'il vous
mène sur un tel chemin, ce qui est bien, sans doute, et
vous devez le respecter beaucoup et le tenir en haute
estime, mais il vaut mieux ne pas le souhaiter ou le
demander."
La Sainte complète sa pensée en invitant l'âme
à un saint abandon : " On ne sait pas, dit-elle, s'ils
trouveront des pertes là où ils pensaient trouver des
avantages. Il y a une étrange insouciance à vouloir choisir
pour soi-même un chemin sans savoir s'il est le plus sûr,
au lieu de s'abandonner à la conduite de Notre-Seigneur
qui nous connaît le mieux, afin qu'Il nous conduise sur le
chemin qui nous convient et que Sa sainte volonté soit faite
en toutes choses. ''
Réserve prudente, donc, et abandon filial ;
cette conclusion de sainte Thérèse sera la nôtre, car il n'y
en a pas de meilleure qui s'harmonise avec le précepte de
l'Esprit-Saint. "Ne méprisez pas la prophétie ; examinez
toutes choses et retenez ce qui est bon.''



Nous ne devons pas oublier que l'essentiel n'est pas que
notre prière soit active ou passive, que notre
contemplation soit savoureuse ou aride, sombre ou
lumineuse,
mais que notre prière produit une abondance
de fruits d'abnégation, d'humilité et d'obéissance, et qu'elle
nous fait grandir dans toutes les vertus, surtout dans
l'amour, la confiance et le saint abandon.
Ce sont
précisément ces vicissitudes dont nous nous occupons
maintenant qui sont très appropriées pour rendre l'âme
souple et docile entre les mains de Dieu, sans perdre le
trésor de l'humilité.


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Message  Monique le Ven 27 Déc 2019, 8:55 am

Article 3 : Progrès dans la contemplation et progrès dans la vertu


L'espoir était d'avancer, d'aller plus loin, d'avancer
toujours sur les chemins mystiques, mais les mois
passent, les années passent, et nous sommes
presque au début, si nous n'avons pas l'impression
d'avoir reculé. L'épreuve est forte, et nous
sommes tentés de nous décourager et même
peut-être de regarder en arrière, mais ce sera
certainement sans aucune bonne raison.


Le désir d'avancer dans les voies mystiques est tout
à fait légitime en soi, et nous avons le droit de le
manifester dans une prière confiante et filiale.
N'avons-nous pas raison de penser que nos
communications avec Dieu nous apporteront, en
nous élevant, un accroissement de lumière et de
force, qui renforcera l'union d'amour et
perfectionnera l'exercice de la vertu ?


Mais un tel désir doit être tempéré par un abandon
fidèle. Dieu veut être toujours le maître des dons
qu'il entend nous communiquer ; il se réserve le
temps et la mesure dans lesquels il nous les
accordera, afin de nous maintenir dans la
dépendance et l'humilité. Une fois qu'il a
commencé à nous remplir de faveurs, nous ne
savons pas s'il veut nous en accorder de plus
grandes, garder celles qui nous sont accordées ou
les retirer. Il y a des dons mystiques qui sont
accordés pour un certain temps, alors Dieu les
emmène sans qu'ils soient immérités. Nous
pouvons cependant espérer qu'Il continuera à
nous les donner et qu'ils augmenteront si nous
sommes fidèles. Mais Dieu, qui continue à être le
maître, nous laisse dans l'ignorance de ses
intentions, ou plutôt il nous les cache
soigneusement. Que faire dans un tel cas ? Nous
ne devons jamais abandonner le calme et la nuit
des sens, en nous considérant heureux pour la
partie qui nous a correspondu : elle est vraiment
belle et enviable si nous la comparons à celle de
tant d'autres. Ne cessons pas de louer Dieu qui
a daigné nous avertir par les bénédictions de sa
douceur, et n'ayons pas d'autre souci que de faire
fructifier la précieuse semence qu'il a déposée
en nous. La reconnaissance et la fidélité ne
peuvent que réjouir ce bon Père et lui ouvrir la
main, tandis que l'ingratitude et la négligence
blesseraient son cœur délicat et le conduiraient
peut-être à se repentir de ses dons.


