Hérésie et peine de mort.

Aller en bas

Hérésie et peine de mort.

Message  Louis le Ven 14 Sep 2018, 7:26 am

Bonjour à tous,

A noter que tous ces sujets sur l’hérésie, le Saint-Office et l’Inquisition proviennent de l’ouvrage suivant, tome II et IV, et dont les liens internet m’avaient été gracieusement fournis par Si vis pacem.


La responsabilité de l’Église quant à la peine de mort au Moyen-Âge : ce sujet est traité en 2e partie.

Comme à notre habitude, dès leur parution les titres seront référencés pour une lecture plus commode.

Bonne lecture à tous.

Bien à vous.

PREMIÈRE PARTIE

I. Nature; division.II. Objections. — III. Réponses.

DEUXIÈME PARTIE

* Répression de l’hérésie.

— I. Question de droit.

— II. Détermination des responsabilités de l’Eglise dans la répression de l’hérésie au moyen âge.


Dernière édition par Louis le Mer 19 Sep 2018, 7:34 am, édité 3 fois

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Hérésie et peine de mort.

Message  Louis le Ven 14 Sep 2018, 7:51 am

Hérésie

(col. 442-443)

PREMIÈRE PARTIE

I. Nature de l'hérésie; division. — On appelle hérésie, dans l'Eglise catholique, toute doctrine directement opposée à l'un des dogmes, définis ou enseignés comme divinement révélés.

On distingue l'hérésie matérielle et l'hérésie formelle. L'hérésie matérielle est l'erreur de celui qui nie de bonne foi, et sans opiniâtreté, quelqu'un des articles de foi définis par l'Eglise. L'hérésie formelle consiste à nier sciemment, volontairement, c'est-à-dire avec connaissance de cause et obstination, quelqu’une des vérités révélées, enseignées ou définies comme telles par l'Eglise.

L'hérétique peut être interne ou externe. L'hérétique interne est celui qui cache son erreur dans le fond de son esprit, sans la manifester à l'extérieur. L'hérétique externe est celui qui la produit au dehors, d'une façon quelconque, soit par des signes, des écrits, des paroles ou des actions (cf. Franciscus Cardinal. ALBITIUS, De Inconstantia in jure admittenda vel non. De Inconstantia in fide, chap. XIII sqq,, Amstelodami, 1683; F. Jo. ANTONIUS DE PANORMO, O. FF. Minorum Observ., Scrutinium doctrinarum, cap. II, art. I sqq., Romae 1709; SUAREZ, De fide, Disp. XIX, sect. I; les canonistes, dans leurs commentaires sur : le titre VII, De Haereticis, l. V, dans les Décrétales de GREGOIRE IX; le titre II, de Haereticis, l. V, dans le Sexte ou les Décrétales de BONIFACE VIII; le titre III, de Haereticis, l. V, dans les Clémentines; les théologiens, dans leur traité De fide, ou dans le De locis theologicis; les moralistes, dans la question concernant les péchés contre la foi; R. P. BADET, Le péché d'incroyance, Lyon-Paris, 1899).

L'hérétique externe peut encore être public ou occulte. Il est public s'il manifeste son erreur devant un nombre suffisant de témoins. Il est occulte, s'il ne la manifeste devant aucun témoin, ou s'il ne la déclare que devant un petit nombre de personnes discrètes.

Un chrétien qui renie sa foi est un apostat. Les apostats de la foi, malgré la malice particulière de leur crime, sont évidemment de vrais hérétiques, puisqu’ils ont renoncé complètement à la foi chrétienne. Aussi bien, les peines portées par les canons contre les apostats de la foi sont les mêmes que celles qui frappent les hérétiques.

Comme on le voit, l'hérésie est la négation de la foi, de l'autorité de l'Eglise; elle rompt l'unité, cette note essentielle de la véritable Eglise; elle met le coupable hors de la société établie par Jésus-Christ pour sauver les hommes, et conséquemment hors de la voie qui conduit au salut éternel.