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Message  Monique le Dim 29 Déc 2019, 7:39 am

Le désir dont nous parlons doit être patient, et nous
devons savoir attendre le moment de la grâce.
Selon tous les auteurs, les degrés de contemplation
passive sont des étapes, des périodes, des âges
spirituels ; il est généralement nécessaire de faire
un long séjour dans chacun d'eux, avant de passer
au suivant. Dieu a voulu cela pour que ces
différents états de prière aient le temps de produire
 leur effet. Soyons beaucoup plus attentifs à profiter
pleinement du degré actuel, qu'à nous élever bientôt
au degré immédiat. D'autre part, l'avancement
spirituel n'est-il pas le fruit attendu avant tout de ces
grâces, et le moyen le plus sûr, si Dieu est servi, de
préparer de nouvelles ascensions ?



Ce désir doit être, avant tout, humble et vigilant. Si
nous ne montons pas plus vite et plus haut, c'est
presque toujours par manque de zèle pour être prêt
et pour réagir.
Tel est le sentiment de sainte Thérèse :
" Il y a, dit-elle, beaucoup d'âmes qui atteignent cet
état - celui de la tranquillité - et elle parle de ses
monastères très fervents et saintement gouvernés ;
mais la Sainte ajoute : très peu y passent, et je ne
sais pas à qui en attribuer la faute. Elle ne dépend
certainement pas de Dieu, car en ce qui le concerne,
après avoir accordé une faveur si précieuse, il ne
cesse pas, à mon avis, d'en accorder de nouvelles,
à moins que notre infidélité ne cesse de suivre son
cours... Grande est ma peine quand, parmi tant
d'âmes qui, comme je le comprends, atteignent ce
degré et devraient passer à une autre, je vois un si
petit nombre qui le font, que j'ai même honte de le
dire.''



Saint François de Sales adopte l'opinion de sainte
Thérèse, et ajoute : " Veillons donc à faire
progresser l'amour que nous devons à Dieu, car
l'amour qu'il nous professe ne manquera jamais. ''



Cette doctrine est très réconfortante, mais elle nous
montre très clairement notre responsabilité. Loin de
s'enorgueillir d'avoir atteint une tranquillité, elle
devrait au contraire se demander avec crainte
pourquoi elle n'avance pas. Et s'il semble à peine
avancer, un humble regard sur lui-même est toujours
utile.


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Message  Monique le Mer 01 Jan 2020, 12:35 pm

Si nous avons arrêté le cours de la grâce par notre propre
faute,
éliminons immédiatement la cause du mal ;
si la conscience ne nous reproche rien, adorons la sainte
volonté de Dieu avec une humble confiance, redoublons
de zèle pour sanctifier l'épreuve, et préparons l'âme à de
nouvelles grâces, tandis que l'heure vient où la Providence
agira en nous. Quand on est fidèle à cette pratique, le
degré de prière peut sembler stationnaire, mais en réalité
la foi brillera d'un nouvel éclat, toutes les vertus grandiront,
le progrès sera plus perceptible dans l'amour, la confiance
et l'abandon.
 Que manque-t-il encore ? Ce progrès n'est-il
pas le seul essentiel et nécessaire ? Voici le bien que nous
avons espéré dans notre progression sur les chemins
mystiques. Si nous n'atteignons pas ce but, à quoi nous
servira une prière plus élevée, même si elle est pleine de
lumière, d'ardeur et de transport ? Au contraire, si nous
l'atteignons, qu'importe si c'est par un moyen plus ordinaire,
même si c'est par la privation prolongée de ces lumières, de
ces ardeurs et de cette joie ?


N'oublions jamais: que le progrès réel et véritable, celui qui est
le but de la grâce et de nos efforts, celui qui est à désirer
absolument,
est le progrès dans toutes les vertus, en
particulier dans la charité qui est leur reine.
Il
ne sera peut-être pas entièrement inutile de clarifier
davantage notre pensée. L'amour a son siège dans la volonté,
et agit souvent sur les facultés inférieures, devenant ainsi
visible et palpable, donnant parfois naissance à de vrais
transports. Plus elle est sensible, plus elle nous impressionne
et plus elle nous paraît désirable ; alors elle est complète et
sa force augmente, car en elle nos facultés concentrent toutes
leurs énergies. Malgré cela, ce ne sont pas ces lumières
brillantes, ni cette pieuse intoxication, qui sont à désirer
avant tout ; car il peut arriver, et il arrive effectivement, qu'un
tel amour soit plus sensible que spirituel, et qu'il ait finalement
moins de valeur que la brillance. Au contraire, il peut s'agir
d'un amour spirituel sans aucune action sur les facultés
sensibles, passant dans ce cas un peu moins qu'inaperçu autant
qu'elle soit vivante et pleine de force. L'amour doit être jugé par
ses fruits et non par ses fleurs : les œuvres sont l'épreuve, et
elles donnent la vraie mesure.
L'amour solide et profond est celui
qui unit fortement notre volonté à celle de Dieu; Elle est parfaite
lorsqu'elle nous conduit au même besoin et non au même avec
Dieu, ce qui implique un détachement de toutes choses et la
mort à lui-même.