La foi est le plus précieux de tous les biens, puisqu’elle est le fondement, la racine de toute justification ; sans elle, il est impossible de plaire à Dieu, de sauver son âme pour l'éternité. Aussi l'hérésie est-elle un crime abominable, et en un sens le plus grand de tous. Jésus-Christ, envoyant ses apôtres prêcher l'Evangile, imposait à leurs auditeurs l'obligation de croire, sous peine d'être condamnés : « Allez dans le monde entier, prêchez l'évangile à toute créature. Celui qui croira et qui aura été baptisé, sera sauvé; mais celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc, XVI,15 sq.)

Obligation facile à comprendre pour quiconque a une exacte notion de Dieu, de l'homme, de leurs mutuelles relations, et du prix de la vérité révélée…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Hérésie et peine de mort.

Message  Louis le Sam 15 Sep 2018, 7:04 am

HÉRÉSIE

(col. 443-444)

I. Nature de l'hérésie; division. (SUITE)

Obligation facile à comprendre pour quiconque a une exacte notion de Dieu, de l'homme, de leurs mutuelles relations, et du prix de la vérité révélée. Les apôtres ont eu pour l'hérésie la même répulsion que leur Maître. Saint Jean y voit l'œuvre de l'Antéchrist (I Joan, IV, 3), et défend de recevoir ou même de saluer les hérétiques (II Joan., 10). Saint Pierre et saint Jude en parlent avec une extrême énergie (II Petr., II, 1-17 ; Jud., 4 sqq.). Saint Paul leur dit anathème (Galat., I, 9), entend les réprimer, les dompter par sa puissance spirituelle, « ayant en main le pouvoir de punir toute désobéissance » (II Cor., X, 4, 6). Le grand apôtre écrit encore à Timothée : « Conservez la foi et la bonne conscience, abandonnées par quelques-uns qui ont fait naufrage dans la foi. De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan, afin qu'ils apprennent à ne plus blasphémer » (I Tim., I, 19 sq.). L'Eglise primitive n'a pas d'autres sentiments; nous n'avons pas besoin d'en faire la preuve, tant le fait est évident.

Conformément à la mission qu'elle a reçue de son divin Fondateur, de tout temps, l'Eglise a fait tous ses efforts, pris les moyens les plus efficaces pour préserver, défendre la foi de ses enfants. C'était un devoir primordial et sacré. Elle a porté des peines sévères contre les hérétiques. Remarquons-le cependant, les peines ecclésiastiques frappent seulement l'hérétique formel et externe; elles n'atteignent pas l'hérétique matériel. L'Eglise ne punit pas le chrétien qui erre de bonne foi et est disposé à se soumettre à l'autorité légitime et à recevoir la vérité, dès qu'il la connaîtra. Il en est de même de l'hérétique interne : l'Eglise ne juge pas des choses internes (cf. c. Cogitationis 14, dist. I, de Paenitentia, C. XXXIII, q. III; c. Mandato 46, X, de Simonia, l. Y, tit. 3).

Toutefois, les peines portées contre les hérétiques formels et externes atteignent aussi :

1° Ceux qui adhèrent à leur doctrine hérétique, eis credentes ; ceux qui recèlent leur personne, pour la mettre à l'abri des poursuites, ou permettre aux coupables de continuer impunément leur œuvre néfaste de perversion, eorumque receptores ; ceux qui les favorisent, eorum fautores; et généralement ceux qui les défendent, ac generaliter quoslibet eorum defensores (cf. Bulle Apostolicae Sedis, sect. I. Excomm. latae sentent. speciali modo R. P. reservatae, 1;  D'ANNIBALE, Const. Ap. Sedis, p. 21 sqq., REATE, 1880 ; TÉPHANY, Exposition du droit canonique, t. III, n. 685 sqq.).

Le droit canonique actuellement en vigueur oppose à l'hérésie des professions de foi, des visites épiscopales, des condamnations de livres et de propositions, des lois défendant aux catholiques certaines communications avec les hérétiques, des inquisitions, des excommunications, des privations d'offices ou de bénéfices ecclésiastiques et de sépulture religieuse, etc.

II. — Une objection préalable…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Hérésie et peine de mort.

Message  Louis le Dim 16 Sep 2018, 7:56 am

HÉRÉSIE

(col. 444-445)

II. Objections. — III. Réponses.

Mise au point : étant donné que nous ne sommes dans un livre mais sur internet, nous nous permettons de donner, conjointement, pour une meilleure compréhension, les réponses aux objections. Bien à vous
 

II. — Une objection préalable, qu'on pourrait appeler générale et de principe, attaque cette législation ecclésiastique :

1° comme contraire au droit naturel;

III. Réponse. — 1º Il n'est pas contraire au droit naturel de discerner le vrai d'avec le faux ; de protéger l'un et de proscrire ou même de combattre l'autre, surtout quand ils ont des conséquences pratiques d'une haute gravité pour la vie individuelle et sociale ; de porter des lois restrictives et afflictives proportionnées au danger et à la criminalité des doctrines mauvaises. Le crime de la pensée, de la parole, de l'enseignement, n'est pas moins punissable que celui de l'action; parfois il l'est davantage. Le faux docteur, qui attise les colères et provoque les violences d'une foule ignorante et aveugle, n'est pas irresponsable, devant la conscience, des malheurs causés par sa faute; pourquoi le serait-il devant la loi, devant le juge?

II. — Une objection préalable

2º comme opposée à l'esprit même du christianisme primitif.

III. Réponse. — 2º L'esprit du christianisme, non seulement primitif mais actuel, est bien un esprit de charité, de commisération, de pardon. Mais il est aussi un esprit de justice envers Dieu, dont les droits sont imprescriptibles, envers les âmes, dont l'intérêt est d'autant plus sacré qu'elles sont plus petites et plus faciles à scandaliser. On sait avec quelle force Jésus-Christ a revendiqué les droits de son Père et flétri le crime des scandaleux. Or l'orgueil de l'hérésie est le plus coupable, le scandale de l'hérésie est le plus pernicieux de tous. Comment Jésus-Christ n'aurait-il donc pas démasqué les faux pasteurs et dénoncé les faux docteurs ? — Il a, d'ailleurs, établi son Eglise comme une société parfaite, société des âmes sans doute, mais société d'âmes unies à des corps et vivant d'une vie extérieure, visible, matérielle, aussi bien que d'une vie intérieure, in visible; spirituelle et surnaturelle. Il lui a donc donné un pouvoir de gouvernement visible, extérieur, tangible pour ainsi dire, avec la double puissance législative et coercitive, sans laquelle il n'y a pas de gouvernement efficace et complet. L'Eglise est conséquemment investie de toute l'autorité nécessaire à la répression de l'hérésie. Nous avons vu comment les Apôtres l'ont entendue et l'ont exercée.

On objecte ensuite 3° que les professions de foi sont une provocation à l'hypocrisie…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Hérésie et peine de mort.

Message  Louis le Lun 17 Sep 2018, 7:24 am

HÉRÉSIE

(col.445)

II. Objections. — III. Réponses.

(SUITE)

Mise au point : étant donné que nous ne sommes dans un livre mais sur internet, nous nous permettons de donner, conjointement, pour une meilleure compréhension, les réponses aux objections. Bien à vous.
 


II. — Une objection préalable,

On objecte ensuite 3° que les professions de foi sont une provocation à l'hypocrisie;

III. Réponse. — 3º Les professions de foi imposées aux fidèles, aux convertis, aux suspects, peuvent être l'occasion de quelques actes d'hypocrisie, tout comme les serments, les contrats, les simples conversations et relations sociales. Qui en doute? mais qui voudrait aussi les supprimer à cause de cela, et supprimer tout ce qui peut occasionner le mensonge, la duplicité, le parjure? Et puis, qui ne voit l'utilité de ces formules solennelles pour le maintien de l'unité doctrinale parmi les fidèles, pour l'enseignement des esprits indécis ou ignorants, pour le dessillement des yeux obscurcis par les nuages du doute et de l'erreur ?

II. — Une objection préalable,

4° que les condamnations de livres et de propositions sont des vexations ennuyeuses, mais d'une efficacité fort médiocre;

III. Réponse. —  4º Tels sont aussi les avantages considérables de la condamnation des propositions ou des écrits hérétiques : l'histoire ecclésiastique en est la preuve. La liberté de l'imprimerie, de la librairie et de la lecture en est diminuée assurément ; mais on réglemente également et l'on restreint le débit des poisons. L’ essentiel pour l'homme n'est pas de lire n'importe quoi, c'est de lire ce qui l'instruit du vrai, ce qui l'anime de l'amour du bien. Si les condamnations portées par l'Eglise n'empêchent pas tout à fait le mal, leur abolition en amènerait le déchaînement absolu. (Voir l'article INDEX.)