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Message  Monique le Mer 08 Jan 2020, 5:04 pm

Telle est la fin que nous devons poursuivre. Le progrès
dans la contemplation n'est qu'un des moyens d'y
parvenir, mais il n'est pas nécessaire, et il ne suffirait
pas à lui seul.


"Certaines religieuses, dit saint Alphonse, ont lu
les auteurs mystiques, et elles sont pleines
d'ardeur pour cette union extraordinaire que les
maîtres appellent passive. Je préfère qu'ils
désirent une union active, c'est-à-dire une
parfaite conformité à la volonté de Dieu, dans
laquelle, disait sainte Thérèse, consiste la
véritable union de l'âme avec Dieu. C'est pourquoi,
ajoute-t-elle, s'adressant aux âmes favorisées par
la seule union active : "Peut-être ont-elles plus de
mérite, puisque le travail personnel leur est
nécessaire, et que Dieu les traite comme des âmes
fortes...".
Personne ne doute que, sans une
contemplation infuse et avec la seule grâce ordinaire,
il est possible, par des efforts successifs, de détruire
sa propre volonté et de la transformer entièrement
en Dieu ; bien sûr, il suffit de désirer et de demander
que Dieu fasse sa volonté en nous. Voici donc, selon
saint Alphonse, la transformation par l'amour, la
parfaite conformité de notre volonté à la volonté de
Dieu ; il y a cependant deux voies, l'active et la
passive. Il est inutile de dire que nous devons
demander la parfaite conformité, le Saint Abandon, et
ceci seulement de manière absolue, puisque c'est
l'unique fin. Quant au choix des voies et moyens, c'est
à Dieu de le faire à son gré. Cependant, il nous est tout
à fait permis de désirer les prières mystiques et de
demander leur déroulement, si telle est la volonté divine ;
l'enseignement traditionnel est catégorique sur ce point,
et saint Alphonse, qui se sépare quelque peu sur ce
point, convient au moins que si l'on a la semence de ces
grâces, on peut désirer leur développement.


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Message  Monique le Sam 11 Jan 2020, 3:33 pm

Qui ne connaît pas l'estime et l'amour de sainte
Thérèse pour les prières mystiques ? Plus ils
sont élevés et plus fréquents, plus elle pèse leur
puissante efficacité à nous donner une grande
perspicacité, à nous faire désirer comme des
biens inestimables, et à nous inciter à les
acquérir, si Dieu le veut, quel qu'en soit le prix.
Nulle part le saint n'exclut de ce désir et de cet
engagement d'acquérir la pleine union, l'union
extatique, ou même fiançailles spirituel ; et pour
le confirmer, on peut citer de nombreux
passages de ses écrits. Malgré la magnifique
louange qu'il donne à la prière d'union, il préfère
néanmoins l'union de la volonté, car le terme est
préféré à la voie, le fruit à la fleur. C'est "cette
union de volonté qu'il a désirée toute sa vie et
qu'il a toujours demandée à Notre-Seigneur".
"La prière d'union est le chemin le plus court",

le moyen le plus rapide et le plus puissant de
nous y conduire. Mais ce n'est qu'un des moyens
et non la fin. "Je répète, ajoute-t-elle, notre vrai
trésor est une profonde humilité, une grande
mortification et une obéissance qui, voyant Dieu
lui-même dans le Supérieur, se soumet à tout ce
qu'il commande... C'est là que réside le véritable
signe du progrès spirituel, et non dans les délices
de la prière, dans les ravissements, les visions et
autres faveurs de ce genre que Dieu fait aux âmes
quand cela lui plaît".



Dans la même veine, saint Philippe de Néri a dit :
" L'obéissance, la patience et l'humilité sont plus
précieuses pour les religieuses que l'extase.''



Sainte Thérèse et saint Philippe et saint Alphonse
connaissaient, par une longue expérience
personnelle, le prix inestimable de la pleine union
et de l'extase. Loin d'eux, donc, l'ingratitude
coupable qui ignore les dons de Dieu et l'aberration
non moins coupable qui les méprise, qui leur aliène
les âmes et prétend donner une leçon au Saint-Esprit.
Ils essayaient seulement de mettre en garde contre
de possibles illusions, et le plus fatal serait sûrement
de prendre ces faveurs pour la sainteté elle-même.
Il est vrai que ce sont des grâces très précieuses dans
la mesure où elles viennent de Dieu,
mais il reste à
en faire le meilleur usage, afin d'amener la conduite
au niveau de la prière.


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Message  Monique le Jeu 16 Jan 2020, 9:47 am

C'est pourquoi saint François de Sales pouvait dire
à juste titre que, si une âme a des ravissements dans la
prière et n'a pas d'extase dans sa vie,
c'est-à-dire si elle ne s'élève pas au-dessus des
convoitises mondaines de la volonté et
des inclinations naturelles, par l'abnégation, la
simplicité, l'humilité, et surtout par une charité
continue,
" tous ces ravissements sont  
douteux et dangereux ". Is sont
destinées à attirer l'admiration des hommes, mais
non à se sanctifier ; elles ne sont que des
divertissements et des illusions du mauvais esprit.

Heureux ceux qui vivent une vie surhumaine, extatique,
élevée au-dessus d'eux-mêmes, même s'ils ne sont pas
RAVIS AU DESSUS D'EUX MÊME  dans la prière !

 Il y a dans le ciel des SAINTS qui n'ont
jamais joui du ravissement ou de l'extase de la
contemplation... Mais il n'y a jamais eu un saint qui n'ait
pas a eu l'extase ou le ravissement de la vie et de
l'opération, s'élevant au-dessus d'eux-mêmes et de leurs
penchants naturel."


A SUIVRE...






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Message  Monique le Mer 22 Jan 2020, 10:53 am

C'est à partir de là que les formules peuvent être jugées :
à telle prière, telle perfection ; ou, à telle perfection, telle
prière. Ils ont un fond de vérité, parce que d'ordinaire la
prière s'élève au fur et à mesure que la vie spirituelle
s'élève, et le progrès dans la prière est à son tour la
cause d'un plus grand progrès dans la vertu.
Cependant,
ces formules ont une signification excessivement absolue
et très exagérée si l'on suppose que les ascensions de la
prière sont toujours et rigoureusement parallèles aux
ascensions de la vie spirituelle. Ce n'est pas vrai, du moins
en ce qui concerne la prière mystique. C'est toujours une
grâce que Dieu ne doit jamais à personne, ni même l'âme
la plus fidèle. Il le donne à qui il veut et dans la mesure où
cela lui plaît, et c'est un magnifique instrument de travail ;
il faut savoir s'en servir. Dans la supposition que plusieurs
âmes offrent le même degré de préparation et de
correspondance, Dieu ne peut pas donner ces grâces
mystiques aux uns et les donner aux autres, s'il lui plaît.
Dans un tel cas, il n'y a pas lieu de juger par ce seul critère
le degré de leur la perfection, en les comparant les uns aux
autres. Saint Joseph de Cupertino abondait en extase, et
est-il donc plus grand que Saint François de Sales ou Saint
Vincent de Paul, qui n'étaient pas aussi favorisés ? A notre
époque, Dieu a prodigué ses divers dons mystiques à
Gemma Galgani et à bien d'autres, mais il ne les prodigue
pas aussi abondamment à Sœur Élisabeth de la Trinité, ni à
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Veut-on dire par là que ces
dernières sont moins saintes que les premières ? Seul Dieu
a empêché que Thérèse de l'Enfant-Jésus devienne la grande
thaumaturge de nos jours, et que sa vie soit offerte comme
un idéal de perfection religieuse.


Tout ce que nous avons dit sur la contemplation mystique
peut se résumer dans ces seuls mots, avec lesquels nous
avons terminé "Les voies de l'oraison mentale" ; "La
meilleure prière n'est pas la plus délicieuse, mais la plus
féconde : ce n'est pas celle qui nous élève par les voies
communes ou mystiques, mais celle qui nous rend humbles,
modestes, obéissants, généreux et fidèles à tous nos devoirs.
Il est vrai que nous tenons la contemplation en haute estime,
à condition toutefois d'unir notre volonté à celle de Dieu, ce
qui transformera notre vie, ou du moins nous fera progresser
dans les vertus. Nous devrions donc désirer que les progrès
de la prière ne fassent que croître en perfection, et au lieu
d'examiner avec curiosité le degré auquel nos
communications avec Dieu sont parvenues, nous devrions
plutôt chercher à savoir si nous en avons tiré tout le bénéfice
possible en mourant à nous-mêmes et en développant la vie
divine dans notre âme.''


A SUIVRE...

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Message  Monique le Mer 29 Jan 2020, 8:57 am

Article 4º. - Le "laisser faire de Dieu" dans les chemins mystiques


"Laisser faire Dieu", est une expression très à la mode de nos jours.
C'est une partie réelle, mais il ne faut pas la prendre à la lettre, sous
peine d'ouvrir la porte au semi-chimisme. En exposant la notion de
Saint Abandon, nous avons montré avec une profusion de détails
qu'elle n'exclut ni la prévoyance ni des efforts personnels ; il ne s'agit
donc pas d'un pur "laisser faire". Ce qui est vrai à la manière
ordinaire n'est pas moins vrai à la manière mystique. L'un est actif et
l'autre passif ; l'action divine sera donc différente ; cependant, la
formule "laisser à Dieu" ne répond pas à tous nos devoirs, ni en l'un,
ni en l'autre.


De la manière ordinaire, l'action divine s'adapte à nos procédures
naturelles, nous laisse libres de choisir et de diriger nos actions, et
se met pour ainsi dire à notre service, combien est merveilleuse la
condescendance de notre Père céleste ! Ne parlons pas, un instant,
mais de prière et prenons l'exemple de la méditation. Puisqu'il s'agit
d'accomplir un travail surnaturel, il est indispensable que la grâce
nous prévienne et nous aide ; elle doit présider à toutes nos actions,
et aucune ne se fera sans son intervention. Mais déterminons
librement le moment, le lieu, la manière et la matière de notre prière ;
cela nous permet aussi de la conduire comme nous le voulons,
c'est-à-dire que nous pouvons choisir nos considérations et nos
affections, leur assigner leur place, l'étendue, la variété que nous
voulons, fixer nos résolutions selon nos préférences. Dieu travaille en
nous et avec nous, mais il s'adapte à notre façon humaine de travailler
et reste caché.
Il est vrai qu'Il disposera de nous selon Sa volonté, et
par conséquent nous serons dans la sécheresse ou dans la consolation,
dans le calme ou au combat, dans la paix ou dans la douleur intérieure.
C'est là qu'a lieu le "laisser faire", mais c'est un domaine qui s'étend
à notre libre activité.


A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 02 Fév 2020, 1:35 pm

Les conditions sont très différentes lorsqu'il s'agit des
chemins mystiques. Prenons l'exemple de l'immobilité.
Dieu, agissant par les dons de l'Esprit-Saint, ne se
cache pas tant et fait généralement sentir sa présence
et son action. Il intervient selon sa volonté, dans le
chœur, dans la lecture, dans l'œuvre, au moment et à
l'endroit qu'il juge opportuns, et pas toujours quand
on l'attend. Il ne s'adapte plus à nos procédures
naturelles, et d'une certaine manière, il nous impose
les siennes. Il prend l'initiative et la direction de notre
prière quand il lui plaît ; il lie l'imagination, la mémoire
et la compréhension pour prévenir les longues
considérations, les affections méthodiques et
discursives, variées et compliquées, et pour les amener
peu à peu à une simple attention amoureuse. Il produit
la lumière et l'amour lui-même, et les déverse en
torrents, comme à la mesure, ou goutte à goutte ; il les
renforce et les diminue comme il le veut. Il propose à
leur considération ses attributs divins, la Passion,
l'enfance de Notre-Seigneur ou tout autre sujet qui lui
plaît. Il provoque en nous un silence admiratif, des
transports amoureux, de doux colloques, ou il nous
réduit à l'aridité douloureuse d'un désert sans fin. Il n'est
pas en notre pouvoir de le faire renforcer ou modifier son
action, de le retenir ou de le faire se retourner contre sa
volonté lorsqu'il veut se retirer. Il est le maître et il le
montre clairement, mais son intervention sera toujours
l'œuvre de son amour miséricordieux et de sa sagesse
exquise.



Malgré cela, il nous laisse, en général, la possibilité de
faire nos pieuses lectures, et même de trouver
d'abondantes considérations pour le service de nos frères.
À l'exception de l'impuissance à méditer, qui peut être
totale, l'influence mystique ne lie pas entièrement les
pouvoirs. Nous pouvons toujours la recevoir ou la rejeter,
accepter la matière de la prière qu'elle nous offre ou en
prendre une autre, respecter les actes qu'elle nous offre
ou y ajouter autant que nous le souhaitons, comme des
affections, des demandes, etc. En un mot, l'immobilité est
un mélange de passif et d'actif, ou, comme le dit Sainte
Thérèse, "le naturel est là mêlé au surnaturel" ; il y aura
donc place à la fois pour "laisser faire Dieu" et pour notre
activité personnel.


A SUIVRE...

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Message  Monique le Dim 09 Fév 2020, 12:37 pm

La passivité sera beaucoup plus accentuée en pleine
union et en extase. Dans les premiers, il n'y a
pratiquement pas de travail, et dans les seconds, il
n'y en a pas du tout, alors qu'ils sont à leur apogée.
Mais lorsqu'on a atteint cet âge de la vie spirituelle, la
prière est très loin d'atteindre toujours cette intensité
maximale ; en revanche, elle croît et décroît au cours
du même exercice, et restera donc la plupart du temps
dans un simple silence ou dans des purifications
passives. En bref, il est très rare que la contemplation
soit totalement passive, et par conséquent il y aura
toujours de la place pour "laisser faire Dieu", et très
souvent pour notre activité avec leurs plus et leurs moins.
Étant donné que l'action l'essentiel, il faut que le nôtre
soit subordonné, pour être harmonisé et refondu en elle.


Ce "laisser faire", inutile je pense, n'est pas l'état passif
d'un champ qui reçoit avec la même indifférence la rosée
du ciel ou les rayons du soleil.
C'est l'attitude d'une âme
intelligente et libre qui, appréciant la bénédiction divine,
se présente entièrement pour la recevoir et n'en perdre
rien. Il ne se limite pas à donner son consentement, à
ne pas opposer de résistance, à ne rien faire qui soit un
obstacle ; il présente son esprit, son cœur, sa volonté
pour se donner entièrement à la grâce.
Par conséquent,
aussi longtemps que ressent l'influence mystique, veille
sur l'âme pour rejeter les distractions et, si elle est entre
ses mains, les occupations incompatibles avec la prière ;
évite de chercher et même d'accepter de longues
considérations, des affections variées et compliquées :
tout cela pour noyer cette petite flamme de façon plus
ciblée que pour l'attiser. Il reçoit cependant l'action
divine avec révérence et soumission, avec reconnaissance
et confiance, et il s'y adapte de toutes les manières
possibles. Il l'accepte telle qu'elle lui est offerte, faible ou
forte, silencieuse ou suppliante, sans chercher d'autre
sujet. Si dans ce qu'il reçoit il pense trouver une occupation
suffisante, il doit se limiter à contempler Dieu dans un
silence d'amour, ou à susciter des affections pieuses,
conformément au mouvement de la grâce. Si cette
occupation est rare, il essaie de la renforcer par quelques
affections pieuses, conformément à l'action divine.
En un mot, il est mis à la
disposition de la grâce avec un respect affectueux.

Lorsque l'influence mystique a cessé de se faire sentir,
l'âme s'abandonne à la prière de son propre chef, selon
ses propres désirs, par les procédés qui lui ont donné le
meilleur résultat. Elle compense alors ce qu'elle ne pouvait
pas faire dans la prière passive, et s'applique aux lectures
pieuses, et produit les affections et les demandes qui
conviennent.
Saint François de Sales insista beaucoup
sur ce point dans la direction qu'il donna à Sainte Jeanne
de Chantal et à ses filles. Après la prière, que l'âme s'applique
à lui faire produire tous ses fruits et à maintenir, par la
mortification intérieure, la ferveur et la pureté qui la
disposeront à de nouvelles grâces, s'il plaît à Dieu de les
accorder.


A SUIVRE...


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Message  Monique le Dim 16 Fév 2020, 1:38 pm

Lorsqu'il la plonge encore et encore dans des
purifications passives, il semble à cette
pauvre âme d'être abandonnée du ciel,
mais
rien n'est perdu sauf pour le vieil homme.
L'âme est entre les mains de Dieu ; à quoi
peut-elle résister ?
Il est tout-puissant
et la meilleure façon d'abréger le test est de s'y
soumettre sans plainte et sans récrimination ni
inquiétude. Loin de rester purement passifs,
faisons confiance à Dieu, notre meilleur ami, notre
Père infiniment sage et bon ; donnons-lui, tant
qu'il le voudra, nos mains et nos pieds et
laissons-le nous crucifier à son gré. Ne le fuyons
pas lorsque la prière se met en colère, mais
allons la voir comme d'habitude et faisons notre
devoir avec courage. N'érigeons aucune cause
volontaire de sécheresse, et ayons devant Dieu
une attitude humble, repentante, soumise et
confiante, afin que cet état douloureux produise
réellement en nous tout ce qu'il peut produire
d'humilité, de renoncement et de saint abandon,
et de cette façon, nous aurons fait une grande
entreprise à but lucratif.



Tel est le comportement que Sainte Jeanne de
Chantal a observé et fait suivre à ses filles.
"Dans un état passif, elle n'a pas cessé de
travailler lorsque Dieu lui a retiré son opération
ou l'a excitée pour le faire ; ses actes, cependant,
ont toujours été courts, humbles et affectueux".

''Oui, ma fille, a-t-elle dit, quand Dieu le veut et
me le manifeste par le mouvement de la grâce, je
fais des actes intérieurs, ou je prononce quelques
mots extérieurs, surtout quand je dois rejeter les
tentations. Dieu ne me permet pas d'être téméraire
au point de présumer que je n'ai jamais besoin de
faire quoi que ce soit, et je pense que ceux qui
disent qu'ils ne le font jamais ne le comprennent pas.
Je crois que notre sœur Anna Maria Rosset les fait
aussi sans s'en rendre compte ; au moins je lui fais
les faire à l'extérieur".
La sainte a donc pris soin,
ajoute son historien, "de ne rien faire si ce n'est par
l'impulsion de la grâce,
à laquelle elle a vécu
complètement soumise et obéissante, lorsque Dieu
l'a invitée à agir, lorsqu'il l'a laissée comme si elle
s'était abandonnée, en lui retirant son opération.''

Elle passait ainsi d'un état à l'autre,
alternativement actif ou passif, au gré de Dieu : une
remarquable vicissitude dans la vie de cette grande
sainte, qui avait tendance, dit Bossuet, "à la rendre
difficile sous la main de Dieu et à la faire
constamment s'adapter à l'état dans lequel il l'avait
placée, d'où les vertus, les admirables soumissions et
les résignations qui ressortent dans sa vie".
"Cet
état extraordinaire que la Sainte n'avait d'abord connu
que dans la prière, elle le savourait bientôt à la Sainte
Messe, à la Communion, pendant l'office divin, et
souvent tout au long de la journée. Parfois, ce n'était
rien d'autre qu'un éclair pendant lequel elle restait
silencieusement les yeux fermés, unie à Dieu par un
simple regard. A d'autres moments, cet état se
prolongeait pendant des heures, mais sans lui faire
perdre sa liberté d'esprit, ni sa liberté d'action.''



Cette dernière réflexion nous amène à dire que tout
comme les âmes peuvent être émues par l'influence
divine dans la prière, elles peuvent aussi l'être dans
l'action. Nous avons longuement parlé de la prière,
parce que, à notre avis, c'est surtout là que s'exerce
l'influence mystique, et ce que nous avons dit nous
fera mieux comprendre quelle sera cette influence
et comment nous devons y correspondre, lorsqu'elle
se fait sentir ailleurs.


A SUIVRE...

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SAINTE JEANNE DE CHANTAL, PRIEZ POUR NOUS !!!  
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