II. — Une objection préalable, 5° que l'interdiction de communiquer avec les hérétiques, et surtout…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Hérésie et peine de mort.

Message  Louis le Mar 18 Sep 2018, 6:34 am

HÉRÉSIE
(col.445-446)

II. Objections. — III. Réponses.

(SUITE)

Mise au point : étant donné que nous ne sommes dans un livre mais sur internet, nous nous permettons de donner, conjointement, pour une meilleure compréhension, les réponses aux objections. Bien à vous.
 


II. — Une objection préalable, 5° que l'interdiction de communiquer avec les hérétiques, et surtout l'excommunication, sont contraires à toute charité, à toute sociabilité;

III. Réponse. —  5º En nous interdisant de participer au culte des hérétiques, l'Eglise se montre pleine de prudence et de charité pour eux et pour nous ; elle leur fait voir le péril de leur situation, elle nous conserve les bienfaits de la nôtre. Mais elle n'interdit pas, tant s'en faut, à ses ministres, à ses docteurs, de prêcher la vérité aux hérétiques ; elle n'interdit à aucun de ses enfants de prier pour eux ; elle tolère même l'assistance matérielle à leurs funérailles, à leurs noces, comme marque de politesse et de bonnes relations civiles. — L'excommunication est assurément une peine terrible, mais dont le but, comme celui de toutes les censures ecclésiastiques, est la correction des malheureux excommuniés. S'ils ne sont pas nommément dénoncés comme devant être évités, s'ils sont tolérés, on peut librement communiquer avec eux, et eux avec leurs concitoyens, dans les relations ordinaires de la vie civile. Sont-ils même dénoncés nommément, on peut encore avoir avec eux des rapports de nécessité, de famille, de subordination, d'utilité soit temporelle, soit spirituelle. Si les mœurs publiques se sont quelque peu adoucies dans le monde, si la législation criminelle a pu se relâcher de ses anciennes rigueurs, la pénalité ecclésiastique a pu par là même s'adoucir, et elle n'y a pas manqué.

II. — Une objection préalable, 6° que la privation de sépulture religieuse, d'offices ou de bénéfices ecclésiastiques, est une grave injustice...

III. Réponse. —  6º  Les partisans des enterrements laïques ne sauraient se plaindre du refus de sépulture religieuse dont l'Eglise frappe l'hérésie; personne, du reste, ne peut s'en étonner : comment prétendre communiquer dans la mort avec une société dont on s'est volontairement séparé dans la vie? J'en dirai autant et plus encore de la privation des offices et bénéfices ecclésiastiques. Comment vouloir garder ou obtenir un ministère, une charge, une dignité, dans une société dont on repousse le principe fondamental, celui de la foi?

A suivre : RÉPRESSION DE L'HÉRÉSIE

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Hérésie et peine de mort.

Message  Louis Hier à 7:32 am

Hérésie

DEUXIÈME PARTIE

RÉPRESSION DE L'HÉRÉSIE

(col.446)

L'une des plus graves objections qu'on ait élevées contre l'Eglise a trait à la peine de mort, qui était infligée pour cause d'hérésie, en suite de ses sentences. Cette peine résultait d'une procédure mixte, ecclésiastique et civile : le juge ecclésiastique connaissait, au for canonique, du crime d'hérésie, et le prévenu reconnu coupable était livré par lui au juge laïque, qui le condamnait à la peine prévue par la loi civile : c'est la question du tribunal de l'INQUISITION. Notre intention est ici de déterminer d'une manière précise quelle est, sur cette grave question, de la peine de mort, le pouvoir de l'Eglise, quelle fut sa part de responsabilité 1.
_______________________________________________________________________

1 Nous abrégeons un travail plus considérable, publié par nous dans la Nouvelle Revue théologique, t. XLI, Tournai, 1909 (L. CHOUPIN).

A suivre :  I. Question de droit. — Il y a lieu de…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11879
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum